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I HISTOIRE ET THEORIE
DU
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HISTOIRE ET THÉORIE
DU
SYMBOLISME RELIGIEUX
AVANT ET DEPUIS LE CHRISTIANISME
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APPLICATIon A T0CTK8 LES PASTIU PB L'AUT COlltTIBN , D*APBiM lA BULB, LIH
ARTISTES PaTeXS, LES TkBSS DE L'ftOUSB , LES LSOENDES, ET LA PHATIQ^B
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OUVRAGE
Néeessiire iix «rehileeUs, iix IbéoIogieBs, m peintres-Terriers, loi décirileirs,
ux afcbéol«Kies et i tois eeix qui sut ippelés à diriger Ii GoDstraeti«ii oe la
RetUintioD des édilees religieii,
PAR
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M. L'ABBÉ AUBER
Chiuioliie de TÉgllse de Poitiers, Historiographe du diocèse, Membre des Acad^Smies des Qairites de
Rone, des Seienoes da Hainant et de rinstitnt des proTinoes de France; ancien Président
annuel de la Booiëté des Antiquaires de TOnest, Correspondant de la Sodété des
Antiquaires de France, etc., etc.
Bt ékebant: Quis r«iK>lMt noM» iaoïdem
mon«fiiMiitfr — ti rufMêiUêi viéêrvnt
reodutum lofiitm» (Mare, ivi, V)
TOME QUATRIÈME
PARIS
UBRAIRIB A. FRANCK
67, RUE RICHELIEU, 67.
POITIERS
A. DUPRfi , imprlmenr-éditew
RUE NATIONALE.
1871.
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HISTOIRE
ET THÉORIE
DU SYHBOLISNË RELIGIEIX
SUITE DE LÀ TROISIÈME PARTIE.
OU SYMBOLISiE ARCHITECTURAL ET DÉCORATIF.
CHAPITRE XIY.
PEINTURE CHRÉTIENNE : VITRAUX, MANUSCRITS,
TAPISSERIES ET MOSAÏQUES.
Le sens chrétien, que nous a^ons vu jusqu'ici vivant de L»peintuM,iine
' * j ^ ^3, pl^s intimes
toutes les ressources de l'art , comme de la plus complète »ffec«oM de rin-
expression de ses aspirations et de sa pensée intime, ne
pouvait se passer du plus éloquent et du plus gracieux de
ses compléments. L'homme aime tant la nature, l'histoire,
et les allégories qui les lui reproduisent à défaut des faits
réels, qu'il les cherche partout, et toujours il les rencontre
avec bonheur; elles semblent mettre en lui une surabon-
dance de vie. Elles font plus : elles le transportent en des
sphères supérieures, élèvent sa pensée, sumaturalisent son
T. IV. i
2 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
imagination, et Tintelligence même la plus grossière s'iden-
tifie sans peine avec les éléments des régions nouveUes où
Tâme savoure un avant-goût de son existence à venir.
L'Église, qui fut toujours le grand docteur du genre humain,
est toujours partie aussi de cette observation pour attacher
au culte de Dieu par les chastes voluptés de Fesprit, avec ses
constructions grandioses, sa statuaire noble et pathétique ,
ses sculptures sans nombre , étonnant le regard et réveil-
lant les curiosités du cœur. Elle pouvait beaucoup pour
enseigner et toucher ; mais encore fallait-il plaire , saisir ,
attacher, et ce dernier terme de sa mission doctri-
nale était dans le charme irrésistible de la peinture. Ces
vives couleurs, ces mille nuances qu'elles font naître , l'illu-
sion qu'elles enfantent, captivent l'homme ; et, qu'il puisse
ou non analyser ses sensations en présence de ces objets
qui lui parlent, il n'en est pas moihs vaincu par un
plaisir aussi pur que solide , aussi doux que profondément
senti.
M6 pffete sur les c'cst là toutc la raisou de la peinture chrétienne , que le
Anw» chrétiennes. * *
pape S. Grégoire III développait, vers le milieu du huitième
siècle, dans une remarquable lettre à Léon Flsaurien :
(( Nous-môme, disait-il, si nous entrons dans l'église, que
nous y puissions contempler les peintures où se reprodui-
sent les miracles du Seigneur Jésus-Christ ; si nous voyons
sa sainte Mère l'allaitant sur son sein , et les Anges qui
l'entourent en chantant l'hymne trois fois saint de sa nais-
sance , nous nous en retournons tout pénétré de componc-
tion. Et qui ne serait pas touché jusqu'aux larmes en voyant
soit le baptistère, soit l'assemblée des prêtres débout autour
de l'autel , et la Gène mystique, et les aveugles recouvrant
la vue, et la Résurrection de Lazare, et la Guérison du
lépreux ou du paralytique , et la foule assise sur l'herbe
près de corbeilles encore pleines du Pain qui vient de la
rassasier? Puis c'est la Transfiguration du Thabor, le
Crucifiement du Christ, sa Sépulture et sa Résurrection, son
PEINTURE CHRÉTIENNE. 3
Ascension glorieuse, et la Descente de FEsprit-Saint. Gom-
ment ne pas pleurer devant les tableaux qui nous repré-
sentent le Sacrifice d'Abraham et son glaive suspendu sur
une tète innocente , et surtout les amères et innombrables
douleurs du Fils de Dieu (^ ) ? »
Ces paroles s'adressaient à un empereur iconoclaste dont
la persécution est célèbre dans Thistoire ecclésiastique.
Un peu plus loin, le saint Pape ajoutait que ces parures des
églises étaient faites aux frais des fidèles, qui y employaient
leurs biens. « Les pères et mères , tenant entre leurs bras
leurs petits enfants nouveau-baptisés , leur montrent du
doigt les histoires, ou aux jeunes gens, ou aux gentils con-
vertis ; ainsi ils les édifient et élèvent leur esprit et leur
cœur à Dieu (2) . »
Quand le Saint-Sîége s'exprimait ainsi, il y avait huit Eiie n'»j«inmit
, . _. . . -, Interrompu «on
siècles que lEglise mettait en pratique ce genre de propa- action «ur rem-
belliseement de
gande. Nous savons ce qu'il en était dans les catacombes , nos égiiMen,
et nos plus anciens monuments littéraires, suivis d'âge en
âge, nous montrent ce même soin admis et continué dans
l'intérêt de l'enseignement public. TertuUien, au troisième
siècle; S. Épiphane au quatrième, avec S. Jérôme ; S. Gré-
goire de Nysse, S. Augustin, S. Paulin, Prudence, Évodius,
mentionnent ce même genre d'ornementation. En se rap- smraison d'être
- . ^ _ est toi^ourg sen-
prochant du moyen âge , on en trouve des preuves sans tio jusqu'à notre
nombre, et la seule Histoire des Francs de Grégoire de
Tours, et les poésies de notre S. Portunat, son contempo-
rain, maintiennent cette habitude, qui ne pouvait se perdre
en effet , puisqu'elle était sortie des entrailles de l'Église ,
et que ces grandes scènes tenaient lieu de livre pour le
plus grand nombre, qui, ne sachant lire en aucun autre (3),
(1) Cf. Labbe, Concilior., t. VII , col. 7, 25 et 2Î; — et Fleury, Hist.
tccïés.y VI, 330 et suiv,
(2) Voir Fleury, ibid., p. 332.
(3) Voir Cabassut, Notitia conctlior.f in-!2, p. 38; — S. Jérôme^
Kpist. Lx; — S. ÂagoBt., opp. t. VII , De Mirac. S. Stephani, lib. IX,
cap. IV.
i H18T0IRE Dt SYMBOLISME.
y trouvaient les souvenus et la confirmation attrayante de
ce qu'ils avaient appris oralement. Nous ne remonterions
pas bien loin pour trouver les dernières traces de celle
sollicitude maternelle. On peut lire encore dans le caté-
cixisme des diocèses de Liège, de Cambrai et deNamur,
imprimé en \ 682 :
« — A quoi pensez-vous eu disant votre chapelet durant
la messe ?
» — A quelque chose que Notre-Seigneur ou Notre-Dame
ont fait étant au monde, ou bien à quelque image que je vois
devant moi à Tautel, aux parois , aux verrières , en mon
livre ou en mes mains (\), »
Tant d'exemples étaient confirmés , dès le neuvième
siècle , par Walafride Strabon : il assurait rencontrer tous
les jours des hommes simples et ignorants qui pouvaient à
peine comprendre les éléments de la foi aux explications
qui leur en étaient données, et qui fondaient en larmes à
la vue de ces images qui passaient si facilement dans leur
cœur (2j.
DiviBion de m Tcls sout Ics cfTets dc la peinture chrétienne ; tels ils
nouTel objet de
notre trayaii : les dolvcut ètrc toujours , Contrairement à ce qu'on lui
nnscritii ie« utpie- dcmaudc trop aujourd'hui, d'ôtre une sorte d'embellis-
quet et les poin- semeut matériel, privé d'esthétique et réduit, comme des
tures muraleH. ... i» • v i xx j» i_i
tapisseries ordmaircs, a ce seul caractère d un ameuble-
ment plus ou moins riche, selon qu'on y peut mettre plus
ou moins d'argent. Il nous faut doue traiter, dans ce cha-
pitre, du symbolisme qui fait la vie spirituelle de la peinture
(1) P. U6, t. I. — Fénelon et Dubois, dit le P. Cahier, avaient con-
servé ce texte, si touchant par sa simplicité naïve, qui fut modifié sans
beaucoup d'intelligence dans Tédition de 17i:6.~ Voir Monographie de
la calhédrole ('e Bourges, préface, p. ii.
(2) « Et videmus aliquando simplices, qui verbis vix ad fidem gesto-
rum possualperduci, ex pictura Pdssionis Dominicœ vel aliorum mira-
biliura ita compungi,ut lacrymis testentur figuras cordi su o quasi
litteris irapressas » (Wal. Strab., De Rébus eccle,vaslins , cnp. viii,
cité par M»« d'Âyzac, Afin, archéolog,, V, 217.)
PEINTURE ClIRÉTrENNE.— LES VITRAUX. 5
religieuse, comme le catholicisme en veut, comme il Vins-
pire et comme il doit l'imprimer fortement aux verrières
de ses temples et aux parois de leurs contours intérieurs.
Nous parlerons d'abord de cette fenestration, comme étant
le complément nécessaire de la construction architectu-
rale, déjà suivie pas à pas dans ce volume à travers tous ses
détails jusqu'au terme où nous voici arrivés. A cette occa-
sion, nous devrons nous arrêter aux manuscrits, dont les
miniatures ont leurs rapports si directs avec les vitraux;
puis nous entrerons en quelques détails sur les tapisseries
à sujets et les mosaïques , et enfin nous en viendrons à
la peinture murale, qui doit achever la parure de Tédifice
sacré.
Ce n'est pas des premiers temps chrétiens que date Ancienneté dot
i t^ r -1 Titraox peints , et
l'ingénieuse idée qui fit servir le jour à l'embellissement Jour .ymboiisme
des sanctuaires. Nous savons quel soin on prenait d'abord ,
et nous l'avons vu attesté par S. Grégoire de Tours, à
jeter dans le lieu saint une sorte de terreur religieuse,
très-conforme au respect de la présence divine et à la
majesté de Celui qui avait dit aux anciens : « Soyez saisis de
crainte à l'entrée de mon sanctuaire (^). «Ce principe se
traduisit depuis le quatrième siècle, où l'Église enfin respira
à ciel ouvert, jusqu'au onzième, où son architecture est
encore remarquable par l'étroitesse des baies supérieures
versant un jour parcimonieux dans les nefs , prêtant une
pieuse obscurité aux besoins de la méditation et de la
prière, et représentant par cela môme d'autant mieux les
ténèbres relatives de ce monde que l'homme ne doit quitter
un jour que pour entrer dans les splendidcs clartés de la
Lumière éternelle. Déjà alors on se servait depuis longtemps ^/^S*®n„*""^
dans les églises des Gaules, qui les avaient empruntées à
l'Italie et à la Grèce, de fermetures en vitres dont nos
auteurs ecclésiastiques parlent dès le temps de S. Jérôme
Tj «r Pavete ad sanctuarium ineum. » {LevU.t xxvi, 2.)
de oe moyen ,
6 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
et de Pradence, et qa'on retrouve dans les poèmes de
S. For tunat. Ces vitres étaient colorées , elles formaient des
compartiments de figares régulières de toutes couleurs,
qui ne contribuaient pas peu à relever par des teintes
agi'éables l'or des lambris, les peintures des murs, surtout
lorsque, tamisant leurs nuances douces en deçà de la
fenêtre orientale , elles jetaient à l'intérieur, avec les pre-
miers rayons de l'aurore, mille traits « qui semblaient des
et Mfl phiMs di. fleurs et des diamants (\). y> Hais ce n'était encore qu'une
siret. parure bien secondaire, et comme autant de grandes
mosaïques remarquables seulement par les diversités de
leurs teintes divisées en échiquiers, et que le plomb ne
réunissait pas en compartiments inégaux (2). CSene fut guère
que sous Charles le Chauve, selon Topinion très-accep-
table d'Émeric David, qu'on vit briller pour la première fois
la peinture sur verre proprement dite, et encore ne se
produisit-elle probablement que par des grisailles, que ne
tardèrent pas à suivre les petites résilles, dont chaque maille
renferma un des mille détails d'un grand ensemble , vint
contribuer à former de véritables tableaux coloriés où
s'étalèrent des Saints , des légendes et peu à peu toute la
théologie artistique du douzième siècle.
On s'est étonné maintes fois de n'avoir pu retrouver aucune
preuve que la peinture sur verre fût usitée en France avant
cette grande époque ; on en a conclu trop vite qu'elle ne
lui était pas antérieure ; c'est qu'on oubliait que, par suite
sans doute des malheurs du dixième siècle, les arts s'étaient
effacés du sol de la France, et que ce pays du génie et de
l'activité artistique, dont l'Angleterre et les nations voisines
avaient emprunté les ouvriei*s durant la belle période car-
lovingienne , s'était vu obligé à son tour d'employer des
artistes étrangers , quand se produisit la renaissance du
(1) Cf. Bâtissier , Histoire de l'art monumental , p. 647 , où cet
autear a trëa-bien établi sur ce sujet les traditions des premiers
siècles.
(2) Voir Tabbé Tezier, dans les Annales arrhéohgiques , X, 81.
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES VITRAUX. 7
siècle suivant, qui devint ensuite si remarquable par les
belles verrières dont Suger embellit son abbatiale de Saint-
Denis. Il faut bien reconnaître aussi, pour expliquer cette
absence complète de vieux spécimens, qu*après tant de vi-
cissitudes subies par nos monuments, il n'était guère pos-
sible qu'ils eussent gardé une seule de ces pages brillantes
qui, dans les invasions de la guerre, dans les incendies
alors si fréquents et les reconstructions si nombreuses de
la période de Hugues Gapet à Philippe-Auguste, ont dû dis-
paraître d'autant plus entièrement qu'on prétendit bientôt
remplacer par quelque chose de plus beau les rares débris
qui en restaient.
Mais tout reparut avec une magnifique splendeur sous le ses progrès «a
règne de Louis le Gros. Alors cette belle et luxueuse vitrifi- ^ »• » c •,
cation seconde avec une parfaite harmonie les sculptures
imprimées à la pierre et au bois, la dorure et les émaux des
autels. Les baies, qui se sont élargies, avaient besoin de
ce tempérament contre l'invasion d'un trop gi*and jour, tou-
jours peu favorable au sentiment religieux. C'est dans ce moii» oaiouië«
but que, sur toutes ces surfaces translucides, les plombs se po^ rexpre Joû
multiplient, les grandes barres de fer se croisent, non moins *'" ^"**"**
propres à modérer la lumière et à fortifier les teintes qu'à
consolider ces belles pages contre leur propre poids et les
atteintes de la tempête. Ce n'est pas à dire que la peinture
elle-même n'eût point sa solidité propre, due à une double
cuisson soit des verres coloriés dans la pâte, soit de ceux
dont on avait peint les sujets avec des couleurs minérales
incorporées au verre par l'action du feu. Ces procédés,
expliqués au long dans les cahiers du moine Théophile,
déjà connu de nous, produisaient de merveilleux effets, et
les verrières devinrent la plus éclatante expression de l'art
catholique dans les basiUques majestueuses que cette grande
époque vit créer à Paris, à Chartres, à Poitiers, à Bourges,
à Auxerre, et en tant d'autres lieux dont nous avons encore
les riches illustrations.
8 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
sigetfl coBTen»- Aprës ces grandioses effets , produits par la fenestration
ro6M. symbolique des nefs ou des absides, rien ne ravit plus le regard
que ces rosaces des extrémités et des croisillons d'une basi-
lique, où les couleurs scintillent magnifiquement dans un
mélange de tons graves et de teintes brillantes et dia*
mantées. Nous serions d'avis que dans ces vastes espaces
destinés à recevoir des baies de proportions colossales, on
abandonnât la suite du plan général d'iconographie pour
récréer l'œil et la pensée sous le charme de symboles moins
sérieux. Les compartiments de ces roses scintillantes se prê-
tent d'ailleurs beaucoup mieux, par leurs inégalités cal-
culées, à des personnages ou à des attributs séparés, dont il
n'est pas difficile de composer une scène d'ensemble. Qui
empêche, par exemple, d'utiliser la rose de la croisée sep-
tentrionale par la chute des mauvais anges , dont chacun
roulera éperdu dans chaque jour évidé autour de l'ouver-
ture centrale, où apparaîtrait leur chef, le plus grand et le
plus hideux de tous, ou mieux encore l'Archange 'qui les
précipita aux feux éternels? — Par opposition, la baie du sud
représenterait, d'après une distribution parallèle, la Trinité
adorée par les bons Anges chantant et jouant des instru-
ments, soigneusement copiés, s'il est possible, sur uos mo-
numents des douzième et treizième siècles; ou bien ce
seraient quelque scène choisie de la légende du Saint honoré
dans la chapelle de Tabsidiole , quelques-unes des fleurs
qui lui conviennent mieux, les instruments de son martyre
ou de sa pénitence volontaire. Mais avant tout, nous en con-
jurons, qu'on médite bien ces compositions d'une si haute
valeur, d'autant plus importantes qu'elles feront éviter des
banalités fâcheuses, et ajouteront un mérite de plus, pour
les yeux et pour l'esprit, à celui de toutes les autres parties
du monument.
Choix ïcienu. Qu peusc bicu Quc Ics coulcurs, dont nous avons établi
flquedMCouleun. i- j
les règles symboliques, ne furent point engagées au hasard
dans ces vastes tableaux composés de si charmantes minia-
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES VITHAIX. î>
tores. La preuve s'en trouve dans la connaissance, aujoiir*
d'hui très-bien raisonnée, des grandes pièces à légende où
Ton voit les mêmes personnages toujours revêtus des
mêmes costumes dans toute la suite des panneaux où ils figu-
rent. Dans un vitrail de la cathédrale de Rouen , le Christ,
en toutes les scènes de sa Passion , a la robe verte parce
qu'il nous régénère, et le manteau violet parce qu'il souffre.
Mais à la Cène, à son triomphe dans le Ciel, cette robe verte,
qui ne cesse pas d'y avoir la même signification, est cou-
verte du manteau rouge, signe de ce martyre gui l'a fait
entrer dans sa gloire (j), et qui devient commun à tous
ceux qui, à sa suite, ont subi la mort pour la vérité : il le
porte aussi au couronnement d'épines et à la flagellation.
S'il est crucifié, on lui donne pour linteum (linge ou robe
qui entoure son corps) une étoffe violette. A Bourges, il
porte un manteau de cette même couleur, avec la robe verte,
quand il bénit S. Etienne, 4apidé avec des pierres verieiy
parce que les bourreaux font là une œuvre terrestre et mau-
vaise s'il en fût. On voit de nouveau ici l'opposition de cette
couleur, servant à exprimer le bien d'un côté et le mal de
l'autre. A Bourges encore, est une légende de S. Pierre.
Xéron, dont le caractère est une formelle opposition à celui
du Sauveur, y est toujours vêtu de vert et de pourpre;
Simon le Magicien y porte, par la même raison que le
diable, un manteau vert sur une robe jaune, qui serait un
insigne de sagesse pour un Saint, maisqui, pour lui, devient
un symbole de sa foUe; et ce qui est décisif comme preuve
de celte théorie, c'est qu'au moment où S. Pierre, sortant de
Kome pour éviter la mort, rencontre Jésus-Christ qui lui
reproche sa faiblesse, l'Apôtre, qui porte toujours ailleurs
du vert et du rouge comme son Maître, apparaît alors avec
le Jaune et le vert de Simon le Magicien. Ces mêmes obser-
(1) « Oportuit pati GhrUium, etiia inirare ingioriam suam. » (Lur.,
XXIV, 26.)
40 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
•
vatious se renouvelleraient à Tinâni dans ces magnifiques
pages où le symbolisme s'affirme aussi pur qu'évident, où
Noire-Seigneur, pour en citer un dernier exemple, se montre
jusqu'à sept fois sous le même costume que nous lui voyons
ici dans les vingt-quatre médaillons qui développent la lé-
gende de S^« Madeleine. Bfttissier semble donc avoir ignoré
ces principes lorsqu'il accuse de fantaisie , et attribue à un
parti pris de faire de l'effet au profit de l'harmonie des tons,
les couleurs, à son avis singulières, données dans les vitraux
de Saint-Denis à des édifices multicolores, à des chevaux qui
sont pourpres ou verts, etc. (4). Ce n'est pas qu'on n'ait mis
une grande habileté à juxtaposer des couleurs dont le rap-
prochemen t était fort souvent tout le secret des artistes : c'est
une loi universelle, par exemple, de rapprocher le bleu du
rouge, et le jaune du vert. Mais cet expédient ne se rattache
qu'à l'ornementation générale, à des objets d'ameublement
ou de parure, à des accessoires, ^n un mot ; on se garde bien
de l'appliquer sans discernement soit aux personnages, dont
le caractère est symbolisé par les vêtements, soit môme aux
objets principaux^ qui ont toujours une couleur conforme à
leur rôle ou à leur signification. Admettant donc qu'on ne
se rende pas toujours un compte exact de certaines couleurs
peu usitées à l'égard de tels ou tels sujets, il n'en est pas
moins vrai qu'il faut en reconnaître la convenance. Donc,
si le peintre a pu vouloir fort souvent, dans l'agencement
de ses teintes, s'accommoder aux exigences locales et aux
convenances de son art, il est également incontestable que
très-souvent aussi il a voulu étendre le sens de son dessin
et ajouter le mysticisme à l'histoire, au profit d'un sens
plus élevé et plus profond. Nous avons vu plus d'une fois déjà
une foule de raisons scientifiques autoriser ces anomalies
apparentes. Nous devons y revenir quelque peu ici pour
en détermiîicr plus nettement la théorie, qui se trouve d'ail-
!) Hist, de l'art monum,, p. 652.
PEUiTt'RK CHRÉTIENNE.— LES VITRAUX. 44
leurs d'autant plus irrécusable qu'elle n*esi dans aucun eu-
seignement doctrinal, et se prouve de reste par son exis-
tence même, sans quMl soit nécessaire, nous le redisons,
de recourir, pour interpréter cette variété raisonnée de nos
couleurs du moyen âge, aux Zends et aux Védas de Flnde ,
ou même aux temples égyptiens, comme le voulait M. Portai,
dans un temps où le moyen âge n'était pas mieux compris
sur ce point que sur tant d'autres (4).
Uest aujourd'hui reconnu de tous, soit d'après M. Portai ^tnëcTJSSSrfdoi't
lui-même, qui, tout en mêlant beaucoup d'incertitude ou ^■„^'^*'*'i"œaîi
d'erreurs à ses intéressantes données, a rouvert la voie à cette •»'«c*»^«'-
partie importante de nos études, soit par l'observation scien-
tifique des grandes pages de nos basiliques, il est reconnu,
disons-nous, que le symbolisme des couleurs s'est attaché,
comme une immense ressource d'exposition morale, à tous
les travaux de nos peintres verriers de tous les siècles ; il
n'y a que le nôtre, encore si peu expérimenté de ces prin-
cipes, qui les néglige trop, faute d'intelligentes recherches
qui devraient éclairer nos fabricants ou cepxqui les gui-
dent. Ce devrait être un de leurs premiers soins de régler
les parties de leur travail d'après ces données, inséparables
du spiritualisme qu'ils y doivent mettre. Malheur à ceux
qui hasarderont, au seul gré d'une prétendue connaissance
de leur art, un mélange tout matériel de couleurs em-
pruntées aux seules convenances de leur imagination ! Les
grandes et véritables écoles, qui se sont toujours soumises,
et avant tout, à un choix judicieux de ces moyens de com-
position, protesteront contre un tel oubli, que rend plus
inexcusable le très-petit nombre de règles à étudier sm* ce
point. Il est bon en effet, et même très-Important, de ne pas
abuser du verre blanc, comme on a fait au quinzième siècle.
Alors on accouplait aussi, fort abusivement, le vert au rouge,
par exemple, et le jaune au violet, ce qui produit une lumière
(l) Voir Portai, Des Couleurs symboliques, etc., p. 1 et suiv.
12 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
grise et peu franche. Il faut reconnaître , au contraire, que
les verriers du treizième se sont admirablement entendus
non-seulement à une harmonieuse symétrie de leurs cou-
leurs, mais aussi à l'emploi calculé de celles qui parlaient à
l'esprit sans froisser les susceptibilités du regard. Ils surent
ainsi former un séduisant ensemble à des fenestrations com-
plètes, créées pour d'immenses édifices, comme les cathé-
drales de Bourges, de Chartres et de Poitiers. Le blanc, le
rouge, le bleu, le jaune, le noir et le brun, avec leurs dérivés,
sont à peu près les seules teintes qu'ils aient appliquées, et
toutes se rattachent toujours, partout où elles reluisent, à
fortifier la donnée principale du sujet par une allusion mys-
térieuse qui en rehausse l'emploi et en augmente l'expres-
sion.
Exemple» don- Alusî uous avous VU Ics clievaux des vi® et vin« chapitres
leurs modèle».- dc TApocalypsc rcvôtus de couleurs conformes au rôle
^oureuid4Û8^dM donné à chacun de leurs cavaliers : à Bourges, le cheval
blanc du Samaritain, répété partout ailleurs avec une remar-
quable unanimité, est le symbole du Verbe divin, comme
S. Jean l'affirme au xix' chapitre de sa révélation : c'est l'Hu-
manité divine du Sauveur se faisant l'humble servante
du pauvre blessé qu'elle panse, qu'elle soulage et dont elle
daigne acquitter les dettes. C'est la pensée développée par
Origène, par S. Jérôme, S. Augustin, S. Grégoire et l'abbé
Rupert (i). D'autre part, comme l'Écriture compare souvent
au cheval l'homme entraîné par ses passions brutales, le
quadrupède devient alors le symbole de YanimaHs homo,
ce qui a créé les centaures, et il faut bien dire que ses attri-
butions mauvaises sont les plus nombreuses. On en voit une
assez remarquable dans V Enfant prodigue de Bourges, dont
le cheval est blanc et représente les tendances coupables de
ce fils ingrat. Nous aurons bientôt occasion d'indiquer
(1) Voir Origène , In Gantic, lib. U; — t. Ul , opp. 60 ; — S. Jérôme,
In haiain, lxvi, 20 ;— S. Ambr. : De Bénédiction. Patriarch.^ M Genesi,
XLix, 17 ; — S. August., De Civil. Dei, xvin, 32 ; — S. Gregor. Magn.,
Moral., XXXI, 2i ; — Riipert, In Apoc^ iib. ÏV.
PEINTURE CHRÉTIEjNNë.— 'LES VITRAUX. 13
l'usage de cette couleur quant aux personnages des légendes .
Le rouge est la couleur des martyrs , dont le sang s'est ^^ roo«« ^^ *'<*«
tout versé pour Jésus-Gbrist ; et comme il représente le feu
et toute ardeur vraie ou allégorique, on le donne aussi à la
charité, qui d'ailleurs fut toujours le principe de Tabnéga-
tion jusqu'à la mort. Quand donc nous voyons, à un vitrail
de Bourges, la tête de S. Jean-Baptiste toute rouge dans le
plat qu'on apporte à Hérodiade, ce n'est pas parce que cette
tête est censée rougie par le sang, mais parce que c'est celle
d'un martyr. Mais c'est encore l'insigne de la royauté,
comme la pourpre, et pour cela on en revêtira la Religion
personnifiée et le Sauveur, le martyr par excellence , et
Marie, dont le cœur martyrisé fut si ressemblant au sien.
Le démon, singe de Dieu, apparaîtra en rouge fort souvent,
comme pour tromper les ftmes à ces apparences, s'il lui est
possible. Le rouge, par cela même qu'il représente le feu,
colorie les livres qu'on met toujours aux mains des Apôtres :
c'est la doctrine de l'amour divin, principe de toutes les
autres vertus; c*est aussi ïempyrée, l'air le plus pur, et c'est
pourquoi dans les édifices ajourés les portes et les fenêtres
ouvertes sont toujours figurées en rouge, ce qu'il serait im-
possible d'expliquer si ce n'était une convention prise dans
la physique du temps.
L'apparence bleue que revêt l'atmosphère à nos regards l» biea.
est aussi Tune des causes pour lesquelles on a donné la cou-
leur bleue pour symbole aux choses du ciel : c^est pourquoi
elle est devenue l'une de celles qui servent exclusivement
au Sauveur, ordinairement revêtu d'une robe bleue et d'un
manteau rouge, ou à la Sainte Vierge, ou à d*autres Saints
du premier ordre. Le refiet de la voûte céleste dans les lacs,
les rivières et la mer, avait fait considérer ce bleu par les
anciens comme le symbole des divinités marines : de là le
bleu éthéré devenait aisément celui de la Vérité étemelle ,
le ciel et la mer bleus ayant leurs divinités particulières
résumées toutes dans Neptune , le dieu bleu , c^eruleus, et
41 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Jupiter, le dieu de i*air, comme son nom l'indique, n faut
se reporter ici , pour bien se rappeler ces principes et leurs
conséquences dans l'iconographie chrétienne, à ce que nous
avons exposé au douzième chapitre de notre première
partie.
Le jAuno, le Q'cst cucorc à cc mèmc chapitre et au suivant que nous
noir et le bran. . i i • i • < i i.
renverrons pour ce qm regarde le jaune, le noir et le brun :
le premier d'entre eux étant fort employé à cause de son
affinité avec l'or, si convenable à un grand nombre de cas;
le noir l'étant fort peu, parce qu'il n'exprime que peu d'idées
absolues , lesquelles sont encore modifiées par toutes les
nuances qui naissent de lui au moyen du blanc, du bleu et
du rouge ; le brun enfin, qui s'applique, par sa teinte fon-
cée mêlée de rouge et de noir, à une foule d'objets natu-
rels, comme les troncs d'arbres, les animaux en grand
nombre et beaucoup de costumes dont les personnages
sont , à l'exception de certains ordres religieux , toujours
pris en mauvaise part.
On entrerait en d'interminables détails si l'on voulait
exposer complètement et faire comprendre par des exemples
l'usage si varié des couleurs tant dans la peinture sur verre
que dans la décoration des murs, et aujourd'hui dans les ta-
bleaux sur toile. Mais nous reviendrons sur ce sujet, quant à
sa pratique, lorsque bientôt nous traiterons de la peinture
des Personnes divines et des Saints. Cet exposé complétera
ce que nous omettons ici à dessein, et nous permettra d'éta-
blir les notions nécessaires au peintre pour ne rien faire en
ce genre que de digne et de bien motivé.
L'opposition dec Mais uous u'oublicrons pas, dès à présent, ce principe
T<e comme chez d'oppositiou dout uous dounious encore tout à l'heure de
nouveaux exemples, et d'après lequel les couleurs ont tou-
jours leurs significations opposées qui les font appliquer,
selon le besoin , aux choses ou aux personnes les plus con-
traires à celles qu'elles symbolisent naturellement. Ainsi ,
pour ne citer ici qu'un exemple, le jaune, dont l'expression
let anoleat .
PECVTURE CHRÉTIENNE. — LES VITRAUX. 45
est tout d'abord celle des plus hautes dignités, de la noblesse
cîyile et de celle du cœur, devenait quelquefois une marque
de folie et du mépris qui raccompagnait; on en revotait
S. Joseph comme d*une marque d*honneur ; on la don-
nait aussi aux bouffons et aux fous en titre d'office; enfin ,
il était imposé en signe d*abjection dans certaines forma-
lités judiciaires ; et quand le Connétable de Bourbon , tué
en i 527 sous les murs de Rome , eut été condamné pai* la
cour des pairs pour sa défection déloyale , la porte de sa
demeure fut peinte en jaune : c'était une marque déshono-
rante de félonie et de trahison (4 ).
Ce que nous avons dit des pierres précieuses et du sym- ces mêmes rè-
bolisme de leurs couleurs, en analysant le vingt et unième «ux gemmes et
chapitre de TApocalypse (2) , se rattache parfaitement à ce
que nous disons dans celui-ci. Il en est de même des émaux,
qui, eu recouvrant les reliquaires et les autels, les vases
sacrés, et aussi reproduisant en des tableaux précieux les
images des Saints ou les légendes de leur vie, parlaient en
des couleurs convenues le langage symbolique le plus con-
venable à ces divers sujets ; les gemmes qui en rehaussaient
Téclat se mariaient, dans ce même but, ou au caractère des
Saints honorés par ces petits meubles, ou à Fusage auquel
on les destinait. Là donc encore le symbolisme était vivant,
et Ton s'en pourra pleinement convaincre en Usant le savant
et judicieux Diclionnaire d'orfèvrerie chrétienne^ où le docte
et regrettable abbé Texier a réuni , avec une sérieuse et
vaste érudition, tout ce qui regarde ces beaux produits de
la vie artistique.
Cependant , quelle que soit Fimportance à donner au choix Haute théoio^e
% 1 <.i- i'i.ji ^ dcB verrièreB aux
des couleurs, et combien que les pemtres du moyen âge douzième et trei-
se soient obligés à le pratiquer, il y avait une pensée bien
plus élevée , et partant bien plus nécessaire qui présida
toujours à la composition des grands sujets d'ensemble.
(1) Cf. Brantôme^ Vies des grands capitaines eslrangers, discours xx.
(3) Voir ci-dessuB, t. H, ch. xiii» p. 376.
zième Kiècles.
I<> HISTOIRE DU SYMBOLISME.
«
Qu'on examine attentivement ces amples pages ouvertes
dans nos vastes enceintes que virent créer les douzième et
treizième siècles : on y verra d'abord quelques sujets de détail
dont le rapport avec le tout n'apparaît pas toujours claire-
ment : il y a le parallélisme des deux Testaments, assez facile
à reconnaître avec de médiocres études ; mais , avec une
plus forte dose de science, on découvrira bientôt l'intention
arrêtée, la règle faite de produire le plus haut enseigne-
ment théologique sous le voile transparent du sujet adopté.
La ifoureiir. M- N'cu prcnous qu'uu cxcmplc : à Bourges, la verrière repro-
i? wn caMcfèi duite par la première planche des PP. Cahier et Martin est
hi ratique. chargée de montrer aux fidèles les diverses scènes de la
Passion. Eh bien ! ne croyez pas que ce soit une série de ces
scènes habituellement consacrées à la méditation de ce fait
si merveilleux et si touchant : c'est la réunion de tous les
faits du vieux Testament, qui figuraient d'avance la Rédemp-
tion et ses heureuses conséquences sur l'âme et sur le
monde, aussi ne comprendra-t-on cette suite de scènes si
diverses et , en apparence, si peu liées entre elles , qu'en se
reportant à toutes les idées que la tradition chrétienne avait
groupées autour de la Croix. Là se voient , comme action
principale, les épisodes nombreux de la mort et de la glo-
rification du Sauveui', le portement de croix, la crucifixion,
la résurrection. Aujourd'hui personne ne méconnaît le sens,
au moins extérieur, de ces images.
Le ireiarfème Mais qui dira ce que font au-dessus de la résurrection ,
piu«* Jieîr'é'^dans qui par sa nature semblerait devoir occuper le point cul-
•on es que. jj^j^ant dc l'œuvrc, ce Jacob bénissant deux fils de Joseph ;
puis, distribués dans toute la hauteur du cadre, cette résur-
rection du jeune homme de Sarepta , par Élie , ce Jonas
rejeté par le poisson sur le rivage de Ninive , ce David en
présence du péUcan , ces lions aux poses si diverses , ce
sacrifice d'Abraham, ce sang de l'Agneau immolé , inscri-
vant Tau sur les maisons des Israélites ? N'y aurait-il donc
aucun rapport entre le sujet dominant et tant d'accessoires ?
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES VITRAUX. «17
Est-ce l'imagination déréglée du peintre qui aurait multi-
plié au hasard des images privées de tout lien de parenté ,
jeté là des extravagances inintelligibles, et les rêves artis-
tiquesd'une tête malade? — C'estlà,au contraire, une preuve
irrécusable du sens profond que le treizième siècle et toute
la tradition avant lui attachaient à Thistorique de la Bible ;
car c'est bien ce treizième siècle qui se montre dans ce vitrail
par tout ce qui caractérise son faire : pureté vivace des cou-
leurs, réduction d'un fait en un petit nombre de person-
nages principaux , d'un arbre en un tronc et deux autres
branches ; enfin gracieux agencement des bordures, opa-
que translucidité des verres. C'est aussi la tradition dans
les innombrables autorités rassemblées par Tartiste et ap-
portées là comme autant de témoignages des Pères, admira-
blement développés dans un exposé des doctes jésuites plein
d* érudition et de charme. Ainsi , nous voyons dans cette
•belle composition tout le cycle de la Nouvelle Alliance , le
sens des motifs si divers réunis autour du fait dogmatique
de la Rédemption , et toute la science de théologie mystique
appelée à leur service par les verriers de cette remarquable
époque. Quiconque se sera arrêté sur tant de choses mises
en une seule, et aura senti les.af(inités qui les réunissent ,
ne pomra plus nier que des théologiens aient préalable-
ment donné le plan de ces travaux et versé l'inspiration de
leur verve à oeux qui les confectionnaient.
Le douzième siècle n'avait été ni moins hiératique ni Relies entre-
moins habile d'exécution. Nous avons parlé deSuger, abbé ztème/de 8ug:er
de Saint-Dems et 1 une des plus nobles figures de ce temps, de saint-Denia.
et de son histoire, fort attachante, de l'œuvre de restauration
qu'il avait entreprise pour son abbatiale. Cette œuvre ne
fut teiminée qu'après un travail assidu et une persévérante
surveillance de douze années (4 ) . Ses vitraux n'en furent pas
(1) Voir Tabbé Texier, Dici. d^orfévrerie, de gravure si de éfselure
chrétiennes, in-4*, Paris ^ Migne, 1857^ aux mots émail, col. 658 et
suIt.^ Suger^ col. 1355^ et sthbolishe, col. 1366.
T. IV. 2
18 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
la moins curieuse partie. Le bleu y dominait comme fond
et rappelait ces saphirs dont parle l'Exode , et qui étaient
sous les pieds du Seigneur quand il apparut à Hoise et à
Aaron (A). Suger donna lui-même les plans et les carions
non moins pleins de théologie que ne le fm^ent , au siècle
suivant , les admirables yerrières de Saint- Etienne de
Bourges. Le temps n'a épargné , hélas ! qu'un seul de ces
chefs-d'œuvre , celui qui , au fond de l'abside» étale les ra-
meaux bénis de l'arbre de Jessé. Nous avons vu qu'un autre
représentait, « pour élever l'âme des choses matérielles aux
choses spirituelles, » l'apôtre S. Paul réduisant en farine, à
l'aide d'une meule à bras, le blé que lui apportent les Pro-
phètes : idée empruntée à S. Eucher, qui, dès le cinquième
siècle, s'en était ser\i pour montrer l'aifinité des deux Tes-
taments dans les prophéties relatives au Sauveur et accom-
plies par l'Apostolat : cette farine, dans la pensée de Suger
et de ses devanciers , et d'après un quatrain composé par-
lui , exprimait évidemment le Pain de vie. Mais un fait
à ne pas néghger , c'est que ce même sujet était sculpté ,
à la môme époque, sur un chapiteau de Vézelay, et repro-
duit.dans une verrière de Gantorbéry (2). Plus loin on voyait
le voile qui couvrait la face de Moise, en preuve de l'insuffi-
sance de l'ancienne Loi , tomber devant Jésus-Ghrist , dont
la doctrine apportait la vérité avec la Loi nouvelle; puis
l'Arche d'alliance surmontée de la croix , ce qui revenait
au symbolisme précédent; et , sur la même vitre, un livre,
celui des secrets apocalyptiques sans doute, ouvert par un
lion et un agneau représentant l'union des deux natures en
Noti'e-Seigneur. Ainsi se suivaient, dans le pourtour d'une
des plus belles églises de la chrétienté , beaucoup d'autres
allégories , toutes très-capables de prouver la théorie très-
Ci) c Et videmnl Deam Israël, et sab pedibus E;jq8 quasi opns lapi-
dis sapphirini, et quasi ccelum corn serenum esL » [Esod,, xxir, 10.)
(2) Voir Mélanges u' archéologie, 1. 1, p. ISO et aulv., —puis, ei-dessus,
notre tome U, p. 573.
PEINTURE CHnÉTlENNE. — LES VITRAUX. 49
éleyée qui présidait à ces grands travaux de la pensée , et
qui agrandissait , en le fortifiant, le champ si vaste déjà du
symbolisme et de ses immenses ressources.
On le voit , ce sont là des modèles irréprocliables , ou- Dëoiuienoe do
l*ftrt AUX qnfttor-
vrant dans les meilleurs siècles de Fart une route sûre à xième et qnia-
ceux qui devaient les suivre. Cette voie , en effet, fut res-
pectée et suivie fidèlement jusqu'à ce siècle de décadence
où Tesprit^umain , sous l'influence des révoltes hérétiques
et de k littérature païenne, abandonna les traditions véné-
rées et , par ses innovations audacieuses, inaugura la ruine
de Fart chrétien. Les peintres-verriers, qui conformaient
leur travail aux règles précises et aux justes exigences de
l'architecture religieuse , nous avaient laissé dans leurs
pages transparentes de fidèles spécimens des monuments ,
des costumes et même de la physionomie humaine de leur
époque. Ils continuèrent cette marche au quatorzième et
au quinzième siècle, avec la même fidélité peut-être, mais
cependant avec une moindre utilité pour nous; car, en se
soumettant aux variations du style architectural qui décli-
nait sensiblement , ils déclinèrent eux-mêmes et s'éloignè-
rent des méthodes qui avaient fait la gloire de l'art. Ce ne
furent plus ces médaillons qui racontaient les diverses
phases des légendes hagiographiques avec la naïveté de la
foi chrétienne et le zèle d'un pieux et fécond enseignement ;
ce n'étaient plus ces épisodes où des personnages groupés
composaient en des panneaux orbiculaires, ovales ou poly-
gones , une vie complète , divisée en compartiments reliés
par des chaînes de fleurs ou des rubans perlés , et dont le
premier , commençant au bas de la verrière , se rattachait
aux suivantes qui montaient toujours, pour se terminer au
point culminant, comme la vie terrestre de l'homme, inau-
gurée ici-bas, l'élève jusqu'aux confins de son éternité.
Avec le quatorzième siècle, on vit disparaître cette ordon- c«raotère inf^-
nance charmante du plan général ; les scènes légendaires ïp^„e T *''"*
furent abandonnées, et de grandes images de Saints , affectant
20 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
une statuaire colossale, presque toujours sans aucune liaison
entre eux , ayant leurs noms invariablement inscrits à leurs
pieds , se posèrent exclusivement à la place donnée na-
guère aux sujets symboliques et parallèles des deux Testa-
ments, aux actes des Martyrs et des Confesseurs, aux grandes
dansieTâffae def couccptions théologiqucs. Ce froid état-major de la milice
ornements tou- ^ ,
tiiee, céleste, appelé là sans autres beautés que celles d un unij-
forme à peu près partout le même , s*enrerme Infaillible-
ment dans les hautes fenêtres ogivales , dont le cadre en
pierre élégamment taillée fut toute la bordure, et n*occupa
guère que le premier tiers de la hauteur pour laisser à
deux autres, dans toute la partie supérieure, étaler une suite
de pinacles, de tours, de dais et de choux plus ou moins fri-
sés, qui, sous prétexte de représenter les caprices de l'archi-
tecture contemporaine, surchargèrent cesgrandes figures de
grandes et froides puérilités. Lequinzièmc siècle enchérit sur
ces beautés prétendues parla profusion des broderies peintes
imitées des sculptures architectoniques , devenues de plus
en plus maniérées; et le seizième, joignant à l'imitation sou-
vent équivoque de l'art grec et romain le ridicule de ses
recherciies modernes, encadra ses tableaux de genre dans
une architecture bizaiTC, qui , en France et en Angleterre,
varia sous chaque règne, de Louis XII à Henri III, de
Henri VIII à Charles I", pour s'éteindre, avec ses anges qui
ressemblaient à des génies , avec ses chimères sans nom et ses
fioritures sans caractère , dans les pauvretés de Louis XUI
et de Louis XIV, où le verrier travailla bien plus pour les
châteaux que pour les égUses , perdit les souvenirs tradi-
tionnels de Tart sacré, et finit par s'éteindre lui-même dans
l'affaissement de l'architecture ogivale,
•t roabu da sym- Rcmarquons bien, au reste, que le symbolisme des couleurs
ÎmST* **** **"" avait été abdiqué , ou à peu près, dès le quinzième siècle.
On n'y cherchait plus que par de rares réminiscences Tap-
plication , pourtant fondamentale , des théories chronolo-
giques, dont jusqu'alors personne n'eût voulu se passer. Il
PËhMURB CHRÉTIENNE. — LES VITRAUX. 21
n*était pas plus question de blanc pour les vierges que de
rouge pour les martyrs ; on se contentait d'un effet d'en-
semble y sans aucun égard aux lois hiératiques, ni à l'ex-
pression des personnes et des choses. On tendait par là à
n'avoir plus de verrières dotées de toutes les conditions de
leur vie et de leur influence , mais des tableaux dont les
teintes se ternissaient de plus en plus, en même temps gue
les sujets devenaient une lointaine parodie des belles et reli-
gieuses compositions de Suger et de ses imitateurs.
L'art du verrier, quoi qu'on en ait dit souvent, n'a jamais Rëapparwon d«
été perdu; il s'est effacé devant les malheurs des temps, époque-,
quand la foi s'est affaiblie, quand les églises, ruinées par les
huguenots, n'avaient qu'à peine de quoi se relever et son-
geaient à leurs pauvres murailles avant de penser au luxe
d'un nouvel ameublement. La renaissance de l'architecture
chrétienne a fait renaître de nos jours ce mode de décora-
tion, dont elle ne pouvait plus se passer; mais il s'en faut,
disons-le encore , que l'on découvre ce feu sacré dans tous
ceux qui y touchent, et Ton n'a que fort peu d'artistes au
milieu de tant d'ouvriers. C'est que le principe de tout bien «e» défaut. actuel.
, et leur» causes.
en ce genre manque trop à ceux qui s y exercent. Pour
faire de la peinture chrétienne, il faut être chrétien, aimer
sa foi, travailler pour Dieu avec cet amour qui le fait com-
prendre,' qui rend jaloux de tout savoir pour tout rendre et
tout exprimer; il faut des études sérieuses des vieux pro-
cédés, une érudition acquise dans les recherches réfléchies
sur l'hagiographie, sur l'histoire ecclésiastique, la théologie
mystique, l'Écriture sainte : telles seront les bases de la com-
position proprement dite. Quant au côté matériel , il faut
certainement abandonner les procédés mesquins auxquels
s'obstinent des commerçants dépourvus de vocation artis-
tique. Faire des tableaux transparents , ne prendre souci ,
aucun de l'épaisseur des verres, de leur cuisson ; jeter, au
hasard du pinceau, des couleurs fades sur des fonds équi-
voques ; tailler de grands sujets des plus vastes dimensions
22 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
possibles où le plomb s'épargne, sous prétexte qu'il nuirait
à la belle polychromie qu'on veut étaler avant tout ; rejeta
les panneaux légendaires , comme plus longs à composer,
plus difficiles à distribuer avec intelligence et moins propres
à frapper les yeux du vulgaire: voilà à quoi se réduit main-
tenant, à très-peu d'exceptions près, le talent de nos ateliers
mc^dernes, d'où s'échappent cependant chaque jour, à grands
renforts de prospectus et au plus bas prix possible, de quoi
séduire tous les curés de nos paroisses et motiver parles
fabriques de fortes dépenses, au grand regret des connais-
L oDiu y m«n- scurs ct à k graudo honte de l'art. De là , dans les plus
bTiquTîe style, richcs commc daus les plus pauvres églises, tant de ver-
rières sans esprit de suite, dont tous les sujets, récipro-
quement isolés, ne se rattachent entre eux par aucun lien
moral, et dont le style n'est jamais celui du monument qu'ils
ont la prétention de décorer ; car ce principe d'unité qui
exige dans un tableau sur verre, comme dans la restauration
architecturale, une étroite conformité de style entre l'édifice
et son ornementation , est le plus méconnu de tous , et par
ceux qui veulent de la sculpture , de la statuaire ou des
vitraux, et par ceux qui confectionnent tout cela à la journée
et à prix fait.
Ignorance des Et, disous-lc cucore, uos architcctes actuels sont presque
JÎSSî**^*** *"' ^* toujours les fauteurs de pareils méfaits. Tirés à la hâte d'une
école où ils n'apprennent qu'en partie ce qu'il faudrait
savoir très-bien, ils ne craignent pas de se charger, pour la
construction ou la restauration d'une église, de tout ce qui en
constituera l'ensemble. Ils n'ignorent pas moins des vitraux
que des autres objets auxquels s'attaque leur zèle, et c'est
ainsi qu'en s'appropriant à Angers la restauration d'une ver-
rière de S, }faurille , certains l'ont complétée d'épisodes
tirés de la légende de S, Maurice; et qu'à Saint-Denis ils pla-
cèrent, en \ 843, un Origène avec la tête nimbée : si bien que
Tarchevèque de Paris eut besoin de toute son autorité pour
faire tirer de là un hérétique illustre que l'habile architecte
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES MANUSCRITS. 23
avait canonisé ni plus ni moins que S. Ambroise et S. Au-
gustin!.. Que dire de tels échantillons ? Ce sont, hélas! des
plaies trop souvent ouvertes sur toute l'étendue de nos basi-
liques. Depuis trente ans que la vitrerie s*en est emparée,
combien y a-t-elle posé de ridicules essais ! que d'insigni-
fiantes images , au milieu 'desquelles se montrent à peine
quelques travaux bien sentis et bien exécutés ! Et si parfois il
en est ainsi, c'est que, par hasard, un véritable archéologue
a passé par là; ses inspirations s'y sont empreintes ; elles y
protestent contre un entoiirage malheureux qu'un peu de
bon sens et de science aurait sauvé de ses banalités ou de
ses laideurs (4).
Une complète analogie rapproche les vitraux des manus- Analogie entre
\ , ? , '^^ . . , . . , . le. vitraux et lee
crits , quant aux mmiatures qui enrichissent ces derniers, vignettes de* ma-
Nous serions peu étonné que le travail de ceux-ci eût inspiré
les autres , car Us leur sont certainement antérieurs de
beaucoup. Les uns et les autres ont progressé d'époque en
époque, et, pour peu qu'on les observe et qu'on les compare,
on reconnaît que les commencements et les développements
successifs de chaque genre de peinture établissent entre
elles des rapports qu'il est impossible de nier. Ce que nous
savons des manuscrits antérieurs à l'ère chrétienne nous
prouve que les lettres ornées ou vignettes furent d'abord
fort rares , et tracées seulement au trait , en de très-fins
linéaments, d'où leur vint le nom qu'elles portent encore.
Pour ceux qui remontent au delà du neuvième siècle , Rareté des ma-
, * i. jjtx • 1 nu8crit8 ame-
nons en avons si peu qu on ne peut guère déterminer leurs rieurs au neu-
caractères que par ces précieuses exceptions. Nous pour-
rions citer de ce nombre quelques rares débris d'évangé-
(i) Comparer^ pour preuve de ces observations, les deux verrières de
Sainl'Bilaire et de Saint-Bernard posées dans le pourtour absidal do '
la beUe abbatiale de Fontgombaud, lesquelles sont dues aux ateliers de
M. Honoré flivonnait, de Poitiers, avec toutes les autres placées autour
d'elles et qu'on s'est repenti, nous le savons, d'avoir prises ailleurs...
On s'évitera de telles erreurs et de pareUs repentirs quand Vart ckré-
fien pera devenu l'objet obligé des études ecclésiastiques.
des.
24 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
liaires , comme celui de Gharlemagne à la bibliothèque du
Louvre , ou le sacramentaire de Tabbaye de Gellone, qui
date du huitième siècle et qui se conserve à la bibliothèque
nationale (4). Là se manifeste le symbolisme usité, dès
les premiers temps du Christianisme, dans la reproduction
du chrisrae , du tétramorphe ,* des lettres ornées de pois-
sons, de fleurs et de scènes de TApocalypse. Enfin , et au
niveau, pour la beauté d'exécution, d'un charmant évan-
géliaire du neuvième siècle à la bibliothèque de Bruxelles,
nous mentionnons un beau manuscrit en parchemin de
celle de Poitiers, où les vignettes à pleines pages sont d'une
exécution remarquable et appartiennent à une copie des
progrte de co yf^ de 5'* Budégonde par S. Fortunat et Baudonivie. Dans
ffjuct de peinture *^ '
^ te«Tert lee «le. tous CCS livrcs , OU cût rctrouvé le genre des verrières con-
temporaines, si tant est qu'il en eût existé alors, comme
nous serions porté à le croire d'après ce spécimen, en
considérant surtout que celles du onzième , dont on con-
naît encore quelques rares débris, ont une grande analogie
avec ces curieuses miniatures ; car c'est aux règnes de Robert
et d'Henri V' que l'art du verrier se perfectionne et suit
régulièrement dans sa marclie celle des écrivains et des
enlumineurs. Toutefois ce ne sont pas encore ces couleurs
vives et éclatantes , ces dorures brillantes et épaisses qu'on
admire dans les œuvres des trois siècles suivants. Les tons
en général y sont ternes et de peu d'effet, mais le symbo-
lisme y vit autant que dans toutes les œuvres artistiques par
les couleurs et par les accessoires, qui se rangent le plus sou-
vent autour du sujet principal. Là nous voyons aussi les
modifications apportées par les divers âges à l'architecture
monumentale, jusque-là même qu'on y peut remarquer des
traits inaperçus de la plupart des archéologues, par exemple
(les arcades ogivales adaptées à des ornements archilecto-
{{j Voir Id Dt'Scriptivn de VévangéUaire dt 5. Gotîin, du neuvième
>iôcle, par M. Digot {Ballet. ?nonum., XII, 515).
PEINTURE CHRÉTIENIVE. — LES MANLSCniTS. 25
«
niqnes dans un ménologe grec , illustré , entre 867 et S86 ,
par ordre de Tempereur Basile le Macédonien .
Ce qui n'est pas moins curieux, et ce qui pourrait passer R*PP«>ite »•;;-
à quelques égards pour un véritable caractère symbolique , cnture des direr»
c'est le rapport très-direct qu'on peut reconnaître entre *»« *» »« •ty»*'»
récriture des manuscrits du moyen âge et le style plus ou tare.
moins pur ou plus ou moins maniéré des architectes dans
leurs œuvres monumentales. Quelle frappante conformité,
en effet, entre ces durs et incultes Mérovingiens, dont tout le
luxe est dans une framée, toute la vie sociale dans la guerre
et les conquêtes, et ces caractères graphiques jetés lourde-
ment, mais par une plume nette et ferme, sur un parchemin
épais, dur et presque raboteux , caractères qui eux-mêmes
larges et trapus , réguliers et uniformes, représentent très-
bien l'arcade lourde et sévère , les murailles épaisses, les
baies sans ornements , les portes étroites , les contreforts
hauts et massifs, des donjons et des églises lombardes ou
anglo-saxonnes ! Ainsi, comme l'écriture calme , posée et
très-lisible du douzième au quinzième siècle, les con-
structions architecturales de l'époque romane, de la Tran-
sition et des deux premières périodes gothiques sont d'un
style simple, grandiose , d'un effet d'autant plus élevé qu'il
ne le cherche pas, et dédaigneux de toute parure qui
n'ajoute rien à l'expression indispensable à son objet. Au
temps de S. Louis, les deux choses commencent à recher-
cher une certaine élégance, encore timide .* de graves
qu'elles étaient auparavant, elles tendent au gracieux , et
commencentà s'emparer, pour y arriver bientôt, d'un genre
d'ornementation qui s'appellera le gothique fleuri. Pour
l'architecture, ce seront des difficultés vaincues en des mou-
lures et en des motifs sculptés qui, au Heu d'accuser un des-
sin pur et correct, se contourneront dans les prétentieux ca-
prices d'une de ces nombreuses innovations qui pour les arts
sont toujours, sous un spécieux prétexte de progrès qui sé-
duit la foule, les avant-coureurs d'une prochaine décadence .
26 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Ainsi, la Renaissance nous fait, au quinzième siècle et au
seizième, des édifices religieux ou civils dont l'ornementa-
tion n*est plus qu'un tour de force continuel; l'écriture, par
analogie , élargit ses lettres , les mêle et les encheyètre de
façon que ses caractères ne sont reconnaissables qu'à la
manière des énigmes ; et , avec leur profusion de traits
futiles, évidemment empruntés des végétations fouillées
dans les gorges et les voussures des grandes portes des
églises, ils vont nous produire, jusqu'au dix-septième siècle,
des écritures illisibles que nous gardent encore les chartes
et les parchemins de Louis Xn à Louis XIIL Aussi les livres
manuscrits cessent à partir de la fin du quinzième, et,
quoique l'apparition contemporaine de l'imprimerie soit
une cause très-nette de cette disparition des écrivains , elle
se fût manifestée fatalement en dehors de cette cause, uni-
quement par la seule difficulté d'avoir des lecteurs assez
résignés pour accepter des Uvres dont toutes les lignes se-
raient devenues indéchiffrables. Enfin, si nous considérons
l'écriture cursive pendant les deux siècles qui précèdent le
dix-neuvième, nous la voyons revenir et n'avoir plus de phy-
sionomie générale : chacun se fait la sienne, plus ou moins
lisible , mais sans autre règle que sa propre personnalité ;
dès lors elle devient de nouveau le type de l'architecture
métamorphosée, qui se vit alors, elle aussi, subordonnée au
hasard de la pensée, sans trait ni originalité ; par cela môme
elle est comme un symbole de la société européenne, qui ,
secouée par les tempêtes morales, dont la prétendue Réforme
est la principale cause, s'achemine à n'avoir plus d'unité ni
dans sa foi religieuse , ni dans son respect de l'autorité, ni
dans les dogmes mêmes de la vie pubhque : toutes choses
dont on avait commencé à douter, et qui s'anéantissent au-
jourd'hui dans ce monstrueux phénomène qu'on appelle la
Révolution , c'est-à-dire le dernier degré de la démoralisa-
tion humaine.
La même obser- Si, après ccs cousidératious générales, nous entrons dans
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES MANUSCRITS. 27
Texamen des vignettes en particulier, nous y trouvons mille ▼•«<»« q»»»* »««
preuves de plus que chaque objet, outre son caractère his- prei^rnent de res-
^ . ; . , P"^' <** *• Renais.
tonque, y tient toujours un langage qu'il n'est pas donné à •«oc
tous de comprendre , mais qu'il est important d'éclaircir
pour tous. Là encore, il faut distinguer les époques avant
tout : c'est une première condition d'une interprétation fon-
dée ; car autant les siècles de la véritable science théolo-
gique nous offrent d'images sérieuses au sens profond et
élevé, autant les folies de la Renaissance et toutes les excen-
tricités du temps qui s'écoule de Charles VII à Louis XIII
émaillent, par une étonnante prodigalité, les textes et les
marges des dernières œuvres de la calligraphie. Les unes,
toujours graves comme les écrivains et les peintres qui nous
les laissèrent, se font toujours l'organe d'un haut enseigne-
ment ; les autres, ayant au fond le même but, y tendent par
des moyens beaucoup moins dignes , et sous rinOuence
d'une pensée empreinte de toutes les hardiesses de l'esprit.
(Celles-ci semblent s'évertuer à inventer de nouvelles formes ;
la simplicité d'autrefois , les symboles reçus par les âges
modèles, ne leur sufBsent plus ; l'imagination se donne avec
elles toute carrière et la parcourt sans réserve, ne s'arrêtant
devant aucune des formes de l'audace. Il n'en faut pas
moins deviner les prétentions de leur style et de leur pin-
ceau. Cherchons à les analyser.
Dans le premier genre donc qui mérite à tous égards nos Beautés artisu-
. « . ^00 (le ces char*
premiers soms, nous rencontrons ces belles pemtures faites mantes peintures,
1 • A tti *• . n » Il •* *®""' détails
avec tout le som que comporte lépoque artistique d ou elles symboliques.
descendent, reproduisant avec leurs couleurs convenues les
traits, consignés dans le texte, de leur côté purement biblique
on mystique , et accompagnés de certains détails qui seuls
en feraient reconnaître l'auteur ou le fond môme : c'est la
crucifixion avec un pélican qui surmonte la croix, ou l'Éghse
recevant le sang divin dans un caUce qu'elle tient sous les
plaies du Sauveur; c'est David méditant à genoux devant un
prie-Dieu les psaumes de la pénitence, dont le texte est ou-
2S HISTOIRE DU STMBOLMME.
vert sous ses regards. Sa harge savante, qui bientôt redira
les accents d'un cœur contrit et humilié, repose silencieuse
à ses pieds, et tout près du prince perche , triste et préoc-
cupé comme lui, le passereau, dont il a fait le symbole de sa
Esprit mondain soH tudc . — Quaud ce sout dcs scènes évangélîques, le peintre
et profane de la i.-i i ^ ^ *r
plupart de ces or- Ics cutoure volouticrs dc quelque accessoire qui en fait
nementsauxquin- t-, , . «* «■
xièmc et «eiz ème comprcudre le sens allégorique, ne fût-ce que sur les marges
' du manuscrit, embelli de charmantes fleurs imaginaires qui
vont de siècle en siècle, et de plus en plus délicates et vives
de couleurs et d'or, jusqu'à celui où le sérieux devient plus
rare , où la plaisanterie se glisse jusque dans les Litres
d* heures y à côté des psaumes et des oraisons. Il est facile
de voir à ces singularités inconvenantes que la main du
moine écrivain n'est pliLS là. Les miniaturistes apportent
leur laïcisme sur ces pages si joliment écrites, si habilement
coloriées , mais où le sens de la piété se fourvoie , où la
théologie est absente, où les idées mômes de la magie telle
que nous l'avons pu étudier ci-dessus (i) s'introduisent
pour traduire en grotesques libertés les doctrines de la ca-
bale et les scènes drolatiques du sabbat. C'est le quinzième
siècle surtout qui s'est évertué à ces gentillesses déplacées.
Rôle fréquent Et commcut cxpliqucr autrement que par quelque rêverie
donné au démon ,. , ,, /. t. , , ,
80U8 des form.»» diaboliquc cette laie aux mamelles pendantes, debout, à
grotesquen ,
cheval sur un bâton qu'elle tient d'une main , et de l'autre
soutenant l'équilibre d'une barre transversale appuyée sur
son épaule droite, et d'où pendent, devant et derrière, deux
seaux de bois qu'elle va remplir ? — et ce gros garçon armé
d'une formidable massue, monté sur une chimère bipède à
corps de scorpion? — Ici j'aperçois un diable à tête de dragon,
dont le poitrail est garni d'une de ces têtes difformes que
nous avons vues se multiplier sur le corps de Satan en signe
de sa multiple activité dans le mal ; il marche sur deux
pattes velues et onglées; une énorme queue indiquerait
(t) Voir t. III, ch X, p. 392 etsuiv.
PEINTURE CHRÉTIEMNB. — LES MANUSCRITS. 29
toute seule son origine suspecte. — Là, par un contraste aisé
à comprendre, des magots à deux pattes s'accroupissent sur
la tige d'une jolie plante ou sur le calice d'une fleur fantas-
tique , de môme que le génie du mal assiège et subjugue
trop souvent la beauté innocente qui ne l'a pas assez redouté.
— Ici un singe à l'air espiègle et dégagé s'exerce sur la cor-
nemuse, digne pendant d'un rival de même nature qui, sur
une autre page, charme ses loisirs en jouant de la flûte. Ne
sont-ce pas là des variantes de la truie qui flle, de l'âne jouant
de la harpe ou se pavanant sous la chape? — Et cet autre
singe aussi qui fouette un chat, dont on remarque l'impas-
sibilité étonnante, n'est-ce pas le diable se faisant un jouet
de l'âme perfide, habituée de la gourmandise et de la ruse ?
aussi bien que ce loup traînant dans une brouette une oie
qui ne paraît pas trop se déplaire à ce voyage n'est certai-
nement, dans la pensée du peintre, qu'un stupide pécheur
se laissant emporter, par sa fatale docilité à l'ennemi, vers le
but que sa bêtise lui cache, et où bientôt il va devenir la
proie de ce maître plus avisé que lui.
Il n'y a donc pas à douter que tant de singularités ne
soient toujours du symbolisme créé par la folle de la
maison , sans contredit , mais ayant un sens très-recon-
naissable. C'était le genre du temps avec la pensée res-
pectable des temps passés. Alors encore , on se souvenait,
en dépit de telles apparences , des traditions sacrées ;
on faisait de charmantes copies du Saint-Graal ornées de
magnifiques pages, enluminées de vastes sujets à scènes
variées, où la démonologie du moyen Age rappelle, autour
du règne de Satan trônant au milieu de ses horribles satel-
lites, tout ce que la foi nous enseigne du dernier jugement,
du purgatoire et de l'enfer. Ce tableau est plein d'animation ; rev^toes de leun
les courtisans du roi des ténèbres y ont tous une figure •"'•p«>p'««'
dont le fond est de l'humanité aussi bien que le corps ; mais
tous ont une tête verte ou bleue comme leur chef, qui s'ad-
juge ces deux couleurs empruntées aux idées divines, qu'il
30 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
et apparaiMant prétend usurper. Leurs costumes aussi, qui consistent tantôt
étonnante variété dans unc cuirassc et des brassards quand ils remplissent les
do formes et d*ac-
tion. fonctions de gardes, tantôt dans un simple haut-de-chausse
qui laisse à nu tout le reste du corps, sont par là très-con-
formes aux règles symbolistiques des bonnes époques. Ces
belles pages, et d'autres tirées en grand nombre des beaux
manuscrits du quinzième siècle, annoncent, dès ce temps, de
remarquables progrès dans la peinture ; elles sont les con-
temporaines de nos grands peintres chrétiens, de Giotto à
Ange de Fiézole, et de celui-ci à Raphaël.
Mais entrons plus avant dans cette époque par des obser-
vations plus intimes, et reconnaissons, jusque dans les té-
mérités que nous blâmons , l'esprit symbolique , resté tout
d'abord trop inaperçu.
Manuscrit du roi Dans uu dcs bcaux manuscrits de la bibliothèque de Poi-
René d* Anjou. *•
tiers, attribué à René d'Anjou et rempli de délicieuses ma-
juscules ornées de fleurs et d'oiseaux ravissants d'exécution,
une miniature représente Job sur le fumier , conversant
avec ses amis. Ce sujet occupe toute la page , si ce n'est
qu'au bas on a ménagé assez d'espace pour jeter encore, au
milieu de guirlandes fleuries et de festons de fort bon goût,
deux monstres , dont l'un est un quadrupède , espèce de
chien imaginaire , l'autre un magot assis sur ses deux pattes,
et dont la tête humaine est surmontée d'un cou et d'une tête
de dragon. Il est, ce semble, assez facile de distinguer sous
ces traits le mauvais Ange , qui joue un rôle si important
dans cette histoire si philosophique , puis , dans le chien
bizarrement accoutré de sa nature équivoque, ces amis du
saint Patriarche, dont les raisonnements et la doctrine
valaient bien à peu près les aboiements importuns de l'inté-
ressant quadrupède.
Miatei de pab- Mals ouvrous uu mlsscl des dernières années du même
orofxdePoitien: sièclc , à la bibliothèquc du séminaire de Poitiers, et
de l'ancien monastère de Sainte-Croix : nous allons y voir,
sous les formes les plus diverses et les plus singulières,
PEmTURE CHRÉTIENNE. — LES MANUSCRITS. 31
des allégories très-patentes aux offices dont elles accom-
pagnent le texte. Au premier dimanche de TAvent, se , ^ dimMciie^
■^ . '^ 'de l'Arent et du
Yoit SUT mie page enluminée une charmante sirène, dont c*rême «ymbon-
■ ses '
nous savons le rôle perfide et attrayant. Que fait-elle donc La sirène;
là, quand l'Église nous parle du dernier jugement, sinon un
contraste évident entre les plaisirs mondains qui perdent les
hommes , et les graves pensées qui ouvrent un temps de
pénitence et de préparation aux dernières fins ?
Au quatrième dimanche , un loup , fort bien caractérisé la pcn^oation
par la tête ,les pattes et la queue , à demi vêtu d'un habit ® * °'
monastique d'homme , est à cheval sur un coq lancé de
toute sa vitesse contre un oiseau qui a quelque rapport
à une grue. On sait l'innocuité proverbiale de celle-ci,
comme la méchanceté hardie de celui-là. La pauvre vola-
tile , tout en fuyant , se retourne pour se défendre ; elle
étend ses ailes, darde sa langue, donne enfin toutes les
marques de la frayeur : c'est l'innocence attaquée par le
crime; c'est le démon poursuivant l'&me fidèle; c'est le
loup ravissant, image de la cruauté et de la fraude, et
l'âme juste qu'il persécute de ses plus rudes tentations et
dont toute la garantie est dans une fuite prompte et résolue.
Or, dans cet office, l'Ëglise demande expressément la venue
du Messie libérateur, implore sa protection toute-puissante
et la délivrance de l'esclavage du péché. La prose qu'on
chantait alors à la messe de ce jour appuie bien ce senti-
ment : Redempta Aumanita9 j tota morte fugata^ prima fugit
deirimenia.
Mais nous voici au premier dimanche de carême : il s'agit i-» tenutioii aa
de la tentation du Christ dans le désert. Cet épisode est
fort joliment encadré dans une majuscule où le tentateur,
ressemblant pour le gracieux de sa figure à ceux de ses
collègues précités, relève encore son attrayante physio-
nomie par deux magnifiques défenses de sanglier qui lui
montent jusqu'au niveau des oreilles. Il offre au Sauveur
une pierre, et semble lui dire avec une expression d'ironie :
32 UISTOIBE DU SYMBOLISME.
Ditesà cette pierre de se changer en pain (i ) . Puis, sur la marge
inférieure , un porc armé aussi de défenses , accroupi sur
une chimère , joue de la cornemuse, instrument des bois
et de la solitude , tandis qu*à Tautre extrémité du même
plan , un singe , race inépuisable , monté à rebours sur
une béte fantastique non moins curieuse, présente au mu-
sicien une écuelle pleine d*un liquide très-distinctement
dessiné : c'est bien évidemment une suite de la première
scène. On y a donné dans la caricature ; mais n'est-ce pas
aussi une manière de jeter le ridicule à ces faces de singes
et de porcs qui s'imaginaient produire quelque illusion , à
l'exemple de leur infernal inspirateur, sur des &mes pour
lesquelles la pénitence et le jeûne deviennent des prati-
ques aussi nécessaires que rassurantes?
LftChftDiin^onne; Sulvcz cucore , ct , quaud vient le jour où l'Évangile ra-
conte la supplication de la Gii^nanéeune pour sa fille tour-
mentée par le démon (2) , vous verrez , dans une lettre
d'or et d'argent , cette pauvre fille n'ayant que la moitié
d'elle-même et se terminant par un horrible dragon : ce
trait est fort ingénieux; il exprime fort énergiquemeut
cette possession de l'ennemi , qui , sans rien ôter de l'ap-
parence humaine, est maître cependant, et comme à demi,
de ce corps dominé en partie par sa nature de reptile. C'est
là aussi que se trouve le singe tenant par la queue un chat
qu'il flagelle et qui n'a pas l'air de s'en douter. Est-ce que
déjà le démon, qui inspirait les jalousies de la Synagogue ,
ne se riait pas d'elle, ne la flagellait pas en voyant sa
décadence , dont il ne savait pas encore que l'auteur fût le
Fils de Dieu?
Le •"^'j^ Voulez- vous une image du peuple j uif et de la Synagogue,
juifii et la sjna- d'abord héritiers des promesses divines , puis réprouvés
f0gu6 réprouvé*. * ' tr x
pour leur endurcissement ? la voici au jour des Rameaux ,
(1) « Diclapidihuicutpanisfiat. » {Luc, îv, 3.)
(2) Matth.f \y, 29. — Jeudi de la première BemaiDe de carême.
PKINTIRK CHRÉTIENNE. — LES MANUSCRITS. 33
OÙ Jésus entre à Jérusalem qui Thonore et doit bientôt le
renier. Un vieillard de belle figure est revêtu, jusqu'à la
ceinture, d'une élégante chlamydc. Fuis vient une autre
tète humaine à barbe hérissée , aussi bien que ses cheveux;
le reste du corps se forme de pattes de lion et d'une queue
de chat. A côté , un buste de femme se perd dans une cui-
rasse d'écrevisse appuyée sur deux pattes inférieures pal-
mées comme celles d'une oie et onglées comme celles d'un
oiseau de nuit. La Synagogue va ainsi à reculons ; elle fait
preuve de peu d'intelligence , s'aventure dans les ténèbres.
Son peuple sévit de son côté , et unira contre le Christ la
cruauté du lion qui dévore, la ruse perfide du voleur do-
mestique, toujours plus à charge qu'utile, sous les traits de
l'amitié et de la douceur. Ne sont-ce pas les caractères
dont fera preuve le peuple juif pendant toute la durée de
la Passion du Sauveur?
A la même époque , un bréviaire de l'ancienne abbaye Bréviairo d'un©
^ ^ J «bbesse de oe
de Sainte-Croix de Poitiers avait été fait pour une abbesse de "»*™8 monastère,
-* pltu grave et non
cette maison, dont l'écusson, parmi beaucoup d'autres, y moin. beau d«exé.
revient souvent : de gueules y écarlelé de trois trèfles d'or
mi-partie , et d'un aigle éployé de sable (4 ) ? Outre que ces ar-
moiries se rattaclie^t à une femme de bon goût qui gouverna
cette maison de ^4>i6 à 4423 , cette époque nous y semble
encore Indiquée par le sentiment mieux observé des con-
venances, qui s'y fait remarquer. Les grotesques ne se
montrent plus ici jusqu'à Tinsolence : au lieu des singes ,
(l) Nous avons quelque raison de croire que ceUe abbesse était
Jeanne dVrfeuille, la trentième du monastère, dout Técussou pouvait
bien porter alors des trèfles d'or qu'on a depuis changés soit en feuilles
de laurier , soit en feuilles de chêne , mais que l'Armoriai général du
Poitou, de la bibliothèque de Poitiers, indique seulement comme trois
feuilles d'or que ne distingue aucune dentehire. La famille actuelle
des Guichard d'Orfeuille adopte les feuilles de chêne : mais l'écusson
de Jeanne serait le plus ancien, et les feuilles de trèfle^ étant dépour-
vues aussi de dentelures , sembleraient lui avoir été bien attribuées
plus anciennement. — Toir Dictionnaif e des fanil'es du Phitou, W,
473.
T. IV. 3
34 HISTOIRE DU SYMBOUSMË.
des porcs, des chats et autres personnages de cette
trempe, dont nous savons la juste valeur, on admire , sur
les marges coloriées, de gentils oiseaux aux plumes lisses
et délicates, de jolis renards bien effilés qui ressentent
passablement leur moyen âge. Point de ces symboles de
vices grossiers, de stupides instincts. Ce livre a été destiné
à une femme pieuse ; on a jugé inutile pour elle ces graves
et sévères avertissements prodigués ailleurs aux religieux
peu exacts ou aux gens du monde oublieux de la religion.
La gueule du Cependant le dogme n'y est pas négligé, et une charmante
urgAto fe. vignette , venue directement du douzième siècle à travers
le treizième et le quatorzième, y montre une fois de plus
la vaste gueule du purgatoire ouverte et pleine de flammes ;
des êtres humains , entassés pêle-mêle dans cette prison de
feu , tendent les bras vers le Sauveur qui s'avance armé
de sa croix pour les délivrer, pendant qu'un diable de
même taille accourt en marchant sur le dos de l'animal,
comme pour défendre la proie qu'il va perdre.
LnfécedeMa. EnHu , dc tant d'autrcs citations que nous pourrions
faire , il ne faut pas négliger celle que fournit encore ce
môme manuscrit pour la fête de l'Ascension. A ce jour, on
voit un homme adorant , dans la posture de la plus fer-
vente prière, le Christ s'élevant dans les airs : ses bras sont
tendus vers le Sauveur, son visage respire le désir ardent
de le suivre ; mais sa longue robe , fendue verticalement
de la ceinture au bas , se termine par terre, à Tune de ses
extrémités, par une tête de chien : image sensible des bons
désirs enchaînés par les choses du monde et les affections
terrestres; application de cette distinction, convenue entre
les philosophes et les théologiens , de la partie supérieure
et de la partie inférieure de l'âme.
L«t ordinatioiii Vcrs la fiu dc cc même quinzième siècle, et quand l'es-
l'Abni d«8 bénë- prit de révolte s'élevait contre l'Église et son joug salutaire;
^^' quand les abus nés de la pluralité des bénéfices et des in-
vestitures laïques se furent érigés en scandales , le mépris
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES MANUSCRITS. 35
de tels désordres dut enfanter des avertissements, dont se
ressentit l*art du peintre, aussi bien que celui du poète et
de l'orateur. Ces critiques mordantes, que nous avons vues
sortir des conceptions monastiques sous la main des archi-
tectes du moyen âge , n'avaient pas perdu leurs droits en
face d'un temps où la corruption avait gagné tant de cœurs ;
c'est pourquoi nous voyons dans le missel cité plus tiaut, et
qui ne remonte qu'à peu d'années avant le seizième siècle,
un sujet dont l'auteur a fait une caricature achevée : il
figure au troisième dimanche de carême, que précède sou-
vent une ordination. Au bas d'une page, un singe (toujours
un singe , un diable ou un hypocrite) est agenouillé , joint
pieusement les mains , et garde l'attitude du recueillement
et du respect , la tète humblement inclinée , ne bougeant
pas... Il est ceint d'une bande de cuir noir à laquelle pen-
dent une écritoire et un carnet à mettre du papier et des
plumes: le drôle , on le voit bien, est quelque peu clerc.
Sa tête est nue , et sur ses épaules s'étend une cuculle ac-
compagnée d'un capuce rabattu. Devant lui est un homme,
également à genoux , qui reçoit ses deux mains dans sa
main gauche , et du plat de sa droite lui touche la tête ,
comme pour une espèce de consécration : c'est évidem-
ment une imposition des mains... Ce dernier est exacte-
ment vêtu comme les fous représentés dans le Navis stulti-
fera de Sébastien Brandt, qui date du même temps; on en
verrait aussi de tout semblables dans les gravures dont
Holben a paré Y Éloge de la Folie. Y a-t-il à douter que
dans ce tableau se voie une satire animée des ordinations
simoniaques ou mal reçues, ou de l'abus des bénéfices
dont la collation était trop souvent confiée aux mains fort
peu régulières d'un grand nombre de seigneurs laïques ?
car rien ici ne fait penser à aucun costume épiscopal ou
ecclésiastique. Au reste , nous avons quelque souvenir
d'avoir vu ailleurs un autre sujet dont le fond est le même ;
et il fallait bien , pour qu'il figurât en deux manuscrits dif-
férenb, qu'il fût Teipression d*ane idée dont plusieurs se
fn&^^nt frappés '1^.
vmm^ 4M *v jL#Hj manuscrits ne furent pas les derniers liTres où ces
«•^i^K»- «ymtioles durent laisser leurs traces. A part les vignettes
cffUmées qui se perdirent avec eui, on vit encore l?s pre-
miers livres donnés par rîmprimerie ornés de gravures
sur briid, dont les sujets furent longtemps empruntés aux
^ieux usines, illustrant le texte et v conservant rinfluence
de la symbolique religieuse qui expirait devant les préoc-
cupations, deveniips plus vives que jamais, de la science
profane et de s?s trop nombreuses légèretés. Les Untres de
de Soj^fr^'Dame^ à Vusaige de Poicfiers^ imprimées à Paris
en caractères gothiques, en 4 525, pour un libraire poitevin,
xmi une des dernières œuvres où le démon ait gardé sa
J!r*'^** •**' fcnne du moyeu âge, qui s'oubliait de plus en plus. Dans
n, AwuAty , une des petites vignettes noires qui confirment cette obser-
vation, deux démons battent S. Antoine, et l'un d'eux, plus
apparent, porte une tète de griffon. — Dans quelques autres,
4« «, o*»#/r»« , 5 Georges, le patron des âmes fortes, enfonce sa lance
dans la gueule d'un dragon renversé sous son fier destrier.
44 »- liTtnffMp, — Sie Marguevitc foule aussi un dragon à tôle recourbée,
image de sa deniière victoire par le martyre sur l'ennemi
Siu'ii'*" '^'*"* ^^ ^ virginité et de sa foi. — S. Jean l'Évangéliste tient une
coupe d'où sort un petit dragon ailé, symbole du calice
et des persécutions que lui avait prédites le Sauveur (2).
(1} Les mauuBcrits que nous venons de citer sont presque tous de
la bib.iotliôquc publique de Poitiers ou de celle du graud séniiuaire.
La pagiuation n'«n ayant jamais élé faite, il serait difficile d'en Indi-
quer la place dans chacun de ces livres ; mais les sujets que nous
avous analybés s'y rencontrent facilement pour peu qu'on les y cherche.
— Quelques autres sont tiiéé du recueil intitulé Le Moyen Age ei la
Retiaissanc*', qui donne beaucoup de planches^ mais se dispense sou-
vent de les expliquer.
(2; Voir La Légende dorée, où l'on rapporte que des païens indocile»,
ayant voulu se défaire de l'Apôtre, lui offrirent un breuvage empoi-
Konné, mais que celui-ci, divinement inspiré de n'en pas prendre,
lit sur la coupe un signe de croix qui la fendit et la vida instantané-
ment. Pour rendre l'inutilité du poison, ce fut une ingénieuse idée de
PEUS'TLRE ÇHRÉTlfilliNE. — LES MAMtSCRITS. 37
— S. Michel enfonce un dard dans rhorrible gueule du «tde 8.iiichei.
monstre, dont la physionomie laisse voir bien clairement
avec les autres un air de famille : le vaincu, terrassé sur le
dos, s'efforce, de sa patte droite, d'arracher la lance qui le
gène; sa pose est fort naturelle, et ses grimaces dénotent
quelqu'un décidément mécontent. Ne voit-on pas bien ici
l'intention du graveur unique dont le burin a travaillé tous
ces bois? Et tous ces serpents ou dragons sont-ils autre
chose que des signes sensibles des obstacles que le démon
opposa aux Saints dans la pratique de la vertu, et quelque-
fois des tourments qu'ils ont soufferts?
Au reste, et afin de se faire une plus complète idée du symboie* nou-
symbolisme rendu au dernier terme de sa vie pratique et çon, image de la
^ i * résurrection et de
littéraire, il ne faut pas ignorer que, vers ces derniers rimmoruiutë.
temps, l'habitude d'en mettre partout avait fait inventer
des symboles inconnus des anciens, et dont S. Méliton ne
parle pas. Le limaçon, par exemple, fut employé maintes fois
au seizième siècle pour signifier la résurrection, parce
qu'en effet sa coque est une sorte de sépulture, et il en sort
à volonté. Ainsi nous possédons un Livre tV heures à Vumige
(leRomme, imprimé à Paris pour Jehan de Brie par Nicolas
Hygman^ vers ^510 à peu près, dont les vignettes margi-
nales nous offrent l'insecte rampant sous plusieurs faces,
qui toutes se rapportent à une môme expression. Là c'est
la Mort, grande femme nue à la face décharnée, débout
sur des limaces qu'elle foule aux pieds, tenant de la maia
gauche une poignée de serpents étouffés par son étreinte ;
de la droite, elle montre un autre limaçon sortant de sa ca-
rapace, tandis qu'un autre repose? sur son épaule gauche
aussi plein de vie que son pendant. Voilà donc la mort de-
venue le principe de la vie : on entend S. Paul disant aux
Romains : « Si nous sommes morts en Jésus-Christ, nous
repréév Dter le démon, inspirateur du crime , s'échappant du vase et
rédant au signe qui lui est le plus hostile. Le m/^nie trait est cité daus
la Vie du patriarche S. Benoît.
38 HISTOIRE DU SYMBOLISME. *
ressusciterons en Lui (4 ] ; » et la preuve de cette résurrection
bienheureuse est dans ces serpents tués par la Mort, dont la
venue est vraiment pour le chrétien le moment de son
triomphe sur le mal et sur Tcnfer.
i.°no^*****"*^ Ailleurs nous voyons un autre de ces mollusques, la
tête et le cou fièrement sortis de sa coque , ayant deux
bras armés d'une hache d'armes , et tenant ferme , avec
un visage menaçant qui participe beaucoup d'une figure
quelque peu humaine, contre deux jeunes hommes au
corps trapu qui le menacent de côté et d'autre , l'un
d'une vigoureuse massue , l'autre d'une large épée. Mais
ces menaces ne s'effectuent pas ; la béte mystérieuse
demeure impassible et méprise d'un regard assuré des
coups qui ne peuvent l'atteindre. L'homme s'arme en
vain contre la mort ; il ne l'évitera pas plus que la résur-
rection, qui fera justice des bons et des méchants. Non
loin de ces sujets, on voit accroupis au bas des pages
soit un chat, dont on sait le mauvais côté, soit un griffon,
dont la queue s'enlace à celle d'un capricorne. Nous savons
aussi la signification peu rassurante de ces natures mau-
vaises ; là elles sont d'autant mieux placées que ces deux
dernières bètes soutiennent un cuMe-lampe qui sert de base
à la grande statue de la Mort tenant ses limaces. Cette cir-
constance est encore un souvenir du moyen âge. A Char-
tres et à Amiens, on voit aux façades des cathédrales les
bourreaux ou persécuteurs des Saints représentés accroupis
sous le piédestal de leur statue. Ajoutons enfin, pour ter-
(i) « Si autem mortai sumus cum Christo^ credimus quia simul
etiam vivemus cum Christo. n {Rom», yî, 8.) — M. le comte Auguste
de Bastard confirme cette donnée 8ur le limaçon pris comme symbole
de la résurrection , dans son Rapport sur notre Histoire de la cathé-
drale de Poitiers , inséré au Bulletin des comités historiques {iS^O,
Archéologie^ t. II, p. 173)^ où il donne une vignette du quinzième siècle
reproduisant un limaçon sur lequel un homme dirige de loin une arba-
lète dont le trait va partir. l\ cite d'autres types semblables auxquels il
donne le même sens , ce qui est pour nous une garantie de notre propre
appréciation.
PËIIYTLRE CHRÉTIENNE. — LES ENSEIGNES. 39
miner sur notre limaçon symbolique, qu*il avait tit)uvé sa
place jusque sur l'enseigne de Nicolas Hygman, demourant
en la rue Sainet-Jacques^ à Venseigne de la Limace, On n*eût
pas pris un symbole de cette espèce pour cet usage s'il n'eût
pas représenté une idée favorable.
Et c'est l'occasion de rappeler aussi combien les ensei- symbousme det
gnes, au moyen âge et depuis, furent empreintes de sym-
bolisme. Qui n'a pas vu maintes fois dans les vieux titres
la cigogne , le pélican , le coq hardi et tant d'autres ? La
science qui nous occupe était alors plus généralement es-
timée; elle faisait invasion dans la rue, où elle n'est même
plus aujourd'hui ; on la voyait également adoptée par les et des armoinei
corps de métiers, qui s'étaient fait des armoiries consacrées «en.
par des lettres patentes des souverains. Quoique beaucoup
des symboles représentés sur leurs bannières ou leurs
sceaux, aussi bien que sur les poinçons de fabrique, fus-
sent de simples instruments du métier, certains corps cepen-
dant avaient de véritables écussons, qui, le plus souvent,
étaient chargés de véritables armes parlantes : telle la cor-
poration des lainiers de Saint-Trond, en Belgique, avait en
4481 un Agnus Dei, à cause de sa laine; celle des charpen-
tiers de MaOstrich prenait pour indice de confraternité un
compas, une doloire et une tète de mort, celle-ci par allusion
aux cercueils que les confrères fabriquaient; et, en 1356, les
bouchers de Bruges se reconnaissaient à leur^ccau chargé
d'un bœuf et dont le revers portait un porc engraissé. Sou-
vent, quand ces illustres familles, dont l'importance ressor-
tait de leurs statuts et règlements, donnaient un vitrail à
l'église ou à la chapelle de leur confrérie, elles ne man-
quaient pas d'y faire peindre soit leur écusson, soit un acte
de leur commerce. Cet usage remontait au moins au trei-
zième siècle, dont une foule de vitraux l'attestent encore à
Chartres, au Mans, à Bourges et à Poitiers. Au seizième
siècle encore, on se gardait bien de l'oublier, comme on en
trouve de nombreux témoignages dans les belles gravures,
iiDre dt% livres et
fl»» in«ov«ciit».
40 HISTOIRE DL SYMBOLISME.
toujouiv meilleures que le texte, du Moyen Âge et la Renais-
tance ({., Les manuscrits eux-mêmes, auxquels nous reve-
nons, offrent de nombreuses vignettes de ce genre.
\J^n-^lt^u!^^ Enfin, et pour ne rien omettre sur ce sujet, il est un autre
côté par lequel nous devons regarder les manuscrits comme
organes du symbolisme au moyen âge. Des livres si pré-
cieux, d'une confection si difficile et d'une si chère acqui-
sition , des missels, des ménologes, des psautiers, des
sacramentaux ou des évangéliaires écrits en lettres d'or et
de carmin, rehaussés de majuscules qui, à elles seules,
étaient autant de charmants et remarquables travaux ; ces
trésors de prières chrétiennes, de théologie, de philosophie
ou d'histoire naturelle, lentement élaborés à la demande des
princes ou des prélats dans les vastes salles dos monastères,
avaient besoin d'une reliure qui ne se pouvait jamais faire
qu'après la confection entière du livre et de ses vignettes
coloriées, comme le prouvent certaines d'entre celles-ci où
l'enlumineur est représenté travaillant sur une simple
page de parchemin. Or ces reliures étaient souvent d'une
grande richesse, particulièrement quand on les destinait à
des livres écrits et illustrés pour de grands personnages,
mais surtout encore quand ces livres se rapportaient à la li-
turgie. Il n'était pas rare en pareil cas, et il nous en reste de
beaux spécimens, de les recouvrir, à l'imitation des dipty-
ques romains, de tablettes d'ivoire sculpté, comme le psau-
tier de Charles le Chauve de la bibliothèque Richelieu, dont
les curieuses scènes représentent avec les plus hautes con-
ceptions du symbolisme la Dormilion de la Sainte Vierge
el d'autres scènes pleines d'iiilérùl. Quelques livres se
paraient même de lames de métal précieux qu'on cise-
lait artislement , coranie la belle plaque d'argent où le
Christ siège el bénit au milieu des quatre animaux sym-
M) T. UI, Corporations^ ^• iv cl suiv., v» r.HARPENTiFBs.— Voir aiisM
Ckroniq, (le Suremberg»
PEINTURE CHRÉTIEISNE. — LES RELIL'RES DES MAiMJSCRlTS. 4i
boliques, sur Tévangéliairc de Warzboiirg (Bavière). Sdu-
venl ces admirables gravures étaient niellées , ou émail-
lées , ou relevées de pierreries. Sur cet ivoire , sur ces
plaques d'or et d'argent, des scènes variées, ducs au travail
d'artistes spéciaux , représentaient , comme nous venons
de le voir, des faits analogues au sens général du livre. Oet
art s'appliquait de préférence aux évangéliaires, dépôts de
la Parole divine, et de fort beaux résultats en sont venus jus-
qu'à nous. On comprend que, l'or étant le symbole de la
sagesse, l'argent celui de l'éloquence évangélique, et les
pierres précieuses celui des bonnes œuvres dt des miracles,
ces trois riches ornements convenaient très-bien à de telles
œuvres, selon la remarque de Rupert.
La Sainte-Chapelle de Paris possédait autrefois deux ucauK oxeinpir»
* *^ (]«) reliures au
évangéliaires, du dixième ou onzième siècle, couverts de moyen aiî».
saphirs, d'émeraudes, de perles et de rubis, dont nous
savons, par l'Apocalypse, le sens symbolique. D'autres tré-
sor s'enchâssaient aussi parmi ces richesses : des reliques
des Saints, des fragments de la vraie Croix en rehaus-
saient l'éclat et le prix. Ce grand luxe, qui n'oubliait rien
pour être plus digne de Dieu, s'eftaca pourtant et n'est
guère venu à nous en deçà du quinzième siècle ; on en a
cependant encore aujourd'hui quelques restes précieux. On
voit à la bibliothèque de Rouen une reliure sculptée à
cette époque, représentant, au milieu de riches ornements
en fleurons et en étoiles, une licorne chassée par des chiens
et se réfugiant dans le sein de la Sainte Vierge; l'enca-
drement est limité par une bordure de petits comparti-
ments dans chacun desquels saillissent en relief les lettres
qui forment les mots : SU nomen Domini benedictvm, — La
collection du prince SoltyRofl", si renommée pour ses belles
curiosités, et qu'après la mort de ce riche amateur on a vue
disséminée comme tant d'autres, possédait une couverture
de livre en émail offrant, au milieu d'une charmante bor-
dure du treizième siècle, un ovale formant l'auréole où était
42 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
assis le Christ bénissant, entouré du Tétramorphe ; le Christ
était dessiné en or, et le fond noir faisait ressortir d^autant
mieux des pierres précieuses semées autour du trône pour
figurer les étoiles environnant le Principe divin de toute
lumière.
Aujourd'hui , Textrème rareté de ces magnifiques ou-
vrages , au lieu desquels on se contente d'une éclatante
reliure en maroquin dont la somptuosité dorée n'ap-
prochera jamais de ces chefs-d'œuvre, nous en rend la
conservation et l'analyse d'autant plus importantes. C'est
là surtout qu'on peut étudier l'art du moyen âge dans ses
beautés de toutes les époques : les attributs des Saints,
les costumes, les allégories, les traditions bibliques, les
arabesques, les animaux, les entrelacs, les ornements de
tout genre employés dans l'intérêt de tous les arts, et tou-
jours revêtus d'un sens spirituel, tout est là ; et forcé de
nous restreindre ici et d'omettre les intéressantes descrip-
tions qui prolongeraient trop ce chapitre, nous renvoyons à
beaucoup d'articles qui en ont traité dans les grands re-
cueils qui signalent aujourd'hui la résurrection de l'ar-
chéologie (4).
iM ïntTe S*it* ^^**^ ^ ^^ ^^ dixième siècle, on commença à s'occuper
tranx et les iapu- eu Prauce dcs tapisscrics de laine, dont les diverses couleurs
séries. ' '
ne restaient pas indifférentes au symbolisme, et suivaient
les idées antérieurement adoptées dans ce but. C'était aux
églises que ces travaux étaient destinés, soit comme tapis
pour les sanctuaires, soit comme tentures pour orner les
murs, les dossiers des chaires ou des sièges , et remplacer
(1) Voir Annales archéologiques; — Revue de Vart chrétien; —
Dictionnaire d'orfèvrerie chrétienne de l'abbé Texier, ▼• couvertures
et RELIURES DES LIVRES, col. 529 et suiv.;— Le Moyen Age et la Renais*
sancff i,\; — Les Arts au moyen âge, in-i", 1868. — Ce dernier livre
u'est qu'un choix fait, dans Le Moyen Age et ta Renaissance, d'articles
et de gravures qu'on a vendus ainsi une seconde fois, et où l'archéologie
chrétienne n'est pas mieux comprise que d'abord. >- Voir à cet égard
ce que nous disons plus loin, eh. xvii, de Tarbre de Jessé.
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES TAPISSERIES. 43
les peintures par des sujets de rechange qu'on a trop aban-
donnés depuis longtemps. L'abbaye de Saint -Florent de Histoire de c«
* " *^ "^ frenre de décora-
Saumur occupait un certain nombre de ses religieux à ces uon ;
belles décorations, où les fleurs, disposées en bordure, le
disputaient par leur belle couleur d'écarlate à celles d'ani-
maux et d'oiseaux tissus avec elles sur un fond blanc. Dans
ce cadre s'agitaient des scènes pleines de vie, et au milieu de
plaines et de paysages où nous ne regretterions aujourd'hui
que la perspective, alors peu recherchée, des chasses sym- son canctère
boliques, des pèlerinages, des combats de l'ancien Testa- iendire?* '
ment, des scènes de la vie du Sauveur et des actes des Apô-
tres. On y voyait briller aussi des armoiries portant des lions ** Wraidique.
d'argent sur champ de gueule. Les historiens du Poitou
mentionnent aussi, comme une des anciennes gloires de la
province, une manufacture de tapisseries établie à Poitiers
en i 025, et tellement renommée que les prélats d'Italie en
demandaient les produits aux comtes, qui les leur en-
voyaient (i). Du temps même de Clovis, son baptême fut
orné, dans la cathédrale de Reims, de tentures peintes qui
bientôt tapissèrent jusqu'aux rues et aux places publiques.
On sait la célébrité de la tapisserie de Bayeux, qu'on b.^*„*p'***'**'**
croit tissée par la reine Mathilde, épouse de Guillaume le
Conquérant, et représentant des épisodes de la conquête de
l'Angleterre. La bordure qui entoure cette curieuse pièce,
fort étroite et fort longue, est dessinée en fleurs de fantaisie,
comme celles qu'on voit aux marges d'un grand nombre de
manuscrits; on y voit dominer le vert, le bleu, le rouge et
le rose. C'est dans ce même temps qu'à Saint-Florent, dont g^tpiorenr^dî
nous parlions tout à l'heure, Taiguille et la navette des reli- saumur.
gieux composaient des scènes symboliques de l'Apocalypse
et ornaient d'autres surfaces, où l'or et l'argent relevaient
l'éclat des couleurs, de sagittaires, de lions et d'autres bêtes
(1) Dom Martenne, ampîiss, colleciio , V, col. 1106 etsuiy., H30 et
SUIT., Hislor.monaslerii SancH-Florenti Salmur. jCiié par Émeric Da-
vid, Hisl. de la peinlure, p. 106, in-! 2, 1849.
44 HISTOIRE DU SYMBOLISMK.
dont le sens nous est maintenant très-familier. Ces beaux
ouvrages couvraient tour à tour, dans les solennités, la
nudité des nefs, dont elles n*étaient pas les moindres magni-
Hcences (-1).
importHnue (Jet Ou doit regretter ces sortes de parures, d'autant plus
iiuint de vue Mu- précicuscs qu cllos pouvaieut mieux se conserver, puisque
torqu«. ^^ fraîcheur des murs ne les endommageait en rien, qu'où
les changeait aisément selon les fêtes de l'année, qui pou-
vaient avoir chacune les siennes, et qu'elles donnaient ainsi
aux églises un air de solennité inaccoutumée qui allait bien
h la variété de ses fériés et de son culte. Un autre avantage
était aussi de conserver par ce moyen aux églises leurs
traditions locales, qui, fort souvent, se reproduisaient dans
ces ouvrages de laine et de broderie. Avant 4789, le chœur
de Saintc-Radégonde, à Poitiers, était entouré de tapisseries
(lAubusson représentant la légende du dmgon qu'on disait
avoir dévoré une religieuse du couvent de Sainte-Ci*oix :
c'était, croyait-on, l'origine de la GrancTGoule portée alors
(Micorc si solennellement aux processions de la cathé-
drale. La fabrique d'Aubusson ayant été établie en 4763, ce
Iteuu morceau attestait quel prix on mettait alors, et dans
les derniers temps de l'ancien rf^iwc, à perpétuer les souve-
nirs les plus éloignés (2). Dans la même ville, des tapisseries
couvertes des armoiries des maires renouvelés chaque an-
née, et y perpétuant leur souvenir, paraient tous les piliers
de la nef de Notre-Dame et remplaçaient ces mêmes pièces
armoriâtes, d'abord tigui*ées sur la pieri^, où nous a\ons vu
leurs traces inlidêlement reproduites en 1851 par un peintre
nuiladmit que guidait un architecte sans science (3). Qui
nous rendra de tels moyens? c'est à peine, maintenant, si
l'on songe à y l'ovenir. Le mauvais goiU de la plupart des
J) Diuu B<m«iuet, Scrif'l. rfr. C<i<*/irar.,l. X, p. 484.
'2' nom Marteuue. uh 5i-;>nK — Gn?g. Tun.n., Hisior. Fra'iC' r.,
hS. n, eu;». \v\i. - Bc>1y, L\hi(t'i lU Ps/Ut m, j». "53.
;i Voir Bi^iifL «/r^ tu/h/, id iOnc^i, VI, ill.
PËlNTURIi: CHRÉTIENNE. — - LES IfOSAÏOtES. Vj
grandes églises se conlcnlc de plus pauvres meubles, et le
luxe ne va même pas, dans quelques-unes, jusqu'à s'ingé-
nier de couvrir de quelques parures ordinaires les bancs,
sans caractère, qui servent au sanctuaire et au chœur !
A côté des vitraux, des manuscrits et des tapisseries, un i>e remploi (1m
autre genre de travail non moins admirable et d'un faire
beaucoup plus minutieux attire à juste titre l'attention de
l'archéologue, et emprunte également au symbolisme une
importante part de son mérite propre : nous voulons parler
des mosaïques. Employées d'abord, à cause des diversités de
leur composition riante et tout artistique, dans les temples
des Muses , cette attribution leur fit donner les noms
d^opus tnnsfrvm, mosaicuw ^ d'où s'est fait le nom français
aussi anciennement que la langue : donc elles furent con-
nues des anciens. Elles devinrent, sous les beaux temps de
la Grèce et de Rome, un ornement de luxe pour les palais
et les grandes maisons ; l'Orient les employa dès les pre-
miers siècles à ses églises, et bientôt le monde occidental
se les appropria ; mais il les perfectionna avec cet amour
qu'on apportait toujours aux objets destinés au culte, et,
sous Constantin, elles se faisaient déjà un rôle important
dans l'ornementation des édiflces religieux. Symmaque chameg de ce
,. ir.«»i Al i»yi V At'i moyen d'ornemen-
mdique la Sicile comme très-appliquée alors à cette mdus- ta«on,
trie. Ce n'est pas toutefois que, dès ce temps, on fût par-
venu à des chefs-d'œuvre en ce genre ; mais les progrès
furent très-rapides en proportion que la vogue leur fut
donnée, et, après n'avoir été que d'assez médiocres incrusta-
tions de pierres, de marbres ou de verres coloriés fondus
dans les pavés des nefs, des sanctuaires ou des salles capi-
tulai res, on les encadra au milieu de bordures de marbres
diversement colorés, et elles ornèrent les murs, y représen-
tant des mystères de la religion, et tous les tableaux possibles
composés de petits cubes aux demi-teintes, aux couleurs
variées, et tout cela si artistemenl enchâssé en mille figures
géométriques si régulières et de couleurs si vraies, qu'on
^0 HISTOIRE DU SYMBOUSMË.
croyait voir des tableaux dont le coloris et Téclat dépas-
saient de beaucoup ceux des plus belles fresques de Té-
poque. La plus grande difficulté fut, sans contredit, d'agen-
cer selon les prescriptions du symbolisme, si respecté
alors, les couleurs naturelles à tous les objets qu'il y fallait
réunir ; les nimbes, les costumes, les fleurs , les animaux,
tout y réclamait ce soin qu'on sut y donner avec un art
dont l'Italie s'empara ainsi exclusivement. Rome et Venise
se partagèrent la gloire de ces beaux ouvrages, que très-
peu d'autres pays essayèrent, et qui ne continuent guère de
se pratiquer avec succès que dans ces deux villes. Quelques
églises de France, toutefois, furent décorées de cette espèce
de peinture. Dès le temps de S. Grégoire de Tours, et
d'après son propre témoignage, l'évéque de Ghâlons, Agri-
cole, mettait la peinture en mosaïque (musivo depinxit) au
service de la cathédrale construite par lui. La belle abbatiale
de Saint-Benoît-sur-Loire obtint , au neuvième siècle , des
mosaïstes venus d'Italie ; ils y formèrent un pavé de cette
sorte dont on retrouve encore de nombreuses traces. Ce
furent eux sans doute qui laissèrent dans le voisinage, à
la petite et curieuse église de Germigny-des-Prés , cette
mosaïque sur fond d'or qui orne la voûte de son abside :
JrpïTnce*^*' ""* ^'^^^ l'unique spécimen que possède la France, où la mo-
saïque, n'ayant pas d'ouvriers, ne pouvait se faire par des
étrangers qu'à grands frais et dans les grandes basiliques.
La ruine ou la reconstruction d'un grand nombre d'églises
mérovingiennes , où ces dessins laborieux étaient moins
rares, nous a réduits à ne pouvoir plus citer que celle-là.
C'était donc une ornementation réservée pour ainsi dire
aux édifices de l'époque romane ou lombarde. Mais l'art
arrivant, avec les douzième et treizième siècles, à une phase
plus distinguée, les vitraux, avec leurs belles et splcndides
couleurs, opposèrent aux mosaïques italiennes une rivalité
qui l'emporta, et devinrent, surtout pour la France et l'An-
gleterre, des mosaïques véritables, dont l'illusion fut achevée
PEINTURE CHRÉTIENNE. — LES MOSAÏQUES. f7
par leurs résilles de plomb ; et, si dès lors on appliqua Yopus
musivum aux pavés des églises et à ces labyrinthes qui
en ornaient la surface dans certaines basiliques principales,
on ne le consacra plus à représenter les sujets sacrés, dont
il avait tant relevé antérieurement la sainte gravité et la
beauté visible (4).
Nous ne voyons pas pourquoi, lorsqu'on revient de toutes poi^uoi n'y
parts à construire des églises d'après les règles sacrées de anjourd'hui?
nos âges de foi, on ne s'appliquerait pas à renouveler l'art
du mosaïste, arrivé aujourd'hui à l'apogée de ses succès.
Les voûtes des absides orientales, les retables, les devants
d'autels s'embelliraient de ces vives couleurs, qui y rem-
placeraient la peinture avec d'autant plus d'avantage
qu'elles seraient inaltérables aux effets de la poussière ou
de l'humidité. Les mêmes effets produits autrefois en des
églises célèbres reparaîtraient, au grand honneur de l'art et
dignement employés à la gloire de Dieu.
S. Paulin, écrivant sa trente-deuxième Lettre à Sulpice .. comme s. pm-
' ^ lin rayait prmtl-
Sévère, décrit une église agrandie par ses soins, et signale i»*»» quatrième
une belle mosaïque placée dans l'abside terminale et re-
présentant l'ineffable mystère de la Trinité. Tout était
parfaitement symbolique dans ce travail : le Père céleste,
caché dans une nuée, n'apparaissait visible que par la
main traditionnelle , déjà usitée alors , signifiant l'action
créatrice du Tout-Puissant , et indiquant du doigt ces pa-
roles écrites en dehors du nuage : Hic est Pilius meus
dilectus (2). Au dessous était le Sauveur désigné par ce
texte , et couché sur la croix sous la figure d'un agneau ;
enfin le Saint-Esprit apparaissait dans un plan inrérieur,
quoique égal aux deux, et procédant de l'un et de l'autre.
On voit par là de quelle ancienneté étaient ces symboles,
(1) Cf. Sehmlih , Manuel de Varchilecie des monuments religieux,
p. 3tô, Paris , i845 ; — Bulletin monumental, XII , 411 ; XIII , 233 ; —
BAUssier, Hist. de fart monum,, p. 153.
(2) Luc, ïx, 36.
\H HISTOIRE DU SYMBOLISME.
ol coiiiiuciit la foi à la Trinité brilla toujours dans TËglise.
A droite et un peu en dessous de ce premier tableau ,
était une grande croix environnée d'un cercle lumineux
figurant la Vérité évangélique rejaillissant sur le monde,
ol, autour de ce cercle, douze colombes rappelaient les
douze Apôtres, dont la prédication avait étendu ces vives
lumières dans toutes les régioiis de Tunivei-s. Enfin, paral-
lèlement à ce dernier sujet, un roclier d'où sortaient quatre
ruisseaux se répandant à ses pieds vers toutes les régions
du monde : c'étaient les quatre lleuves du Paradis terrestre,
le Pliison, le (îeon, le Tigre et l'Euphrale, semblables aux
(|uatre Kvangélistes qu'ils préfiguraient, dont toute Tinspi-
ration venait de la pierre mystique (^) ; semblables aussi
aux (|uatre vertus cardinales qui fécondent le champ de
riîglisc , d'après les Pères et les Docteurs (2).
f«t au rrAn>i proflt Si uous ajoutous h relTel de ces belles compositions, si
•ymboHnurip cloquontcs par elles seules, celui des couleurs, qui avaient
aussi leur langage particulier et leurs significations con-
nues, nous verrons une fois de plus quelle riche abon-
dance de pensées Part chrétien , qui ne les a jamais aban-
données, prodiguait déjà à la méditation des choses du ciel,
(»l pour(|uoi nous >oudrions voir Partiste chrétien revenir
ù ce genre de décoration si riche et si expressif.
Mais il est temps dVntrer dans un champ plus vaste; et,
après avoir compris tous ces détails de Pornementation
peinte de nos édifices, \ojons comment le sjmbolisme peut
se ftiiiv encore des pians d'ensemble et s'appliquer avec
non moins do nHissile aux vastes décors et à Piconographie
hagiologique dans la maison de Dieu.
::î^ « Parivli-i*)^ ejkt Kalc^ia: quahu^r fluuiioa sunt quatoor Evaiige-
lU : U^ua fruotift^ra $uui Sancli; fmctu$ $unl op«ra Saoetoram; lignam
viti^ t»»( CUn^tu:^, S<iuciu« Saui'Uvuui; vei e>t ip^a bv^ooruin omnium
mati^r S>ipùuttH. » ^î^- Awgusl». tk Cil tinte ! ri, hb. XUI, cap, xxi. —
S. Ambrwii » Or p'^nHiisii.^ S. I>aul u., A^^ Suip, 5<r. Epist, xxxii.)
CHAPITRE XV.
PEIinTTRE MURALE DE L'ÉGLISE.
Nous avons suivi d'assez près l'histoire de la peinture Premier» c««ai8
• de peinture chré*
murale dans l'antiquité ecclésiastique pour savoir très- tienne dans ie«
. catAOombes;
bien, sans plus de renseignements sur son caractère essen-
tiellement symbolique , de quel secours elle était à l'ensei-
gnement public et comment le choix des sujets, la théorie
des couleurs et l'opportunité des détails se réglaient tous
par des principes convenus et souverains.
Ce que nous savons des catacombes, depuis les décou-
vertes de Bosio jusqu'aux dernières explorations du comte
de Rossi, nous montre ces vastes et merveiUeux cimetières
tout resplendissants des emblèmes, des hiéroglyphes et
des histoires sacrées peintes sur le tuf de leurs murailles
silencieuses. Là s'était exercé, par mille images symbo-
liques, le pinceau des premiers artistes qui se fussent mis
au service des fidèles, et qui ne durent guère s'y exercer
qu'à partir du temps où, Constantin protégeant l'Église ,
les chrétiens continuèrent de fréquenter les souterrains,
non plus pour s'y dérober aux persécuteurs , mais pour y
honorer la religion de leurs martyrs. Cependant nous ne
pouvons croire que ces lieux sacrés soient restés absolu-
ment sans images pendant les combats séculaires du Chris-
tianisme. Ce furent d'abord des sujets séparés, ofiTerts leu» typet lym-
isolément aux regards, pour qui l'éclat du jour devait se ufitâ"*' ^** **'"'
remplacer par la lueur des cierges et des lampes : c'étaient
T. IV. 4
50 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Noé représentant dans son arche le chrétien fixé dans
l'Église en dépit des tempêtes de cette vie ; la colombe
apportant la paix qu'on ne peut garder dans la fange du
siècle ; Tarche ancienne de l'Alliance dont le bois incor-
ruptible paraissait à S. Cyrille d*Alexandric la figure du
Corps sacré de Jésus -Christ, et à S. Ambroise celle de
Marie , dont le sein virginal renferma le Dieu créateur de
toutes choses.
ius*^t«ndeBten Mais cusuite , quaud vint la paix, l'art étendit ses pré-
8oène> plua tes- . .* uz« «n jai.
to>, pias ott tentions sous ses bénignes mfiuences; de vastes scènes se
Hiîo^ieiTempi.^ produlsircut , empruntées tantôt à Tancien Testament,
tantôt au nouveau , et dont le sens caché apparaissait aux
yeux des initiés du Christianisme comme autant de souve-
nirs de la vie humaine du Christ. On voyait à la suite les
unes des autres les histoires d'Adam et d'Eve , de Caïn et
d'Abel, le sacrifice d'Isaac, Joseph livré par trahison et
terminant par un triomphe une vie plcîne de dangers ,
d'abnégation, de touchantes vertus et de glorieux travaux ;
puis venaient Moïse, Jonas, les Prophètes, les Apôtres, le
Christ lui-môme et sa sainte Mère ; puis encore des para-
boles évangéliques rappelant le Bon Pasteur et ses brebis,
dissimulé d'abord sous des traits étrangers , mais toujours
reconnaissable à son action sur les âmes, autant qu'à la
douce autorité de son geste et de son regard (^).
Ainsi les temps d'orage s'y reconnaissent au soin qu'on
prenait de voiler nos mystères sous d'éloquentes allégories,
comme ceux du calme et de la sécurité y paTlent ouverte-
ment du triomphe de la Croix par des épisodes où elle apparaît
toute radieuse, entourée des Saints et de Dieu lui-même,
reconnaissables à leurs traits distinctifs et à leurs attributs
déjà consacrés. A partir de cette époque mémorable, chaque
mur, chaque autel, chaque sarcophage devenait une page
des Livres sacrés mêlant ses émouvantes narrations aux
(1) Cf. Âringhi, Rom. mbler,, lib. V, cap. v et seq.
PEINTURE MURALE DE l'ÉGLISE. 54
simples épitaphes des Martyrs et des Confesseurs. C'était
devant ces touchantes scènes que S. Grégoire de Nysse
Tersait des larmes d'attendrissement; et combien devaient
s'y laisser attendrir plus aisément encore les &mes plus
simples et plus naïves de la foule {\) l C'était là que déjà importance qny
des mères chrétiennes signalaient du doigt aux petits PApeseti^Pt^re'*.
enfants les dogmes qu'ils devaient croire et les Saints qu'ils
devaient imiter. Ces jeunes créatures s'étaient par là for-
tement imbues de ces faits rendus sensibles à leur âme ;
elles avaient appris d'âge en âge à aimer tant les images,
qu'au huitième siècle S. Grégoire II pouvait écrire à Léon
l'Isaurien : <c Entrez dans nos écoles, osez vous y annoncer
comme un persécuteur des saintes images , et vous verrez
s'ils ne vous lancent pas à la tète leurs livres et leurs
tablettes (2). »
Ce zèle se perpétua sans discontinuité, tant il était dans
la nature du culte, dans les besoins de la propagande catho-
lique , dans les intimes exigences de la seule religion qui
sache s'en servir et l'honorer. Nous savons comme S. Nil
et Olympiodore l'entendaient , quoique diversement en ap-
parence , dans le cours du cinquième siècle ; au sixième ,
on voyait S. Grégoire de Tours rebâtir et faire peindre .^?f.**p*«« ^^ «•
avec tout l'éclat que le feu lui avait enlevé la basiUque de
Sainte-Perpétue : il nous raconte , entre autres faits de ce
genre , comment la femme de S. Namatius devenu évèque
de Clermont, retirée du monde à son exemple, présidait
elle-même aux peintures de l'église de Saint - Etienne ,
(1) « S.Gregorius Nyssenns, depicta Âbrahœ historia Isaac dilec-
tissimam immolare satagentis , ejus aspectu lacrymas confestim pro-
sUire cogebatur. Quœ cnm audis^et in secundo conciiio Nicsno
Joaunes mouachus, ait : « Si tanto doctori historia inspecta peperit uU-
» litatem et lacrymas, quanto majus rudibus et idiotis utilitatem ! »
{Rom, subter. Âricghi, lib. V, cap. v, n© 9; t. IJ, p. 463.)
(2) « Obito scholas eorum qui elementis imbuuntur, et die : Ego
8um eversor et persecutor imaginum ; et confestim tabulas suas in
capat tuum ixgicient.» (S. Gregor. II papœ EpUt, i ad Leonem : De sacr,
imaginib, — ÂpudMigne^ Palrolog., t. LXXXIX> col. 5H.}
Sèlo;
52 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
qu'elle avait bâtie hors des murs de la ville : tenant la Bible
ouverte sur ses genoux, elle indiquait aux peintres les
histoires qu'ils devaient fixer sur les murs (4). Ces usages
artistiques se continuèrent, et l'on voit avec intérêt dans
la Chronique du moine de Saint-Gall , qui écrivait vers 884 ,
que, de son temps, quand il s'agissait de peindre les pla-
fonds ou les parois intérieures des grandes églises dépen-
dantes du domaine national, on en chargeait les évèques
et les abbés voisins , obligés par leur position et leurs reve-
nus de prendre ces décorations à leur charge. Ainsi, l'on
n'attachait pas moins d'importance à l'ornementation des
Lieux saints qu'à leur construction môme, auxquelles
devaient contribuer jusqu'à leur entier achèvement tous
les hauts dignitaires de l'État, aussi bien que tous les béné-
ficiers qui relevaient d'eux (2).
n i'^tend «ur tou- Avcc dc tcls moycus, on suppose que rien n'était négligé,
tos 1m portions d6
végwwt. quand une église était achevée dans sa construction , pour
lui donner un aspect où le charme des couleurs, adapté au
choix des sujets, pût élever jusqu'aux beautés éternelles
tant d'âmes religieuses appelées à les fréquenter chaque
jour. De toutes parts, on voulait que leurs regards se
reposassent sur une vérité qui s'enchaînait à une autre ;
et quel procédé pouvait mieux que la peinture réaliser
ce programme d'esthétique surnaturelle et de mystiques
enseignements? C'est pourquoi, à la suite des nombreuses
découvertes qui l'ont constaté, les archéologues sont
tombés d'accord sur ce fait, qu'au moyen âge, et même dès
les premiers temps , comme nous l'avons vu par beaucoup
de preuves, les éghses furent entièrement peintes depuis
et y compris la voûte jusqu'au niveau du pavé, qui lui-
même était traité, en ce genre, avec un luxe inimitable
(1) Gregor, Turon. BUl, Francor., lib. X, cap.zxxi. — Bulletin »no-
num,,\, 286 et saiv., 383 et suit.
(2) Cf. Le Moine deSainl-Gally collect. desMém.sur Vhisi.de France,
de M. Guizot^ neuvième sièele.
PEINTURE MURALE DE L'ÉGLISE. 53
partout ailleurs. L'un des plus magnifiques restes de ces ^/.^rfidt"^
richesses perdues s'est retrouvé à Saint-Savin , en Poitou. 8Î5Sr"îi*ptîtoi!
Là, des travaux des onzième, douzième et treizième siècles,
faits simultanément en grande partie, ou successivement,
par des mains plus ou moins habiles à peindre , mais tou-
jours inspirées par les sujets des deux Testaments, avaient
couvert les voûtes, les parois latérales, les piliers et leurs
chapiteaux, le chœur et le nartex, les transsepts et la
crypte, des scènes de la création, de celles de TApocalypse,
d'animaux hybrides, des Prophètes de l'ancienne Loi, des
Saints de la nouvelle. Sans doute, à n'y voir que le dessin,
qui n'a pas la correction recherchée du nôtre , et les cou-
leurs, dont la vivacité a dû céder aux attaques du jour et
du temps, non moins qu'à des retouches nombreuses,
on ne saurait faire grande estime d'une foule de détails
capables d'étonner le goût moderne : mais c'est là surtout
qu'il faut rechercher le sens mystérieux des Livres saints,
la naïveté des poses, et souvent la vérité des expressions.
Les diverses pages que nous signalons s'y reconnaissent aux
divers caractères du travail, d'abord imparfait et même gros-
sier, puis meilleur de forme , et enfin digne et très-remar-
quable de fini dans les poses et les draperies. Ces différences
s'expliquent assez par le talent très-différent des moines em-
ployés sous la direction de quelques maîtres choisis parmi
eux, pour nous dispenser de recourir, avec M. Mérimée ,
à des artistes grecs, dont le faire était bien connu en
France , et dont le secours ne semble pas avoir été indis-
pensable à nos religieux (^). Quoi qu'il en soit, c'était ainsi
(1) M. Mérimée, qui, en sa qualité d'inspecteur générai des monu-
ments historiques, visita Saint-Savin en 1834, deux mois après une
visite faite par leé délégués de la Société française d'archéologie, s'em-
pressa de faire au ministre de Tintérieur un rapport sur ces curieuses
fresques, dessinées à grands frais pour accompagner son texte, et en
pnbUa, en 4845, aux frais et sous les auspices du gouyernement, la
description et les planches coloriées. C'est tout un volume in-folio, pu-
blié avec le luxe qui ne manque jamais aux Parisiens. M. Mérimée, en
54 . HISTOIRE DU SYMBOLISME.
que les grandes pages s'étendaient de plus en plus, enva*
hissant toutes les surfaces du temple , et intervallant entre
les scènes historiques ces belles arcades ressortant par leurs
vives couleurs sur des fonds largement échantillonnés de
grand appareil , ou ces légères colonnes que distinguent
par les harmonies de leurs tons le jaspe, l'agate et les
mille variétés de marbres que les fécondes ressources de
traitant dans ce livre une foule de sujets accessoires^ sans autres études
que celles de l'art, et se persuadant trop aisément qu'on pouvait expli-
quer la Bible en ouvrant l'Apocalypse, fc'est jeté dans beaucoup d'er-
reurs, que personne encore ne semble avoir signalées, et qu'il importe
cependant, ne fût>ce que pour rendre hommage à la vérité, de ne pas
laisser prescrire par une indulgence trop prolongée. Comme artiste, par
exemple, il se trompe de beaucoup lorsque, décrivant l'ouverture du
puits de l'abtme, au chapitre ix de l'Apocalypse, il discute sur la valeur
d'un prétendu bouclier, qui n'en fut jamais un, et doute si ce n'est pas
la couverture en perspective du puits, qui devait être couvert puisqu'on
l'ouvre. 11 ne reconnaît pas non plus les sauterelles sorties de ce gouffre,
s'étonne de leur beauté, pourtant nécessaire , puisque , d'après le texte
sacré, elles ressemblaient à des hommes; il disserte sur leur cotte de
mailles, qu'il prend pour des écailles et pour un souvenir antique: pen-
dant que c'est l'armure naturelle des cavaliers, car ces monstres sont des
espèces de centaures ayant, en plus que leurs formes habituelles . des
ailes bruyantes qui leur font donner le nom de sauterelles aussi bien
que la destination qu'elles reçoivent de faire du mal à l'humanité. Si
M. Mérimée avait bien examiné le chœur de Chauvigny, qu'il a visité
et décrit dans ses Noies d'un voyage dans VOuebi, il eût reconnu une
merveilleuse identité entre les sauterelles de la belle collégiale de la
petite ville et celles de l'abbatiale de SaintrSavin. Nous les avons dé-
crites ci -dessus , t. II, p. 205. — Le savant académicien n'est pas plus
heureux quand il explique les peintures exécutées d'après le chapitre xii
du livre sacré. Le grand disque rouge sur lequel la Femme mystérieuse
parait assise est non pas le soleil, puisqu'on y remarque le croissant de
la lune, mais l'air empyrée que les peintres du moyen âge rendent
par le rouge. (Voir ci-dessus, t. I, p. 308, et, dans ce tome IV, p. 43.)
— Il ne paraît pas non plus avoir compris le nimbe dont s'entoure
la tête du dragon , quand il dit qu'il est un signe de réprobation.
Le démon a ce nimbe parce qu'il est un ange, ce qui n'6te rien à son
rôle méchant, et consacre sa puissance du mal. Nous n'en finirions pas
si nous voulions esquisser les détails sur lesquels trouverait à redire
une critique mieux éclairée que celle deM. Mérimée sur le symbolisme
de S. Jean et sur l'exégèse patristique de l'Écriture. On ne sait pas
assez, dans les rangs de certains littérateurs, qu'on n'aborde jamais,
sans exposer sa réputation, des études qui ne s'improvisent pas comme
des romans de mœnrs ou des comédies scabreuses.
PEINTURE MURALE DE L'ÉGLISE^ 55
riches imaginations avaient jetés sur la svelte élégance de
leurs contours.
Tous ces tableaux étaient peints à fresque, c'est-à-dire l» peinture à
que les couleurs, préparées à l'eau de chaux pour leur mé- tureàiaoïre;
nager une cohérence plus solide, s'appliquaient sur un
mortier frais qu'elles impreîgnaîent à une suffisante pro-
fondeur. Ce procédé n'a pas toujours résisté cependant inoonTënienu de
1 . .«^«lA .1.W1 Tune et •Tantagee
aux attaques du temps, et cest a la fragilité de certaines deraatn.
substances employées dans la polychromie, et à l'action de
la chaux qui en décompose plusieurs , qu'il faut attribuer
en grande partie la disparition regrettable de ces intéres-
santes images. On réussit mieux à créer des œuvres dura-
bles, lorsqu'au quinzième siècle on peignit à la cire, quoique
en style païen, l'architecture maniérée de Sainte-Cécile
d'Albi. Cette méthode n'était pas nouvelle, puisque des
fragments de peinture antique, analysés par les réactifs, ont
prouvé que les Romains la connaissaient. Mais longtemps
abandonnée, le comte de Caylus la pratiqua de nouveau
au milieu du siècle dernier, et nos travaux plus modernes
l'ont remise en honneur à juste raison. Seule, en effet, elle
offre le triple avantage de la solidité , de l'éclat et du
moelleux des tons. Formée d'un mélange de cire vierge
dissoute dans l'alcool et des éléments colorés qu'on lui
adjoint, elle s'attache au corps qui la reçoit, et lui commu-
nique sans chatoiement des teintes fermes et inaltérables,
qui l'emportent de beaucoup sur les tons mats et affadis
de la fresque. La Sainte-Chapelle de Paris est un des plus
beaux morceaux de ce genre qu'aient exécutés les peintres
de notre époque. Nous nous sommes efforcé de faire adopter
ce moyen dans le Poitou , où les belles décorations poly-
chromes de Sainte-Radégonde de Poitiers et de sa sacristie, la
chapelle de la même Sainte à Saint-Laurent de Parlhenay,
beaucoup d'autels et de statues dans un grand nombre
d'églises, ont pu témoigner de l'effet grandiose et saisissant
qu'on en peut attendre.
56 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Éiroitewe de la Mois il Dous faut Venir à la pratique et défendre encore ,
plupart den con- * '
eepdont actuelles SOUS ce Tapport, Ics princîpes d'esthétique dont nous avons
qaant au choix r*^ » *^ i *
desff^jeto. faille fond de ce livre. Protestons d'abord contre Fétroi-
tesse des conceptions, qui, dans la décoration de nos églises,
soit restaurées (ce n'est pas toujours ce mot qu'il faudrait
dire) , soit nouvellement construites, s'attache , pour les
vitraux et pour les peintures, à choisir une suite de quelques
Saints qui courent çà et là, les uns après les autres, du sanc-
tuaire à la nef, du transsept aux absidioles, se bornant chacun
à une idée , et répétant avec autant de monotonie que de
froideur des formes colossales et des couleurs, très-rarement
réussies. Encore si de tels défauts étaient les seuls de telles
compositions ! Mais de quel style sont revêtus, dans la pein-
ture murale comme dans les vitraux , ces plates et froides
images ! quels portraits et quelle carnation ! quelle igno-
. rance des costumes et du type facial, pour lequel il faudrait
au moins consulter les traditions de race et d'origine,
quand on ne peut avoir des portraits naturels et ressem-
blants!...
Combien sont Mais aussi , quand on s'est vu éclairé par de telles
grandes scènos déceplious, commcut en perpétuer le faux système, en
s orques. prcuaut au hasard pour l'exploiter des barbouilleurs de
verre ou de murailles qui ne savent que badigeonner sans
plus de convenance que d'instinct ? Pourquoi négliger ces
grands sujets d'ensemble où vos Saints trouveraient une
place plus distinguée et bien plus éloquente dans une action
vaste et dramatique représentant leur vie au désert , ou
leurs travaux pour la conversion du monde, ou l'héroïsme
de leurs vertus , ou la générosité de leur martyre ? Là, du
moins, vous ne donnez pas seulement une froide statue, au
costume équivoque, à l'attitude muette , ne disant rien et
n'enseignant pas un mot des dogmes et de la morale évan-
géliques. Ce qu'ils font sert d'exemple , ce qu'ils disent se
comprend , attire l'attention des âmes , intrigue leur cu-
riosité ; et quand elles s'éloigneraient sans profit de ces
PBU9TURE MURALE DE L'ÉGLISE. 57
prétendues effigies qui n'ont rien de vrai et ne nous laissent
aucune mémoire de leurs traits factices , si malheureuse-
ment inventés, elles ne quitteront pas sans un enseigne-
ment de plus les dessins édifiants de ces vivantes biogra-
phies qui , divisées en médaillons et parlant aux yeux et
aux cœurs , répètent les légendes qu'on a lues, ou donnent
envie de les étudier,
Dans les vastes basiliques des Chapitres et des monastères, L'ornemeiitotion
' '^ p«inte aussi in-
on avait soin de procéder, pour les peintures du monument tiispensabie que
1 •* • • j 11x1- nëgUpée dans nos
comme pour les vitraux , par ces principes de parallélisme grandes égu^».
ou par les effets d'ensemble et le rapprochement symbo-
lique des sujets que nous avons fait observer dans notre
magnifique cathédrale de Poitiers (4). Quel intérêt et quelle
science ne présenterait pas en même temps , dans nos édi-
fices convenablement restaurés , cette méthode toute-puis-
sante qui unit les beautés de la décoration intérieure aux
catéchèses exposées à l'envi par l'histoire et la théologie
des Livres saints! Ne voit-on pas que ce vaste développe- Pnvoimdu dor-
ment des murailles sacrées, dont la nudité attriste toujours ^*
le regard , est essentiellement destiné à une parure qui
devrait être le premier soin des architectes et des fa-
briques ? Sans doute il faut nécessairement borner ce luxe
religieux d'après des ressources pécuniaires plus ou moins
restreintes; mais comme ces ressources, même les plus
modestes, seraient utilisées avec plus d'intelligence si dans
chaque diocèse on veillait à leur bon et convenable emploi !
Si Ton y consacrait les fonds disponibles, sous la direction
d'un ecclésiastique entendu et expérimenté , à assainir les
murs humides et tachés, à les parer d'une tenture générale
de plus ou moins d'effet, n'emploierait-on pas plus utile-
ment pour la gloire de la Maison de Dieu des sommes mé-
diocres , qu'à ces malheureux tableaux sur toile dont un
trop grand nombre de curés persistent à se munir, au mé-
(1) Voir notre Histoire de ce monument, 11,207, 553 et suiv.
59 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
pris du boa goût et d*une sage économie , et que de trop
complaisantes fabriques introduisent si souvent dans le
saint Lieu ?
Ce ^«oo poar- Si VOUS ue pouvcz pas vous élever jusqu'aux théories
wurin- patristiques d'un symbolisme savant , ne pouvez-vous pas
jeter sur une teinte générale des attributs ou des sym-
boles choisis avec goût parmi ceux qui conviennent le
mieux aux patrons de l'église , à leurs vertus , à leur mort,
à leur glorification éternelle ? N'avez-vous pas les palmes
et les fleurs pour vos bordures , la coloriation de vos cha-
piteaux sculptés , de vos modillons , et même de vos cor-
niclies, dont la monotonie peut être suppléée par un discret
accompagnement de motifs auxquels le sculpteur n'avait
pas songé ? Tout cela, toujours maintenu dans le style des
autres détails , ne manquera ni de grâce ni de convenance
et changera, à la grande joie des fidèles, une étable en une
maison de prières , une enceinte où rien ne parle de la
Majesté divine en une demeure plus digne du Roi des rois.
dw^iH! Jr ''^*"' ^^^^ ^^ ^® grandes ressources vous sont offertes ; si vous
avez un de ces vaisseaux de premier ordre dont les données
artistiques soient la première condition, c'est alors que vous
reproduirez autour de l'autel, dans les chapelles et les nefs,
toutes les richesses de la Bible, toutes celles de l'histoire
Qttou rabioAux ecclésiastique et de ses Saints. Nous savons comme iraient
o«iiMoi, bien sur les parois septentrionales ces merveilleuses églo-
gucs de la Genèse : le désert d'Agar, le mariage de Rebecca,
l'enfance et le triomphe de Joseph , Moïse et son berceau
flottant, la fille de Jephté et Noémi , Tobie et Suzanne ,
Estlier et Judith : miracles et prophéties qui prêtent si bien
leurs frais détails à une décoration picturale par tout ce
qu'on peut y mêler des aspects de la Terre Sainte , de ses
montagnes et de ses eaux , de ses bois et de ses vallées , de
ses richesses et de ses aridités. Ce seraient là autant d'op-
positions pour le côté sud à des scènes parallèles tirées de
la loi évangéliquc et qu'entoureraient la même végétation,
PEINTURE MURALE DE L'ÉGLISE. 59
avec ses clairières et ses ombrages , la pureté des ciels , la
diversité des costumes et la vivacité orieutale des couleurs.
Sous ces formes attrayantes, la foule considérerait vis-à-vis
des origines du monde et des solitudes antiques de TËdcn
la naissance du Christianisme et la sainte Famille de Beth-
léem et de Nazareth ; les Apôtres et les Pères de l'Église y
paraîtraient dans leur mission salutaire comme les succes-
seurs des Patriarches et des Prophètes. Les guerres d'Israél
et ses conquêtes sous la conduite de Moïse et de Gédeon re-
porteraient , vers le côté opposé, aux victoires des martyrs
combattant aussi pour leur Terre promise, emportant d'as-
saut et par violence la Cité éternelle de la paix. Qui pourrait
épuiser cette grande série de faits au caractère divin, de
leçons célestes données à la terre ?
Mais on a compris que nous ne voulons pas de ces et quei paraii^
'^ ^ 1.1 1 Wsme hlutoriqne 11
images courtes et trapues , se reproduisant les unes au-des- y faut ob^errer.
sus des autres comme les médailles d'un chapelet, privées,
dans un isolement plein de froideur et de sécheresse, de
tout ce qui doit leur donner une vie commune et les ratta-
cher, sans aucune transition forcée, à une idée d'ensemble
et à un effet commun. L'histoire est comme un grand fleuve
qui presse ses flots incessants de sa source à son entrée
dans la mer. Le fleuve descend toujours , plus ou moins
rapide, plus ou moins grossi dans ses repUs onduleux et
ses détours sans limites : ainsi nos histoires sacrées se dérou-
leraient du sanctuaire, où réside le Principe de toutes choses,
aux extrémités occidentales des larges et profondes nefs.
Quels champs ouverts à l'imagination et au pinceau ! Qu'une
main habile y dispose , sans compartiments ni divisions
aucunes , cet immense territoire où s'étalent en des sites
variés tous les chapitres de la vie humaine au milieu des
spectacles infinis de la nature ; que sur cette terre aux
arbres divers, aux perspectives lointaines , l'œil voyage des
bords sablonneux de la mer Rouge aux vallées étroites du
Sinaî , assiste aux campements du désert , suive de mon-
60 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
tagne en montagne et de vallée en vallée les phases atta-
chantes du peuple choisi; qu'enfin on vénère à chaque pas
cette vie morale absorbée dans la fécondité virginale de
Marie qui commence l'histoire prédite du peuple nouveau.
Arrivé à ce point, on verrait, comme autant d'annales
esquissées par la Providence elle-même, on verrait la Fuite
en Egypte, les voyages apostoliques du Sauveur, la Samari-
taine convertie par la parole chrétienne, la Femme adultère
par sa confusion et son repentir; près de Lazare ressuscité,
la Croix s'élèverait en face du Serpent d'airain , la glorifica-
tion du Thabor brillerait parallèlement aux humiliations
de David. Ainsi, d'une scène à une autre, nous contemple-
rions l'ensemble de nos titres les plus glorieux ; nous ver-
rions la famille humaine grandissant sous l'œil du Seigneur,
arrivant, à travers les obscurités de sa première existence,
à la lumière qui rayonne autour du Verbe incamé : Jésus-
Ghrist préparé par Moïse , l'Église par la Synagogue , et
rélcrnité du peuple nouveau par les vicissitudes de l'an-
cien (<).
Ne serait-ce pas une belle et intéressante parure des murs
sacrés que cette page vivante continuant d'une extrémité à
l'autre d'une église ses histoires choisies à travers les con-
trastes du sol , les scènes changeantes des i-égions illustrées
par tant de souvenirs? et que d*&mes apprendraient, dans
ces livi'es toujours ouverts, des faits religieux qu'elles n'au-
raient jamais sus auti*ement , et de là iraient , frappées
d'une curiosité devenue trop rare , chercher dans les récits
de la Bible les développements et les preuves de ces anti-
ques et mémorables événements!
Ki»i^ a«* p«ttt> Il est bien entendu qu'inspiré par cette enceinte vénérée ,
(1) Cr\^îrait-v>ii qu'au peîntr« des pla$ employés dans leâ égUses^ et
que iiou« exhortions à suivre et à appliquer cette théorie dâos une
«leurre considérable qu*U allait commencer, nous répondit qu'il était
trop Tieux («our c)laî^^»r son genre de traTmiL et qu'à son âge ou
i)>ludie pin* * O isnorance ronmiode î A triste et panrre routine !
PEINTURE MURALE DE L^ÉGUSE. 6l
le peintre religieux qui se chargera de la décorer ne né- tre« pour r^u^nir
gligera aucune des règles symbolistiques, et s'efforcera d'en
relever l'expression artistique par le seutiment surnatuj'el
de l'esthétique chrétienne. Gomme la Bible, les légendes ,
les sacrements ont leur symbolisme propre , il se gardera
bien de l'oublier, y trouvant un moyen d'animer ses sujets
et de leur communiquer une vie surnaturelle qu'ils récla-
ment impérieusement. Il lui faut savoir aussi les caractères
particuliers de la physionomie humaine dans les races dif-
férentes qu'il veut traiter, le ton des chairs variant avec
les climats , les agencements de la barbe et de la cheve-
lure adoptés selon les peuples et leurs époques ; enfin les
costumes de chaque âge , de chaque classe, et ces mille
nuances qu'invoque impérieusement la vérité, laquelle doit
toujours passer pour une des premières exigences d'une
composition historique.
Cependant , et tout en nous attachant à ces données dont .
on voit bien déjà la valeur et l'efTet, il faut nous réserver le
droit d'une exception très-notable , sans laquelle nous ne
marcherions plus qu'au hasard et sans discernement; car
nous arrivons ici à une question de la plus haute impor-
tance et qu'il faut aborder , malgré la divergence des opi-
nions qui y répondent, pour la résoudre énergiquement
dans le sens qui seul peut être raisonnable.
Donc , en nous reportant , pour l'exécution des peintures Que im monu-
mentfl du moyen
susdites , à un monument du moyen âge , il n est pas âge doivent être
décores de peln-
douteux qu'il faille la conformer au style architectural turw piatet, en
qu'elle doit embellir ou compléter. Or, le moyen âge n'a ityie archuectu*
jamais usé de la perspective non plus dans ses peintures
murales que dans ses vitraux, non qu'il en ignorât toujours
les règles, qui ne pouvaient avoir disparu : témoin les belles
miniatures dont nous avons parlé ; non que le dessin fût ,
à la plus belle époque de l'art, aussi maussade qu'on a bien
voulu le dire , comme on peut s'en convaincre par les belles
statuettes des cathédrales d'Amiens, de Chartres et de
62 HISTOUIB DU STHBOLISME.
Reims : mais parce que ce moyen des perspectives natu-
relles s'alliait mal avec le style de Tarchitecture , qu'il eût
semblé effacer en l'attirant et en faisant , en termes
d'atelier, des trous dans la muraille, ce qui eût résulté des
' faux-fujants et des claire-obscurs dont la perspective se
compose. C'est donc la peinture plate qu'il faut à ces grands
ouvrages ; ce sont les formes naïves que les sculpteurs de
l'époque employèrent, et qui seules se marieront avec la
netteté de leurs lignes franches, saillantes et vivement
et arec les ter- accusécs. Lcs vcrrièrcs sont là pour dicter le genre voulu ,
qu'on relèvera d'ailleurs par des fonds d'or ; et ces ver-
rières , dont Féclat aurait nui aux lointains et aux dégra-
dations, jetteront sur ces teintes presque sans relief et
sans ombre une lumière suflisante, pleine de conve-
nance et d'harmonie.
L» pe«pectiTe H est douc bicu eutendu que le genre que nous venons
dam les édiflcM d adoptcr comme donnant une décoration très-souhaitable
construits depuis .., , , ■, •i-ri<i.«i
le seizième siècle, irait mal avcc les styles roman ou ogival. Il lui faut les
surfaces froides et les voûtes unies de la Renaissance, dont
les folies se sont empreintes plus particulièrement sur les
églises, quand cette époque de subversion eut annulé
l'esprit sacré de l'architecture chrétienne. La peinture,
telle que nous venons de la conseiller , avec ses effets pit-
toresques, conviendra merveilleusement à réparer ces éga-
rements des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles.
Les voûtes d'azur émaillées d'étoiles d'or se prêteront bien
à recevoir les larges expansions des piliers arrondis , qui ,
au lieu de chapiteaux, n'ont que des prolongements à
arêtes , s'élançant au-dessus d'eux-mêmes et prolongeant
leurs rameaux équivoques jusqu'à la surface des claveaux,
pour s'y perdre et s'y effacer insensiblement. Ces colonnes
elles-mêmes pourront devenir autant de palmiers , et très-
facilement , par la combinaison que la brosse saura faire
de leur tronc et des branches qui les couronnent; les trop
vastes baies , dont l'ampleur exagérée ne sera jamais assez
PEIIfTLRB MURALE DE L*ÉGUSB. 63
dissimulée par la recherche coquette de leurs meneaux
flamboyants , souffriront bien les scènes de genre que cer-
tains ateliers dé peintres sur verre n'ont pas assez réservées
pour elles ; et les murs qu'aucune arcature ne décore, dont
la nudité déplaisante s'offre si naturellement à des tentures
qui en corrigent la laideur, recevront fort convenablement
l'action de la peinture moderne avec ses recherches savantes
et ses reflets que rien ne saurait contrarier. Ces principes ^^ principe»
sont incontestables pour quiconque sait vouloir dans les «i*hnip«ta8d«i.
arts l'unité du faire et l'harmonie des conceptions. Ils résul-
tent des discussions scientifiques de l'École (4) , et quand
les maîtres ont parlé avec toute l'autorité de leur savoir ,
en dépit d'oppositions ou systématiques ou trop intéressées,
ceux qui ne veulent pas s'égarer n'ont plus qu'à les suivre.
C'est pourquoi nous émettons ces principes comme autant
de notions fondamentales de la matière , et comme le seul
refuge des architectes et des décorateurs jaloux d'échapper,
dans un prochain avenir, au mépris qu'inspirent déjà tant
d'œuvres confectionnées au hasard , sans nul respect des
règles éminentes que l'art n'abdiquera jamais.
Nous irons plus loin , et nous entrerons, par suite môme n» dofTcnt«'«p.
de ces justes prétentions , dans un besoin qu'on ne paraît rat?ordefl%iisM
j, < . « . , solon les Saints
pas encore soupçonner, quoique déjà ce qui se passe de qu*on y honon.
•notre temps en éveille les premières atteintes. A aucune
époque le Saint-Siège n'a accordé les honneurs de la cano-
nisation à un plus grand nombre de saints personnages. La
plupart sont modernes et ne remontent guère au delà du
seizième siècle. Qu'on élève en leur honneur des églises
nouvelles, ou qu'on leur consacre des chapelles particulières
dans les grandes enceintes construites au moyen âge, quel
(I) et BuUelin m onum^»<a/ (séances générales de \slSoc. franc, d'ar-
cbéologie^ tenues à Reims en septembre 18i5)^ t. XI, p. 575 et suiv. —
Noas ne faisons que résumer ici la discussion à laquelle prirent part
BIM. Didron et de Roisin ayec une supériorité de raison qui les ont tou-
jours maintenus dans les plus hautes régions de l'archéologie chré-
tienne.
64 HISTOIRE DC SYMBOLISME.
Style devia-t-on donner aux peintures qui ne peuvent man-
quer de les orner ? H est clair, d*après les règles posées
ci-dessus, qu*on sera mal venu à traiter une église de Saint-
François-Xavier, de Saint-Ignace, de Saint-Louft-de-Gonza-
gue, de Sainte-Marie-Alacoque et de tant d'autres, en style
du treizième siècle. Excuser cette anomalie par l'habitude
prise à cette époque d'afTubler tous les héros de la Bible des
costumes de Philippe-Auguste ou de S. Louis serait mé-
connaître l'énorme distance qui sépare nos études actuelles,
si sérieuses et si laborieusement méditées par l'érudition
moderne, des idées reçues par nos aïeux, à peine imbus des
notions élémentaires de cet objet. Aujourd'hui leur naïveté
ne serait plus de mise; et s'il ne s'agissait , sous prétexte
d'unité, que de se conformer à une stricte analogie entre le
style mal venu de ce treizième siècle et celte parure impos-
sible pour des personnages du seizième, on voit bien encore
que cette b&tardise arriverait à déplaire souverainement, et
constituerait un très-ridicule anachronisme.
Dftqtteii«f«çon A CCS deux impossibilités il faudrait cependant opposer
pour" iM hLou deux remèdes. Eh bien ! ce serait l'occasion à nos architectes,
dêrne^un'Vnro si louglcmps séduits par la chimère d'un nouveau genre
ii/pr/»tât*Y*iîûr d'architecture, de le chercher sérieusement, de lui donner
epMiue, un caractère nouveau qui ne fût pas celui des écoles romane
et gothique, mais qui s'élevât aussi de beaucoup au-dessus
des froides mesquineries ou des mignardises païennes de
l'art grec , si malheureusement appliqué par les siècles de
Jean Uuss et de Calvin , de Jansénius et de Voltaire , aux
besoins du culte catholique outragé par de tels affronts.
ni à l'orni^iTM^ntA. Aiusi, uous uc répuguerions pas à4es innovations architec-
uûftfrï?""*' ' turalcs qui, contrairement à l'éclectisme audacieux qui
mêla parfois tous les genres dans un seul monument , sans
aucun souci du symbolisme non plus que de l'unité, garde-
raient scrupuleusement cette double condition d'un édifice
chrétien. Puisque notre but est de nous ménager des pein-
tures où l'art moderne brille de toutes ses ressources pour
PEINTURE MURALB DE L'ÉGUSE. 65
des Saints qui assistèrent à sa résurrection et à ses progrès;
puisqu'il faut aussi, et avant tout, que nos symboles obligés
donnent la vie spirituelle à chacune de nos pierres et au
moindre recoin du saint Lien, faites- vous avec vos trois nefs
d'amples surfaces destinées aux actes de vos Martyrs, de vos
Vierges , de vos Confesseurs; éclairez-les par une fenestra-
tion ogivale qu'embellissent dans ses contours de longues et
délicates guirlandes de fleurs significatives, prises parmi les
symboles qui cqnviennent le mieux à votre Patron ; multi-
pliez-y les compartiments , les meneaux élancés dont les
vitraux à médaillons s'impriment de teintes chaudes et fer-
mes; déviez Taxe longitudinal du nord au sud; tracez en
un transsept proportionné les bras de la croix , où seront
d'autres autels et de radieuses rosaces; ornez vos clefs de
voûtes non de ces lourds appendices qui menacent toujours
de vous écraser sous les tours de force de leurs sculptures
affectées, mais de diadèmes fleuris suspendus gracieuse-
ment sur nos têtes pour nous rappeler Timmarcessible cou-
ronne des cieux.
Quant au sol , devenu une mosaïque éloquente, soudez-y
les mille figures sous lesquelles vos pieds fouleront , dans
la nef septentrionale de la Sainte Vierge et des Ponts , le
dragon et le basilic, les scarabées , les hybrides nombreux
qu'on reconnaît pour les auxiliaires du démon. Vous
paverez le bas-côté sud des épanouissements de la rose et
du lis , des oiseaux aquatiques du baptême , des fleurs et
des feuilles du nénuphar. Ce style, cet arrangement général
de tant d'éléments divers qui forment un temple catholique,
ne sera pas celui qu'a si justement préféré le moyen âge ;
mais il n'aura pas les insignifiances de la prétendue Renais-
sance, et, tout en gardant les caractères principaux et essen-
tiels de l'art chrétien, il s'accommoderait bien, nous
semble-t-il, aux exigences du culte décerné à nos nouveaux
Saints. Ce serait revenir à quelques-unes des meilleures tra-
ditions de nos Pères. On exilerait ainsi de nos églises les
T. IV. 5
qaes
0() lUSTOlRK ])U SYMBOLISME.
tableaux sur toilc^ qui les déparent plus que jamais, parce
qu'ils en font des musées, parce qu'ils y sont presque tou-
jours placés au hasard, sans égard à la lumière et aux
convenances du lieu ; parce qu'ils n'y sont visibles que de
certains côtés, et cachés par conséquent à la plus grande por-
tion de l'assistance ; parce qu'enfln il est impossible aux
églises qui n'ont que de médiocres ressources de se pour-
voir autrement que par des peintures murales, d'une orne-
mentation générale imbue d'autant d'effets .et de succès.
cettJ^Çhléoriraux ^^^ ^^^^ qu'ou saisil très-bien les convenances d'unité que
iSUr' "*®*****^* nous venons d'établir, on conçoit également comme il im-
porterait aux familles religieuses données à l'Église depuis
deux ou trois siècles de ne construire que dans un style
, contemporain de leur époque , ou s'identiflant avec la nôtre
par l'adoption du style moderne que nous venons d'esquis-
ser. Dès lors, tout s'accorderait parfaitement entre leurs
ti'aditions historiques, l'ordre architectural et la décoration
de leur maison de prière. Que ne ferait-on pas de charmant,
par exemple, dans une chapelle de carmélites nouvellement
bâtie d'après nos idées, si l'on voulait puiser dans les œuvres
de l'admirable S*® Thérèse ses motifs d'embellissement parla
peinture ?Les comparaisons si fraîches qui animent souvent
la prose onctueuse de l'illustre réformatrice y seraient autant
de symboles employés à la gloire de Dieu et à sa propre glo-
rification. On ferait un charmant tableau allégorique de sa
vie en la représentant, dans une sorte d'apothéose, présidant
aux diverses fondations que son zèle opéra, et dont les mai-
sons apparaîtraient dispersées sur divers plans et arrosées
du fleuve de la doctrine, aux méandres sinueux et parés des
fleurs qui reviennent souvent dans ses écrits. Une étude ,
faite dans ce but , des pensées de la Sainte et de ses récits
attachants, produirait un résultat très-désirable : mais il est
clair que de telles données appliquées dans une église ro-
mane ou antérieure par son style à la fin du seizième siècle,
où la Sainte mourut , deviendraient une contradiction fla-
PEI?fTURE MURALE DE l'ÉGLISE. — CHEMIN DE LA CROIX. 67
grante , une anomalie que le bon goût réprouYerait , et
qu'on ne devrait pas y souffrir.
Mais poui' se donner ces grandioses merveilles , il faut là encore, iur-
diriger soi-même les hommes de talent qu'on appellera à et intelligente dn
les développer. Il faut que le clergé, à qui ces études sont
un devoir , se charge de les appliquer en exposant leurs
théories, en surveillant l'exécution matérielle ou esthétique
non-seulement dans le choix des légendes, des parm'es ac-
cessoires et des symboles , mais jusque dans l'emploi des
couleurs et la distribution des fonds d'or qui devront rele-
ver nécessairemeut certaines portions du travail. Un guide
expérimenté et intelligent évitera par cette surveillance
méritoire de grossières bévues à l'ignorance de ses ouvriers ;
il ne laissera rien à leur caprice ; il ne permettra pas de
représenter un pape des premiers temps sous le costume
d'un évèque des temps modernes , non plus que S. Hilaire
ou S. Fortunat ; il ne permettra pas qu'on charge ses murs
de niaises allégories, parfois inintelligibles et souvent ridi-
cules , mais dont le moindre défaut est de transporter dans
une église la religiosité du peintre bien plus que les saintes
inspirations de la piété catholique. On exclurait les har-
diesses indécentes dont la vie de la très-sainte Viei^e a été
si souvent l'objet : la foi, le respect, l'orthodoxie respire-
raient seuls à l'aise, et le regard des fidèles aimerait , après
avoir vu ces naïves reproductions , à y revenir encore pour
s'en réjouir ou s'édifier.
Une des plus touchantes décorations de nos églises est dq chemin de
celle qu'a inspirée la dévotion, relativement récente, du Ghe- rigi» ârtisuques
min de la Croix , dont le souvenir ne remonte guère qu'à la Jerrerf
fin du quinzième siècle , et qui , de dix stations qu'il eut
d'abord , est arrivé à douze , et enfin à quatorze , comme
aujourd'hui. On sait que ce pieux exercice fut transporté
en Occident , de Jérusalem où se suivent les stations vérita-
bles pi^atiquées par Notre-Seigneur et les saintes femmes ,
depuis le palais de Pilate jusqu'au Calvaire. Rien donc de
08 UiSTOiAE Dt SYMBOLISME.
plus attachant, en effet, que la méditation des souffrances
du Sauveur pour former lésâmes à la patience, comme à la
Abus «otaeii charité et à la reconnaissance envers Lui. Mais par cela
tur M point.
même que tant de raisons l'ont rendue populaire, on en a
multiplié les reproductions à la hâte, sans autres soucis que
ceux d'un proflt mercantile, et tantôt le bon marché, tantôt
l'ignorance ou le défaut absolu du sentiment artistique, ont
fait introduire dans nos églises des gravures plus ou moins
barbouillées de rouge, de jaune et de bleu, ou des plastiques
à effet qui ont le double tort de blesser en même temps l'ar-
chéologie chrétienne et les convenances locales. Ainsi se
trouvent compromis une fois de plus, dans le Lieu saint, et
l'art religieux et la piété éclairée. Et cependant il était si facile
de faire autant de monuments de ces tableaux, qui ne méri-
taient pas moins que tant d'autres le zèle des artistes et les
intelligentes recherches du clergé ! Que des peintres, mem-
bres ou non de l'Académie des beaux-arts, nous prodiguent
chaque jour et pour chaque église jusqu'à une centaine de
Chemins de Croix parmi lesquels nous sommes invités à
choisir! c'est là ce qui nous afflige d'autant plus que rien
n'y est digne du but que le clergé se propose, et que des
lauréats mêmes de nos salons annuels traitent ces sujets si
élevés, si pathétiques et si justement vénérés, avec une mé-
diocrité qui n'est égale qu'au ridicule ou à la laideur de
leurs étranges compositions. Ajoutez à ces malheurs celui
de proportions mesquines, à peine convenables dans le par-
loir d'un couvent, et au milieu desquelles on ne distingue
que par hasard les sujets de chaque tableau. Ce sont pour-
tant ces sujets qu'on destine à frapper le cœur dû fidèle, et
qui , en s'annulant ainsi, le privent de ce que ses médita-
tions auraient de plus vivant et de plus fructueux.
Do queue rc8- Pourquoj , au llcu dc CCS déshonorantes images dont le rôle
cêtt7 co*!^?Jîhîoî si noble est devenu si piteux , n'use-t-on pas, sur les larges
li^noïbaiîuqu'" cspaces dcs murs latéraux , de ces peintures qui suffiraient
à en couvrir la pauvreté? N'avons-nous pas reçu du moyen
PEINTURE MURALE DE L'ÉGLISE.— CHEMIN DE LA CROIX. 6il
âge, depuis le treizième siècle jusqu'au seizième, des œu-
vres remarquables et toutes empreintes des véritables con-
ditions de l'art religieux? Les ivoires sculptés, les châsses
émaillées, les diptyques, les bois, la statuaire par ses cruci-
fixions, ses anges , ses saintes femmes , ses types de toutes
les conditions humaines, enfin les vitraux authentiques,
n'ont-ils pas à notre service leurs caractères symboliques ,
leurs couleurs consacrées, leurs styles spéciaux , leurs dra-
peries, et comme leurs mœurs privées qu'il s'agit de repro-
duire pour donner à nos basiliques ou à nos plus modestes
églises rurales une suite de stations pleines de vérité et à'h-
propos ? Tous nos recueils archéologiques ont prodigué et
des types à imiter et des conseils à suivre ( I ) .
Qu'on se figure une cathédrale comme celle de Poitiers , f^/®"^ <*« ï* <^-
'^ ' thédraJe do Poi-
aux nefs immenses limitées au sud et au nord par une arcn- ;!<^" *^n pa-ticu-
•^ lier.
ture continue, dont les pleins-cintres élégants, reposant sur
des chapiteaux de colonnettes sveltes et élancées, partagent
chaque travée en quatre compartiments égaux, (^es travées,
étant au nombre de sept pour chaque bas-côté, peuvent con-
tenir dans leurs deux arcades médianes un des tableaux du
Obemin de Croix. Il dépendra de l'habileté du peintre de dis-
simuler dans l'ensemble de sa scène la colonnette intermé-
diaire ; de la sorte, chaque scène sera flanquée, de droite et d<*
gauche, soit d'un semis général, soit d'une draperie sur le
fond de laquelle on la verrait se détacher. On ferait mieux
encore en la faisant ressortir au milieu des monuments et
des maisons de Jérusalem ou des sites et des perspectives
que domine la montagne du Calvaire. Cette grande parure
vaudrait un peu mieux que les mesquines images en car-
ton-pierre appcndues aux piliers engagés des deux nefs ;
mieux surtout que ces tableaux sans unité travaillés par des
(1) On ne pourrait trop sMnspirer, entre autres^ des belles gravures
données dans les tomes XX et XXl des Annales arché^logques, avec
une aiîite d'articlps trfts-remarqnablM de M. 1c chanoine Barbier rïo
Montanlt.
70 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
mains différentes , où le Christ, la Vierge, la Madeleine et la
Véronique ont autant de figures diverses qu'il y a de toiles,
où tous les genres se résument dans le mauvais, où tout est
faux et désolant pour Fart qui s'en afflige , et pour Tirapie
qui s'en fait un argument ; mieux enfin que ces copies de
Raphaël et autres toiles encadrées qui , s'appuyant sur ces
mêmes piliers , rompent l'effet des lignes architecturales ,
en détruisent l'ordonnance liarmonieuse , et ne remédient
en rien à l'humiliante nudité des murs.
Importance des Si uous faisious toutcfois uuc cxccptiou à cc gcurc de
peinture murale, que nous destinerions exclusivement à nos
églises ; si nous permettions que certaines parties du monu-
ment pussent y être consacrées à quelques peintures mobiles
qui n'en peuvent pas être absolument exclues, ce serait en
faveur d'un genre trop abandonné depuis trois siècles et qui,
pourtant, avait des mérites incontestables , nonobstant les
quelques inconvénients qu'on aurait pu empêcher par cer-
taines précautions matérielles : nous voulons parler des pein-
tures sur bois, devenues si rares, d'autant plus recherchées,
et qui, si l'on assujettissait mieux les planches qui les reçoi-
vent, auraient plus de durée que la toile, et seraient, en cas
d'accident, d'une réparation plus facile. La belle basilique
dont nous venons de parler en possède plusieurs que nous y
trouvâmes fort détériorées en 4845, et que nous avons pu
rendre à leur lustre primitif. L'une est une vaste page de
4 mètres de long sur \ mètre 50 centimètres de hauteur, re-
présentant un Grand Chantre dirigeant le chant des enfants
de la Psalette, et dont le nom Toussaint Johanet a servi de
prétexte pour l'entourer de tous les Saints honorés dans
l'Église de Poitiers, et qu'il regarde tous, pour lui, comme
autant de patrons qu'il exalte dans cet ex voto. Ce tableau
est daté de 4598. — Un autre, peint en 4590, et ne déve-
loppant que 4 mètre sur 80 centimètres, est une réparation
des injures faites au Saint-Sacrement parles hérétiques du
temps. Un prêtre y dit la messe, et l'autel est entouré des
PEINTURE MURALE DE L'ÉGLISE ET DE LA STATUAIRE. 71
portraits superposés des Pères qui ont parlé le plus élo-
quemment de la sainte Eucharistie, avec de larges phylac-
tères qui contiennent des textes tirés de leur controverse.
Ces hors-d'œuvre ne sont pas à dédaigner ; ils restent comme
des monuments durables de l'histoire d'un édifice, et ils ont
cet immense avantage sur les peintures murales , qu'ils se
peuvent transporter si un incendie ou tout autre événement
fâcheux les menace de destruction {\).
Reportons maintenant notre attention vers un autre l» poiychromio
*■ appliquée à la
objet qui ne l'exige pas moins. La polychromie ne convient statuaire,
pas seulement aux ornements d'architecture proprement
dits et aux sculptures dont l'architecte a paré son édifice,
elle va surtout à la statuaire, et, de tous les ornements d'une
église, il n'en est pas qui la réclame à plus juste titre. Quand
les façades, riches de tant de détails, étalant dans leurs plans
superposés ou dans les immenses voussoirs de leurs vastes
portes ogivales une série de Saints, d'innombrables mou-
lures et des scènes émouvantes de l'enfer et du paradis,
voyaient les peintres leur prodiguer à l'envi toutes les cou-
leurs d'une palette expérimentée , que rehaussait l'or des
nimbes et des costumes, on devait à plus forte raison ne pas
mesurer mesquinement ces pieuses richesses à la statuaire
des autels, aux retables, aux ornements du chœur et du
sanctuaire ; et, de fait, rien n'est plus froid ni plus disgra-
cieux que de grands personnages de plâtre, de pierre ou
de bois, immobiles sur un piédestal, n'ayant ni regard ni
sentiment, et n'attirant qu'à demi dans une pensée inat-
tentive les hommages peu chaleureux d'une foule qui ne
les comprend qu'à grand'peine ou point du tout. Quelle donteiie^tiavio
différence quand on les considère avec ce beau revêtement
de leur gloire dont tous les détails sont symboliques, dont
toutes les couleurs ont un langage ; quand leurs traits, déjà
(i) Voir la description de ces deux tableaux, fort curieux, dans notre
Histoire de la cathédrale de Poitiers, !I, 294 et 301 et suiv.
72 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
si expressifs sous le ciseau du sculpteur, sVmbellissent par
une carnation intelligente des impressions de la vie et de
ses suaves sérénités ! La sécheresse des draperies s'assouplit
sous la mollesse du pinceau, la pose s'accentue mieux, les
contours reçoivent plus d*élégance et d'abandon, la vérité,
en un mot, se révèle et complète autant que possible l'il-
lusion, qui est le but principal que l'art se propose. C'est
donc ce sentiment de la vérité qu'il faut chercher avant
tout, c'est cette illusion qui, toute de convention qu'elle
soit, n'en séduit pas moins le cœur par les yeux, et opère
l'effet intérieur qui résulte de la décoration esthétique. On
sent combien loin il y a de cette théorie à ces fantaisies du
liasard qui guident presque toujours nos incroyables badi-
geonneurs... Ces prétendus peintres salissent la plupart des
statues en leur imposant, pour unique règle de leur travail,
leplusjolideleuvgoCii rustique et désordonné. Les couleurs
éclatantes sont toujours les meilleures à leurs yeux, et, s'ils
y mêlent, comme nec plus ultra de leur bon goût, un or
qui bientôt se tourne au vert, parce qu'il ne fut jamais que
du cuivre en feuilles, ils ne parviennent qu'à gâter d'au-
tant plus ce qu'ils ont eu la maladroite prétention d'em-
bellir. Nous avons à cœur de prémunir contre ces déso-
lantes stupidités, en établissant dans le chapitre suivant les
idées normales qui doivent présider à la peinture de la
statuaire chrétienne, et en général à La polychromie de nos
sujets religieux.
CHAPITRE XVI.
DE LA STATUAIRE SCULPTÉE OU PEIHTE
ET DE L'AMEUBLEMENT.
Il est bien entendu que nous devrons appliquer à la sta-
tuaire, en tant que susceptible de recevoir les embellisse-
ments de la peinture, des principes qui conviennent éga-
lement à l'iconographie murale, aux sujets des verrières et
à la simple imagerie religieuse. On comprendra aisément
les quelques variantes qui doivent s'appliquer à l'action du
peintre dans ces dlflFérentes expressions de l'art. De quelque
nature donc que soit le sujet soumis au pinceau, qu'il soit
sculpté ou non, les mômes principes symboliques détermi-
neront les teintes qu'il lui faut donner selon son caractère,
ses attributs et l'importance de son rôle esthétique.
Suivons dans cette revue l'ordre rationnel de nos idées
théologiques, et commençons par l'image de Tauguste
Trinité.
C'est très-ccrtainemeut celle qui a toujours dominé dans i a Trinité ot
l'expression du symbolisme chrétien. Le monastère de uoin symboliques
Saint-Benoit-sur-Loire, bâti vers le milieu du septième iûrc.
siècle, l'avait été sur un terrain triangulaire qui plut au\
moines par cette disposition mystique , à l'exemple de
S. Riquler, qui, peu auparavant (en 625), avait construit en
forme de triangle l'abbaye doGentule, au diocèse d'Amiens.
Outre ces grandes pensées d'ensemble, on s'évertua à
i-amcner le même sentiment à tout ce qui pouvait le rece-
74 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
voir. A toutes les époques de Tarchitecture, on le ^it donc
représenté par de nombreux détails de la maison de prière.
Les trois portes d'entrée et les trois fenêtres qui les sur-
montent , les trois nefs qui partagent rintérieur , les trois
baies ouvertes à l'orient, où les splendides rayons du soleil
levant semblent glorifier leur rôle mystérieux, tout atteste
ainsi dans l'édifice sacré une intention manifeste de glo-
rifier le Dieu trois fois Saint que chante Tétemel Hosauna.
C'est par la mémo mison que l'Évéque, avant de procéder
k la dédicace du temple, en a purifié les murs extérieurs
par trois aspersions, nouveau baptême qui rappelle celui
qu'institua le Sauveur, et qu'il fit porter à toutes les con-
trées du monde, au nom des trois Personnes divines. Après
ces grandes divisions , on poussa la pensée symbolique
jusqu'à la répercuter, pour ainsi dire, dans les détails secon-
daires : beaucoup de nefs furent partagées en une triple
travée, les murs latéraux parés d'une triple arcature ; on
orna les portes, les fenêtres et les arcades, bouchées ou
ajourées, de trilobés ou de trèfles, ces derniers comme sou-
venirs maintes fois racontés de l'ingénieuse industrie de
S. Patrice, qui, en évangélisant THibernie, expliquait aux
païens l'unité des trois Personnes éternelles par la triple
foliation de cette plante. Il n'y eut pas jusqu'à la toiture elle-
même qui, partagée dans sa forme générale en trois parties
représentant la hampe et les deux traverses de la croix, ne
fût encore surmontée de trois tours, dont une domine le
transsept et deux s'élèvent majestueusement au-dessus de la
façade. Ainsi se trouve matérialisé, dans chaque monument
chrétien, le dogme fondamental du Christianisme. Par ce
plan d'ensemble, tout devient parfait dans la demeure
sacrée ; elle est plus digne d'être ouverte à cette triple et
adorable Personnalité dont chaque Membre a une perfec-
tion égale ; et c'est là, plus que partout ailleurs, qu'il con-
vient au chrétien de prier, de méditer ses destinées éter-
nelles, et de s'unir, par ses ferventes aspirations, au Dieu qtii,
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE.— LA TRINITÉ. 75
SOUS les voiles de ce Mystère , lui apparaît incessamment
depuis son baptême jusqu'à sa tombe.
On ne trouva guère avant le quatrième siècle aucune oecMion dou-
des représentations sensibles dont nos pères se plurent à pue dezprimw
parer l'incompréhensible Vérité. Il est vrai que les églises ^°**^*' "'
souterraines de Rome, où EUe ne fut affirmée par aucune
image parce qu'on n'y révélait en rien les mystères que
les païens devaient ignorer, eurent souvent leur forme de
croix et, par conséquent, trinitaire (4 ) ; mais ce fut surtout
quand on vit l'arianisme affronter la croyance commune
et menacer la divinité même du Sauveur, qu'on dut s'ef-
forcer d'affirmer la consubstantialité du Verbe, et dès lors
dut se développer l'iconographie, qui vint seconder l'ensei-
gnement artistique. Il ne suffisait plus d'exposer, avec S. Am-
broise, comment la trinité des Personnes se conciliait avec
une toute-puissance unique et indivisible (2) ; l'énoncé de
la foi théologique, si décisive et si formelle qu'elle fût dans
les Pères, avait besoin d'images très-propres à en imprimer
la valeur et à la faire passer, par les yeux, dans les esprits
les plus grossiers.
Mais ce secours même pouvait égarer du but en maté- iTâtonnements
lialisant la pensée, et c*est ce qu'avaient cru devoir éviter Mt^Jemen? dos
(1) Voir ci-des3U8^ t. III, cb. i^ p. 5.— On De devine guère comment
ce principe manqua aux catacombes, où tant de Mystères du Nouveau
Testament sont représentés par des symboles de l'Ancien. Quoi de plus
naturel , par exemple , pour exprimer la Trinité que la Réception par
Abrabam, sous le diéne de Mambré, des trois Anges, dans lesquels tous
les Pères ont vu les trois adorables Personnes? (Gen., xviii, 1.) — Mais
c'est probablement qu'alors, la doctrine des Pères sur ce fait ne s'étant
pas encore énoncée publiquement, on se reportait plus*ToIontiers vers
les motifs d'ornementation purement historiques, et que les Apôtres
ayaient surtout recommandés par leurs discours ou leurs écrits.
(2) «I Ego et Pater unum sumus (Joan., x, 30); id est unum sumus
lumen, sicut unum nomen. Per lumiuis et nominis unitatem ambo
unum sumus, îmo Trinités unum in unitate substantiœ , sed distinc-
tione uniuscujnsque Personse. Trinitas distinctionem significat Perso-
narum, unitas potestatem. n (S. Ambr. Enarral. in psalmo xxxv, —
opp. t. I, col, 774.)
7«
HISTOIRK DU SYMBOLISME.
point
sur
ce les premiers Docteurs. Ils ne parlaient du dogme qu'en
tant qu'il fallait le croire, sans chercher trop à en expli-
s. Hiuire de qucr Ics solcnnellcs obscurités. Néanmoins, quand vinrent
les efforts de l'hérésie , on comprit le danger de ce silence,
que S. Hilaire rompit Tun des premiers avec tant d'éclat,
au point de vue de la controverse. Et cependant le grand
génie, tout en développant avec les immenses ressources
de son esprit si positif et si net ce qu'il faut croire de la
consubstantialité des trois Personnes, recule toujours
devant les comparaisons symboliques ; on le trouve tou-
jours, dans son magnifique livre De la Trinité^ armé du
raisonnement, jamais d'aucune allégorie, tant il craint
encore , comme il le dit ailleurs , que les types manquant
de justesse ne demeurent incomplets à côté du Principe fon-
s. Grégoire de damental(4). — S. Grégoire de Nazianze, moins scrupuleux
en apparence, et pourtant ne dissimulant pas ses craintes
de quelques fausses interprétations, essayait de faire saisir
le Mystère divin en le comparant au soleil, qui ne fait qu'un
avec ses rayons et avec la lumière qui en jaillit; mais il
ajoutait que la foi simple valait mieux que toutes les simili-
tudes, et il renonçait à s'en servir (2). Toutefois ce système
d'abstention ne pouvait durer au delà des premiers essais
du symbolisme iconographique. Dès lors que l'architecture
prétendit imprimer dans ses constructions la pensée du
dogme générateur de tous les autres, le sculpteur et le
ii>triiiuçio cqu'ia. pclutrc furcnt excités au même but; rien ne dut paraître
plus naturel, par exemple, ([wa^ d'inscrire dans une arcade
Premiers «yin-
bolM : le so]pil ,
(1) a AlalLa sœpe falluul quso tiimilia sunt. Timeo aorum bracte»
qaia me faUose posait ÎDlerius; et tamcn auro simile est quod vide-
tnr » (S. Hilar., De Synocfis, n» 89, col. 1202 Bened.)
(2) « Solem , et radium , et lucem cogitavi : verum hic metnendum
est ne incompositœ naturs; compositio queedam excogitelur quemad-
modum solis, et eomm qusB soli insunt... Postremo ilaqne hoc mihi
coDsultissimum visum est, nt misais factis imagiDibas illis atque um-
briSj ut fallacibus, plurimumque a veriiate remotis, piam ipsu cogita-
lionem fidemquc mordacius retineam » 'S. fireg. Naz. Orat. xxii,
I. I, p. yni\.)
STATUAIRE SCULPTÉE OU P£1I^TE. — LA TRINITÉ. 77
trilobée un triangle équilaléral : cette figure, dont on ne sait
pas l'époque origineUe,est certainement des plus anciennes
comme étant des plus élémentaires. Rien n'était plus vrai,
en effet, et ne résolvait mieux et plus simplement l'image
de trois Personnes en un seul Dieu qu'une figure composée
de trois angles dans un seul plan; figure, disons-le aussi,
dont le caractère mathématique symbolisait parfaitement
la certitude incontestable d'un dogme qui est lui-même
incontestable aux yeux de la foi.
La fête de la sainte Trinité , instituée au commencement leu déreioppa-
du douzième siècle, dut inspirer à l'imagerie catholique une iièoie ,
certaine fécondité ; toutefois nos recherches sur les diverses
représentations usitées dans l'Église ne nous ont rien montré
au delà de cette époque, où la sculpture, nous le savons,
s'élança avec la théologie artistique au plus haut degré de
sa gloire encore admirée. De cette date, on connaît le bap-
tême de Notre-Seigneur par S. Jean, où le Christ encensé et
assisté par des Anges est surmonté du Saint-Esprit qui plane
sur sa tête en forme de colombe , puis contemplé dans un
plan supérieur par le Père éternel. Ce travail fait partie du
font baptismal de Mousson, en Lorraine (4). — Le beau ma-
nuscrit d'Herrade , Ortus deliciarum , recevait en même
temps, parmi ses admirables peintures, la triple image du
Père , du Fils et du Saint-Esprit, assis sur un même siège ,
représentés sous les mêmes formes humaines, et coopérant
ensemble à l'œuvre de la création, ce qu ils expriment par un
long phylactère se développant entre les mains de chacun, et
portant le texte Usihle de la Genèse : Faciamus hominem ad
itnaginem et similitudinem nostram (2). Alors cette rcpré-
(i) Voir Dallelin nunumenial, XIII, 186; XIV, 74. — Et celte image
n*éiait pas nouvelle : S. Paulin de Noie, mort en 431 , l'avait décrite
ainsi Irès-ezpressément :
Pleno oornseat Trinitoi Mysterlo :
Stat Christiu amne, tox Patris oœlo tonat,
Et p«r eolombam Spiritas Sanctus flah.
(EpM. ad Swêrum.)
(2j Voir Didron, Hisloire de Dieu, p. 541.
78 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
sentation sous forme humaine datait déjà de trois cents
ans, et finit par l'emporter sur les pures spéculations ma-
thématiques ; mais le cercle n'en continua pas moins son
rôle, et on le trouve, au seizième siècle, circonscrivant un
triangle dont le Seigneur tient de ses mains étendues les
deux extrémités supérieures. — Un autre type non moins
remarquable en ce genre orne la charmante voûte du
treizième siècle de la sacristie de Sainte-Radégonde, à Poi-
tiei's. — A Vignory, en Champagne ,'« le Père et le Fils ,
barbus, soutiennent chacun d'une main un calice avec
l'hostie; entre eux, le Saint-Esprit paraît sous la forme d'une
colombe dont le bec touche au Pain sacré, et l'extrémité des
ailes aux lèvres du Père et à celles du Fils. Ainsi s'exprime
. que la troisième Personne procède des deux autres, et que
la Divinité du Christ est présente dans l'Eucharistie ; et, de
plus, que la Trinité concourt à étabUr ce sacrement, chef-
d'œuvre de puissance, de sagesse et d'amour » (I). La des-
cription est ici aussi fidèle et ingénieuse que l'invention
elle-même, et devient une des mille preuves de cette obser-
vation toujours vraie, toujours bonne à rappeler que , pour
bien comprendre le symbolisme catholique, il faut être
imbu de la théologie de l'Église, sans laquelle on restera
forcément au-dessous de la science d'interprétation,
et BoiioittAatroi. Le treizième siècle, en s'avançant plus qu'aucun autre
dans l'expression iconographique du Dieu unique en trois
Personnes, en multiplia les images et, tout en les variant,
resta dans l'orthodoxie la plus exacte. L'anthropomorphisme
triompha alors sans danger aux yeux du vulgaire, accou-
tumé à ne lire que la vérité dogmatique sous des emblèmes
enfin parfaitement compris. Les manuscrits, les façades
sculptées, les chapiteaux , les clefs de voûte reproduisirent
ces formes si diverses, et toujours si éloquentes, soit par
trois cercles entrelacés, soit par trois faces d'homme unies
(1) Voir M. l'abbé Godard-SaintrJean, Dullet, moimn., XV, 575.
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE.— LA TRINITÉ. 7«
entre elles ; et toat cela se compliqua plus tard et se per-
fectionna jusqu'au seizième siècle, de manière à pénétrer
dans les livres d'heures de Simon Voslre, après avoir figuré,
au quinzième, dans l'ornementation des maisons particu*
lières. Là on peut voir encore un triple visage, nimbé
d'un rayon crucifère, présentant de ses deux mains un
triangle terminé à chacun de ses points par un cercle inscri-
vant le nom de l'une des Personnes ; ces points extrêmes
sont réunis par les branches du triangle se dirigeant vers
chaque cercle, et reproduisant, comme sur une triple bande-
role, les mots EST ou NON EST, de façon à les faire aboutir,
selon toutes les exigences du dogme, à l'un des noms sacrés
dont ils déterminent par une proposition absolue la nature
et la personnalité : ainsi Pater est Deus, non est Filius ;
FiLius EST Deus, non est Spiritus Sanctus ; Spiritus Sang-
TDS EST Deus, non est Pater, non est Filius, etc. Par un
complément qui perfectionne ici toute l'idée divine, et que
motive très-bien l'exactitude théologique, les quatre coins
du carré où sont figurées ces formules sont garnis des
quati-e animaux d'Ezéchiel (4).
Hais au milieu de types si nombreux, et qui prouvaient AboB des mo-
merveilleusement la fécondité du symbolisme, on vit naître phî^n Jrépri^â
d'autant plus d'excentricités dangereuses, à l'époque de la
prétendue Renaissance , que le caprice entrait alors plus
hardiment avec l'hérésie dans la théologie. L'art eut à s'en
ressentir bientôt, et la foi dut imposer des entraves à ses
élans irréfléchis. En efl'et, ces tètes multipliées jusqu'à trois
fois sui" un même corps, ces figures des trois Personnes ren-
fermées diaphanement dans le sein de Marie, et beaucoup
d'autres imaginations semblables, n'étaient guère propres
qu'à donner de fausses idées du plus adorable des Mystères.
(i) Voir Didron , ubi svprà, p. 551. — On peut lire avec fruit, pour
compléter sur ce sujet toutes les idées que doiveut s*en faire les chré-
tiens, le livre très-intéressant et très-substantiel du savant et regrettable
ardicologue.
par VÉglhe,
ter.
80 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
C'est pourquoi le savant pape Benoit XIV, écrivant à un
évoque d'Augsbourg qui avait interdit dans son diocèse ces
sortes d'images , le loua de son initiative et lui ordonna de
poursuivre cette guerre loyale à tout ce qu'une telle ima-
gerie avait de dangereux. Il voulait qu'on s'en tînt , dans
l'imagerie religieuse, à ce que TÉcriture autorise par ses
récits,
qui a^if^rmino co Alusi douc, plus dc cette triple face entée sur un seul corps,
2e*quui 'fiuT'év^ qu'avalt déjà condamnée Urbain Vill. On peut représenter
le Père par un vieillard à la majesté sereine et grave, comme
cet Ancien des Jours que Daniel nous montre assis sur un
trône porté par des roues de feu, la tôte et les vêtements écla-
tants de blancheur, entouré de flammes ardentes échappées
de son trône, et qui resplendissaient jusqu'au devant de sa
face (\), Isaïe lui donne aussi Textérieur d'une personne
royale occupant un trône élevé au-dessus de tous ceux qui
forment sa cour (2) . La difficulté n'est pas la même quant au
Fils : il s'est fait homme : l'anthropomorphisme lui est donc
très-acceptable; il peut même multiplier ses formes selon
les attributs symboliques dont il s'est doué lui-même : il
est V Agneau de Dieu, la Lumière éternelle du monde j la Pierre
angulaire, le Bon Pasteur, le Poisson mystérieux des eaux
du Baptême ; mais, pour peu qu'on soit instruit du sens des
symboles et des convenances, dont il ne faut jamais perdre
le sentiment, le Lion de Juda, qui désigne le Christ dans
l'Apocalypse, ne servira jamais seul à le représenter comme
seconde Personne de la Trinité : on le confondrait trop faci-
lement, par ce moyen, avec le troisième des animaux évan-
gélistes. L'Esprit-Saint sera, d'après la même loi, non un
jeune homme de grande beauté, comme quelques-uns
(1) o Antiquus dienim sedit : yesLimcntum Ejus candidum quasi
nix, et capilli capitis Ejus quasi laDa munda; throDUs Ejus flammaB
ignis; rotœ Ejus ignis accensus.Fluyius igoeus rapidusque egredieba-
tur a facie £jus. » (Dan., v, 9.)
(2) « Vidi Dominum sedentem super soUum excelsum et eleyatam,
et ea qnœ sub Ipso eraut replebant templum. b (Is., vi, 1.)
I
j
I
STATUAIRE SCULPTÉE OU PÈUfTE.— LA TBUflTÉ. H\
l'avaient fait contre toutes les traditions de l'Église, mais,
très-conformémentaux Écritures, une colombe^ une flamme
de feUy un ratjon venant du Ciel (4 ) . On voit, par ces données
générales, comment la Sainte Trinité peut composer un
groupe très^onvenable, et comment le quinzième siècle et
le suivant n*ont rien fait de mieux ni de plus expressif
que d'asseoir sur un trône resplendissant un vieillard véné-
i*able, tenant de ses deux mains les deux traverses de la
Croix où le Dieu sauveur est attaché pour nous, et s*unis-
sant lui-même à ce Fils par la Colombe divine qui émane de
sa bouche, et plane sur la tête de l'auguste Crucifié. On
trouve ce type , remarquable par beaucoup d'effet, dans
plusieurs églises ; la sculpture et la peinture Font traité
avec un égal succès, et nous ne pouvons trop exhorter les
artistes à le préférer, au besoin, comme celui qui rend le
plus éloquemment toute l'orthodoxie du Mystère divin.
Ce n'est pas que de nombreuses variétés ne soient venues, variété» nom-
surtout dans les derniers siècles , diversifier beaucoup la doxê/ d^ ^\^
forme artistique. En 4773, on voyait encore dans une des •'*''''*"*^ •
vingt chapelles de Notre-Dame de Saint-Lô les trois Personnes
entourées d'un grand cercle d'or au fond d'azur , formé des
anges et des chérubins d'Ézéchiel. Ces trois Personnes y
étaient assises , couvertes de chapes riches et ornées. Le
Père portait la tiare, pour mieux rendre sa toute-puissance
en même temps que sa paternité; sur son genou gauche, il
tenait le globe du monde, et bénissait de sa main droite. Le
Fils et le Saint-Esprit ont la tête nue ; ce dernier occupe la
gauche du Père et sauve très-ingénieusement les apparences
humaines par la colombe nimbée qui se développe sur sa
poitrine. Le Fils était reconnaissable à sa croix autant qu'aux
blessures de son côté , de ses pieds et de ses mains. On
voit par là jusqu'où l'imagination peut aller sans sortir des
(i) Cf. BuUar. Bened. XIV , t 1 ^ p. 562-569 , Romœ , 1746 ; - Mola-
nus y Hisloria sacrarum imaginum , Sapplem. ad lib. IV , cep. zvi ,
p. 484 .
T. IV. 6
82 IliSTOlRË Dt SYMBOLISME.
règles strictes et sans contrevenir aux défenses canoniques,
dont elle ne doit jamais s'écarter. Mais quoi qu'elle fasse
dans ces limites sacrées et infranchissables, elle n'oubliera
pas l'emploi des attributs spéciaux à ciiaque Personne :
ainsi , comme nous venons de le voir, le Père céleste porte
toujours le globe symbolique rappelant sa toute-puissance
créatrice ; au Fils appartient la croix, sur laquelle il nous
a sauvés ; la colombe et la flamme indiquent la nature du
Saint-Esprit, qui est tout amour. Ce sont là des principes
que personne ne doit ni ignorer ni méconnaître.
L<» nimbe. Mais non moins important , parmi les attributs spéciaux
des Personnes divines, est le nimbe, dont nous avons parlé
déjà maintes fois (I) , et dont il faut distinguer clairement
ici le rôle symbolique et la signification doctrinale. Les
sculpteurs comme les peintres de ces derniers temps
s'y sont trop souvent trompés; ils ont donné ou refusé
sans discernement cet attribut essentiel de la sainteté soit
à Dieu , soit aux Saints , qu'il devait pourtant distinguer
dans l'iconographie afin de la faire bien comprendre et
d'v éviter les confusions. Nous allons, au bénéfice des ar-
tistes que notre tâche est d'éclairer ici , poser les principes
sur cette question et définir clairement les diverses formes
de cet entourage symbolique donné au corps ou à la tète
des personnages sacrés , depuis la Trinité et ses trois Per-
sonnes jusqu'aux Anges, et aux hommes qui se sont illus-
trés par une sainteté reconnue de l'Église.
Lagioipc, oa L'idée de l'éternelle béatitude à laquelle participent les
élus de Dieu, et de la clarté qui les environne dans le mi-
lieu où Dieu lui-même se complaît en son inaltérable
bonheur, a fait entourer ses Saints, comme sa propre Per-
sonnalité, d'un gloire circulaire ou, plus souvent, elliptique,
(1) Voir tout ce qui regarde la Bigniflcation des conleurs et leur usage
dan:) lu peinture chrétienne, ci-dessus, t. U; ch. xii ; et ce qui regarde
les armoiries et leurs couleurs, au ch. xvi. — On en conclura des
principes iras -applicables à la présente question.
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE. — LE NIMBE. 83
laquelle embrasse tout le contour du corps en forme d'a-
mande et représente la Majesté divine dans sa plénitude,
ou la part qu'y ont acquise ses lidèles serviteurs. On voit
déjà que le mot employé dans ce sens comporte avec lui la
pensée d'une grandeur méritée par de belles actions et
d*une sorte d'apotliéose populaire : c'est la môme chose , à
notre avis , que l'auréole , espèce de nuage léger et lumi-
neux qui semble s'épancher autour d'un corps glorifié ,
mais qui convient particulièrement à celui des personnes
déjà en possession de cette béatitude céleste dont on veut
amplifier l'afiirraation jusqu'au dernier terme possible. Le
nimbe a quelque chose de plus simple : il est une flamme
et comme une couronne qui entoure la tète, qu'il embellit
d'un cercle de lumière ou d'un éclat nuageux et transpa-
rent , comme le mot nimbus l'exprime assez. Cet insigne
se donne plus généralement aux Saints , comme l'auréole
à Dieu, sans qu'on puisse bien, toutefois, préciser, à l'aide
de règles généralement suivies , quelle théorie scientifique
on s'est posée à cet égard. Il semblerait , par des exemples
tirés des meilleures sources , que Dieu , considéré en lui-
même, et abstraction faite de son existence trinaire, ou
bien se présentant sous la forme d'une ou des trois Per-
sonnes divines, ait été, pour plus d'honneur, paré à la fois
du nimbe de la tête et de l'auréole du corps. Mais les ar-
tistes nous présentent sur de tels sujets de si nombreuses
variantes , qu'on ne peut guère conclure de ce qu'ils ont
foit à un système arrêté, le leur s'étaut modifié avec tous
les siècles.
Toujours est-il que l'objet en lui-même est devenu l'in- ^, J;^^^««« **«
dispensable attribut de la sainteté, de quelque manière
qu'on l'ait donné aux Saints , de quelque genre d'orne-
mentation qu'on l'ait cru susceptible. En effet , c'est tantôt
un cercle léger inscrit autour de la tête comme une cou-
ronne à peine sensible , tantôt des rayons inégaux s'échap-
panl de cette tête sans aucune circonférence qui le cir-
nlmbe.
84
MISTOiilK bt SYMBOUSiiE.
Xittibo carc^.
Antiquité
nimbe.
dn
conscrive ; taaMt Forle rayonne de plusieui's pointes qui
varient par leur nombre de 7 à 4 4 , non sans intention
sans doute. On a fait aussi des nimbes triangulaires , et
nous pensons qu'au lieu de Dieu le Père indiqué par Didron
d'après une fresque grecque du dix-septième siècle» c'est la
Trinité qu'il faut reconnaître dans ce Vieillard apparaissant
au milieu d'un nuage , et la tète ornée d'un triangle rayon-
nant de lumière. Sa pose seule, d'ailleurs, penchée vers le
chaos qu'il va débrouiller, ses deux bras étendus comme
ceux de quelqu'un qui commande sans efforts , indiquent
de reste l'action créatrice qui appartient à la Trinité tout
entière (i).
On a vu des exemples de nimbe carré, servant plus à qua-
lifier l'état moral de quelques hommes vertueux et encore
vivants que la sainteté proprement dite, qui ne s'acquiert
(lu'après la mort. C'est une de ces originalités dont l'Italie
ne s'est pas assez gardée et qui ont jeté une inextricable
confusion dans sa vie artistique. Nous voulons bien qu'on
exprime par cette figure géométrique la terre, dont eUc
représente la fermeté , et par conséquent la vie présente
ferme dans la foi et dans la vertu ; mais ce n'en est pas moins
une invention qu'on n'a pas adoptée ailleurs , et qui a dû
sembler de peu de profit. Ce n'est pas là ce que nous vou-
drions conseiller à l'art sérieux , désireux des bonnes tra-
ditions et qui ne perdra jamais rien à les tenir.
Le nimbe était connu des premiers siècles chrétiens ,
qui l'avaient adopté du paganisme, où il n'était pas rare de
le voir appliqué aux dieux et aux héros. On le trouve dans
les catacombes , mais non à leur époque la plus reculée.
Ce n'est guère qu'au quatrième siècle qu'on en remarque
les premiers spécimens : c'est ainsi qu'on le voit à l'Enfant
Jésus , tenu par sa Mère , dans une fresque souterraine
que le chevalier de Rossi attribue à l'époque de Gonstan-
(1) Voir Didron, Hist. de Dieu, p. 9.
STATUAIRE 8GCLPTÉE OU PEINTE. — LE NIMBE.
85
mmb* eradttrs.
tin ('l}. Plus tard, on inventa une'distinction entre les Saints,
dont nous sayons le nimbe spécial , et Dieu et la Vierge-
Mère, à qui furent réservés ou le nimbe crucirère, nommé
encore croisé^ ou la gloire ou auréole.
Les trois Personnes de la Trinité se parent également du
nimbe croisé, comme ayant coopéré toutes à Tœuvre delà
Rédemption. Pour Elles, ce nimbe a plus ou moins d*élé-
gance, la croix en est plus ou moins ornée avec goût, selon
l'époque où elle est prise, et sa simplicité, qui dure jusqu'à la
fin du onzième siècle, se change, aux douzième et treizième,
en riches accompagnements de perles byzantines, de bro-
deries, de franges et de petites arcatures continues. Tout
cela s'embellit encore de vives couleurs. Marie a aussi son
privilège, qui lui donne, comme à Dieu même, un nimbe
pour sa tête et une auréole qui enveloppe son corps imma-
culé. Nous dirons de quelle lumière doivent s'illustrer les
autres Saints, en parlant tour à tour des titres qui compo-
sent la hiérarchie hagiographique; mais ici, et pour ce qui
regarde le nimbe, il faut bien que nous indiquions aux
sculpteurs, et surtout aux peintres, à quelles règles ils doi-
vent se conformer sur ce point pour ne pas trahir les tra-
ditions conservées par les meilleures époques de Tart chré-
tien.
Et d'abord, entendons bien que, malgré l'absence de ce u«a«odu nimbe,
. . derenu indltpen-
symbole dans un certam nombre de monuments anté- «we à i-haîioio-
** lit f^^ artistique.
rieurs au onzième siècle , on ne doit plus le négliger, à
quelque date que se rattache Tœuvre composée. Aujour-
d'hui, ce serait une faute de rompre avec un usage tant de
fois séculaire et qui dans toute représentation sacrée doit
distinguer des personnages du monde ceux que l'Église a
honorés d'un titre imprescriptible et essentiel. Puisque,
d'ailleurs , selon que nous l'avons établi , les fresques ro-
fi) Voir Rosài , Imagines sHectâff Deiparx Virginie in cœmeleriis
iubierrnneis depirtx, t. ï, in-f>, Rom» , 186J.
86
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
maincsnous en oflreiit d'irrécusables spécimens; puisque,
là où il manque, on l'y voit remplacé par des couronnes de
laurier tenues par des anges sur la tête de deux martyrs,
ou par une seule qui semble descendre du ciel entre les
images de S. Pierre et de S. Paul (^), on aurait mauvaise
grâce à nier Fintérôt que les premiers temps du Chris-
tianisme attachèrent à ce moyen symbolique. On l'emploiera
donc toujours, en suivant ainsi les données certaines dont
on ne peut contester le respect absolu, et généralisé au
moins depuis le septième siècle, car c'est alors que se fit le
mouvement décisif qui tendit de plus en plus à l'adoption
du nimbe, et qui fit bientôt observer dans son usage des
variantes plus réfléchies et mieux motivées que Didron n'a
paru le penser (2).
Htatoi" «J«»» A partir de ce temps jusqu'au douzième siècle , la pein-
jusqu'aux temps Jure uous dounc des nimbes circulaires de très-mince
de décadence:
Du qoairième au appareucc, et à travers lesquels on semble avoir voulu mc-
donzième siècle ;, ii. i.i «..
nager la vue des objets : c est presque diaphane, et fait évi-
demment pour exprimer cette atmosphère lumineuse qui
représente très-bien la surnatnralisation de la pensée des
Saints. Cette méthode, que la sculpture ne pouvait pas
reproduire , se traduisait au moins sous le ciseau par un
(1) Voir AriDgbiy Rom. auUL, iibi Buprà; puis t. il, p. 405, iio9, 666,
et bien ailleurs.
(2) Didron , Hi$t. df Dieu , p. 78 , cite, comme une preuve du peu
d'importance du nimbe pour les artistes , un manuscrit de la biblio-
thèque Richelieu du neuvième au onzième siècle, dit-il, où une même
miniature offre S. Ghrysantbe avec un nimbe dont S'* Daria est dé-
pourvue. Il est clair qu'à cette époque ce put être un oubli , et non an
système qui porterait avec lui une inexplicable contradiction. Le même
auteur indique & ii même source le Chri.U uu nimbe crucifère, et \^
Apôtres qui Tentourent ornés de nimbes orlés garnis d'une légè**e bor-
dure, pendant que d'autres Saints n'ont qu'un simple disque. Tout cela
nous parait plus rationnel qu'au savant archéologue. La croix timbrée
à la tête du Christ lui est particulière; l'orle donné aux Apôtres dis-
tingue leur couronne de celle des autres moins élevés par leur rang :
quoi d'étonnant ? Nous engageons beaucoup à observer cette diffé-
rence, dont on ne peut tenir compte qu'au proGl du symbolisme, et
MUS aucun préjudice d'aucune r^gle artistique.
STATUAIRE SCULPTÉE OU P£1?9TF.. — LE NIMBE. 87
cercle d'ample dimension , et d'une assez grande légèreté
pour s'associer à ce que le pinceau donnait aux fresques
et à la détrempe. Ce fut le contraire quand la statuaire du da doiudème m
douzième au quatorzième siècle se fut mise à envahir avec
une ambition si favorable toutes les surfaces de nos plus
beaux monuments. L'architecte fit donner à ses statues dos
disques nécessairement opaques, moins larges parce qu'ils
se fussent gênés mutuellement dans les groupes de per-
sonnages qui devaient les porter, et parfois , pour plus de
solidité, taillés en perspective derrière la tête, dans la pierre
qui leur servait de fond. A Paris, à Chartres, à Poitiers, à
Amiens, c'est ainsi que nos plus bolles cathédrales ont vu
procéder leurs sculpteurs. Par entraînement, les rainin-
tures, comme les grandes pièces murales, n'eurent plus que
des nimbes épais, dont la transparence fut cependant quel-
quefois ramenée aux dispositions mieux senties des âgos
précédents, quand le peintre put les contraindre , sous les
efforts de sa touche plus docile, à exprimer des délicatesses
devenues impossibles sur la pierre. C'était donc , toujours
autant que la main humaine le pouvait, l'intention de
figurer une lumière, une vapeur éthérée et imbibée, pour
ainsi dire, de l'atmosphère divine, qu'on avait gardée et
maintenue. Ce mérite reste à l'art gothique, môme pendant
la période du quatorzième siècle, où Testhétiquc dépérissait
h vue d'œil; et néanmoins il faut noter la remarquable
exception qui se fait alors parmi les fidèles adeptes de cette
importante tradition. Van Eyck, l'un des chefs de l'école hol-
landaise, semble, dans son admirable Adoration des mages,
s'abstenir du nimbe, comme par un parti pris.
Cependant,au quinzième, on entre dans les étrangetés im- du quiuzièm« au
posées au style architectural, dans certaines extravagances " "*'
relatives quant à la confection du nimbe : il devient une véri-
table coiffure dont les perspectives capricieuses se plient ,
par une sorte de dissipation , h tout ce que la vie artistique
reçoit alors d'hétérodoxie mondaine. Alors, cependant , les
88 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
peintres qui conservent le sentiment chrétien , et quel-
ques verriers encore inspirés par le passé, continuent à
leurs saints la possession d'un nimbe digne, et d'autant
plus convenable que partout il est doré par le fond, et re-
produit mieux ainsi la pensée primitive : ainsi le voit-on
dans les belles fresques peintes à Saint-Marc de Venise par
Pra Angelico, dans la salle du Chapitre; ainsi fîgure-t-il dans
les vitraux légendaires du monastère de Luna, en Hanovre.
Mais le seizième siècle, surtout, se plut à manifester, en
cela comme en toute autre chose, cet esprit d'indépen-
dance qui devait, à la suite du protestantisme, renvei-ser
toutes les règles faites. Ce que les beaux siècles du symbo-
lisme avaient béni et pratiqué, il le méprisa, il le renia, et,
jusque dans les plus belles et les plus recherchées des
productions artistiques, il donna par tous les côtés dans le
paganisme des anciens : dans ce dédale, on vit le nimbe se
perdre presque toujours. C'est à peine si, en quelques
scènes de la vie apostolique, on voit le Sauveur nimbé d'un
simple disque, très-souvent dénué de sa croix, au milieu
d'Âpôtres ou de Saints qui ne se distinguent pas même de
la foule par cet appendice, dont le peintre ne semble pas
avoir senti le besoin. Raphaël, qui n'y manque pas tou-
jours, s'en abstient cependant trop souvent ; Michel-Ange
n'est pas plus scrupuleux ; Léonard de Vinci l'omet dans
une de ses Sainte Famille , et le donne à la Vierge en-
tourée de S'« Catherine et de S^ Barbe, qui ne l'ont pas.
Plus tard, on doit reprocher le môme oubli à Corrége, aux
deux Carrache , à Rubcns , à Lebrun , h Poussin lui-même
si philosophique et si sensible. Murillo n'en use jamais.
Aussi peut-on facilement observer que le mépris de cette loi
retombe sur la plupart de ces œuvres comme une sorte de
malédiction : on y sent le matérialisme de si loin qu'on les
aperçoit, et l'art chrétien s'est fourvoyé dès lors qu'il s'est
avisé de rapetisser l'Image d'après laquelle l'homme a été
créé.
8TAT. SCULPTÉE OU PEINTE. — COULEURS SYMBOLIQUES. 89
Les artistes, qui ne doivent pas ignorer des conditions du conienn à don-
nimbe aux différents âges dont ils traitent les travaux, ne >éion î» pêi^n-
peuvent négliger , par conséquent , de l'étudier dans les ô?'^rIppHq"e!"*
iconographies spéciales, telles que les manuscrits à minia-
tures, les vitraux et les sculptures de bois ou de pierre, qui
lie manquent pas dans nos vieux monuments. Ils n'oublie-
ront pas non plus quelle application l'on doit faire au nimbe
ou à l'auréole des couleurs symboliques, dont nous avons
traité aux douzième et treizième chapitres de notre première
partie. A quelques exceptions près , et assez rares , on voit
ce signe d'honneur se colorier, dans la plupart des pein-
tures, de la môme teinte que prend Tune des parties prin-
cipales du vêtement, et l'on reconnaît toujours, par cette
règle même, qu'une intention symbolique se rattache, par
le souvenir d'un attribut principal, au personnage dont on
s'occupe. Ce principe est aussi infaillible qu'il est simple, et
>ert beaucoup à faire reconnaître ce personnage dans
les scènes variées d'une légende. Nous aurons occasion
d'énoncer les couleurs diverses convenables aux nimbes,
(|uand nous parlerons en particulier des Saints auxquels on
devra les donner.
■
Après ce premier ornement de notre hagiographie, couieuw à don-
uous avons à parler des costumes exigés par la tradition et des saint*, selon
j ..... , , , leur caractère et
que doivent revêtir les nombreux personnages qui appar- leur hiérarchie,
tiennent à la hiérarchie catholique. Sur ce point encore,
nous renvoyons à ce qui est exposé, au treizième chapitre
du premier volume de cet ouvrage , pour Notre-Seigneur,
pour la Sainte Vierge et pour les martyrs. Le chapitre qui
précède celui-là établit les rapports entre le blanc et Dieu,
soit considéré comme Père, soit comme étant le Fils ou le
Saint-Esprit, ou enfin l'union des Trois, qu'on appelle la
Sainte Trinité ; toutes les autres couleurs y sont notées
avec leur spécialité, et rediront aux peintres comment
leurs pinceaux doivent habiller et nimber les anges, les
prophètes, les patriarches, les apôtres, les vierpes et les
90 HISTOIBË DU SYMBOLISME.
confesseurs. Observons d'ailleurs, pour simplifier ces
données, qu'on trouve un guide sûr pour le choix des cou-
leurs dans la règle adoptée par l'Église quant aux pare-
ments du prêtre ou de l'autel aux fôles de chaque Saint
particulier. C'est encore un principe dont nous avons
traité, en même temps que du sujet qui nous occupe, aux
endroits précités, en disant la signification et l'origine sym-
boliques de ces coalcurs.
rauxà*donnc?l"ut ^^^'^ d dutrcs attributs sont donnés à quelques Saints ; il
Saints; y cu a dc géttéraux, qui se rattachent à tous ceux du même
titre, et de spéciaux, qui ne s'appliquent jamais qu'à cer-
tains d'entre eux : c'est ainsi que la palme verte va aux
martjrs de l'un et de l'autre sexe, et même aux simples
confesseurs, parce que le Psalmiste a dit que le ju»tc fleu^
rirait comme le palmier {\)\ mais alors noas voudrions qu'on
ajoutât à cette branche de l'arbre la fleur, qui en ferait une
signification plus précise. Le lis convient aux vierges, le
phylactère aux prophètes, le livre ouvert ou fermé au Sauveur
et aux apôtres , fermé aux docteurs et aux abbés chargés,
comme eux, d'enseigner la doctrine; il en est de même des
abbesses, qui tiennent souvent le livre ou recueil de leurs
règles monastiques, surtout quand elfes sont fondatrices.
Au reste, ce symbole de la science n'exclut pas lé% autres
symboles qui caractérisent plus nettement telle ou telle
vocation. Les Apôtres seront donc distingués entre eux,
tout en portant d'une main le livre obligatoire, par le signe
spécial de leur martyre, qu'ils ont tous subi, signe qui les
dispense de la palme, laquelle, tout en trouvant place sans
inconvénient dans im grand tableau, deviendrait souvent
I
(1) aJuslus ut palmaflorebit,— sicut cedrus Libani multiplicabitur. m J
C/'^., xc[, 12.) — Ce serait aussi ime raiâou pour remplacer tiès-conve-
iiabicmeni aux Saints de cetle catégorie la palme par une branche
de cèdre: car, tous les attributs étant choisis pour les Saints d'après
rÉcrituie ou leurs légeudeà propres , rieu n empêche qu'ils puissent
bien c>'accompaguer «/uu objet qui les disting;ue aux regards de tous
«eux qui auraient Hvec eux quelque trait de ressemblance.
]
OTAT. SCULPTÉE OU PEINTE. — ATTRIBUTS DES SAINTS. 01
une sarcharge embarrassante dans une suite des douze per-
sonnages groupés, comme on les voit en maintes sculptures
monumentales. Ainsi encore le livre ne doit pas ôtre systé-
matiquement refusé aux simples solitaires, représentés, dans
leur ermitage, assis sur un rocher ; ils y méditent alors
les saintes Écritures, comme S. Jérôme, qni se retrouve là
avec son caractère d'érudition, comme la Sainte Vierge elle-
même, qu'on suppose, au moment de TAnnonciatton, avoir
été surprise dans la méditation du passage d'Isàïe relatif à
la famille de Jessé (\),
N'omettons pas, pour en finir sur ce livre attributif, de
faire observer qu'en certaines rencontres il peut éfre d'un
grand secours pour caractériser dans Ticonographie un
Saint peu connu et qui n'aurait pas d'attribut particulier.
Ainsi beaucoup d'évôques devenus les patrons d'églises
paroissiales n'ont qu'une légende assez obscure et dans
laquelle on ne trouve rien de spécial qui désigne leur image
à l'attention des fidèles. Comment la leur signaler? Outre
leur attribut général, donnons-leur un livre sur le plat
duquel se lise le titre d'un de leurs écrits. C'est ainsi qu'à
l'église de Saint-Fulgcnt, en Vendée, nous avons fait repré-
senter dans un vitrail du sanctuaire le Saint patron revêtu
de ses habits épiscopaux, et sur le livre qu'il porte de la main
droite on lit ces paroles : Fulgentu episcopi epistola ad Vie-
torem contra Fastidiosum , On ne peut s'y tromper, et là
tout sert à distinguer le Saint de tous ceux qui auraient eu
le mùme caractère que lui, et qui n'auraient eertuiueraent
pas écrit le même ouvrage.
Mais, outre l'attribut principal donné par Tiniagination à «uitm piu« »pé-
claux h chacun.
ces divers personnages, on leur doit encore l'attribut secon-
daire, pour les faire distinguer de tous les autres qui
auraient le même rang dans la hiérarchie sacrée. Il est rare
(1) « Egredieiar Virpo de radiée Jes^'ae, et flos de radiop pjua ascendet.»
(h., XI, 1.)
92 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
qu*on peigne S. Benoit sans le corbeau qu'il nourrissait, et
qu'il avait rendu obéissant (4); S. Antoine sans le pourceau
dont il guérissait les maladies; S^* Agnès sans Tagneau
dont elle porte le nom accommodatice ; S** Marguerite sans
la roue à dents aiguës qui fut l'instrument de son martyre,
et ainsi de mille autres. On ne peut se dispenser de con-
sulter sur tous ces détails les livres compétents écrits
jusqu'à ce jour depuis le commencement du dix-septième
siècle, où abondent les renseignements que nous ne pour-
rions introduire ici sans ajouter plusieurs volumes à cet
ouvrage. Qu'il nous suffise de citer les Vies des Saints de
Aibadeneira, les Annales archéologiques iehidronetson His-
toire de DieUy deux livres pleins de documents, mais auxquels
manquent toujours des tables analytiques, sans lesquelles
les meilleurs traités restent trop souvent inutiles ; le Guide
(1) Ce corbeau, dont parlent J. de Voragînedans sa Légende dorée et
S .Grégoire dans Ja Vie de S. BanoU, a maintenu ses droits dans les monas-
tères béuédictinsj où il est rare qu'il n'apparaisse pas dans l'avant-cour
sous le plumage d'un de ses semblables, apprivoisé par le Frère portier
dont il reçoit sa nourriture journalière. On pourrait y voir aussi uoe alla-
sion aux épreuves que le démon fit subir en maintes rencontres au saint
Patriarche de la vie solilaire en Occident^ car cet oiseau est l'image
symbolique du démon, comme on le voit dans tous les mystagogues, à
cause de sa couleur noire, de son amour de la chair corrompue, et de
son empressement, quand il trouve un cadavre, à lui percer les yeux
pour en dévorer la cervelle. Ainsi le démon aveugle l'âme, trouble l'intel-
ligence, et se délecte de la corruption qu'il y a mise. Ces deux raisons,
mais surtout la première, peuvent donc expliquer pourquoi les anciens
iconographes manquent rarement d'accompaguer S. Benoit de son cor-
beau. On y ajoute même volontiers une clochette brisée, en souvenir
de celle qui, servant à avertir le Saint de l'arrivée de son pain que lai
apportait dans son désert un moine du voisinage, fut un jour cassée
par le démon, qui ne cessait de le vexer.^ Pour ne rien oublier du cor-
beau, disons, avec tous les hagiographes, que S. Benoit en avait élevé
un devenu tellement docile à. ses ordres qu'un jour il lui fit emporter
bien loin, et en un lieu où personne n'en pourrait souffrir, un pain
empoisonné qu'on avait donué au S'iint dans une intention criminelle.
On sait que S. François d'Assise avait reçu le même privilège de faire
obéir les oiseaux, et les Bollandistes racontent un fait semblable dans
sa Vie , au 4 octobre , comme celui dont nous parlons , au 21 mars, —
Cf. fiucore le P. Cahier, Caractéristiques des Saints, t. !.
de rapa«tio]at.
STAT. 8CL'LPTÉ£ OL' FEIXT£. — NUDITÉ DES PIEDS. 93
fie Im peinture du moine Théophile, dont nous avons souvent
parié ; le Bulletin monumental, que nous avons doté d*une
ample table pour ses vingt premiers volumes, et enfin les
Caractéristiques des Saints^ venus en dernier lieu, où le
savant P. Gabier a résumé toute la question en deux
volumes in-4% et donné en cela une heureuse suite au texte
si plein d'érudition qui élucida les vitraux de Bourges, des-
sinés par son habile et regrettable collaborateur le P. Martin .
Ce n'est pas que, dans tous ces livres , on puisse approuver
sans restriction la méthode de procéder, l'exactitude doctri-
nale et la sûreté des vues;mais on suppléera par eux à beau-
coup d'incertitudes, et la lumière se fera sur quelques-unes
de leurs obscurités par les controverses qu'amènera tôt ou
tard l'analyse de leurs opinions.
La nudité des pieds est encore un objet de grande impor- ob»ervation «or
,,..., ^ j A' • la nudité de» pied«»
tance que lartiste s enbrcera de pratiquer pour ses images comme >ymboie
avec une scrupuleuse observance des principes convenus.
Tous les archéologues tombent d'accord sur la différence à
établir, quant à la chaussure, entre les personnages sacrés
qui doivent la prendre ou s'en abstenir. Il ne s'agit pas ici
de se conformer à l'histoire évangélique ou ecclésiastique,
en dépit de Fabbé Pascal, qui murmure sans le comprendre
contre un usage immémorial dont l'origine est toute dans
une pensée symbolique (4 ) : nous parlons simplement d'une
règle adoptée il y a seize cents ans, et contre laquelle il n'est
plu&temps de prescrire. Cette règle veut que les pieds nus
soient toujours donnés à Notre-Seigneur, à S. Jean-Baptiste,
(1) Cf. l'abbé Pascal^ Institvtwns de l'art chrétien, \ , 95, ch. vin. —
C'est on parli pris cbez cet auteur, qui se serait moins égaré avec an
pea plus de jugement, de ne s'attacher qu'au nalaralisme dans les ques-
tions de ce genre. ]1 est donc souvent un très-mauvais guide, dont il
fant se méfier, et qui Jetterait en beaucoup d'erreurs les peintres, aux-
quels on ne peut trop recommander de choisir d'autres conseillers. Ses
institutions ont été sévèrement et justement critiquées dans une suite
d'articles doa à la plume exercée de Dom Renon, et qu'on peut lire aux
tomes n et III de la Revue dé Vart chrétien.
i)4
HISTOIRE Dt SYMBOLISME.
aux Anges, aux Apôtres, en vertu de ce texte d'Isale : « Qu'ils
sont beaux les pieds de ceux qui annoncent le bien, qui
prêchent la paix (^) ! » On voit souvent, dans les images des
catacombes, le Sauveur chaussé de sandales attachées par
des bandelettes ; mais en cela il représente tantôt Daniel,
tantôt Orphée ou Apollon, et rien de plus naturel que de leur
donner le costume des anciens Grecs, qui se complétait
ainsi. Ces pieds, d'ailleurs, restaient assez visibles pour ne
pas trop contrarier le sens du Prophète; mais, h&tons-nous
de le dire, ce sens, on n'y songeait pas encore ; ce ne fut
qu'au quatrième siècle qu'on s'attacha à symboliser ainsi
les pieds du Sauveur, d'après S. Méliton, qui appliqua Tun
des premiers aux prédicateurs apostoliques la prophétie du
fils d'Amos (2). Les commentateurs de ce premier écrivain
n'ont pas manqué, lesquels confirment tous, par de longues
et nombreuses dissertations, la pensée mise par eux en
honneur, de sorte que tout l'art du moyen &gc en est
devenu tributaire, et qu'à ses meilleures époques on se
serait bien gardé d'y contrevenir. On comprend qu'une
fois donnée à Jésus-Christ , cette attribution dut passer à
ceux qui eurent à remplir, comme Lui, la même mission
pour le salut des hommes. Les Anges ne sont-ils pas propre-
ment des envoyés ( &yriAoi , àynxkv) ? le Précurseur ne
vient-il pas prévenir d'une nouvelle qui apportera la paix
aux rivages du Jourdain? les Apôtres n'ont-ils pas reçu un
ministère de prédication? Les pieds nus, insignes de toutes
ces œuvres, doivent donc symboliser les Disciples aussi
bien que le Maître, à l'exclusion de tout autre. Il n'y a
qu'une double exception dans tout l'ancien Testament :
les pieds nus y sont donnés au prophète Isaïe et à Moïse
parce que celui-ci avait reçu ordre de se déchausser pour
(i) (f Quain pulchri super montes pedes axmuntiantis et preedicanUd
pacem, anDuntiantis bonum, prœdicantis salutem ! » (Is., lu, 7.)
(2) Cf. S. Melitoiiis Clavis, t. U, p. lxtii^ 42, 35 et 262 : cela est plein
de textes des Pèreâ el des interprètes.
STATUAIRE SCULPTÉE OU PBiNTË. — LES SIBYLLKS. Or»
monter sur FOreb, où Dieu lui apparul dans le buisson
ardent, et que celui-là parcourut pieds nus et dépouillé de
SCS vêtements les rues de Jérusalem pour prophétiser plus
sensiblement la captivité dont le peuple était menacé. On
voit que cette particularité retrace un fait de la vie de ces
^i-ands hommes, qui, d'ailleurs, ont toujours des attributs
spéciaux très-capables d'empêcher qu'on ne les confonde
a\ ec tout auti^e qu'eux.
On voit quelle faute ont commise beaucoup de peintres
et de sculpteurs soit en chaussant les images à qui les
règles symboliques refusent une chaussure, soit en la refu-
sant à celles qui doivent l'avoir. Des artistes habiles , si on
les considère au point de vue de la composition et de l'exé-
cution , se sont égarés jusqu'à donner des pieds nus à la
Sainte Vierge et des souliers aux Apôtres : c'est ainsi qu'on
en voit dans des toiles modernes, et eu des verrières aussi
mal conçues que pauvrement exécutées. Ces égarements
sont impardonnables, et prouvent combien il faut étudier
2)érieusement les sujets qu'on s'avise de traiter, et les envi-
sager sous leur aspect symbolique, non moins important
que celui de la liturgie et de l'histoire. Sous tant de rap-
ports, on n'aura jamais rien de mieux à consulter que les
miniatures, les fresques ou peintures murales, et les vitraux
des treizième, quatorzième et quinzième siècles.
Avant de terminer sur ce qui regarde les attributs, nous l-» tibyii^;
ne pouvons oublier ceux que revendiquent les sibylles, et
nous devons dire tout d'abord ce que furent ces femmes
illustres, dont les noms se retrouvent si souvent dans les
écrivains des deux périodes extrêmes du Christianisme.
Quoiqu'on en ait beaucoup disserté, on n'a que de vagues Jj J®"1^ «utoritë
indications sur leur origine, sur leur nombre et sur leur ni»nie.
rôle dans l'antiquité. On s'accorde à croire néanmoins
qu'elles remontent aux premiers âges du paganisme ; que
certaines mèm3 lui seraient antérieures , ayant vécu du
temps des Patriarches ; qu'elles furent des prophétesses
^6 IIISTOXliË Dl SVMBOLISMK.
célèbres, et que , sans trop savoir à quelles époques diffé-
rentes, elles mêlèrent à leurs oracles, plus ou moins vrais,
des vérités qui firent présager le Christianisme par des
traits évidemment relatifs à la personne du Sauveur. C*est
de ces prophéties chrétiennes, assez croyables à qui se rap-
pelle celles du faux prophète Balaam, que s'emparèrent
pour leur exégèse certains Pères des quatre premiers siècles
de TËglise. Us en devaient sans doute la connaissance aux
écrits de Varron, d'Élien, de Solin, d'Ausone et de beau-
coup d*autres, et sans doute aussi à des traditions que ces
auteurs conservaient sans y attacher la même importance.
N'omettons pas d'ailleurs que l'historien Josèphe, qui don-
nait, à la fin du premier siècle, ses Antiquités judaïques^
cite (4 ) des vers de la Sibylle (qu'il ne nomme pas) ; il les
accepte comme une vieille tradition généralement répan-
due sur la construction de la tour de Babel et la confusion
des langues. Cette autorité prouverait très-bien, contre
Voltaire, son copiste Jaucourt, et d'autres oracles de VEn-
cyclopédie voltairienne, que ce ne sont pas les chrétiens du
onzième siècle qui s'amusèrent à inventer les sibylles pour
Comment lef le besoiu dc leur polémique (2). Quoi de plus raisonnable
(1) Liv. I, ch.iv, édil. Buchon, in-8», 1858.
(2) Voir Encyclopédie de Diderot, in-4», t. XXXI, v« sibylle.— Nous
De pouvons négliger de signaler à ce propos une intéressante preuve
de la droiture de ces fameux encyclopédistes. Ils avaient accaparé
dans l'abbé Bergier un excellent prêtre , homme de bonne foi, qui se
laissa persuader qu'en leur donnant les articles de théologie caUiolique
pour leur coupaîile compilation il y prendrait toute la place que n'oc-
cuperaient pas du moins leurs impiétés systématiques. On peut voir
comme il s'était trompé, en observant que les articles les plus saillants^
tels que celui des sibylles, étaient élagués de son travail et écrits à part
de la main des adeptes les plus éprouvés. On peut comparer ainsi ce
que Bergier a dit sur ce sujet dans son Uiciionnaire de théologie (qui
n*est guère que la reproduction de ses trois volumes de Y Encyclopédie
méthodique), à l'article qu'en a fait le chevalier de Jaucourt. Il n'en *
fut pas autrement du mot magie, que nous avons vu reproduit na-
guère, et mot à mot, dans un prétendu journal littéraire, sous la
signature d'un rédacteur qui s'attendait peu à être pris sur le fait. Et
voilà comment la secte dite philosophiqtte ménageait depuis cent ans
STATUAIRE SCULPTÉE Ot PIÎLNTE.— LES SIBYLLES. 97
aux chrétiens que d'invoquer en faveur de leur religion des p*^ «a» •<ïop*<
témoignages également admis par les Juifs et par les païens,
et dont le texte était en partie conservé à Rome sous la
garde môme du Sénat ? Aussi les Pères n'hésitèrent pas à
les citer dans leurs controverses. Historiens, comme Sozo-
mène et Eusèbe ; apologistes, comme S. Justin, Athénagore
et autres, ne s'en firent faute. Lactance et S. Jérôme parlent
de leurs vers prophétiques. Ce dernier attribue la grâce
qu'elles reçurent d'annoncer l'avenir clirétien à leur amour
de la virginité, qu'elles gardaient religieusement. D'autres,
avec ces graves auteurs, durent admirer comme, si long-
temps avant le Sauveur du monde, s'étaient divulguées sur
sa venue des révélations aussi précises. S. Augustin cite,
comme de l'une des sibylles, cette phrase bien connue dont
le premier mot commence par une initiale qui, réunie aux
suivantes, forme les mots grecs signifiant : Jésus-Christ^ Fils
de Dieu, Sauveur (I j. Et s'il est vrai, comme il le paraît, que
à la France et au monde leâ effroyables catastrophes qui la précipitent
encore sous la hache de ses bourreaux. — On peut lire avec plus de fruit
sur cette question le travail de MM. Jourdain et Duvai : Les Sibylles
de la valhédrale d^Amims, iu-^», 1846 ;— la Visse/ talion du P. Grasset,
in-12^ Paris^ 1684, où le docte jésuite prouve très-bien contre les protes-
tante la réalité de cette tradition; — un Mémoire de M. Tabbé Barraud
dans le BulUlin du Comilé des arts et monuments, U W, p. 443,Paris^
1846 ;- Noël Alexandre, Disserlalion xxri^dans son Hiil. ecclés., sect i;
— Le Guide de la peinture, par Didron et Durant, p. 152 et suiv., in-S*»,
Paris, 1 845 ;~ plusieurs articles dans les tomes 111, IV et XI de la Revue
de Varl chrétien; — et, pour le côlé mythologique , outre le Diction-
naire de la fable de Chompré ou de Noél, le mot sidylles, dans la
partie mythologique de la Biographie universelle de Micbaud^ due aux
javanteâ recherches de M. Parisot^ que nous avons cité maintes fois
dans ce livre.
(1) Voir ce que nous avons dit sur le mot Ijfidi, ci-dessus, 1. 11,
p. 18. — Ajoutons-y la phrase consacrée dans la langue grecque , aâu
de rendre ici très-sensible la traduction qu'il en faut faire :
*li}ocS; Xpi<rro; , 0so5 Tto'c , Zwnip.
Jttui ChrMui, de Dieu Filit Sauveur,
Jésm-Christ, Fllt de Dl«ii| BauT«ar.
On voit qu'en réunissant toutes les majuscules de chaque mot on
reproduit le mot 1X612 [ictm), que les chrétiens avaient pris comme
signe de reconnaissance.
T. IV. 7
§8 HISTOIBE DU SYMBOLISME.
la théologie sibylline se trouvait d'accord avec la nôtre sur
des points essentiels, tels que le monothéisme, les attributs
divins, la Trinité , l'immortalité de l'âme, et le mépris des
idoles, comment les prédicateurs de la Vérité évangélique
ne s'en seraient-ils pas fait autant d'arguments contre le
polythéisme, l'idolâtrie et les autres erreurs toujours si net-
tement réfutées par des raisons dont leurs adversaires ne
doutaient pas ?
Leur r6ie ar- Aussi voyous-nous CCS témoius si appréciés, et cités si
Linps\niem)mpu. fréquemment par les controversistes ecclésiastiques, dispa-
raître du champ de bataille aussitôt que d'autres erreurs
exigent des armes d'une autre forme. On oublia donc les
sibylles , dont nous ne voyons pas que les Pères aient plus
parlé, jusqu'à ce que l'érudition plus chercheuse, mais
surtout l'art devenu plus riche et plus abondant du trei-
zième siècle, les ramenèrent ù leur rôle primitif. Elles s'y
maintinrent jusqu'à la fin du seizième, le retour aux
études de l'antiquité les ayant vulgarisées d'autant plus ;
alors on les retrouve soit dans les grandes églises, comme
aux cathédrales d'Auxerre , d'Amiens et d'Auch, où elles
colorièrent les murailles ou les vitraux, soit dans les appar-
tements luxueux des demeures féodales, comme au château
de Ghitry,en Nivernais; quelquefois môme elles furent
sculptées sur la pierre : on les voit ainsi au portail de
Saint-Pierre de Dreux (4).
Yariantes def Lc uombrc dcs sibvlles varie beaucoup dans les auteurs:
nômb^.e^rarie Ics uus u'cu compteutquc trois, d'autrcs huit, ceux-ci dix,
ph^cï ^^^^' ceux-là douze, et c'est ce dernier chiffre qu'adoptaient géné-
ralement les exégètes catholiques, se fondant sur une série
d'autant de prophéties dont chacune est attribuée à l'une
d'elles. Ces oracles sont en vei*s hexamètres latins, mais ne
sont ainsi qu'une traduction du grec, qui parait avoir été
(i) Voir BuUei, monum,, XVI, 186 et suiv.;— Histoire monumenlaU
de Itrevw, par M. Emm. Paty, in-S»^ Caen^ 1850.
r
lettrhiiloire.
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE. — LES SIBYLLES. 99
la langue originelle sinon de toutes^ au moins de la plupart ;
car les sibylles semblent être de contrées fort diverses, ou
en avoir parcouru beaucoup pour y répandre leur ensei-
gnement. Cependant, à quelle époque faudrait-il attribuer
cette version exclusivement usitée chez nous ? elle nous
semble -de la basse latinité, qui coïncide précisément avec
l'efOorescence de notre littérature chrétienne et le pre-
mier âge des controverses où les sibylles commencèrent à
figurer.
Les auteurs qui en parlent se plaisent à des détails très- ^ otfWBtKi de
circoustanciés sur leurs noms propres, même sur ceux de
leur famille, sur leurs pays d'origine et sur les particula-
rités qui se rattachent à leurs prédictions. On se persuader
rait d'autant plus de l'existence de toutes, si de telles parti-
cularités ne semblaient pas obscurcies quelquefois par une
certaine confusion qui autoriserait à s'en méfier ; et toute-
fois, de ces incertitudes mêmes, qui peuvent n'être impu-
tables qu'à certaines fautes de critique, toujours possibles à
travers tant d'années et sous tant de plumes qui nous ont
transmis ces biographies, il faut conclure peut-être à une
certaine authenticité des circonstances essentielles. Avec le
texte même de leurs prophéties, on fait l'âge de quelques-
unes d'entre elles, on cite le lieu oii chacune fut plus
célèbre, et ce lieu lui devient une épithète qui la distingue
des autres. Les variantes des auteurs sur ce qui les regarde
ne doivent donc pas plus nous étonner qu'elles ne devaient
infirmer la confiance de nos pères. Quoi d'étonnant dans ce
vague à l'égard de personnes si diverses par les souvenirs
qu'elles consacrent, et dont les écrits n'ont pu être recueillis
qu'en fragments très-informes, à des époques réciproque-^
ment éloignées, et par des mains qu'il est impossible de
constater (1) ? n le serait bien plus qu'au fond de toutes
(ij Voir Servatii Gallœi Oracula sibyllina, 2 vol. in4o , Amstelod.,
!«8S. • • >
100 HtftTUiaE DU SYMBOLISME.
ces affirmations il n'y eût rien de vrai , quand des hommes
d'études sérieuses, comme les Pères cités plus haut, n*ont
coBjeeturM sur pas liésité à Ic reconnaître. Nous regardons comme très-
orMiet. prol)able que ces femmes célèbres, dont plusieurs, nous
l'avons dit, remontent bien loin vers les premiers âges du
monde, ont connu les idées religieuses des peuples primitifs,
avant que n'y fussent obscurcies les promesses divines sur la
Rédemption; que certaines d'entre elles ont pu être aussi
chrétiennes qu'on pouvait l'être alors.
•ibIKÎ'dîîrrîrt L'essentiel est donc de les distinguer assez bien , quand
chrétien. OU vcut cu uscr daus la décoration monumentale, pour
que chacune ait réellement son rôle à part, et ne puisse être
confondue avec aucune autre par l'emploi des mômes
attributs donnés à plusieurs. Ainsi, et puisqu'elles nous
viennent des meilleurs temps de Texégèse biblique , nous
n'aurons garde de les mépriser, mais nous apporterons
à les représenter toute l'exactitude possible, leur accordant
Comment leor d'clles-mémes toutccqu'ellcsdoiventavoir, Ics mèlaut tautùt
r cêûe dM^î^i!^ aux apôtres et aux prophètes, tantôt aux patriarches dont le
f 08^ rLu^liiu. nombre coïncide avec le leur, ne craignan t pas môme de leur
associer, à l'occasion, Virgile, Aristote, Platon, dont la doc-
trine philosophique fut autrefois une émanation providen-
tielle des saintes Doctrines , que le paganisme n'avait pas
entièrementétouffées. Ce n'est pasqu'elles ne puissent s'isoler
de cette association, que rien ne rend indispensable; mais on
comprend combien leur présence et leur caractère se forti-
fient de cette union ou de ce parallélisme toujours pleins d'es-
thétique et d'histoire. L'art devant chercher toujours à dire
le plus qu'il peut pour l'instruction des âmes, il doit aussi
reculer jusqu'aux limites possibles le sens et l'expression
de ses manifestations religieuses. C'est pourquoi nos artistes
n'y ont pas manqué lorsqu'ils ont pu disposer d'un espace
favorable à ce développement, qui peut mettre en regard
des ressources multiples d'un si grand profit pour l'intelli-
gence. Que si toutefois le sculpteur ou le peintre se trouve
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE.— LES SIBTLLKS. ^01
restreint par les surfaces dont il dispose , et qu'il ne puisse
placer qu*un petit nombre de ces personnages, encore
faut-il leur donner les signes de convention qui convien-
dront le mieux au choix réfléchi qu*on en aura su faire.
Faisons donc connaissance avec nos sibvlles, et vovons com-
ment on devra les traiter.
Comme elles n'ont pas entre elles de place nécessaire- Méthode à ni-
ment assignée par leur antériorité mutuelle, qui est fort pioi «rtittiqQe.
incertaine, non plus que par Timportance de leurs prédic-
tions, citons-les par leurs noms authentiques, pris ordinai-
rement du lieu de leur origine, de leur habitation, ou de
leurs voyages, pour revenir ensuite à la place normale que
les unes ou les autres peuvent sembler préférer dans leur
rapport avec leurs prophéties. Nous allons suivre Tordre
alphabétique dans cette énumération des noms que la tra-
dition leur a donnés.
4^ La sibylle agrippa ou agrippdïe. Elle ne laisse voir votiez inrch*-
. 1 ^ • • ^'ui^ d*6lles et sur
aucune cause à ce nom, assez peu connu des auteurs origi- lenn attribatt :
naux. Elle avait 45 ans, d'autres disent 30, quand elle com- Agrippin* ;****'"*
mença à prophétiser. Elle aurait parlé de TAnnonciation à
Marie par Tange Gabriel ; c'est elle peut-être qu'on voit à
Dreux, sans autre attribut qu'un long phylactère déroulé
sur ses genoux , et qu'elle indique du doigt. Cette bande-
role pouvait porter les mots Ave Maria ^ ou Ecce coneipieit.
On voit donc qu'elle irait bien avec Malachie, qui annonça
l'Incarnation en des termes identiques : Quem vos vultis^
ecce venu (in, 4), ou avec Abraham, qui reçut la promesse
du Rédempteur [Gen,^ xvni, 48). Un Hs ne la déparerait pas
non plus et ne lui conviendrait pas moins qu'à l'Archange
de l'Annonciation .
2'' La CYMMÉRIENNE Semble avoir eu pour séjour ou pour 2* u cymm^
patrie la ville de Cymme, en Éolide, ce qui Ta fait nommer *'""*'
Cumane et prendre souvent pour celle de Cumes,en Latium.
Ayant prédit le crucifiement et l'allaitement de l'Enfant-
Dieu par Marie, elle porte une croix de la main droite , de
402 HISTOIRE DU SYMBOLISMK.
Tautre un biberon , pris par certains interprètes pour une
corne d'abondance : l'un et Tautre exprimeraient l'idée
de la nourriture comme besoin matériel. On la voit aussi
parfois couronnée de fleurs et portant une tige verdoyante:
ce seraient sans doute les symboles de la régénération uni-
verselle. Rien en cela qui ne contribue à embellir son
image. On pourrait l'associer à Jérémie, qui a parlé du joug
du Seigneur : Bonum est viro cum por t averti jugum (Thren.,
Hi, 27), et à Isaac, qui porta jusque sur la montagne le
bois de son sacrifice : Ligna holocausti imposuit super Isaac
(Gen., xxn, 6).
«• u omn^enoe ; . 3° La GUMÉENNE, qui, par SOU nom même, a été quelquefois
confondue, chez les auteurs, avec la précédente, en diffère
cependant par son caractère autant que par sa célébrité
C'est d'elle que parle Virgile dans sa quatrième églogue :
Ultima Cumoei venit jam carminis œtas ;
Jam redit et Virgo, redeunt SaturDia rcgna;
Jam Nova Progenies cœlo deinitlilur alto.
Le poète semble reproduire ici, sous l'harmonie de ses
beaux vers , les vers sibyllins qu'il n'avait pas manqué
d'étudier, et il est certain que ces termes mêmes semblent
on ne peut mieux appropriés au grand événement qui ,
plus qu'aucun autre sans contredit, immortalisa le règne
d'Auguste. Retirée dans une grotte près la ville de Gumes,
ce qui l'a fait nommer quelquefois Italique^ elle y rendait
ses oracles, dont le même poète a profité pour un des beaux
passages de son Enéide (^), et c'est à elle plutôt qu'à la pré-
cédente qu'il faut atti'ibuer la vente faite à Tarquin des
livres mystérieux qui renfermaient les destinées à venir
de Rome naissante. Elle n'aurait eu que treize ans quand
elle annonça, près de huit siècles d'avance, Tavénement du
Sauveur: c'est poui'quoi on lui fait tenir un petit enfant
(1) Lib. VI, V. T7 et seq.
STATCAmE SCULPTÉE OC PEINTE.— LES SIBYLLES. 403
dans son berceau. Michée avait promis la naissance , à
Bethléem, de cet Enfant qui devait régner sur le monde :
Beihleem...^ exte egredietut Dominator in Israël (v, 2). Cet
Enfent descendait de Jacob , à qui Dieu i*annonça comme
devant bénir toutes les nations : Benedieenlur in te cunctx
tribus terrx (Gen., xxvni, 44). Donnons donc pour asses-
seurs à la sibylle de Gumes ces deux grands hommes dont
elle semble avoir répété les prédictions.
4« La DELPHiQUE, née à Delphes, avant la guerre de Troie, *• ï* !>•>?"•
et que la Fable a entourée de nombreux prestiges et de faits
très-équivoques, a vu d'avance le Pils de Dieu portant la
couronne d*épines : on la lui met entre les mains. Pour-
quoi ne placerait-on pas auprès d'elle le bélier embarrassé
dans le buisson d'où Abraham le retira pour l'immoler à la
place de son flls (6en., xxu, 43), et que les Pères ont
regardé comme le type du Sauveur couronné d'épines
avant son immolation ? Et comme, parmi les Patriarches,
nul n'a de plus parfaite ressemblance avec Noire-Seigneur
que Joseph, dont les tribulations furent une véritable cou-
ronne d'épines (4), on en ferait le parallèle de la sibylle
Delphique : n'avait-il pas cherché ses frères^ comme le Sau-
veur, dans le désert de Dothaïm (Gen., xxvn, 46) ?
5« L'ÉRYTHRÉENNE résidait en lonie, dans la ville d'Éry- sTÉrythrfenneî
thrès. Les anciens, qui tenaient d'elle une prédiction de la
prise de Troie par les Grecs, la reconnaissaient à sa couroime
de laurier et à sa main armée d'un glaive. Mais il paraî-
trait qu'on lui devait aussi des oracles plus pacifiques. Elle
a parlé des Anges annonçant le Pils de Dieu aux bergers :
nous lui donnerions donc très-bien pour compagnon sym-
bolique le prophète Daniel, à qui l'ange Gabriel avait sup-
puté d'avance les 70 semaines d'années qui séparaient
encore sou temps du Christ à venir (Dan., ix, 24). Dans ce
(l) « Adœ vero. dixit (Dominas) : Terra... spinas et iribulos gcrmi-
nabit Ubi. o [Gen., m, 18.)
404 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
dernier rôle , on lui donne une fleur des champs , gracieux
symbole de cette scène champêtre. En quelques images ^
cette fleur se cliange en une rose blanche épanouie, sym-
bole de la Virginité Maternelle, accompagnée d'un bouton
de cette même rose, qui signifie Tlncamation. Tout cela
rentre bien dans son rôle. Son phylactère pourrait déve-
lopper le texte angélique : Gloria in excelsis Dec ! Nous ne
répugnerions pas même à lui donner à la fois tous ses
attributs anciens et nouveaux : ils indiqueraient bien
qu'au milieu même du paganisme la loi du Christ se main-
tenait toujours avec ses droits sur le monde futur.
eTBuropëennf; %• Majs le glaivc Conviendrait aussi bien à Teuropéenne
(Europa), qui, à l'âge de 45 ans selon le peintre d'Auxerrc,
de 2\ d'après celui de Beauvais, prédisait le massacre des
Innocents par Hérodc , et la fuite en Egypte qui en fut la
conséquence. Ce serait une raison de plus pour le lui
donner de préférence à la précédente, puisque, pour
l'Européenne, cette arme trouve un caractère sacré dans le
fait évangélique. Nous placerions en face ou à côté d'elle,
et aux mains du prophète Osée, ce texte qui a parlé 800 ans
d'avance de la fuite de la Sainte Famille en Egypte: Ex
Egypto vocavi Filium meum (xi, \). Ajoutons que ce qu'on
dit sur la sibylle en dehors de ces détails historiques semble
assez peu clair. Son nom même. Européenne^ indiquait-il
celui du pays qu'elle aurait parcouru, comme les lies de la
mer Égéew de l'Europe gréco-italique ? Nous accepterions
plus volontiers cette dernière conjecture. Elle semble pour-
tant avoir moins de célébrité que les autres; l'important
est que son rôle la fasse très-convenablement admettre
dans notre imagerie.
7- i'Heiie»pon- 7« L'hellespontine dit asscz SOU origine par cette appel-
lation. Elle reste encore plus obscure que celle d'Europe :
c'est très-vaguement qu'on la recule jusqu'aux temps de
Cyrus et de Solon, dont il paraît que ses vers ont parlé.
Nous nous intéresserons plus à ce qu'elle a dit du cruci-
ttne
STATLAIRE SCULPTÉE OU PEINTE. — LES SIBYLLES. 405
fiement du Sauveur et des clous dont il fut percé : aussi
tient-elle d*une main une croix de crucifixion, et de Vautre
les clous, qu'il faut porter au nombre de quatre, comme
nous le dirons ; adjoignons-lui le roi-prophète qui a prévu
si clairement ces mêmes circonstances : Foderuni manus
meas et pedes meos (Ps. , xxi y il).
8« Portant une lanterne allumée dont la faible lueur
exprime ce qu'avait encore de vague dans le lointain des
âges le Mystère qu'elle prédisait ; ou bien un cierge au
vif éclat, symbolisant Taccomplissement de sa prophétie, la
LiBTQUfi expose que la Lumière du monde viendra éclairer la
terre. Si elle est , comme on le prétend , une des plus an-
ciennes de rOrient, elle aurait pu trouver dans ses croyances
un écho de l'ère patriarcale qui vivait de l'attente du Ré-
dempteur. On aimerait pour elle le voisinage de S. Jean-
Baptiste, le dernier des Prophètes de la Loi ancienne, dont
un autre S. Jean a dit « qu'il était venu rendre témoignage
à la Lumière : » Venit ut te^timonium perhiberet de Lumine
(Joan., I, 7).
9"^ La PERSiQUE. Encore des plus anciennes , la plus an-
cienne de toutes peut-être , car si Ton s'en rapporte à ses
propres vers , elle ne serait ni plus ni moins qu'une bru
de Noé ; mais alors que deviendrait cette virginité qui fait
un de leurs plus beaux prestiges ? Cette parenté , du moins
à un tel degré, n'est certainement pourvue d'aucun timbre
bien authentique. Ce qui serait plus embarrassant , c'est
que certains artistes lui accordent la lanterne et la lumière
voilée que porte sa sœur de Libye. Si cet attribut lui est
donné en souvenir d'une prophétie identique sur la venue
future du Christ, il n'en faut pas moins la distinguer
contre tout risque de confusion , et nous donnerions seu-
lement à celle-ci le soleil que d'autres ont fait briller au-
dessus de sa tête. Dès lors , le grand-prêtre Zacharie de-
viendrait son parallèle : c'est lui qui a chanté à la naissance
du Sauveur : Orient er alto (Luc, i, 78}; — ou bien le petit
8* U Llbyqu*;
ft" la Peralqae;
406
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
fieoae;
B«
Prophète du même nom , qai avait dit : Addueam senmm
meum Orientem (Zacli., m, 9}.
Pbnr- W La PHRYGIENNE habitait Ancyre et prédit la Résurrec-
tion. C'est tout ce qu'on en sait. Gela suffit pour qu'on lui
donne comme attribut une croix légère ornée d'un éten-
dard au fond rouge , traversé d'une croix d'or. Le prophète
Jonas, délivré du poisson qui l'avait englouti et rejeté
plein de vie sur le rivage , est le type du Sauveur ressus-
cité. Ce serait donc lui qu'on adjoindrait à la sibylle de
Phrygie , et il dirait : SublevabU de corruptione vUam meam
(Jon., u , 7) ; — ou bien ce serait Job , autre type reconnu
par les interprètes , et exprimant, dans les espérances de sa
propre résurrection, celle du Dieu sorti du tombeau le troi-
sième jour : Redemptor meus vivit.,. De terra surrecturus
sum (xix , 25).
Il- te 8«mieB. ^o* Au tcmps d'Isaïc, qu'elle pouvait bien connaître au
moins par ses prophéties , vivait la sibylle de Samos. En
prédisant la naissance de Jésus , elle mentionne la crèche
et les animaux dont le souffle devait le réchauffer ; on
trouve même dans ses vers les circonstances de la Passion
et le Jugement dernier. Par cette dernière raison, on la re-
présente avec le glaive des vengeances divines ou avec un
faisceau de verges à la main ; puis on la couronne d'épines ;
on lui fait tenir le roseau dérisoire dont les bourreaux firent
un instant le sceptre du Fils de Dieu. Enfin , on lui fait
porter sur le bras gauche un débris de la crèche de Beth-
léem, qui se compose de deux ou trois petits barreaux
arrondis , unis par deux montants, comme serait un petit
râtelier. De tant d'attributs , un seul doit suffire à carac-
tériser notre sibylle. On évitera donc ceux qui , comme
la couronne d'épines qui lui est commune avec la Del-
phiquc , et le glaive avec l'Érythréenne, pourraient la faire
confondre avec elles , ou du moins embarrasser dans leur
interprétation. Ainsi, on ferait allusion à la crèche en oppo-
sant à la Samienne l'ange envoyé aux bergers pour leur
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE. — » LES SIBYLLES. 407
annoncer q[u'ils trouveraient FEnfant couché dans Tétable :
Invenieiis positum in prœsepio (Luc, ii, 42). Ce qu'elle a dit
du jugement universel nous fait croire que Malabranca
Tavait en vue quand il citait dans sa magnifique Prose des
morts « le témoignage de David et celui de la Sibylle : » Teste
David eum 5%//a.— David /en effet, avait dit : Judieabit
orbem terrx in xquitate^ et populos in justifia (Ps., ix, 49).
Rapprocher de kii la devineresse des nations , qui pouvait
très-bien, à une distance de quatre siècles, s*être inspirée de
ses prophéties ; marcher ainsi avec les Pères dans la voie
qu'ils n'avaient pas dédaignée , avait paru au pieux et éner-
gique auteur une preuve que les vérités primordiales
n'étaient pas ravies aux peuples païens et leur parlaient tou-
jours des justices divines. Eh bien ! ces principes d'exégèse
s'étaient tellement oblitérés pour nos théologiens galli-
cans, qu'ils ne craignirent pas d'effacer la Sibylle, et
même le vrai Prophète du Dies irœ ; et les éditeurs du
nouveau Bréviaire de Paris osèrent les premiers , dans leur
édition de 4735, remplacer cette phrase pleine de signi-
fication par les mois Crucis expandens vcxilla , qui n'en
ont ni la couleur ni l'effet. De telles réformes n'étaient pas
heureuses! — On pourrait très-bien restaurer le souvenir
de cette double prophétie en rémiissant le Psalmiste et la
Sibylle , dont l'un redirait son avertissement biblique, et
l'autre la phrase trop dédaignée de Malabranca (4).
(1) En nous efforçant de tracer, pour le besoin d*ane ornementation
artistique, le parallélisme à établir entre chaque sibylle et un prophète
biblique dentelle est comme l'écho providentiel, nous ne prétendons
pas imposer nos idées, mais seulement indiquer des rapports qu'on
pourrait étendre ou restreindre, ou modifier même selon qu'on aurait
à mentionner un plus ou moins grand nombre de sibylles. L'impor-
tant, en les associant soit aux Patriarches, soit aux Prophètes, soit aux
Apôtres, est de leur trouver un parallèle dont la justesse soit incontes-
table , et reproduise dans l'esthétique sacrée le résultat qu'on y doit
chercher. Ainsi, David va parfaitement avec la sibylle de Samos quand
il s'agit, de représenter celle-ci en prophétesse du Jugement. Nous avons
vn cependant qu'il ne s'accorde pas moins bien avec d'autres qui ont
408
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
12*
iina.
U Tibur-
L«« «lbjUe«
doirent rerirre
daiM rieono^ni^
phie ohrtfUenae.
42o Enfin , la sibylle de Tivoli, ou tiburtine, habitait une
grotte près de TAnio, et de là elle vît dans l'avenir la fla-
gellation du Sauveur et les cruautés des Juifs pendant la
nuit de sa Passion. Elle tient donc un fouet de cordes d'une
main , et de l'autre un gant de chair qui rappelle les
soufflets de la soldatesque. Avec ce fouet , on la distingue
de la Samienne^ qui prévit aussi les scènes de la Passion, et à
qui nous avons vu confier un faisceau de verges. Maïs nous
pensons que ce rapprochement pourrait encore cependant
produire quelque erreur qu'il faut éviter avec soin dans
l'iconographie , et que le gant couleur de chair lui suffi-
rait. Quant au texte à lui choisir, 'il est très-explicite dans
Isaïe : Dedi percutientibus gênas meas (l, 6). Le Prophète
le redirait vis-à-vis ou à côté d'elle.
Telles sont les données générales que la tradition catho-
lique semble autoriser sur les sibylles: charmant et fertile
enseignement pour le vulgaire, à qui de telles notions sont
demeurées depuis longtemps trop étrangères; souvenir
touchant pour les doctes , qu'il ramène à la science des
choses antiques et aux plus philosophiques méditations.
On devra donc se garder de leur infliger un nouvel exil, qui
tournerait au détriment de nos principes, et ravirait en-
core à l'art chrétien une ressource vers laquelle il doit
revenir. Allons plus loin : en tant que ces illustres femmes
ont eu quelque chose du Christianisme et que leur virgi-
nité en serait une gloire anticipée, ne craignons pas de les
honorer du nimbe, dont on décore les Prophètes de l'an-
cienne Loi, et qu'autorisera suffisamment la sainteté de leur
fonction. Cet appendice nous donnera encore un champ pour
inscrire le nom de chacune ; il apportera au tableau, selon
un usage reçu et très-ingénieux, toute la clarté possible.
prophélisé avant ou après lui les scènes terribles de ce dernier jour
du inonde. En cela liberté entière; mais on s*attacbera nécessairement
à ne pas répéter le ui^me sujet dans une série, complète ou non, de
C'*tte in^ére5sante iconographip.
FEUiiTURE MURALE DE L*ÉOUSE.— L4 MAIN BÉMSSA^iTE. 4 OU
et ajoutera au sens bien compris maintenant de leurs
attributs particuliers. Enfin, on réussira d'autant mieux si ué«d6i«urcot.
* tome et de sot
l'on s'efforce, par certains accessoires que l'antiquité ne leur •cc««toires.
a pas refusés , de leur donner une dignité honorable : car
elle en a fait de grandes et remarquables femmes, unissant
dans leur pose et leurs costumes une grâce aimable à une
imposante majesté. — Leur coiffure est presque toujours
orientale ; mais ce détail, comme ceux de leur toilette en
général, variera convenablement d'après ce qu'on croit de
leur patrie ; les belles et amples draperies leur sont pro-
diguées ; le choix des couleurs symboliques doit ajouter
beaucoup à leur attrait. — Leur âge, nous Tavons vu, n'est
pas le même pour toutes ; il faut s'appliquer surtout au
caractère esthétique de leur physionomie et y rendre la
vérité de leur climat. Quant aux textes de leui^s prophéties RèfiM à y rai-
personnelles, on est assez peu d'accord pour n'y rien voir éiiùt.
qu'il faille absolument leur prêter. On peut y suppléer,
comme nous venons de le faire, par un texte biblique en
harmonie avec celui du personnage parallèle. En un mot,
nous pouvons les faire bénéficier de tout ce que nous inspi-
reront nos études, nos découvertes et le progrès de nos
arts. Mais, dans un sujet de cette importance, l'artiste aura
soin avant tout d'en étudier la philosophie, et de ne le traiter
qu'avec le conseil d'un ecclésiastique instruit qui lui dé-
voilera les relations mystiques étabUes sur ce point par
l'Ëcriture et par les Pères : double trésor auquel il faut
toujours recourir quand on aborde la pratique de l'art
chrétien.
Reprenons maintenant les symboles dont l'étude et l'or-
nementation doivent compléter ce chapitre.
Quelquefois, par un genre d'abréviation qu'inspirent les ^ n»*in b<ni«-
proportions restreintes d'un plan à remplir, mais aussi par floauoM symbou-
une tendance à préférer les significations mystiques. Dieu
ou une action quelconque à manifester par Lui sont briève-
ment indiqués par une main bénissante, soit à la façon
110 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
latine, soit à la manière grecque (4 }, et apparaissant dans an
nuage qui, à lui seul, représente le ciel. Cette main est
presque toujours entourée d'un rayon ou d'un nimbe cru-
cifère, ce qui ne laisse aucun doute sur l'assistance divine.
Si le nimbe y manque parfois, ce qui est très-rare et ne
peut être regardé que comme un oubli, on ne doit pas
juger décidément, par cela môme, que ce soit plutôt la main
d'un ange que celle de Dieu : l'ensemble du sujet peut
très-bien d'ailleurs éclaircir les doutes. Quoi qu'il en soit,
on doit cette main symbolique au besoin de reproduire la
présence de Dieu , pour ainsi dire abrégée au milieu des
choses divines ou humaines. C'est ou l'action créatrice ou
Tassistance en faveur d'autres actes humains , fondée sur
une foule de passages bibliques où le bras et la main de
Dieu promis au juste, ou s' employant à sa défense, devien-
nent les emblèmes du secoure d'En-Haut (2). Symbole de
puissance supérieure et de justice executive, la main au-
dessus du sceptre des rois remplit ce double rôle, qui lui
vient sans doute du texte prophétique où Isaïe disait que
tout avait été fait par Dieu selon le pouvoir de sa main sou-
veraine (3). La main, en un mot, remplace ici la personne
tout entière, comme nous avons vu l'âme figurée par une
petite pereonne sans sexe, et une forêt par un seul arbre.
MarohM et T»- C'cst dc ccttc même façon abrégée que, dans les huit pi'e-
boie josqa'à nou. micrs sièclcs, on représenta le Père par une main étendue,
le Fils par un agneau ou une croix, et le Saint-Esprit pai*
la colombe. Quelquefois alors , et plus fréquemment dans
les siècles qui suivirent, cette main isolée s'inscrit dans un
médaillon timbré d'une croix grecque sur laquelle elle
s'étend, bénissant à la manière latine : on l'a mise ainsi, au
({) Voir ci-de:$8U8, t. III, p. 34i,— et, ci-après, la Table générale,
T« BÉNÉDICTION.
(2) « Salvabit sibi dezteraEjuB, et brachium sanctum Ejas. » ^s,,
zcvii, 1.) — « Ecce Dominas in fortitudine véniel, et brachium Ejus
dominabitur. » {Is., xl, 10.)
(3) a Omnia bsc manas meafecit, cujus summa potastas. « (Is., Lzvi, 2.)
dent.
PEGfTUBE MURALE DE L'ÉGLISE.— LE TÉTRAMORPHE. 4M
douzième siècle, au frontispice de la cathédrale de Ferrare.
C'était indiquer parfaitement la demeure de Dieu; De cette
idée fondamentale, appuyée de textes nombreux des Pères
et de rËcriture , sont partis les mille motifs où la main
diYine figure, et c'est d'après elle qu'il faut interpréter toutes
les pages peintes ou sculptées au moyen &ge avec cet em-
blème, aujourd'hui bien connu.
Un autre emblème, non moins populaire, est le tétra- du t^tramoipho
morphe, qui s'est déjà révélé ci-dessus (4), et sans lequel il qui irnSommS?
est rare de rencontrer , du onzième siècle au seizième ,
l'image de la Trinité ou celle du Père et du Fils.
Nous devons dire avant tout que ce mot exprime très-
exactement dans quelques archéologues la réunion des
quatre tètes des animaux évangélistes sur un seul et même
corps d'une bête unique, mais caractérisée aussi par ses
pattes, sa queue et ses autres détails, de manière à ce que la
pensée de tous les animaux se résume sous la forme d'un
seul. Mais ici nous appelons tétramorphe, pour plus de sinx-
plification dans les termes, la réunion des quatre sym-
boles autour de l'image divine. Donc , nous savons et la
signification de ces quatre animaux symboliques et la place
qu'ils doivent tenir autour des Personnes divines. Il est
peu d'œuvres d'iconographie traitées aux beaux temps
de l'hiératique chrétienne où n'apparaisse comme un
accessoire obligé ce groupe mystérieux qu'on voit surgir,
comme nous l'avons dit, d'abord dans Ëzéchiel, puis dans
l'Apocalypse. Il est d'une immense ressource pour la déco-
ration artistique des sanctuaires. De beaux spécimens du
treizième siècle en existent encore soit en peinture à la
voûte de l'ancienne collégiale de Sainte-Radégonde de Poi-
tiers, soit en sculpture à celle de sa remarquable sacristie,
qui fut autrefois la salle capitulaire. A Saint-Savin (Vienne),
un autre exemplaire garnit toute la voûte de l'escalier de
(1) T. II, p. 43, 164, 174, 457; I1I,.467.
Ili HISTOIRE DC SYMBOUSMfi.
la crypte ménagée sous le sanctuaire, et fait ressortir avec
la fermeté du douzième siècle la belle et majestueuse figure
d'un grand Christ entouré d*une vaste gloire. Dans le
nartex de Saint-Saturnin , à l'un des faubourgs de Poi-
tiers, nous avons \u une sculpture du onzième siècle,
et peut-être du dixième , représentant ce môme sujet. Elle
est conservée , depuis la disparition de cette petite église
paroissiale, au musée lapidaire des antiquaires de TOuest. Il
est assez ordinaire et très-convenable de dérouler entre les
pattes des animaux sacrés, comme aux mains de Y Ange (i),
qui y tient la première place, un phylactère où se déroule le
nom de chacun des Évangélistes qu'ils représentent. Ce
moyen doit être respecté comme interprétation du sujet, et
non moins parce qu'il y peut devenir un motif plein d'élé-
gance et de variété. On trouve le tétramorphc partout où
le moyen âge a reproduit son symbolisme. La pierre, le
verre, le bois, la toile même dans les derniers temps,
enfin Torfévrerie à ses plus belles époques, l'ont accepté
comme un ornement de la plus haute théologie , et nous
ne pouvons trop engager à le préférer, pour la décora-
tion qu'appellent nos autels majeurs, à toutes les banalités
qu'on y prodigue sans plus de proflt de la pensée que de
l'art.
pumm BonnaJat Mais ccttc belle image n'a pas moins que tous les autres
***** "* * symboles ses conditions nécessaires , hors desquelles on la
traiterait maladroitement. En clTct , quoique la pensée de
rimagier se soit souvent exercée en des variétés qui toutes
ont eu leur raison d'être , il y a cependant des règles pré-
cises qu'on regretterait de voir oublier : ainsi , pour ce qui
regarde la place assignée à chaque animal, elle n'est
point du tout soumise au caprice de l'ouvrier : l'Ange doit
tenir la droite, à côté de la tête du Christ ; l'aigle occupe ,
à gauche, le côté opposé; aux pieds se posent, dans le
(1) Et non de Vhomme. — Voir t. UI, p. 457.
manx.
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE.— LE TÉTR AMORPHE. HB ,
même ordre , le lion et le taureau. On voit que ces postes
différents correspondent ïla nature de chaque animal, con-
sidéré au point de vue de son importance relative, et , en
quelque sorte , de sa dignité rationnelle. Quelques excep-
tions à ce fait, égarées sur deux ou trois objets arctiéolo-
giques , ne font que renforcer la règle , et ne s'appliquent
d'ailleurs qu'à des spécimens très-secondaires, comme ou le
voit au porche de la belle église romane de Saint-Aventin
des Pyrénées.
Gomme ces animaux représentent les Évangélistes, insé- xr^iti ûirw
jL qui dolrent eom-
parables de la vie morale du Sauveur dans l'Ëglise , ils piéter lear loono.
doivent être nimbés ; ils tiennent ou le phylactère dont '"^
nous parlions ci-dessus, ou le livre ouvert sur lequel
s'inscrivent les noms de S. Matthieu, de S. Jean, de S. Marc
et de S. Luc. Cet ordre lui-même prouve qu'on s'est moins
préoccupé , dans le placement des quatre symboles , des
Évangélistes qu'ils représentent que de l'excellence des
natures qu'ils caractérisent : l'Ange signifie Gabriel annon-
çant l'incarnation du Sauveur dans l'humanité, que S. Mat-
thieu raconte plus spécialement; l'aigle indique la sublime
élévation du récit de S. Jean, dont la théologie atteint les plus
hautes limites du surnaturel; le lion de S. Marc est une allu-
sion au désert, où, dès son premier chapitre, on voit le Pré-
curseur prêcher la pénitence et le baptême de Jésus-Christ;
le bœuf, enfin , rappelle , en sa qualité de victime choisie
pour les principaux sacrifices de l'ancienne Loi, le sacerdoce
dont Zacharie fait les fonctions, au premier chapitre, quand
il est averti par l'Ange de la naissance de S. Jean-Baptiste.
S. Grégoire et les autres Pères qui ont ainsi expliqué ce
mysticisme sont suivis, en dépit de quelques autres expli-
cations plus ou moins subtiles, par la majorité des écri-
vains. Au reste, la nature supérieure de ces quatre sym-
boles leur a fait donner des ailes à tous , ce qui a fait
regarder improprement le premier d'entre eux comme
un homme ailé par quelques observateurs peu éclairés.
T. IV. 8
444 HISTOIRE Dr SYMBOLISME.
coniennidon- Quant aux couleurs à leur donner^ elles sont partout plus
naturelles que symboliques, et peuvent se disposer sans in-
convénient, eu égard à leur variété possible, selon le besoin
de leur agencement harmonique ou les exigences de l'en-
semble décoratif. On voit souvent les saints animaux la tète
tournée vers le Maître suprême , comme absorbés dans la
contemplation de sa gloire; parfois, au contraire, le calme
de leur pose indique la paix divine qui se répand en eux ,
du Centre éternel d'où elle émane.
D« rameabie- Après CCS documcnts sur les détails inséparables de Tha-
«t'de sJ rapports giographie plastique ou coloriée, traitons en quelques mots
arec a peinture, ^t^^^ couditiou essentielle à leur appliquer, c'est-à-dire de
leur convenance nécessaire avec le style architectural dont
on les rapproche. On ne peut douter que T unité des œuvres
d'art ne soit un de leurs caractères absolus, et que les cos-
tumes, aussi bien que les autres moyens accessoires d'orne-
mentation quelconque, ne doivent s'allier aussi parfaite-
ment que possibleaux lignes monumentales, non moins qu'à
l'étendue et à la forme générale du vaisseau. Donc, encore
une fois, on ne traitera pas une peinture ou des travaux
sculptés pour l'embellissement d'une église du moyen âge
comme si cette église eût été faite sous les inspirations de la
Renaissance. Chaque siècle à peu près ayant son style à part,
aussi bien que ses méthodes et ses procédés, on doit savoir s'y
astreindre et rechercher, pour en imprégner tant d'œuvres
importantes, les irréprochables modèles que nous légua
Études n^cei- l'auliquité. Consultez donc soit les monuments qui nous
ftalretàcetégard. . i i. . , . , .
restent, soit les livres, en grand nombre, qui reproduisent
par de fidèles dessins ou d'exactes lithochromies toutes les
beautés architecturales ou artistiques de nos cathédrales et
de nos monastères ; n'empruntez que là, sans rien donner à
des choix de hasard, à un goût équivoque, à un caprice de
volonté que l'ignorance accepte sans réflexion et imprime
trop souvent à ses œuvres. Une telle étude faite avec con-
science et discernement , méditée dans ses détails à l'aide
PEINTURE DES ÉGLISES. — AMEUBLEMENT. 445
d'un bon livre ou des conseils de Texpérience, amènera
bientôt^ avec une heureuse facilité de pratique, Tappllcation
sûre et louable des seuls principes que Tart et la religion
puissent avouer.
Qu'il en soit ainsi de toutes les portions de Taineublenient Àhvm à éyu«t et
destiné à une église , lequel doit toujours s'harmoniser ' *"
avec elle et ne jamais s'y poser comme un inconvénient,
désagréable au jugement et à l'œil par des tons criards, des
transitions brusques d'un genre à un autre , ou par des
couleurs qui tranchent, sans aucune teinte intermédiaire,
entre ce qui précède et ce qui suit. Les effets d'ensemble
sont un des plus grands moyens de l'art , dont le principal
but est de plaire , et qui n'y arrive qu'en ménageant beau-
coup les susceptibilités, toujours respectables, du goût et
du regard. Ce qui rentre le mieux dans le caractère des Ke pu peindre
meubles de l'église, si Ton en excepte les autels, qui veulent ^ im scliîptim
toujours de la polychromie quand ils sont en pierre ou *° ^^^ '
bois sculpté , c'est très-certainement de garder la teinte
du vieux bois que le temps leur a donnée , et non d'être
soumis à un badigeonnage malheureux dont on les a si
souvent déshonorés et salis. Les délicatesses d'un ciseau
habilement manié, jetées avec discernement sur des stalles ,
des bancs d'œuvre , des chaires à prêcher ou des sièges
d'évêques ou d'abbés; les reproductions élégantes des lé-
gendes , des fleurs ou des animaux symboliques répandus
dans les pendentifs, aux miséricordes ou aux accoudoirs ,
doivent paraître assez précieuses, et quelquefois assez rares
par leur âge et leurs caractères, pour mériter la protection
du clergé contre les vilains barbouilleurs qui envahissent ,
à force de peinture à l'huile, jusqu'aux moindres vides des
chapiteaux , des pétales des fleurs , du plumage des oi-
seaux , et du fini de tant de charmantes miniatures dé-
coupées, que nos pères n'avaient certainement pas ciselées
pour qu'on les encombrât de ces détestables emp&tements.
Comment déplorer assez de tels abus consommés tous les
H6
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
InconrenaiiM
des ehitirei an
pierre.
abusives ,
jours encore sous prétexte de décomtion , comme si le
beau noir d'un chêne six ou sept fois séculaire, avec son
incorruptible dureté, n'était pas la plus honorable couleur
qu'on pût laisser à ces meubles vénérables? — Que dire aussi
de cette autre manie des chaires en pierre, en mai'bre,
en stuc , qui relient l'appendice au monument lui-même
comme s'il en était inséparable ou qu'il fût né avec lui à la
façon d'une clef de voûte ou d'un pilier ? C'est un carac-
tère tout différent qu'il faut à de tels objets. Graves par
eux-mêmes à cause de leur destination , quelques filets de
dorure pourraient seuls s'allier peut-être à quelques-uns
de leurs contours ou de leur foliation symbolique : une sage
sobriété pourrait être , en cela , sans aucun péril d'amoin-
Des peintures drissemcut pour la valeur artistique. Mais s'aviser d'y créer
des tableaux sur bois en garnissant leurs panneaux de
paysages équivoques, ou même de scènes d'hagiographie ou
d'histoire sacrée , toujours trop plates à côté de tant et de
si vigoureux reliefs ; badigeonner des animaux symboli-
ques en jaune , en blanc ou en rouge, sous ombre de leur
donner plus de naturel ; revêtir les expansions végétales
de vert ou de:;brun , sous prétexte de branches d'arbre
et du tronc qui les soutient, c'est perdre de gatté de
cœur, et fort tristement, de l'argent ot dé l'art ; c'est abdi-
quer tout respect des plus belles choses , et se moquer du
double motif d'embellissement et de conservation , puis-
que tout en devient plus laid , et que le chêne , pour se
conserver, n'a besoin d'aucun de ces détestables encaus-
tiques , dont on ne TatTuble jamais sans le déshonorer et
l'avilir. Autant vaut, comme on le constate, hélas ! si sou-
vent , prendre et poser au hasard les meubles dont nous
parlons sous les formes les plus disparates , les lignes hori-
zontales à côté de l'ogive , des étoffes ternies près des dé-
coupures dentelées de la pierre et du bois , et des crépines
de passementier sur les antiques moulures des plus beaux
tt âes laabrii «n temps du Style romau ou ogival. Ces grosses fautes se com-
PEINTUEE DES ÉGLISES. — AMEUBLCMEIfT. iH
pliquent encore de ces lambris de sapin ou de noyer qu*on boit »« u»
aime à placarder sur les murs latéraux d'un sanctuaire ou
d'un chœur condamné à les souffrir^ et qu'on croit en dédom-
mager en les revêtant de deux ou trois couches de faux
bois et de yemis gras ! Ce serait là , tout au plus , du style
de salon (et de quels salons !) ; à la rigueur, une église peut
s'en passer, et le prêtre qui la compromet ainsi méconnaît
son propre caractère aussi bien que celui de la maison de
Dieu.
CHAPITRE XVII. •
DES IMAGES DE DIEU LE PÈRE, DU SAUVEUR
ET DE LA SAINTE VIERGE.
Nous esquisserons ici rapidement, et comme dans un
résumé des données fournies par le moyen âge , ce qui
regarde les types consacrés de Dieu le Père , de la sainte
Humanité du Fils , et de la très-sainte Vierge dans ses for-
mes diversifiées par l'art chrétien. C'est ici particulièrement
qu'il importe de rendre dignement , et conformément aux
traditions d'un passé glorieux , tous les sentiments que la
religion veut imprimer au cœur de l'homme.
Boas quels traits Si Ic Pèrc ct Ic Fils , cu tant que réunis au Saint-Esprit
iei« "diiTcnt'^^^M pour former l'auguste Trinité, reçoivent le plus souvent un
pè*w étemel , ^* manteau bleu sur une robe rouge (ou rouge sur bleue) ,
double expression de l'autorité et de l'amour ; si en pareil
cas , comme toujours , la Colombe sacrée conserve invaria-
blement sa couleur blanche, symbole de la grâce active, des
inspirations du bien et de l'innocence qu'elles sauvegardent
contre les attaques du mal , le peintre n'oubliera pas qu'en
représentant le Père seul bénissant le monde de ses bras
étendus, ou le tirant du chaos par un terme de commande-
ment plein de grandeur et de majesté , ce sera le même
vêtement, ample et solennellement drapé, qui le distinguera
de toute autre nature que la sienne. S'il est assis , confor-
mément aux types adoptés de la toute-puissance , du repos
éternel, ou de son caractère de juge, il tiendra la boule du
monde partagée en deux hémisphères par un cercle d'or
horizontal , et surmontée de la croix ; ou bien , planant au
du Fils.
IMAGES DE DIEU.— LE PÈRE ET LE FILS. 449
miliea de nuages qu'écarte Féclat de sa gloire , auréole ra-
dieuse due à sa divinité, cette gloire, au lieu de n'être qu'un
cercle elliptique très-régulier, comme on le voit toujours au
moyen âge , pourra , à partir du seizième siècle , rayonner
autour de Lui en flammes rouges ou jaunes. Sa tète auguste
revêtira aussi des caractères qui ne conviendront qu'à Lui.
Le nimbe crucifère, soit vide, soit entièrement doré pour
faire mieux ressortir la face divine; une barbe blanche et
touffue, attribut ordinaire de la vieillesse , et ici de l'éter-
nelle sagesse du Maître suprême; les pieds nus s'ils doivent
être apparents : tels sont les caractères de noble simplicité
qu'on lui conserva au moyen âge et à la Renaissance , mais
avec des traits, il est vrai, moins esthétiques à mesure
qu'on se rapprochait de cette dernière période.
Le Fils , également assis , varie tellement de détails , tout •* J* Personne
en conservant quelques-uns de ceux qu'il doit partager avec
le Père céleste, qu'il est tout d'abord reconnaissable. On lui
donne souvent le nimbe rouge ou blanc , timbré de la croix
verte , indice de la régénération morale apportée à la terre
avec la loi évangélique. C'est par la même raison que si des
Anges tiennent à côté de Lui la lance de Longin et la croix
de la Passion , celle-ci aura la même couleur, comme on le
voit dans un livre d'Heures de S. Louis, aussi bien que la cou-
ronne d'épines tenue par TAnge parallèle. Ceci se rattache
plus particulièrement au temps liturgique des mystères dou-
loureux. Par cela même, les mains étendues, les pieds nus et
frappés comme elles des blessures du crucifiement , ne lais-
sent aucun doute sur l'attribution de toute l'image. La plaie
du côté droit apparaît aussi , car le corps reste nu sous le
péplum bleu, ou, s'il revêt ime robe blanche mélangée de
sang, cette robe n'apparaît que très-peu au-dessous de la bles-
sure du sein, et dépasse par le bas la bordure du manteau.
Quelquefois le Christ sera prêtre et revêtira, avec sa tunique
bleue et son manteau de pourpre, l'étole, insigne du sacer-
doce. Alors il héfàrà de la droite, et de la gauche il tiendra,
i2ù HISTOIRE DU SYMBOLISME.
en l'appuyant sur son genou , le livre fermé des Ëvangiles^
qui, en pareil cas, pourrait être ouvert , car ce sacerdoce est
déjà une promulgation de la bonne nouvelle. Quelquefois la
face est imberbe , surtout du huitième au dixième siècle ,
ce qui le distingue très-naturellement de celle de la pre-
mière Personne ; ou, si elle est barbue, c'est toujours avec
assez de parcimonie pour que cette différence persiste, tout
en laissant, par ce caractère môme à Celui qui s'est fait
homme, un symbole plus distinctif de cette Humanité. Quoi-
que, dès les premiers siècles, le Sauveur ait une barbe peu
épaisse , et qu'on dût croire que c'était là un type à conser-
ver, vers le douzième siècle , époque de transition pour l'art,
on commença à faire une barbe longue et épaisse dont la
coutume dure encore. Au reste, on donne toujours les traits
les plus gracieux à cette figure du Fils , et de même à celle
du Père, pendant toute la période du treizième siècle et des
trois suivants; cela tient au perfectionnement du dessin qui
a déjà séduit les artistes et leur a fait perdre les idées plus
théologiques des onzième et douzième siècles, où la manière
byzantine donne à la figure plus de sérieux et de sévère gra-
vité. Il faudra toujours tenir compte de ces nuances com-
mandées par les âges divers de Tart religieux , les unes
devant s'appliquer aux églises ogivales , les autres à celles
de l'époque romano-byzantine ou carlovingienne.
L'onit^ indis- A ce sujct uous ne craignons pas de redire ce que nous
rappiicAtion deê avous établi déjà plus d'une fois peut-être , mais qu'il ne faut
tift^àustatuiarai pas se lasser de répéter, contre lamaniee^tf ft^ati, professée par
teotïïîî. "^ ' les ignorants décorateurs de nos malheureuses églises, et par
ceux aussi qui violentent trop souvent leurs instincts d'es-
thétique , qu'ils feraient mieux de suivre dans leur noble
simplicité : le beau, c'est la règle d'unité qui fait donner à
un édifice , à un ensemble quelconque, des parures de son
style , de son caractère et de son temps. Les palais et les
églises de Gharlemagne n'étaient pas ceux de S. Louis ou de
Charles V ; le Louvre de Louis XII n'est pfis les Tuileries de
IMAGES DU 8ACVEUR. — LA CRUCmXION. 421
Louis XV , et les architectes employés aujourd'hui pour
chacun de ces monuments seraient mal venus à les res-
taurer à la moderne. Ainsi , on aura toujours le droit de
honnir un peintre qui , sous prétexte de faire mieux , s'in-
géniera sottement à colloquer ses idées froides et ses bar-
bouillages mesquins vis-à-vis ou à cdté des belles inspira-
tions de l'art chrétien et de sa philosophie pleine de sens.
Mais la crucifixion n'appelle pas moins ces remarques de ^a oradiirion ;
■^ *^ *^ ^ ion histoire et tee
la plus haute importance. Gomme elle s'est reproduite à caractères succès-
travers les âges sous toutes les formes de l'art par la pein-
ture , Torfévrerie, la sculpture, la fonte, l'émaillure et les
verrières , le plus grand nombre de ses spécimens nous
sont parvenus , et ce sont sans contredit les plus nombreux
que les artistes catholiques nous aient transmis. Au symbo-
lisme de l'objet principal , de la Personne adorable du divin
Crucifié, d'autres symboles s'y sont ajoutés selon l'ingé-
nieuse pensée des ouvriers guidés par une foi vive et éclai-
rée; et ce serait une longue et intéressante étude pour ceux
de notre temps que de bien connaître ces modèles si variés et
d'en comprendre le haut et multiple caractère. Le chevalier
Bard en ayant fait le sujet d'une curieuse dissertation (4),
aussi bien que le P. Cahier (2j, nous nous contenterons ici de
signaler les traits principaux qui vont à notre sujet, et d'ou-
vrir ainsi la carrière à ceux qui doivent se préoccuper de la
parcourir avec honneur. Cependant nous emprunterons
aussi beaucoup de nos détails aux savantes recherches faites
sur ce point par un antiquaire du Midi dans une élégante et
très-docte Histoire du Crucifix (3) .
Dans les catacombes, le Christ était souvent dissimulé onivritedansies
catacombes.
sous des traits qm , tout reconnaissables qu'ils fussent aux
fidèles, devaient cependant tromper les païens sous les
(1) Dans le tome X da Bulletin monumenlal, p. 130.
(2) !«' vol. des Mélanges d* archéologie et d'histoire, p. 207 et suiv.
(3) M. Selves, Mémoires de la S'^nété archéologiqve du midi de la
France f t. V, p. 341.
422 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
fausses apparences de leurs fables et de leurs héros. On n'y
voit pas une seule image de la Croix dans le cours des trois
premiers siècles. Aussi, tant que persistèrent les persécu-
tions, et encore pendant toute la durée du quatrième siècle,
quand déjà elles avaient cessé , si le signe sacré fut moins
l'objet des attaques et des sarcasmes de la foule , cependant
on n'osa pas représenter autrement que par la Croix toute
simple le mystère fondamental de la Rédemption. On sem-
blait craindre encore que le Sauveur crucifié ne répugnât
aux instincts grossiers des masses , scandalisées par Tidée
d'un supplice dont elles méconnaissaient la gloire et les
fruits. Nous devons le conclure dé ce qu'on le vit apparaître
aussitôt que le paganisme eût cédé devant les nombreux
adeptes du Christianisme. Ces premiers progrès de la reli-
gion coïncident dans l'histoire de l'art avec les premières
représentations du Sauveur en croix. Ce que le gibet divin
avait eu d'honneurs dans les homélies des Pères et dans
l'estime des baptisés s'augmenta encore de l'image divine,
qu'on ne se refusa plus d'y attacher ; et pendant que sur les
monnaies romaines le nom du Christ s'arborait avec le
labarum à côté des allégories de la Victoire , les autels se
chargeaient enfin du signe le plus expressif des soufTrances
de l'Homme-Dieu. — On peut donc faire remonter au cin-
quième siècle la première apparition du crucifix propre-
ment dit , c'est-à-dire de Yimage de Jésus crucifié.
varwtëi à ob- Quoiqu'il paraisse bien prouvé par les Pères , suivis par
formes du |N<p/um. Bcnoît XIV dans son Traité des fêtes de Notre-Seigneur
JésuS'Christ , que le Sauveur fut crucifié après avoir été
dépouillé entièrement de ses habits (4), on comprit tout
(1) s. Cyprien trouTe cette nudité absolue symbolisée d'avance
par Noé : « Invenimus circa sacramentum in Noê hoc idem preBcnrrisse,
et figuram DominicsB Passionis illuc exstitisse : quod vinum bibit; quod
inebriatua est ; quod in domo sua nudatus est ; quod fuit recumbens
nudis et patentibus femoribus.... » [Epist, Lxni ad Cscilium, ïnt;
Taris , i666, p. iOl.)— S. Athanase* n'est pas moins explicite sur ce fait
et sur le symbolisme qu'il en tire : « Exuit vestimeuta ; docebat enim
IMAGES DU SAUVEUR. — LA GRUCinXlON. 423
de suite, par un sentiment très-conforme à la pudeur
chrétienne, qu'on pouvait, sans rien diminuer des souvenirs
de son supplice , épargner au divin Innocent une circon-
stance qu'il eût volontiers évitée de lui-môme. On le revêtit
donc d'une sorte de péplum ou chlamyde qui d'abord, du
dixième au douzième siècle, pourvue de manches et de
plis ondulés , le couvrit jusqu'aux pieds , puis , du dou-
zième au quinzième, perdit ces manches, s'écourta et se
raccourcit de façon à ne le couvrir que depuis les hanches
jusqu'aux genoux. Les spécimens n'en manquent ni dans
nos musées ni dans les livres d'iconographie chrétienne.
Grégoire de Tours indique même , dès le sixième siècle ,
comme se voyant dans la cathédrale de Narbonne , un cru-
cifix qui , très-peu couvert d'abord , l'avait été davantage
bientôt après, par suite d'une révélation faite à un prêtre (-1 ) .
Au huitième, on le voit ainsi dans une miniature du Sacra-
mentaire de Gellone conservé à la Bibliothèque de Paris. Au
neuvième , le vêtement est complet, du cou à la cheville,
dans un évangéliaire de la Bibliothèque de Bruxelles. Ce qui
n'empêche pas que , dans un autre manuscrit de la même
époque (2), on ne voit, cachant à peine le milieu du corps,
eam^ ciim hominem introduceret in paradisum, tunicas exiiere quas
accepit Adam cum ex paradiso exturbaretar. » {De Passione et Cruce;
seriiioDum t. HI, p. 98, 97.) — S. Cyrille de Jérusalem^ S. Ambroise,
S. Augustin établissent le même fait et en tirent des conséquences
morales qu'on peut Toir a^vec leurs textes dans Molanus, HisL sacr,
imagin. , p. 418 et suiv. — Voir encore , à l'appui des assertions
que nous émettons ici, un curieux travail Sur la représentation la
plus ancienne du crucifiement^ par M. Ferdinand Piper, professeur de
théologie à Berlin (Bullet, vionum., XX VII, p. 465).
(1) De Gloria martyrum, ï, cap. xxiii. — « Est et apud Narbonensem
orbem, in ecclesia seniore..., pictura quœ Dominum nostrum prœcinc-
tam linteo indicat crucifixum. » — D. Ruinard attribue à ce fait l'ori-
gine de la coutume, adoptée ensuite généralement, d'une tunique pour
le corps crucifié du Sauveur. (Cf. Molan., ubi suprà,)
(2J Bibliolh. Richelieu, n» 821. — Ces deux exemplaires du môme
temps el si différents l'un de l'autre ne prouvent pas, comme on pour-
rait le croire, que la forme donnée alors au pylum n'était pas arrêtée
et universellement suivie : c'était nue sorte d'ubréviation iuvcnîée par
V2Â HISTOIRE DC STHBOLISHB.
qu*un linge fort étroit , maïs toujours consacrant le prin-
cipe. L'ampleur de cet accessoire , jugé si longtemps indis-
pensable à la piété respectueuse , ne diminua ensuite qu'à
répoque où Fart cessa d'être chrétien, et, sous prétexte de
renaissance, remonta ses aspirations jusqu'aux athlètes
d'Athènes et d'Olympie. Cette affreuse manie du nu qui
envahit l'atelier de l'artiste au profit de sa vanité, dès que
rarl pour fart eut déplacé l'art pour Dieu , ne s'arrêta pas
plus devant la Croix que devant l'auguste personnalité de la
Mère du Sauveur. On voulut de l'anatomie, on en exagéra
le mérite jusqu'à le préférer au surnaturel; et le crucifix,
qui devint un sujet d'admiration pour les yeux, cessa bientôt
de parler au cœur, pour lequel on n'aurait dû jamais en
faire qu'un objet d'adoration , de foi et d'amour,
cooieur du jm- Nous avous dit commcut et pourquoi ce péplum , que
saoTear enioHU. nous-mémc avous fait mettre dans ces derniers temps aux
crucifix soit sculptés , soit peints sur toile ou sur fresque ,
doit être violet, de préférence à toute autre couleur. Ce n'est
pas que, selon le génie inventif de chaque peintre , s'il est
guidé par le sentiment esthétique , toujours essentiel en
pareil cas , on ne puisse bien exprimer d'autres pensées
que l'idée générale de la Passion, en donnant à cette tunique
des teintes variées dont le symbolisme n'est pas douteux. A
la cathédrale de Poitiers, ce voile mystérieux est bistre, cou-
leur du deuil et de la pénitence ; il est doublé de jaune et
de vert , ce qui exprime un mélange heureusement conçu
de la gloire divine, demeurée inaltérable jusque dans les
* souffrances du Dieu humilié, et la régénération spirituelle
que sa mort nous procure (4) ; mais c'est un exemple de
plus qu'en suivant l'esprit scientifique dans ces remar-
ie peintre pour avoir plus tôt fait, et déjà peut-être une tendance à un
amoindrlssenient progressif.
(1; Voir notre Hist. de la cathédrale de Poitiers, I, 332, où nous
avons décrit complètement cette belle verrière , comme toutes les
autres.
IMAGES DU SAtVEUR.^LA CRUCIFIXION. VIT,
quables compositions, l'art du moyen âge confirmait les
règles mêmes dont il aurait paru s*écarter.
Il importe beaucoup aussi de savoir à quoi s'en tenir sur Nombre det
le nombre des clous qui attachèrent le Sauveur à la croix. *"* ^ ^^
Quoique Grégoire de Tours, Durant, Bellarmin, Benoît XIV
et plusieurs autres ne soient point unanimes sur ce point,
de nombreux exemples, procurés par de savantes recher-
ches , prouvent que , du cinquième siècle au quatorzième ,
on s'en tint à la tradition primitive , et que les clous furent
employés au nombre de quatre. On le voit par des textes
identiques de tous les Pères qui ont touché à ce sujet dans
leurs homélies ou autres ouvrages. Les historiens sont tout
aussi positifs ; les liturgistes surtout l'ont constaté dans les
miniatures des manuscrits , et nous renvoyons encore aux
preuves qu'en donne Molanus en de fidèles reproductions
de ces écrits pleins d'autorité (i). Ce ne fut qu'à la fin du
treizième siècle, et sous les auspices de Gimabué, que le
système des trois clous vint contredire l'antique usage, et
réunir les deux pieds en les superposant et les fixant par
un seul clou. C'était une idée toute personnelle à ce gi'and
artiste, qui avait le tort d'abandonner, par un caprice que
rien n'autorisait sinon l'esprit de nouveauté , une règle
suivie jusqu'à lui et très-conforme à la vérité historique.
N'est-ce pas une preuve de plus que l'envie de se faire des
difficultés pour le plaisir de les vaincre peut égarer très-
loin du vrai et du beau les imitateurs infidèles aux docu-
ments des ancêtres ? Mais ces difficultés mêmes ont empêché
un tel écart de se reproduire généralement : le plus grand
nombre des crucifix sculptés en marbre, en bois ou en
ivoire, depuis le génie florentin mort en 43^0, n'en ont pas
moins gardé leurs quatre clous ; c'est surtout dans les
peintures qu'on les a réduits à trois, parce qu'en suivant
une imaginsttion séduite par le charme trompeur d'une
(1) Molanus^ ubi svprà, p. 437. — Biiliet, monum,, X, 130 et siiiv.
426 HISTOIRE hV SYMBOLISME.
innovation, on ne trouvait pas plus difficile de s'y conformer.
Il n'en est pas moins vrai que Fart devra toujours plus
convenablement rentrer, pour l'exécution de tels ouvrages,
dans les conditions hiératiques de leurs premiers types. On
ne peut s'égarer en travaillant un si auguste sujet, si Ton
s'impose de le représenter de telle sorte que les quatre clous
rappellent à l'observateur instruit, au fidèle qui prie,
qu'Innocent III les regardait comme un symbole des quatre
vertus cardinales pour lesquelles Jésus avait combattu en
se livrant à la mort (-1). Nous sommes loin ici du sentiment
de Molanus, qui conclut de ses recherches à laisser libre de
choisir l'une ou l'autre manière. Quand on a pour soi toute
l'antiquité, comme il l'avoue, on fait mieux, sans contredit,
de marcher avec elle et d'honorer ses religieuses inspi-
rations.
Da ntppêda- Les érudits ont discuté si le Sauveur, retenu à la croix
par ses quatre clous, n'avait pas eu aussi une sorte de che-
valet posé à mi-hauteur du corps, et sur lequel, étant
comme assis, il lui fût plus possible de se maintenir sui*
une sorte d'appui indispensable. On comprend, en effet, que
le poids du Corps, portant sur les pieds et les mains, devait,
faute de cet appui, déchirer les chairs et détacher violem-
ment ce môme Corps. Mais, à l'exception de M. Selves, qui
regarde cet annexe comme un soulagement que n'auraient
pas accordé les Juifs, personne ne doute qu'un suppeda-
neum n'ait été placé au-dessous des pieds pour supporter
toute la masse et n'en ait singulièrement diminué la pesan-
teur. Il importe peu au sculpteur ou au peintre que le
chevalet soit historique ou non : il ne peut figurer dans les
images de la crucifixion , ordinairement vues de face. Mais
le support des pieds, qui y manque rarement, ne doit pas être
négligé, quoiqu'on s'en soit passé plus d'une fois au moyen
(1) « Quatuor clayes quatuor sunt cardinales yirtutea quibua debemus
nos cum Cbristo cruci affigere. » ( Serm. de uno martyre.)
IMAGES DU SALVEUR.— LA CRUCIFIXION. 427
ftg6, OÙ les deux clous des pieds ont suffi assez souvent au
ciseleur, à l'émailleur et au verrier. Ici, comme souvent
ailleurs, ce sont les bons exemples qu*il faut suivre. Le sup-
port aura donc son rôle, puisqu'il rend seul vraisemblable
cette permanence du Corps sacré sur la Croix pendant trois
longues heures d*agonie (4). La couronne d'épines ne peut
être omise, non plus que Tinscription de la Croix. Nous
ajouterons ici, à ce que nous en avons dit précédemment (2),
qu'on les a peu oubliées avant le douzième siècle, et qu'elles
doivent être le complément obligé de tout ce qui précède.
Quant à la forme qu'on donna à la croix, elle varia peu, fordm diT«nM
d6 1a croix.
et quoique la lettre grecque Tau en ait été le symbole
prophétique dans Ézéchiel (3), et en dépit de ce qu'en ont
cru quelques savants sans en donner trop de preuves, nous
pensons que la traverse en fut, pour celle du Sauveur, sur-
montée de cette partie supérieure qui reçut l'inscription.
Les images anciennes , où la croix conserve cette forme
grecque et toute symbolique, ne sont qu'une réminiscence
de ce symbole, depuis longtemps abandonné parce que
pour nous, chrétiens, le mérite est bien plus dans la chose,
dont nous ne pouvons séparer aucun de ses mystères , si
connus aujourd'hui, que dans la forme, qui, à la rigueur, ne
cesse pas d'être la même, quoiqu'un peu plus ou moins com-
plète. Nous admettrions donc en des verrières du treizième
siècle, où le Tau est encore fréquent , l'introduction de ce
genre de croix, qu'on voit alors surmontée d'une pointe de
fer ou de bois, supportant le titre donné par Pilate ; mais, dans
les œuvres destinées à une décoration plus moderne, il fau-
drait suivre les habitudes adoptées partout ailleurs. Ajoutons
(1) Voir le Supplément au livre IV, cb. iy^ de Molanus , p. 424 et
• suiv.
(2) Voir t. n, p. 86, 5^1 ; UI, 517.
(3) « ... Interficite usque ad intemicionem.Omnem autem super quem
inyeneritis Thau, ne occidatis. » {Ezech., i%., 6.) ^ Saint Jérôme dit à
! cet égard : « Thau EzechieU memoratum^ crucis Christi symbolum. »
(M /u loc.)
428 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
qu'aux époques hiératiques, et dans les verrières surtout,
on a peint la croix en rouge, pour symboliser la lumière née
de la rédemption par le Sang divin.
sjmboium« d« On n*oubliera pas surtout, en quelque style qu*on veuille
Corps diffa tor u rcudrc la crucifixion du Sauveur, que son Corps doit y être
représenté inclinant un peu du nord au sud : la tète elle-
même, posée sur Tépaule droite, se rattache à Tidée mysté-
rieuse de l'inclinaison de Taxe des églises, qui sont , nous
l'avons dit (4), une représentation du Sauveur en croix.
C'était la pensée des anciens que Jésus crucifié avait tourné
le dos à Jérusalem et à l'orient, jetant ses regards vers l'oc-
cident, où sa religion , méprisée des Juifs , allait porter la
lumière. Sa main droite, comme sa tête, se portait donc vers
le nord , où étaient encore plus épaisses les ténèbres de
l'ignorance et plus actif l'empire de Satan. Dès le cinquième
siècle, Sédulius en parlait en ce sens dans son Poème pascal ;
au huitième, le V. Bède, dans son Commentaire de S. Luc,
et S. Jean Damascène , traitent le même sujet. Ces graves
autorités suffiraient pour nous constater la pensée de leur
temps et nous faire tenir respectueusement à de si intelli-
cnusiftz de l'ârc gentes traditions. C'est pour cela que le crucifix s'éleva, dès
triomphal dei é- ° ri
fUiM. l'époque primitive , sous l'arcade qui sépare le chœur du
sanctuaire , nommée de là arc triomphal. C'est cette croix
qu'Orderic Vital mentionnait dès le commencement du
douzième siècle, et que Durant citait au treizième. C'est un
malheur que la sainte image ait été privée tout récem-
ment, et sous un faux prétexte de perspective, de garder
cette place toute symbolique , car elle était là, dans le cœur
de l'église, comme le fidèle doit y être toujours, en se
rapprochant le plus que possible de son Dieu crucifié (2).
(1) Voir ci-dessua, t. l\\, p. 171 et suiv.
(2) Voir Priricipes d'archéologie pratique ^J^jB^ M, Ra;^mond Bor-
savan
en 1851
Us églises de son diocèse.
IMAGES DU SAUVEUR.— LA CRCCIFIXION. V29
On s'est arrêté quelquefois à discuter si la forme extérieure (tuai tfi^ de
^ bMuté OU d« lai-
du Christ était celle d'une belle nature ou d'une laideur sys- deur est à don-
, , ner au Cbritt cru-
tématique, choisie et voulue ainsi par lui-même, conformé- ciné.
ment à ce texte dlsaïe : « Il n'a plus ni beauté ni appa-
rence (0- » — l^s antagonistes de cette interprétation la
trouvent fausse, et à juste raison. Ils lui opposent tout aussi
Tictorieusement au moins le texte du psaume xliv, qui
l'exalte comme « le plus beau des enfants des hommes (2j. »
Il n'était pas convenable, en clTet, à la mission du Sauveur
qu'il y eût en lui rien de rebutant, rien qui put exciter la
répugnance des hommes, et, s'il s'est trouvé dans les pre-
miers temps des crucifix dont la face, autant que le corps,
offraient des traits hideux qu'on peut supporter à peine de
nos jours, il faut attribuer cette anomalie k Tinhabileté des
artistes. Leur expérience, à peine ébauchée, était nulle,
tâtonnait encore, et ne pouvait faire, à l'époque mérovin-
gienne par exemple , ce que firent les sculpteurs ou les
miniaturistes du quinzième siècle. On se gardera donc de
laisser faire, sous tel prétexte que ce soit, rien qui puisse
diminuer la moindre apparence de respect pour Celui que
nos cœurs doivent adorer. Et, s'il est bien entendu que nous
ne comprenons pas dans cette laideur réprouvable les spé-
cimens romans que les dixième et onzième siècles nous ont
laissés , avec quelques fautes de dessin , non pas de parti
pris, mais parce qu'ils étaient du style de l'époque, il est
également bien compris que la laideur proprement dite né
pourra jamais convenir à Celui dont l'amabilité divine doit
ayant tout se manifester à nos regards.
A côté du Christ en croix, on a placé de tout temps sa vÉgiiM «t la
Bjnoi^Ofue am
sainte Mère, à droite, comme k une place d'honneur; et à o6t& d«ia orou.
gauche S. Jean TÉvangéliste , ou le Théologien , comme
disent les Grecs. On sait que ce fut l'occasion d'une des
(1) « Non est species El neque décor, d (U. , lui , 2.)
(2) « Speciosu9 forma prs ftlii» hominum. »
T. IV.
'-"' I g ^u iifluïeur ciipiraut. Mais là était
^/us """■''*"^JJJ^1^,_ que souvent on a exprimé par la pré-
,-»<•<>/¥ uu^«'^ c(^u,oiinée et recelant dans un calice le
S^i'Z" divin épanché du cœar de Jésus; paraUèlement , la
Svnagogue, aveuglée par un bandeau , se tient debout et
lai ■ e tomber de ses mains la hampe brisée d'une bannière,
(lui devieiif ainsi 'esigiie de sa puissance éclipsée. Là encore,
on ddvine la naissance de la ramillc nouvelle dans le Sauff
adorable, et l'abandon de ce peuple prcniier-né qui l'a
méconnu et rejeté.
,„,»■!. Le sei-pent infernal, vaincu dans ses attaques et ses
aspirations contre le pouple raclieté, rampe ordinairement
au pied de la Croix, relevant en efforts superflus sa tête
„ jaiBott. impuissante. Tant d'allégories sont des plus vénérables, et
ne sont pas plus à dédaigner par l'artiste que la léte de
mort qui, tout en gardant son caractère historique, s'il est
vrai qu'elle fût celle d'Adam et que le Calvaire en eût pris
son nom, n'est pas moins aussi le souvenir symbolique de
co trépas imposé dans le Paradis leiTcstre aux premiers
coupables, pardonnes aujourd'hui et vainqueurs de la mort
avec Jésus-Christ.
k sbidu Nous arrivons enlin à la Mère du Sauveur, et ce nous est
"!ci"b une consolation cl un doux repos, au milieu des arduilés
de noire travail, de dire aux artistes comment ils pourront
honorer sou nom autant que nous voudrions leur voir
mériter son sufTrage. Que ne font-ils comme ce bienheu-
reux Ange de Fiésolo, qui ne peignait jamais qu'à genoux
ces douces et sereines figures du Sauveur, de la Vierge et
des Saints, dans l'àmc desquels se reflétait son Ame suave
cl candide.'... Mais entions dans noire matière, et disons-
leur an moins comment il faut que la Créature Immaculée
réponde par ses images à la sainte dignité de ses vertus,
^ntiriw- Si l'on se rappelle tous les types consacrés dans les
1.0^ af iK Écrit»resàpré(igurerlaFiUedesroisdeJuda,ons'étonnera
que de si gracieuses images n*aient pas toujours inspiré
JL'
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE. — LA SAINTE VIERGE. 434
ceux qui osèrent tenter de représenter sa personne vénérée.
Presque toujours ces ouvriers de hasard , opérant sans
vocation et faisant une Vierge comme ils eussent fait toute
autre chose, se sont lancés dans cette difficile tâche sans en
avoir médité les premiers éléments. Ce n'était pas faute ,
encore un coup , d'avoir, dans nos vieux manuscrits , aux
façades de nos plus belles églises et dans leurs resplendis-
sants vitraux, de quoi la comprendre avec toutes ses beautés
esthétiques. Mais que parlons-nous d'esthétique à des sa-
vants qui ne lisent pas , à des doctes qui n'estiment plus
avoir besoin de s'instruire , et qui ne croient qu'au mérite
de leurs propres inventions? Et cependant quelle gloire
pleine de modestie, quelle aimable douceur dans cette
Femme bénie entre toutes ! quelle mystique beauté, quelle
surabondance d'idées et quelle source inépuisable pour
Tari dans cette vie qui fut, pour ainsi dire , avec celle de
son Fils, toute l'étude des âges chrétiens !
Le culte de Marie a commencé avec celui de Jésus-
Christ : comment peindre aux murs des catacombes les
principaux traits de la vie du Fils sans y mêler celle de la
Mère ? On l'y trouvait à chaque pas , et toujours avec le
divin Enfant. Une fois , entre autres , Elle le tient sur ses
genoux ; derrière Elle un personnage déroule un phylac-
tère : c'est Balaam, que surmonte une étoile, souvenir de
celle prédite par le Prophète des Gentils (4). La jeune Mère vierge Mèw»,
n'y a pas de voile, cet ornement ne se prenant alors par les
femmes qu'à l'époque de leur mariage, comme symbole de
la vie retirée qui convenait seule désormais à leurs occu-
pations d'intérieur. Par cela même , l'absence de ce voile
dans l'image de Marie est un signe de sa virginité : ce ne
fut que plus tard que les vierges, s'étant fait un état à part
dans la société chrétienne, prirent cette parure, qui leur
venait de l'Orient et leur demeura spéciale. On connaît le
Marie aux cata-
combes :
(4) a Orielur Stella ex Jacob. » (A^m»i., xxiv, H.)
i'd'À HISTOIRE hV SYMBOLISME.
livre de Tertullien (4), où le célèbre auteur, mort en 245,
plaide pour une coutume qui n^ètait pas encore générale-
ment adoptée ; cette date prouverait d'ailleure que la pein-
ture dont nous parlons est au moins de la première moitié
du troisième siècle,
•cotteiiunt )w j)ang les catacombcs, c'était surtout Tadoration des Mages
qui revenait souvent , comme ne laissant rien paraître
qu'un sujet purement historique et mystérieux aux regards
des profanes ou des indiscrets. S. Luc, peintre, qui le pre-
mier avait laissé une fidèle copie des traits augustes de la
Vierge-Mère, y aurait vu de nombreuses reproductions de
son précieux tableau : il y aurait admiré l'histoire de
Marie , développée en quelques-uns de ses traits les plus
symboliques, notamment lorsqu'à côté d'Adam et d*Ève
elle se tient sur le môme plan que le Sauveur guérissant le
paralytique ou l'aveugle de Jéricho, et participant ainsi aux
prémices de la grande régénération humaine. Quelque peu
- d'authenticité qu'on accorde généralement aux portraits du
Sauveur, dont naguère encore on croyait avoir retrouvé le
on ftMocMe aa profil SUT Ics rcstcs d'uu bustc dc terre cuite, il est certain
buste du Chrl«t. *^ .,.11
aussi, d'après les traditions les plus respectées, d'après les
images mêmes des catacombes, que les traits majestueux
du Sauveur, au nimbe croisé, étaient représentés avec une
rare perfection au cimetière de Saint-Pontien. Il ne l'est
pas moins qu'à côté de la Mère les parois obscures des pieux
souterrains ont gardé longtemps des fresques représentant
le buste du Fils. Cette figure céleste était gravée aussi sur
des anneaux, comme on le voit dans Aringhi, où, par un
souvenir symbolique de la première femme dont Marie est
venue réparer la chute, elle oflre à l'Enfant-Dieu, reposant
sur son bras, une pomme, que des peintres mal avisés ont
changée dans la suite en un globe terrestre (2). Tout cela
(1) De velandis Virginibus, inter opp. 1. 1.
,2) \ OIT Rom. subler., I, 330 et 427 ; et U, 478. - Cette pomme serait
très-reconnâissable aui appendiceB que lui donnèrent soigneusement
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE. — LA SAINTE VIERGE. 433
s'est parfaitement élucidé, de nos jours, par les travaux du
docte chevalier de Rossi , qui s'est efforcé , avec la science
d'investigation et la rare sagacité dont il est doué, d*assi*
gner des dates à toutes les images de Marie peintes et re-
trouvées par lui dans les cimetières de Galixte et de Pris-
cillaM).
Ce besoin de reproduire aux yeux des fidèles une image .^^jJ'^J"*"*"
si justement aimée étendit bientôt le champ de son icono- ««onor^pwe.
graphie; et tous les mystères divins auxquels Marie eut une
si grande part, tous les actes de sa vie unie à celle du Sau-
veur, ne manquèrent pas, soit sous les auspices des empe-
reurs de Gonstantinople, soit par les inspirations des Sou-
verains Pontifes demeurés à Rome, de faire à l'art chrétien
un domaine plus vaste que jamais. De ces nombreux essais
naquit Thabileté, qui ne se fit pas attendre, avec laquelle
furent représentées tant de scènes où la Vierge eut le prin-
cipal rôle, et dans lesquelles on vit progresser jusqu'au fini
du plus bel idéal tout ce qu'avait de calme , de pur et de
naïf cette vie surnaturelle toute parsemée de la plus haute
esthétique et de la plus gracieuse poésie. C'est, déjà inspiré
par ces précieux préliminaires, que le douzième siècle vit
s'augmenter le cuite fervent de Marie en proportion que
les premierâ peintres chrétiens^ car ils ne la privèreut jamais de son
pédicule et même d'ane feuille de l'arbre, qui y attenait. Trop souvent,
au contraire, nos artistes modernes, pour qui l'idée symbolique était
lettre morte, reproduisirent le fruit sans le comprendre et en firent une
Bimple boule. Rncore pouvait-on la regarder rigoureusement comme le
symbole du monde, livré, dès la naissance du divin Enfant, à sa puis-
sance et à sa direction : Postula a me, et dabo tibi génies hsfreditatem
iuam (Ps., II, 8). — On voit, d'ailleurs, que le rôle de Marie est ici tou-
jours associé à celui du Sauveur pour l'œuvre du salut du monde.— Les
Pores ont magnifiquement développé ce symbolisme dans ce qu'ils ont
appelé l'antithèse d'Eve et de Marie. (Voir surtout S. Augustin, M
psalm. XL: Serni. ci de iempore, et dans son livre De Symiolo ad
catechum,; — S. Jean Chrysostome, De inlerdicta Arbore, — et
S. Arabroise, Comm. in Luc,, lib. lY, cap. iv.)
(1) \oir Images delà Bienheureuse Vierge, tirées des catacombes,
et iltustréfs par le chevalier* J .- B . de Rossi, in-4», Romœ; — et Rrrit*^
de fart rhr^li^n, IX, 309 et suiv.
ret.
434 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
les expéditions transmaritimes procurèrent aux Croisés la
vue et Tamour des saints lieux où ses souvenirs, son action
vitale , sa coopération rédemptive devenaient inséparables
de la pensée et des souvenirs de Jésus-Christ. Au retour du
voyage, on ne manqua point d'en consacrer la mémoire par
l'érection de nombreuses églises : un grand nombre d'entre
elles prirent le vocable de Notre-Dame ; beaucoup déjà con-
struites durent à la possession de quelques reliques de la
Vierge de remplacer par ce nom leurs vocables anté-
rieurs (4).
Le» viêrget noi- C'cst aussi dc là, très-probablcmcnt , que nous vinrent
les Vierges noires^ conservées encore à Chartres, à Beaune,
à Dijon, à Verdelais , etc., qui nous semblent toutes origi-
naires de l'Orient , aucun exemple , paratt-il , n'en pou-
vant être indiqué avant le douzième siècle. — Des auteurs,
qui préfèrent les faux systèmes du naturalisme aux prin-
cipes les plus autorisés de l'esthétique chrétienne, ont
attribué la couleur de ces statues à celle du bois dont on
les avait faites : donc, à les en croire, on aurait osé choisir pré-
cisément ce bois d'une couleur tout opposée aux idées qui
se rattachent le plus ordinairement à celles dont s'entoure
l'auguste type, sans s'être inspiré d'une raison mystique à
l'appui de ce choix... — Non : la vraie raison est que, le noir
étant regardé comme une initiation, par la mort, aux
choses de la vie éternelle , on a cru pouvoir donner ce sym-
bolisme aux images de Celle qui nous a réellement, par sa
maternité divine, initiés au bonheur de la rédemption.
L'origine byzantine de ces vierges mystérieuses, dont la
pose, toujours assise, indique sûrement la provenance
primitive, sinon une imitalion raisoimée , corrobore d'au-
tant mieux cette opinion , pour laquelle on peut d'ailleurs
se reporter à ce que nous avons dit dans le chapitre xn de
notre première partie (2). N'oublions pas surtout que ce qui
(t) Voir BuUel. vwnwn., XIV, 140, 142* XVin, 379, 381.
(2) T. I, p. 301, et H, 123.
STATUAIRE SCULPTÉE OU PEINTE.— LA SAINTE VIERGE. 435
a contribué à faire perdre la trace de ces idées , bien con-
nues de tous au moyen âge , c'est le soin qu'on crut devoir
prendre , vers le quinzième et le seizième siècle, de revêtir
d'étoffes, comme nous leur en voyons encore aujourd'iiui,
ces statues qu'on trouvait avoir trop vieilli, et qui, quoi-
que assises , et portant par ce caractère môme la preuve
de leur origine grecque , parurent droites et debout dès
qu'on les eut affublées d'un vêtement qui n'en laisse plus
voir que la tète ; mais le mystère devient explicable et se
fait parfaitement accepter dès qu'on en cherche le motif
dans une connaissance plus approfondie des traditions
chrétiennes du moyen âge (4).
Ainsi fut accomplie à la gloire de Marie l'union de la ^*>?.^'*;"«. •■-
■ ^ sendelles des Imft-
vérité dogmatique, des données légendaires et du symbo- 8r« *• "«*•;
lisme oriental : ensemble charmant, sans lequel on pourra
bien nous composer des Vierges à tout prix , meul)les des
salons annuels ou de quelques pauvres églises de campagne
(où encore elles seront toujours de trop), mais qui ne seront
jamais que des toiles ou des plastiques inertes destinés aux
rebuts du sentiment religieux. — Aspirons donc à la vraie
peinture chrétienne pour cette Femme supérieure à toutes
les femmes. Qu'en soumettant ses formes générales aux exi-
gences du monument qu'elle doit parer, la beauté mys-
tique ne lui manque jamais , et la fasse distinguer tout
d'abord de la foule des autres Saintes, toujours moins éle-
vées dans l'estime des hommes comme âans le culte de
nos cœurs. La mère d'un Dieu ne devrait pas avoir de
rivale. Pour fa sculpter ou la peindre , il faut la croire
supérieure de toute l'éminence de ses glorieux privilèges
à tout ce qui peut tomber de plus parfait et de plus digne
de la brosse du peintre ou du ciseau du sculpteur.
Ce goût intime de ses célestes vertus a si bien dominé comment eiiM ont
M. A. \ 1 • 1 A .été gardéw «a
toutes les œuvres que lui consacra le moyen âge, que, jusque mojon âge.
(1) Cf. Bulîet.monum., XX, 120.
436 HISTOIRE DU SYMBOLISME*
dans ses périodes les moins artistiques , lorsque la forme
péchait encore par les imperfections des lignes ou des
contours , disons même par la grossièreté du dessin , on
lui trouve toujours des caractères sacrés qui ne convien-
nent qu'à Elle et lui impriment une élévation morale au-
dessus de tout ce qui l'entoure. Voyez<la trônant au trumeau
duporlail qui porte son nom à la cathédrale d'Amiens, prési-
dant à l'action simultanée des personnages bibliques dont
Elle s'entoure, aux scènes dont sa sainte histoire est l'objet :
les rois -ses ancêtres sortant de la tige de Jessé , les Mages,
les figures bibliques qui la révélèrent à l'avenir, les Anges,
les Prophètes, tout est là, et seule avec la grâce de sa pose,
le svelte de sa taille , la douce piété de se.s traits chastes,
sereins et majestueux. Elle semble la reine de ce peuple
de personnages illustres. — A Bazas, où, la tradition établit
que S. Martial fonda, dès le premier siècle, une église en
son honneur (4), le portail de la Vierge représente sa
dormition, puis son assistance au dernier jugement, assise
sur le même trône que son Fils devenu juge suprême ; — à
la cathédrale d'Évreux , son couronnement orne une des
resplendissantes verrières du midi : et partout, en ces belles
compositions , respirent les qualités les plus suaves que le
treizième siècle fut si ingénieux à leur donner. N'allons
pas chercher* ailleurs de quoi parer nos temples. Voilà
quels modèles il faut suivre ; ils abondent de toutes parts.
Dei inarende Notre époQuc ,*à laquelle fut donné de voir réaliser, par
rimmaeiiKe Con- r t » -a » r
eoption. un immortel Pontife , les espérances formulées depuis tant
de siècles sur le dogme de l'Immaculée Conception , a vu
naître avec la proclamation de cette vérité de foi un besoin
nouveau pour l'iconographie sacrée. Il s'agissait de sym-
boliser soit d'abord la pieuse croyance , soit ensuite l'ar-
ticle de foi devenu inséparable de la Sainte Vierge. Disons-
le : on a d'abord peu réussi , et , en croyant se créer une
(1) Voir Bullel. monuni., XII, 64J, 664,678.
STATUAIRE.— l'immaculée CONCEPTION. 437
heureuse innovation, on n*est parvenu qu*à une assez froide
représentation de femme plus ou moins convenable , éten-
dant les mains , comme sur la médaille dite miraculeuse (4 ) ,
ou les croisant sur la poitrine dans l'attitude de Textase
ou du recueillement. Heureusement, sous cette dernière ,
le serpent écrasé se replie et meurt , ce qui indique une
des idées que doit révéler la Conception sans tache dans la
Femme qui ne devait triompher de Satan qu'à la seule et
indispensable condition de n'avoir jamais cédé à son in-
Quence. Mais il manquait encore à ces traits un complé-
ment obligée : pourquoi privait-on l'auguste Mère de ce Fils ^ »• SpJw
qui est toute sa gloire et la raison première de son bon- i*^»'*»*™^.
heur aux yeux de toutes les nations ? C'était bien mal com-
prendre ce Mystère , puisque , pour le bien exprimer , on
ne devait rien ajouter à l'iconographie observée jusque-là,
mais aussi n'en fallait-il rien retrancher : car toujours ,
depuis les premières apparitions de cette image quasi-dir-
vine, on l'avait vue tenant entre ses bras ou sur ses genoux
le Fils éternel qui était devenu le sien. Cette tradition
s'était continuée à travers les siècles (2). Nous en avons un
(1) On saitqae la médaille ainsi nomaiée, quelque respectable qu'élit
&oit, et avec rai^on^ aux âmes pieuses, n'a jamais été approuvée par le
Saint-Siège^ faute de documents assez précis pour en autoriser l'ori-
gine. Ce n'est donc qu'une pieuse dévotion laissée à la liberté de chacun,
mais à laquelle l'Église n'a attaché aucune faveur.
(2) Voir notre dii^sertation sur l'iconographie de l'Immaculée Con-
ception, Revue de Vart chrélien, l, 148, — puis celle de M. le chanoine
PeUetier, ibid., p. 314. — Ce que nous écrivions le premier sur cette
importante question ressemblait peu à ce qu'en écrivit peu après feu
5^gr Malun, alors évêque de Bruges. Le pieux prélat examinait la chose
au point de vue de 1 orthodoxie , qui doit primer tout le reste, il est
▼rai ; mais le côté esthétiqne aurait bien pu s'y allier sans aucun dan-
ger pour la foi et au véritable profit de l'art chrétien. C'est ce que com-
prit trôs-bien notre docte ami, M. le chanoine Pelletier , qui crut de-
voir prendre, dans cette même Revtie, la défense de notre opinion. Ce
qu'il y aurait de plus malheureux dans le système de Mgr Malun, c'est
que son autorité , comme ôvéque, eût persuadé à quelques-uns dans
son diocèse d'essayer la réalisation de ses idées, abandonnées aujour-
d'huiy et qui n'ont jamais eu beaucoup de succès.
438 HISTOIHB DU SYMBOLISME.
spécimen remarquable en Italie, dans la grotte même où, au
sixième,aYait prié S. Benoit. Le onzième a laissé là une fres-
que où « la Sainte Vierge, assise, pieds chaussés, nimbe uni
» autour de la tête , vêtue d'une robe bleue et voilée de
)> rouge , tient dans une auréole bleuâtre , sur son giron,
» et debout , TËnfant-Jésus qui bénit. L'Enfant-Dieu a un
» air sévère, âgé; les croisillons de son nimbe sont droits ;
» il a des sandales aux pieds et un manteau par-dessus sa
» tunique (4j. »
Nous savons bien que naguère la statue élevée à Rome
sur la colonne de la place d'Espagne , par les ordres de
l'auguste Pie IX , et en mémoire de la proclamation du
dogme , nous a donné un type aussi vide que possible des
attributs que nous réclamons ici ; mais c'est un fait de
plus qui prouve , pour quiconque l'observe , combien on
a besoin de modifier dans le sens le plus symbolique une
image qui , sans lui , ne dit pas assez par elle seule.
Àatrmtndtsqni Lcs plus bcUcs époqucs du moycu âge furent celles où ,
oeMairement le à partir du douziômc sièclc surtout , le culte de Marie
dogme si glorieux
k Marie. devint plus universel ; dès lors, on lui multiplia les attributs,
et rien ne fut omis pour exprimer plus complètement dans
ses images tout ce que les Livres saints nous en révèlent,
(1) Voir M. le chaDoine Barbier de Monlault dans les Annal, anhio-
log., XIX, 238.— Ici encore nous trouvons les mauvaises raisons données
par Tâbbé Pascal^ contre Didron et la tradition universelle , dans le
Journal des villes el des campagnes du 24 février 1857. — M. Pascal
soutenait, d'après ses instincts particuliers et quelques textes bibliques,
lus par lui sans aucun égard aux commentaires des Pères et des Doc-
teurs , que rien n'autorisait à donner ou à refuser les pieds nus à tels
ou tels personnages de l'iconograpbie cbrétienue. Ce livre n'a donc pas
été fait avec la science qu'il lui fallait, mais avec des conjectures et le
sentiment individuel de l'auteur. On ne fa<t ainsi ni de l'histoire ni de
l'archéologie. — Remarquons bien encore que, si l'Ënfant-Jésus porte
des sandales, cela ne blesse en rien la règle de la nudité des pieds, car
les sandales ne sont qu'une demi-chaussure qui laisse le dessus des
pieds à découvert et n'mpécherait pas d'admirer « la beauté des pieds
de ceux qui annoncent V Évangile, » — L'usage n'en a pas moins pré-
valu de i'abseuce complète de chaussures pour tous les cas indiqués «i-
des5U8.
STATUAIRE.— L'iMMAGCLÉB CONCEPTION. 439
tout ce que les commentateurs s'efforcèrent d'en déve-
lopper. C'est depuis ce temps que l'hydre infernal expire
sous ses pieds qui l'écrasent. Elle eut aussi , et infaillible-
ment , au moyen âge , le nimbe et la couronne ; le sceptre
complétait ces attributs royaux , auxquels ne manquaient
ni la tunique de pourpre ni le manteau d'azur, brodés l'un
et l'autre d'arabesques d'or ou de fleurs symboliques. Sou-
vent les douze étoiles de l'Apocalypse brillaient autour de
son front ; le voile de la virginité qui l'ombrageait retom-
bait sur ses épaules , et parfois , au lieu du serpent , dont
nous savons la signification figurative , on voyait grimacer
sous ses pieds, qui l'écrasaient, l'horrible face de Satan, ou
l'homme déchu, dont il s'appropriait les traits pour mordre
avec rage la pomme fatale malheureusement cueillie dans
rËden. Que fallait-il déplus pour exprimer l'Immaculée Con-
ception , qui ressort évidemment et de cette royauté sainte,
et de cette maternité virginale , et de cette victoire sur
Tenfer ? — Au contraire , séparez de tous ces attributs le
plus sacré de tous, l'Enfant divin souriant au monde et se
chargeant du fruit malheureusement goûté par l'homme ,
et dont le Dieu fait homme semble se réserver la responsa-
bilité ultérieure , et dès lors disparaît avec lui la pensée du
dogme fondamental : la femme que vous offrez à ma véné-
ration peut être digne de ce respect au môme titre que
tant d'autres , mais rien ne me parle de cette origine sans
tache dont elle ne fut parée qu'en prévision de la mater-
nité dont vous lui enlevez le plus irréfragable symbole,
r/est ce qui a fait dire tout récemment, et longtemps
après nous , par le P. Cahier : « La grandeur inouïe du
privilège révéré dans l'Immaculée Conception de la Sainte
Vierge a pour raison d'être la grandeur inouïe de la ma-
ternité divine (>!).»
{1} Voir Les Caractéristiques des Saints, par le R. P. Cahier, de la
Compagnie de Jésus, t. U, p. 544. — Ce livre a été imprimé d'abord en
1867 ; et notre dissertation, citée plus haut, avait paru dix ans aupa-
uo
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
C« dogme ne
p«nt aroir d'aatre
tjpe que o«lvl in-
<Uqa4 loi.
Nous pensons donc que pour symboliser rimmaculée
Conception de la Sainte Vierge , il ne faut pas s'ingénier
de trouver un type nouveau. Donnez-nous tout simplement
celui que nous venons de décrire : il sera conforme à toutes
les données de la tradition catholique ; il ne démentira en rien
ces mêmes idées réalisées jusque dans les types essayés, il
y a trois siècles , pour les premiers chrétiens du Japon.
Ainsi fut faite une statuette en porcelaine que conserve
notre cabinet, et qui nous vint directement de la Chine
en 4854. Elle représente la Femme bénie tenant devant
elle, debout sur sa poitrine, le saint Enfant; la base
sur laquelle reposent ses pieds, au-dessus desquels s'é-
chancre une longue robe , est une large et abominable
face , au nez épaté , aux yeux saillants , aux cheveux et à
la barbe crépus, dont tout l'ensemble , en un mot , sans
oublier une double rangée de dents fort significatives, in-
dique bien clairement l'horrible personnage écrasé par la
nouvelle Eve. C'est une idée complète autant que possible
de la Mère commune des enfants de Dieu el de son glorieux
privilège d'impeccabilité.
, ^ . Mais nous avons mieux encore. L'église Saint-Lô d'An-
LA d»ÎS*** ***"*" ^^^ possédait, avant les malheurs de notre première
révolution, une statue en marbre de la Sainte Vierge dont
la tête fut alors sacrilégement séparée du corps ; les deux
parties purent être réunies plus tard par un nouveau délen-
teur qui l'apprécia. C'est une œuvre du quatorzième siècle,
entièrement parée des attributs indiqués plus haut, et
gracieuse de tout ce qu'un visage plein d'une douce esthé-
tique, une taille noble et bien mouvementée peuvent donner
à un tel objet de dignité et de convenance. Nous en possé-
dons une épreuve moulée avec soin, et que nous avons fait
peindre d'après les règles du symbolisme des couleurs. Un
rayant dans le l«r volume (1857) de la Revue de Cari chrétien, que nous
cilions tout à l'heure — Nous allons revenir sur ces Caraciiri$i%ques ,
p. 146.
DMorlptloD d'une
STATUAIRE.— l'iMMACL'LÉE CONCEPTION. \Â\
gracieux et gentil petit enfant, un peu homme par la
figure (c'est le symbole du développement parfait de la rai-
son), repose sur le bras gauche de sa mère, qui, de la droite,
tient un sceptre qu'elle appuie sur son épaule. Ses pieds
chaussés, comme ils doivent toujours l'ùtre (on sait pourquoi
maintenant) , foulent un vieil homme courbé sous le poids
qu'imprime à sa tête ce pied tout-puissant contre lui. Le
vieil Adam est donc là, ne faisant qu'un avec Tange des
ténèbres , et terrassé sans retour par Celle en qui s'accom-
plissent les prophéties. Et, pour offrir un contraste saisis-
sant, pendant que l'antique prévaricateur nous apparaît
savourant encore l'objet maudit de sa détestable convoitise,
le petit Enfant, revêtu de sa robe verte , doucement assis
sur le sein de son aimable Mère, sourit à celui qui le con-
temple et montre entre ses deux mains une patiente colombe
dont il manie sans violence les ailes dociles à ce jeu inno-
cent, image charmante de l'âme régénérée, obéissante aux
inspirations divines, et réparant par cette docilité sans ré-
sistance l'orgueilleuse désobéissance du premier Adam. —
Un autre caractère convenait bien à l'oiseau symbolique et
ne pouvait nous échapper. La colombe est indiquée, dans le
psaume lxvu, comme signifiant, par les belles couleurs de
ses plumes, les faveurs de la Providence sur les âmes qui
se conduisent comme la colombe fait ici (<). Les vertus,
et surtout la constance dans les périls et les vicissitudes de
la vie, infcr medios cleros, sont pour le fidèle autant d'or-
nements véritables , comme sont pour l'oiseau ses plumes
argentées, dont le reflet se môle admirablement à l'or
des belles plumes de sa queue ; aussi avons-nous voulu
que la colombe dont nous parlons reçût une robe mi-partie
d'or et d'argent qui rendît plus complètement la pensée
du Psalmiste et de ses commentateurs (2).
(1) « Si doriniatis inter medios clero8,pennœ columb» deargentats,
et posteriora dorsi ejus in pallore auri. » (Ps,, Uivii, 15.)
(2) Cf. Genabrard , Commenlar. in psalm, livit^ t. 15.
M2 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Ainsi, et quant à la statue peinte que nous venons de
décrire, de bonnes et compétentes autorités ont pensé avec
nous que c'était là l'expression la plus pure de Tlmma-
culée Conception. Gela dit plus, en effet, à notre sens et au
leur, que ces diflerentes poses , nouvellement proposées ,
d'une femme qui n'est ni mère ni victorieuse. Marie,
dans sa conception, doit avoir tous ces titres, et si on lui en
donne les attributs, qui ne conviennent qu'à Elle seule,
on sera parvenu à la revêtir de cette plus grande gloire de
sa vie.
r/Apoc»iypse, Qn sc rappcUc que nous avons donné, dans l'exposé de
•ource de docu- i i * *
ments artigtique* ccrtalns cliapitrcs de l'Apocalypse, une foule de détails sur
pour les diverses * t ^ i '
représentations de les divcrs svmbolcs quc Ic Propliètc y applique à la Mère
de Dieu (<). Nos premiers peintres du moyen âge le savaient
bien, quand ils s'inspiraient de ce livre pour la décoration
de notre belle abbatiale de Saint-Savin et de tant d'autres
églises. En y recourant comme eux, on aura, avec ce que
nous venons d'écrire ici , de suffisantes règles que les
iconochromistes appliqueront, sans crainte d'erreur, à tout
Encore l'arbre cc Qu'ils dcvrout pcludrc cu cc Éçcnrc. Et couimc sujet très-
de Jessé, et ce * ^ ^ . ^ .
qu'il doit être. dlguc à cucadrcr dans une fenêtre terminale, pournons-
nous ne pas conseiller cette charmante image de l'Arbre
de Jessé, qui va si bien surtout aux chapelles de la Sainte
Vierge ? Nous conjurons de la préférer à bien d'autres,
eomme très-propre à dérouler aux yeux et à la mémoire,
en même temps que la douce et pieuse idée de la Mater-
nité Virginale, le dogme de l'Incarnation, les divines rela-
tions de la Mère et du Fils et leur consanguinité avec les
rois de Juda, représentés, on le sait, par cette suite plus ou
moins nombreuse de personnages s'élcvant depuis le père
de David jusqu'à l'Époux de la Vierge, et formant un en-
semble où le mysticisme, et l'histoire s'évertuent à charmer
le cœur et le regard. Nos pieux et chers modèles du moyen
(1) An ch. XII surtout.— Voir ci-dessus, 1. II, p. 225 et suiv.
PEINTURE CHRÉTIENNE. — L*ARBRE DE JESSÉ. 4 'i3
âge sont encore assez connus pour être choisis et préférés
à.Fresnay, à Amiens, au Mans, à Bazas, à Niort et bien ail-
leiu*s ; on y trouvera beaucoup à s'inspirer (i ) ; on préférera
surtout les types antérieurs au seizième siècle , où ce beau
sujet commence à manquer de sentiment, de forme et de
théologie. Nous sommes heureux cependant de citer, comme
d'une charmante exécution à qui ne manque aucune de ces
conditions essentielles, un beau vitrail lithochromié d'après
un dessin de Didron , et publié en 4846 par ses Annales
archéologiques.
Cette grande feuille représente , en une verrière à trois ^^^ "^^**« *
compartiments , la famille royale de David se terminant à la
Vierge, qui s'épanouit au sein d'une fleur, tenant l'Enfant-
Dieu sur ses genoux, et portant le sceptre et la couronne. De
côté et d'autre sont groupés ou échelonnés les Patriarches,
les Prophètes sacrés ou païens dont le souvenir se lie à celui
du Sauveur et de Marie. Tout est charmant dans cette belle
composition; et le style du seizième siècle, imposé forcé-
oient par l'édifice auquel on la destinait, montre parfai-
tement que ce style, si l'on eût mieux compris qu'il pouvait
racheter sa froideur par le culte des saines idées , était
encore capable, quand on s'en avisa, de faire du beau et du
bon en Thonneur de Dieu et de son Église. Tout y est digne
et plein de sens ; la simplicité du sujet s'y allie noblement
à une belle richesse des détails : pose,'' draperies, costumes,
monuments, physionomies, tout y est empreint d'un double
caractère visible et moral qui annonce une étude conscien-
cieuse, infaillible garantie d'un légitime succès. Il est vrai
que nous parlons ici d'un carton^ et que de ses belles et
justes teintes à celles d'un vitrail tâtonné par des mains
peut-être insuffisamment exercées, il y aurait loin... Mais
enÛD, puisque le dessein doit précéder l'exécution et que
la pensée doit gouverner la matière, il reste vrai que ce
(1^ Voir notre TdbU analytique du DulleHn monumental, ^f^ Jebsè,
UA HISTOIRE DC SYMBOLISME.
tableau est un des meilleurs de ce genre que nous ait donné
Ticonographie moderne. Et dire qu'à une époque où ces
belles choses sont possibles, on a pu trouver un interprète
qui expliquât ce magnifique ensemble « d'un vieillard qui
voit en songe un concert céleste, » et cela dans un livre
d'art, qu'on s'efforce de rendre populaire tout en le vendant
à haut prix (t)!
Combien un tel Mais , si dc tcls travaux, rarement médités et traités avec
f«get demande • i- • r * *• j • j
d'ëtudee, de ré- cc soiu rcligicux, fout cxccptiou dc nos joufs au grand
timent chrétien, uombrc qui sc produiscut sans mérite et sont adoptés sans
discernement, que les peintres se tiennent en garde contre
tout ce qu'on leur propose aujourd'hui de bizarres nou-
veautés et d'impardonnables inspirations. En opposition
décidée et résolue à ces Vierges de toutes formes et de
toutes couleurs qu'invente à plaisir l'esprit mercantile des
uns, et qu'achète la simplicité des autres, supplions-les
encore d'éloigner de leur pinceau ou de leur crayon,
comme les sculpteurs eux-mêmes, tout ce qui se ressen-
tirait de cet esprit mondain que tant d'ouvriers sans portée
ont forcément imposé à cette sainte image. La simplicité du
costume et de la pose, la chasteté des draperies, la sérénité
douce et pure des traits, et surtout du regard, sont les grands
et uniques effets auxquels ils doivent viser. Avec ces condi-
tions, et à quelque scène que préside leur Vierge, ils
seront sûrs dc lui donner partout le premier rang ; et tel
est le charme idéal imprimé par ces grâces, incommuni-
cables à tout autre, qu'en vue de ces qualités supérieures
on pardonnera dans le môme tableau beaucoup d'insuffi-
sance et de faiblesse. Les treizième et quatorzième siècles
sont surtout ceux qu'il faut consulter sur un sujet si digne
d'études : c'est alors que la perfection lui fut donnée, que
l'austère énergie de la pensée chrétienne respira dans cet
ensemble majestueux, que s'observèrent mieux toutes les
(1) L^'s Arfit an moyen dg^, in-4*. Pari», 1868.
PKINTL'RK CHRÉTIË^NK. — GUIDES A SLIVRK. 145
convenances de ce caractère élevé. Ces types, qui , gr&ce à
Dieu, ne sont pas rares, correspondent, par la pureté du
style et par Tinspiration esthétique, à celles des monuments
et des peintures de la même époque. C*cst dire que, pour les
églises de ce temps, on ne fera rien de mieux en vitraux, en
fresques ou en statuaire que les modèles que nous con-
seillons exclusivement ici, et dont nous venons detracer les
caractères spéciaux.
Mais, surtout, que les artistes étudient ; nous disons plus :
qu'ils soient chrétiens. Leur commerce avec la Bible, avec
les Pères et les légendaires que nous leur avons fait con-
naître sera une source dévie pour râtelier religieux. Qu'ils
y entrent, qu'ils s'y tiennent, et ils sentiront se reposer sur
eux le souffle d'En-Haut.
Nous n'ajouterons ici que peu de mots sur l'hagiographie importaaoo da
coloriée, c'est-à-dire sur l'étude que doivent faire les pein- km **
très des différentes couleurs propres à caractériser les cos-
tumes des Saints, et sur les attributs qu'il faut donner à
chacun d'eux. Il faudrait, pour compléter cette partie essen-
tielle de l'art du sculpteur et du peintre, un ouvrage à part
et d'une bien plus longue étendue qu'on ne pense, pour
développer un objet d'une si vaste portée. En nous bornant
aux principes généraux que nous venons d'établir et à ce
que nous avons écrit du symbolisme des 'couleurs, nous
avons rempli notre tâche (1) ; mais celle du lecteur n'est pas
finie, puis(iu'îl ne peut attendre de nous ici que des idées
élémentaires dont il doit chercher ailleurs le développe-
ment. Nous ne voudrions donc pas qu'on oubliât de con- soarcei à con-
sulter deux auteurs qui, tout spéciaux sur cette matière, bïÏÏ/îïïJreuîTi
quoique fort incomplets au point de vue archéologique, ont
cependant beaucoup dé science ecclésiastique et peuvent
renseigner sûrement quand il s'agit des bonnes règles à
garder. Le premier est Espagnol et écrivait au dix-septième
(1) T. I, ch. zii et zin.
T. IV. iO
\ {(> HISTOIRE ÛC SYMBOLISME.
interiaiideAyau siècle, SOUS le notti Ac Intcriaii de Avala, son PM^r ehrU*-
et MolanoB ; ' j ^
tianus erudiius, qu'on ne lira ni sans fruit ni sans plaisir;
l'autre, Molanus, pour son Histmre des saintes images, que
nous avons cité quelquefois dans cet ouvrage. Il est plus
instruit , plus large , et disserte mieux sur ses sujets ,
enrichis d'ailleurs de notes curieuses, de nombreuses
scolies, et des textes précieux de ses autorités, qu'il ne
manque jamais de citer fort exactement. Ce sont là des livres
utiles, écrits de mains compétentes, et qui peuvent donner
à un artiste des principes avoués de tous les siècles : il n'y
taut ajouter que des données trop longtemps perdues sur
le style monumental, Tunité artistique et le choix des cou-
leurs normales exigées pour chaque sujet dans son ensemble
et ses détails.
L^ R. p. Cahier. Maîs uous avous aujourd'hui mieux et plus que tout cela.
Au nombre et à la tête des travaux entrepris sur Thagiogra-
phie iconog^phique dans noire siècle, le plus récent et le
plus complet est certainement celui du R. P. Cahier, l'érudit
collaborateur de feu le P. Arthur Mai^tin pour la Monographie
drs vitraux de Bourges. Ses Caractéristiques des Saints (4)
(1) [jes Caraclé/isliques d^s Saints dans Varl fopviaire , énuniéiéts
et expliquées par le P. Gb. Cahier, de la Compagnie de Jésus, 2 toI.
in4<> , Paris , Ponssielgue , 1867. — Ce liyre^ quelque plein qu'il soit
d'érudition, quelques recherches qu'il suppose, ne pouvait être com-
plet , conça d'aprèd nn plan si restreint. Il y manque beaucoup de
choses; il y en a d'évidemment hesnrdées, de purement conjectu-
rales, et d'autres qui sont bien un tant soit peu forcées : mais
ceci ne regarde que la partie érudite de Touvrage. Les artistes n'y
trouveront pas moins d'abondants et précieux renseignements sur ks
attributs des Saints et leurs preuves authentiques dans des images
toutes fort intéressantes. Sous ce rapport , ils ne peuvent s'égarer en
suivant ce guide , préférable de beaucoup à tant d'autres que l'insuf-
fisance de leurs études a trompés maintes Tois. — D'autres éorivuins en
certain nombre peuvent encore être lus avec fruit pour quiconque vou-
dra se faire une suite d'idées justes sur l'iconographie hagiographique.
Nous ne pouvons, on le comprend, entreprendre ici œtte matière, qui,
daus un sous-chapitre , serait trop écourtée, et qui, si nous Touliont
l'étendre à ses véritables proportions , nous demanderait un Tolume
de plus.
PEINTURE CHRÉTIENNE. — r.LIDES A SUIVRE. 447
reproduisent une foule d'images qui indiquent des attributs
certains, puisqu'elles sont toutes originales ou dessinées
d'après les traditions les moins suspectes. On recourrait avec
non moins de sécurité, quant aux gravures et litfaochromies,
au livre Le Moyen Age et la Renaissance^ dont nous avons
plus d'une fois parlé , mais avec d'excessives précautions
contre l'ignorance des faits et des choses, et quant à la faus-
seté des appréciations en presque tout ce qui y regarde la reli-
gion, dont la plupart de ceux qui ont écrit le texte jie savent
même pas les premiers éléments. L'école de DusseldorfT,
avec ses collections de gravures modernes, admirablement
faites par notre regrettable Owerbeck, est encore un bon
répertoire. Nous ne citons pas la Bible de Gustave Doré, où
le naturalisme domine par trop : elle est un exemple de
plus du peu de confiance que les esprits chrétiens devront
se faire en un artiste qui s'attaque aux sujets religieux,
lorsqu'au lieu de s'en tenir à la philosophie catholique il
$e jettera dans les extravagances burlesques des héros de
La Fontaine et de Cervantes. N'y aurait-il donc plus aucune
différence entre la Palestine et le Toboso ?
Ne sortons pas de ce sujet sans avoir signalé certaines L*Arbitrairequ^i-
formules qui tiennent à ses développements, et qui, pour SSxBymboihJTe».*
n'être pas devenues autant de règles universellement
adoptées, n'en sont pas moins autant d'ingénieux emblèmes
que les peintres se garderont bien de dédaigner. C'est là
que le quidlibel audendi du poète latin laisse à chacun le
choix de ses moyens, pourvu qu'ils ne sortent pas des
principes adoptés. C'est ainsi que, selon les besoins créés
par des circonstances imprévues , on s'est trouvé obligé
d'inventer de nouveaux symboles qui n'en attestent que
mieux l'inséparable liaison du symbolisme et des arts.
C'était, par exemple, une ingénieuse idée pratiquée par les
peintres depuis le douzième siècle, où les croisades obligè-
rent à distinguer les chrétiens des infidèles, que de repré-
senter ceux-ci de carnation noire, et ceux-là blancs de
148
HisTOiuK Di symbolisai:.
visage comme tous- les Européens. Il y a plus , ces deux
natures si différentes s'indiquent encore dans les combats
par la forme du bouclier, qui, étant long pour les Occiden-
taux, fut donné aux Sarrasins et aux Mahométans de forme
ronde (4). — Une autre idée non moins ingénieuse, au bap-
tistère de Saint-Marc de Venise, exprime l'unité de foi
toujours désirée entre l'Église orientale et la nôtre : ce sont
les quatre Pères grecs écrivant en latin, et les quatre Pères
latins écrivant en grec des textes relatifs à la doctrine
catholique (2). — C'est de la sorte que les attributs des per-
sonnes, des vertus, des vices ont varié à l'infini selon l'ima-
gination des auteurs, selon les temps et les pays où tels ou
tels types furent adoptés, surtout depuis le quinzième siècle,
époque plus livrée qu'aucune autre à ses caprices parti-
culiers. Cette observation suffirait à faire comprendre
comment nous devons nous borner ici à ces notions géné-
rales, que des livres spéciaux compléteront en grand nom-
bre, et à l'égard desquelles nous aurons d'ailleurs quelques
fois encore à signaler d'autres détails.
(1) Cf. Annal archéolog., XV, 229.
(2) Ibid,, XVI, 136.
CHAPITflE XVIII.
LA LITURGIE CATHOLIQUE.
La liturgie est la forme extérieure du culte; toutes les i* Htar^ie auMi
*-' ' ancienne que Ti-
religions ont la leur. Le premier livre de la Bible nous parle ^<« *« ^*«« ;
des sacrifices d'A bel et de Gain; les Patriarches immolent
des victimes sanglantes; Jacob consacre la pierre sur la-
quelle il a dormi. Plus tard les Hébreux, constitués en
corps de nation, reçoivent le Lévifique , le troisième des
Livres de Moïse, où toutes les cérémonies sacrées sont éta-
blies de Dieu lui-même, qui détermine ainsi par quels rites
il prétend être honoré. Il y décrit les fêtes, les cérémonies;
il y crée le sacerdoce , pourvoit aux sacriflces , indique les
victimes qu'il y faut immoler, détermine les fonctions des
prêtres et des lévites , édicté des peines contre les infrac-
teursdes règles divines, et indique jusqu'aux étoffes et à la
forme des vêtements sacrés. L'Église chrétienne n'a pas fait entre nécwêin-
ment dans le ca-
autremept. Prophétisée et figurée dans la première Loi , elle thoiioiame,
a reçu des Apôtres, avec les premiers symboles de son
culte, ce pouvoir de discipline qui Tautorisait déjà à étendre
et à modifier dans l'avenir tous ces signes sensibles qui , de
l'aveu même de ses plus obstinés adversaires , ont fait du
catholicisme la plus belle et la plus saisissante des religions.
C'est, en effet, par la liturgie que les arts, sous toutes leurs dont eiie deTient
- 1 1 '^ ^^ extérieure.
formes, sont venus orner nos temples, parer les autels , en-
tourer le sacrifice et la prière publique de leur majestueux
éclat. Ici donc , levons encore le voile mystérieux dont la
transparence révèle toujours à des regards attentifs tant de
450 HISTOIRE DC SYMBOLISME.
significations sacrées , et voyons comme , de quelque point
que nos yeux considèrent les détails du culte chrétien , ils
rencontrent des vérités dogmatiques et morales, des souve-
nirs féconds pour l'intelligence et pour le cœur, et dont le
but se rapporte toujoiu*s à Tamour de Dieu par Tadoration
et le devoir.
8ei prendèrjt Lcg premières formes de notre liturgie se voient claire-
pocaiypte. mcut au cliapitrc iv de TApocalypse : nous l'avons déve-
loppée trop au long pour qu'on n'y retrouve pas au besoin
l'origine de nos cérémonies et de nos prières consacrées. Ou
sait que l'Apôtre a sa révélation un jour de dimanche. Dieu
lui montre une nombreuse assemblée présidée pçr un vieil-
lard auguste qui est le Pontife éternel. Son trône est en-
vironné de vingt-quatre vieillards représentant le presby-
tère , assis encore aujourd'hui autour de l'évèque. On toit
là des robes blanches comme nos aubes et nos surplis , des
ceintures i des couronnes jetées au pied du trône en signes
d'hommages; un autels'élève au milieu du temple; T Agneau
immolé s'y repose dans sa mort volontaire, et, sous cette
pierre sacrée, les martyrs , couchés devant le Dieu qui les
couronna, demandent , au nom de sa gloire, que leur sang
ne reste pas sans profit pour son Église naissante. L'encens
y représente les prières des Saints ; les hymnes y retentis-
sent; les eaux divines de la grâce y coulent comme un
fleuve : hnage sensible des sacrements, auvquelç tout se
rapporte dans l'action incessante de la liturgie {\).
•ei^wÏÏ*"'chîé" ^^^ onzième chapitre de sa première épttre aux Gorin-
do s* PaS **"^* thiens , S. Paul nous décrit aussi les usages déjà adoptés
Première utur- par Ics asscmblécs chrétieiHios. Lcs fidèles y participaient
g e e a este, çjjggjjjj^jg ^ ^.q^^q fràctîon du Paiu que le Sauveur leur avait
apprise soit à la Cène de ses Apôtres , soit à celle des disci-
ples d'Emmaûs. Ils y buvaient au calice du Seigneur, dont
ils étaient avertis de se rendre dignes ; et comme cette
(l) Voir cl-des8Ù8, t. II. ch. vu.
LITURGIE CATHOLIQUE. — LES SACREMENTS. 451
action , la plus sublime de la religion et sa base essen-
tielle en tant qu'elle était un sacrifice , ne devait ni périr
ni se modifier en elle-même , les formes liturgiques dont
on Tentoura purent se multiplier avec les difTérentes épo-
ques de l'Église , quoique le Tond dogmatique restât ton-
joiu^ te môme. C'est ainsi que la messe , comme tous les
autres sacrements, s'est parée d'âge en &ge, sous l'inspiration
des Souverains Pontifes , des cérémonies qui en forment
l'ensemble^ et qui depuis longtemps semblent fixées irrévo-
cablement.
Mais là encore , règne par-dessus tout> à côté de la matière »<>» •.vnibou»m«
ot o^lui dos aatret
et de la forme sacramentelle, et jusque dans ces deux por- sacrements :
lions essentielles de tout sacrement , le symbolisme qui
en fait concevoir l'origine , les effets et le but. On le LeB«pt«me.
comprendra de reste si nous ne nous arrêtons qu'au bap-
tême, dont l'eau naturelle est la matière , lavant les âmes
par une purification figurative, comme ce même élément
efface la tache des objets qu'on y lave. L'ancien bap-
tême par immersion représentait , d'après l'enseignement
de S. Paul, la sépulture et la résurrection du Sauveur:
c'était se revêtir comme de son propre vêtement, de sa
tunique sans tache comme sans couture (4). En dépit des
changements que FÉglise a dû apporter depuis le douzième
siècle à ce mode d'administration , le même Mystère n'agit
pas moins dans le même sens : le baptisé y conserve la
même obligation; car ce sacrement, comme tous les autres,
n'en renferme pas moins la valeur du Sang divin , dont ils
maintiennent au profit des ftmes la source inépuisable ,
jaillissant toujours du Calvaire et de la mort d'un Dieu. —
L'huile consacrée de la Confirmation était l'image de celle La conArma-
qui , pour les combats de l'arène , commimiquait aux
(I) M Consepulti estis in bapttsmo, in quo et resarrexifltis per flJem
operaiionis Dei qui suacitavit illum a raortais. » (Coloss.f ii , 12.) —
« Quicnmque in Ghmto baptizati estis, Christuui induistis. » {Gul.f
m, 27.)
L« Pépitea«*.
L*Eiicbarf«t(e.
fion.
152 HISTOIRE DU 8TMB0USHE.
athlètes la force du corps , la souplesse des membres , et
dereiiait un secours contre le péril d'une lutte insuffisante;
elle représente et renouvelle les effets de ces flammes cé-
lestes tombées , au jour de la Pentecôte , sur les fronts des
Apôtres, que marquait TEsprit-Saint du signe de Tardeur et
du dévoùment. — La Pénitence, considérée comme rémis-
sion des péchés , symbolise par le repentir et l'humiliation
volontaire du pécheur les souffrances morales du Dieu
crucifié , dont les mérites le réconcilient en lui devenant
applicables. — Le Pain eucharistique n'est qu'une apiia-
rcnce : dans le sacrement , il est , en réalité , la Chair et
le Sang de la victime divine , nourriture mystérieuse, sym-
bole de fraternité , comme il est le gage de la vie éter-
nelle , en même temps que le Sacrifice qui nous apprend
T/Ettréme-onc- à iious sacrlficr. — Mais quand survient la mort, qui est un
combat {kyùf) , le chrétien , athlète jusqu'au dernier mo-
ment, se voit appliquer les onctions sacrées qui le font
triompher de son plus cruel antagoniste : onctions suprêmes
qui donnent avec la force le courage et l'espoir fondé du
L'OHro. salut. — Dans l'Ordre, c'est l'attouchement des vases sacrés;
c'est l'imposition des mains qui communique le carac-
tère sacerdotal en le transmettant comme d'une source à
des embranchements nouveaux. Ces signes vénérables,
joints aux paroles du prélat consécrateur, indiquent l'en-
trée en possession du titre et de la dignité conférée.
i,e siHrin^c. — Enfin , le Mariage s'énonce par ce double anneau qui
unit les époux comme les deux premiers liens d'une
chaîne indissoluble. En certains lieux , comme à Paris, ce
symbolisme étiiit encore secondé par l'extension d'un voile
sur la tète des mariés : on signifiait par là que deux vies
allaient n'en être plus qu'une ; c'était l'initiation de la vie
retirée, protégeant contre les légèretés du monde deux
âmes qui se réfugiaient Tune dans l'autre; le signe d'une
pudeur qui ne doit jamais manquer au mariage , et de la
soumission que la femme devra au mari. C'était encore
LITURGIE CATHOLIQUE. —LES SACREMENTS. 453
comme une sorte de bouclier par lequel ou espérait que
la Providence atténuerait les coups des peines inséparables
de cette vie (i). Pourquoi tout ce symbolisme s'est-il trouvé
aboli naguère , quand il avait des origines si respectables
et que des Papes eux-mêmes l'avaient mentionné très-an-
ciennement comme ayant ses motifs liturgiques dignes de
tout respect et pleins de sentiment religieux (2) ?
(1) et DomJDe, ut scuto bonse volunlatis tuœ coronabU nos. » {Ps., v,
15.)
(2) N'est-ce pas de ce voile que parlait le pape Nicolas !•' (858-867)
daus sa Réponse aux Bulgares, ch. iii^ quaud il dit en décrivant les cé-
rémonies du mariage : « Ils reçoivent ainsi la bénédiction et le voile
céleste: Sic benediclionem accipiunl, et velvm rœleste? » -^ Nous n'en
pouvons douter quand nous lisons dans Dom Chardon {IHst. des sacr.,
t. VI, p. 149} les prescriptions de deux anciens manuscrits, Tun, Rituel
de /r^n^j, conservé en 1745 dans la bibliothèque de la cathédrale de
Tours, l'autre, Pontifi' al du monastère de Lire^oii il est dit des époux :
« Et avant que l'on di^^e à la roesse Pax lJomini,\\& se mettront sons le
» voile, selon la coutume. » — Ailleurs, « c'était après le Sanctus que,
» les époux se prosternant pour prier , on étendait sur eux un poêle,
9 palliiuuy tenu aux quatie coins par quatre hommes.» (Ibid., p. 152.)
— Or ceci se pratiquait encore à Paris en 1861, époque où une réponse
de la congrésration des Rites, provoquée par un respectable ecclésias'
tique, fut insérée dans Le Monde du 24 octobre, et condamna cet usage
comme ayant été compris dans la prohibition publiée par la même con-
grégation le 25 février 1G06.— NV avait-il pas aussi dans cette coutume
an souvenir touchant de Rebccca se voilant le visage quand elle aperçut
isaac venant pour la première fois au devant d'elle? Docens verecun^
diam in nupUis prxire debe.re, dit S. Ambroi-e (lib. De Palnarchls),
-> Le décret de Gratien, qui invoque à ce sujet (parle ir , causa xxx,
queest. y) le motif de la soumission de l'épouse, s'appuie aussi de S. Isi-
dore de Séville, ch. xix, liv. II , De Offiriis Ci (kmaslicis. — N» us sup-
posons même qu'il y avait là un reste de ce flabdlum , usité dès les
premiers temps de rÉ<;lise et encore dans les cérémonies romaines, où
le Pape en est couveit. S.Jérôme, remerciant Marcella (/ipiâf. XLI,
lib. I; d'en avoir envoyé quelque-uns à ses ami.^ de Rome, montre que
c'était de son lemps comme une sorte d'évenlail utile à se préserver des
mouches : mais il en étend le sens au voile de la pudeur qui convient
aux vierges (et aux époux comme à elles , car le mariage chrétien a
auisî une espèce de virginité) : « Qnod autem matronis ofTertis mus-
cnrin parva, parvis animalibus evitandis, elegans significatio est debere
luxuriam cilorestringere,quia muscœ moritur» oleum novitatis exter-
minant. Hic typus est virginum. »— Voir une intéressante Dissertatim
sff le FLABELLUM, de M. l'abbé Martigny, i4nna/. de VArad. de Mdron,
i. 111 , p. 370 et saiv. — Nous somme? donc anlori>*ê à peu-^er que la
454 iriSTOIllE DU SYMBOLISME.
Ainsi , tout rappelle dans les sacrements , outre la grftce
donnée par le prôlre , renseignement donné par TÉglise ,
sa doctrine înfaHïible, et constate que dans ces signes Sen-
sibles l'âme chrétienne reti-ouve, après ses chutes ou
dans son innocence même , une amélioration de soti étal
actuel et un gage de sa consolante immortalité.
iitaîteîlï?«cri* **^'^ ^'^^^ particulièrement autour du Saci^meiit dîrin
lenee; quc la liturglc rayonnc de toutes ses beautés de vie sym-
bolique ; et c'était juste. Le culte se rapporte tout à Dieu,
et là où Dieu se trouve doit aussi éclater toute la splendeur
des hommages religieux. Aussi a-t-on nommé par excel-
lence l'offrande du Saint Sacrifice du nom de Sainte liturgie.
D'abord réduite à l'essentiel de ces témoignages d'adoration
et de respect» la Messe, qu'il fallait célébrer en secret parce
qu'il importait beaucoup de n'en pas divulguer la pensée
intime aux ennemis de la foi nouvelle , consista dans la
Consécration du pain et du vin accompagnée des prières
et des bénédictions qui en signalèrent l'institution par le
Fils de Dieu. C'est ce qu'affirme S. Paul quand il dit
aux Corinthiens qu'il a reçu du Seigneur l'enseignement
aatour d'elle m qu'il Icur dounc touchaut l'Eucharistie (4). La plus
manie qu*ont eue de respeclables ecclésiasUques d'écrire à Rome pour
bouleverser tous les i^élails liturgiques , fondés comme celui-ci sur les
l>lus antiques usages^ n'& seivi qu'à priver quelques-unes de nos plus
belles cérémonies de symboles au»si vénérables que signiflcatif8.Rome9
qui n'a pas le temps d'écouter 6t de faire des dissertations sur tout ce
qu'on lui demande^ répondra toujours, et avec raison, de s'en tenir au
rituel romain. Mais elle ne peut mesurer l'indiscrétion qui inspire trop
souvent un zélé inconsidéré, et nous croyons que sur cette question et
beaucoup d'autres Elle eût répondu autrement si , au lieu de vouloir
délntirê, le questionneur se fftt donné la peine d'étudier sa question,
d'en exposer les bases scientifiques, et sk fût aperçu qu'il devait^ au
contraire, consolider. N'était-ce pas d'ailleurs un de ces usages immé-
moriaux auxquels l'Église a toujours déclaré qu'elle ne voulait pas
toucher?
(1) « Ego enim accepi a Domino quod et tradidi vobis. Quoniam Do-
minus Jésus in qua nocle tradebatur , accepit panem, et gratias ageas
Tf egit et dixit : / ccipite et raanducate : hoc est eâim Corpus mê«m quod
liro vobis tradotur. Hoc facile in meam commemoratioiieDÉ... Shmliter
LlTDRGtÉ OAtH^lQUe. — LA MESSE. 455
ft^iélMe IHurgie liotf» vletri dotic âts AÉôfr es, detneurés f roupent im pin»
enéefiftble it Jériisalenl^ pendant les quatorze' préTHières letreu^ienT.
aMéé& qof suivirent TAscétision , ef qui fie Éiaiicfiièrfnt
ptfs, eémMe en font foi et la première fête suivante de la
Pefitecôte et les chapitres i et it de l'Aj^oealypse, de
se réunir au moins chaqiie dimanche en sotivêlhir des plus
grartds Mystères du Sauveur, de même que le samedi
était \è jour consacré par les Juifs à symboliser le repos
qoi suivit l'œuvre de la création. Cette liturgie fut décrite,
dès le deuxième siècle, paf S. Justin dans son Apolùgé*
tirpte (t). On la retrouve, au milieu du quatrième , dans
les quatrième et cinquième Catéchèses de S. Cyrille (2).
et calicem poslqDom crsûâvit, di(ïeoa : IJic calix novam Teâtâmeûtuin
est in meo Sângaine. Hoc facile quotiescumque bibetis ia meam corn-
memoralioneui. Quotieacumqae enim man«lucabitis panem hune et
calicem bibetis^ mortein Domini annuntiabitis donec veniat. — Itaque
qnicamqoe manducaverit Patjembfinc, Tel biberU Calicem indiiniey
reu9 eritCorporid etSan<;uinîd Domiui. Probet auteni se ipsam hoino :
qui enim manducat etbibit indigne, judicium sibi manducat et bibit,
non dijudicanâ Corpus DOmini. b (1 Cor., xi, 23 etdeq.) -^ Ces paroles,
qu'il faudrait effacer de rËvangilë plutôt que de leur donner le sens
aceommodatif et tiraillé des protestants^ sont la plus grande preuve de
la Présence I^éelle, et elle^) expliquent seules comment la Messe est
trinstilution divine , aussi bien que l'Eucharistie elle-même. Le culte
(le latrie ne se peut exercer qu'avec tous les moyens employés pour
rendre au Dieu sauveur radoration la moins discutable, et nous voyons
ici la double matière du sacrement revêtir un caractère purement sym*
bolique.
(1) « Solis , ut dicitur, die , omnium si ve urbes , sive agros incolen-
tium ia eumdem locuin fit conventus , et commentaria Apostolorum,
aat scripta Prophetarum leguntur, quoad licet per tempns. Deinde...
is qui praeest admonitionem verbis et adhortalionem ad res tam prœ-
elaras imitandas suscipit. Postea owues consurgimus... Ubl desiimus
precari, panis afTertur, et vinum et aqua, et qui prœest preces et gra-
tiarum actiones totis viribus emtttit , et populus acclamât ainen^ et
eomm in quibus gratise actse sunt distributio fit et communicatto uni-
cuique prsesenUum » (S. Just., i^poJ. i, n«67.)— La Messe est
évidente en ce peu de mots, et voilà bien l'imitation la plus sensible de
la Cène décrite en nos divers Évangiles.
(2) Nous ne citons pas tons les textes, afin d'abréger; mais nous
^•u^ageon9 à lire dans Fleury, Hisi. ercléi., liv. XVin, n« 55 , les détails
'le la Messe expliqué:) i^àr le salut évéque de Jérusalem , o\\ l'on voit,
456 HISTOIRE DU STMB0U8ME.
Peu après, les Constitutions apostoliques ia reproduisent
avec une remarquable exactitude, et Ton voit par elles que
déjà ia journée ciiréticnne était divisée , comme aujour-
d'iiui, outre les matines et les vêpres, en quatre parties
destinées chacune à une prière qui rappelle les circon-
stances diverses de la Passion du Sauveur (4 } . Le livre vni,
surtout , contient une description du Saint Sacrifice qui
pénètre d'une juste admiration. Là se constate l'antiquité
de ces rites vénérables qui nous apparaissent , de nos
jours, entourés d'autres détails non moins précieux et tous
capables d'attester la haute importance que les siècles pri-
mitirs ont attachée à ce culte de latrie que l'Église prodigue
au très-saint Sacrement.
lUfche propres- En effet, Ics Papcs, dans un laps prolongé de plusieurs
■iTe de ce iTiBbo- _ , ' , ,
liimeàtraren les sièclcs, sc sottt plu , comme uous l'avons déjà remarqué , à
orner la liturgie des Saints Mystères de quelques symboles
supplémentaires, faisant ainsi la preuve continue de leur
souveraine autorité sur ces graves matières, qu'il importail
de soustraire à l'arbitraire de chacun. C'est de la sorte que
S. Alexandre I" régla (de l'an 409 à l'an 449} qu'on mêlerait
au vin du Saint Sacrifice une petite quantité d'eau pour sigui-
fier, d'après IWpocalypse, l'union du peuple au prêtre dans
par exemple, que, len chrétiens devant y recevoir la sainte Eucharistie
dans leur main , ils devaient pour cela s'agenouiller à Tantel , puis
mettre leur gauche sous la droite , où le Corps de Jésaa-Christ étail
déposé, « pour lui servir de troue ^ puisqu'elle doit recevoir ce grand
Roi. »
(1) Ce texte est trop explicite pour ne pas trouver sa place ici , car
il rend toutes les raisons de la division dix-huit fois séculaire de notre
Office divin :— « Precationes fdcite manc, et terlia hora ac sexta. et nona,
et vespere , atque iu fmllicinio : Mane, gratias agentes quod DominaSy
abducta nocle, etinducto die, illuminavit nos; Tertia hora, qaoniam
in eaDominns senlenliam damnalionis excepit a Pilato; Sexta^ quod
iu ea crucifixus est; Nona, quia cuucla, crucifixo Domino, conimota
suntydum horrentimpiorum Judœorum temeritalem, nec ferre possunt
coDlumeliam Domino illatam; Vespere , gratias agentes quod noctem
nobis dederity laborum diurnorum requietem; iu gallorum cantu, eo
quod illa iiora uuatinl adventum diei , ad facieuda opéra lucfs. »
'i:OHAiiiut. Apo^t., lib. VllI, cap. xxxTv; ap. Mignc, Pafrol., t. I.)
LITURGIE CATHOLIQIK. — LA MESHi:. Wû
l'offirande des Saintes Espèces (4). — S. Félix (de 269 à 274 j
voulut que les autels fussent dressés sur les reliques des mar-
tyrs , conformément à un autre passage du chapitre vi de la
même révéla tion. S. Sylvestre (3U-335) introduisit Tusage
exclusif du lin pour les nappes d'autel, afin de rappeler la
foi toujours pure de TËglise , aussi bien que la pureté du
cœur *sacerdotal exprimée par la blancheur de la toile. —
On doit à S. Grégoire le Grand (590-604) le Kyrie eleison ;em-
prunté à TÉglise grecque en symbole d'union avec elle,
mais en y ajoutant le Christe eleùon ; et Durant de Mende,
entre autres raisons auxquelles le saint Pape n'a peut-être pas
songé, mais que la piété catholique peut fort bien se faire
sans inconvénient, nous explique que ce chant fut partagé
en trois reprises en l'honneur des trois Personnes de la
Trinité, invoquées trois fois chacune pour exprimer leur
unité indivisible (2). Au reste, le mystère renfermé dans
le nombre neuf ne semble pas étranger à cette combinaison.
On sait que ce nombre est celui de l'heure de none, à
laquelle le Sauveur rendit Tesprit sur la croix. Ce serait
donc un cri de miséricorde poussé par l'ÉgUseau commen-
cement du Sacrifice où va se renouveler la mort du Dieu
rédempteur (3). S. Grégoire, dont toutes les pages respi-
(1) « Aquœ... popali sunl. » {Apoc, xvii, 15.) — Voir^ ci-dessus, t. Il,
p. 284, TexpUcation symbolique de ce passage.
(2) « Dicitur ter ad Palrem , ter ad Filium , ter ad Spiritum Sano-
tum..., ut notetur Pater in Filio, et Filius in Pâtre, et Spiritui Sanctus
in Qtroque. » (Ration, div. Officior, yWh* W , cap. xii.) — Voir aussi
Brev. rom., 12 mart., lect. iinoct.; — dom Gnéranger, Instit, liturg,,
I. 164 et suiv.
(3) Ceci report bien des propres paroJes du saint Pape : Kyrie elei"
«on el ChrisU eleison dicimus vl in his deprecationis vocibus pauto
diutius ocatpemur (£pist. LXiv, lib. VU;. Cette méditation ne se rap-
porte-i-eUe pas de préférence et tout naturellement à Tobjet de la
liesse, qui commençait par cette supplication aussitôt que le prêtre
était monté à l'autel? — On peut tirer la même conclusion de ce que
S. Méliton dit du nombre ix : Novem ad savramenlum, quod hora bo-
minus nona emisil spiritum, sec. MaUh., xxvn>46. [Clavis: De Numé-
ris, IX.)
458 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
rcnt le6 recÉiercbes de ce yenre, peut donc bien avoir eu
en vue celte idée mystique en indiquant son triple Kyrie.
C'est à ce même Pape qu'on doit d'avoir exclu du Carême
le chant de Y Alléluia^ emprunte du temps de S. Jérôme et
du pape Damase à TÉglise de Jéi*usaieni , où il était usité
toute Tanaée, comme ou fait encore chez les Grecs. Cette
restriction était un symbole de plus et rendait tr&-bieD
les 'tristesses de la pénitence publique. N'était-ce pas
encore à l'occasion des appréhensions de Rome, assiégée en
594 parles Lombards, que Grégoire intœduisit au canon
les paroles qui demandent la paix de ce monde et de
Tautre (tj? L'étude de ces matières, particulièrement
dans l'excellente Explication des cérémonies de la Messe^^r
le P. Lebrun, puis dans les ouvrages aussi solides qu'in-
téressants du cardinal Bona et de Thomassin, complétera
les connaissances nécessaires pour en bien comprendre l'es-
prit, et vaudra mieux que certains écrits nouvellement
publiés par des écrivains superficiels, dont le but, en
traitant de telles choses , est plutôt un lucre de librairie
qu'un désh* méritoire de porter dans les intelligences la
lumière et l'édification.
L'ÉffUi« a njm- Cc qui précède indique, du reste, quel soin dut prendre
tidis de'sOT^iri- l'Église de symboliser toutes ses pratiques, devenues plus
°'''°**' capables par là de se lixer dans la mémoire des hommes
lA btbuoffr»- en maintenant d'autant mieux leur attention. De là toutes
phi6 syonboliiti*
qu«. les prescriptions des missels, les rubriques si nombreuses
réglant les moindres détails de TOffice divin , et qui nulle
part ne font mieux ressortir l'intention doctrinale de ses
illustres et pieux conducteurs que dans les trois livres
connus sous les noms de Rituel ^ de Pontifical et de Céré-
mmdul des Évéques. Ces livres, dont le pape. Benoit XIV
revit le texte après les révisions antérieures de Pie V, de
(1) « Oieaque nostros in tua pace disponaB, aXque ab seleriMi dainna-
tione nos eripi, et in Eiectorum tuorum jubeas grege numerari. » {Ubi
suprà,)
UTURGIE CATHOLK^IK. — LE SIGNE DE LA CROIX. \:>9
Clémeol VIII et de plusieurs autres de ses prédécesseurs ,
peuvent être considérés comme le symbolisme en action
des Sacrements, du culte public, et des cérémonies réseï^
vées dans l'Église aux évéques et aux prêtres. On ne peut
guère les lire avec fruit si Ton n'en a acquis Tintelligence
pai' des études spéciales, au moyen, par exemple, des
savants commentaires donnés par Gavanti et Galalani, deux
autorités que leur poste dans les congfrégalions romaines
rapprochaient toujours des sources de la vérité (1).
Que si nous parcourons les âges en descendant du ber- symbouame du
. i„s ,. I ,,. . ,. . . tlipie d« la Croix,
oeau de 1 Ëglise chrétienne jusqu a notre temps, nous ver-
rons certains usages s'établir successivement et rattacher
à la Messe une remarquable série de faits symboliques
auxquels on ne songe presque plus aujourd'hui, mais qui
n'échappaient point à rintelligence des époques plus sé-
rieuses et plus saintes. De ces symboles , le plus ancien et
le plus usité est certainement le signe de la Croix, qui se
mulliplie à l'infini dans toutes les relations liturgiques
entre l'homme et la Divinité. Ce signe ayant été expliqué
par nos plus anciens liturgistes , nous nous abstiendrons
cette fois de les citer, en usant simplement d'une interpré- •
talion qui les résume tous et qui s'est évidemment ins-
pirée du moyen ftge, quoiqu'elle ne remonte pas au delà de
4560. JU. le chanoine Barbier de Montault, à la complai-
sance duquel nous la devons, l'avait extraite, à notre inten-
tion, à'un Sacerdotal ou Rituel imprimé à Venise sous cette
date. Yoici comment s'exprime le livre italien : « Que le chré-
(1) L*ouvrage de Gavanti a pour litre : Thésaurus sacromm rUnum^
sive Commentaria in rubrieas Missalis ei Breviarii, MeraU eo a donné
à TnriB, de 1136 h ilM, ane édition^ en cinq volumes in4%'qui est la
xoelUeure, parce que le savant éditeur, en l'augmentant d'observations
qui avaient échappé à l'auteur, Ta enrichie de notes aussi exactes que
solides. EHe a été reprodoite récemment par la librairie de Paris. -^
Catalan! a commenté aussi le PonUficale romanum et le Ceremoniale
Spixcoportim. Les dernières éditions de ces deux ouvrages importants
ont fait moins rechercher celles de Rome^3 vol. in-f», 1738-40; ei 9 ia-f*;
1144.
I(>0 IIISTOiRK Dl' SYMBOU8MK.
tien pose d*abord la main droite sur le front et dise : au
NOM DU PÈRE , parce que le Père est le principe de toute la
Divinité, suivant Texpression de S. Augustin; ensuite,
au-dessous de la poitrine, et dise : et du fils, parce que le
Fils, procédant du Pore, est descendu dans le temps au
sein de la Vierge; puis, qu'il porte sa main à l'épaule
gauche, et la ramène à la droite, en disant : et du saikt-
ESPRIT, parce que le Saint-Esprit procède par voie d'amour,
et est comme le lien du Père et du Fils, procédant de
l'un et de raulre. Nous aussi, nous espérons passer de la
gauche, c'est-à-dire dos tribulations de ce monde, à la
droite de l'Éternelle Félicité. Enfin qu'il dise en élevant
la main : ainsi soit-il, qui signifie: que cela s'accom-
plisse. »
Ce simple exposé indique très-bien dans quel esprit le
prêtre renouvelle si souvent le signe de croi\ sur les
offrandes sacrées de l'autel et sur lui-même, pourquoi le
signe revient si souvent dans les bénédictions et dans les
evorcismcs : c'est toujours au nom de la Trinité, principe
de toute sainteté et de toute action liturgique. De telles
• notions sont aussi très-capables d'entretenir la pieuse fer-
veur du chrétien qui prie , et à qui ce signe est si familier
dans tous les actes de la vie spirituelle.
dainminaire, Lc luminairc, parmi nos symboles, est encore des plus
anciens. Il fut toujours ce signe sensible de la présence
réelle du Seigneur sur l'autel ou dans le temple. C'est par
la même raison que la lampe garnie de l'huile d'olive, la
plus pure de toutes et la seule que l'Église admette pour
les Sacrements, brûle sans cesse et de temps immémorial
partout où l'on réserve l'Eucharistie ou même les pré-
cieuses reliques des Saints : car elle symbolise aussi par sa
durée continue la vie du règne futur, que rien n'éteindra
plus pour ceux qui l'auront acquise.
df. rÉptire»! a» ^ous entendons lire par le sous -diacre, au côté sud
de l'autel , les prédications apostoliques du nouveau Tes-
UTlRGiK CATHOUyiK. — LIIS NÉTEME^TS SACRÉS. 4 01
tainent, parole divine, ou sanctifiant les âmes déjà pourvues
de la grâce du salut , ou appelant les peuples des contrées
lointaines ; et c'est vers ces contrées hyperboréennes de ia
froidure et de la mort que le diacre , en chantant l'Évan-
gile , dirige la bonne nouvelle du Sauveur. Chacun des et «le toute vae-
" ^ tion du Saint 3a-
autres détails de Vacdon est ainsi calculé d'après une criflce.
idée mystique d'où ressort un enseignement nouveau. Par
e\cniple, le diacre et le sous-diacre de la Messe solen-
nelle, s'échelonnant, au moment du Sanctus , derrière le
célébrant, représentent les disciples s'éloignant de Jésus
à l'approche de sa passion (4). En un mot, tout devient
expressif jusque dans les moindres mouvements du prêtre,
comnie on peut le voir dans une foule de livres devenus
populaires.
Les vêtements sacerdotaux ne sont pas moins éloquents oet rétementi
pontifleanx et ••-
par leurs formes et leurs couleurs, et, à plus forte raison, il cmiotnu»:
n'est aucune des cérémonies de la consécration des évoques
et des prêtres qui n'ait son sens mystique et ne contribue
au cai'actère sublime du nouvel élu. Dans l'origine, les
titulaires des différents Ordres gardaient continuellement
leurs habits sacrés, qu'il fallut réserver aux seules céré-
monies quand le nombre des ministres se fut augmenté.
S. Jérôme, au rapport de Sicardi, parlait de cette coutume
comme déjà observée de son temps, au quatrième siècle. Les
prescriptions de l'ancienne Loi , qu'on trouve au ch. xxviii
de TExode, pourvoyaient aux costumes d'Aaron et de ses
fils, des prêtres et des lévites. Les Apôtres ne purent man-
quer de s'en inspirer, et c'est dès leur époque, où nos •
principales traditions remontent toutes, qu'on vit apparaître
cette distinction entre les habits sacrés et les costunçes
laïques. N'oublions pas cependant que cette distinction ne
(i) « Ex nunc autem verbis et gestibas Christi Passio reprœsentatur*
Nam diaconuB et sabdiaconus vadunt post dorsum episcopi seu aacer-
dotis : iD quo fuga Apostolorum in Cbristi Passione signiticatur. n
(DuranU Mimât. Ration», lib. IV, parte ii^ cap. xii.)
T. IV. il
I<i2 HISTOIRK DU SYMBOLISME.
put ôlre publique pendant les persécutions des deux pre-
miers siècles. Quoiqu'il en soit, et dès qu'elle fut possible,
une telle différence commandait trop le respect des choses
religieuses , et servait trop bien à établir aux regards les
degrés divers de la hiérarchie cléricale, pour n'être pas réta-
blie.On peut lire avec fruit, dans leMitraleàe Sicardi,évèque
de Crémone, mort en < 2^5, l'histoire et le sens symbolique
de toutes les parties du vêtement sacerdotal, que nous allons
abréger en quelques mots pour rester dans les bornes de
notre sujet (<).
La mitre. El d'abord il faut observer avec lui que tous les orne-
ments dont use le prêtre pendant les Saints Mystères sont
propres à l'évêque, et que celui-ci en a quelques-uns dont
le prêtre n'use pas. Telle est, entre autres, la mitre, ancienne
tiare , sorte de voile gardant la tête , mais aussi véritable
couronne faite de fin lin ou de soie ornée d'or et de pierres
précieuses ; elle signifie la garde des sens contre les pres-
tiges du monde et rappelle la couronne de vie promise à
ceux qui aiment Dieu en le préférant à tout. Ou bien on peut
y voir l'Église elle-même parée de sa vertu pure comme
le lin, de sa sagesse aussi belle que l'or, de ses gemmes
(1) Cf. Sicardi^ Cremonensis episcopi, A/t7ra2e, inter opp.; —Migne,
PatroL laiina, t. CCXUI, col. 72 et seq.; ~ DuraDti, Mimai, episc.^
Ration, div. Offic, lib. 111, cap. xvii; — Poniif. Roman., part. i,p. 123,
De Pallio. — Slcardi n'est pas isoIds intéressant que Durant de Mende ,
et il faut reconnaître que ce dernier a beaucoup emprunté à l'autear
italien , dont il est séparé par tout un siècle. C'est avec le même soin
que tous deux s'ingénient à trouver du symbolisme dans les moindres
détails; et ils ont prêté une trop ft-équente objection à ces antagonistes
de la science exégétique, qui leur reprochent^ en preoTe de son inanité,
les minuties de leurs interprétations forcées. L'accord unanime de
deux auteurs qui n'ont pas pu se concerter prouve cependant très-bien
que ni l'un ni l'autre n'inventaient leurs raisons, et que, plus ou moins
admissibles aujourd'hui , ils les prenaient cependant avec simpUcité
dans les données de leur époque. Ceci ne prouverait d'aiUeurs que
contre certaines exagérations de quelques symbolistes , et non contre
le symbolisme lui-même, sur lequel notre lecteur en sait assez à pré-
sent pour le défendre enfin par de bonnes raisons, en laissant pour
ce qu'elles valent les mauvaises qu'on lui oppose.
LITURGIE CATHOLIQUE.— LES VÊTEMENTS SACRÉS. 463
qui brillent comme les vertus qu'elles expriment. Les deux
pointes sont les deux Testaments , objet de la prédication
épiscopale. Nous pouvons faire observer ici que la mitre n'a
pas toujours eu Félévation disproportionnée qu'on lui a vue
depuis le seizième siècle , qui eût manqué à ses prétentions
outrées de rompre avec tout le passé de l'art catholique s'il
n'eût dénaturé jusqu'à cette modeste et élégante mitre du
treizième siècle, d'autant plus gracieuse qu'elle s'éloignait de
toute exagération. C'est depuis cette formidable hauteur
remarquée à la mitre des évèques siégeant au concile de
Trente qu'il fallut faire entrer dans le cérémonial rusage,peu
commode, qui interdit à l'évoque de se couvrir et découvrir
lui-même. La forme plus rationnelle du treizième siècle, à
laquelle on semble revenir assez génémlement de nos jours,
n'effacera pas cet usage, consacré aujourd'hui par la tradi-
tion, mais qui est loin d'ajouter à la majesté des cérémonies
épiscopales. Quant aux fanons qui retombent sur les épaules,
ce ne furent d'abord que de simples galons destinés à con-
solider au besoin la mitre sur la tète. On les a conservés
sans utilité, et l'on s'en priverait sans grande perte.
Les gants rappellent le conseil du divin Maître : « Que votre Le* ^aats.
main gauche ne sache pas le bien qu'a fait votre droite (4 ) . »
L'anneau fut toujours un signe de dignité : l'évoque a la ^ L'anneau «in
, eTÂQues I des ab*
plus élevée dans son Eglise; d'alliance, il lui est uni comme w» et des cha.
* noine*.
à une épouse , qu il ne doit pas abandonner sans de graves
raisons. C'est par le même motif symbolique que les cha-
noines des cathédrales se parent de l'anneau qu'ils reçoi-
vent dans la cérémonie de leur installation, et qu'ils doivent
porter à Tannulaire de la main droite ; ils sont les coopé-
rateurs de l'évêque dans le gouvernement du diocèse , et
inamovibles comme lui, donc aussi les époux de la même
Église (2). — L'anneau épiscopal est orné d'un diamant
(1) « Nesciat sinistra tua quid faciat dextera tua. i> (Jfa/(/i., vi, 3.)
(^) Le droit donné aux chanoines cathédraux seuls de porter Tanneau
semble remonter à un induit du pape Célestin 111, qui^ en 1191^ permit
I6i HiSTOlRt: bl SYMBOUSMI::.
pour moiilk*er Famour incorruptible du Bon Pasteur. —Les
mêmes raisons autorisent Tanneau des abbés comme chefs
des Ordres ou des monastères , sur lesquels l'Église leur a
donné un droit de gouvernement et de juridiction.
ul croMt. La crosse rappelle la verge de Moïse opérant les miracles
qui confondirent Pharaon (4); et aussi bien le bâton de
voyage que Jésus permettait , à Texception de tout autre
objet , pour les courses de ses Apôtres (2). C'est donc à la
fois une défense contre l'ennemi de la foi , un appui
dans les fatigues des voies étroites. Comme la crosse
est aigué par le bas et recourbée à sa partie supérieure,
le pasteur doit s'en servir pour exciter les brebis pares-
seuses, retenir celles qu'emporterait une dangereuse
ardeur, et au besoin en faire un support pour les faibles.
Qu'elle soit d'or ou d'ivoire, ou môme de bois, comme celle
de certains abbés d'Ordres plus sévères , ce seront des signi-
au chapitre de Siponte d'uaer de la mltre^ de la crosse et de Taimeau.
(Bouix , Inslit. juris canon., p. 505.) — Après cet exemple , d'autres
chapitres obtinrent la même faveur , qu'on trouvait déjà établie dès
1050 par Léon IX. Ce Pape donna aux clianoines de Besançon le titre
de cardinaux et au doyen le droit d'officier pontificalemenl. M. l'abbé
Barraud , qui a inséré au XXX<^ volume du Bulletin monumental
Une savante dissertation sur les bagues à toutes les époques, n'a pas
porté ses recherches sur l'anneau canonial, dont on ne sait pas bien à
quelle époque il fut vulgarisé, mais dont aucun Chapitre ne se prive en
Italie, et à l'égard duquel le droit s'est trouvé fixé indubitablement,
après le concile de Trente, par beaucoup de décrets émanés de la con-
grégation des Rites, surtout en i623. 1628 et 1663. — Voir Manuale de-
creloruin S. R. C.,teriia ed.,Romœ, in-8% 1853, cap. ix, § 4, De Capitula
cathedralium, p. 206, n© 747.— Il est bien entendu que le texte de ces
décrets n'est applicable qu'aux chanoines titulaires , qui sont les seuls
vrais chanoines d'après le droit, et non aux honoraires, devenus si
nombreux par un abus que Rome improuve, et dont le nom était pres-
que ignoié autrefois.— D'après les textes des nouveaux décrets, les
chanoines titulaires peuvent, cfe rigore, avoir une pierre à leur anneau;
mais ils ne doivent pas, en ce cas, la porter pendant la messe, aûn de
faire autrement que lesévêques. C'est ainsi qu'agissent aujourd'hui les
chanoines d'Orléans et ceux de quelques autres Eglises.
(1) Cf. Exode, ch. xvi et xvii.
(2) « Et prœcepit illis ne quid toUerent in via, nisi virgam tantam. »
{Marc, VI, 8.)
LITURGIE CATHOLIQUE.— - LES VÊTEMENTS SACRÉS. 465
fications diverses, mais toujours symboliques et très-faciles
à comprendre; car nous savons de reste la pureté de l'ivoire
et de For, les richesses spirituelles qui s'y cachent, et le
mérite de la pauvreté monastique. La simplicité primitive
dans cet instrument , comme dans un si grand nombre
d'autres, s'est beaucoup modifiée, on le sait, à travers les
siècles où l'art put développer amplement ses magnifiques
ressources. Quant à l'orfèvrerie , aux émaux et au soin d'y
enchâsser les pierres, brillantes de leurs radieuses couleurs,
les douzième et treizième, surtout, ont eu leurs chefs-
d'œuvre , que nous admirons encore et dont on peut voir
les curieuses variétés dans le quatrième volume des Mé-
langex des PP. Martin et Cahier. On ne consultera pas avec
moins de fruit la savante dissertation que M. le comte Au-
guste de Bastard , le même qui a bien voulu accepter la
dédicace de notre livre , a écrite sur la Crosse découverte ,
en 4856, daïis l'ancienne abbatiale de Tiron, A propos de ce
symbole du douzième siècle, conservé aujourd'hui au
Musée de Chartres , l'illustre savant a composé un mémoire
dont les notes nombreuses et toutes empreintes de l'érudi-
tion qu'on lui connaît, forment à elles seules un ensemble
où le symbolisme est aussi bien compris que largement
exposé. C'est un livre qu'on ne peut trop consulter et dont
les précieux éléments , reliés par une table analytique ,
fourniraient des documents inappréciables à la science que
nous préconisons ici (<).
Le pallium est aussi une marque de dignité, aujourd'hui L«P»iiium.
réservée aux archevêques. Ce fut, dans l'origine, un man-
teau d'honneur envoyé par les empereurs chrétiens aux
prélats, pour signifier que ceux-ci ne différaient en rien,
(1) Ce remarquable travail forme la plus «grande partie du quatrième
Tûlume du Bulletin du Cowité de la langue, de l'histnire et des nrls
de la France, n^» \0, 11 et 12 de l'année 1857, publiée à Paris en 1860.
— il est très-regrettable que tant de science ne fasse point un livre
spécial et se trouve ensevelie dans un recueil où quelques rares énidits
songeront seuls à l'aller chercher.
166 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
pour raùtorilé dans les choses spirituelles, de l'empereur
lui-même dans le pouvoir temporel. Les papes continuè-
rent de l'octroyer quand ils eurent pris, à Rome, posses-
sion de Tautorité souveraine que leur y laissa le séjour de
celle-ci à Gonstantinople. Mais aussi le pallium changea de
forme , et pour ne pas voiler aux regards ni la chape ni la
ciiasuble pontificales , on le réduisit bientôt à une simple
bande de laine blanche , large de trois ou quatre doigts ,
ornée dans sa longueur de quatre croix grecques de couleur
noire : ce n'est donc plus qu'une simple décoration indi-
quant la suprématie archiépiscopale , aussi bien que celle
du patriarche et du primat : (c In quo est , dit le Pontifical ,
pUniiudo pontificalis Officii. » Cependant quelques évoques,
par une faveur attachée à leur siège, en sont aussi décorés ;
mais ils ne peuvent s'en parer, non plus que les archevê-
ques mêmes, en dehors d'un certain nombre de fêtes pré-
vues par le Pontifical romain. Et toutefois, dit l'auteur que
nous suivons , ce n'est pas tant un signe d'honneur qu'un
symbole tout spirituel. Gomme il se passe en forme de cercle
autour du cou , et descend siu' le dos et la poitrine par deux
languettes, il semble entourer l'homme tout entier et lui rap-
peler le saint joug de la Croix , avec laquelle seule on peut
suivre le Sauveur; et quant au Pape qui le donne , il devient
envers ceux qui le reçoivent le signe de la mission aposto-
lique , dont le Vicaire de Jésus-Christ est seul ici-bas la
source et le dispensateur. Les croix noires sont également
un signe delà Passion. Durant, une centaine d'années après
Sicardi , y voyait mie pensée des quatre vertus cardinales ,
parce que de son temps elles étaient rouges. Cette diffé-
rence, dont on ne sait pas l'origine précise, prouverait en-
core qu'on ne croyait guère pouvoir se passer de symbolisme,
puisque , l'un disparaissant , on en rattachait un autre au
même sujet.
L% eroiz peo- La croix pcctoralc représente pour l'évêque cette lame
d'or dont le pontife de l'ancienne Loi couvrait son
tortt]«;
Lm BftiidâlM.
LITURGIE CAraOLIQUE.— LES VÉTEMElfTS SACRÉS. 467
front (4). Pour lui, elle était Findice de la Sagesse d'Ën-Haut,
qui n'était nulle part mieux que dans la Loi qu'il personni-
fiait ; et, comme sur la poitrine, il portait aussi sur le rational
les mots doctrine et vériêé (2). C'est également dans la Croix
que se résument pour le pontife chrétien ces deux principes
qui n'en font qu'un , et qui doivent rester inséparables de
sa personne; et comme la Croix est divisée en quatre par-
ties. Durant y trouve une ingénieuse allusion au texte de
S. Paul sur les dimensions à comprendre de la charité divine
dans le mystère de la Rédemption (3).
Enfin, les sandales sont la dernière partie du vêtement
spécial aux évoques. Il paraît qu'elles furent d'abord de
couleur rouge , ou noire, ou bleue. C'est depuis le treizième
siècle seulement qu'on en a fait de blanches , sans doute
pour les adapter mieux à cette couleur dans les fêtes , en
plus grand nombre, où eUe devient nécessaire. La raison
générale de cette chaussure n'est pas moins mystérieuse
que tant d'autres. L'évèque est obligé à parcourir son dio-
cèse , et on lui donna par là un souvenir de ce devoir. Les
sandales étaient autrefois munies de deux tissus qui , en
les reliant aux pieds, indiquaient la formalité de la marche
et l'infatigable ardeur des pèlerinages apostoliques. Avec le
temps ces attaches ont dispaiii, comme la simplicité primi-
tive de cette chaussure , aujourd'hui brodée d'or ou d'ar-
gent , et môme de gemmes diversement colorées.
A l'usage de ces diverses pièces du costume pontilical phôw» «ymbo-
liqnes propres à
sont attachées des prières, dont la récitation doit se faire en chaque partie du
même temps qu'on les revêt. Ces prières, comme les paroles
du consécrateur en revêtant l'élu de ses divers insignes ,
expriment les multiples Mystères qui y sont attachés. Il en
costume sacr^.
(i) « Faciès et laminam de auro porissimo in qua sculpes opère cse-
laioris : Sanctum Domino. j> (Exod., xxviii, 34.)
(2) « Doctrina et Veritas. » {fbid.)
(3) n Ut possitis comprehendere cum omnibus Sanctis quœ sit lati-
tude et longltudo, Bublimitae et profunduin Bacraraentihujus.))(£;)/ie5.,
ui, 18.)
464 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
est de même des parties du costume sacré qui est commun
aux prôtres et aux évoques , et dont il nous reste à parler
ExMn«n des vô- maintenant. On ne perd pas de vue que ce costume se rap-
ra Saint Sacrifice, portc surtout à TofiFrande du Saint Sacrifice. Il faut, toute-
fois, en excepter la chape, commune à plusieurs fonctions
depuis longtemps, mais qui est plutôt un parement réservé
au chant des vêpres, à TÉvôque tenant chapelle, au Chapitre
qui l'assiste pendant les offices pontificaux , et aux proces-
sions, pour lesquelles on l'employa d'abord : car, ces sortes
de pèlerinages en abrégé se faisant souvent jusqu'à des dis-
lances assez éloignées de l'église , on se trouvait parfois
obligé de se munir d'un manteau, nommé de là pluviale^
puis cappa ou chape, du petit capuce qu'on y ajoutait pour se
couvrir la tête au besoin. D'abord de simple drap, les chapes
parurent ensuite , à cause de leurs dimensions, plus dignes
de figurer dans les plus belles cérémonies. On les fit de soie
ou d'autres étoffes plus précieuses. On y prodigua l'or, l'ar-
gent, les pierreries, les métaux ciselés. On la donna aux
chantres comme à l'officiant , sans être un habit sacré pro-
prement dit , sans obliger celui qui la porte à réciter aucune
prière spéciale , sans recevoir môme aucune bénédiction
préalableà son emploi; elle a pourtant son symbolisme, qui
a servi à l'autoriser quand elle a remplacé la chasuble pour
une foule de circonstances , surtout depuis le changement
de forme de celle-ci. Durant ^ oit dans ce large manteau qui
enveloppe le prêtre une figure de la robe éternelle dont
les Saints seront un jour revêtus (l). Au reste, la chape a
sa couleur spéciale, qui suit celle des autres vêtements.
Mais revenons au Saint Sacrifice.
Le lavoraeiit Avaut tout , Ic prôhc cl l'évêquc se lavent les mains en
préalable de4
maiM. demandant à Dieu de leur doimer la vertu nécessaire à
l'œuvre subhme qu'ils vont opérer ; que l'eau dont ils usent
les purifie de toute souillure de l'âme comme de celle du
l) Voir RtUwn,dii\ 0/f., cap. xvm.
LITURGIE CATHOLIQUE. — LES VÊTEMENTS 8AGRÉ8. 409
corps, afin d'être plus dignes du service divin. Celle lotion
est donc une sorte de baptême qui prépare au grand sacre-
ment.
L'amict est un voile de lin blanc dont rofilciant couvre Lamjct.
sa tète et ses épaules : espèce de casque et d*arniure qui le
rassure contre les attaques de l'ennemi , ad expugnandos
diabolicos ineursus. L'amict est l'ancien éphod ou humerai
du grand-prêtre, couvrant la tête, où résident les opérations
de l'esprit, afin de les garder contre toute pensée inutile ou
dangereuse, puis le cou, où sont disposés les organes de la
voix, afin que la sainte Parole ne soit dite qu'avec le respect
et la dignité convenables ; et enfin les épaules, sur lesquelles
|)èse le fardeau du sacerdoce, toujours redoutable, toujours
donc l'objet de notre plus affectueuse attention. Que de
leçons en une si petite chose !
L'aube se revêt ensuite , tunique de lin , descendant jus- L'Mbo.
qu'aux pieds, costume des Anges toutes les fois qu'ils ap-
paraissent à la terre, image glorieusetie la pureté virginale
qui décore le prêtre et le lévite : il n'y a pas jusqu'à la lar-
geur habituelle de l'aube qui n'exprime dans la Loi nou-
velle la liberté sainte dont le Christianisme a donné l'esprit
à ses enfants d'adoption. En songeant à un tel insigne, le
prêtre sollicite dans son cœur et par ses paroles « d'être
blanchi de plus en plus et purifié davantage , » et, par allu-
sion à un passage de TApocalypse, il invoque a le Sang puri-
ficateur de l'Agneau qu'il va immoler comme le gage infail-
lible de ses joies éternelles. » On trouve dans le cordon, u cordon.
cingulum, qui retient l'aube en l'appuyant aux reins et à la
poitrine , et en lui donnant des plis sans lesquels elle man-
querait de grâce et d'élégance, une allusion à la recomman-
dation du Sauveur : « Ayez soin de ceindre vos reins (I). »
C'est encore, d'après S. Grégoire, le symbole de la chasteté :
Dimi sonde les cœurs et les reins, qui sont le siège des passions
.1; « Sintiumbiveitri prœciucti. »;LMr., xir, î^.^.)
470 HI8T0IRB DU SYMBOLISME.
charnelles (4). Et quand fut- il plus nécessaire de se le rap-*
peler qu'à l'approche du Saint des Saints dans le plus auguste
de ses Mystères ?
L'étoie. Uétole était d'abord une première robe qui devint lourde
et embarrassante, quand l'aube fut devenue obligatoire. —
L'étole fut alors diminuée de sa proportion , jusqu'à n'être
plus enfin qu'une partie d'elle-même, partie cependant tou-
jours nécessaire et sans laquelle on ne peut célébrer. En la
prenant, le préti'e, se rappelant la première robe d'innocence
perdue par le péché originel, conjure le Seigneur « de la lui
rendre avec celle qui va le couvrir encore , et en même
temps l'héritage que la première prévarication lui avait fait
perdre. »
Le manipule. Le manipule, manipulus^ n'était d'abord qu'une petite nappe
ou linge blanc que le diacre et le sous-diacre appuyaient
sur le bras gauche, pour s'en aider comme d'un moyen de
propreté dans leur office, qui fut toujours d'aider le prêtre
et l'évêque à l'autel, mais d'abord aussi de les assister dans
leurs fonctions extérieures, les voyages, la distribution des
aumônes , etc. C'est pourquoi on l'appelait aussi sudariwn.
Quand le prêtre et l'évoque durent célébrer les saints Mys-
tères ou faire leurs autres fonctions sans l'assistance des
ministres inférieurs, ils usèrent aussi du manipule, qui
devint un ornement sacré, et dont il ne fut plus permis de se
passer à l'autel. Son usage n'a donc plus depuis longtemps
que l'importance d'un souvenir respectable, et ceux qui le
prennent doivent on sanctifier l'emploi en demandant à
Dieu « de les rendre dignes par sa grâce de porter ce signe
de la componction du cœur, et du travail, » qui, accepté en
esprit de pénitence, leur fera « mériter la joie des récom-
penses à venir. » C'est aussi la pensée de l'évêque lorsque,
dans l'ordination du prêtre, il lui remet le manipule comme
(1) « Scriitans corda et renés Deus. » {Ps,, vu, 10.) — « Jubetar lum-
bos restringere , ut munditia sit castitatis iu corpore. » (S. Greg.
Homil. XIII in Luc)
LITURGIE CATHOLIQUE. — LES VÊTEMENTS SACRÉS. 47 \
un symbole des bonnes œuvres qu'il est appelé à accom-
plir.
Reste enfin la chasuble, dont le nom, casula^ et plus tard ^ ehfl8ubi<«,iA
planeiay indique bien sa destination et son office. C'est l*habit tna^ua.
supérieur,couvranttout le reste, et dontles riches ornements
rendent bien l'importance. En effet, le diacre, qui porte tous
les autres détails du costume sacré que nous venons d'expli-
quer , mais en faisant descendre l'étole de l'épaule gauche
au c6té droit, afin qu'il ne soit pas confondu en certains cas
avec le prêtre , ne peut user de la chasuble, qui est l'habit
sacerdotal par excellence ; il la remplace par une dalma-
tique ^ ainsi nommée de la province où on l'appliqua d'abord
aux choses sacrées , et qu'on croit n'être qu'une reproduc-
tion de la robe sans couture du Sauveur que les Apôtres
s'attribuèrent après Lui pour la porter continuellement.C'est
au pape S. Sylvestre qu'on doit d'en avoir fait le parement
du diacre pendant son office à l'autel. Il paraît, d'après un
texte d'Alcuin , qu'au neuvième siècle la dalmatique avait
des ouvertures sous les bras pour rappeler au diacre que la
lance avait percé le côté du Sauveur [\), — Quant au sous-
diacre , il n'a qu'une simple tunique , d'abord plus étroite
que la dalmatique , sous laquelle elle se portait, et dont les
évoques ont conservé l'usage. Cie n'est guère que vers le
onzième siècle qu'ayant été abandonnée par le diacre, on la
donna au sous-diacre , qui jusque-là n'avait servi qu'avec
l'aube, le cordon et le manipule, comme aujourd'hui encore
dans rÉgUse grecque, et même dans l'Église latine pour les
simples fériés de Carême et quelques autres circonstances
analogues. L'évêque, en ordonnant le sous-diacre , le revêt
de la tunique, et lui dit en même temps : « Que le Seigneur
vous donne lui-même cette robe de joie et de bonheur. »
— Mais il nous faut revenir à notre chasuble. C'est donc la
(1) « Habet pertusa sub^is quoniam iUis suadet qui eam iodnunt ut
ChrisU vestigia îmitentur, qui lancea perfusas edt in iatere. » (Alcuin.
y;jp. in codice Vatic. 5099. Apud Boldelti.)
Ckëmg*mtnt9r€-
gnÊUMmâanêU,
fmmm «to U
•flbfe.
ÉtoffiM des ha*
bits lltnrgiqnM.
Kit HTSTOIBE HV STHBOLISHB.
robe par excellence da prêtre; elle représente la charité et la
perfection qui doit sanctifier ses œuvres : Aecipe^ dit le Pon-
tife, vestem saeerdotalem per qttam ehariiàs intelliçUur,,. et
opus perfectum. Cette seule formule établit assez quel tort
on a eu d'arriver peu à peu, à travers miUe changements par
trop radicaux, jusqu'à dénaturer tellement la forme antique
de ce beau vêtement qu'il en est devenu méconnaissable, et
n'a plus rien du sens que la sainte liturgie n'a pas cessé de lui
reconnaître. Malgré ses formes étroites, plates et écourtées,
ne couvrant plus le prêtre que d'une façon incomplète et sans
signification , on a cependant gardé l'usage à la messe d'en
faire relever l'extrémité postérieure par le clerc ou par le
diacre, comme si elle devait encore embarrasser le sacrifi-
cateur s'agenouillant pendant la consécration. Si l'on voit
en cela un maintien de l'ancien usage qu'avait nécessité son
ampleur, n'y peut-on pas trouver aussi une autre protesta-
tion contre le malheureux abandon de ses formes si dignes
autrefois et si majestueuses ? Heureusement que çà et là ont
reparu, tout récemment , ces coupes que nos pères avaient
si sagement adaptées à tant d'autres convenances. En atten-
dant que cette réforme se généralise selon nos espérances ,
représentons-nous la chasuble comme nous étant ce joug
sacré dont le Seigneur a dit « qu'il était un fardeau aussi
supportable qu'il est doux (1), » et puisse le prêtre accom-
plir toujours en lui TefTet qu'il demande en s'en revêtant
pour le Saint Sacrifice : « Faites, ô mon Dieu , que je me
conduise en tout, sous ce joug vénéré , de manière à en
mériter toutes les grâces! »
Gomme ces habits sacrés sont faits d'étoffes mêlées d'or ,
d'argent, de franges et d'orfrois plus ou moins riches, aux-
quels on peut ajouter avec succès des pierres ou gemmes
d'un symbolisme qui s'y assortisse, nous devons parler de
(1) « Jugum enim meurn suave est, et onut meum levé, i» {Matih,,
r
LITURGIE CATHOLIQUE. — LES ÉTOFFES. \7Z
ces étoffes , dont le fond est souvent chamarré de divei*8
sujets tirés de la faune ou de la flore sacrée , et parle en
même temps d'autant mieux à Fintelligence et aux sens.
Quelques-uns de ces tissus de soie ou de laine, conservés
encore dans quelques sacristies , ou seulement dans de
>ieux inventaires , attestent le zèle pieux que mettait le
moyen âge à la confection de ces ornements si recher-
chés, et dont le genre commence heureusement à renaître.
On sait les chape3 de Gliarlemagne conservées à Metz , et , Qoeiquesunei
'^ ^ dM plus célèbres.
de S. Mesme à Ghinon , et les deux du treizième siècle
que possède Saint-Sernin de Toulouse. On peut observer
encore le voile oriental de la cathédrale du Mans , la cha-
suble de S. Thomas Becket, gardée à Sens, celles de S. Ber-
nard à Dijon , du B. Thomas Hélie à Biville , et ailleurs
beaucoup d'auti-es parties du vêtement ecclésiastique dont
la conservation est d*autant plus précieuse qu'elles peuvent
guider pour la fabrication intelligente d'étoffes destinées
de nos jours aux mêmes usages. Très-souvent ces belles Leur omemeo-
tation symbolique
œuvres sont d'origine orientale , les croisades nous en «u moyen Age.
ayant beaucoup apporté ; et comme , à la suite des inva-
sions arabes ou de quelques malentendus sur la doctrine
du second concile de Nicée, en 786, les Orientaux s'étaient
abstenus de représenter les créatures humaines dans leurs
images sacrées ou profanes (4) , presque toujours Tome-
mentation de ces étofies consiste en figures d'animaux et de
plantes , en festons et en arabesques ; et toutefois le sym-
bolisme n'y a pas moins son rôle, comme par exemple
dans les représentations du hom , arbre mystérieux
dont nous avons parlé ci-dessus (2), dans l'adoration du
feu, qui indiquerait exclusivement une source persane si
parfois les chrétiens de l'Orient n'avaient exprimé eux-
(1) Voir Pluqnet^ Mémoire pour sermr à rhistoîre des égarements
àe l^espril humain, L 11^ p. 231 et suiv.^ in-8s BcBançon, 1817 ; — et
BfttÛNer, Hist. de Vari nUmurnental, p. 67, in-S», 1848.
(2} T. ni, ch. xiJi, p. 528 et saiv.
474 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
mêmes par celte image le culte du vrai Dieu , dont le soleil
était chez eux le fréquent emblème : on le voit par La Clef
de S. Mélîlon et les Petites Formules de S. Eucher (4).
saccès do roc Quand TOccident, qui avait eu aussi ses belles fabriques
eldent en ce
jrenre. d'étoffes et de tapisseries bien antérieurement aux excur-
sions d*outre-mer , mais qui les avait négligées avec les
autres arts pendant le cours fatigué du dixième siècle, se
^ fut épris d'une nouvelle ardeur pour ces belles choses, ou
ne vit rien de mieux que ce qui s'exécuta , en ce genre,
dans les couvents de femmes (comme le prouve la belle
chape de Sainle-AIdégonde, qui sert encore une fois par an
à Maubeuge) et dans les fabriques françaises , dont le trei-
zième siècle nous a laissé de si remarquables spécimens.
Outre les dessins de caprices , les arabesques , les méan-
dres , les dents de scie et une foule d'autres moulures em-
pruntées fréquemment aux sculptures des monuments
religieux de cette riche époque , on parait volontiers le
champ de motifs blasonnés , toujours symboliques , ou de
scènes reproduites sur la soie et empruntées aux pages ,
alors si agréablement cultivées , des manuscrits à lettres
ornées et à délicates miniatures.
La ohape de Mais avaut même cette belle époque, d'habiles artistes
s'étaient exercés à des chefs-d'œuvre. Ainsi, la chape dite
de Charte magne , et qu'on fait remonter par conséquent
au huitième ou neuvième siècle , représente un vaste
semis d'aigles , symbole de l'empire , de la force et de la
majesté ; puis , par intervalles , des monstres ayant une
tête de loup et mordant de leurs dents très-apparentes
les jambes de ces oiseaux. On devine facilement à ces
traits le grand empereur triomphant des Saxons révoltés ,
(0 Solj Dominus Jésus Christus , dit S. Rucher^ Fonn., 294 ; apud
Spicileg. Solesm., lU ^ 405. — a Vobis autem timenUbas Deum orietnr
Sol jasUtiœ. » {Malach., iv, 2.) •*» Voir Spicileg.^ Il, 60, et toat le com-
mentaire qui s'y rattache , p. 61 et suiv.; voir encore S. Justin , ilpo-
log. u, sub fine.
LITURGIE CATHOLIQUE. — LES ÉTOFFES. 475
dont les attaques incessantes ne se terminent qu'à leur
défaite décisive ; c'est plus encore , car Taigle , qui est la
puissance de la terre , est aussi Jésus-Christ, qui s'y est
comparé ; et le loup , ravisseur cruel des brebis paisibles
et innocentes , n*est pas autre chose que le diable inter-
venant toujoui^ dans les aflaires de Dieu et des chrétiens
pour contrebalancer le pouvoir de Tun et la sainteté de
Fautre (4). Au temps de S. Louis, la chasuble donnée par
ce prince au B. Thomas Hélie est semée de fleurs de lis
et des tours de GastiJle , ce qui prouverait que la reine
Blanche aurait eu sa part dans cette générosité. Le lion
efflanqué associé à ces tours indique d'ailleurs le royaume
de Léon , qui fut longtemps uni à celui de Gastille. La
reine Marguerite de Provence n'y serait pas demeurée non
plus étrangère « car elle était de la maison de Maurienne ,
et on la reconnaît à l'aigle de sable qui en formait les
armoiries.
Ce n'était pas là le premier essai des pièces de blason o^igia» dM «r.
'^ tr r molries inr let or-
brodées sur les ornements ecclésiastiques. On avait com- «>•»•»*• •eou-
mencé cent ans auparavant , en 4 4 80 , à embeUir d'un
semé de France ceux qui devaient servir au sacre de Phi-
lippe-Auguste (2). Depuis ce temps , on prodigua le blason
à bien d'autres objets , soit pour prouver l'origine d'une
donation à une église , soit pour attester les droits qu'y
pouvaient avoir des familles seigneuriales; et jusqu'au
seizième siècle , où les derniers efforts de l'art chrétien
succombèrent aux coups du protestantisme et du liberti-
nage ligués contre lui , les chasubles et les autels , les clefs
de voûte et les vitraux , les reliques et les vases sacrés ,
(1) « Àquila, ChrJAtas : Sicat aquila proTocans polios auos ad volan*
dum. » {Deuter., xxxii, H.)— « Terrena potesta? : Dilata^ sicut aquila,
calyititim tanm. » (Mich., i, 16.) — « Lupus, animal valde vorax...,
ftguram geril diaboU; ipse enim semper rapina insistit... » (Distinct,
monastic. Ub. Hf, DeLupo; apud Spiciteg. Solesm,,i, il, p. 480^ et III,
63.)
(2) Eneyel&pédie, in4», t. XXXI, p. 685, v* SEMé.
17(î HISTOIRE Dr SYMBOLISME.
répétèrent à Texcès des motifs d'ornementation qui furent
trop souvent beaucoup moins une marque de dévotion
qu'une prétentieuse exigence de la vanité. Heureuse faute !
car au moins ces vanités d'alors servent-elles à l'histoire
de ces précieux objets, dont elles nous indiquent seules
aujourd'hui l'oripine ou la provenance,
sjnibousine des Mais ccs habits sacrés, par cela même qu'ils étaient
jiquet; liturgiqucs, devaient avoir leurs différentes couleurs, selon
les fêtes ou le temps de l'année auxquels on devait s'en
servir. Là était encore du symbolisme , non pas tant dans
le nombre sept, ni dans le nombre quatre, quoi qu'en
aient pensé certains archéologues , car ce nombre fut, à
différentes époques , différemment déterminé , que par le
caractère môme des fêtes auxquelles se rapportaient les
couleurs. On voit , d'ailleurs , que ce symbolisme ne s'est
complété que peu à peu , car le nombre quatre apparaît
au treizième siècle , le nombre sept au quatorzième ; puis
on le réduisit à six , que l'ordre romain possède aujour-
d'hui , en y comprenant l'or, qui n'est pas une couleur à
proprement parler, mais qui se mêle plus richement aux
autres dans les solennités d'un ordre supérieur. C'est Du-
rant de Mende qui compte quatre couleurs ; il est vrai
qu'il les appelle principales, ce qui suppose tout d'abord
qu'il en aurait pu citer d'autres , et , en effet , il parle du
violet comme usité à Rome , et du jaune {flavo colore) ,
qui ne l'est plus nulle part , outre le blanc , le rouge , le
vert et le noir , qui sont plus habituels en France , où il
écrit ; mais ce violet lui-même , couleur de la pénitence ,
est employé dans le Carême aussi bien que le noir, qui a
la même signification symbolique et indique les jours de
componction etdedeuU {V. La longue énumération que
(1) Le deuil se porta longtemps au moyen âge en violet. Les rois le
conservèrent jusqu'au dix-septième siècle^ et on voit dans ]es Mémoires
deDangeau (25 février 1689) que^ le roi Jacques d'Angleterre étant à
Saint- Germain quand mourut la reine d'Espagne, il prit le deuil en
LITURGIE GATHOUQUE. — SES COULEURS. ^7
fait le prélat liturgiste des fêtes auxquelles se rattachent
les couleurs diverses se résume très-bieu à dire que , poiu*
les fêtes de Notre-Seigneur, de la Sainte Vierge, des Anges,
des Confesseurs et des Vierges , on a consacré le blanc.
On conçoit y d'après nos précédentes explications , que nommait oOm m
rOf&ce doive exprimer par les ornements qu'on y emploie f^rentM fêtes de
la pureté de vie y la candeur virginale , l'incorruptibilité
de doctrines et la gloire sans tache de ces saintes per-
sonnalités, dignes objets du culte chrétien. Il en doit être
ainsi des solennités où respire ta joie, comme la nativité de
S. Jean-Baptiste , la fête de la Trinité , celle de S. Michel et
des saints Anges gardiens, etc. — Los martyrs , et les Apô-
tres qui le furent tous, ont un souvenir de leur sang versé
pour la foi dans le rouge , qui devient leur parure. C'est
dans ce sens que Boniface VIII donna, vers 4295 , aux car-
dinaux la robe rouge , indice du dévouement qui devait
aller , s'il était nécessaire , jusqu'à répandre leur sang
pour le Saint-Siège , alors persécuté par les injustices vio-
lentes de Philippe le Bel.
Mais cette couleur , consacrant le plus sublime degré de Raisou de
la charité, qui va jusqu'à donner sa vie pour Jésus-Christ «riegrare!''
ou pour ses frères , est donc aussi celle qui rend le plus
excellemment l'action de l'Ësprit-Saint , source d'amour,
et c'est pourquoi le prêtre s'en revêt à la Pentecôte et dans
tous les Offices du Saint-Esprit. Quand sont accompUs tous
les grands mystères de l'année ecclésiastique, et que l'Église
recommence sa marche vers les prochaines fêtes de Noël ,
qui en réouvriront le cycle, on prend le vert qui symbolise
cette espérance ; car on s'applique alors d'autant plus
à la méditation des biens à venir qu'aucun autre sujet
n'en vient détourner la pensée. N'oublions pas cependant ,
quoi qu'il en soit de ces variétés d'habitudes sur ce point ,
regardé dans l'Église comme très-important , et à l'égard
▼iolet en même temps que Louis XIV.— Le noir se prend encore dans
rordre romain pour l'Omce du Vendredi sftintf
T. IV. M
178 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
duqael les infractions sont toujours graves , n'oublions pas
que les règles aujourd'hui bien arrêtées n'ont pas été les
mêmes toujours et partout. On ne sait pas bien quand elles
devinrent des prescriptions légales , et ^ depuis qu'elles ont
fait loi j les Églises particulières ne s'y sont pas conformées
avec le même empressement y soit que Rome , la Mère et
la Maîtresse de toutes , n'ait pas absolument commandé
ces changements partiels y soit qu'en certains diocèses on
ait tenu à des usages immémoriaux , qui ne manquaient
pas d'ailleurs de leur raison d'être. C'est ainsi que le violet
s'employait presque généralement en France, en dehors du
Carême , de l'Avent et des jours de jeûne , pour les saints
moines, les saintes femmes, et, selon les lieux, pour les Doc-
teurs, les Prêtres et les Justes, que l'Ordre romain comprend
sous la dénomination générale de saints Confesseurs. C'était
toujours consacrer la pensée de la pénitence chrétienne,
qui avait dû se remarquer dans tous ces saints personnages.
Nous avons toujours regretté que cette robe diaprée, cette
variété dans Vunilé , n'ait pas été conservée aux Églises qui
l'avaient de temps immémorial, lorsque, tout récemment,
le retour à l'Office romain s'est fait partout en France.
Rome , de l'aveu même de ceux qui ont le plus contribué
à ce changement, ne l'eût pas exigé aussi absolu si l'on avait
voulu concilier avec ses usages respectables bien d'autres
qui ne l'étaient pas moins. L'Église , qui tient tant à ses
traditions si justement vénérées , aurait su respecter celles
que tant de siècles et de si justes raisons avaient consacrées
en France ou ailleurs.
Appueatioa o«- Le pape Innocent m, dans son Traité du Saint Sacrifice y
cailonnelle d'au*
tTM eoQiean à fait obscrvcr que les quatre couleurs usitées à Rome de son
dM cérémoniM 11-
tvrgiqnM. tcmps répoudaicut à celles employées dans la Loi mosaïque.
Ce devait être une raison pour tenir à celles-là, qu'on n'a
jamais contestées nulle part ; mais rien n'a pu déroger à
cette pensée dans l'emprunt que d'autres Églises ont fait
plus tard à des couleurs nouvelles : Rome n'en a-t-elle pas
LITURGIE. — LES FÊTES CHRÉTIENNES. 479
elle-même donné Texemple quand , pour la bénédiction de
la rose d*or , au troisième dimanche de Garème , elle a pris
un ornement couleur de rose sèche , dont parle le cheva-
lier Horoni ? Certes , c'était là du symbolisme , ou il n'y en
aura jamais. Or tous les usages de ce genre ou d'autres
analogues avaient été motivés ailleurs par les mêmes rai-
sons , et jamais on n'avait songé à lés réprouver.
La même variété , le même esprit avaient présidé à Fin- symbounie des
stitution des fêtes. De quelques noms qu'elles fussent dé- ^'
corées dans le rang hiérarchique servant à déterminer
leur importance relative , doubles ou solennelles , annuelles
ou de première classe , le même caractère symbolique s'y
reflète ayec la même grandeur et la même majesté. C'est
dans la célébration de ces jours bénis que se montrait sur-
tout autrefois, quand la simplicité d'une piété naïve n'avait
pas encore cédé à la froideur de notre religiosité moderne,
le goût de nos aïeux pour le symbolisme et les figures. Un
rapide aperçu de quelques-uns de leurs usages suffira à
nous en convaincre.
La principale des fêtes chrétiennes , et la première in- «* d»âbord dn dj-
ouuicbo I
stituée , fut naturellement le dimanche , auquel se ratta-
chaient tant de souvenirs. S. Justin en donne pour raison
que ce fut le premier jour de la création , où la lumière
succéda aux ténèbres (4). Ce fut aussi celui de la résurrec-
tion du Sauveur ; et il est probable que, lors de la descente
du Saint-Esprit à la Pentecôte , les Apôtres étaient assem-
blés pour célébrer cette même fête dominicale , déjà insti-
tuée par eux. Les païens , qui avaient fait du premier jour
de la semaine celui du soleil , n'avaient pas d'autre origine
de cet usage que l'antique tradition de la Genèse. S. Jean
Ghrysostome regarde ces pieuses réunions comme une
image de celle du ciel , où les Anges et les Saints répètent
sans cesse les louanges de Dieu (2).
(1) Apolog., ubi soprà.
(2) Homii. super Vîdi Dominum,
480 HISTOIRE OU SYMBOLISME.
et dM offioM en Quand les fêtes durent se multiplier à Foccasion soit de
Textension du Christianisme , soit de faits nouveaux ou de
circonstances historiques, on ne manqua pas d'y mêler, tant
dans la liturgie que dans les ornements artistiques dont on
parait les temples et les autels , une foule de symboles très-
capables d*en faire comprendre Tobjet et Tesprit. L*Office
diyin, tel qu'il fut conçu tout d'abord, et que nous le repré-
sentent les Pères des temps primitifs, en fut tout imbu ; et un
litui*giste fait observer que la raison qui fit choish* dans la
règle de S. Benoît le psaume ui , que nous récitons encore
à matines, c'est qu'il y est mention du sommeil et du lever :
Ego dormivi ^ et soporalus sum^ et exsurrexi (4). C'est de
la sorte que furent toujours choisis aux différentes solen-
nités les passages des Livres saints qui se rapportaient le
obBerTMOM m- micux à Icur sujet. On voit dans S. Augustin que , la veille
de tS^^"^^ ^ de Pâques, les catéchumènes chantaient en allant aux fonts
du baptême le beau psaume xli : Sicut cerw^s desideral
ad fontes aquarum. Cette belle et significative cérémonie
s'était perpétuée jusqu'à nous , pendant les vêpres de l'Oc-
tave de Pâques, dans les églises munies de fonts baptismaux;
et Rupert bl&mait avec raison les moines qui ne s'abste-
naient pas de cette cérémonie dans leurs églises où les
de rAiceiiBion. fouts u'existaieut pas (2) . Ce même Rupert , aussi bien
qu'Honoré d'Autun , expliquent la procession solennelle
qui , déjà de leur temps , précédait la messe de l'Ascen-
sion, par l'intention de représenter le retour de Jésus-Christ
vers son Père : la marche du clergé poiiant les reliques
indique le triomphe du Sauveur, au devant duquel les
Anges se portaient pour l'accompagner à son entrée dans
le ciel (3).
laiTM?'*' ^*'*"* ^ mysticisme ne devait pas avoir de limites , et l'envie
{{) Voir Grancolas, TraUé de VOf/ice divin, p. 290, in-12, Paris,
1713.
(2) Grancolaa, ibid., p. 569.
(3} De Orfic, div., lib. III, cap. x.
LITURGIE.— LES FÊTES CHRÉTIENNES. 48f
de donner plus d'expression à ces grands actes de la vie
religieuse y introduisit, selon le génie de chaque Église, des
usages variés qui les rendirent plus populaires et faisaient
de leur retour annuel un sujet de joie autant que de naïve
édification. Il ne faut pas chercher une autre cause à ces »«• feux de u
feux de la Saint-Jean sur lesquels se sont tant évertués des **^
dissertateurs qui en ont tant dit , excepté la raison véri-
table. Ce dut être dès les premiers jours de la foi qu'on
chercha à traduire par cette manifestation les paroles pro-
phétiques de l'Ange à Zacharie : « La multitude se réjouira à^
sa naissance (4). » C'était prendre à la lettre le texte évangé-
lique, et l'Église ne s'y opposa jamais dès lors que, dans ces
coutumes adoptées par les peuples, il n'y avait qu'un moyen
de plus de protéger le dogme et d'étendre les droits de la
moi-ale , qui s'y unit toujours étroitement.
Il y a plus : le peuple, que séduisent facilement les dehors utmtë sociale
d'une institution quelconque , ne voyait bien le sens inté-
rieur et symbolique de ces réjouissances chrétiennes que
par l'enseignemenl qu'on lui en donnait, et il comprit, dès
l'apparition primitive de ces nouveautés religieuses, qu'elles
renfermaient pour lui un double intérêt d'utilité et de dé-
lassement. Ainsi , le dimanche et les autres fêtes n'étaient
•
(1) « Et mulliin nativitate ejus gaudebunt. » {Luc, i, 14.)-^ Beau-
coup de superstilioDs et de croyances populaires se sont mêlées ,
en divers endroits et & diverses époques , aux fêtes de la veille de la
SainWean. Durant de Mende en parle (t. V , trad. de M. de Barthé-
lémy, p. 62^ 63 et 83)^ et M. de la Fonâ de Melicocq eo cite d'autres
dans les Annales archéologiques, XVI, 175. — Dans presque tous ces •
usages on trouve une pensée symbolique ; mais le fond n'en reste pas
moins le même, et dès le commencement ce fut seulement une marque
de pieuse joie pour la naissance du saint Précurseur. Le moyen Age
y fit entrer çÀ et là quelques-unes de ses légendes ; quelques rares su-
perstitions de la foule, la plupart incomprises, s'y mêlent encore : mais
presque partout aujourd'hui l'acte se borne à une marche procession-
nelle autour du feu allumé par l'Officiant, au chaut de l'hymne Ut queant
Iaxis, qui est celle de la fête. — On voit ainsi que la cérémonie du
fea est revenue à sa plus simple et naturelle expression , et n'est point
du tout ce qu'en ont dit de nombreux dissertateurs qui se sont égarés
sur ce point à perte de vue. (Voir ci-dessus, 1. 1, p. 310.)
482 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
pas seulement des jours plus spéciaux de devoirs envers
Dieu; c'était encore un jour de repos, symbolisant aussi le
couronnement de l'œuvre des six jours , merveilleusement
accomplie par la main divine. Ces jours privilégiés, tout
empreints de ces souvenirs grandioses , devaient passer à
l'état d'institution sociale , car, tout en facilitant les rela-
tions de famille , en multipliant les réunions plus expan-
sives entre les hommes , ils formaient , pour le cours de
l'année, des divisions mémorables, et comme des étapes con-
venues auxquelles aboutissaient les affaires d'intérêt com-
mun ou particulier, les conventions , les termes des transac-
tions commerciales ou agricoles. La plupart du temps les
fêtes désignaient une date précise , sans autre secours de
divisions mensuelles et de jours déterminés , dans les actes
et contrats qui garantissaient l'usage des propriétés ou les
époques de redevances. Noël , Pâques , la Saint-Jean d'été
ou d'hiver, la Saint-Martin, la Notre-Dame de niars ou de
septembre formaient le calendrier usuel , et cette méthode
n'avait sa raison que dans le lustre donné par l'Église à ces
mêmes jours embellis par elle d'un caractère sacré. Alors
elle déployait le luxe de ses ornements ; elle déroulait ses
plus belles tentures historiées d'allégories ou de faits de
nos deux Testaments ; les cérémonies y développaient les
pompes de leurs processions majestueuses, de leurs chants
joyeux répétés par le peuple, qui prenait sa place et sa part
dans ces beaux spectacles , dont le fond tendait toujours à
lui rappeler, avec ses devoirs d'adoration et de fidélité , les
grandes destinées qui lui sont promises , aussi bien qu'aux
puissants de la terre ; et ceux-ci , non moins obligés que
les petits à figurer dans ces comices de la religion , y ap-
prenaient , au profit de tous et d'eux-mêmes , la juste et
impartiale égalité que Dieu devait faire, par un jugement
très-prochain, entre les rois et les sujets. C'était donc encore
le symbolisme du ciel avec ses places diverses pour les dif-
férents mérites , et sa hiérarchie éternelle.
\
LITURGIE.— LES FÊTES CHRÉTIENNES. >I83
Ainsi pouvons-nous dire avec un évêque de notre temps :
« Il n'y a rien dans les rites , même dans ceux qui parais*
sent les moins importants, qui n*ait sa raison d*être, et sou-
vent un sens très-profond. Le symbolisme chrétien est
quelque chose d'admirable pour qui sait le comprendre.
C'est Dieu avec ses infinies perfections et ses magnificences,
c'est l'Église avec ses doctrines et son histoire rendues sen-
sibles aux yeux de notre infirmité (^ ) . »
Nous avons dit que le Bréviaire et le MisseL le Rituel et le étude de* btm.
liturgiques et des
Cérémonial^ sont pleins de symbolisme , et c'est de cette nsageBiooMu.
quadruple source qu'il découle, en effet, par une applica-
tion de chaque jour , dans le culte et dans les moyens sen-
sibles employés par lui. Que si nous ajoutons à ces sources
les usages locaux des Églises particulières^ nous aurons un
ensemble de curieux renseignements très-capables de
compléter à cet égard les notions qui se rattachent à notre
sujet. Parcourons donc rapidement le cycle de Tannée
liturgique.
En quelques églises, comme à Auxerre, le V^ dimanche L'ATent.
del'Avent, on commençait l'Office de matines par l'invi-
tatoire : Ecce Lux veroj pendant lequel un enfant de chœur
venait, de derrière l'autel jusqu'au siège des chantres, tenant
un cierge allumé. A Glermont, ce même jour, lorsqu'on
chantait au chœur ces paroles du douzième chapitre
d'Isale : Audite, annuntiate in universa terra^ les musiciens
et les chantres montaient sur la tour de l'église et redi-
saient ces paroles en musique, tournés vers les quatre par-
ties du monde. Ailleurs , faute d'harmonie , ou dans une
intention équivalente , on sonnait la plus grosse cloche
pendant ce même chant, comme on le fait souvent encore
pendant le Magnificat et le Te Deum (2).
A Amiens , un ancien usage s'était perpétué jusqu'aux nosi.
(1) Mgr Guibert^ évêque de Viviers, Lettre à son clergé sur les éludes
ecclénasligues, 2 octobre 185i.
(2) Grancolas^ Traité de l'Office divin, p. 404.
•
484 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
troubles religieux de 4790. Quand on chantait Thymne
des premières vêpres de Noël, à ces paroles : Veni^ Redemptor
omnium^ et, plus tard, à celles-ci: Tu lumen, (usplendar
Patris, qui leur avaient succédé, ou allumait des cierges
autour d'une crèche voisine de Tautel, et dressée tout
exprès pour renouveler la scène de Bethléem. A Rome, à
Sainte-Marie-Majeure, on expose dès la veille la crèche de
Notre-Seigneur dans la sacristie. Le lendemain, entre les
matines et la messe de minuit , on la transporte solen-
nellement sur le mattre-autel , où elle demeure toute la
journée (4).
Quelques empereurs, entre autres Charles FV et Fré-
déric III , étant à Rome et assistant à ce même Office ,
tenaient beaucoup à y lire la vïi« leçon, où se trouvent ces
paroles : Ediit ediclum a Cœsare Auguito. Sigismond le fit
au conciJe de Constance en \ 44 7, et Frédéric III devant le
pape Paul II, en 4468. Il y avait plus: les Pères de l'Église,
parmi lesquels nous ne citerons que S. Augustin, trou-
vaient un mystère tout divin dans là coïncidence provi-
dentielle établie entre la naissance du Sauveur et l'époque
de l'année où le soleil, après s'être abaissé chaque jour
davantage depuis le solstice d'été, commence à remonter
vers le plus haut point de sa course annuelle (2).
L*épiphuiie et Dans toutes les églises où la messe solennelle des diman-
wjow! "" * ches et fêtes était précédée d'une procession qui perpétuait
la mémoire de celle qu'on faisait dès les premiers temps
pour accompagner Tévéque de sa demeure à la basilique
où il venait officier, on avait symbolisé, pour la procession
de l'Epiphanie, le douzième verset du deuxième chapitre de
(1) Barbier de MontauU , V Année liturgique à Rome, p. 127, in-18^
Paris, 1857.
(2) 0 Oriente hodie Salvature, non solum humani generis salus^ sed
eliam ipsius 9olis claritas ioDovatur : sicut ait Apostolus : Ut perfpsinn
« resiaureniuromnio, sive qus in rœlo, sive qu» in ierra suni. Si eoim
obdcuralur bol eum Christui» nioritur , nece^se est illiim plus solito
lucere cum aascitur. »(S. August., De Naliv» Domini.)
UTUR6IE. — LBS FÊTES CHRÉTIENNES. 485
S. Matthieu, racontant que les Mages, après avoir adoré
l'Bnfont-Dieu, et voulant éviter Hérode, s'en retournèrent
dans leur pays par une autre route , sans repasser par
Jérusalem (4). Ce jour-là, en effet, la procession se faisait
dans le sens opposé. Nous avons vu cet usage regrettable
pratiqué à Poitiers , ainsi que beaucoup d'autres qu'on
devrait y avoir encore, comme on les a gardés ailleurs,
par exemple à Notre-Dame de Chartres et dans tout le
diocèse. Rien n'était plus conforme aux pensées des Pères :
S. Hilaire n'y faisait-il pas allusion autant qu'au texte sacré,
quand il regardait ce voyage insolite comme un avertisse-
ment de ne point revenir dans les voies de l'erreur une
fois abandonnées (2) ? et S. Augustin n'exprimait-il pas la
même idée en parlant de cette route nouvelle que doit
tenir l'homme converti pour arriver à sa véritable patrie,
sans se jeter dans les embûches de l'ennemi (3) ? Quant
aux présents offerts par les rois de l'Orient, les eucologcs
sont pleins d'explications sur les figures qu'il faut y voir ;
tout le monde les comprend. Ajoutons seulement que nos
rois gardèrent longtemps parmi leurs habitudes de piété
celle de venir à l'Offrande pendant la messe de la Manifes^
tation et d'y déposer l'or, la myrrhe et l'encens, dont ils
savaient très-bien le sens symbolique. Au rapport de
Nangis (4), S. Louis n'y manquait jamais.
C'est au pape Gélase (492-496), sinon à quelque autre plus pwsentation du
^ ^ -1 ^ r Sauveur au t«m-
ancien, qu'il faut reporter l'institution de la cérémonie des pie.
cierges {la Chandeleur) le jour de la présentation de Jésus
au Temple, qui est en même temps celui de la purification
(1) « Per aliain viam reversi sunt in regionem suam. » {Matth., il,
120
(2) « Id Ghristo salutem omuem et spein locautes, admonemur
prioris vit» itinere abstinere. » (S. flilur., De TriniL, lib. IV.)
(3) « Non qua venitnus, sed per aliam viam in patriam redire debe-
mus, (|uam rex superbus humiU régi adversarius obsidere non possit. »
rS. ÂogaBL^ In Matlh,, cap. ii.)
(4) Ad ann, 1278.
Paquet.
486 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
de Marie. C'était un de ces pieux artifices que l'Église em-*
ploya souvent pour sanctifier des coutumes idolàtriques»
auxquelles les païens tenaient beaucoup, et qui les atta-
chaient à leurs superstitions. On sait que ces populations
arriérées observaient, encore fort longtemps après le
triomphe du Christianisme, leurs lupercales ; elles y por-
taient des torches allumées en se rendant aux autels de
Pan le 4 5 février. On y substitua la procession des cierges
flamboyants avec le chant du cantique de Siméon : Lumem
ad revelationem gentium {à). On faisait plus en quelques
lieux, à Poitiers par exemple, entre les vêpres et les
complies des dimanches qui s'étendaient de la Purification
au Carême: le clergé s'avançait en procession dans les
vastes nefs de la cathédrale, et, s'arrêtant avant de rentrer
au chœur , sur le seuil de la grande porte , y chantait le
répons Sancta et immaculata VirginilaSy puis l'antienne
Tnviolata : rendant ainsi un hommage touchant au plus
glorieux des privilèges de Marie.
Ces traits historiques suffisent pour démontrer quelle
part le peuple chrétien, dans toutes ses conditions sociales
et dans tous les temps, prenait aux grands jours de TÉglise.
Nous n'indiquerons plus qu'en peu de mots certaines par-
ticularités plus curieuses. A Poitiers encore, dès le grand
matin du jour de Pâques, on aUait retirer de la crypte pra-
tiquée sous Tautel principal de Notre-Dame-la-6rande le
Saint-Sacrement, qu'on y conservait depuis le Jeudi saint, et
on le transportait en grande pompe au tabernacle du sanc-
tuaire. Cette belle et touchante cérémonie s'observe toujours,
(1) Voir Sabbalhier, Dictionn. d'antiquttés, vo lupbrcales.— Groifiet,
Année chrélienne , février^ p. 14. ^ Les bréviaires de France avaient
naguère une belle bymne , cbantée pendant la procession , où tout le
mystère s'exprimait par ces poétiques accents :
Lumen mlnistret splendidior fldos,
MJniBtret Ignw flammea chAritas^
Spcs thura ; neo dealnt odores
Qaos operam bona fama Aiodat.
f
LITURGIE.— LES FÊTES CHRÉTIENNES.
487
et reste encore très-populaire. En effet, quelle plus sympa-
thique reproduction de la sortie du sépulcre ! — Ce n'était
pas tout : les représentations dramatiques se jouaient surtout
à l'occasion de cette grande fête. A Amiens et à Saintes, on
n'oubliait jamais le drame des Trois Marie; à Douai, les
vicaires prenaient le rôle des pèlerins d'fimmatls. On en
citerait bien d'auti*es. Le caractère de simplicité chré-*
tienne dominait dans les peuples, avides toujours de ces
saintes joies, qui ne se sont effacées qu*à mesure du chan-
gement des mœurs et de l'affaiblis^ment des croyances.
On a changé tout cela pour TOdéon, l'Opéra, la Porte-Saint-
Hartin. Il est vrai qu'on a eu le plaisir d'y ajouter les
scènes un tant soit peu moins paisibles des grèves et du suf-
frage universel!...
Ce même sentiment avait inspiré pour le jour de la Pen-
tecôte d'autres scènes à effet, qui variaient çà et là selon
le génie des naïfs inventeurs. A Noyon , quand se chantait
rOfiîce de tierce, à l'heure où le Saint-Esprit s'était répandu
sur le Collège Apostolique , on lâchait du haut des voûtes
ane colombe qui y voltigeait sur l'assistance. A Saintes ,
durant le même Office, et quand se chantait le Veni Creator ^
qui en est l'hymne , les voûtes laissaient tomber aussi de
légers fragments de pains d'autel , des flammèches embra-
sées, et quelques gouttes d'eau, triple symbole de la Présence
divine, de la Charité et de la Purification des cœurs, dont la
Pentecôte était l'anniversaire.
Cette Église de Saintes multipliait de la sorte ses ensei-
gnements symboliques. C'est là encore que, depuis l'Ascen-
sion jusqu'à la Saint-Pierre, les enfants de chœur portaient
continuellement des couronnes de fleurs , indice de la joie
innocente de T&me chrétienne , suivant le Divin Maître par
ses espérances à son retour dans le Ciel (4).
La Pentecôte.
L*Â8ceiuion.
(1) Voir Briand, Histoire de l' Église sanione, ii, 66 et suiv.; — Gran-
co\aB,ubisuprà, p. 597; — Annales archéologiques, XI, 10, 12 et IS.
i
488 HlSTOIRfi DU SYMBOLISME.
La DédiMM. Quand revient la Dédicace des églises, si intéressante dans
son Office par les développements mystiques qu'on y em-
prunte à S. Augustin , à S. Bernard et à d'autres Pères,
partout les thuriféraires encensent enJjore les croix de con-
sécration répandues, au nombre de douze, sur les murs ou
aux piliers de l'église : c'est un hommage aux douze Apôtres,
que ces croix représentent, et qui, avec la Pierre angulairei
« qui est le Christ, » sont ce lesfondements et les supports »
de l'édifice chrétien.
Parodies r^To- Alusi douc, Ic svmbolisme respire dans tout ce que la reli-
Bioiits OMCM. gion a pu inventer pour rattacher à Dieu l'intelligence créée
à son image : tant c'est un besoin irrésistible du cœur
humain de sentir , de penser et de chercher à sa pensée
et à ses sentiments des éléments dont il ne se lasse jamais !
Ce besoin, en effet, ne s'est jamais arrêté et vivra autant que
le monde. Ceux mêmes qui, à certaines époques trop mémo-
i-ables, voulurent enchaîner le peuple à leurs systèmes de
gouvernement nouveau , n'oublièrent pas ce moyen , et
notre révolution la plus sanglante s'efforça , dans les plus
mauvais jours de sa terreur ^ de distraire les regards de la
foule du spectacle hideux de ses échafauds. N'en citons
qu'un seul trait : c'est le procès-verbal rédigé par le maire
de Bourg-en-Bresse, le 30 octobre 4793 , d'une fête civique
où l'allégorie, peut-être grossière, n'indiquait pas moins une
imagination à qui le symbolisme ne déplaisait pas :
bJ^^.wb!^^ « La société des sans-culottes de Bourg régénérée donné
en mémoire de Marat une fête civique le 20 brumaire
an II. On voyait dans le cortège le démon enchaîné du fédé-
ralisme. Il avait deux figures : l'une douce et mielleuse,
l'autre hideuse et jetant le sang par la bouche. Un serpent
venimeux sifflait à ses oreilles , et semblait encore vouloir
rinslruire à tourmenter les patriotes. Les débris d'une robe
de procureur le couvraient en partie ; il tenait d'une main
une branche d'olivier, et de l'autre un poignard. Il portait
d'un côté cette inscription : Portrait du fédéralisme , et de
r
LA LITCRGIE.— PARTIES DES FÊTES CHRÉTIENNES. 489
'■» ■
Tautre : Tombeau de la chicane. Enfant des furies, il a été
précipité dans les flambes empestées qui s*exhalaient de
vieux terriers et des r^ills impurs des vestiges de la féoda-
lité qui avaient pujÉâppper Jusqu'à ce jour au feu dévo-
rant (4).» . -J^
Nous pourrions ajouter à ce chef-d'œuvre de langue
française et d'imagination une liasse assez gonflée de re-
gistres révolutionnaires y tels que ceux de Nantes, par
exemple, et même de Poitiers, « où les statues de la Loi el
de la Liberté, si amoureusement cultivées, rapprochaient la
soei^ populaire de l'administration calomniée ; » où les
représentants du peuple portaient dans leurs mains « un
bouquet d'épis de blé, de fleurs et de fruits, symbole de la
mission qui leur a été confiée. »
Et pourtant, nous aurions retrouvé, sauf l'exaltation des -ri^*,^|^%iri;
colères patriotiques, ces aménités symboliques à notre «m»*»-
époque même, comme l'Angleterre a gardé jusqu'ici, mais
seulement pour sa populace de Londres, la noyade annuelle
de la Papauté, représentée pai* le mannequin de la Tamise.
U est vrai que les préliminaires en étaient de meilleur goût à
Paris, lorsqu'on vit en 4848 un poète célèbre organiser une
fête de l'agriculture ayant à son service des Flores, des Gérés
et des Bacchus traînés siu* un char rustique par des bœufs
aux cornes dorées !... Le symbolisme était là, il est vrai, un
peu usé , et sans doute on devait découvrir dans ces solen-
nités renouvelées des Grecs la régénération figurative de la
France ! La régénération n'est pas venue, M. de Lamartine est
passé.-Passons aussi à d'autres choses qui vaudront mieux,
et voyons comment aux fêtes chrétiennes du moyen &ge se
mêlèrent très-convenablement les drames liturgiques , si
calomniés d'un trop grand nombre de savants.
(1) Cf. Journées mémorables de la Révolution française^ t. VIII ,
p. 53; -^Registres de la commune de Poitiers, d octobre 1793; ~
Revue de Vari chrétien,U, 328.
CHAPITRE XIX.
LES DRAMES LITURGIQUES.
OrlgriiM et rai-
son da Dntme li-
turgique.
Le bat da théâ-
tre, eseentielle-
ment monU.
Pour qui n'a jamais pris, en quelques notions superfi-
cielles, qu'une incomplète idée du Drame liturgique^ il doit
paraître tout d'abord qu'entre ces mots existe une contra-
diction réelle et évidente. On ne se figure bien qu'après
réflexion comment la liturgie, cette science si grave, si
élevée dans son but, peut s'allier à des scènes dramatiques
dont le caractère paraît exclure aujourd'hui nécessairement
toute idée de divertissement et d'action théâtrale. Mais si
l'on considère que le théâtre est par lui-même un éloquent
et très-sensible moyen d'enseignement; que l'action scé-
niquc dont nous parlons a toujours eu pour l'Église une
raison prise dans la nature même de sa vocation sur la terre,
on comprend aussitôt que rien de frivole ne dépare cet élé-
ment catéchistiquc, lequel n'est, en réalité, qu'une peinture
animée dont les personnages vivants réalisent aux regards
de tous les scènes que d'autres arts répandaient par les
émaux sur les surfaces transparentes de nos verrières, ou
par les fresques et la détrempe sur les murailles consacrées
de nos bâtiments religieux.
Songeons bien d'ailleurs que le théâtre a son origine et,
si loin qu'on remonte avec lui dans l'histoire de la société
humaine, eut pour objet unique une pensée morale, une
leçon qui dût profiter à l'amélioration des esprits et des
cœurs. C'était bien l'idée qu'en professaient les critiques
de l'antiquité, Aristote entre autres, qui veut dans la co-
r
LES DRAMBS LITURGIQUES. 494
médie une imitation non de mœurs mauvaises et dépra-
Yées, toujours dangereuses à montrer, mais de ce que les
mœurs ont de ridicule et de honteux , afin d'en guérir les
méchants et les fous (4). Quand le philosophe s'exprimait n •• pervertit
amsi avec autant de raison que de sens moral, Anstophane «les mauTaiiee
avait depuis longtemps dirigé ses Nuées contre la religion
de Socrate. Rien n'était plus facile^ en effet, que la tran-
sition rapide d'un but louable à une intention mauvaise, et
nous l'avons vu nous-mème dans notre histoire littéraire.
Le bon goût, la religion, la pureté des mœurs et de la pensée
se sont vus tour à tour sur notre théâtre, surtout depuis
les émancipations de la Renaissance, avec les scènes lubri-
ques, les calomnies et l'immoralité. Quant à cette dernière,
il n'est plus possible de dépasser ce qu'on lui permet sur
la scène, sous le coupable prétexte/les libertés de la presse,
de la conscience et ^es opinions. Avec de tels moyens
iHnstruire le peuple et de Vamuser^ on lui apprendra à
descendre Jusqu'aux plus graves excès des sens et des pas-
sions honteuses ; mais on ne l'en relèvera plus , et son
avenir sera perdu peut-être, hélas ! sans retour : la France
et rSurope savent que dire aujourd'hui d'une civilisation
ainsi faite.
Et ce sont ces mêmes enchanteurs du siècle qui , l'ac- ceini da moyen
flf e Bysténuttique-
disant de pauvreté et d'étroitesse , attaquent le thé&tre du ment dénigré par
moyen ftge, et n'en veulent pas entendre parler. Ils ridicu- ^^^ "" *^"*'
lisent et ses sujets, et ses mises en scènes, et ses person-
uages ; ils n'y trouvent que DieUj la Vierge et les Saints
arrivant là par piété^ et ne devinent guère de quelle utilité
pouvaient être et seraient encore ces bizarres repro-
ductions de faits bibliques et de légendes plus ou moins
apocryphes qui ont fait rire Voltaire, et auxquelles ils pré-
fèrent, dans l'intérêt sans doute des mœurs sociales, les
(i) Voir Aristote Poeiic, trad. de Le BaUeux; — La Harpe, Lycée,
i** part., liY. I, p. 53, in-S», iSlS.
492 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
drames où Le Roi s'amuse , où Marion Delorme prêche à sa
manière la pudeur et la vertu en préludant à La Grande-
Duchesse de Gerolstein. Voyons donc si , au fond de notre
art scénique , antérieur au seizième siècle, et parfois aussi
pendant cette dernière période , on ne trouve pas un peu
plus de sérieux et de bon que nos sages modernes ne
l'avouent, et si Tallégorie philosophique n'y avait pas assez
de part pour autoriser le respect que leur portent encore
des hommes dont le jugement n'est point absolument à
dédaigner.
Le chrut iouf- Dès Ic millcu du sixième siècle, S. Grégoire de Nazianze
i'^iredcNadanze' composait uu dramc de La Passion du Christ où il introdui-
sait avec un chœur, comme dans la tragédie antique, les
personnages les plus vénérés, entre autres la Sainte Vierge
et S. Jean l'Évangéliste. Dans la première moitié du siècle
suivant, S. Jean Damascène créait un rôle de Suzanne que
nous n'avons plus; mais nous pouvons donner ici une
courte analyse du Christ souffrant (ou de La Passion) de son
pieux et éloquent prédécesseur.
L'action se divisait en trois actes : la passion, la mort, et
la résuiTection du Sauveur. Parmi les détails de l'œuvre,
on voyait se développer les traditions et les mystères sym-
boliques déjà reconnus dans les livres des Pères comme la
base et l'exposition fondamentale de l'enseignement ca-
tholique : ainsi Marie, en voyant le soldat percer le côté de
Jésus et l'eau s'échapper de la blessure avec le sang,
explique ce double symbole du Baptême et de l'Eucharistie.
Un autre trait qui a bien son but dans la pensée du saint
auteur, c'est que Marie ne quitte jamais la scène ; elle y
figure sans interruption auprès de son Fils souffrant, mort
ou ressuscité : ce qui est certainement une leçon donnée
par la piété de l'auteur sur ce que notre foi nous enseigne
du culte de l'Auguste Mère, que le chrétien ne doit jamais
séparer du Christ dans ses prières, non plus que dans son
affection, et qui, de son côté, a sa part très-active d'asso-
LES DRAMES LITURGIQUES. 493
dation maternelle dans la Rédenipliou des âmes et dans le
gouvernement de l'Église militante. Quant au côté moral
de la pièce, il est tout dans les paroles du Disciple bien-
aimé, vers la fin du second acte : « Heureux qui, instruit
des mystères divins, emploie saintement sa vie, s'applique
à purifier son cœur, préserve son corps de toute souillure,
et de ses œuvres de chaque jour se prépare une cou-
ronne {i]ï » Certes, voilà des principes qui, aussi bien que
les personnages, sont très-loin de ce qu'on a fait depuis et
de ce qu'on élabore tous les jours sous des aspirations bien
différentes. Nous ne voyons pas ce que perdrait la religion
à renouveler ce genre de distraction aussi édifiante qu'utile,
et cil la mémoire, si puissamment aidée du sentiment, rece-
vrait une si profonde empreinte des dogmes et de la morale
du Christianisme.
C'est ce que le moyen âge avait parfaitement compris. L^égiiM faiMit
Nous le voyons dès le neuvième siècle, avant lequel on ne honnêtes nn mo-
s Mr% «. • % 1 yen d'eosclgne-
peut guère affirmer son action en ce genre, s exercer a des meut,
représentations religieuses, que déjà peut-être on opposait
aux jeux publics d'artistes nomades dont les sujets se res-
sentaient encore trop des principes et des mœurs du paga-
nisme (2j. Mais c'est surtout au douzième siècle qu'on voit
(1) La Passion du Christ, tragédie de S. Grégoire de Nazianze, ira-
doite par M. ]*abbé Lalanne. ~ Voir V Univers, 22 août 1852.
(2) Nooscoimaissona un trèa-bon livre de M. Desprez de Boissj, inti-
lulé Lettres sur les spectacles (2 vol. in-12, Paris, 1777), dont le mérite
n'est pas contestable devant les six on sept éditions qu'il a eues, et
dont le fond est un excellent répertoire d'arguments, de preuves et de
pièces justificatives contre le théâtre tel que l'ont fait depuis long-
temps les passions mondaines, qu'il a tant servies. Et que serait-ce si
l'auteur avait pu voir les horrenrs intolérables de notre théâtre révo-
lulionnaire, ses détestables licences de 1830 à 1870 , sans compter ce
qu'il fera encore sous les inqualifiables auspices d'une liberté de la
preise qui renverse tous les gouvernements et laisse en butte aux
iHâuUantes doctrines de l'impiété et du crime tout ce qui intéresse la
religion chrétienne et la morale publique ! — Nous croyons cepen-
dant que l'estimable auteur va trop loin en réprouvant toutes les pièces
Kéniques, sans distinction. Ce n'est pas, à notre avis, et contrairement
au sien, profaner l'Écriture sainte que d'en tirer des sujets toujours
T. IV. 13
494 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
fleurir les premiers développements d'une action plus com-
pliquée. Tout en s'exerçant dès cette époque, dans ses
poèmes et ses fabliaux, à des divertissements pleins de fines
leçons , l'art ne pouvait se contenter de cette littérature
destinée uniquement aux gens de clergie : il lui fallait aussi
des amusements pour le pauvre peuple, dont les fatigues
laborieuses trouvassent dans le repos des fêtes et du di-
manche une puissante et profitable diversion. Il en vit natu-
rellement le meilleur moyen dans la mise en action des
leçons de l'Histoire sainte et des maximes des Livres
sapientiaux. L'effet produit et les progrès acquis prompte-
ment dans cet art d'intéresser à la fois des milliers de specta-
teurs de toutes les conditions et de tous les âges enhardirent
à tenter davantage, et ce ne furent plus bientôt, comme
au commencement, deux ou trois personnages qui paru-
rent et conversèrent ensemble; la scène vit s'agrandir
l'action, les acteurs se multiplier, entourés parfois d'in-
nombrables comparses : tels furent, au quatorzième siècle,
les Actes des Apôtres , dans lesquels se développent les pre-
miers temps de la prédication évangélique par S. Pierre et
S. Paul , bientôt suivie , dans les Gaules , de celle des
SS. Denys, Éleutère et Rustique. Là figurent , dans un en-
semble inimaginable, les chœurs des Anges et la tourbe
des démons, les Apôtres et la Synagogue, les Vertus divines
allégorisées dans leurs rôles, et jusqu'aux âmes de S. Jac-
ques et de S. Etienne , figurées par des enfants ou par des
oiseaux exercés à cette fonction, comme on le voit en
•t secondait par plusicurs cxcmplcs du tcmps (4). Lcs églises prêtèrent
édifiants et instructifs ; ce ne serait pas non plus s'égarer que de cher-
cher désormais, pour un public qui se pervertit devant les drames
grossiers de Victor Hugo^ d'Alexandre Dumas et de tant d'autres, une
suite de pièces où la morale en action fût traduite et représentée au
profit des &mes, pour qui la chasteté et la probité naturelles ne sont
pas des vertus chimériques.
(1) Voir Didron, Annal, archéol, t. XIU, 240; XIV, J2, 74; XXI ,
164. — M. le baron de Girardot a trouvé dans un manuscrit de ce temps.
LES DRAMES LITURGIQUES. 495
d'abord leur vaste enceinte, très-convenable du reste à lot raetion de ton
des représentations qui déjà plus d*une fois avaient orné
leurs vitraux, et que reproduisaient encore tous les jours
leurs fresques, leurs tapisseries et leurs sculptures déco-
ratives. D'ailleurs, n'étaient-ce pas des Mystères et comme
une sorte de catéchisme en image dont les auteurs expri-
maient les mêmes pensées que les artistes, et se proposaient
comme eux de pénétrer les masses des grandes vérités de
la foi et des règles de la vie chrétienne ? Un de nos regret-
tables amis, M. Didron, en qui le sentiment des choses
archéologiques se développa surtout par l'observation et
l'étude persévérante du moyeu âge , avait bien compris
cet accord de la sainte liturgie et des catéchismes drama-
tiques, lorsqu'il écrivait en 4847, dans ses Annales^ ses
remarquables idées toutes conformes aux notions les plus
exactes de l'histoire et de Fart (4).
C'est donc bien à tort qu'un certain nombre d'écrivains Aateawdenotr»
temps qui ont
modernes , dont l'érudition est plus souvent dans leurs ;o^p'*« o««« «o-
idées que dans ses sources véritables, se sont récriés contre
ce prétendu scandale de la comédie dans les églises. Les
véritables savants , qui écrivent sans prévention et vont
jusqu'à l'origine réelle de la chose, la rencontrent dans les
cérémonies mêmes du Christianisme, où tout, comme nous
l'avons fait observer naguère , devient une action Instruc-
tive pour ceux qui la suivent en y assistant. M. Duméril ,
dans un livre aussi bien écrit que pensé , le constatait déjà
il y a vingt ans (2) ; et , avant lui, M. Magnin, de l'Institut,
en suivant l'art dramatique depuis le commencement de
où l'écrivain indique les nombreux détails de la mise en scène^ « qu'il
faudrait une Ame pour Néron qui serait portée en enfer. » — Et bientôt
aprëa^ Néron s'itaut percé d'un trait^ «taon Ame est saisie par les diables
qui sortent de la gueule de l'enfer. » — Cette âme devait être certai-
nement un enfant, comme on le voit maintes fois dans les minialures
et les verrières. — Voir Annal. archéoUfVkhi suprà, p. 12 et suiv.
(1) Didron, t. Vil, p. 304 et suiv.
(2) Origines latines du théâtre modetTie, 1. 1, in-8% Paris, 1847.
tentioii.
La Meiee est
réellement on
drame Mcré.
496 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
l'ère chrétienne jusqu'au seizième siècle (4), a parraite-
ment démontré que l'idée mère de ces jeux , si séduisants
pour la foule, n'était que le reflet, fortifié d'âge en âge,
des plus augustes manifestations du culte. N'a-t-on pas
voulu représenter dans la Messe toute la vie chrétienne
mise en action avec les rôles personnels à chacun de ceux
qui y participent , depuis le Célébrant jusqu'au dernier
enfant de chœur, lesquels sont tous revêtus de costumes
difTérents, ont une part dans le dialogue, et ne se séparent
qu'après l'accomplissement d'une action commune à la-
quelle tous ont concouru? Ce Sacrifice de l'autel ne repro-
duit-il pas, dans toute la conduite du prêtre et dans ses
moindres mouvements , les diverses circonstances de la
Passion du Sauveur, dont il est le symbole le plus sensible
et le plus vénéré (2) ? C'était la môme intention qui domi-
nait la représentation des Mystères dramatisés; ils faisaient,
aux grands jours, comme une partie intégrante des Offices,
et, soit à ceux du matin , soit à ceux du soir, ils se termi-
naient ou par le Te Deum des Matines ou par le Magnificat
des Vêpres : c'est le sens qu'il faut donner, croyons-nous ,
à l'indication de ces deux chants, souvent mentionnés à la
dernière ligne des copies mises à la disposition des ac-
teurs (3).
(1) Les Origines du Ihéâlre moderne, ou Histoire du génie drama-
tique depuis te premier jusqu'au seixiènie siècle, elc, Paris^ 1838^ în-8«.
^ On regrette qae le tome I de cette attachante étude ait seul para. —
Voir Annal. archéoL, t. VU, p. 302.
(2) Voir, entre antres, L* Esprit du Saint Sacrifice, ou Analogie dês
cérémonies de la liesse avec les mystères de la Passion exprimée en
jjLiy figures en taille-douce, parle P.Jean-Baptiste de BouiUon^ ax-
prieur des Capucins, un yoI. in-12, Paris, 1784.
(3) Nous ne voudrions pas affirmer ce point comme indiscutable ; au
moins pourrait-on le reconnaître en certains cas : car uous trouvons ce
Te Deuin indiqué après les Vêpres dans un acte de 1193 , relatif à on
règlement pour la fête delà Circoncision, donné par révêque Eudes de
Siûly à sa cathédrale de Paris. Biais le plus souvent on trouve le Te
Deum terminant la représentation qui se faisait pendant les Matines, et
le Magnificat celle qui accompagnait les Vêpres.— Voir Càrlularium
Ecclesix Parisiensis, publié par M. Guérard^t. I, p. 75^ in-i», 1850.
LES DRAMES UTURGIQUES. 497
Nous avons vu que toutes ces fêtes se ressentaient donc c»enestunau«d
^ qve notre prose
plus OU moins de ce double caractère de joie et de dévo- •^^^^ <»• Pâ-
* ^ qaes ,
tion. De nos jours , nous qui comprenons l'origine et la
portée de nos saintes réunions liturgiques , n'écoutons-
nous pas avec un sentiment de pieuse joie , ne chantons*
nous pas y pendant la Messe de Pâques, une prose ou sé^
quence pleine de ces souvenirs dramatiques où le chœur
demande à Madeleine ce qu'elle a vu dans sa course mati-
nale ; celle-ci répondant qu'elle a trouvé vide le tombeau
du Divin ressuscité , et le chœur reprenant , dans un acte
de foi, son cantique d'allégresse et d'actions de grâces (4 ) ? Ce
n'est plus là qu'un abrégé fort succinct et un reste presque
inaperçu d'une foule de petits drames dont les pieux exer-
cices de la Semaine Sainte avaient fourni le sujet, et nous i* communion gé-
néndo du clergé
savons que la Communion générale du clergé, qui, le au jeudi saint,
Jeudi saint , s'abstient de la Messe pour recevoir le Pain
sacré des mains de l'Évoque , n'est que la reproduction de
la dernière Cène des Apôtres avec le Sauveur. On peut af-
firmer, par les témoignages récents de l'érudition la mieux
fondée , que le moyen âge fut tout entier imbu de cet esprit
et y trouva un des éléments habituels de la piété publique.
N'est-ce pas dans le môme dessein qu'a persisté jusqu'au- •*»« c***°* •**^®"-
*^ 1 r "^ ^ . nel dT la Passion.
jourd'hui l'usage annuel de chanter la Passion à trois voix
alternatives, dont l'une est celle de l'historien, l'autre
celle du Sauveur, et la troisième celle de tous les autres
interlocuteurs ? Rien de plus saisissant que le ton grave et
posé de la narration , la majesté toute divine de celui du
Christ, contrastant si vivement avec les discours de Judas ,
des disciples et du vulgaire. Comme ce ton, qui s'élève alors
pour exprimer les sentiments divers de ces acteurs si nom-
breux , exprime bien et l'assurance hypocrite du traître, et
Tempressement à se disculper dans l'apôtre qui renie le
(l) Voir, dans M. Daméri1,un fragment de VOffi^e du Sépulcre, dit
encore dfj Trois Marie, p. 91 et suiv. C'est éyidemment le type de
notre Prose pascale.
498 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Sauveur, et les exclamations furieuses de la populace impie
qui demande son sang , et enfm la lâche insolence de Tini-
que proconsul qui ne s'en défend que pour le lui accorder
aussitôt ! N'est-ce pas là un drame , et le symbolisme qui
s'y trouve est-il moins dans la frappante variété du chant
que dans l'action même , qui , sans lui , ne serait qu'un
simple récit évangélique ?
Importance qu'on Malutcs fois la scènc s'cst élargie chez nos aïeux , et la
nttaohAit k. CCS
Pôles. Passion y fut représentée en des drames pleins d'ampleur,
où nul détail n'était oublié. Ne voyait-on pas alors des ma-
gistrats se faire gloire d'avoir rempli un rôle dans les Jeux
publics , et même celui de Pilate , dans lequel certaines
gens trouvaient pourtant quelquefois une allusion peu ho-
norable à la manière dont il remplissait sa charge juri-
dique ? N'arrivait-il pas que des clercs mêmes , pour s'être
permis sur la scène des paroles répréhensibles , étaient
doublement punis d'une réprimande et des arrêts (4)?
Cm drames sont Ou voit asscz là qucl zèlc cmprcssé portaient les plus hauts
la source de beau- • .1 • * 1
coup de noms de pcrsounagcs vcrs ces rôles qui les assimilaient en quelque
*** façon à ceux dont ils prenaient les noms. Ces noms, au-
jourd'hui parfaitement oubliés, reçurent souvent alors
pour équivalents, restés à des familles qui les portent en-
core, des sobriquets tirés de certains rôles qu'avait remplis
quelqu'un de leurs ascendants. On s'était accoutumé à les
leur voir occuper ; on s'accoutuma à les désigner sous le
titre qu'ils y avaient eu , et c'est probablement à ces joyeu-
setés populaires que doivent à présent leur nom officiel
tant de Pèlerins et de Cardinaux^ de Bon-Jeans et de Cheva-
liers, de Neveux et de Prudhommes qu'on voit partout signer
des actes notariés ou des enseignes industrielles, sans le
moindre soupçon de leur illustre origine. Cette observation
se fonde sur un fait incontestable : c'est que le peuple ne res-
tait pas étranger à ces démonstrations solennelles. Gomme
(1) Voir le P. Cahier, Monograpliie des vitraux de Bourges, p. 154.
LES DRAMES LITURGIQUES. 499
les grands du monde , il avait sa place souvent sur la scène,
comme toujours dans les rangs des spectateurs ; et quand Jjj^y ••j ^^^
Faction eut pris enfin, sous les inspirations d'auteurs plus ^>
ingénieux, sous la plume des Ëvèques, des Chanoines et des
lettrés , de plus amples développements et admis un plus
grand nombre d'acteurs , l'enceinte sacrée ne pouvant plus
suffire ni aux dimensions du théâtre ni aux évolutions du
drame , on joua en plein air dans les cimetières , ce qui
prouve très-bien qu'une pensée de foi ne cessait pas de
présider à ces solennités populaires. On en vint même
jusqu'à choisir de vastes places des villes populeuses ,
comme il arriva maintes fois dans la Picardie et la Flandre
pendant le cours des quinzième et seizième siècles.
Notre dessein ne peut être ici de remettre sous les yeux «' 8v?tfiid«ipnt à
'^ «^ presque tontes les
de notre lecteur ces Mystères et Tragédies qui firent les dé- '**« **« lannée.
lices de nos aïeux , et qui se retrouvent partout aujour-
d'hui (4). Notre but doit être uniquement d'en démontrer
le sens profondément religieux et éminemment symbo-
lique. Ne le retrouve-t-on pas, sous ce dernier caractère, à
une foule de ces compositions, imbues sans doute de plus ou
moins de mérite littéraire, mais toutes analogues à la
fête dont l'anniversaire en signalait le retour? La Circon-
cision , rÉpiphanie , les Cendres , le Carême , les Saints ,
avaient alors leurs fêtes scéniques^ où se développait le
Mystère du jour , et par lesquelles on gravait fortement
dans le cœur et dans la mémoire de la pieuse assemblée
le dogme , la morale et tout l'esprit de la solennité. — Allons Les arts do cetto
époque en portent
plus lom i et ne doutons pas que ce même caractère sym- «nooreies tracos,
bolique n'ait été imprimé, comme autant de réminiscences
des scènes jouées dans le Lieu saint, aux modillons des
mêmes églises , à beaucoup de ces masques , inconnus ou
(1) Voir surtout^ pour âyoir une idée complète de ces drames et en
jager saineiébab, les articles de MM. Coussemaker, FéUx Clément , le
baron De Girardot, De Lafons-Melicocq^ Didron et autres, dans les
Annales archéologiques, t. Vil, Vlll, XI, XIll et XIV.
L
200
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
et surtout les ma-
nuscrits.
inexpliqués jusqu'à présent , qu'attaclièrent les sculpteurs
aux parois latérales, à la bordure des corniches, aux stalles
des chœurs et des bancs d'œuvre , lesquels ne sont maintes
fois que d'exactes copies de certaines peintures des manus-
crits, où le pinceau délicat des miniaturistes avait consacré
les mémorables souvenirs des représentations liturgiques.
C'est dans ces parchemins, aux belles écritures et aux char-
mantes images , qu'il faut chercher surtout la pensée de nos
auteurs dramatiques. Avec les détails qu'ils multiplient, on
reconstruirait toutes les scènes de la Feinte; et c'est par ces
détails qu'il est souvent possible de découvrir le sens d'une
scène qui resterait obscure par elle-même ; ainsi « fault
une couronne pour Domimcion avec une espée impérîalle et
ung mantheau. » — « Fault un domnoire (dotninatorium ,
siège d'apparat) pour saint Clémend. » — « Fault de l'eavc
pour baptiser Lyshius. » — « Fault une grille et du char-
bon pour mectre saint Denys. » — On voit qu'à l'aide de ces
courts et précieux renseignements , il devient facile de re-
connaître au tympan d'un portail , dans une verrière ou
une peinture murale, telle scène tout entière qui fut re-
présentée autrefois sur quelque théâtre , et qui a très-pro-
bablement été calquée en quelques ouvrages contempo-
rains.
Nous pouvons conclure de ces considérations qu'on ne
auteurs. — Abus doit s'cu rapportcr que médiocrement à plus d'un critique
rÉgUM.""^* ^^ dont le jugement s'est maintes fois égaré sur l'esprit et
les idées d'âges étudiés par eux à de trop longues distances.
S'il est incontestable qu'à certaines époques surtout , où le
goût artistique se ressentait forcément des mœurs et des
institutions générales , ces jeux dont nous parlons durent
se mêler d'accessoires qui tenaient plus d'une jovialité gros-
sière que d'une piété bien entendue; si les danses, les
ris et les chansons dont ils s'accompagnèrent furent, sur-
tout du sixième au dixième siècle , et parfois à des temps
moins éloignés , l'objet des ahimad versions et de censures
Maavaises criti-
r
LES DRAMES LITURGIQUES. 204
trop souvent inutiles de l'Église (1), il faut Tattribuerà
l'influence encore trop puissante des habitudes païennes
toujours vivantes, et particulièrement dans les campagnes :
ce n'est pas une raison de dénigrer l'esprit même de la
chose, sous prétexte des abus qu'on y pourrait voir. Nous
aurons bientôt à signaler nous-même, en fait A' abus , l'une
des plus singulières ignorances qu'on ait émises à ce sujet.
Mais , avant que le dixième siècle finit sa marche labo- J**^**^ ^* ^~•■
rieuse et si fatiguée , on avait commencé à créer des drames
dont le fond et la forme indiquaient les abords d'une ère
nouvelle pour ce genre de littérature , abandonné depuis
longtemps aux chanteurs des rues et aux jongleurs de carre-
fours. M.Magnin, dont nous parlions tout à l'heure, a publié,
en 4 846, la traduction d'un auteur de cette époque mieux
inspiré qu'on ne l'avait été jusque-là : c'est le théâtre de
Hroswita , religieuse bénédictine de l'abbaye de Ganders-
(1) NousaTons cité TordonnaDce d'Eudes de Sully; et il résulte de
celle du légat Pierre de Capoue (c'est notre grand symboliste, si sou-
To'Dt invoqué dans cet ouvrage), dont elle était la reproduction, que
déjà, à la fin du douzième siècle, il fallait remédier à beaucoup de dé-
sordres, qu'une autorité supérieure pouvait seule aboUr. il y eut dans la
suite beaucoup de règlements semblables. Mais on peut remarquer
dans ceux que nous citons, comme dans tous les autres, que les
évèques, en retrancl|fuit ce qui était peu digne, se gardaient bien
d'abolir ce qu'il y avait de symbolique dans les cérémonies qu'on pou-
vait conserver sans inconvénient. (A'oir Guérard, ubi suprà; — -Fleury,
ad ann. 1198. ) — U y a plus : Grégoire IX, qui gouverna l'Église de
1227 à I24i, interdit dans ses Décrétales (liv. Ui, eh. xii) tout ce qui
pouvait, dans les représentations liturgiques, compromettre la dignité
du saint Ministère, soit par les bouffonueries des clercs, soit par Tusage
de« habits cléricaux, àquelque ordre qu'ils appartinssent. — Et le Glos-
saUur (in-f», Anvers, i573) a bien soin défaire remarquer que le Sou-
verain Pontife ne pi étend abolir que l'usage de ces costumes, et non la
représentation des pièces relatives & la fête. (Tlérode, les mnges, Ra-
chel,etc.) — Ces textes sont décisifs, et prouvent évidemment que ce
n'était pas la cbose en eUe-méme que l'Église réprouvait , mais les
indécences qui s'y mêlaient et qui devenaient l'objet d'une trop grande
indulgence. — Enfin Gratien, qui travaillait vers 1150 à son hérr^t ,
devenu Tune des sources du droit canonique, ci^e un concile d'Orléans
(^^ans doute celui de 1022) qui condamnait ces même? folies. {Décret. ,
l>«rt.iii,diit.lii.)
Ij«8 vierges sa-
g-es et les ritrge»
folles.
202 HISTOIRE DU 8TMB0L1SME.
heim en Saxe, qui , ayant pris Térence pour point de départ
(on aurait pu commencer plus mal) , s*était mise à composer
pour sa Communauté des pièces imitées de l'auteur latin. Ce
génie féminin, qui préludait par d'autres succès littéraires à
la gloire que Tabbesse Herrade allait jeter bientôt sur son
abbaye d'Hohenbourg , faisait représenter dans les grandes
salles de son couvent des sujets tirés des premiers siècles
de l'histoire ecclésiastique : c'étaient les scènes tragiques
du Martyre de Gallicanus sous Julien l'Apostat, des Saintei
Agathe et Irène sous Dioclétien , et des Saintes Foi , Espé-
rance et Charité en la dernière année du règne d'Adrien ;
c'étaient encore la Résurrection par l'apôtre S. Jean de CaHi-
maque et de Drusie^ la conversion de la courtisane Thaïs par
le saint solitaire Paphnuce, dans la Thébaïde ; puis le Saint
ermite Abraham ramenant sa nièce , tombée dans le crime,
aux lois de la pénitence et de la chasteté. Les allégories ne
manquent pas dans ces pièces, toutes composées dans le
goût chrétien, qui s'y manifeste autant par les détails sym-
boliques, inséparables de la doctrine religieuse, que par les
sentiments propres à fortifier dans les âmes l'héroïque fer-
meté du sacrifice et des vertus cénobitiques. Ces sujets ,
qui étaient lus et relus dans les légendes des monastères ,
confirmaient de plus en plus dans la connaissance et dans
l'amour des devoirs , et , tout en offrant des exemples à
suivre , ils prenaient l'esprit autant que les sens par des
images dont la mémoire se meublait, au plus grand profit
de l'enseignement théologique.
On comprend en effet que , dans la représentation qui
fait intervenir les trois vierges Foi , Espérance et Charité ,
les rôles et le dialogue tendent tous à Sapience , un des titres
de l'œuvre , et renferment de nombreuses allusions tirées
du caractère de ces personnages. C'étaient là trois types
bien exprimés des vierges sages de l'Évangile.— Plus tard,
l'épisode évangélique se compléta dans le drame des Vierges
sages et des Vierges folles , qui paraît au onzième siècle , et
LES DRAMES LITURGIQUES. 203
dont l'action , dans laquelle on voit se mêler aux princi-
pales interlocutrices l'ange Gabriel qui expose les prélimi-
naires de la pièce, se termine par la grande leçon de l'Époux,
le Christ lui-même, prononçant le terrible Nescio voi.
Sans faire ici l'histoire du théâtre , nous devons nous D^Teioppementa
' da théâtre ohré-
arrôter aux plus saillantes de ces compositions littéraires , ««" <**»» i«» v>^
* * tre derniers siè-
dans lesquelles se révèle avec une énergie nouvelle ce sym- «»«• ^^ «oy»»
bolisme de l'art et de l'enseignement chrétien que nous
trouvons partout ailleurs , et qui ne pouvait y manquer.
En constatant que le moyen âge tout entier s'est servi de ce
moyen de propager les vérités morales, disons encore com-
ment il y a persévéré jusqu'à la^fln.
Après s'être renfermé dans le théâtre proprement dit ,
quel que fût le lieu où il s'élevât , le drame , c'est-à-dire le
besoin d'agir, de rempUr un rôle, de symboliser les idées et
les personnes historiques des deux Testaments, des annales
ecclésiastiques et des légendes locales, était venu à se glisser
jusque dans les grandes solennités du culte les plus pro-
pres à émouvoir la foule et les plus susceptibles de rece-
voir ce complément de spectacle extraordinaire. Les quatre
derniers siècles surtout semblèrent rivaliser pour en ap-
peler à un passé qui expirait, de l'injuste dédain qu'ils pres-
sentaient de plus en plus pour un prochain avenir. C'est n>*^» «rtout au
surtout au quinzième siècle qu'aux mystères joués sur des
échafauds dressés dans les rues ou les carrefours de la cité,
se mêlèrent des processions auxquelles prêtres et laïques,
revêtus des parements de leur rôle , prenaient une part
enviée de tous : témoin celle qui se faisait à Chaumont
quand la fête de S. Jean-Baptiste tombait un dimanche (4).
A Aix, la Fête-Dieu eut une célébrité bien plus grande René^d'Aijoû,
(1) Cf. Annales archéolog,, XI, 198 et suiv.; — Le Moyen Age et la
Renaissance, t. IV : Théâtre, article où M. Louandres a laissé passer ,
an milieu de bonnes choses et d'une érudiliou attachante, beaucoup
d'appréciations peu convenables sur la partie théologiqiie de sou
(fciivre.
[
204 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
encore^ qui n'est pas entièrement effacée, car elle conserve
de nos jours quelques-uns de ses traits antiques. René, roi
de Provence, l'avait enrichie de tout l'appareil d'un luxe
devenu bientôt populaire , se faisant ainsi Témule d'Al-
phonse, frère de S. Louis, qui s'était efforcé de donner aux
Rogations de Poitiers un éclat qu'elles n'avaient pas eu
avant lui, et où le symbolisme n'était point oublié. C'est
à René qu'on devait aussi les jeux de la Pentecôte à Ta-
rascon : il luttait, par ce moyen, contre la décadence de la
chevalerie qui s'éteignait, contre l'oubli des pensées mo-
rales .du moyen âge; et sa haute intelligence, qui regrettait
l'extinction déjà sensible de cette lumière des peuples,
contribuait par tous ses efforts à en maintenir les der-
nières lueurs. Artiste autant que poète et organisateur, il
dessinait lui-même les costumes de ses drames et en fai-
de ouiMdeRetE. sait la musiquc. On sait la fin du fameux Gilles de Laval,
seigneur de Retz, dont la légende a fait notre célèbre
Barbe-Bleue des contes de Pérault, et qui, devant subir le
supplice du feu pour ses méfaits, demanda et obtint de se
rendre dans la fatale prairie où devait se faire l'exécution ,
suivi d'une de ces processions qu'il avait tant aimées, et
qu'il organisa lui-même avec autant de sang-froid que s'il
Les uramMBer. u'avait pas cu à y remplir le principal rôle tragique.— C'est
tions publiques a la même époque, en 4497, qu un fait, remarquable en ce
contre des flëftux. •, , .^ a ^ • a. t :»
genre, prouva dans quel esprit se représentaient les drames
chrétiens. La peste ayant sévi à Ghâlon-sur-Saône , on y
joua des mystères pour obtenir de Dieu la cessation du
fléau : c'était donc une action sainte, une bonne œuvre à
laquelle on vit le clergé prendre sa part, prouvant autant
qu'il était en lui que, tout en s'y associant, il y voyait plutôt
un acte de dévotion et une prière qu'un moyen d'amuse-
ment et de distraction {\).
(l) Cf. Butlelin monumental, XI, 106; XHl, 9; XVI, 330; XVn,M9
et suiv. ; — Histoire cLe ta cathédrale de Poitiers, M, 48 et suiv, —
Nous avions pris ce fait de la pesle de Châloii dans les Bulletins des
r
LE8 DRAMES LITURGIQUES. 205
Mais en s'avançant vers la un de celte période, traversée ^^,2àêï? a^aî
pour l'Église de tant d'épreuves , et , pour le monde , si ^ i*»^^ c^m-
funeste à la constitution politique et morale des peuples, reiifieox.
on ressentit d'autant plus , jusque dans ces jeux si long-
temps utiles à la société , la défaillance de l'esprit chré-
tien. Les hardiesses des novateurs , les troubles politiques
des États de l'Europe, l'arrivée de Grecs chassés de tions-
tantinople , et l'envahissement de leur littérature profane,
qui, en séduisant les doctes, s'infiltra dans les études jus-
qu'alors si paisibles et si pures des monastères et des uni-
versités, devinrent autant de causes d'une révolution d'au-
tant plus acceptée qu'elle flattait les plus dangereuses
passions en proclamant l'indépendance de la pensée
humaine à l'égard de Dieu. Bientôt donc une certaine
licence, qui n'avait pas laissé de jeter, dès le siècle précédent,
ses caricatures et ses satures dans les poésies profanes, les
fabliaux et les romans , commença à modifier jusqu'aux
données du théâtre sacré.
Aux causes que nous venons de signaler, une autre
encore venait ajouter son influence. Des moines studieux
avaient découvert dans les bibliothèques de leurs couvents
des manuscrits d'auteurs grecs et latins dont la lecture in-
spira le goût des fables mythologiques. On y trouvait trop
d'allusions, ou plutôt de frappantes ressemblances entre ces
&bles, toutes fondées sur quelques détails de la vie humaine,
et la position faite à beaucoup de personnages historiques,
pour refuser à tant de symboles un certain droit de natura-
lisation ; et ce fut la cause d'innovations radicales dans ce
•
Comilés historiques, et nous Tindiquions dans une note, écrite en 1850^
oomme pris dans le volume de cette année , partie intitulée Archéo^
lagie et beaux-arts, p. 102 et 119. — Nous ne le retrouvons plus quand
noQs voulons compléter nos idées h cet égard, et il nous devient impos-
sible de citer exactement la source de ce document. Mais on sait qu'un
tel fait s'est représenté souvent ailleurs qu'à Ch&lon, et il est de noto-
riété scientifique que les feintes furent maintes fois représentées dans
le but d'obtenir une grâce publique.
La Passion de
Saint-Quentin,
206 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
qu'on appelait alors les Jeux de Dieu, L*un des plus célèbres
morceaux de ce genre est le Mystère de la Passion , joué
dans la collégiale de Saint-Quentin, en Hainaut, dans la der-
nière moitié du quinzième siècle. Au milieu des naïvetés
d'action et de langage qui en rendent encore la lecture si
attachante, on s'étonne de voir surgir près des idées chré-
tiennes, et dans la bouche même des acteurs chrétiens, les
souvenirs des temps poétiques et tout l'attirail de l'Elysée et
de l'piympe. Le mauvais goût trouvait là maintes ouver-
tures à des jeux de mots et jusqu'à des calembours de petit
et de s. Didier. aloi. Ou cu pourrait dire autant de « La vie et passion de
Mvr S. Didier, martyr et évêque de Langres, jouée en la
dicte cité Tan mil ccc nu» et deux, composée par vénérable
et scientifique personne maistre Guillaume Flamang (4). »
d^hx- *'*'*^**" n est certain qu'en se laissant dominer par ces étranges
tendances, on risquait d'arriver aux bouffonneries et au
burlesque. Malheureusement on n'y manqua point : tant
il est vrai aussi qu'une fois le sentiment de la religion et de
l'autorité affaibli chez un peuple , on y voit arriver l'esprit
révolutionnaire, qui commence par dénaturer de prétendus
riens et finit par renverser tout. La simplicité, encore
générale dans les cœurs chrétiens, put consentir d'abord à
quelques-unes de ces étrangctés, qui parurent un complé-
ment de la fête, et l'ensemble de celle-ci semblait effacer, il
est vrai , la singularité de quelques écarts. Ainsi , quand
on souffrit qu'à Aix les jeux de la Fête-Dieu , où le Saint-
Sacrement, bien entendu, était porté selon la coutume,
admissent , avec les scènes de la Bible et de l'Évangile ,
une cavalcade mythologique où figuraient tous les dieux
et héros de la Grèce antique, le peuple n'y voyait qu'un
amusement de plus et un objet de curiosité dont ses
(l) Ce maistre Guillaume Flamang était un chanoine de Langres,
vivant de 1455 à 1540. Son œuvre n'avait pas moins de 10^000 vers et
416 personnages. EUe a été publiée in-8«^ par M. Cornudet, biblio-
thécaire de la vil*e de Langres.
LES DRAMES LITURGIQUES. 207
regards seuls étaient frappés , quoique le bon roi René
n'eût certes voulu y montrer que le triomphe du Christ
sur toutes ces prétendues divinités qui trop longtemps
s'étaient attribué sa place dans la confiance et les adora-
tions des peuples anciens. Il est facile en efTet, comme son •ymbousm*
l'expliqua nettement un studieux témoin de cette monstre^ ^ "
renouvelée à Aix en A 854 (mais avec de notables modifica-
tions), il est facile, disons-nous, de reconnaître, dans les
trois parties bien distinctes dont se formait la procession ,
one triple idée symbolique présidant au développement
continu d'une véritable trilogie. C'était d'abord l'exhibition
des divinités païennes , et les ténèbres de l'erreur. Ce pre-
mier acte était représenté pendant l'Office de la nuit. Le
second , qui avait lieu au point du jour , symbolisait le
judaïsme et l'ancienne Loi par des faits du premier Testa-
ment. Enfin venait, au plein jour^ du catholicisme le troi-
sième acte déroulant les grandes histoires évangéliques
et se terminant par la marche triomphale du Saint des
Saints porté par le pontife et s'entourant de toutes les
splendeurs dues à sa divine humanité (4). On conçoit la
réalité de cette théorie, et qu'à son origine elle dut avoir,
selon le but de son ingénieux inventeur, autant d'influence
que de crédit sur les foules appelées à en avoir le spec-
tacle.—H n'en est pas moins vrai que ces doctes et inno- s^Tërité judi-
oIoQM de Genoo.
centcs bonhomies ne devaient avoir qu'un temps ; que
chaque année, pour ainsi dire, la candeur populaire s'affai-
blissait devant Vesprit moderne, et que, sous les impressions
causées par lui, on devait trouver des répulsions qui bientôt
se changèrent en sévères critiques. C'est ainsi que le chan-
celier Gerson, mort en 4429, s'affligeant déjà de voir les
(1) Voir un curieux mémoire de M. Rostan : a Les jeux de la Fête-
Dien à Aix,» dans le Bullet. monum,, XVU, 468 et sniv. — Mais sur-
tout Dous indiquons, pour plus de renseignements sur les fStes de Ta-
nscon et d'Âix, les Œuvres choisies du roi Renéy publiées par M. le
comle de Quatrebarbes, 1. 1, p. LVlii et xcviii, 2 vol. in-4<», 1849.
208 HISTOIRE Dl' SYMBOLISME.
imagiers charger rarchîtecture religieuse de figures dont
le symbolisme tenait plus de leur capricieuse imagination
que des traditions justement regrettables de l'école patrîs-
tique, ne s'indignait pas moins de trouver dans les représen-
tations, devenues par trop banales, une sorte d'injure s'atta-
quant en même temps à la foi et aux yeux des fidèles autant
qu'à la dignité de l'Église (^).
Faaxjagemente Mais cc Serait Vraiment bien autre cliose s'il fallait voir
de quelques an-
teun sur la Fét9 d autrcs représentations bien plus étranges du même œil que
les voient encore des antagonistes trop mal éclairés pour
distinguer assez les temps et les lieux qui en furent les pre-
miers témoins. Qui n'a pas entendu, qui n'a pas lu mille
fois les diatribes écrites et répétées à satiété contre ce qu'on
s'est plu à nommer les fêtes des fous et de l'âne ? Que de
juges ont condamné sans les entendre ces illustres person-
nalités? Esquissons en quelques mots leur histoire, et
voyons s'il n'est pas plus juste de les expliquer froidement
que de les maudire, et d'en reconnaître le sens que de le
calomnier.
îî- tl^St^^'^^ Commençons par VAne. On a singulièrement dénaturé le
pauvre animal dans son histoire, d'abord systématique-
ment parée de tous les ridicules immérités que lui pro-
digue toujours la malicieuse ingratitude des hommes,
puis dans son rôle, qu'on a chargé à dessein d'un langage
et d'une musique dont il n'est fait aucime mention à son
origine. Il nous faut remarquer d'abord que la Fêle de
ïdne n'a pas été décorée de ce nom par ceux qui insti-
tuèrent à Rouen cette représentation liturgique. Ce ne fut
que plus tard, et dans le texte de manuscrits bien posté-
rieurs, que ce titre y est consacré. L'âne, en effet, n'y appa-
raissait qu'en qualité d'accessoire, comme le bœuf lui-même
(1) a Nonpatitur ludum fama^fides, oculus. » — Voir BulleL mo-
num»y XVII, 299; — J. Gerson, De Prxcepiis Decalogi, cap. vu; —
Sernioindie Circumcisionis ; Oonclusio deLudo SluUorum, opp. éd.
Dupin, in-f*, t. I, p. 433; II, 60; III, 309.
par les falti.
DRAMES UTUilGIQtlBd. — LES FÊTES DE L*ANE. 209
et comme les brebis qu'en d'auti*es j^â; on voyait apporter
par les bergers aux pieds du petit Jésus dans sa crèche* La
modeste monture ne dut l'honneur inattendu de spécifier
par son nom l'action à laquelle on la voyait prendre part,
qu'après de nombreuses exhibitions, quand le peuple, qui
s'exprime toujours en pareil cas d'après ce qui le frappe le
plus, et qui cherche mouois le fond des choses que ce qui
peut s'y prêter à ses prédilections pour l'ironie, se fut
accoutumé à désigner par la fête de Vdne la grande solennité
où Ton aimait à le voir revenir.
Nous nous pkdrions ici à reproduire les charmantes Titm dé v^m
ftox honnean
pages insérées, à l'éloge de l'&ne, par M. Félix Clément dans ^gbouqnet d«
une de ses savantes dissertations, où il fait admirablement
ressortir les mérites trop méconnus du bon et modeste
animal (4 ) . Ce serait trop long, car nous avons encore beau-
coup à dire sur le sujet de ce chapitre, et nous avons relevé
précédemment le symbolisme et l'importance de l'humble
quadrupède dont les Prophètes parlèrent souvent, et que le
Sauveur, pour accomplir une de ces prophéties, daigna pré-
férer pour son pacifique triomphe du jour des Rameaux (2) .
De tels privilèges ne devaient-ils pas suffire à lui faire par-
tager des honneurs maintes fois accordés à d'autres bêtes,
et quoi d'étrange qu'en célébrant la nativité du Sauveur on
donn&t une place à celui qui, dans l'étable, l'avait réchauffé
de son souffle , avait reçu peut-être ses enfantines familia-
rités? Cependant n'allons pas trop loin dans cette voie, et ne
croyons pas, avec ceux mêmes qui ont cherché de bonne foi
la vérité sur ce point, que l'âne apparût, dans toutes les so-
lennités de ce genre, comme étant celui de Bethléem. Nous
allons voir qu'il y remplit quelquefois un autre rôle non
moins mémorable. Toujours est-il que si nous recourons
aux sources sérieuses d'où les vrais renseignements doi-
(1) Voir aL*Ane an moyen Age, ^ Armai, archéolog.,Xy, 373 etsuiv.;
XVI, 26 et saiT.
(2) Voir ci-deBsu8, t. U, p. 462.
T. IV. 14
240 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
vent nous veuir, et non à cos indignes parodies de This^
toire du moyen &ge qu'on s'est plu à ressasser sans pudeur
pour le plaisir d'insulter TÉglise, nous voyons la plus pure
clarté se faire autour de cette tradition profanée.
Origine des G'cst vcrs la fin du douzième siècle qu'il faut remonter,
drames oh U fl- , j . j. . «x» • • i
ffure, SI nous cu croyous de judicieux critiques, pour saisir les
premières traces du drame de la Nativité, dans lequel on
d»abord à Rouen, yovait fiffurcr l'illuslre animal; et encore ce drame ne fut-
poli à Sens. '^ ^
il représenté d'abord qu'à Rouen , dont le plus ancien ma-
nuscrit porte le nom : il ne le fut à Sens que dans le cours du
siècle suivant. Voici donc ce qui se passait, d'après Ducange,
assez mal analysé par Moréri, qui ne Ta compris qu'à moitié.
Le grave et savant auteur cite le texte d'un cérémonial
manuscrit de, l'Église de Rouen, dont il ne dit pas l'époque,
mais que nous croyons , comme nous le disons ci-dessus ,
de cent ans antérieur, ou à peu près, à celui de l'Église de
Sens.
Description de La cérémouic était évidemment de celles qui servaient
la oéremonle do
Rouen ; d'instructiou au peuple, et s'immisçait dans le cours de l'Of-
fice plus utilement peut-être qu'aucun sermon ne l'aurait
pu faire. Elle commençait après le chant de tierce, un peu
après neuf heures par conséquent , et par la procession
qui précédait toujours la Messe. Le cortège, qui s'était formé
dans le cloître, en partait sous la direction de deux clercs
inférieurs en chape , lesquels entraient dans l'église en
chantant un répons alterné par le chœur et qui faisait tour
personnagres qni y à tour allusiou à tous Ics rôlcs de l'action dramatique ; car on
^"" ' voyait défiler successivement des personnages représentant
des Juifs et des Gentils , puis Moïse et Aaron , les grands et
les petits Prophètes , tous avec le costume de leur rôle , ces
derniers pourvus d'une belle barbe qu'on n'oublie pas de
mentionner pour chacun d'eux, non plus que les divers
le* Prophètes , costumos qui conviennent à d'autres : ainsi Moïse, tenant les
Tables de la Loi, porte une aube blanche sous une chape ;
les rayons traditionnels sortent de sa tête [comuta facie). Sa
DRAMES LITURGIQUES. *- LES PÉTES DE L*ANE. 244
main droite soutient la verge dont il frappa le rocher. —
Aaron a revêtu les habits de sa dignité pontificale; il est coiffé
d'une mitre et lient cette autre verge qui, devant Pharaon ,
s'était changée en serpent.— Jérémie déroule un phylactère
où brille un passage de ses prophéties ; il a le costume sa-
cerdotal. C'est de la sorte que tous les autres , avec des
symboles différents et des vêtements spéciaux , se placent
le long de la grande nef , et répondent à Tappel de leur
nom fait par les chantres, et expriment dans leur réponse
le passage de leurs écrits qui annonce la venue du Sauveur.
Le symbolisme est très-bien observé dans le choix de ces
costumes variés et de leurs couleurs. Daniel , par exemple, entr» umtte» -. d«.
qui a prédit jusqu'à la Semaine Sainte où le Seigneur subi- '
rait son Sacrifice , et par là même donna l'espérance du
salut, revêt une tunique verte; de plus il tient un épi, sym-
bole de ce Pain vivant promis aux ftmes de la nouvelle Loi.
Habacuc , qui s'était retiré dans le désert et qui annonça Habacao ;
aux Juifs infidèles la domination de Nabuchodonosor , est
un vieillard couvert d'une dalmatique , habit d'honneur
donné parfois , dans les cérémonies, aux grands du monde
qui y prenaient part. Nous ne savons et ne trouvons point
pourquoi il doit boiter, si ce n'est ou à cause de sa vieillesse
ou pour mieux faire comprendre aux Jui& l'imminence
des maux qu'il leur annonce et le peu de stabilité de leur
état, n y a plus : on le voit mangeant des racines qu'il tire
d'an sac de voyageur , en souvenir de sa vie solitaire , et
tenir deuxlongues branches de palmier, emblème des coups
dont le Seigneur menace par lui les Juifs^ devenus bientôt
victimes des Ghaldéens , puis les Ckaldéens eux-mêmes qui
doivent être ensuite punis de leurs excès. —Mais voici le fort ?•!*«« «t ton
de la chose : deux envoyés de Balac , roi des Moabites , se
présentent; ils sont suivis dji faux prophète Balaam, monté
sur une ànesse, d'où est venu le nom populaire de ce drame
[hinefesto nomen, dit la rubrique). Et ici remarquons bien
tous les détails de ce rôle que nous donnons d'après cette
ViTiffle,
242 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
même rubrique, sans en rien retrancher, sans y rien ajou-
ter :« Balaam est richement habillé ; il a des éperons dont il
doit picjuer T&nesse, tout en retenant les freins, » pour
mieux rendre la résistance de l'humble monture devant
<c un certain jeime homme » qui s'oppose à sa marche en
la menaçant d'une épée. Ce jeune homme est l'ange qui, en
reprenant Balaam de sa désobéissance ( car il venait pour
maudire les Israélites contre l'ordre de Dieu), lui ordonne
de nouveau de bénir les Israélites et de maudire leurs enne-
mis. Pendant ce temps, quelqu'un s'est glissé sous l'ânesse
et dit, comme si c'était elle {quidam sub asina dicat) :
« Pourquoi me frappes-tu si violemment de tes éperons ? »
L'ange ajoute : « Cesse d'obéir à ton roi : Desine régis Balae
prœceptumperficere. » — Alors les chantres : « Balaam , pro-
phétise \» — Et Balaam répondra : « Exibit ex Jaeob ruiilans :
Une étoile s'élèvera du sein de Jacob. »
Rien de plus : le rôle de Balaam est fini : on passe à Samuel,
à David et jusqu'à seize autres , après lesquels Virgile lui-
même est interpellé : « Maro , Maro , vates Gentilium , da
Christo. » Et Virgile, sous les traits et la robe de la jeunesse, ré-
pond à son tour (respondeat) : « Ecce polo demissa solo {cœlo) :
Voici qu'envoyée du haut du Ciel. . . » — Observons ici que ce
texte , comme quelques autres empruntés à l'Écriture , ne
se retrouve qu'approximativement dans l'auteur invoqué, ce
qui fait supposer que le dramaturge citait de mémoire ou
sur des manuscrits dont la copie était fautive. Mais on voit
bien que les paroles de VirgQc sont au moins une réminis-
cence des beaux vers de sa quatrième Églogue, de ceux qui
semblèrent prophétiser plus nettement la venue du Christ :
Kaboehodonotor.
Jam redit et Yirgo
Jam « nova progenies cœlo demittUur alto. »
Nous allons voir un symbolisme plus extraordinaire
relatif à cette prophétie . Mais ne laissons point passer, sans la
regarder, une autre scène non moins attachante. Voici Nabu-
f
DRAMES UTUBGIQUE8. — LES FÊTES DE L*ANE. 243
chodonosor vêtu dans toute la magnificence d'un roi puis-
sant ; il présente à trois jeunes hommes une statuette (sans
doute la sienne) que ceux-ci repoussent en disant : « Nous
n*adorons que le Dieu digne d'être adoré : Deo soli digne
coll. » Le dialogue se prolongeant, on en Tient à jeter les trois
jeunes Israélites fidèles dans une fournaise figurée d'avance
au milieu de la nef : c'est sur l'ordre du roi impie que se tàii
cette exécution ; autour d'eux on enflamme des étoupes, mais
ils en sortent sans blessure et chantent le célèbre cantique
BenedMte. Le tyran s'en étonne d'abord , puis se rend à
révidence, et proclame la toute-puissance du Dieu qui reste
vainqueur, en élevant les trois jeunes gens aux premières
satrapies de son royaume. — Cependant un dernier trait ne u «ibyii* de
pouvait manquer à cet ensemble, où il s'agit de rendre hom- ""*^
mage à la naissance du Fils de Dieu : il y fallait amener les
sibylles , ou que du moins elles y fussent représentées par
l'une d'elles. Nous nous attendions à voir celle de Cumes ,
uUima Cunuei, Point : c'est une sibylle quelconque dépour-
vue de nom ; elle porte, il est vrai , avec son habit de vierge
une couronne (de fleurs, sans doute). On lui ordonne de
prophétiser , et soudain elle obéit par quelques paroles qui
forment un vers incomplet : Judicii signum tellus sudore ,
et dont le sens nous échappe (4). — Les scènes finissent là;
(1) Cf. Moréri, Diction, hislor., v« festes des asnes, édit 1707;
— Ducange, Ghssarium mfd,el inf. latinat,, v« festuh. — Nous ne
BèYODs pourquoi Moréri trouve ici la sibylle Erythrée^ que le texte
n'indique pas plus qu'une antre. 11 Ta peut-être conclu de ce qu'elle
porte ordinairement un phylactère où se lisent ces mots : « Nascelur
in diebvs novissimis de Virgine Hebrasa Filius , » comme on la voit
encore parmi les peintures des Chambres Borgia, au Vatican (voir
Ylconogr, des sibylles, de M. le chanoine Barbier de Montault, Rev. de
rarl chrét.f t. XIII^ p. 327). Mais celle de Cumes n'est pas moins con-
cluante. C'est à elle qu'on attribue les vers de Virgile {id, , ibid.), et
la présence du poète semble devoir ici la faire préférer par les in-
terprètes.
Après beaucoup d'investigations nous avons enfin découvert la trace
originelle de ce passage de Ducange dans les intéressantes Nouvelles
Recherches sur la bibUolhèque des archevêques et du Chapitre de
Rumeny p.5l,in-8«^ Rouen^ 1851.— U parait, d'après les renseignements
244
HISTOIRE DU STMBOLISMB.
Comment les
rdlet 7 étalent dit-
Mbnéf.
Sens moral et
instructif de cette
représentation.
alors tous les chantres » prophètes et autres acteurs, entou-
rent le pupitre et y chantent ensemble une sorte d'antienne
dont les premières paroles ne suffisent pas à nous donner
le sens; après quoi Ton revient au chœur. Quand on y entre,
le grand chantre entonne le répons : ConfimuUum est cor
Virginie , et la Messe commence par Tintrolt : Puer naius
est nobiSy qui est , en effet , celui de la troisième messe du
jour, après lequel on indique le Kyrie^ le Gloria^ etc.
On voit par ce qui précède que la rubrique (ou ordre de
la cérémonie) n'indique à chacun des acteurs que deux ou
trois mots qui ne donnent pas toujours le sens tout entier de
la phrase qu'on leur impose : c'est pour nous une preuve
évidente qu'on ne leur soufflait ainsi , en quelque sorte ,
que le commencement de leur rôle , ce qui laisse nécessai-
rement supposer un dialogue bien plus étendu : d'où nous
pouvons conclure qu'une telle représentation devait durer
au moins une heure , et aboutir très-naturellement à la
Messe solennelle qui, partout et toujours, s'est chantée ce
jour-là pendant les deux dernières heures de la matinée.
Quoi qu'il en soit, ne voit-on pas toutes choses se passer
ici avec toutes les conditions de l'édification publique ? N'é-
tait-ce pas là un enseignement ^ aussi prompt que simple
et assuré, capable de faire comprendre au peuple sur quels
solides fondements s'appuient les révélations évangéliques?
et ne devait-il pas, en sortant de cette représentation si reli-
gieuse, assister avec plus de piété et d'onction au Sacrifice
divin auquel toutes les prophéties l'avaient disposé ? En con-
donnés sur ce point par M. l'abbé Langlois, que le texte cité par Docange
était tiré d'un Rilualeordinarium,mtuïnacni in-f» du quatorzième siècle,
qu'on tenait habituellement à la grande sacristie de l'église métropo-
litaine «pour y être consulté quand on avait quelque doute sur l'Office
du chœur. » Le cérémonial de la fête de l'&ne y occupe trois feaiUets
intercalés à la suite du calendrier, et sous la foliation 26, dans TOIfice
du jour de là Circoncision, et non de Noël comme le dit Ducange. —
Ce manuscrit, devenu la propriété de la Bibliothèque publique de la
ville de Rouen , prouve qu'au quatorzième siècle la fête, telle que nous
venons de la décrire, se faisait annuellement dans cette église.
DRAMES UTUlfilQUES* — LES VÈTSB DE L'ANE. 21 5
science, Tinesse était-elle aatrement » dans cet ensemble ,
que parce que Balaam , qui ne pouvait s'y passer d'elle ,
était un acteur des plus indispensables avec son rôle tout
miraculeux ?
On ne peut donc trop détester les sacrilèges persiflages
que se sont permis , à cette occasion , les disciples toujours
ardents de Voltaire, de Dulaure et de liichelet.
Cependant nous avons autre chose encore à dire de notre Dat« probaue
âne liturgique. Tout en adoptant la pensée de quelques au-
teurs, qui attribuent au douzième siècle sa première appa-
rition dans k métropole de la Normandie, nous avouons ne
trop savoir sur quelles données s'appuie une telle assertion,
d'ailleurs assez vague. Inutilement avons-nous recherché
nous-même la preuve historique de cette date dans tous les
auteurs qui auraient dû en parler : il faut certainement attri-
buer ce silice à la perte des archives capitulaires de Rouen,
dont les plus anciennes délibérations ne dépassent plus le
milieu du quatorzième siècle (4). Mais dès lors qu'on n'en
voit pas l'institution depuis cette époque , on est autorisé à
conclure qu'elle lui est antérieure , et ainsi Ton reçoit vo-
lontiers la chronologie habituellement acceptée. C'est dans
la même église , au reste , que se faisait , en l'Octave de
Pâques , l'Office des pèlerins d'EmmaUs , celui de la Résur-
rection , celui de Marie-Madeleine ; et Guillaume de l'Isle ,
chancelier de l'Ëglise, avait fondé, en 4 344 , pour les deux
chanoines qui s'en seraient le mieux acquitté, une mesure
de blé et une mesure d* avoine (2)... — Honni soit qui mal y
pense ! C'était probablement du symbolisme, et rien de plus.
Mais ce n'était pas seulement à Rouen que l'âne biblique „ Laméme fête à
"^ , ^ ^ Sem. — Proie de
était fêté. A Sens aussi , autre métropole , 1 archevêque pierrodecorbeii:
Pierre de Corbeil, mtromsé en 4494 et mort en 4222, avait, *•«.
dans l'esprit de son époque , ou établi ou enrichi par ses
(1) Voir M. l'abbé Langlois^ Noies sur les jubés de V église viélropo-
lUaine de Rotien, in-8*, 1851, p. 2.
(2) Langlois, id,, iind.
leur lymbollime
chrétien «xposé
dans 06 chant U-
Mrgique*
248 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
lisme, il ne sera pas plus étoimant sous cette forme que
lorsqu'il voile k demi les traits et la vie de FHomme-Dieu
sous l'image du phénix, du passereau, du pélican, d'un
cheval blanc, d'un lion et de tant d'autres. Gela dit, abor-
dons notre Prose , et voyons comme elle diffère dans ses
idées de ce qu'en ont raconté les ignorants du parti pris.
I. Orientis partibus
Adventavit asinus,
Pulcher et fortissimus,
Sarcinis aptissimxu.
— Hezisire âne, hez (1)!
JihpSZ'^ ^^ Tout d'abord , observons; que le rhythme choisi pour ce
chant d'allégresse se prête fort bien à la vivacité de la
boliste S. Méliton, augmenté de tout ce que son Bavant commeaU^
teur, le cardinal Pitra^ nous a fait connaître des Pères et des anteurs
ecclésiastiques , n'est pas moins explicite; on le voit {Clavis, cap. ix,
§ vu) représenter l'&ne et l'ànesse comme des images connues des
meilleurs rapports du Christ avec la nature humaine, et des vertus que
se plaît & louer la Proie de Sens. — On consulterait avec le même
avantage William Carpentier dans sa Zoologia sacra (Migne ^ 5cr^^
sacr. curs, comp/^^ / III ^ 401} , «et Samuel Bocbard, Hierozàkvmbi»
blicum (De Âsino) , que nous avons déjà cités sur la zoologie symbo-
Uque.
(1) Nous donnons ici^ pour ceux de nos lecteurs qui en auraient be-
soin, la version française de la fameuse Prose, et , si nous ajoutons à
chaque strophe quelques mots qui ne sont pas dans le texte original ,
c'est qu'ils en développent le sens et en expliquent la nalvetéj ce qui
est inséparable de toute traduction^ même fidèle.
t. Dm terres de l'Orient nous eet arrivé on Ane plein de beuté et de fbree, dbpoié
à porter tons les fardeaux qu'on loi destine.
Hez! sire Ane, hezl
II. Nourri d'abord par les enfants de Ruben sur les collines de Siehem, il a traTené
le Jourdain, et d'une oourse rapide il est arrivé A Betliléem.
III. Le ftion de la biohe, les daims, les oheTrenils, sont moins ai^ee que lui ; sa
cotti«e rapide l'emporte sur celle des dromadaires de Madian.
IV. C'est par lui que nous sont Tenus dans l'Église l'or de l'Arabie , l'enoens et la
myrrhe de Baba.
V. Qu'il est pesant le char auquel on l'attache ! combien lourds les fardeaux qu'on
lui impose I Et pendant ce rude trarail, il n'a pour se soutenir qu'une grossière nourri-
ture I
VI. Qu'il mange l'orge encore en épis, il ne se contente pas moins de ehardon ;
il n*en sépare pas moins le firoment de la paille dans l'aire qu'on lui donne à
fouler.
VII. Ane vénérable, enfin, tous n'aTCi plus pour nourriture que du gason oholii.
Rendez -en grAce A Celui qui vous le donne éternellement. Oui, chantez le cantique de
Totre Joie reconnaissante; le passé n'est plus, r^ouissez-Tous de TOtrc triomphe. Vous
êtes devenu le Seigneur A qui s'adressent nos chants de Joie.
BRAMES UTCRG1QUS8. — LE8 FÉTB8 DE L'aNE. 2l9
pensée rapidement poursuivie dans ces quatre petits vers
de sept syllabes » dont la pénultième , toujours brève , rap-
pelle Télan plus enthousiaste , U est vrai , mais non moins
expressif , du Veni , $ancte Spiritus , composé trois siècles
auparavant par le roi Robert. Ce choix n'est donc pas trop
déraisonnable comme fait littéraire, et Ton ne sera pas
moins étonné de la convenance toute symbolique de sa
notation même, si on la consulte dans la planche empruntée
au manuscrit de la bibliothèque de Sens par nos plus
habiles musiciens (^).— Il n'y a pas jusqu'au refrain si ridi-
culisé : Héliire dne^ qui n'y ait son effet par le repos qu'il in-
dique, et par la transition qu'il ménage doucement à la voix
entre la strophe qu'il termine et la suivante qu'il aide & com-
mencer. Et ce refrain, nullement ridicule dans le chant, com-
ment le serait-il en lui-même, pour peu qu'on voulût bien se
reporter à l'expression de joie simple et candide qu'il devait
rendre; si Ton n'oublie pas qu'il y dévient un cri d'allégresse
rendu en cette langue française qui s'essayait alors, et devait
avoir ses naïvetés comme toute langue a les siennes à sa
naissance ? Mais ce Mire qui prête tant aux agréables ricane- L^âno Mt «usi
(1) La TalgarisaUon de ce curieux morceau de musique est due en
France aux soins réunis de M. Danjou, le docte et élégant auteur de
\ikBefme de musique religieuse (t. IV^ p. 71); de M. Félix Clément, qui
la fit exécuter en 1846 au collège Stanislas pour une assemblée d'élite,
aux grands applaudissements de l'assistance ; et enSn de M. Oidron ,
qui en avait découvert et fait calquer une copie possédée & Padoue
par M. Pacchierotti. On peut la voir dans les Annales archéologiques,
t. VII, p. 26, où elle est traduite en notation moderne par M. Clément,
et XYl, 260, où M. Didron a reproduit le manuscrit italien. On peut en
donner une idée assez juste en disant qu'elle a beaucoup du ton, de la
mesure et du caractère général de notre Prose de Noél : Votis Pater
cmnuii , qu'on chantait encore naguère dans toutes nos églises avant
qu'on les eût dépouillées, sous prétexte du rit romain, de ce qu'elles
avaient de plus beau, de plus populaire et de plus touchant. Ce serait
loaer le bon goût de ceux qui nous avaient donné cette regrettable
?TOse de Noël et son chant joyeux que d'affirmer qu'ils avaient intro-
duit dans celui-ci d'évidentes réminiscences de la Prose de Sens et de
Padoue. Hélas ! bien peu se doutent de ce qu'on a perdu à ce déran-
gement si peu réfléchi de nos plus honorables traditions liturgiques !
L
220 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
sanr^r^"'* <*« ments de nos adversaires, ne pourraît-on pas se rappeler
qu'il était alors le plus grand titre d'honneur demeuré aux
rois seuls? et ramené si souvent, et dans la partie la plus
saillante de chaque couplet, ne peut-il pas servir à prouver
encore que l'âne n'était plus, pour la pieuse assistance, un
simple et pauvre animsJ gardant son rdle ordinaire, mais
quelque chose ou plutôt Quelqu'un de bien plus digne et de
plus élevé ? Revenons à cette pensée, qui va nous apparaître
clairement en suivant chaque ligne de notre chant de
triomphe.
qui Mt poriont, On sait tout ce qu'il y a de symbolique dans cet Orient ,
dont nous avons plus d'une fois indiqué les diverses et poé-
tiques significations. Gomment l'âne célébré par tant d'hon-
neur viendrait-il de V Orient ^ s'il ne représentait la Lumière
éternelle jaillissant du Ciel, oriens ex alto , le Soleil de Jus-
tice, sol Justitiœ^ et celui enfin que, peu de jours avant les
grandes solennités de la Naissance et de la Circoncision,
l'Eglise appelait : « Orient, splendeur sans fin qui dissipa les
ténèbres : 0 Oriens^ splendor Lucis œternœ (4 ) ? » Qui a plus
que Lui la beauté et la force? n'est-Il pas le plus beau parmi
les enfants des hommes^ selon Isaïe? le vainqueur du monde
comme II l'a dit lui-même ? — Et quel fardeau ne peut-il
pas assumer ?n*a-t-il pas accepté celui de la croix, celui des
iniquités de la terre ?
■I. HiCy in coUibus Sichen,
EnulrUus sub Ruben ,
Transiit per Jordanem ,
Saint in Bethléem.
Quel autre a pu faire cela, a pu revêtir ces caractères, que
Celui qui fut prédit dans Tanciennc Loi par tant de figures?
Les pâturages renommés de Sichem^ où. les enfants de Jacob
faisaient, sous la conduite de Ruben ^ l'aîné d'entre eux,
pattre les riches troupeaux de leur père, furent comme le
(1) Grandes antiennes de l'Avent.
DRAMES LITURGIQUES. — LES PÉTES DE L'ANE. 224
berceau du peuple juif. Ce peuple est maintes fois regardé, «« ^ p«np>o Jo^f
dans rÉcriture , avec son histoire , ses vicissitudes, ses dé-
faites et ses triomphes, ses périodes de troubles et de paix, •
comme Fimage préconçue du Sauveur dlsraêl. Juda, après
s'être multiplié, passe le Jourdain^ comme Jésus, à un point
donné de sa vie morteUe, y reçoit le baptême qui le fait passer
de sa retraite à l'exercice de sa mission ; ou bien, comme le
disent les Pères, le Jourdain fut pour lui cet espace inconnu
qui le séparait de notre monde quand il daigna le franchir
pour venir s*humilier, à travers les collines éternelles, dans
Bethléem , la plus petite des villes de Juda. Ne voyez-vous
pas, dirons-nous encore avec M. Clément, que le refrain
« Hez ! sire âne, hez ! » ne peut être ici un cri burlesque
d'une populace ignorante et grossière? N'est-ce pas plutôt
le sentiment de Tadmiration et de la reconnaissance qui
échappe au poète compositeur , et que le peuple chrétien
répète, après chaque énumération des divins prodiges, dans
les mêmes dispositions d'esprit et dans les mêmes effusions
du cœur?
Voici , au reste , que reviennent d'autres souvenirs de y^j^^JJ^ ^JJJJS
l'Écriture, de textes bibliques tout appliqués au Sauveur par
le commun des interprètes ; de sorte que, tout en relevant la
force , la fierté et la marche alerte autant que profitable de
r&ne oriental , rien ne semble plus naturel que de trouver
sous ces avantages sensibles la personne adorable du Fils dD
Dieu :
m. Saliu vincit hinnulos f
Damas et capreolos ;
Super dromedarios
Velox Madianeos,
L'Épouse des Cantiques compare son Bien-Aimé au jeune
chevreau : « Similis est dilectus meus hinnulo capreœ »
(Cantic, n, 9).— Isaïe prédit que le Christ fuira du Ciel vers
l'humanité » comme un daim qui prend sa course la plus
rapide (4 } .— S. Grégoire désigne sous la figure du chameau,
(i) c Quasi dama ftigieuB. » (xm^ 14.)
ao Mefltie.
l
222 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
que consentent à avaler ceux qui répugnent à un mouche-
ron , Notre-Seigneur qui fut condamné par Pilate , si favo-
rable à Barabbas (^ ) ; et, ce qui semble plus décisif, c'est que
S. Méliton, parlant de ces trois animaux , en fait autant de
symboles du Christ (2) ; et après chacune de ces assertions,
il les prouve par les textes que nous venons d'alléguer.—
Ainsi , voilà autant de comparaisons qui , tout en s'appli-
quant très-bien à la force et à Tallure rapide de T&ne, sym-
bolisent aussi parfaitement la valeur des Hébreux dans les
guerres qui leur assujettirent tant d'ennemis , parmi les-
quels on voit figurer surtout les Madianites; mais ces dro-
madaires madiauites des deux derniers vers ne sont-ils pas
aussi une allusion à la visite des Mages, dont le couplet sui-
vant va nous parler ?
IV. Aurum de Arabia,
Thus et myrrham de Saba
Tulit in Ecclesia
Virtus asinaria»
Anation à Ta. Qu'ou regarde comme indifférent , avec M. Clément, que
s«t» ce fussent des chameaux ou des ânes qui apportèrent à
Bethléem les présents des premiers rois adorateurs, et
qu'ainsi notre âne soit ici loué de cet honneur , dont il
aurait droit d'être fier ; ou bien (ce que nous croyons mieux)
que son rdle symbolique abandonne les données tradition-
nelles du peuple juif, et ne se rapporte plus qu'à Jésus-
Christ seulement: il n'en sera pas moins vrai que ces sub-
stances précieuses, apportées de l'Orient comme autant
d'hommages à l'Enfant-Jésus , ont cet Enfant pour promo-
teur (3) ; qu'à chacune d'elles, comme nous l'avons établi,
se rattache un sens mystérieux, et que notre âne, redeve-
nant, comme les termes l'indiquent si clairement, le sym-
(1) a Excolantes culicem , camelum autem glnUentes. v (Matth.,
Tom, 24.)
m . HinnuluB, Christus » (uôî suprà, § Lx); « dama^ Chrwtus t
(îMtf ., § LX): « camelue, Cbristus » (ibid, § v).
(3) Cf. ci.deB8ua, t. Il, p. 490.
DRAMES LITURGIQUES. — LES F£TES DE L'aNE. 223
bole évident de Jésus-Christ, peut, à ce titre » recevoir
les éloges que méritent ces divines faveurs. Si l'or est la pu-
reté de la vie chrétienne , si Tencens représente la prière et
qu'il faiUc voir dans la myrrhe Fesprit de pénitence et de mor-
tification , il est clair que c'est au Sauveur que l'Église doit
ces notions méconnues de la Synagogue ; c*est à la force
(virius) de ce divin travailleur que nous devons tous de les
comprendre et de les pratiquer : voilà le sens de ces mots
virtus asinaria. — Avançons , et voyons d'autres linéaments
non moins convenables à l'adorable Objet qui se cache sous
les paroles liturgiques. Jésus n'a-t-il pas porté sa croix? nos K '•p!^^ •* *
fautes ne lui ont-elles pas été un lourd fardeau, comme ^^f
l'Église le lui rappelle, des milliers de fois chaque jour dans
une des plus touchantes invocations de la Messe : « Agnus
Dei^qui tollis peceata mundi?» Et pour ce dévoûment, qu'a-
t-il trouvé sur la terre ? la pauvreté, à peine de quoi reposer
sa tète ; la faim et la soif qu'il a supportées comme nous, sans
avoir toujours à la soulager : « Esuriit^ dit TÉvangéliste (4). »
^ Sitio, disait-il lui-même sur la croix, au milieu des cruelles
fièvres de sa dernière agonie (2}.— Enfin, quand il usa de la
nourriture commune à tous les hommes, ne lui fut-elle pas
habituellement rude et grossière? ne se borna-t-il pas le plus
souvent , avec ses Apôtres , aux rares épis des campagnes
qu'il parcourait (3) ? Que disons-nous ? souvent il négligea
ce besoin jusqu'à lui préférer l'œuvre de son Père (4). Ainsi
semble-t-il qu'on peut lui appliquer avec toute justesse les
quatre vers de la cinquième strophe :
ir. Dum trahit véhicula
Multa cum sarcinula y
JlHus mandibula
Dura terit pabula.
car, à la suite de ces détails, un autre survenait natureUe- ^ i» ■«parauon
ment. S'il convient à la sobriété de l'&ne, qui ne regarde ni à et à^J^é^S^
m Maith., IV, 2.
(2) Joan,, XIX, 2S.
(3^ « Coopérant TeUere spicas. » {Matth., xn, i.)
(4) f Mens cibus est ut faciam yolontatem Patris. » {Joan,, vr» 4.)
l
224 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Torge ni aux chardons , et prend indifféremment ce qui se
présente au soutien de sa vie de labeur et de tempérance :
WM. Cum aristis ordeum
Comedil et carduum >
combien plus encore , dans le sens symbolique , vient-il
ajouter à ce que nous devons penser ici du Sauveur ! Le
divin Maître, en effet, a dit de lui-même qu'il séparerait du
bon grain semé par lui sur cette terre la paille et les mau-
vaises herbes qui s'y étaient mêlées, et, en admettant de la
part de T&ne un travail analogue lorsqu'on l'applique à
tourner la meule dans l'aire où il foule les gerbes, ce qu'in-
diquent parfaitement les troisième et quatrième vers de
cette strophe :
Triticum a paka
Segregat in area,
en est-il moins vrai que ces vers complètent parfaitement
la suite des idées trouvées jusqu'à présent si applicables au
Sauveur ? Et puis, selon la parabole de S. Matthieu (xin, 38),
le semeur étant le Fils de l'homme , le bon grain étant les
enfants du royaume de Dieu, et l'ivraie ou la paille inutile
ceux du démon , ne peut-on pas voir désignés ici les véri-
tables disciples et les Gentils également appelés, semés dans
le champ du père de famille» mais dont les uns se rendent
à l'appel divin pendant que les autres s'y refusent? Pas un
interprèle ne réprouverait cette explication , tant elle est
conforme aux règles connues de l'exégèse sacrée,
et an npoi d« Lc poètc vicut d'cxposcr l'originc céleste , la mission
sa gloire. dévouéc, la vic souffrante et les travaux du Rédempteur. Il
Ta mené jusqu'aux limites suprêmes de sa tâche si géné-
reusement acceptée et remplie ; il n'a plus qu'à l'en féli-
citer, à chanter son triomphe avec l'achèvement de sa course
parmi les hommes.
▼II. Amen dicas, oHne.
VAmen est le complément de toutes les œuvres divines :
DRAMES UTURGIQUE8. — LES FÊTES DE L*ANE. 225
c'est Taction de gr&ces, c'est l'aspiration à la récompense du
bien : or, la récolte étant faite ,
Jam satur ex gramine ,
cette récolte qui, étant la volonté du Père, était devenue la
nourriture du Fils ,
Amen, amen, itéra,
ce Fils , glorieux de sa mort et de sa résurrection , ne peut
trop répéter le cantique de sa glorification éternelle ; il peut
oublier le cruel passé que lui infligèrent la méchanceté de
ses bourreaux et la persécution de ses ennemis :
Aspemare vetera.
C'est ainsi qu'un autre poète de la même époque, inspiré
par les merveilles eucharistiques, y voyait l'abrégé de toutes
les miséricordes d'En-Haut , et disait dans son magnifique
enthousiasme :
Recédant vetera ,
Nova sint omnia.
Corda, voces et opéra.
L'inesse de Rouen est donc celle de Balaam. L'âne des Pwaret <i« m
fêtes de Sens est donc le symbole de la Synagogue avoué
pour tel par les Pères, « asinus Synagoga (4). » La Syna-
gogue est remplacée par Jésus-Glirist; l'&ne devient par cela
même la figure du Dieu crucifié ; tout ce qui se dit de l'un
convient à l'autre , et quoi d'étonnant qu'un siècle où le
symbolisme fut la vie spirituelle de tous ait fait servir de
tels rapprochements, avec autant de simplicité que d'intel-
ligence, à la beauté de son culte, à l'instruction des petits ,
à l'édification de tous ? Que Voltaire , Dulaure et tant d'au- eaiomaiè par le*
tres, émules aveuglés de tels docteurs, se soient scandalisés ugion;
de telles exhibitions , et de ce qu'on ose appeler, en opposi-
(1) Cf. s. MéUton, ubi euprà ; ^ Raban-Maor, in Matth,, xxi, 2 (Spi-
ciUg, Soksm., U\, 12}.
T. IV. 15
226 HISTOIRE DU STMB0LISM8.
lion avec le Saint Sacrifice lui-même, « la petite pièce
après la grande (4 ) ; » qii*on entende ceux qui se seraient
plus édifiés des Féics ei des Courtisanes de fa Grèce s'évertuer
en blasphèmes à l'occasion de ces barbaries qu'ils ne com-
prennent pas, nous ne pouvons plus nous en étonner, et ce
sens perverti ne vaut pas que nous cherchions à le refaire.
Maïs pourquoi choyer de telles convictions pour d'indignes
impostures, toutes destinées à faire d'un acte religieux une
absurde parodie , comme s'ils n'en avaient pas fait assez
(1) Outre Dulaure et ses impiétés qnasi-scientifiqiies entassées dans
soD informe compilation^ et surtout dans sa Description de la France,
commencée en 1788, on vit un autre énergumène du même système
antireligieux, Fournier-Vemenil, donner à Paris en 1826 un Tableau
moral el philosophique où il se posait en rageur forcené contre la fête
de râne, qu'il prétendait avoir vue dans une église du Périgord en 1788,
et sur laquelle il avance des détails que Tétat de choses ne parait pas
comporter. Sans plus indiquer ses sources que Dulaure, il cite un dip-
tyque en ivoire comme représentant une de ces cérémonies qu*il maa-
dit largement, et ce diptyque est notoirement reconnu par les anti-
quaires pour antérieur au Christianisme. Et voilà comme ces messieari
se copient, vulgarisent les faussetés, et remplissent leurs recueils de
curiosités comme Dulaure et Fournier en ont tant fait, de billevesées
sans portée qu'ils font croire aux ingénus disposés à les lire sans précau-
tion ! Et voilà comment, sous prétexte de tuer les ânes du moyen âge,
on cultive ceux de notre temps ! — Ce qui est plus malheureux encore,
c'est de voir, en ce siècle de lumières et de progrès, des érudits de
profession répéter sur le baudet ces clameurs de haro, jeter dans la
foule, sous prétexte d'art et de sciences, ces balourdises philosophiques
dont l'empreinte reste si profonde même dans les bons esprits; et
qu'enfin ceux-ci les gardent, et les reproduisent au besoin en prodigaant
à nos usages défigurés à plaisir les animad versions d'une conscience très-
droite quelquefois, mais toi:gour8 très-peu éclairée. C'est ainsi qu'en ne
prenant que le mauvais côté de la chose, Moréri, Bergier et beaucoup
d'autres ont proclamé leur réprobation contre la fête de l'âne et do
faon, sans distinguer leur origine sérieuse et grave des abus qui s'y
glisbèrent ensuite : et cependant cette distinction seule eût suffi pour en
préciser les notions , et imposer silence à ceux qui n'applaudissent
jamais aux écrivains religieux que lorsqu'ils les prennent en défaut
au profit de leurs doctrines personnelles. C'est de la sorte que les
encyclopédistes, tout en copiant Oucange, qui semble mieux com-
prendre la fêle de Rouen, n'en voient aucunement le côté sérieux, et
ne parlent, quant à celle des fous, que des folies profanes qui finirent
par en altérer l'esprit et motivèrent son abolition. — Voir Encyclo-
pédie, in-4«, 1778, t. XÏV, p. 119.
BRAMES LITURGIQUES. — LES FÊTES DE L*ANE. 227
d*autres contre tout ce que le Christianisme a de plus sacré ?
Où voyons-nous dans ce qui se passe à Rouen , à Sens , à
Beauvais et en quelques autres endroits où cette joie popu-
laire se renouvelait tous les ans, ces sottises imaginées par la
verve féconde et satirique du prétendu historien de tous les
cuUeSy et de tant d'autres qui Tont précédé ou suivi de 4750
à 4820 , et de cette dernière époque à celle môme où nous
écrivons? Où est cette jeune fille grimpée sur un âne et
affublée d'une chape, ridicule parodie de la Sainte Vierge,
entre les bras de laquelle un enfant quelconque travestit
rSnrant Jésus, et qu'on place sans façon, ce dans le sanc-
tuaire , du côté de l'évangile » pendant toute 'la durée du
plus auguste des Mystères? Où se trouvent , dans le manus-
crit de Sens, « des restes évidents du paganisme? » Où est le
fameux hi-han hurlé par la foule et accompagné de tant
de rires indécents? Où sont ces dieux de la fable , Tritons ,
Satyres et autres , gambadant par les rues et dans les nefs
sacrées en compagnie de Vénus , de Bacchus et de Pan ? Il
fallait bien inventer Bacchus pour motiver le fameux Evoë
vociféré jadis par les Bacchantes, et qu'on avait cru deviner
dans l'abréviation neumatiquc des mots sxculorum^ amen,
que les antiphonaires du temps, comme les nôtres encore,
exprimaient par les lettres a, e, o, u, a, e?Si nos illustres oeoz.oi réfutés
ennemis s'étaient donné la peine de lire les manuscrits dont uîïorMce/'^^'*
ils revendiquent l'autorité; s'ils avaient su, par les notions les
plus élémentaires de la paléographie, distinguer leur siècle
de ceux où ces fêtes, dégénérées comme le peuple de leur
simplicité première, furent dénaturées au point de s'attirer
les anathèmes épiscopaux que suivit enfin leur entière sup-
pression, ils se fussent défendus contre les entraînements
de leur ridicule colère , et ils n'eussent point écrit avec
autant d'ignorance que de haine des pages qui ne servent
plus qu'à les ridiculiser eux-mêmes et à les flétrir.
Maintenant que parlerions-nous des Fêtes des fous y des lm némes re.
Innocents, et des autres moralités de ce genre dont la cause quenc «uz «utrot
à
i
228 UISTOIHE DU SYMBOLISME.
dntmetdes /rnio- première fut toujours dans une pensée de foi, mais dont le
caractère, nous l'avons dit, s*altéra de plus, en plus au
contact de mœurs moins pures et moins religieuses? Nous
savons à quoi nous en tenir sur le but qui les fit naître, et
sur les moyens que l'Église dut prendre de les abolir pour
effacer les désordres dont elles étaient devenues insépara-
dont lo moyen â^e bies (>|). Nous pouvous même uous couvaincrc, en consul-
ini-méme n*a pas ^ ' '■
Autorbë les abas. tant YOftus deliciarum , qu'au douzième siècle , quel que
fût le penchant éclairé qui portait vers ces triomphantes
monstres^ qui n'étaient alors écrites et parlées qu'en latin,
elles trouvaient pourtant des censeurs pour lesquels nous
nous sentons un peu plus d'indulgence que le P. Cahier ;
car alors, comme toujours, la critique théâtrale devait être
une partie intéressante et sérieuse de la littérature fran-
çaise, quelque différente qu'eUe fût (Dieu merci !) de ce que
nous la voyons aujourd'hui sous les plumes autrement
trempées des Jules Janin et des Théophile Gauthier (2).
(1) Nous pourrions citer^ à l'appui de cette réprobation de l'Église,
de nombreux décrets des Papes, desËvéques et des Conciles; conten-
tons-nous de faire observer qu'au quatorzième siècle, les laïques eux-
mêmes se firent un devoir d'abolir sévèrement les désordres que leur
piété éclairée ne pouvait plus souffrir. C'est ainsi que Charles \îî et le
roi de Sicile, René d'Anjou, abolirent en 1445 la fête des fous célébrée
à Toul et devenue un scandale populaire.— Voir Û^uvre^ choisies (citées
plus haut) du roi René, t. I, p. lxxii.
(2) Cf. rOr/u5 dsliciarum , où Herrade a placé une boutade très-
intéressante d'un bon moine qui s'élève très-énergiquement, avec son
sens particulier, contre les abus déjà envahissants du théAtre sacré,
auquel il compare et préfère de beaucoup ce que les anciens (ab anti'
quis Patribus) avaient Institué et perpétué pendant longtemps : ce qui
prouverait que ce théAtre avait eu son berceau bien antérieurement au
temps où U se plaint (Orius, f»« 315 f et 316 v»o). Le P. Cahier ( Vitraux
de Bourges, ^» ifii) blAme beaucoup cette animadversion du sévère
religieux, qu'il trouve bilieux à l'excès. -^ Nous ne pouvons partager
cette opinion. Le critique devait être dans le vrai , car il avait aussi
pour lui l'intelligente abbesse de Hohenbourg, qui n'aurait pas enrichi
son recueil d'une telle saillie si elle n'en avait pas adopté le senti-
ment. — Au reste, nous engageons beaucoup nos lecteurs à lire dans
la belle et savante Monographie que nous citons ici tout ce que l'in-
telligence et l'érudition du docte jésuite y ont écrit sous forme de notes
relativement au théAtre du moyen Age. On y converse d'une façon
DRAMES LITURGIQUES.— LEUR INFLUENCE SUR L'ART. 229
Nous croyons donc en avoir assez dit sur ce qu'il y avait de
symbolique dans le premier thé&tre de l'Europe chrétienne»
berceau incontesté des thé&tres d'aujourd'hui; ajoutons
qu'il y a une bl&mable ingratitude à ne voir que ses dé-
buts réels ou prétendus, pour exalter d'autant mieux l'art
moderne, très-digne et très-beau sans doute dans Cor-
neille et Racine, mais dont les voies sont devenues par trop
boueuses sous la conduite des romantiques de nos jours.
Un seul point nous intéresse encore, et nous ne finirons pas
ce chapitre sans nous appliquer à l'en faire ressortir; car il
tient à une erreur trop souvent répétée et qu'il faut enfin
rejeter pour toujours bien loin des discussions archéolo
giques.
Nous venons de voir comment, depuis le treizième siècle , innaenoo qn*
où l'architecture chrétienne atteignit son apogée sous les «zeroée rar ^le
inspirations de l'art gothique porté à sa plus haute puis- Sq^e^dM'^quâtor'
sance d'esthétique et de construction, l'art s'affaissa devant et ™Miii3mr SC
une foule de motifs que l'histoire constate. En cela, il subit ***'
la destinée des choses humaines, qui retombent toujours
da plus haut point qu'elles viennent d'atteindre. A cette
décadence dut se lier absolument celle des arts qui secon-
daient l'architecture. L'imagerie, par exemple, se plia au
style nouveau, qui abandonnait sous le marteau et l'équerre
le beau idéal encore admiré dans nos basiliques construites
entre les règnes de Louis le Gros et de Louis X (4408-4346).
aussi agréable que fructueuse avec un homme qui enteud sa matière,
parce qu'il l'a étudiée de prèa^ et que nous pouvons indiquer comme
modèle aux archéologues du monde, trop souvent enclins à écrire
légèrement de choses sur lesquelles il ne faudrait jamais se fourvoyer.
— Et si Ton trouvait, ici et ailleurs, notre propre critique trop austère
envers de telles personnes, presque toujours plus susceptibles qne les
véritables savants, qu'on veuille bien observer que nous ne défendons
jamais que la vérité , que nous en donnons d'abondantes preuves ,
n'écrivant que d'après des sources que nous indiquons, et qu'il doit être
permis à un prêtre, qui n'a rien de plus cher que la religion, de ven-
ger celle-ci des attaques formelles ou des malheureuselê étourderies de
ceux qui l'insultent ou la méconnaissent.
L
230 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
L*ornementation fleurie visa d'abord à un effet différent :
elle multiplia ses « gentillesses, » elle fouilla ses surfaces,
enlaça les feuilles de chardon et de vigne aux colonnettes
des portails; elle jeta même des lézards et des colimaçons à
travers des expansions végétales. Mais de tels sujets ne don-
naient que fort peu de prise à Timagination , et Ton vit
bientôt le bois et la pierre s'évertuer à reproduire des
scènes où de^ personnages de ces drames envahissaient tou-
jours le sanctuaire, en dépit des sévères proscriptions des
Évoques et des Conciles.
et oriffin* dM 11- C'est quc Tart n'était plus exclusivement , comme nous
dara'iA d^ortuion l'avons moutré durant les plus belles époques de sa vie chré-
** ^ ' tienne, aux mains de TÉglisc : le laïcisme y avait ses préten-
tions et finissait par y dominer. C'est à cette malheureuse
période qu'il faut reporter surtout les données profanes de
toute cette ornementation qui nous étonne encore sur
l'ameublement des églises édifiées entre le quatorzième et
le dix-septième siècle. Les figures burlesques , les person-
nages contournés, les masques hideux, les saltimbanques
en exercice, les animaux hybrides, les indécences même
les plus excentriques, s'y étalent sans motif avec une har-
diesse inconnue jusqu'alors : car, si quelques-unes de ces
traductions du sixième précepte s'étaient nichées comme
leçons aux modillons des douzième et treizième siècles,
elles y avaient leur place naturelle au milieu d'un ensemble
éloquent dont nous avons fait ressortir l'importance et le
sens général (4). Ici, au contraire, ce sont des rôles isolés,
tous séparés les uns des auti^es, se multipliant à l'envi aux
miséricordes des stalles, sur les hauts-dossiers du chœur ou
des bancs d'œuvre : ainsi les avons-nous vues à Vitteaux en
Bourgogne, à Flcui7-sur-Loire, à Saint-Géréon de Cologne,
partout où Tart des quatorzième et quinzième siècles se
révèle dans une église d'abbaye ou de prieuré, dans une
(1) Ci-dessuS; t. IH, p. 422 et suiv.
r
DRAMES UTURGIQUBS.— LEUR INFLUENCE SUR L'aRT. 234
cathédrale ou une paroisse de cité opulente. On y trouve
même des groupes indiquant que des corps de métiers ont
passé par là, et peut-être qu'ils ont donné au Lieu saint une
de ces décorations capitales, comme on le voit souvent aux
verrières de Bourges, d'Auxerre et de Tours, dont les pan-
neaux inférieurs représentent les bouchers, les peaussiers^
les tailleurs de pierres et les cliarpen tiers ; comme on voit
aux stalles de Rouen une suite de cordonniers se produire
dans tous les détails de leur utile industrie.
Eh bien ! il faut reconnaître dans beaucoup de ces innom-
brables vai*iétés de personnes singulières les acteurs des
drames liturgiques de la dernière époque. Tels vous les voyez
avec leurs fades grimaçants, leur tournure burlesque, leurs
costumes drolatiques , dans lesquels on remarque surtout
d'indicibles coiffures, tels ils se présentèrent pour les rôles
qu'ils remplirent jadis dans les drames oii ils semblent vivre
toujours. On retrouve là des traces irrécusables deTenvahis-
sement du terrain ecclésiastique parles prétentions dulaï-
cisme. Ces artistes déplus ou moins d'habileté, qui s'étaient
rencontrés sur le même théâtre , à l'état de compài'se ou
, d'acteur, avec tel clerc dont ils étaient devenus un instant les
confrères^ ne manquaient pas, quand on les appelait bientôt
après à travailler pour une église, de consacrer dans sa sculp-
ture un souvenir vivant de leur passage aux affaires; à côté
de lui ils plaçaient le chanoine, le franciscain qui s'était pieu-
sement chargé d'une partie de l'action. Gomme le diable ne
manquait jamais d'y avoir aussi son importance, on lui faisait
l'honneur d'un portrait qui pouvait bien être ressemblant,
et dans lequel des oreilles très-reconnaissables ne man-
quaient pas de l'indiquer à tous; les fous, avec leurs bonnets
à grelots, ne s'y abstenaient pas plus que d'autres. Si le pa-
ganisme vaincu avait pris sa part dans les processions dra-
matiques; si les fabliaux eux-mêmes y avaient exprimé
quelque moralité en vogue, et secondé d'une pensée de plus
le but que le drame se proposait : le renard prêchant des
232 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
poules OU endoctrinant le corbeau ; le chat saisissant un
rongeur de grosse ou de petite espèce, l'âne pinçant de la
harpe, le singe jouant de la flûte, mille chimères enfin
accomplissant autant de rôles divers, et dont les miniatures
n*ont pas fait faute dans les manuscrits du temps, tout cela
devint autant de modèles pour les sculpteurs ; ils crurent
faire une galanterie de bon goût de placer à la stalle oc-
cupée habituellement par un jeune pretnier ou par quelque
père noble les traits et le costume que ceux-ci y acceptè-
rent en souvenir des rôles dont chacun s'honorait. Eux-
mêmes, hardis déclassés, s'y donnèrent une place, peut-être
frauduleusement usurpée, et qu'il fallut bien leur laisser
quand on se fut aperçu trop tard qu'ils y trônaient. Les bètes
à figures hybrides n'en devaient pas être exclues, puisqu'elles
avaient eu dans la fameuse polylogie leur action propre et
non moins sentimentale. Quoi d'étonnant, dans ces folies de
l'amour-propre heureux, de se donner une prétentieuse im-
mortalité qu'il n'eût pas eue autrement ?Dans notre siècle de
sagesse et de pro^ré#, ne voit-on jamais un architecte confier
à certaine console d'une église bâtie par lui sa physionomie
de viveur à grande barbe , et un peintre d'excentricités
mondaines se hisser jusqu'aux verrières d'une basilique, où
il affuble sa joviale figure de la mitre, de la chape et du nom
deS. Augusan(4)?
qai M r«flèt«iii Nous avons un livre du quinzième siècle, La Nef des
/OM dii's^blstion fous (Navis stultifera), où un poète satirique allemand,
"^ Sébastien Brandt, a reproduit en tirades élégantes les tra-
vers et les ridicules de la société contemporaine. Nous
serions peu étonné que cet auteur, qui d'ailleurs n'eut pas
moins de succès en quelques comédies que dans ses satires ,
eût fourni à la dernière période du moyen âge les sujets
des sculptures dont nous parlons, ou que le graveur de ses
(1) Voir notre dissertation Des Verrières et de quelques amateurs qui
en devisent, BaUet. monum., XXIV^ 524<
DRAMES UTURGI0UE8.— LEUR DCFLUEIfCE SUR L*ART. 233
images s'en Mt inspiré {\). Quoi qu'il en soit , ne voit-on ArfaiMox qui
.« «Il* 1 ont confonde 06tt«
nas, dans ces bizarreries de toutes parts ciselées, r œuvre de ^poq»» ^^^^ i«
Trsi moyen Êigt ;
ceCle période d'arbitraire et de caprices dont on a voulu
charger tout le moyen âge pour nier l'action du symbo-
lisme sur la plupart de ses œuvres peintes ou sculptées?
C'est ici seulement que nous tombons d'accord avec les
antagonistes trop absolus de la partie emblématique de Fart
chrétien. Oui, il fut un temps où le symbolisme s'égara, fit et dernière pr^re
' r J D ' qoelesymboUome
fausse route, chercha son aliment dans im ordre d'idées » toiooow Téou e
moins pures, et s'achemina ainsi vers une décadence
rapide et définitive. Mais il h'était pas moins lui-même ; il
ne voulait pas moins traduire des faits connus et des théo-
ries philosophiques en des œuvres sensibles dont le fond
renfermait toujours un enseignement. Voilà ce qu'il ne
faut jamais oublier si l'on ne veut point s'égarer dans les
voies trop larges d'une science erronée. Que de pages
écrites sur ce sujet depuis trente ans devraient être effacées!
C'est qu'en de telles matières il ne faut jamais se faire juge
a priori d'après une persuasion préconçue; il ne faut jamais
séparer l'histoire des mœurs de celle de l'art, si l'on veut
«
(1) Sébastien Brandt mourut en 1520 ; il était né à Strasbourg en 1454
ou 1458. 11 publia son livre sous le titre de Navis narragonica ( mot
hybride, sans doute, et de son invention pour en exprimer l'esprit sati-
rique), ou Slultifera Navis, Composé en vers allemands, ce livre parut
dans cette langue à Strasbourg en 1488, in-4o.» 11 fut traduit en dis-
tiques latins par Jacques Locber, auteur alors renommé de plusieurs
ouvrages théologiqnes ou littéraires, entre antres d'un Poème héroïque
sur 5** Catherine, dont la fiction est basée sur la mythologie païenne. —
L'édition de cette traduction latine, que nous possédons, est certaine-
ment de 1497, date marquée au f« U4'etne laissant aucun doute. Nous
croyons devoir faire observer, pour la satisfaction des bibliophiles, que
les notions précédentes, qui résultent de nos études pe:sonne1]es, sont
peu d*accord avec celles que donnent dans la Biographie universelle
MM. Guizot pour Brandt, et Marron pour Locher. Ce dernier parle de la
i'« édition du Navis latin comme donnée en 1485, et le premier date la
publication originale de 1488.— Ce qui est certain,c'est la réalité de cette
dernière date : donc elle infirme pour la traduction celle de 1485. S'il est
reconnu, en effet, que le traducteur donna son œuvre dans le cours de
l'année même où parut le travail de Brandt, il est clair qu'il ne put, par
aucune raison, le faire imprimer trois ans auparavant.
234 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
bien comprendre celui-ci ; ou bien, en d'autres termes, et
pour traduire nettement cette vérité importante, on ne doit
pas s'engager à la recherclie des vérités artistiques si l'on n'a
saisi fortement, et porté dans les moindres recoins, le flam-
beau qui éclaire la vie des siècles passés, en fait apprécier
les moindres habitudes, et seul peut aider efflcacement à y
séparer le vrai du faux, et l'évidence de périlleuses illu-
sions.
CHAPITRE XX.
DE LA MUSIQUE 8ACBÉE.
La musique eât iuséparable de la liturgie catholique ; or»»ine de ia
elle est Tâoie de toutes ses formes consacrées, et quand dantu prière;
celles-ci préoccupent Tattention par le regard, celle-là
s'empare de l'esprit par Toreille , elle le charme par l'en-
chatnement des sons, et le captive jusqu'à l'élever au-dessus
des plages terrestres à travers les espaces qui le séparent
du ciel. C'est là encore une de ces harmonies de la créa-
tion qu'il faut admirer , puisqu'elle rapproche la créature
de son Auteur par ce qu'elle a de plus intime et de plus
naturel. La musique a pu devenir une science plus ou
moins réfléchie , par l'application de certaines théories qui
lui auront fait des règles et une méthode d'action , mais
son origine est toute de Dieu dans l'homme primitif; elle
n'a pas plus été inventée que le langage ; elle a dû servir
tout spontanément à une adoration pleine de reconnais-
sance : nous avons déjà exposé cette pensée au chapitre iv
de notre première partie. De là son identité avec le culte ; et
il nous semble que le huitième psaume, où se développent les
magnifiques enthousiasmes du grand poète sur les beautés
visibles du monde (^), n'est qu'un écho lointain mais fidèle
des premiers sentiments exhalés par l'homme quand bril-
lèrent à ses premiers regards les divines splendeurs de
(1) « Domme,DoiniQU8 ooster, quam admirabile est nomeu iuum iii
imiveraa terra! » {Ps,, viii, 1.)
236 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
TËden. Nous irons plus loin, au risque de n'être pas com-
pris de tous , et nous n'hésitons pas & croire que ces élé-
ments originaux durent alors, par la gravité du rhythme et
la simplicité de Texpression , poser comme les fondements
innés de la musique religieuse, du plain-chant, tel à peu
près que nous le pratiquons encore. Ainsi se seraient main-
tenus jusqu'au berceau du Christianisme les essais d'abord
naturels, et peu après plus méthodiques, des meilleurs
% sentiments du cœur humain.
sMOâraotèretpri. Cependant il n'est pas douteux que ce caractère primer-
^'fw°^« pSi/' dial , par cela même qu'il tenait son expression d'une foi
théisme. mieux sentie et plus soumise, aussi bien que de l'unité du
culte envers un Dieu unique, ait dû s'altérer profondément
sous les barbares influences du polythéisme, quand l'ido-
lâtrie eut détourné l'homme de sa voie. Ce ne furent plus
les aspirations douces et calmes d'ftmes restées innocentes
dans Tamour du Dieu créateur , ni les soupirs d'une prière
respectueuse et confiante, ni les accents plus vifs d'une
pieuse gratitude s'éle^'ant, pour les dons multipliés de sa
Providence, vers l'Auteur de toute grâce sensible. La vérité
religieuse , en s'effaçant de plus en plus pour les païens ,
dut effacer avec elle l'auguste dignité des chants de la
famille; les dieux nouveaux, muets et inconnus de la
foule , n'eurent plus pour cantiques , selon que l'attestent
les plus anciennes traditions, et même des observations
récentes, que des accents saccadés, des murmures inintel-
ligibles , passant subitement et sans gradations des notes
les plus basses aux plus élevées , des sons tristes et mornes
à des clameurs bruyantes capables d'effrayer toujours,
jamais de consoler ou d'attirer ; enfin des tons graves aux
plus aigus, comme les Kalmouks en font encore la base de
leur atroce musique {\).
C'était toujours là évidemment une sorte de symbolisme
(l) Voir Les Steppes de la mer Caspii nne , par Hommalre de Hell ,
Parié, 1853, in-8o.
LA MUSIQUE SACRÉE. 237
dans le chant , noble et beau pour la vérité et la vertu ,
hideux et repoussant pour Terreur et les bassesses qu'elle
enfante.
Les Pères Pavaient bien compris , et , parmi eux , S. Jean pwio^opuo de
Ut musique dans
Ghrysostome a comparé « l'homme & un instrument de lesPèree,
musique, à un luth ou à une harpe, que Dieu a fait d'un
artifice admirable, et mis au monde pour sonner ses louan-
ges, publier ses grandeurs et faire retentir partout une ex-
cellente mélodie qui réjouisse non-seulement les créatures
d'ici-bas, mais encore celles d'En-Haut... Ainsi, l'homme '
doit modérer ses passions, afin de les rendre utiles en les fai-
sant concourir à l'harmonie du grand tout humain, comme
les cordes de l'instrument, qui, pour rendre des sons justes
et agréables, doivent n'être ni trop lâches ni trop tendues,
mais se gouverner par certaines règles du diapason (4). »
C'est une des origines qu'il faut peut-être chercher à la reproduite dans
° . ^ '^ l'art plastique de
plupart de ces musiciens suspendus aux modillons de nos nos é^iiset.
églises. Même quand ils ne sont que des animaux, peu
exercés d'ordinaire à ces sortes de concerts, n'ont-ils pas
leur rôle marqué dans la marche générale de la nature ,
dans le grand concert des choses visibles? ceux-ci n'ont-ils
pas, comme les oiseaux qui chantent sans cesse et charment
l'oreille du roi de la terre, des sentiments inconnus de
nous, mais qu'ils doivent rendre dans l'ensemble des choses
symboliques , avec des instruments d'emprunt , puisqu'ils
ne le peuvent par une mélodie naturelle ? Et nos archi-
tectes chrétiens n'ont-ils pas rangé ainsi avec intention sous
les corniches de nos églises ces bêtes nombreuses qu'ils
semblent y inviter avec le Psahniste et le Prophète de Ba-
bylone à surexalter les louanges du Seigneur (2) ?
(1) Voir s. Joan. Chrys. Serm, i de Lazaro; — In psalm. XLViii; —
dans le P. SainWare^ De la Connaissance et de V Amour du Fils de
JHeu,t. Vil, p. 178,m-12, 1836.
(2) « Benedicite omnes bestis et pecora Domino , et superexaltate
Eum in sscula. » (Dan., m, 81.) — « Beatiœ et universa pecora... laa-
dent Domen Domini. » {Ps,, cxlvui, 10.)
238 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
ECèto do chMt Ainsi , dans l'esprit de FÉglise , tout doit concourir en
ïïïSSîr'' notre monde à un ensemble glorieux au souverain Maître ;
et comme la musique est la plus simple et la plus sublime
expression de la prière, partout et toujours elle s'est mêlée
au culte, elle a rapproché l'homme de Dieu. Et c'est quel-
que chose de grandiose en effet, chacun a dû l'éprouver,
que l'accord religieux de voix multiples chantant seules les
belles hymnes de S. Thomas d'Aquin aux processions solen-
nelles de nos campagnes, ou dans les missions du catholi-
cisme les cantiques populaires du V. Grignon de Montforl.
Et que n'était-ce pas aux temps de S. Ambroise (plût à Dieu
qu'ils nous revinssent !) que ces chants alternés dans le
Lieu saint par les voix nombreuses, « semblables au flux
et au reflux des flots de la mer , ou au bruit des vagues
qu'imitaient tour à tour les élans doux ou sonores des
hommes et des femmes, des vierges et des adolescents (4)! »
Cet effet saisissant dont l'âme se sent pénétrée s'est tou-
jours produit dans celles qui ont le mieux senti l'action
secrète et intérieure de la foi. S. Augustin avait répandu
des larmes d'attendrissement aux chants des fidèles réunis
pour rOffice divin, et S. Isidore de Séville comprenait que
le chant à deux chœurs ne pouvait avoir été institué qu'à
l'imitation des Séraphins répétant, de l'un à l'autre devant
le trône divin ,
L'éleroel hosanua de la terre et dee cieuz (2).
Et cet écho des voix célestes, ce soin de le reproduire ici-bas
pour exprimer des adorations analogues, ne sont-ils pas
(le véritables symboles de l'union des cœurs et de l'assen-
(1) Voir S. Ambros. PrafaL in psalmns,
(2) « Serapbim... clamabant alter ad aUerum^ et dicebatit : SaDClas...
Dominus... Plena est omnis terra gloria Ejus. » {Is,, vi, 3; * Apoc.,
IV, 8.) ^ Cette pensée est très-bien développée avec les textes des Pères
que nous indiquons seulement, pour être plus court, mais dont on peut
voir Tensemble dans le Traité de la Messe et de COf/ice divin de Gran-
colas, déjà cité^ p. 246 et suiy«
r
LA MUSIQUE SACRÉE. 239
timent universel des créatures dans la louange du Créa-
teur? Nous voyons comment TËglise s'en est emparée dès
son berceau, et qu'elle ne négligea pas ce moyen merveil-
leux d'exciter tour à tour Tamour de Dieu, la componction,
la reconnaissance , et de resserrer ainsi, par les nœuds les
plus sûrs et les plus durables, le lien mystérieux qui relie
Thomme à son éternel avenir. Gomment ne pas le recon-
naître lorsqu'on a entendu en certaines paroisses (et nous
voudrions par cela même que ce fût en toutes) les simples
et belles vêpres du dimanche alternées par deux chœurs
de femmes et d'hommes qu'accompagnent les sons d'un
orgue bien dirigé ? Combien l'effet en est religieux , et
comme le peuple aime à prendre sa part de cette manifes-
tation chrétienne, dont on n'use pas assez pour l'intéresser
aux solennités religieuses !
Le symbolisme des chants sacrés fut donc tout entier du «a symbo.
dans leur pouvoir d'exciter en nous des sentiments dignes pression,
de leur objet. Nous leur appliquons la même théorie qu'à
la musique en général, dont nous avons déjà parlé ; seule-
ment la musique ne nous apparaîtra plus ici qu'affectée
exclusivement aux rites de la religion ; mais, avant tout , il
est bon de la considérer et de la comprendre dans son
origine , afin de mieux établir les hautes convenances qui
nous la firent adopter, et quelles puissantes raisons doi-
vent protéger son auguste caractère contre les intrusions
de l'esprit mondain, et l'envahissement des symphonies
profanes.
Lorsque, dès le berceau du monde, le chant eut été appli- Le symbousins
que à la prière, il dut passer bientôt à la manifestation de les'^^dlfteite^e^u
tout ce qui eut, dans les développements de l'état social, un
caractère d'utilité publique ou d'intérêt commun. Il se
mêla aux grandes actions de la vie des peuples et des par-
ticuliers : le Pentateuque n'en laisse pas douter. Il nous
montre la poésie inséparable de tous les événements : la
joie, l'enthousiasme, les victoires et les défaites, les dou-
ble extérieure.
240 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
leurs profondes de la famille, tout devient un sujet de
chant pour les Hébreux ; et si nous allons de chez eux yers
les autres nations orientales, nous n'y trouvons que des
preuves de plus de cette thèse. Les chefs des peuples , par
eux-mêmes ou par leurs poètes attitrés , les législateurs et
les généraux , tous entonnent , pour se réjouir ou se plain-
dre, pour commander la victoire ou pleurer sur les héros
qui ne sont plus, des chants qui prennent tous la teinte de
la pensée qui les domine. La guerre, Tamour, la philoso-
phie morale, la piété religieuse ont leur expression person-
nelle et des variantes rhythmées pour seconder à la fois la
parole et le sentiment.
Leoaime et la Et uéanmoins, dans ces âges antiques, il s*en faut que
g^Tlt^ sont les . . -jx 1 • . . .*x
plus antiques ca- uous puissious cousidércr la musique amsi usitée comme
ractères du chant , . . _^ n ^ j • . % i
une science , encore moins comme un art. Réduite à la
voix, qui dut bientôt, par une recherche naturelle, se prêter
à des accords d*où naquirent le sentiment et la pratique
plus ou moins imparfaite des accompagnements de Thar-
monie , l'habitude des idées sérieuses , la pensée plus fré-
quente de Dieu en des âmes plus habituées au contact
journalier de ses merveilles , imprimaient forcément aux
modulations musicales un calme et une gravité qui se res-
sentaient beaucoup des mœurs patriarcales et pures de
ces races nouvelles, encore étrangères aux vivacités ou aux
désordres des passions. On s'accorde généralement au*
jourd'hui à regarder ces premiers rudiments comme le
principe de la mélopée des Grecs , laquelle , résultant des
premiers essais d'une théorie musicale, et parvenue, comme
son nom l'indique {/uLikoç-noiéy) ^ à procéder d'après une
suite de règles imposées au chant pour le diriger et Thar-
monier, garda beaucoup de son caractère primitif, et se
reproduit encore à travei's tant de siècles dans l'imposant
récitatif du Pater et de la Préface catholiques. Ces règles,
dont les Grecs ne croyaient pas pouvoir s'écarter , étaient
désignées chez eux par le mot v^moç^ la loij et s'appliquaient
LA MUSIQUE SACRÉE. 244
à quatre tons différents dont M. Fétis pense que l'effet gé-
néral se retrouve encore dans la belle hymne Feni Creator ,
dans le Pange lingua de la Passion, et dans quelques autres
compositions analogues dont la majestueuse gravité est
très-distincte des modulations du chant grégorien (4). En
jugeant d'après ces données , on comprend bien qu'avec sa
marche simple et noblement graduée , un tel chant était
fort symbolique ; car il rendait admirablement les pieuses
dispositions d'un cœur qui implore pour ses plus pressants
besoins , ou qui médite sur les douloureux mystères de sa
rédemption.
Que si nous méditons cette ingénieuse théorie de l'habile •* i« conditions
enentiellflt de
musicien , nous en tirerons encore une utile conséquence : tm effet»,
cette origine, en effet, impliquerait à elle seule la condam-
nation énergique de toute musique profane en face de nos
autels. Il n'y faut que des accords d'où résultent la pensée dont le tymbo.
de Dieu, le sentiment de la prière, du respect, et de tout ce qu^yec eux.'*^*™
que le cœur de l'homme peut avoir de pieux et de recueilli.
C'est là le vrai symbolisme propre à la musique de nos
temples chrétiens ; de là est né le plain-chant, dont tous les
bons esprits s'accordent à reconnaître la convenance exclu-
sive dans les saintes et majestueuses cérémonies de la reli-
gion (2). Si nous avions à faire ici une histoire de ce chant,
(1) Voir Jean-Jacqiieé Roadeeau, Dictionnaire de musique, vo plain-
cbant^— et surtout retis^ Résumé de l histoire de la musique,-^ Obser-
▼ons ici que les morceaux cités en exemples par notre savant artiste
sont de deux époques différentes, doot le genre musical peut cepen-
dant fortifier son observation. En effet , si le Veni Creator est de
Cbarlemague, à qui on l'attribue généralement^ et que ce grand prince
en ait composé la musique , comme il est assez probable , on trouve
daus ce chant même un caractère ^ui le reporte bien à son époque :
c'est un mélange de la gravité ambroisienne et des premières tentatives
de la mélodie grégorienne. — Que le Pange lingua gloriosi lauream
c^rtaminis soit de Claudius Mamert^ mort en 4b2 , ou de S. Fortunat,
qui vivait à la fin du sixième siècle, on voit encore que le style grec y
atteste les temps antérieurs à S. Grégoire^ car il lui reste plus étranger,
et s'en éloigne oeaucoup plus que le Veni Creator, Ces nuances sont
importantes à remarquer.
(2) Cf. Instruction pastorale sur le chant d* Église, par Mgr Parisis ,
éTéque de * Langres , et Le P tain-Chant , revue mensuelle , 4860 ,
p. 5i
T. IV. 10
i
242 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
histoire qu'on trouve partout depuis que l'archéologie mieux
étudiée a fait mieux comprendre que la musique avait dans
TÉgUse chrétienne d'indispensables relations avec le mona-
ment sacré, nous ferions voir par quelles phases diverses
de composition, d'abord très-simple, puis plus compliquée,
et enfin exagérée jusqu'à l'abus, a dû passer la musique
sacrée pour descendre jusq'ui nous des hauteurs primitives
où elle naquit. Nous monirerions comment le symbolisme
qui lui est propre s'est aussi effacé peu à peu selon qu'elle
s'est moins tenue à l'esprit qui l'avait inspirée d'abord;
mais un livre suffirait à peine à une telle tâche. Sans trop
négliger ce dernier point, qui nous importe ici, exposons
du moins en quelques mots l'essentiel de cette thèse , en
méditant ce qu'elle a de propre à notre sujet.
[Symbolisme de Lcs cffcts quc uous rappcUous tout à l'heure du chant
1a prière chantée , .
et 8oa oriffiae altcmé dansTEglisc dc Milauau tcmpsdc S. AugustiQ,et quc
ce Père a décrits en termes si touchants au neuvième livre
de ses Confessions , sont le plus ancien témoignage authen-
tique du symbolisme de la prière chantée. On était encore
si près des catacombes , où le silence était une condition
de sécurité, qu'on n'avait guère songé, en Occident, à mo-
duler par la voix les pieux élans de la prière publique. Le
Saint Sacrifice s'offrait dans le mystère ; l'union du peuple
au prêtre officiant ne s'opérait que par l'unanimité con-
venue de l'adoration dans la même foi et les mêmes désirs.
Quand S. Ambroise, qui ne fut pas, autant qu'on le dit sou-
vent , l'inventeur de cette méthode usitée longtemps avant
lui , sentit le besoin d'animer dans sa cathédrale , où il se
réfugiait contre les persécutions de l'impératrice Justine ,
la prière d'un peuple bientôt lassé de cette trop longue
attente , ce fut à une mélodie grecque qu'il dut accommoder
les psaumes indiqués par lui aux fidèles comme les plus
analogues aux circonstances. Outre que cette mélodie avait
quelque chose de très-musical par la variété des accents
et des rhythmes, qui la revêtaient d'une certaine délicatesse,
LA MUSIQUE SACRÉE. 243
elle convenait très-bien , par le ton général de sa philoso-
phie mélancolique, aux idées du Psalmiste,par conséquent
aux craintes et aux espérances des persécutés. Observons
d'ailleurs que la mélodie religieuse, dont un caractère
principal doit être de procéder par des intervalles peu
étendus (^), s'alUait d'autant mieux en cette rencontre
avec la facture de ces courts alinéas dont se composent les
psaumes, lesquels étaient déjà coupés, conformément à une
règle de la poésie hébraïque , par une médiante ou divi-
sion calculée, devant laquelle on sent la voix se reposer et
se relever successivement.
Quoi qu'il en soit, il parait que ces beautés symbolis- •«• iwreniirM vi-
tiques souffrirent plus ou moins en se vulgarisant : le
caprice individuel dut faire des irruptions fréquentes au-
tant que faciles dans un champ dont les bornes n'étaient
rien moins que posées. Le ton, la mesure et les autres con-
ditions d'un chant méthodique, outre qu'ils étaient encore
assez mal déterminés, devaient se subordonner forcément
à des aptitudes inégales d'exécution : de là beaucoup d'in-
certitude et de vague dans la pratique et, partant, de
promptes défectuosités. C'est ainsi que le premier chant
ecclésiastique dut traverser les deux siècles qui séparent
S. Damase de S. Grégoire le Grand , en se défigurant de
plus en plus, et sans doute aussi en perdant beaucoup de
son symbolisme natif. Ajoutons que les Barbares , qui en-
vahirent l'Italie et la Gaule plus d'une fois dans cet inter-
valle, étaient gens assez peu musiciens pour ne pas se
laisser toucher de tels concerts. Leurs chansons guerrières,
les formidables intonations de leurs consonnes gutturales ,
durent peu s'accorder avec la douceur du chant chrétien,
et celui-ci dut fort peu se défendre contre l'influence d'une
si funeste association. Ce furent autant de raisons pour eiies mourent la
(1) Voit Mémoire sur le caractère que doit avoir la musique éP Église,
et sur les éléments qui la constituent, par M. Beaulien, de Niort^ parmi
ceux de la Société de statistique des beuah-Sèvres , t. XX^ p. 63.
iÂi mSTOltlE DU SYMfiOLlSME.
reforma de 8. orf- jesquclles Ic pape s. Grégoire entreprit la réforme qui porte
'^ ' ' son nom. On sait qu'avant lui plusieurs Papes avaient
plus ou moins essayé de réunir les vagues et insuffisantes
données de la liturgie et du chant ; mais à lui seul devait
revenir l'honneur d'un antiphonaire et d'un missel où. les
antiques nomesy réunis enfin et modifiés selon des inspi-
rations plus ingénieuses , reçussent la sanction d'une au-
torité souveraine qui assurât leur avenir. Aussi dut-on
bientôt & ce grand Pape la première école de ciiant, qu'il
présida en personne , au rapport de son célèbre biographe
le diacre Jean, et dans laquelle il ne dédaigna point de
donner lui-même des leçons aux enfants.
HittoiN d« cette Les efforts du saint Pontife réussirent en Italie et en
réforme; .
Allemagne. Ces contrées, naturellement plus musicales,
acceptèrent avec empressement l'accentuation plus artis-
tique de la nouvelle méthode; et comme, dans les écoles
qui s'ouvrirent ainsi de toutes parts, on enseignait aussi les
éléments des sciences et tout ce qui constituait l'éducation
des clercs, l'initiative prise par S. Grégoire ne servit pas
peu à répandre le goût des études, qui, dès lors, commen-
cèrent à refleurir. La France , pourtant, se montra moins
disposée à modifier sa musique religieuse. La plupart de ses
évèques, venus en missionnaires de la Gallo-Grèce, comme
beaucoup de leurs noms le témoignent encore à cette
époque, y avaient introduit le chant oriental. Celui-ci se
modifia un peu quand S. Augustin , traversant les Gaules
pour aller conquérir l'Angleterre au Christianisme , y fit
connaître la méthode grégorienne, laquelle , s'immisçant
d'abord à l'ancienne, tarda peu d'y jeter le désordre insé-
parable d'éléments hybrides. Cette fusion parvint d'au-
tant plus sûrement à faii*e une musique barbare qu'elle
s*arrangea peu de la notation de S. Grégoire. Le grand
maître, en efiet, au lieu des quinze premières lettres de
l'alphabet servant alors de notes, s'était contenté des sept
premièi*es placées au-dessus des syllabes à chanter; celles-ci,
LA MUSIQUE 8ACRÉE. — CHANT GRÉGORIEN. 245
en désignant les sept gradations ascendantes de la gamme,
pouvaient, il est vrai, ne pas suffire toujours à l'étendue de
la voix, mais on suppléait & ce défaut en réitérant les lettres
déjà employées , selon que la portée devait s*élever ou
s'abaisser au delà des sept gradations habituelles. C'était
donc une nouvelle science à étudier pour nos gosiers
cisalpins, qui y défaillirent faute de souplesse et se faisaient
traiter par les Italiens d'âpres et de sauvages (4). Ce serait
une preuve qu'en France on n'avait pas attendu jusqu'alors
à dénaturer même le chant oriental, dont on s'y était servi
tout d'abord; car, ce chant par lui-même étant beaucoup
plus rhythmique et plus doux, le chant grégorien n'aurait
pas semblé préférable à l'ancienne méthode si celle-ci eût
conservé sa supériorité originelle en demeurant sous la
salutaire influence des règles, qu'on avait négligées jusqu'à
un entier oubli : ces règles avaient succombé peu à peu
sous le goût plus ou moins sûr des chantres, qui trouvaient
plus commode de s'en passer.
Ce manque de méthode, on le conçoit, dut singulièrement ene f*ToriM le
favoriser l'introduction en France de la musique grégo- ^Lt^iw^-
rienne. On sait comment Gharlemagne s'en fit le promo- ***"*•••
teur après son voyage de Rome en 786. Nous n'avons pas à
suivre ici la marche de cette heureuse innovation , qui fut
un progrès réel, au jugement de tous ceux qui en écri-
virent sous les premières impressions que le monde catho-
lique en ressentit (2) ; mais nous devons établir , confor-
mément à notre objet dans ce livre, que dès lors les com-
positeurs s'appliquèrent à caractériser le chant religieux en
lui imposant surtout ce genre de symbolisme qui fit
exprimer, par le mélange de la mesure et des sons, le sen-
timent que rendaient les paroles. La mélodie uniforme du
plain-chant proprement dit est bien plus favorable, en effet,
(1) Voir la Vie de S. Grégaire par le diacre Jeau.
(2) Voir Vita Caroli Magni, ap. Historix Francorum Scriptores cow-
ianei, Francof., in-f>, 1594.
246
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
à l'expression de la pensée chrétienne, qui, lors même
qu'elle s*élève jusqu'à l'extase et au ravissement, n'en
conserve que mieux la dignité majestueuse et toute céleste
d'un mysticisme plein de charme et de douceur, d'une
joie qui ne ressemble en rien aux sensations de la terre.
Qui a jamais songé à comparer la musique recherchée,
savante, longtemps étudiée de nos plus grands opéras, aux
élans aussi simples que sublimes du Magnificat ou du Te
Deum? IBaHïyq ces deux extrêmes il n'y a de rapports ni
par le sentiment ni par l'expression.
Comment ce IJuc tcUc obscrvatiou uc pouvaît échapper au génie de
îïît^**de"*» 1^. S. Grégoire. Désireux de ramener le chant ecclésiastique
DeV ^ *"'•"' à toute sa beauté propre, il n'eut garde d'en négliger le
symbolisme ; il l'appela, au contraire, comme au secours
de son admirable initiative , afln d'en faire adopter plus
sûrement l'usage comme une suite naturelle de sa préé-
dans les anuen- miuence. G'cst pourquoi , après que ses antiennes avaient
'*®** succédé, calmes et limpides, au chant net et élevé des
psaumes, dont elles coupaient la succession prolongée
comme autant de repos judicieux et obligés, il traduisit les
Ire i^ponf , répous dcs uoctumes en notes plus vives et plus pressées,
afln que leur entrain renouvelât et accrût l'attention,
quand la lecture de chaque leçon avait pu par sa mono-
tonie engendrer quelques moments d'affaissement et de
sommeil, mais surtout pour compléter la leçon môme par
un élan qui reportât l'âme aux pensées du ciel, comme
une conséquence de ce qu'elle venait d'entendre. Par la
même raison, il donna aux iniroUs de la messe le ton im-
posant d'un prophète annonçant les gi'ands mystères qui
vont s'accomplir : c'est une entrée solennelle s'exprîmant
toujours par le chant, résumé plus tard en un seul verset,
d*un psaume convenable à la fête, et pendant lequel le
clergé s'avançait pompeusement du sacrarium à l'autel.
Quoi de plus expressif que ces Kyrie soupirant, au moyen
de leurs gradations et de leurs neumes, les humbles sup-
riotroït
If Kgriê,
LA MUSIQUE SACRÉE. — CHANT GRÉGORIEN. 247
plications de la pénitence» de la crainte respectueuse et de
la confiance filiale ? quoi de plus doux , de mieux senti et i« r^utrfa in ex-
de phis éloquent que ce Gloria in exeelsis passant des sua- '
Tités de la contemplation à Tenthousiasme de Faction de
gF&ces» des ardentes instances de la prière aux plus fer*
Tentes manifestations de Tadoration et do l'amour? Et ce leondod,
Graduel dont la marche ralentie est encore un retour aux
saintes tristesses de l'âme exilée ; et cette Préface^ et ce u Prëfàce «t le
Saneiut qui se chantait d'abord sur le même ton et comme ^**^*"-
ne faisant qu'un avec la Préface, n'ont-ils pas toute la ma-
jesté austère de la foi qui s'épanche dans le sein de Dieu, et
fut-il jamais dans notre liturgie une plus noble expression
des beautés mystiques de la prière? Observons ici, à
propos de ces deux dernières compositions , aujourd'hui
bien plus ornées de délicatesses musicales qu'on ne leur
en donna d'abord , qu'elles sont peut-être , indépendam-
ment de ces variantes, la plus irrévocable preuve de l'ac-
tion exercée par S. Grégoire sur l'antiphonaire de ses pré-
décesseurs. Sans doute , ce chant gravement mélodieux
s'était moins altéré dans la voix du prêtre ou sous la main
des copistes; sa solennité même avait pu le sauver des
changements subis par tant d'autres parties de l'Office; et
le pieux réformateur n'eut à en effacer que de rares notes
pour nous le léguer avec la sainte majesté que nous y
admirons encore. Voilà comment s'est conservé, dans la
Préface mieux qu'ailleurs , et en dépit de certaines défec-
tions plus ou moins sensibles , le caractère de la mélopée
hellénique.
Nous ne pouvons donc croire qu'à travers les treize variantes con-
siècles qui nous séparent de S. Grégoire ses belles compo- réw par le chant
sitions nous ^soient parvenues sans altérations aucunes. Ce rerfUsièoiMr^
n'est plus lui seul qui continue de vivre dans nos églises
quand leurs voûtes retentissent de nos mélodies les plus con-
venables. Quoiqu'on ait fait de cette identité une question
qui a singulièrement préoccupé de nos jours les liturgistes
248 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
et les musiciens, il ne semble pas encore, comme nous le
verrons bientôt, qu'on la puisse résoudre en faveur d'une
intégrité effective. C'était Topinion qu'en émettait, en ^847,
dom Guéranger lorsqu'il publia le premier volume de ses
Institutions liturgiques. Il croyait aussi, et avec sa sagacité
habituelle, qu'on pouvait conclure de certains morceaux
qu'ils appartenaient à la facture grégorienne quand on les
retrouvait ornés du môme caractère musical dans les
différents manuscrits de diverses églises datés du neuvième
siècle et des trois ou quatre suivants (\), Mais la difficulté
était dans cette découverte même; car pour y arriver il
fallait non-seulement tirer de la poussière d'anciennes bi-
bliohèqucs de précieux manuscrits dont rien n'affirmait
l'existence, mais encore, et quand on crut en posséder
quelques-uns à force de patientes recherches, on trouvait
un sujet de laborieuses hésitations dans leurs notations
diverses, toutes empreintes d'une méthode'variée. Il fallait
donc les comparer signe par signe, procéder ainsi du connu
à l'inconnu, et arriver enfin & lire une phrase grégorienne
Travaux et dé- daus sa notatiou neumatique. La Providence réservait ce
couTcrtcs du P.
Lambniotte. bcau travail aux etiorts persévérants d'un docte jésuite,
le P. Lambillotte. Il eut le bonheur de découvrir le Gror-
duel de l'antique abbaye de Saint-Gall, copie authentique
et faite, au neuvième siècle, de l'autographe de S. Gré-
goire. Ce manuscrit si précieux avait été envoyé à Char-
lemagne, en 790, par le pape Adrien P', et les phrases gré-
goriennes, déjà possédées par le savant investigateur, s'y
retrouvaient si parfaitement reproduites que leur identité
en fut évidente. Mais le travail devint plus concluant
encore quand cette comparaison se fut étendue à tous
les manuscrits possédés par les bibliothèques de la France,
de l'Allemagne, de l'Italie, et surtout de l'Angleterre, où le
chant grégorien avait pénétré avec la foi dans les der-
(1) Instit. liturg., t. 1, p. 172 et 306.
LA MUSIQUE SACRÉE.— 6UT D'AREZZO. 249
nières années du sixième siècle. On put suivre ainsi i*ex-
pansion de ce grand progrès dans toute l'Europe chré-
tienne , et voir, par d'autres antiphonaires plus ou moins
conformes des siècles suivants jusqu'au treizième, quelles
modifications ou quelle persistance avaient signalé, pendant
ce long espace de quatre ou cinq cents ans, la marche des
mélodies ecclésiastiques (4).
Et liaaintenant que nous sommes bien sûrs de l'origine HeureuM f^to-
*■ ^ lutlon opéroe pnr
du chant romain et des mfluences qu'il a exercées jusqu'à o»y d'Areao.
nous , il faut signaler une des causes les plus actives des
progrès obtenus et généralisés dans son enseignement. Nous
la trouvons dans l'usage introduit , en \ 023 , de l'échelle
diatonique. Cette belle invention nous vient de Guy d'A-
rczzo, ainsi nommé du lieu de sa naissance en Italie. L'in-
génieux bénédictin dut l'idée de cette gamme aux difficultés
qu'opposaient à son goût pour les études musicales la con-
fusion des toniques et les autres inconvénients résultant de
remploi des sept lettres grégoriennes qui exprimaient toute
rétendue de Foctave musicale. On sait comment son atten-
tion trouva la gamme nouvelle dans les six premières lignes
de l'hymne, déjà très -ancienne, de S. Jean-Baptiste : Ui
queant Iaxis , et dont l'atr, assure-t-on , était celui d'une
vieille hymne grecque du temps de Sapho, vers 350 avant
Jésus-Christ. Cette méthode , que l'illustre moine enseigna
bientôt , lui assura une remarquable supériorité sur les
autres maîtres et mérita la faveur du pape Jean XIX, à qui il
fit agréer son antiphonier noté à sa manière, c'est-à-dire par
des points posés sur des lignes plus ou moins élevées , les-
(1) Nons tirons cet historique d'un savant article de feu M. de Roisin
sar La Restauration du chant ecclésiastique, inséré au tome XVIII du
Bulletin monumental, p. 47 et suiv. Nous devons nous borner ici à des
détails généraux qui ne comportent pas une histoire circonstanciée de
notre musique. L'article que nous citons peut s'accompagner d'ailleurs
du travail du P. Lambillotte > intitulé : De Wnité dans les chœurs
liturgiques t d'où nous tirons aussi une partie de nos renseigne-
ments.
250 HISTOIRE DU SYMBOUSMB.
quelles faisaient mieux comprendre au regard les tons que
la voix devait prononcer. On voit combien fut simplifié» dès
lors, le mode de notation musicale : c*est,du reste, à peu de
différence près, celui que nous avons encore. Un exemplaire
de TAntiphonaire de Guy est un de ceux qui servirent au
P. Lambillotte ; les notes y reposent sur ou entre des lignes
donnant à chacune d'elles leur valeur tonale. Ce curieux
manuscrit appartenait autrefois à la bibliothèque du mo-
nastère de Saint-Ëvroult, en Normandie (4); il est conforme
à la copie qu'en avait eue Tabbaye de Saint-Bertin, en Artois.
Ces deux spécimens furent d'un grand secours à la nota-
tion des siècles suivants, d'autant plus portée à les imiter,
qu'en les adoptant elle rendait bien plus faciles l'enseigne-
ment et la connaissance du chant choral.
Dëcadence du Mais ccttc facilité même ne manqua pas de contribuer à
chant grégorien,
et 8M causes. dc nombrcuscs altérations du chant grégorien. Peu à peu
sa phrase si simple devint plus maniérée, et il en vint jus-
qu'à mériter de perdre en réalité son nom glorieux, qui ne
lui reste qu'en souvenir de son illustre fondateur. Nous en
sommes là aujourd'hui même, en dépit des études renou-
velées sous les auspices d'esprits distingués, tels que
MM. Fetis, d'Ortigues , Groussmaker, Bottée de Toulmont,
et bien d'autres cherchant par de nobles efforts à faire ren-
trer dans le sanctuaire le vrai génie de la musique reli-
gieuse. Pourquoi, d'ailleui*s, faut-il s'avouer que ces efforts
sont une lutte , et que la résistance leur vient de ceux-là
mômes qui devraient combattre avec eu?t !...
La raison de cet antagonisme est toute dans la confusion
qui s'est faite do la musique chrétienne et de la musique
profane : sous des noms menteurs , celle-ci n'a pas craint
d'envahir le sanctuaire , où elle ne se maintient qu'aux dé-
pens du symbolisme rcUgieux , et par conséquent au grand
détriment de la vie de l'art chrétien. Pour le prouver, re-
(1) A piS^iCut à la bihliolbèque Richelieu, n» 1017.
LA MUSIQUE SACRÉE. — LE PLAIN-CHANT. 254
montons aux belles époques du chant grégorien, analysons
ses effets, et comparons-les à Taction morale exercée par
nos symphonistes modernes sur les masses que séduisent
leurs fioritures désordonnées.
Nous n'avons pas besoin de prouver ici que *le plain- l* pi«i]i.chmnt
chant est le seul convenable aux cérémonies du Ghristia- u uturgie catho-
nisme; c'est le sentiment universel parmi les hommes qui '"* '
comprennent le caractère de la religion. Grave, réfléchie ,
détachée de la terre , aspirant au Ciel jusqu'à mépriser et
combattre tout ce qui peut en détourner ses enfants, la foi
dtt Sauveur ne peut accepter pour interprète qu'une har-
monie digne de ses sentiments dans son sublime commerce
avec Dieu. Ce qu'on pouvait trouver de mieux dans ce but
était donc une mélodie par laquelle toutes les âmes, invitées
à chanter ensemble les mômes émotions et les mêmes
prières, pussent s'exprimer à l'unisson sur un ton qui fût
celui de toutes les voix. Or, n'est-ce pas ce caractère que le parw» cmotàres
plain-chant admet par-dessus tout? Sa mesure à deux
temps, ses notes de valeur égale , l'exclusion de toute autre
clé que celles A'ul et dé fa ; l'étendue de la notation bornée
à une octave , et ne la dépassant du moins que très-peu et
très-rarement, ne sont-ce pas là autant de conditions qui
servent admirablement les pieux Offices du catholicisme, et
sauvegardent la sainte dignité de ses nobles et religieux
élans ? — Entendons bien ici que nous ne parlons pas d'un
mérite exclusif, et que nous ne prétendons pas dédaigner le
moins du monde ni l'harmonie de la musique dramatique,
ni les symphonies où ressortent les admirables inspirations
de Mozart , de Ghérubini ou de Beethoven ; il ne s'agit que
de la convenance du style, qu'on doit toujours mesurer à
l'esprit du sujet traité ; et c'est dans ce sens que tous, à l'ex-
ception d'un certain nombre d'esprits intéressés et parfai-
tement incompétents, réclament pour l'Église, à l'exclusion
de toute autre, l'usage, préférable en effet , de la musique
grégorienne.
252 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
^cetto rhiu Nos pères l'avaient bien senti , durant ce moyen âge contre
pjj^q»» «>• i;*- lequel ne cesseront de s'acharner les systèmes aveuglément
qaatonième tiè- passionués dc Técolc antisociale : rien ne paraissait plus
naturel que de confier la simplicité de la foi publique à la
naïve et eandide expression d'un chant tout uni , dépourvu
de tout artifice et de tout apprêt. Et qu'on ne prétende pas
répondre à cette observation incontestée en disant qu'il fal-
lait bien employer cette musique , puisqu'on manquait de
toute autre : nous affirmons qu'on se bornait très-volon-
tiers à celle-là parce que rien n'en faisait chercher d'autre,
parce qu'on la trouvait suffisante à l'esprit du temps, où rien
ne dépassait dans l'art, non plus que dans le cœur humain,
l'amour et la pratique des choses chrétiennes. La musique
efTéminée et prétentieuse n'est apparue que dans le cours
du quatorzième siècle, parce qu'alors l'élément des passions
mondaines est venu, par des raisons que nous avons tou-
chées, et sur lesquelles nous devrons bientôt revenir, se mêler
à la vie extérieure, et gangrener ce que la vie intérieure avait
eu de digne et d'exclusivement religieux. Cette vérité de-
vient évidente pour quiconque se rappelle à quel état de
décadence était arrivée progressivement la musique reli-
gieuse, lorsqu'on 4555 le pape Marcel II pensa sérieusement
à la proscrire pour ne plus garder que le plain-chant. L'excès
du mal n'en était pas arrivé en un jour à ce paroxysme dé-
goûtant. Peu à peu, depuis près de deux cents ans , il s'était
intronisé dans l'Ëglise ; il y régnait , et témoignait trop par
la faveur que les mœurs publiques lui avaient faite quels
autels remplaçaient pour lui l'autel chrétien. Suivons un
peu cette marche, et nous comprendrons d'autant mieux où
nous en sommes, quelle régénération nous est redevenue
nécessaire, et que le symbolisme du chant, qui ne devrait
jamais se perdre, ne revivra que par l'abolition violente de
tout ce qui TétoufTe en le trahissant.
Histoire da chant Après les malhcurs publics du dixième siècle, qui ne
fi^^^g^* du causèrent pas tant l'anéantissement des études et de l'art
LA MUSIQUE SACRÉE.— LE PLAIN-CHANT. 253
chrétien qu'ils ne leur imposèrent une sorte de silence dixième m dou-
, , xtème siècle.
momentané, le siècle suivant, par son zèle architectural,
amena forcément une renaissance des belles facultés de
l'esprit humain. C'est au onzième, en effet, que les remar-
quables compositions du roi Robert, dont les plus belles
sont dédaignées, rivalisaient avec celles de S. Fulbert, dont
quelques-unes ont été heureusement retenues et se chan-
tent encore dans r£glise de Chartres. C'est alors que les
heureuses conceptions de Guy d'Arezzo ouvrent une voie
plus large à la science musicale , grâce, nous l'avons dit,
à la nouvelle notation , qui , en reléguant loin du lutrin
l'arbitraire d'un rhythme hasardé , lui rend possibles les
nuances méconnues d'une exécution plus délicate et plus
sûre. L'art grégorien se reforma durant toute la durée de
cette période ; il produisit quelques-uns des chefs-d'œuvre
encore admirés de nos Offices , comme les charmantes an-
tiennes Salve Regina^ — Aima RedempioriSy dont les paroles
et le chant sont dus au moine de Richenau, Herman Con-
tract. C'est alors que des traités de musique sortirent de
plumes expérimentées taillées dans le cloître par des reli-
gieux, tels que ce même Herman, qu'avait précédé Bernon,
abbé du même monastère , et que suivirent , avec des ou-
vrages aussi curieux aujourd'hui qu'utiles alors , Àaron ,
abbé de Saint-Martin de Cologne ; Albéric du Mont-Cassin ;
Francon , écolâtre du chapitre de Liège ; Guillaume d'Hir-
sauge , Osberne de Gantorbéry , et d'autres qui joignirent
aux préceptes la pratique musicale dans beaucoup de com-
positions, louées même de leurs contemporains (4).
C'est avec ce noble cortège d'intelligences supérieures que a cette dernière
la science musicale arriva jusqu'au douzième siècle pour trèe-wei le mysH-
dame de la théo-
seconder à sa façon le magnifique élan symbolistique donné logie et de rart
monumental.
à Fart monumental et à son ornementation par le dévelop-
(1) Voir beaucoup de détails, que nous abrégeons ici^ dans le xi* cha-
pitre des IrulUutions liturgiques de Dom Guéranger^t. I,p. 280 et suiv.,
— et, dans le xu% p. 333 et suiv.
254 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
pement de la théologie mystique. Ce qui nous reste de cette
merveilleuse époque dans les manuscrits atteste la touchante
majesté de la prière chantée , et nous dit encore , dans les
rapports qu'on y découvre avec notre plain-chant actuel,
si dégénéré qu'il puisse être , comme de si pieux accents
s'alliaient bien sous ces voûtes sonores à la vaste étendue
des nefs remplies de demi- jour, au style ferme des vi-
traux, à l'énergie de leurs couleurs translucides, et com-
ment ce mystérieux ensemble ne devait vouloir en effet
qu'une prière dont le calme répondit au sien , et qui re-
flétât en quelque sorte la grandiose simplicité du saint Lieu.
Dans le plan , dans les matériaux , dans l'art qui présidait
à l'exécution de l'ensemble et des détails, rien n'était de ce
monde, pour lequel le Sauveur ne priait point / tout s'élan-
çait vers Lui , rien ne convenait qu'à son culte , n'entrete-
nait l'âme que de sa souveraineté sur elle, que de sa gloire
et de son honneur. Dans le chant , qui y retentissait en des
Offices plus nombreux et plus soutenus, mêmes caractères,
même empreinte de la pensée d'En-Haut. On sait dans quel
style élevé l'évêque de Paris , Maurice de Sully , écrivit les
répons des nocturnes des Morts, et comme tout y est
encore , à travers les tortures imposées par de déplorables
caprices d*éditeurs, conforme à la sainte tristesse de l'Église.
La douce joie de S. Bernard s'exhalait dans ^ beUe hymne
Jesu , dulcis memoria , et dans sa prose de Noël, Lxtabundw
exultet{i). Et que dire du Veni Sancte Spiritus et du Stabat
(1) Celle séguence, qui se Irouvail, en de forl anciens missels, sons
le nom du sainl abbé de Clairvaux. a élé Irouvée par Dom Guéranger
dans un manuscril du onzième siècle (voir L'Année liturgique , Temps
de Noël, I, 273). EiUle ne sérail donc pas de S. Bernard, une autre rai-
son pourrail peul-élre la faire allribner à quelque auteur plus ancien
Sue lui. C'est le style, un peu maniéré, que le rhythme choisi explique,
est vrai, par les difflculiéd qu'on semble s*y être créées, mais qui par
cela même s'éloigne de l'habituelle manière de S. Bernard, si claire et
si simple. — Nouâ pencherions donc, par cette raison, à abandonner le
Î premier sentiment du savant bénédictin^ qui pensa d'abord UwixU
iiurg., 1 , 319) ane cette Prose était de S. Bernard, et à nous rallier
à son avis plus récent et conforme.au manuscrit cité par lui comme on
témoin irrécusable.
LA MUSIQUE SACRÉE. — LE PLAIN-GHANT. 255
Maier , attribués Tun et l'autre au pape Innocent III, sinon
que rien n'est comparable & ces chants , où respirent tour
à tour, sous la même main qui les note , et le sentiment
d'une prière aussi pleine d'humilité que d*espérance , et
celui d'une douleur que la nature seule n*eût pas rendue ,
et qu*il fallait se faire dicter par l'Esprit qui seul donne la
ferveur et l'onction î
Mais que pourrions-nous comparer, dans le cours du trei- Le treitièmc
ziëme siècle, à l'admirable Offlce du Saint-Sacrement? Nous du 's^i-smi^-
j . » • • 1 < • j A* * ment par S. Tho-
n avons pas à en juger ici le génie dogmatique , ni com- mM d'AqntA.
ment la haute intelligence qui le créa sut plier à l'exacti-
tude théologique la coupe de sa poésie et les difficultés de
Taxpression. Nous ne parlons que du chant , et nous
demandons si jamais rien en a égalé le magnifique symbo-
lisme ! Quelle majesté , quelle onction , quel pathétique et
quelle angélique douceur dans ces notes alternativement
basses et élevées du Pange lingua ! Quelle prière que ce
Verbum supernum prodiens , surtout quand elle nous ramène
à cet O salutarU Hostia qui , à lui seul , serait un chef-
d'œuvre ! Qui trouvera des sons inspirés comme ceux de
la prose Lauda^ Sion^ avec l'irréprochable teneur de sa
doctrine , si merveilleusement secondée par la marche ca-
dencée et les mouvements si savamment variés des strophes
dogmatiques et de Vair^ qui ne l'est pas moins ? Quelle re-
connaissance s'est jamais mieux exprimée? quel cœur
aimant , respectueux, s'est jamais épanché ainsi? N'est-ce
pas le langage de l'adoration en extase , deda foi qui re-
mercie , qui prie en s'anéantissant , et qui chante ses im-
mortelles espérances avec l'anéantissement d'un Dieu ?
C'est encore au treizième siècle qu'appartient le Die$ irx^ u du$ ira.
aux sons tour à tour humbles et menaçants , et qui se res-
sent en cela de ces alternatives que nous venons de remar-
quer dans le Lauda^ Sion. Ce chef-d'œuvre, où Ton admire
à la fois la vigueur de la pensée et Tharmonie de la langue ,
n'est pas moins remarquable par tout ce que le chant ajoute
256 HISTOIRE blî éVÀBOLlSMli.
aux paroles dé sombre arixié'lê;, d'aèitàtîoiî" èt'^flèl'tKiiUe.
Le même auteur dut'^rïre 'éVrdemmèriï'iérce'ïfettë et'
son incomparable m'élo'dïcV ct'qùelqiie sûcèi^è iîà7''àirtît
pu avoir" jpîus tàrd.d'es cômpôsileurs séàuitspat'uri tHèiriéf^
imposant, aucun rf'eiix n^à pu'atteïudré 'à éëltè sotbrihité'côtt-
tînue et variée gùî règne daiis toute l^ètôndtté dé ce pdètae
latin. Là encore se développé iin caraclôré d^àùsVéte énerpc
où se ré Vêle tout entier cèltfi' que l^hVsti)i're'à»jife^à''^
véritable auteur, le cârdinal'i^àt)ranciat'(^).' " -"^ * ^
Reiadons mora- Remàrquôns-lé encore : ces déîixî magnifiques hôiiVèiàtttés
Xe^'V'IÏÏ du siècle ogival àè re^sentêht'dé sa majéstiî èbthptliéilfeé',
tr^Xr^^l. comme cellesdu précédent s^élaiénieÀipréinlés dé ce ^
'*'' ' avait de plus ferme et de plus profondément sé'rtcux.Âîfei;
encore une' fois , nous verrions Ife styFé poétique de cette
époque s'alli(^r pai-fàitemént avec celui des mdiluitienlsf go-
thiques, etcortfit^nier pour'lùi-mfemècc qùé tîAu^ avons dit
ci-dessus des rapports étâbiis liails cliaque pérîode du moyen
c\ge entre rarcliîtectui-e et lés manuscrits. Doni tiuérangér
applique lia même observation à la liturgie èii ^éhéi^l; qui
se forma peu à peu sur ïe plus ou moins dé dignité* |^évère
ou dé ' suave e^pàiision exprimée par Tart de ces itaêmes
époques (2).' ' ' " ' :
. 1 -1 , !. ' ■ . ' •; ' M.'
(1) Latiaufl iMatebmiioa; apfpelé 8iu8El,Fran9ifam'i de l!ll)«9ire féitiiUe
ilalienue de ce nom à laquelle U t^i;kaU,,fut gouyeri^eur de Rome spos
le pape Nicolas III. U montra dans ce j[>03le et eîi ptusieiirs négociations
dont le ebak'gèfent le$ trois pape» Bùivantsyfiobôi^udilTv'U^'^ 'IV ^'
NiQolas I,y , deMalent» diplomatique dont la. plqs import^o^tc co^r
quence fut Taparaement à Rome des deux factions des Guelfes et des Gi-
belins. Un îioinme de cette trempe u'est-ll pas tout entier iiaiis âofû
Dies iT», oé- respivent l'habitude d'un .pouvoir ptein dé forc^ e|t le.sen*
timent profond des misères de l'humanité ? Cette observation suffirait
à établir ses droits, et nous force d'éliminer S. Bernard et S. Bonav^n-
ture, dont ce n'est ni le style ni la couleur.
(2) Voir ïm\,ii, liiurq^^yiiA suprà, p. 351. — C'est avant d'avoir ren-
contré dans notre docte liturgisie l'exposé clair ^ et pour nous trëd-
convaincant, de cette théorie artistique, que nous Ta v ions trouvée dans
nos propres observations. Cette coïncidence, dont nous pouvons nous
trouver heureux, né nous a pas laissé craindre une accusatîoii dé pla-
giat déloyal : nous y trouvons bien plut6t une preuve qui noui honore
LA MUSIQUE SACBÉG. 257
C'était donc en réalité le peuple lui-même qui inspirait i«,, «mm**» <»•
^ ^ n r mélancolie ohré-
ces pages grandioses , aussi bien que les essais moins con- tiemiey «st sur-
., ^, - - , - tout remarquable.
sidérables donnés de toutes parts sous les noms d'hymnes,
d'antiennes et de répons. On y sentait vivre l'esprit du
temps , dont les mœurs , nous pouvons l'affirmer sur ce
témoignage , étaient douces , réservées , et ne méritaient
pas , à beaucoup près , les indignes et orgueilleuses ca-
lomnies du nôtre. Quand on étudie , en efTet , les mélodies
de ces temps chrétiens par excellence , on ne peut s'em-
pêcher d'y reconnaître la foi , les saintes espérances , les
émotions tranquilles qui dominaient certainement cette
société à qui elles étaient faites. Il y a plus : vous découvrez
ce même fond de mélancoUe jusque dans les cantilènes des
trouvères, dont nous fournissent quelques exemples celles
de Thibaud IV de Champagne et Guillaume IX de Poitici-s.
Nous ne les indiquons pas ici , tant s'en faut , comme des
pièces dont l'esprit soit partout et toujours acceptable de-
vant la morale du Christianisme ; mais n'est-ce pas une
preuve de plus de ce sentiment général qui régnait dans la
musique du temps , jusqu'à y soumettre l'expression mon-
daine des faiblesses du cœur humain , racontées par les
Yerts-galants de l'époque? Leurs airs étant dépourvus de
mesure et de tout rhythme déterminé, le mouvement
semble leur manquer, ce qui les condamne à une sorte de
monotonie à peine corrigée par une certaine douceur que
prend la tonique à la fin de chaque couplet. C'était bien
la musique du douzième siècle où vivait Guillaume , et
Ton voit qu'au treizième , qui fut celui de Thibaud , elle
n'avait pas subi , sous ce rapport, de remarquables chan-
gements.
d'une commmiauté de pensées sur le symbolisme, qui ne peut tourner
qu'au profit de nos Uiéories favorites. Et nous aimons à constater ici
que, ne pouvant tout dire comme un tel bénédictin, c'est du moins pour
D0U8 un dédommagement que d*inviter à le lire dans le remarquable
passage que nous citons.
T. IV. n
/
258 HlâTOtRE'DT: SYHItcfLISME.
•ofeM^pMeriM ^^ ^^' ^^* Certain', ifcSÏ 'qiïe ta Icfà MttgftrîssJaMy telle
de saintjaeqii«f. iristcsse ' ittwsîcai(* së rèti-OuVaiC ihètnë dan's M écîtoipW&iUons
lîttérairtB, Aôht Ta jôiè était padrlâilt te dahictën^ principal.
Pour s'eh convaincre, cm *ù'il' qu'a ôuVrli* Ws hjitntosiires
anciens , et Von y trbù^èrti Ù'né preuVci dté plus de notre
opinion (Juant à Vîntlttehcè de IV^rit dù temps snr Tex-
pressibri nluiîdalë.' be' Retiré de iclfaiit 'était d^àlHéufâ'^i po-
pulaire qrl'îl'eât' resté', eridélfVWdëâ ï^éVdWtfett'â^iS féi*rt1eUes
subies par là mUëiqùèJ dà^nfe lêâ'HàitHlùd^îS'éttefe^p^èfBrtnces
de nos -pôpulaliôrts t'ùrtillefe, chteic lëèqiiènèB'péttèttient'tou-
joursplte lerttemei^t'liéëiihbdiflbatibil^'ai^tistlquesv Nttus le
constatons ndu^-in^hie d'fetpWs'hoi' plùè àntlcrt^sbuvdnirs :
il y a aonàritë tin^ , l'orsqù'bn' voyait bhôrire' ' dé* pfcHerins,
revenus de la J*«leàtiné où dfe Siint^Jadqilés fenèalîfee, par-
courir lenteriient lés rtie^dé nos cités ^'cKarttàïit des:can-
tîques à h gloire dé FApôtlre o^ du'Sàuveiirt-,' ces 'Éiômt)làinles,
paiffoîs trèà-vieîîlés, ne l-eteiitfsSÈtiehtf 'jahîè:iè'*(|ilé'sar le
rhythmfe de certahifés 11^ mnés dé TÉgliéfeiqu'dri ^yàll oubliées
en France depuis là Ôiîiparitiôn dte rOffibe toiiiain, hials que
nous y «voriis Retrouvées dépurs' là repirîse 'du brêvMt^e de
S. Pte V. Ainsi, la'vblx plus ou moins dierrotà^te dtes pieux
voya^em-s ne trouvait guéi^e' de vàrîahtey qiië de Fbyrtihede
rÉpiphanië Crùdéli^ Her odes h' celle ée^kXiÙ^s 'à\i temps
pascal'; TtUtès ér^fit Apùêtôli, oé qUi'We'^fipièWaâiit pas
moins à )a hiai^che lente! et meèiii-ée du ^JèlérinMqta'à la
grave pètîsée de nos ancêtres appUctùant le même ton' aux
tiistesscs des'A'pôtres privés de ieitr Dieu; '^Sâtrf Mages
guidés vers Lui par l'étoile de FOrient. Nous ne prétendons
pas que €âtte anomalie soit à imiter; au contraire, nous
ne i^anquerons pas de faire observer qu*à notre" époque
elle n*e8t plus qu'un contre-sens à éviter. Nous constatons
seulement ici un des caractères incontestables de notre
ancienne musique religieuse.
piS^MdîaîU mï ^^^ ^^ V^ précède, on voit que, dans nos églises, le prin-
SSieîtT*^"^* cipe de Tunité artistique ne se rattache pas moins à Texé-
I ■•
/'
, lA.MVS^ÔI^E SKCniH. 259
cu^9|^^^uj^)iaal qu,*^ Jl*<^mplAi d'un^ ornenientatton dont
. l: A<wr??W«« fiQWi^ïin^ A •'^W: rpl^cç età l'usage qu^on en doit
ffwr^. te.iub^nt.est uua^,pyriOrq;;lc^,,YOjx, unies |»r lui, se doU
.^ç^tde.np ciea. faire, que l<le:t^■ès-çwfornAe au but qu'elles
^<Bro$)0^n^ quÂ, e$t, de j^juci* JP/ip^, • d';é4irier une assemblée
iclff^tiçp^ ^tj(^,i)réJpd^' .pftr.çpf,«»cil<î d« dévotion à ces
ftdpmMJ>Q?l,^tWwilÇ^irWi-i^ le Ciel qui
: ,npp^ ^t^^Çîfistp(mrqjif9irf.(\è^ los.pron^i^s âges, aussitôt
,,qwM'ÇQqf?ctian,dft;prpw'jer,^WtrMroen!t,>îiflt révéler autour
.îdft,s<^fi,Jp,V|eia4,flur.finff sp^M? d'Jwmôiî^ÇiflPiU Içs es^rs ten-
. «lîrentt 4, jC}^ PKPmptS! . dfâvjçloppeipftntftr lo ,preïn,ier emploi
qu'on. dijLt en feir/e fwtd'ea.Mpofnpftgner la vojix pour le
culLedQ.Dîçuet.rexpr^ssipn .4jQS.4i!ver$es affections de Tâmc.
La BU)^4iqui jdU Sfu^ ^utice^u^^^nouç pouvons savoir des
|M:<w\^pfr,Wtiwp dps ,s(5ieflcei^,?t d^9i,^r4^,.a gardé le sou-
.Tf fip^r : 4e iub^ f (jlpo t , . ]^ -. ftonjii . s jgniificalit semble rappeler
nnventiiWfi 4P;latFPwppt^ei<:jfttW/a?w, ifumnQ)^ ce qui nous
fait.rcqïpnter ^u premier %(9 du mon<if),Qt,^ers Tan ^000
4e A^ çpÉ^tîi^ (^}- Ce n,'^t;pas à;iiv^ jqMJ^yantdui on n'eût
f^ prouvé (la^$ Je» objets foiunis parla nature, jcomme les
i^onpies à^ animau^^, le$ jrosewx/ pt/aiitres t^e& creuses oCi
r4i,Cti|0(n.,de l'air et çmA'c;ntdai§e rerne^rquer tput d'abord,
Qu^ mayeii'd;Qr prgduiire des sons; mais\ il s^ avait loin de là à
l'hfir/EKHWe 4e Jubal, , inv^it^ur, dit rËoriture, d^ la cithare
. etde roFguq^fin&trmod^i^ts qui,devaien(t,iSi i^iparlaits qu'ils
Ciji^ent, • ^[^pcqre !,< prpdulre 4es.re^ccordS|. et sinjiposent par
. poi>^q€int ,l^ca4eace et la niesure. If ous, . n'avx)ns. pas à
! ^li)i «' lafaal' ipfte ftiit pater canetiU{im> dth«râ. et wgaiid. » {Gm-, TV,
^^^-T;^p}ftl, c[>prè9 l^phropolQ^^jbih^iqp^.xlp^ y^vjî^.f^^aiPrèa cinq
cenU ans avant le déluge. « Il n*est pas cité comme Tlnventeur de la
> ^kfapettë^iukis Mkï nom lé IMsBé ''âi&étnènt àuppôset, dès loi^ surtout
qu*<o|i ii0.^jt)iiy^wo«^f|i]1r6 p^^Pii9^0 Aqui tttribuQT oetinHrament.
Ce n'est pas que les Grecs ne Taient point attribué^ Osiris; on a pré-
tendu même le donner à Mesraïoï ô'uîi' 'quelque aù't'i'é Égyptien descen-
Mptfài^frdiol'.» Uiifi-iiiMJ'pettBiariiile/tAtit 4)é*dontt4eâi^(«traârct6ire8, en
F^eïjçft4*uQ^m,^içpf^tif.c^fl^^,pç}Uf,4^.J4>h^ 1 .. . ,
200 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
douter que ces premiei's essais n'aient amené bientôt l'arl
de ' .-i.
tenues
tard, lefv6gvèi'taiièl(iii'6ii miiiâkkeVévikhU^M\i^M;
commê^on lé' Voït^é'ii 'f)luèfélir^'ëi{atô{ti m'pkMàM
faUaitquek'-hartë lbiicWè'e'ii^i't)âVit("y MmèmUtèuse'
ment pour (^u^élïè parvltlt' i 'èàliriei-'ïek •^otitocèH'^^^
Or, toute cette musique était de la musique'yaéi*iiyV"^*y
en avait îpas d'âtitrëllè's'cti^iit^' H^ vlt(oi'ré''ii'àà!nf'lélix-
mômeg qtiè dfeô'èdiilïquéfe 'rfe î^econiiais^atee' âWitiéb^^WÎ
procurait^ ' te' 'triomphe.' ïiàa^'a ' la ' dkti^è m6rA^ÛgàkW'l»
chaht, éMoW u^i'iisà^ attesté {iàrl^ttistôïré ^^^^
à tous lë^ ' pèi^lës 'îiriniMfâ;' èillé Wtfsiqùe oli' ' ci!i' 'èl'iîitife
devaienl hvôîr tiri 'càra'ct'èi-é' VkH'^ ; = 'é'itc^i^rét^ Vi'*^^"i^^
lentir, selorï' lés^ pt^sées que' tcprAdi/Tsàit lèi sbléiihi tlèl' ÀiHst
la musique Improprement miéViMioti thébi^iytiëmerit'afe-'
posée dé Ifa^Hihién^é è< dbs 'Vdik dàtè sans contesté Aé'ïîi
plus haute ahtiquite.
le caito chrétfi'n Et pulst^u'oH "sut tôUjoûré 'ei)[irimêr^ pkf cette" saVkAt'éf
• dû .«en em. ^^ian Ics dispoéitlonsdé I^âiiiè eiiWi soîV'filèùVpbui^qÛbf
le Christiatiisme' neTàuVâit-il liâs àtiniisê , Ijlidda ett^'a^^-
mentait le chartn'é dbïa prîérè én'Étjôutatitau' symfibtisiVi'é de
son expréssîdnt Çai* en* clé^ cdnterfe pîéux", dbnit on tfotiv'élà'
preuve dà'ns lîtil' sî graiid * ndnibrd àè todltltur'eb et de! étiilfh
tures dù'moyëri'âg'e; ettià^ticùliéfedaent Hihé le cëïébf è
chapiteau de Bochervillc , on se gardait bien de faire de
rart pour VarLy oomine disent nos virtuoses d'âujourd -bai :
il lai a gardé ro- OU faîsalt dc Jià muslquc pô\ir prêter àù chaçit ^\Kji^ de;
cfraS&wde'pwté! grâces ; on le^scjutenait pans le couvrir ; ; on n'étoiUft*t pasr
les mots sous une avalanche de sons prétentieux autant que
formidaI)le§ ; là piété dos /îdèles s>n nourrissait» IpJii.^e.^^
distraire, et c'était le plaln-chaftt qui régnait toujoursâvcfe 1»
sainte et douce pureté de ses chartes et cavissantes mélodies.
Sans doute ces eflets durent progresser eux-mSoies ; ils ne
furent pas, croyons-nous, au temps de ConstàJHiiîii, ni même
parer;
ses commence'
de ses
LA MUSIQUE, SACRÉE.— L*ORGUE. 264
I I£i 1 l"]II')hl iiniiu. 5n M. Il 'Il ' - ' - ! i ni '■.'•» '«i •
4fioÇ*W!?'R'^W'i5fi 9-"i'!fe,<leyini:?i\t, 4\^ U-eiî?|èp^p .siècle, où
"^mmm^^^S. }^h^^^\^, a^Ti,<?PW.S|dfi,ftQS,,çaU^(^rales.
KwmWhm\ i'P'*.^Hî!.f'',WP»ftWaf,R«?ttF,^|n}.¥stflît9 "•«"-
mW^\m^'î^\%'^^^^m^ \ .^PÇ^^oJ^fl^ipeRt refuser
-/^^'t..W-.fi^?fif.XPfl^ '^l?'V,Wfl-,''9W«Pi„^, ,ré|>,Qqvic, dont ^J>. ^'^f^t
W^MXH^, '. c,?f.,Çef,.ffl?,«rMipe?ii.t j)ef^efîfippji^,qw,?ç ,çpm- ^^^
W^ÀÛW^^^ ^^V^rcfidl»»' ^'Prienf.^'^pf.dppi^i^e mé-
fiffif^,^<'W^r,?fp. ?,««! tw^i^^ <^fpftfla jysqp;^, l*.PtPp6fac-
^fî,Mi'PPW. <^?,C?-^r^.ffH|,J,WPf||ffîï|t.fiPlJf^^niîfl pour la
Bren)i^«;<?, fo»^.,.^f ^ ,^yait l^çi^i.d^ 0,9 ,TOub[(j,a ,pçl^i 4ont on
^mmXw^\M^ ^. iWyén.^Ç 1;pW .(W...ÇeI^|. gu'en-
y9y.^'^fttW?P<^^sjyea^ei^t ^IJ^pin, e^ à Ç^^^cpïftgj^e. Constan-
tin Gopronyme et Constantin Michel l'ero^pf'^ 4<^ ^paucoup
9,i^,ces ru^mept^ plus étopnamç qu'utiles , en jlépjt de ce
^Ç|,nfiusay9.q?,lu,,nou^,nQ s?,,y9B!jRJu§,pÇt„gme^,çes <j»rgues-
là. À.'étJMént ^p,r6alit^,q|ie ,des,cle,psyfi^es,T No.us. ne geppons
«îi^lffe pa,^ ,9ft'i\'.f(iiUe,,%a^ço.ifft,s;4jppryçMifr ,dft:ee que
.W'?^.lj?fl'}^^ \m. .S/.,Fojti^?it^fl^s iniagni^cpnfifis.p.^-.êtées, de
w\^ ^mh m^ mf^mv^MSm.^i^^m^.m^ dans
i;%]^^S<),d^ %Ji^ ^^f,p, Ae,w)?^?:ftue ides ppn^-astes singuliers
« • I
(0 c( Specta pqrtentosissimam Archimedis munificentiam^ orsanum
6y4raiHitUiDj âicô^^ot metubra, tôt {iArlGâ, toi èonrpogi&es^ lot itinera
YQpomk.tot .çpoipeDdia aoooruio , lot corumercia modgmm ^ lot acies
tfbCT&UWrtîli:>/i4ntmà,'bàp- xtV J - ï:?aa(i\oèklul,Vanâ son
MKrp ^^ P,^^aiibui, canlu , ei viriius rkyi/imi , QHe-Hâroo. d'Alexan-
drie , mécanicien du dernier siècle ayant Jéâus-Christ , comme auteur
4^|v Tbailè Spirilualiùm^ $eu de Pfieuntaiiûa, cfà. il tf aile des machines
à vent. Il y parle de l'orgue avec éloge et .indique bien que ^^à cet
itfstïftyettf élîit d'un' M Wël."- Oiiaiit'&u'li^è de- Vô&kiùsTon y
ifÇiwrfi, ^ip^i^f^\^fj(\^ {J^J^Bsâptufçftaîdfl Jf^lVfl^i^e ^\a^'l^ flw^sique et la
poésie., .
, . Inde senex larg'am ructat ah ore tn^am, , ,
">t\ "Il :'-'M(($^|^<^>o^e«ea)liiUrfjii|8<^tèiWdAtttV''''' '''*'' ''
• Disparibuaqac Iropi^ flstida diUce sonat.
(Ycnant. Forton. Cttrminum lib. n.)
262 HISTOinE DD SYMBOLISME.
devaient résulter da içu alterné ou coexistant de ce cha-
lumeau joué par lu^ enfajit ,, et de cette vaste trompette .
d'un bien autre eflct;4e ces.pymbales et dje (çes fliHes^dcj
ces flageoUes et de ces tambours dontle poète nouî^ montre
la tâcho commune et les accents- variés quq?sa poésie, éter-
nisa. Enepre faut-il avo^i^er q.ujî, fi^n^ ce beaj^i qpncçurs .de
musiciens dont nous ne voudrions peut-ôl4*e pas aujour-
d'hui, Torgue , ou. ce qu'on .appelait ainsi , n'avait que i^.
partie, et ne pouvait nuUemçnt ressqmbl^er è^ ce que cous
savons des orgues dp Charlemagiuî ,, dont Tharpioiyç résul-.
tait du j^u s'unult*né.,dç,plM?icurs ipsti;umen^s, c^
l'indique le pluriel orj'afK/,^ qui, djis celte épbqiie, se trouve
le plus souvent da;is les, çiu^urs. originaux {\). Nous ayons
môme des textes, et. entre. auti-es un passage du moine de
Saint-Gall à qui nous devons la, Vie de Charlema^e, d'où
résulte que l'orgue envoyé à ce prince de Constantiqopic ,
. aussi remarquable par sa proportion que par ?a" sonorité,
« se composait de tuyaux de métal qui, remplis d'air pai*
» des soufflets de cuir, donnaient tour à tour des retenlis-
» sements sourds. et prolongés [Seipblables aux effets du
» tonnerre, et des sons doi^x et perlés imjtai^t les accOrds
» suaves de la lyre et des cymbales (2). » . .
en quoi il con- Quoi Qu'il OU fùt. C'était là uu. excellciit maître d'^accoin-
▼lent -••« lii«lir«- *■ «.. '■l'ii';;!' .,
ment
eçt
on dut arriver vite à>ne,,pius vouloir, dans les èra^ides
églises du moins, aucufj Office dépourvu de CjÇ puissant
aux ofBw» pagnement, et tout nou^ dit» dans 1 Uistou'q aussi bien, que .
ecclésiastiques: . ' . v., "' ., ,' , ' - . •/ • t r î
dans les convictions qu il est facil.c de. s on faire, combien
(1) Cf. Ducange^ Glossar., v organlm.
(2) a Illud musicorum organiUB praestoutuftimum quoà doUie e^ vœ
conflatis, follibusque taûrinis , per fistula» • atureas- mire perÛai^Utius,
rugitu quldem touitrui boatuni > garralitatem vero lyr» val cymbali
dulcedine coœquabat. » (Moaacus SangalU^ Le. Caroh Mûgno , Ub. \,
cap. x; ap. Dom. Bouquet, Script, ver* Galiic, ad ann. 757. *- S» An-
gusUn aUeste (M psalm, lv^ qtin ^ de 01911 teittpa, rorgue était déjà
servi par des soufilcU, maie qne cejiom ue luiéiaÂi paadoimé GJ,^un
sivcment et convenait à tout iuslruiuent dont un chanteur a'accouipa-
gnait.
LA MUSIQUE SACRÉE.— l'orgue. 263
secours de la voix. Mais enteadons-nous bien sur cette puis- on le pror«i«
»(«»«) , • l j ïV 1/ j .. <i ^«1 t donc en le méUnt
sauce que nous indiquons ibl. Nous ne la* trouvons pas tant aux concerts pro.
dans cé^ yasit(Bs et sonbreé proportions données aux orpies **'
modiérftés q'ié dariis'la cotiVenàricc! toute religieuse d'un
accomMgnementgrà+e et pieux par lui-înêiiie, et seul digne
de prènUre sa^ part' dans W louahgès catholiques du Dieu
trois 'foife'Sâintliia VaHété de' ^(^s sons, W possibilité de
leur laii^ imît^ir * Aes Ihsirimièhts; (iapàlilés , par Télirs mo-
dulâliohs'clii^crscs, d'ajôûfcràfe voîv!hrim'a!irlë des charmes
et une fermeté qu'elle n'aurait' pas toulc* seule ,■ font de ce
belenseihble , divisible à' volonté, un niei^dlléùx moyen
de sôlenniser la prière eii éïcvatit lo ctbur plus haut qise lui-
même. Et c'était là le caractère essetttielletoeiit remarquable
de cp fa'èf înstruménl lorsqu'on Pîrïtrôliisa dans l'église.
Ses dimensions îi^àvàifent' alors rien d*exa'géré : c'était son action di-
bien plus un àccompâgnàtètilr utile qù'îin méîiblè de luxe, reS a^m,
et de nie fui guère qu^àu douiièihfe éiècld qu^enlu'i donnant
une ampleur d^riiésuriéc , on commença'àsol'th' des bornes
modestes et simples qui ju'sque-là n'avaîerit fourni que des
accofds presqiie toujours inséparables tfc' lâ vôix. 0*est
alors que Bâiidry , moine de Fécamp, sigriale dans son jeu
un mélange fictif de voix prises dans toute la portée de la
gamme et le compare hruh chϞt* 'de pei*stthnefs' chantant
toutes à i^unissori (^). G'éfaft diéjà, contt'é toute ï^àisbhjrem- favorise le «jm-
■ '»'>,:" I. i-. 4 , »#,'•_; i . : j ■ -i -, ^. j boUsmo du chant,
placer ^a voix, dont 1 orgu:e ne devait, pour ne pos sortir de
son rfîïe, qiié sècdiidèr la suàVit'é! ;' c'étiiit' abdit^iei', par con-
séquent', son caraictère liturgique. Dès Idrs ]()ériésàlt le sym-
bolisme'ilii ctiant ; car plus rinstrùment s'ôvéî*tuait à faire
(1) irrûn}9ÉiO€uias,et midia^90C€S,iH ^dam concinmtiym chorus
pulaPeUir.^ Toir narportaDt otrrrage de M.hé^mer : VOrgue , sa
connaissdmfe, son administration et son jeu, in-Sf, 1850. — Cet excel-
lent litre de^tiBit être la, étudié tnôme, par tcmâr les organÎBtea et par
toas les matti^eâ de cbœiar de nos cathôdmles. On y compreodjrtit mieux
eiunitft quel est le caractère à donner absolument au bel instcament^
dout on se Sert trop sonre ut, héls s! beaucoup plus pour faire du tapfige
que pour socoml^r la piété. i
2" .,.,,.,!' ,?JSTp^«?,|)jj_sYi^^y>WMjp,y,,.,f ,.1
*?^î?<^tlNî.PPP ^V PWfib,^fft#fni?Sî^ntis,ï!i'4l^ r*iii»los4e.8ioni
de toute unp|jpp,w][^]t,iojç( ^ç^(ip§ij»^afl**penfté^, r4 j<;tant!
vait faîfc cju'avec <j[çf,|fTMjy9RS.^^fSffii»t?i, C<Mnm^ Icch^ot
îfclLSf.".'^ " ^HÎ-Vf^^,vtV^Î.^ .^f V'J^f 8^, «^êl'ftrgmf Aég^fl^-^ en.prélunM
tions. moin^' ^ï^rç^, . ,^e , |la, var^i t^, , ^i^ , vpjulut. ,pr9ppr,^o»npr
Ic^dëvejioppiffiàfliijtç' 4p]',or^fle'.à|,çç^x,4p J,'Wi?h^t^PtuP«, -et'
en cela on n'avait pas tort, pujçft^i^, ]e, ^pft t jif ? JCbi-qies p)a»^
. . . tX<?s^|i;«?W,f ifiPPFi1^?^P.fJ.« li<'#'rwn#R^ saj^^.nFnoruc-
Toutefois jl,aura|t fa^ii, ((jlcfflfi^f ej:^ ct^.j^?;.fprtCi.iwspn.v
dan? ^ çon^itipps f^v^sicf J/)?| i^ssc^^ellcs 4 la.liJt|^Fgl^^et•
Lutte d« l'égiiM ÏI I fa^it rpcoi^na|tj[;c , g^'^f (!;s ; le. t^çù^^me. . si^le ( -coin^
Sr™. 'muri^M m(piij^^tf;è?pspn5ib'lep)ipi}l^i;^^;ç4p,d^^ l'art!
mon<uiii«. cliréliçn ^ laqû^ll^ pe fit, |qii>,wgflipftter,iwqu'au sfii^ième.
A celte dern|jii|e 4p9gu,(f,, pj f|(yJ^[d/5piu}s4fingtçflHps, JU, mu-'
sique ,ecplésiasU<^u(^„ét^jt ,|Pil,^?,,prp/an«.,quie,,»Cfféçni.Le8
iristrumeuts à bruit avaient envahi le sanctuaire ; à Rome,
comme partout ailleurs , le désordre était arrivé à n'être
plus sappOi'tàblc, et' k'slspïralioiis de l'arl musical, comiiM.'
r
•
LA MUSIQUE SAClhËfc.^ ABUS DU XVl'' SIÈCLE. 265
4
eehii j(teb «Idilï^filiKèfiDtiâ'ldpldaires, tendaient à usarper les
Msi'9l>Uelbfti'et'^i'M^riK)ntqÙ'éè dé là liturgie chrétienne.
(hté-ideVaitHyiJ »ftiÈre'tibf's'? L^hîîitoirb'nbus l'apprend. Les
eobdM^i>i^ihèi&tix'; dbilV la tëtiiié f édèfvint jplus facile après
PfeiUiiclioÈ^ ii«8'ré^t)Ites^iirôt6yf8(iitès, s'effircèrent de
mêmt^itA t/êpm^ii tèb ^biïsl flètflmé' ceux d*A:ugsbôurg
H dciflBWte«,^éri' ^M8'<ét'*d4éV èHrdélititèglé l'emploi de
Rci^c èn^'ÎBteïiEftsiitttïK rbï-^àhistë' toitrt caprice d'exécu-
tiflki, arbiimît-fe et'recbïimarridârtrB[iix''dIêrcs uii èhant plein
de' tiodestië'^èt ^éé •rtli^fon ; cdmttié'ééTîn'flè Cologne, en
433BV«^St défendtiHôttbé'qùî "pbuiaït yéVksehtir d*U^
^p«fHie»,'ùri'V!t cea>^ai; Bo^deaûx;'dë B^ôurges, de PaHs et
beattwilp' d'autf(rs;'*+li*ï«éhfbhi feUrtdtrt dé iiÈùk Veoo, et
plli^ taM etteotH^, renMivèléi^cô'titrd lés cxcèâ de là înusique
môwdâîne* daris* lés é^lîscî^ tous léiirs aiik thèmes lés mieux
rti(jtlVés'(4)i'0to'sai(i qudfdegHé tfâùdace était, arrivée en
Italie' ttilë mahie déploi-èible loi^squ^ le pape Marcel II se
déddà à tté Tp^rrhetfi-e jpliw dans les Offices que l'usage de
Tcir^èf fédtoit'à; l>xpi-essl6n dî^tie cï ioiitè religieuse de la
priWë ' TJ>ilblftJde H ' (fêtait ' reriliilàcer noblement ïcs pré.ten-
W&vseé'^hMthtiek A^i ëèôlês flariiàtide ef itâliéhïie par le
ret()blra là'simpliéltê prîmîHvé. ' ' ' i '
Il'futflbrtiièàP^te^fhà de (k)hjurer' cette prôscviplion Paiestrina et
par^èfalmfeusé'JIfw^i du j)hp^ Bfàrcèîyëoxii le bqau carac- Marcel;
lèi*è, teirftànlferélâr^V lefe tedHCeplibns râ'rc":^ et les mélo-
die* Vttffttiéntî l-elî^lëtrscs fiVertt croire au Pontife qu'il
pouvait admettre une musique si cônTcnable el si pleine
de-mttjeètuënsieiâ^Wèàut'és: Là ï*èviVWt eii' drfct le symbo-
\Mài dejàiperAi dd la mllsî(^tie! àici^éb;'6ri' retrouvait la
pieu^ltiélattcdlle'des 'pfëitiiehi jour^, el ïà vie spirituelle
de l^ame s'épéridiaiit dans'le cteur de Dieu. Une heureuse
révdlutîOft['«taW ftiite'; et Quoique c6 ne fût pas de beau-
' !' .
({) Voir Labbe , ConciU t, XIV, p. 56; — CïibassttI, Natilia conci-
coup pfiéfôr^Wejaux $iiiftples.-wéMPP?.»f^?»;»finnçs^;dont
la restearatiQ«.aiw4it:ClA!ètrei Ipiseujl hut,iie la iréÇ9rjpiie;
quoique ce gcavejA^ a^fiqupwfa^SÇCW^.l^ÇjW
savaiUj ppur •s.'fldeptç* ft w ^wtpsjparçksdc rAnjfcipl^pnaire
et du Mi^çol, JHJ*ii|iSîpi^.;<i|?s J^èr^ef/jçi aux séçuenoes
naïve$ duMttoy^.âgçi, pçpôudwJt uja g^çmd.jpja^i^i^ feit
ôubr^poirde vei-8;lo r6gén^*Çoui,'(lQiU,'Op,ftyftitr pu ^^pér^i'. fMais
nouTeauz abat. PaloBtFma| ))onpré:de| spHiV^mps^ pardçs çoqfïposilei|rgdç
mérite, elièf^mart/erv 4^94^ p^v ua Iq^^ca^ 4^ ^ 9^
miërô é^fiseJ4^{impi)d^),^W icpr>s6r.ya j giC>i9e. iiuédipcrc
influença aild t ffeiVenir i do • kti DiiUk^î^ttC) irqligi^f e., Lq :gra^d
arlisitûilBti<peU de idis^iplefj' 019(1$. que sa.glQÛre .ct^a,mj6-
thode i lae dâpai^sèircot I qiU'i jHliQô ^]^/ i|mUcs , d^ ^P^. . p^y|S.
Nous BiieM rvôir oelumositi am i)eaii «ucpès fut ylii^nuijsibJjC
iain^"h2ït ' r^oi! ^ '^ ' qu'^Ut effot ) ks ohBf^-^dVjBUMro eu toutes i<sbo$e8 somt .
omJÏ? de*°*i'É' i^^^^siâdnemonli'ld'iLine.gîînadej rareSéj, et Sr'jJs. ^ijqt phis
«ïtoe. nombreux ils n'en sellaient i,pa8iiplii&.pQpiiilajr,ep 15 ipar.ceto,
' sièmeiyt iisf «nanqueiraloni là' Isfir > preAni^ne» i^t egsen ti^Ui^j çpnr <
ditioh.iililiittôtrTëmtdqdeYioM {)lu^ ^D^iblo q^a^ç^ pci J*apr . .
pliqdci^ la,miidH|u«iid*églisïef. Qèi^ l0V9 qfCf^ ne.jçp^tQ^jtp ,
plus éapi lot^anb grôgorûsn •soni tdrbit leKdHlif tiuX' '9ol^niiil4ç
du sKntteiaivèi, laiiiiBeiqfie^s^iimntp ^fàt^^Uje de- Palevstriiia y .
et on' rt'cû''th)ulve'^S'!ri<ravèntVHf3^'«8tiphi5^'u|îfhot6-'î
d'œu^^rèj didmièÉlifblelsetfleniéi^tienf de iraresoceasloiis , fcnai6.
qui-aiiiui|0iijoili*slléiio^iiie)d£iavania0e> de.it'ètrei paa'Qomr^
prise du vulgaire, qui très-certainement ne priera pas avec
elle^etse'fiVt^imi contraire^ naëléaviecspa j)aJ)itoel. 1^0)4:^11
aux Vîëîllti^ tfïélôdle^Jp^^^
Le clergé ne parco qu'àTpgJiiîp,! tQjiU'l^é!!|npp.(^^^ coi^prerid! P6ùr(ïiibî
lu^i, ^^ ^' ^"* donc sorttrainsi'^deia simte^veie aii ia priècecoamiune
autorise à engager le chrtytîen? S'it'ftiUt'ënae'Cuser'ra'fiftiî-
blisscraeiit do -la lioi aux «iètles qui nou^ léguèrent ces
distraclîôtis de mauvais goût; nedoifr-on'iwiss'on «prendre
aussi à iautoritc malliciircuscrhcnt inspirée dùx*tèrgé,dOUt
LA MUSIQUE ^AteftÉfe.'-^SE^COWBl^jiMCËS. 267
abus , ë^ iiiïi ^^ tr(^^a!éiteiti^nt '^élâ^iâ ^ém tailitéi^ règles
Dès lé^'scîzrériie! sffedé ét^jusqtt'Blti ïimrè,'Jqttî'ne i«ii4| pias " -
s'en Aëtètiiré /t/tï d'àvfetf de^^àit^'là^'littfirgie mtfôièald'
avec lé relhchètààH '^ 'lé^ j^Mrtèfdbilytiscnve' apportait < ilayi&' ' '
la mork'le cbrettëA'rié ;^ M scft^ltalteniëial^nva' Jiif^a'su feittiiir
clné'râ''iiâ»'^iêt6aepu^,'àdcoutUTihant-pib ù pe^ papisès' I
exhibitiop pht^ \!^tt4tfèfÀ9 &baMdal^asbS( »àioe()teffaéiKté'dc! :.
mœuri' ttbirtt ie ïttté; lia Wôd^^ et leWs 4rbp ■ miiltij)les-aérivés « ; j ;
dev^nëiit'i'e^l^fse^lcmf joVU^nMnei etî irrëmédlibla; BxplÎH fini
quoniMii*û^''e«Hfi''Mi' ôë-pdWiy'et pdurai'Ipiw ùepnaiiitei: ».
sclerâttitoV^cofWre dé' iâèvetlgondagdi'ifiiPd)g!ne'<dtf • ]Giiristia4*' ^ t
nisntë'/éV^^i-*VH<m 'de<<(îodiAiTmii«v«0'hiiviôtabU8É^ /
neltement les principes véritables : ce sétvibeuisdeqùdeiliêa "<
graûdes aiitoHtés'd&h$> latAtttiël'ef bt'de^lèilrktoinpbiiaisem i
avec le^ Vâchéttx^ éxcèd qùï'Ies réeffp\HcefaVïûi(^cm'niMe*i'.]
ment cc'^li'îl^dugifeirtiexdhjirequ'gardein fî 'i H /i;-. :. :
' 1
ilareïteHWi'Wà'lrbndre i^liiB Hrifiét^plUBrintérteilrile eîrétienii.
i..',
dans la rel^KWi» qu'à 'Wndre ^liip HrifiétlplUB
sentimeiït de' là JiirCètiê ^il'le^là prji4?è leUeMijnième ; ôl éstila^
langue VttliipâiFefJdéil^figHse iiil'^JdioaaeinmstôaL iaipùwfiek]]' i
SoaftHfthiïJè'ëstiedUYdéla {]tros6;<saipre89diei ji-aiôccaitu»*- .:<:
tiondela^pr06«^idajtDDaUté,.lft:lona}litôid)es foules i) ât< k^a < >
modosdaûoiiIentnéeossairdinentideicdtteHtohiiiUtéwiLc^plQiijir . !»
chant ')&'a Ti<^ii dfaitl)it(mlrev^d1ticohéreat;, do iSj^^téina.-! <;.
(1) H(kLS fieV(y^lolÀi^ipà^;«n''4è6i^&tittiçi)diclètigé> ftfvleKêtDieito^i' •
généraux, car iMi gtviod: u^rolinef tféyêcpie^iet.d^ J??^tT^i flçpt pjw^i^yrs, . . ^
seront cités hÛBDtôt; ont protesté, avpc autant^ ae sciencç que d énergie '
contre ces J'ahgereuséa ' tépVéseAtatibbs' tiur ' se' toèléût' ti<ôt)' siôii^nt à» • j
DosfêtesvMitFlanUierjieBireiîaotîce, l'JllustJeeiéVêqua^c ç^Iîçi>es,s'o^ , ,,
primait dans çe^^ens eix nn beau discours prononcé en 1861 à la distri-
bution dçs prix de la maîtrise fondée par ïul pour Son'diocbse'. « A
notre ép6^tfe, SiUi, â^ii' bont de la' France àU'atotre^ Babylône- B'ftBl ,
irraptldo àmn vJérusithuat] (onjné^. poiurrajt^ dire f\9a^\ef^ df cayf^.m^s vt > ,
de romances ont reçu mission 4'"ivïier au recueillement penda^ut les
saints Mystères ! » ' ' '' "' '" ' " " " ■'• '' ''^^ * ' ■ ' •^'
•1 /OU/..; 1,.. I r< — .WAn\)t< :\)\)\<)\f. m
268 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
tique.: tout s y tient, tout y est pris. dans la natJire, tout
décQuled'un principe générateur, le récitatif; çpst. en un
niot, dit S. Odon.dç Cluny, le chant de, S. Gréffoire., de
S. Ambroise et de S. Isidore, dm. déclarent quune autre
espèce de chant ne conviçnt pas aux louanges de D^eu M;.
Ajoutons. que ce chant ..comme nous 1 avons déjà vu , a, des
règles de convenance qui étannssent de véritables relatiûns
terre et les joie» a^ chant quc dcux rCaractèrcs : la loie ou la tristesse, 4ar
c'est ce double élément qui nous saisit, tour a tpur,
nous y
forcé-
>• fi. , I -î
vent à là fois , dans la maison de Dieu. En vain n
cherchons alitre chose , notre esprit ne s y reporte jorce-
nos dangers d lèi-bas , de nos, doQ-
I <<.iii ri
ment qu a la pensée de
leurs présentes et de no?^ espérapces qui, les temptu^ent en
le^ consolant, Qu avons-nous donc besoin de.,œs grands
éclats de recherches dites musicales , qni visent i l'effet,
préoccupent loreillje aux d.épen$, de lame, et ne resseni-
' ' blcnt par aucun traft à ce que 1 Eglise a toujours youiu , à
ce qu elle veut encore sans aucun, mélange ,tte goût pro-
fane et de t recherches pureinent artistiques? Voudrions-
nous de l.art jàpur Part , en répétant un non-sens connu
des mi^sigiens et des peintres, ou de 1 art bour Dieu, ce
qui nous semble plus compréhensible et plus ^net ? AJi ! si
la prière telle que nous la trouvons dans, les, Psaumes,
dans les Prophètes et dansi Ips deux Testaments est, comme
w^HJfiUf pftflr.l>)BteiP«>.jt«f*ST^plufl.(}|ie i^p^iJ^Ujqjpp^fiinu^ranUrr.
minçiDt ce chapitre^ tant il est vrai q^*,oa|i toujours raison d^avoir tort
avec dé''l^Is'fesprîti^.:. fïous devons cette! cîtàUôH â M: l'abbé îîbnliêr,
cbàtbUL&'hûnofai^e. dai iMbniâ j epil> iiwé|rd.eni iS€û idfbf ccâlèalyi Bttide»
sur ce sujet dans la /?evutf mensueile de musique sacrée (n<» de janvier,
p. 23).
.(8>.VQil?,d^.b<tU«3,^t>G«^oiliiautq*4i^$çftaUj(Hi*,8w.iJ^.8uift^ 4u^ vaie
siiitQ de j^émoires insérés au B^kkiiJi morm^tmM^ UMï P' 692» «^
XVIll, p. 392 et 407.
r
LA MtSIQUE SACRÉE.— SA PROFANATION. 269
on l'a dit avec raison, tin chant divin destiné à chanter
la créature, travaille a sa propre ffloirc, et distrait Un peUpié
^^♦,^^ du but SI elevê qui làchenime vers le saint temple ,
i oHi-aaVsÔTis ses vo*A^^ tiii g:éhf'e'
11UU5 u;»uiiMci^ir(; uu aAimxiu ut; ceiiu pruuu&iuuii, que
lecteiu^*Sa\{iuèîïfcr6rit^,' hpiiÇ osons ïè^érHItc '/lîii tèMii
arec^nbà's li^lècVa/^^d'é'ck ilvf'el'oàlVyù'V^ sVrîibfeferlli
entier
enjuî
de pëiî^j
Nous
ïMilîfeiÀ't' roi,
1 esthétique, du peau^ u iparchç avec la rot polir là renarcr " •'
MSible par un^ pius large expansion de son influencé spi-
nlueue : eli on jôse le séparer de la prière, .pour laquelle est
faite cette enceinte oénie ou fout révèle la présence de
Dieu! Et ce.flevoir.que tout y persuade et y seconde , après
tant aeflToris de larcnitecfe, du peintre, du sculpteur el
I3rm-
■luriuitu-
qnl disparatt du
I chant mal exé-
cuta,
ment le caractère sacre de nos prières publiques, à en faire
méconnaître le sentiment et la dignité , qu a 1 heure ou
nous écrivons , c est Te plus petit nombre des églises où la
supplicailon etlaclion de grâces ne 'se jtrouplent et ncx-
pirenf sous les révoltantes dctQTiations de cimnlres , qui
ment ou hurlent tour a tour ou à la fois, sans mesure ,
sans respect, comme sans intelligence, les magnifiques
payrcdes 4einos- piwa ibelWs hy «inosy les .maj^s^ue^x^epseigne-
fflrtiid de; Wie^i'tif^métite ?!1 esterai, to^utee^^ së^feil parfois'
sous.leç .^ijusipiçeg de La FeiUéç; ,^,^veç. ^s mottets .r^diçiile^
dénataraniite plaiihehant paon des rotdades , et le etaargeant
(1; ¥\E^ la!<ëaVàn«6 r0«ii^'i' âéjà^ cit^e,' ib^^tV^Aàni i<^t>tt^ 4n^-
• 1 1 -
270. -^ )' /• HISma&DUM'KMUSlirJvx' H' /.:
; maid tiDUJOiUrsi inumes \' à^U» F^UJéâ iqui ;; )Squ« pfét«i4e de
ipldint^ciiaat /^Mv'n*^f^itiqttieft|[)iiélu4Qi'<a^ »ni»Umsî goût
• iteibb musique >4héâti!al/^qit>*ii ii-OaâStipa8.si¥tlii0iV'<ït:t|Uine
.isejrviîrai pliiâ ^ivto^jris^éiroosi bien ml^nlà^ faite /éciûre idans
irbifi^oir^i dui wf te^^ni alitftpitra ji^ de^ 1^ décaddato^de laiinu-
.. mquer saciréeu:» r»n. Cioftffiie^iant id/efibi^S) oitt faitaifsemi la
.'. ipiétefdi^S fidÔlq$|l*;k.'.ni''il<Mhii/- î-.dp Jm V-M^ri'- iiKJLf!'
et de eérttJnenii,,ii/M<^](»,\n'i^i\}fa^
»(. «(i^V)tezMVfeiiïranl€iril3/(d*iin'jg|rai)d ^ongiu^iiK^rokrîaafili [toutes
I , . les J)izarrepie» d'une ^ôtei^ceilvelée) fvîsatit'iidojlletitnéiDité
^ .1 au, ;iu- (milieu I d*unei'.M^bliiieC, .uu^aoQoqipagqaon»! du
r . elfWBilrMq^ul Aa\>9e)4t .siy^iaccordori^iOUiibieni «atmdeK cet
. . iMormoryiuj» qui sQ.piie$seà la^ nia^ài^c .dHm . {riano^ r et ri-
. v^lweiayeoiunifeorTibte sapant à,qfli ftii^.iqpltffli<te»hniii,
I . . à. qui ,pQua3^ra Je^ Wiewi . (Je»i i liwx disii^^-damte^^ ^ El k
, pauYf e . |^upl0 , r g^'aed. W^u I qw» td^vi-eff yi f ftu upuilieu d«
• ! ica détestal)}^.diaQ$ v^t q^<^ltel idée piuf pp^t^Ld^tP^m, de
.,' soacuUaiOtdu>QiQlu^êllilK^4lauque|l!lQ^te8lipc^lviWl)j^
foroi^tjanaaiîaspiïîer.? .). m,: l.
Les meMee en Que sera-ce doiic si vous tombez daas( tune^ mfi&e en
musique, et leur • * xr * «i • j • • • «n «•-
physionomie pro- musxque ! Y a-t-il un momdre musicien qui ne veuille avoir
la siçiin^, un 01^:6 qpi s'y Wfu^e/ùnc église de village
même quînç reteiàti^sa.da qiUQlqjiie..<çs3ai de ceigefire^uoe
cathédrale qui ne lui -prête son sanctiiaire, ^es stalles , ses
chaîscs;,.ei ne r<ipudic pai'fol^ ppiw Jlçs. yiolom , les flûtes,
kscors.at les hautbois nos douc^ mélodies^ de & Gré-
goire? A Dieu ne plaise que nous ajoutions .loi. des récrimi-
nations aussi justes qu'inutiles après celles qu'ont prodi-
guées de toutes parts $ i::etjte. mallieureusc mii^icomanie
tant d'écrivains aussi habiles que bien inspirés ; tant de
cp^ciles et d'évOques , et tant de Papes qui , à) partir de
Pie IV, sentirent le besoin de cette réforme qùte Tindul-
gence de ^Iwc^l II et ^ (pqp ,cpiurte. çafri^rc pureat'àjeiae
LA MU$lQUC/dJl€RiÉK/^IiE& MESSES EN MUSIQUE. 274
aéoentâeflf/J. ttato^i4it^tnoini»,''qii'<Hl ninis-dkeien qooi ces
ènrtrc!prî5i)9^d*iiHLrmoUiie' lAtË&4rale'4-iâSMmbtet)it) là prière
€hiiêfimnei;>sifPâ^m)))ée(qtiiiVy<a£»06îi!^^^ ren-
' farte >dd'tolieitefl et idr^airs ihcMM^in^/ viionge^leitm^hiis du
monde à seipëoaeiHir; sii «in'ohttétiéiirBé(riem>'Ci'uvt' jamais
avbii^ satisfàir«à ptèéeptodoitoimQ«6e')ctuand>ila Jo^^^^
' ovL'VMiiÊk de» ùé&i ékmrturës *id\^él*as-, «de* <6e8^ rortiances
langoureuses? et quel symbolisme r^ttgbUi^ '^pbùt surgir
fée''bkê^h!é^v&séAtMl!iàhs 'ftitès .bu>}pr^tit)èfrtaYit il'dmours^
proilrég'^iau-mépi*is du Ofedidonldes sjimboUs véfiéhéd en-
tduk'eftt le^tadâiémaaliD', ^-eV ({u'Ofi ioublie) i isn l faée> riïèi>oe de
f(rtitel<pdur)te6^Càf>ag6i> des 'gtbsi^êisi dti^d ''e^'Xl€ls^tt*om-
llK)ll«9V^ttt)"I^^'S^^^s .ite! clarinette 1 et lèiS'idttOs 'd^'actrices
évéttûééB M tëille>aiï^*b(m'eitts'(ie M OaMè IhJ^Mi^'oIq à la
Bénédibtifin ^âk'poifimt'di .^'^-^'fitiosë^ étmnge v 'd^dWe'urs ,
qti'à! intti épi)(}Ue' ôùilé théâtre eitidôvehii "plus dan^reux
(jne j«(ii4M«/ t^r'^s^iifmm^ltiU^^^désels]^^ de: soit à
' Tê^e'^'bril^ertnbtt^â^ebtrèfdciiii^'dîUis lësifovdes un^ltrait
t6ûîbui*s^pfas daingtôretik' péùrie* séducfSonsilé-^ld hilisique
"prtofattéf Et 'dire qu'ilne ïft^nqtifeVifeh'ft'oeb i^cprtsentations,
ni l'affiche qui attire le public , hî la'^ftww'auîprofit des
I 'il.' t '1 I / '»t' r M (I •> , i- !'♦'••.',!. -M" Il ♦ •• ' '
d'jèviter des récri m in lotions inutiles, les personnalités ne servant de rien
' ' 'dahs Uieân^'e q'Àé iSoUs ^làidonë: cfé ']!)re^ier ^nibrcèaij ësr^^^^ :
. Impiédiatepient iiprè? IcsTi^pres, qui commopceroot k Uqux lxflttrp^l pfécisea, an concert
. , «•, -^<toi<Ç rf'Wia «ano/ft ppar pJUmp et yjolon.-T B»W^
. 3^ JnâUHte '<{' Wne smiâTe; poiÀ- piàUo et violon. — VosOilr. '
*• ÉI49t^à te tnétnofre^f RwW, pow yt^lpn f veç luBcon^pgraema^ d'orr|w^^N***.
^ Qi^ç dire d^ ce concert reiigievx composé c|e l'ouveiîtuiîe d*lpfiigénie,
de ÏA iH^Minre de Koisini, à'andanleeX de wnû^c^poî/rpàinii, et de
272 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Le chut ro- RcDtrons dans le vrai. C'est le chant romain qu'il nous
main exclusive -
ment «coepubie. faut , sûfs dc trouvcr avcc lui la simplicité du cœur chré-
tien, la dignité sans autre prétention que de s'élever jus-
qu'au Ciel , la majesté du style, le respect de Dieu, le calme
de l'innocence et de la pureté, ce je ne sais quoi enfin qui
saisit, attire et retient toutes les âmes dans le lien corn*
mun de la piété fervente et de l'amour des choses d'En-
Haut.
ÉqniToqnee de Mais Ic chaut romaiu , que nous appelons ainsi parce
concerto de violon avec accompagnement d'orguel et où il n'est parlé
une seule fois ni de Dieu^ ni de Jésus-Christ, ni de la Sainte Vierge, ni
d'un Saint?
Voulez-vous une réclame bien conditionnée? Usez ce qu'on a fait, uu
certain dimanche de 1869, dans la cathédrale (!) de S.-M qui n'a
jamais eu de cathédrale... Nous nous permettons de souligner ce qui
nous parait plus remarquable dans ce morceau de littérature :
** D*après ce que nous arons entendu, dimanche, do U messe de M. L. G***, nous
n*hésitons pus à dire que cette œurre est encore, et de beaucoup , snpërieure aux autres
compositions musicales de ce Jeune auteur. La musique est classique, sarante, et Vjtçn^i
Deif très-méthodique, se termine par on ensemble du plus i^nuid et du plus aaiglnast
effet. jVm compUinentt tincèret t „
On continue :
" Les chœurs ont ét^ chantés par TOrphéon et les élères de Técole communale ; les
tollf par K. L***, un amateur, — ex-ténor du théâtre impérial de COpéra-'Comiqtie, —
dont la Toix sonore remplissait la nef de notre belle église paroissiale. — M. L*** a
quitté le théfttre pour la charrue, comme il le dit lui-même. Aujourd'hui, tout «m ctUli-
vont ses propriétés de la J...., U ne cultive pat molM , et arec succès , le bel orfane
dont il est doué.
n L'exécution , tant roeale qu'instrumentale , a été fbrt bonne ; pourtant , de l'aTeu
de tous, quelques répétitions de plus u'etueent rien gâté.,.; au eon/rolre.
« An nombre des exécutants , artistes et amateurs , Tenus à S.-M...... donner A
H. O*** des marques de sympathie et de bonne camaraderie , nous avons reconnu
KV
„ Pendant Voffiee^ltê fidèles et les dilettantl ont eu teplaltir d'entendre le Prélude de
Bach (Tiolon, orgue et piano), et VMr d'église d'Alettaadro Stmdella, exécuté sur le
Tiolon par K. R***. Faire l'éloge de cet artiste serait l'amoindrir. C'est tonJours ce Jeu
large et magistral qui nous émeut, c'est toujours l'élèTC de Léonard tenant l'auditoire
tout la puittanee de ton archet.
y, Annoncée pour huit heures du matin, cette fête musicale n'a pu aToir lien qa'A la
grand'messe, oh depuit bien longtempt on n'arait tu une telle affiuente de personnes,
tant de la Tille que de la campagne.
n A quand l'exécution entière de la messe de H. L. Q*** r Vous le dirons. ^
Qu'ajouter à tout cela sur les magnificences du culte et la pieuse
réussite de cette messe dans laquelle q(jLelqu,ei répétitions n'eussent
rien gâté, au contraire? Et pendant ce concert que faisait le prêtre^
obligé d'attendre à l'autel que ces messieurs se fussent fait suffisam-
ment admirer?
LA MlSIQtIBiMaAÉl.rr-IiB H^AIH^HANT. 273.
qiilili dûtl i^ra lodwi dsiSl )Gilégai)^e » .n'est' .(^aa tedcûm v) iMks •<»« c^teoce «c
Ta^oriis TiB V ce iqiiffl>{i€)iil iFadeivclnic 4'af»è& IJét^^
des^TioaiC'Imainiscrijip.'iAi plaB< l9rte)oadson.rcfilsû]i6n£liu)ua '
C8i > iiKttshl aax; < botnposîlionsl dé / Duiiioàil'^ i laujoiirdlhiiîi jêoi •
vogue j I et qui ^ipeue ¥do^ bca^rioaon ixlie4t\i.qiiûtlefl>eKd€ln'H.
tricîtés dBitofiis^BsiLftikillôe^da iiioildfi^ nleii sonft pas>mf)lmB.
uiL w^hisif^hiuit' ' àpiNtroÛBib tif iitôpÎQé ^1) ) H j In^
idée de certains architectes cherchant, sans le trouwti
îmaif^l-mk, noiaHfafi> gtme ^'^difteoiiqoî fmUo fiHiaUX/à ,t
l'église que le gothique et le roman. Toutes ces entreprises
iinpiTescriptiblesî dis nia Btuisique;giiégomeiDtie,<!atdeflieB8aiâ!
qui ^ réussissant toujours près des esprits médidcfés", tie'
peuyent. .qu# nuire beauc(^ip Àja:i!éaurre(^ion,aQ la véri-
tabie tUTlsiqnc cfhréUènweu Attsei vo^fons^néus les effets de »« nrfthode dv-
ces infidehtes faites aux grands tnailres qui nous 1 avaient «e son aymbo-
donnée /: il s'an faut que le plaih^cliant soit traité avec W
égards que mérite sa. pieuse origine ^ et qu^on lui. ait
même gardé ses caractères authentiques et spéciaux. Qui
nous, persuadera que nos pères l'aient pu prendre sur le
ton beaucoup trop ^éleyé ' (|u'ôn m\ donne 'aujourd'hui ?
Ô^e signiûent ces éditions si diverses ^da Rennes et de
Reims , qui àppareminént ne sont ' ainsi nomméds ^quà
paire îqiie les* ^dactewrs de; tes ^d^«, diocèses diffé^^^^
de ¥iie sur^Ja naUire aclu^o ou. sur îariubéthode ex^utante
d*un chant dont on discute les éléments ou les effëtsîDe ces
Târiftntes ta yfaîe mélodie ne résulte pas pltis gue t'unfté^
et d'un diocèse à l'autre on peut trouver une différence
dans le chant qui ne déroute pas moins l«s étrangers ^ue
ceUè' imposée 4u Krévîajrè . pac î(js. npmbréuses ;iête5 yen-
voyées, et celles jplus nombreuses encore dés Saints locaux
des Propres diocésains! Û'est là, quant au chant dont nous
parlons. seulici^, .ua>^gr^ve:iinponvéuieiit,..pui^uUl obliger
eertaftoés' veîi Tnoiiis hauteîs ]|)arilelir lïattfre * se taire
pendant Iles 6/fices , où la règle est de chanter toujours
T. IT. 18
qui est surtout
dans Tappllcation
Juste des diffé-
rents tons.
En quoi la litur-
gie romaine pèoha
sur o« point.
274 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
OU à n'y faire sa partie que dans un déchani ou second*
dessus, qui n'est trop souvent qu'une impardonnable caco
phonie.
Rien n'est d'ailleurs plus opposé aux règles symbolis-
tiques et, par conséquent, à une exécution convenable, que
d'imposer toujours à la voix un degré d'élévation qui , fort
peu agréable en soi , a Fimmense tort d'établir un même
ton pour tous les timbres et , qui plus est , pour toutes les
paroles et tous les sentiments qu'elles doivent revêtir. Ce
sentiment ne peut être le même dans le De pfofundis et le
Victimx paschali , dans le Gloria in excelsis et le Credo j dans
le Magnificat et le Regina cœli. Nous avons la preuve de
cette observation dans beaucoup de morceaux où le poète ,
passant souvent et tout à coup du sentiment de la prière
humble et mélancolique à celui de l'espérance et de la joie,
approprie des tons différents aux pensées qu'il exprime, et
par là ne manque pas de les rendre plus expressives : telles
sont les belles proses du Saint-Sacrement : Lauda , Sion ,
Salvatorem ; celle de la Pentecôte : Veni , Sancte Spiritus ;
l'hymne si émouvante Ave^ maris Stella ; les charmantes
antiennes Salve^ Regina, — Ave^ Reginà cœlorum, et d'autres
semblables où les mouvements du chant correspondent par-
faitement à ceux de l'âme , et contrastent si bien avec une
foule de banalités dont nos antiphonaires actuels ne sont
pas assez exempts. Et remarquons encore, à cette occasion,
que cette touchante et irréprochable convenance du chant
et des paroles est un indice certain d'antiquité. C'est une
incontestable provenance des meilleurs temps de notre
art religieux , et presque toujours une preuve que l'au-
teur de l'hymne a travaillé la musique dont elle s'em-
belUt.
Au contraire , soyez certain d'une nouveauté relative
quant à ces compositions maniérées qui sentent rembarras
du compositeur, et n'ont jamais ni l'accent de Fenthou^
siasme lyrique , ni la limpidité paisible d*ime prière qui va
LA MUSIQUE 8ACRÉE.— LE PLAIIV-CHANT. 275
droit à son but. Cette faute, il est vrai , est bien plus impu-
table à la liturgie romaine, telle que l'ont faite de nombreux
remaniements plus ou moins anciens, qu'à ceux qui ont dû
en faire la note. Les interminables longueurs du texte y Lon8n>«w d«*
- ■ . , . , _ BMarée Imposée
forcent trop souvent 1 antiphoniste à traîner sa pbrase mu- AM^phruM ma-
sicale et à n'arriver à la fin qu'après une lourde et pénible
marche pendant laquelle on sent trop qu'il faudrait plus
d'une fois s'arrêter. Que de longueurs dans une foule de
répons qui dépassent de beaucoup retendue des leçons
qu'ils doivent résumer! Combien d'antiennes et de graduels
à refaire, dont le chant violenté, monotone ou criard, est en
contradiction avec l'esprit de la solennité; et , pour ne citer
que deux exemples trop fréquents de cette pauvre méthode,
quoi de plus fatigant , de plus difficile et de plus embrouillé
que cette antienne : Sancta Maria ^ succurre miserit^ qui
revient si souvent et ne devrait qu'en valoir mieux ? Quoi
de plus discordant enfin que l'antienne 0 quam suavis est
des premières vêpres du Saint-Sacrement , qui n'est certai-
nement pas de S. Thomas, non plus que celle des secondes
vêpres, O sacrum convivium ? Certainement, rien n'est plus
doux que toutes ces paroles ; on découvre même dans le
chant qui les accompagne quelque recherche de cette dou-
ceur, parfois réussie , mais à laquelle se mêlent des élans
forcés vers les extrémités supérieures de la gamme que des
voix d'hommes n'atteindront jamais sans détonner plus ou
moins. I^es malheureuses coupures de ces phrases saccadées,
les dimensions disproportionnées de l'ensemble, hérissaient,
il est vrai, de difficultés la composition d'une telle musi-
que. C'était moins une raison de l'entreprendre qu'un motif
de faire modifier les phrases écrites; et ces morceaux, dont
la piété sentimentale pouvait se traduire en d'autre latin ,
n'eussent pas encombré de leurs fastidieuses reprises soit
les derniers retentissements du Magnificat^ soit les Mémoires
usités aux semi-doubles et aux fériés. Et n'est-ce pas ,
d'ailleurs, oublier par trop l'esprit de l'antique mélodie, au^
276 HI8T01RE DU SYMBOLISME.
tant que du symbolisme lui-même, que d*appliquer ce même
air du Sancta Maria ^ fort triste en lui-même, à des fêtes
d'un esprit si varié, et quelquefois si opposé par le fond
même du sujet? On sait que presque toutes celles de la
Sainte Vierge recourent à un Office qui leur est commun ,
et que, pour le plus grand nombre, c'est toujours ce Saneta
Maria qui termine Jes Vêpres , avec les mêmes paroles et le
même chant {^).
et le même eh«ot Nous aurious douc voulu, avaut la reprise de l'Office ro-
(1) On sait très-bien aujourd'hui que le Bréviaire romain, tel que
nous l'ayons , a été composé à diverses époques , sauf la division du
Psautier et le Commun des Martyrs » qui remontent à ime époque fort
reculée. On aperçoit même très- visiblement, à travers la facture géné-
rale des autres Oftices , les traces de mains très-diverses qui se sont
occupées en leur temps de les composer sans aucun souci d'un plan
commun et d'une méthode arrêtée : de là ce défaut d'unité dans Texé-
cuUon, et qui se remarque surtout en ces multiples variantes des textes
bibliques exprimés tantôt d'après les Septante^ tantôt d'après la ver-
sion italique ouVulgate, quelques-uns même d'après les traductions
antérieures que l'Eglise ne manqua pas d'avoir dès le temps des
Apôtres. A ces variantes les Pères ajoutèrent forcément les leurs quand
ils citèrent souvent de mémoire les Livres saints, qu'ils n'avaient pas
sous les yeux , et surtout lorsque , voulant en expliquer le sens , ils y
i^outèrent des paroles qui modifièrent utilement la phrase biblique,
mais qui n'auraient pas dft se reproduire avec elles dans les citations
introduites plus tard aux livres de TOffice divin. C'est de là que vien-
nent, par exemple, à la belle antienne 0 quant suavis est, composée de
centons scripturaires (voir5ap., xii, i; xvi, 20, 21; — Ps,, Lxvii, il;
— Luc, i, 53), toutes les coupures qui embarrassent la phrase musi-
cale qu'on y a adaptée, et pour lesquelles on voit clairement que le
compositeur cherchait, en regagnant tant de fois le haut de l'échelle
diatonique, à se relever des chutes forcées que lui imposait la multipli-
cité de ses périodes. Cette difficulté eût disparu si l'on s'était contenté
d'une antienne tirée simplement d'un des nombreux discours où Notre-
Seignenr a parlé de l'Eucharistie, comme l'avait fait en 1765 l'Antipho-
naire de Poitiers ; là, en effet, tout en conservant le ton de l'enthousiasme
et de la joie reconnaissante, on est resté dans les limites d'une phrase
musicale aussi simple qu'expressive. Ces comparaisons et beaucoup
d'autres ne devront pas échapper aux habiles ouvriers que le Saint-Siège
chargera de la réforme liturgique partout demandée, et qui serait déjà
une gloire de plus au saint Pontife qui gouverne TÉglise universelle, si
les malheurs de notre époque troublée n'y avaient opposé d'insurmon-
tables obstacles.
LA MUSIQUE SACRÉE.— LE PLAUf-CHANT. 377
main en France, une étude sérieuse des modiflcations qu'il ^ «*•• ?•«>]•• ^*
*■ sens opposéa.
appelle et que nous espérons encore d'une réforme pro-
fonde, et devenue indispensable, au jugement de tous (4).
Cette variété dans l'unité qu'on s'était promise, et qui n'a
compromis l'unité que de plus belle, y eût gagné si l'on
avait su allier, comme c'était certainement l'intention du
glorieux souverain pontife Pie IX , le fond de la liturgie
romaine avec les usages si vénérables des différentes
églises du monde ; si, au lieu de répéter les hymnes di-
(IJ Nous croyons inutile de protester ici du sentiment de profond et
filial respect dont personne n*a jamais douté en nous pour les moindres
décisions de l'Église et de Tinfaillible autorité qui en est l'organe. Nous
fûmes certainement , antérieurement aux vin^t années qui nous sépa-
rent de l'adoption du rit romain^ aujourd'hui consommée en France,
l'an de ceux qui comprirent le plus quelle force la saine théologie, qui
avait besoin d'être refaite chez nous, y trouverait pour un prompt rap-
prochement de notre pays et du Saint-Siège. Nous voyons clairement
déjà qiie ce retour a considérablement servi à étouffer dans le sein du
clergé les derniers germes du gallicanisme. Grâces soient donc rendues
à ce mouvement de conversion qui nous a ramené, avec l'amour du
SaintrSiége mieux compris , tout ce que nous avaient fait perdre les
préjugés d'un trop long aveuglement! Mais malheureusement les chan-
gements d'une telle importance ne se sont faits dans chacun de nos
dtocèites qu'isolément et successivement , et par conséquent sans unité
de vnes. sans aucun travail préliminaire d'ensemble , sans prévision
aucune des graves inconvénients inséparables de toute rénovation,
lorsqu'elle e:»t confiée^ comme celle-ci le fut trop, à des mains inexpé-
rimentées dont tout le monde reconnut bientôt que le ^ële avait dé-
passé l'habileté. Ce n'est pas petite chose de toucher aux usages reli-
gieux de tout un peuple, qui les confond parfois avec la religion même,
et, pour ne pas le déconcerter en pareil cas, il faut consulter et respecter
les traditions locales, toujours vénérables, ne pas toucher à ce que des
siècles ont consacré, et bien s'assurer, avant de rien démolir, qu'on ne
va pas détmire à jamais des coutumes précieuses, des dévotions sécu-
laires, monumentées le plus souvent par des privilèges apostoliques et
la sanction même de quelque Saint. Que de symboles et de détails tout
allégoriques ont péri de la sorte , outre que , par cette méthode déplo-
rable de tout niveler au romain, on s'est réduit à la plus triste unifor-
mité et à l'absence de toute pompe locale ! Si l'on avait pensé et agi de
cette façon autrefois , toutes les églises fussent restées les mêmes de
plan et d'ornemantation ; dans tous les trésors se fussent rouilles les
instruments surannés du culte antique , et le Musimm italicum et le
Voyage de deux Bénédictins devraient se classer parmi les livres à
brûler, sinon à mettre à ïindex.
278 HISTOIRE BU SmBOUSME.
verses de la môme fête smr le même air, et même d'atta-
cher cet air à toutes les hymnes des fêtes qui se suivent
pendant toute une octave (4), on eût gardé avec soin ces
beaux airs modernes, et cent fois meilleurs, que modu-
laient si pieusement les voix des prêtres et des fidèles
quand revenaient les anniversaires de TAscension, de la
Pentecôte, de la Présentation et de TAssomption de la
Vierge: Promissa^ tellus^ eoncipe gaudia...; — Vos eanse-
crati Numine milites. . .; — Quam pulcAre gradUur Pilia Prin-
cipisf...; — 0 vos xthereij plaudite^ cives/... (2). — Le sym-
(1) Cette déplorable méUiode , adoptée sans réflexion dans quelques
églises, vient de la coutume suivie autrefois en quelques communautés
d'écrire en un livre spécial les usages du chœur , et ce livre s'appelait
Direciorium chori. Or nous en avons vu un , ancienne propriété d*un
couvent de chartreux, dans lequel l'usage était indiqué d'accommoder
au chant toutes les hymnes de la fête, toutes les hymnes de même
mesure qui surviendraient pendant l'octave de cette fête, à quelque
Saint que se rapportât l'Office de chaque jour : de sorte qu'en suivant
ce principe on prétait la même notation aux Offices , si différents par
leur objet, d'un Apôtre, d'un Martyr, d'un Confesseur ou d'une
Vierge.
Si cette pauvre invention venait d'un temps quelconque où le sym-
bolisme du chant avait pu être oublié , ce n'était pas une raison,
semble-t-il, d'en faire une loi à une époque où tout doit être motivé,
dans le culte, d'après la science ecclésiastique, et surtout quand l'Église
ne le commande pas plus qu'elle ne l'a jamais exigé.
(2) Nous savons bien qu'on a reproché à ces hymnes d'être de Santeuil,
et qu'on a fait de cette origine un titre de réprobation. Mais quand
bien même les reproches de mondanité exprimés sans assez de ména-
gements contre Santeuil ne s'effaceraient pas devant sa mort chré-
tienne et devant son esprit de pénitence, qui alors même ne lui reprocha
rien contre les mœurs de sa vie; quand bien même on ne devrait pas
sa belle poésie si vive, si élevée et si magnifique d'expression aux soUi-
citations de Bossuet, que le poète écouta d'un cœur docile et religieux ,
nous demanderions , avant de répudier cette versification si pure, ce
pieux enthousiasme joint à tant d'énergie et de douceur, nous deman-
derions qu'on effaçât de toute la tradition tbéologique les innombrables
citations qu'on y a faites d'Origène et de TertuUien, qui ont eu beau-
coup d'erreurs condamnées par l'Église , et qu'en maintes occasions
cependant on cite encore soit dans la chaire, soit dans les traités reli-
gieux, comme deux autorités recommandablcs. Pourquoi oublier que
dans le champ de l'Église les moissonneurs ne brûlent pas le bon grain
avec l'ivraie? — 11 n'y a rien dans Santeuil de contraire à la foi. Pour-
r
LA MUSIQUE $hCRtE. — LE PUiK-CHAMT. 279
boUsme n'est-il pas sensible dans cette sainte joie» dans ces
élans du cœur qui ressemblent & un triomphe populaire,
et autant par les paroles que par le chaut ? Gomparez-Ie
avec VHumanx salutis Sator^ aussi triste de poésie chré-
tienne que de conceptions musicales, et dont l'air nous
revient d'ailleurs maintes fois adapté h d'autres paroles ,
et dites franchement lesquelles de ces compositions se
prêtent mieux aux besoins de la prière et aux diverses
influences que doivent prendre sur elle ces grands et
précieux souvenirs de notre histoire et de notre reli-
gion (4).
On le voit, il y a connexité morale, et comme un lien B6ie do rorgue,
spirituel, entre la prière chrétienne et le chant qui l'accom- o\>\\gé,
quoi lui refuBeraiton le béoéftce de sa pénitence , en éloignant des
cœurs fidèles l'expression des sentiments chrétiens qu'il a si bien jsentis
et traduits pour eux si merveilleusement t
(1) Nous concevons peu comment TinteUigence inconnue qni adapta
en an temps donné, et sans doute très-anciennement'^ h l'hymne de
Noël et à celle de TAscension^ des notations dont l'une n'est évidem-
ment qu'une légère variante de l'autre, a pu se méprendre sur le ca-
ractère de cet air, qu'on applique aussi sans plus de difficulté, à
l'hymne de S. Michel efrà plusieurs autres : comme si les joies de ces
solennités pouvaient revêtir la mélancolie pleine de componction qui
rèf^oe dans toute cette facture ! Ce •caractère même avait fait choisir le
même thème dans nos bréviaires français du dernier siècle pour
l'hymne de Complies du dimanche, à laquelle il convenait merveilleu-
sement; car^ les belles paroles du Graies, peracto jam die, exprimant
le repentir des fautes de la journée, la componction que leur souvenir
inspirait, la crainte de la nuit étemelle, et enfin les douces espérances
delà patrie qui n'aura pas d'ennemi, rien n'allait mieux à cette tou-
chante prière du soir que ces accents par lesquels s'exprimaient si bien
ces humbles et suppliantes pensées! — Ajoutons que ce dernier Office
de la journée, ces Complies pour lesquelles on ne peut même pas re-
vendiquer le mérite d'une antiquité séduisante, puisque, si nous les
trouvons dans la règle de S. Benoit comme devant compléter chaque
8oir roffice du jour^ elles ne remontent pas au delà du quinzième siècle
comme partie essentielle du bréviaire séculier; ces Complies, disons-
nous, avaient aussi dans notre liturgie nationale une hymne différente
poor les fêtes principales, et toujours le chant s'y prêtait admirable-
ment à l'esprit de leur pieuse et charmante poésie. Qu'on se rappelle
le Virgo Dei geniirix des fêtes de la Vierge , le Jesu redemptor usculi
du temps pascal, Vlllmninator Spiritus de la Pentecôte, VOquam slu-
280 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
pagne. L'orgue peut et doit, selon nous, y prendre sa part :
non cet orgue aux fugues échevelées dont les improvi-
sations vagabondes et orgueilleuses déroutent noire piélé
attentive des choses divines et ramènent vers la terre une
nature qui doit tendre à s'en séparer, mais ce noble et par
instrument qui aime soit à soupirer à son tour les élans des
hymnes et des psaumes, soit à seconder la voix sans ef&cer
une seule des syllabes sacrées, qui aide la piété sans la com-
promettre, n'aspire jamais qu'au second rang dans ses
fonctions encore si belles par elles-mêmes, et qui, dans ses
accompagnements ou ses improvisations, est toujours un
charme de plus pour l'âme recueillie, jamais une séduction
et un danger... Lui aussi, il a ses lois qu'il doit suivre, ses
règles qu'il doit aimer; il a son harmonie propre, vraiment
religieuise, éminemment empreinte de noblesse et de ma-
jesté comme de mélancolie et de douceur; il ne doit pas
les sacrifier à des prestiges, à des combinaisons profanes qui
dénaturent le genre de talent qu'il faut à l'Église ; il doit
éviter les dissonances autres que les notes de passage, fuir
les répétitions oiseuses et affectées d'accords semblables,
les retours de la tonique à la quinte, et réciproquement. Il
ne joue pas, il chante avec les masses ; il se recueille avec
eUes ; comme elles, il est en présence de l'Éternel; et quand
il a cessé de retentir sous les voûtes du saint édifice, il faut
que ces inarches fidèles emportent encore le pieux écho de
ses accents qui les captivaient au pied de l'autel.
Néo«jjt6 d'un N'est-ce pas ainsi que se conserve le symbolisme mu-
retour oraoiel aux • i « rk •
principe. e.twti- sical? Par là, ne reste- t-il pas dans les limites de la sagesse
quns du ohimt re- . . ■ o
li^ieux , artistique, et, dans sa grandiose simpUcité, ne garde-t-il pas
l'esprit de l'Église avec sa sainte et sublime vocation?
Puisse-t-on le comprendre : tout chrétien qui marche
sérieusement dans sa voie a droit aux éléments nécessaires
pendas induit du Saint-Sacrement : quelle autre source de beauléi
musicales ouvrirait-on mieux à TÉgUse, et, quand on les a chaolées
avec amour, ne serait-il pas permis de prier Dieu qu'il noui les rende !
LA HtSIQUE SACRÉE.— ABCS A RÉFORMER. 28^
de sa vie spirituelle. Le plus essentiel lui manque si on lui
fait une prière avec laquelle il s'ennuie ou ne prie pas. Et
c'est à ce but qu'on arrive , en dénaturant le chant , en
le privant de son caractère hiératique, en le remplaçant, à
plus forte raison, par des réunions musicales dont le scan-
dale toujours croissant n'attire qu'une foule qui ne croit
pas. Redisons-le : ce mal est trop profond pour qu'on ne
fouille pas jusqu'à ses racines. Des voix autorisées se sont
élevées depuis trois siècles contre ces spécieuses dévotions
empreintes de tant d'inconvenances païennes. C'est pour
n'avoir voulu que des demi-mesures, bientôt oubliées, que
le mal s'est perpétué en s'étendant. L'indispensable moyen ei^pouri'opdrer.
ne Touloir daiu
de ramener dans cet ordre de choses , avec sa dignité i égiise que ror-
perdue, le sentiment du beau et du bon, ce ncst pas, chant.
comme on Ta fait sans succès depuis Marcel II et Pales-
trina, de ne vouloir qu'une « musique convenable ; » — de
« défendre aux voix de femmes l'enceinte de l'église chré-
tienne; » — d'empêcher « les organistes d'improviser des
ariettes ou des andante. » — Il est facile , nous l'avons vu
mille fois, d'éluder ces prescriptions aussi insuffisantes
que sages ; on s'y soumet quelque temps, et bientôt après
elles s'oublient, et le mal revient avec le cortège vicieux
du cuivre et de l'archet, avec toutes les indécences qui
raccompagnent. Allons donc plus loin, et, mieux encore,
interdisons partout et pour toujours dans nos églises tout
ce qui n'a pour but que d'y « attirer du monde, » un monde
profane et dont elles peuvent bien se passer ; chassons-en
tout ce qui n'est pas le plain-chant, tout ce qui n'est pas
l'orgue d'accompagnement ou d'harmonie. Dès lors, plus
de prétexte aux profanations ; ou, du moins, s'il en reste
une encore , si TÉglise appauvrie doit se résigner long-
temps à des voix gagées , trop souvent aussi ignorantes
que grossières, appelons de nos vœux, nous tous qui l'ai-
mons comme une mère, qui la vénérons comme l'Époff&c
de Jésus-Christ , appelons le jour où , assez riches pour
282
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
payer sa gloire, elle pourra n'inviter à chanter les belles
paroles de TÉcriture et des Pères que des prêtres capables
de les comprendre et de les respecter (4 ) !
(1) Certains musiciens, pratiquant par goût ou par profession un art
que nous aimons beaucoup et que nous sentons vivement, élèveront
sans doute contre nous, s'ils daignent lire ces quelques lignes, des cla-
meurs de haro que déjà, en cas semblables et en quelques autres, noua
avons entendues plus d'une fois sans nous en troubler. Rien ne nous a
jamais paru plus honorable et plus digne de nous que de proclamer
des vérités utiles à l'Église, à la suite d'une foule de prélats dont les
mandements bien connus n'exprimaient pas d'autres idées, et les dévs*
loppaient plus largement que nous ne le pouvons ici. Seulement noai
avons le même cœur et le même zèle sans avoir la même autorité. Mais
c'est déjà beaucoup que de les suivre , et cette doctrine, d'ailleurs, n'a
pas besoin d'autre appui que les raisons dont elles'étaie par ellenoiéffle.
Que si l'on nous trouvait trop rac/tcal, comme on dit en slyU moderne,
il faudrait au moins nous indiquer un autre remède plus efficace et
nous prouver d'avance qu'on doit infailliblement compter sar]m.«-&i
un mot, nous honorons le beau talent musical des grands mattMs ;
nous y prêtons une oreille avide, attentive ; il nous charme autant que
quoi que ce soit des belles jouissances de l'intelligence et du cœur.
Mais dans le Sanctuaire, quand nous ne devons que prier, nous ne
soiiiTrons rien qui nous distraie: nous n'acceptons d'autre concert que
celui de l'àme avec Dieu. Arrière tout ce qui peut troubler cette salnle
union !
CHAPITKE XXI.
L'OBFÉYBEBIC 8AGBÉE.
C'est une remarquable ingratitude aux artistes du monde Que rart doit
que ce dédain calculé dont ils frappent en si grand nombre ce qaMli 4t7 ^"
les traditions artistiques du catholicisme, comme s'ils ne
devaient pas à la religion toute leur vie et tous leurs suc-
cès ! Sans elle que feraient-ils, et vers quel côté de Tart se
peuY^nt-ils tourner où ils n'aperçoivent pas la main de
Dieu leur indiquant la voie, leur en marquant les étapes
fructueuses, et les menant, s'ils en sont dignes, sinon tous
à la réputation et à la fortune, du moins à une vie honnête
et honorée ?
Nous arrivons à un sujet qui n'est pas moins que tant
d'autres la preuve de cette vérité. L'art qui avait construit
des égUses , sculpté ou modelé des bustes , des statues ou
des bas-reliefs , couvert le cuivre , le bois ou la toile des
faits illustres de nos aïeux , avait une carrière nouvelle
à parcourir où son triomphe ne fût pas moindre que dans
les autres. Au temple il fallait des autels, au sacrifice des
vases sacrés, au culte tout entier des instruments qui ne
pouvaient être ni trop riches ni trop beaux pour la fin
qu'on y voulait atteindre. C'est ainsi que ce qui n'avait été
jusque-là qu'une habileté de main, privée le plus souvent
de philosophie et se traînant sans invention dans les vieilles
données d'une élégance banale , devint une nouvelle
expression toute vive du symbolisme de la foi. Ce n'est pas méniedaosie pa-
que les anciens n'eussent bien aussi on or, en argent et en *^*^*"®*'
284 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
cuivre, leurs jolies ciselures ou des pièces de fer fondues à
Tinstar des autres métaux, et reproduisant avec plus ou
moins de succès des feuillages et des animaux, des combats
et des chasses, des armes, des masques et des ornements de
caprice. Leur luxe comportait fort bien ces essais, qu'aucun
genre de travail soutenu, aucune popularité ne pouvaient
quoiqu'il y fût orner de nos délicatesses plus récentes. Mais à travers des
moins riche de *■
•jmbou«iiie et de pamrcs très-divcrscs de mérite et d'exécution, c'est à pemc
«enUment. .
SI quelques scènes de la Fable apparaissaient, si quelque
personnage historique y mêlait à des rinceaux peu étudiés
les traits mal rendus de sa ressemblance équivoque. Le
symbolisme n'y était pour rien , l'esthétique y manquait
absolument ; tout au plus la numismatique, traitée d'abord
par les orfèvres, avait-elle, comme marques particulières
des villes ou des monétaires qui l'avaient produite, des
symboles dont nous avons parlé (^), et qui se réduisaient
toujours à un très-petit nombre. S'il fallait faire une excep-
tion à l'égard des patères et autres instruments employés
dans les libations ou les sacrifices, comme on en voit dans
Montfaucon f2), ce serait encore à de rares exemples qu'il
faudrait se oorner, la plupart des représentations usitées
en pareil cas étant plutôt celles de combats, de jeux publics
et d'autres scènes que l'arbitraire de l'artiste semble avoir
inspirés beaucoup plus qu'un sentiment religieux.
aè^ttnùtv^'. ^ "'^" pouvait être ainsi de l'orfèvrerie catholique- Par
pritderÉguse; sa uaturc seule, par ses rapports directs avec les dogmes
dont elle devait aider la manifestation, elle avait dans Ten-
semble de notre économie religieuse un rôle que lui traçait
Tesprit de l'Église : elle devait porter l'empreinte de ses
pensées et de son enseignement comme on l'avait mise
dans le monument, dans son ornementation artistique. En
un mot, on put reconnaître qu'après avoir donné un carac-
(1) Cf. ci-des3U3, t. I, ch. x, p. 263.
(2) Vofr Antiquilé expliquée, t. l\ , pi. lx et suiv.
l'orfèvrerie sacrée. 285
tèrc symbolique au temple et à ses diverses parties , au:c
baptistères et aux autels, on ne pouvait en priver tant d'au-
tres objets destinés aux plus sublimes usages et aux plus
augustes cérémonies de la religion.
Ce chapitre va grouper sur ce point d'une si haute im-
portance les principales observations qui se rattachent à
cette partie très-intéressante de l'art chrétien.
Entendons-nous cependant , et qu'il soit bien convenu •"• comprend
. touales métaux,
que nous ne comprendrons pas uniquement sous le titre précieux ou
nou.
^'orfèvrerie l'art de traiter les matières d'or et d'argent qui
s'emploient ordinairement aux vases sacrés ; ce terme a
toujours eu dans son acception liturgique un sens plus
étendu qu'il lui faut garder. Le cuivre , le fer , la fonte
même nous intéressent également, puisqu'ils vivent pour
nous sous le nom générique employé ici. En un mot, tous
les métaux pouvant servir au service divin, tous les riclies
moyens de décoration qu'on y adapte, toutes les substances
de valeur dont on les peut embellir, comme les pierres pré-
cieuses et l'émail, l'ivoire, les mosaïques môme, et jusqu'au
cuir repoussé, revêtu d'or et de perles, rentrent dans notre
domaine et se rangeront à leur tour dans les choses dont
nous allons raisonner.
Et tout d'abord, recherchons les phases de cette histoire PbasM diverses
Il • • j 1. A • 1 . de son histoire;
et la marche progressive de 1 art qui nous occupe, depuis
les premiers siècles chrétiens jusqu'à l'époque où le symbo-
lisme expira. Des travaux sérieux, et des plus remarquables,
ont signalé sur ce point des noms justement honorés de
notre temps. Nous les suivrons sans crainte de nous égarer,
et nos lecteurs partageront cette juste confiance en voyant
au bas de nos pages, comme par le passé, des noms qui
font autorité dans la science et dont plus d'une fois nous
suivrons les traces honorées.
D ne faut guère compter, en fait d'orfèvrerie chrétienne, et d»abord, à peu
sur des renseignements qui remontent au delà du qua- S!f troî^wm*"'
trième siècle. Ce n'est point aux catacombes que se décou- ***^'** '
ers
286 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
vrent jamais des objets d'or ou d'argent : le symbolisme s*y
bornait aux reliefs de quelques modestes lampes en terre,
au chrisme et aux palmes imprimés sur les fioles ou autres
vases, en verre ou en bois qui avaient reçu le sang des mar-
tyrs (4). Les calices mômes étaient de ces matières com-
munes, plus ou moins décorées des symboles élémentaires,
tels que la croix et le poisson. Mais un instinct inséparable
de la conscience chrétienne persuada toujours que la plus
précieuse de toutes les choses du monde, le Pain et le Vin
eucharistiques, devait reposer en de plus dignes récep-
tacles; et, si Tertullien (de 460 à 245), signalant l'image da
Bon Pasteur sur les calices, parlait certainement de vases
de verre comme on en usait de son temps pour les usages
communs de la vie ; si S. Jérôme, mort en 420, se servait,
par amour de la pauvreté, d'un calice de terre fine orné de
moulures élégantes (2) ; si ce même l^re mentionne que
Tévêque de Toulouse, S. Exupère, conservait le Sang pré-
cieux du Sauveur dans un calice de cristal, et son Corps ado-
rable dans une corbeille d'osier (3), il est vrai aussi que,
durant même les persécutions, quand les cimetières sou-
terrains ne pouvaient plus suffire aux fidèles devenus in-
nombrables, les calices d'or et d'argent n'étaient pas rares
et s'employaient déjà pendant les sanglantes fureurs que
Dioclétien exerçait, de 284 à 305, contre l'Église (4).
A plus forte raison cette Église, quand la liberté du coite
SÏÏ»îdeCoMtJr. ^^' élargi son domaine temporel en proportion de son in-
""• fluence, put-elle disposer de richesses qu'elle consacra, après
le soin des pauvres, aux plus urgentes solennités de son culte.
(1) Cf. Aringhi, Rom. subter,, lib. III^ cap. xxii^ et t. Il, p. 372.
(2) Cf. Tertull., De Pudieitia, cap. ii; — BoUand., in Viia S. tiieron.,
30 sept.;— Roma subter., lib. VI, cap. xvm, n» 2; — Baronius , iVa/.
ad Martyrolog., 7 au g.
(3) « Nihil illo ditius qai Corpus Domini in caniairo vimineo, San-
goinem portai in Titro. d (S. Hieron. Epist iv ad Rusiic.)
(4) a Ëxstant ex auro et argento quam plurima omamenta. »
(B. Optât. Milevit. Conira Parmmian., lib. I.)
elle deyient «A-
l'orfèvrerie sacrée. 287
EBe dut aux générosités empressées de Constantin, qu'ins-
pira le zèle du pape S. Syhestrejes magnifiques trésors d'orfè-
vrerie dont ce prince munit les églises de Rome. On s'étonne
enlisant la fidèle et intéressante énumération qu'en a faite
Anastase le Bibliothécaire (1), et ces royales profusions ne
contribuèrent pas peu à donner le goût des belles choses
avec la noble ambition d'en parer les autels. Ce qui s'était Action eoneo-
fait par S. Sylvestre entre les années 344 et 335, qui furent £ sywettol/*'**
celles de son pontificat, éterniserait seul le nom de ce Pon-
tife, évidemment providentiel.Gomme son zèle n'eut pas de
bornes à édifier des églises dans Rome et dans les autres
villes principales de l'Italie , une conséquence de ces vastes
et splendides constructions fut de les doter d'un mobilier
non moins remarquable, soit en autels et en baptistères,
soit en vases sacrés, en manuscrits revêtus de reliures
magnifiques et en statues dont la condition essentielle pa-
raissait être qu'ils fussent d'or et d'argent massif, mais que
relevaient encore, outre leur poids réel et toujours considé-
rable , les perles , les gemmes , et tout ce que l'art avait de
formes les plus somptueuses et les plus avenantes. Ainsi
succédaient à des oratoires obscurs , et cachés autant que
possible, des basiliques destinées à devenir l'admiration du
monde et les modèles de tant d'autres ; ainsi les ustensiles,
aussi fragiles que pauvres , du sacrifice et de la prière, se
virent partout remplacés par des calices et des patènes assez
vastes pour distribuer le Sang Divin à tout un peuple, assez
précieux, quant à la matière et au travail, pour exciter au-
jourd'hui encore les légitimes regrets des lecteurs d'Anas-
tase (2).
Dès ce temps, il est parlé de calices à anses, d'une capa- vmm saer^ d^
cité considérable, et destinés à la distribution du précieux
(1) Cf. Liber PoniificaUs, dans le recueil de Maratori Scriplores
rerum Halicarum , au commeucement du troisième Tolume.— Nous
reparlerons bientôt de cet auteur.
(3) Voir Histor. de intU Roman. Poniif. ; S. Sylvester^ n. 34 et seq.
288
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
i«yi nueoM*
0l luriaul par !•
Sang par les diacres dans la Communion sous les deux
Espèces. Un chalumeau, dont chacun usait pour aspirer
quelques gouttes de la liqueur sacrée, accompagnait tou-
joui*s ces somptueuses coupes; on faisait ces chalumeaux de
la m^me matière. D'autres calices non moins grands ne
servaient jamais au saint ministère. On les déposait sur
Vautel pendant le Saint Sacrifice, et ils n'y étaient qu'à titre
d*ornoments symboliques, rappelant sans cesse aux -fidèles
pouniuoi ils venaient et ce qu'ils devaient adorer : ils
étaiiMit comme nos tabernacles anticipés. S. Grégoire de
Tours, Anastase et bien d'autres mentionnent ces usages,
qui ne cessèi*ent que lorsque la multiplicité des commu-
niants, et aussi des accidents qui devenaient d'autant moins
rares , euix>nt déterminé l'Église , au douzième siècle ,
À ne pins donner la Communion que sous l'Espèce du
pain.
Donc l'élan était donné, et les successeurs de Sylvesti'e
s'efforcèrent à l'envi de maintenir cet amour du beau. L'au-
teur que nous suivons l'atteste par beaucoup de preuves.
En vain des périodes malheureuses vinrent, à de nombreuses
reprises , inquiéter la religion, persécuter le Saint-Siège et
miner les églises, objets de tant de soins pieux et d'inestima*
blés prodigalités ; en vain, pendant plus de deux siècles, se
suivent, après l'hypocrite persécution de Julien, les grandes
invasions des Wisigotlis, dévastateiu*s de l'Italie et de Rome :
chaque intervalle de paix ranimait le zèle autant que la foi.
Les Papes ne revenaient des prisons ou de l'exil que pour
réparer les infortunes publiques, relever les ruines de
l'Église et reconstituer ses trésors. Ces vicissitudes du-
rèrent jusqu'à ce que, Théodoric devenu, en 498, maître pai-
sible de ritalie, et secondant le pape Symmaque dans ses
projets de restauration et d'embellissement, celui-ci reprit
avec ardeur l'œuvre si chère à tous. Pendant un difficile
pontificat de seize laborieuses années, il donna en pièces
d*orfévrcrio de toutes sortes une valeur de -130 livres d'or
l'orfèvrerie sacrée. — LES GAULES. 289
et de 4,700 livres d'argent aux églises de Rome et d'autres
cités (4).
Ceci se passait, on le voit, à la fin du cinquième siècle et L'orféTrerfedaM
durant les quatorze premières années du sixième. Gepen- ttenn*;
dant les trois siècles précédents, si agités qu'ils fussent,
n'étaient pas restés étrangers aux progrès de Fart, que sup*
posent encore une foule d*objets dont nous avons gardé les
fragments ou la description ; et Constantin, que tant d'ar-
tistes avaient suivi à Byzanee , en avait laissé à Rome qui
surent y perpétuer les bonnes traditions. C'est de là qu'elles
passèrent dans les Gaules, où les Francs venaient de s'im-
planter. Dans ce beau pays, les successeurs de Clovis favori-
sèrent la civilisation clirétienne, avec elle Fart religieux qui
n'avait guère alors d'autre expression remarquable que
l'orfèvrerie ; et celle-ci, travaillée d'abord par des mains
assez barbares, entra rapidement dans une voie de progrès
dont nous avons de rares mais précieux témoignages. Les
historiens plus anciens et plus authentiques nous gardent
le souvenir de ce beau vase d'or du poids de dix livres que
Clovis donna, en souvenir de son baptême (en 496)^ à S. Remy ,
qui le légua bientôt à l'Église de Reims pour qu'on en fit
un calice et une tour ornés de figures. Là , le symbolisme aiia » anni Mn
ne manquait pas, non plus que sur un autre vase destmé
au même usage et qui, cent ans plus tard, était façonné par
S. Éloi pour la reine S^* Bathilde. Les oiseaux, les dragons,
des serpents, des fleurs variées, des animaux de tout carac-
tère y parlaient le mystique langage que l'Église aima tou-
jours à leur prêter (2).
(i) Voir Séroax d'Agincoart^ Histoire de Cari par Us monuments ,
t. I, p. 99 et 8uiY., in-f^, Paris, 1810«1823.— Ce magnifique recueil,
auquel l'auteur ne put donner la dernière main , renferme une foule
de documents relatifs an sujet que nous traitons dans ce chapitre. On
peut recourir aussi très-utilement à son Recueil de fragments ae sculp-
ture antique en terre cuite, publié en 1814, in-4«. Il y parle et donna
des spécimens intéressants des calices en verre des premiers siècles,
dont les lambeaux avaient été découverts et étudiés par lui surtout en
Italie.
(2) Voir rabbé Texier, Dictionn, d^orfév., col. 300 et suiv., in-4»,
Migie, 1856.
T. IV. 19
290 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
A part ces charmants et regrettables bijoux qae nous
n'avons plus , d'autres joyaux plus anciens et non moins
authentiques font encore le plus cher ornement de nos
musées de numismatique, car ils sont pour la plupart des
monnaies d'or et d'argent revêtues de quelques signes sym-
boliques, dont le principal est toujours la croix. Mais l'or-
fèvrerie sacrée ne manqua pas de chefs-d'œuvre plus im-
portants. On connaît un anneau d'or coulé et ciselé, vers 550,
pour S*' Radégonde de Poitiers, et dont le cercle, affectant
la forme de deux chrysalides, symbole d'immortalité, aboutit
à un chaton orné du monogramme de l'auguste épouse de
Clotaire (i). Dans ce même temps , S. Grégoire de Tours,
ami de la sainte reine , remplissait les pages de ses his-
toires des plus intéressantes descriptions du riche mobi-
lier de nos églises mérovingiennes. C'est lui qui nous parle
de la basilique dorée de Cologne, ainsi nommée de ses belles
mosaïques d'or ; des calices à anses servant au saint mi-
nistère, de ces tours en sculptures dorées ou toutes d'or
ifabnimu. - pour la saiutc Réserve (2) . Longtemps avant lui un orfèvre,
cinquième dècie. dout Ic uom (Maoutnus) scmble le premier connu parmi les
artistes que revendique la France, avait fabriqué pour
révêque S. Perpetuus, c'est-à-dire de 464 à 494, un reli-
quaire , deux calices et une croix , le tout en or, que le
prélat légua par testament à son Église. Dans ce même acte,
il dispose aussi de calices et de burettes d'argent, d'une
couronne de lumière, d'une colombe d'argent destinée à
la sainte Eucharistie ; il y avait môme un manuscrit de S. Hi-
laire de Poitiers, dont sans doute le texte ne manquait ni
de lettres d'or ni de miniatures : sa reliure métallique s'en-
richissait de pierreries. C'était là un autre trésor que le
temps nous a ravi comme tous les autres, mais qui consta-
(1) Nous avons décrit ce peUt monument dans la Revue de Vart
chrétien, t. VUI, p. 252 et 420.
(2) De Gloria Mariyrum, cap. lxxii; Vita 5. AricUi abbatis , inter
opp.^ éd. Migne; coU 1143.— Afiracu2ortim lib. I^ cap. lxzxVi.
!•
l'orfévreri£ sacrée.-— limoges. 2t^4
tait une sorte d'orfèvrerie de la plume et du pinceau non
moins précieuse que celle du creuset , du marteau et du
burin (4).
Le Christianisme ayant apparu dans la France occiden- ^és ateiien d«
** ' Limoges et leur
taie, et en particulier à Limoges, comme ce n'est plus dou- époque Téritâbio^
teux, dès le premier siècle de la conquête romaine , cette
ville aura-t-elle eu des premières quelques artistes qui se
soient occupés des choses du culte? Rien ne l'affirme; et,
d'ailleurs, nous n'avons pas à croire que les calices de
métal précieux, les autels portatifs autres que de bois ou de
pierre aient pu dès lors s'élaborer aisément au milieu des
avanies ou des suspicions jalouses dont la nouvelle foi était
l'objet. Les recherches si judicieuses du regrettable abbé
Texier, dont la science s'est vue privée en 4839 , n'ont pu
découvrir aucune trace de cet art dans le Limousin avant
l'époque de S. Éloi (2), c'est-à-dire au septième siècle. Plus
hardi,M.Dussieux croit pouvoir penser que, sous l'Empire
même, Limoges élaitdéjà un centre d'orfèvrerie qu'on n'aura
pas manqué d'y entretenir après l'invasion ; mais ce ne sont
que des conjectures que n'appuie aucune page des monu-
ments historiques (3) ; et l'auteur est obligé de descendre ,
pour poser les bases de ses recherches^ jusqu'à ce Mabuinus
dont nous parlions tout à l'heure sans pouvoir dire son ori-
gine ni son pays, et de passer brusquement de cet ouvrier
du cinquième siècle jusqu'au saint évêque de Noyon, qui, au
septième, illustra les ateliers du Limousin. C'était donc im
peu tard, que ce beau et ingénieux pays, devenu si riche
(1) D*Âcheii; Spicileg,, t. V, p. 106, in-i», ou encore Append. ad
opp. 5. Gregor. Turon, ubi auprè, col. 1130.— L'abbé Texier, Die-
lionn. d'orfèvrerie, col. 1178.
(2) Voir, pour la nécrologie de M. Texier , Bulletin monumenlal ,
U XXY, p. 575; — puis, de Teatimable autear lui-même, rintéressant
Essai sur les émailleurs et argentiers de Limoges, in-8», p. 42, Poi-
tiers, 1843; — ou Mém, des antiquaires de V Ouest, t. TX, p. 115 et suiv.
(3) Voir Recherches archéologiques sur Vhistoire de l'orfèvrerie au
moyen âge, par M. Louis Dussieux, dans les Annales archéologiques,
U m, p. 211.
ne.
292 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
de tant de ch&sses, de nielles et d'autres objets où Tor et
Témail se disputèrent si longtemps Tadmiration univer-
selle, c'était un peu tard, disons-nous, qu'il s'adonnait à ces
travaux d'études sérieuses autant que de bon goût et de
piété; mais on sut en conscience réparer le temps perdu, et
les (Buvres de Limoges ont éternisé la réputation de l'an-
tique cité et de ses magnifiques produits. C'est de ses fabri-
cants que, durant tout le moyen âge et jusqu'en 4789,
dernière et malheureuse période qui tenait à compter
l'art chrétien parmi ses victimes , vinrent les plus beaux
modèles, sur lesquels tant d'autres ateliers surent se régler
dans la Gaule et à l'étranger.
»^j «j'*«; L'époque mérovingienne montra beaucoup d'habileté, et
ri« méroTinffira- sut appliquer a vcc un grand succès aux ouvrages de métal
les progrès de la ciselure et de la fonte. On le voit par les
charmants objets renfermés en 484 dans le tombeau de
Ghildéric I", les uns d'or, les autres de fer, et tous conser-
vant des traces d'une magnificence royale jusque sous la
rouille que douze siècles avaient imposée à beaucoup
d'entre eux. Rien de plus précieux, au point de vue de l'art
à cette époque si éloignée, que les anneaux, les abeilles, les
iibules et les médailles d'or recueillies dans cette sépul-
ture (4).
Mais, après tout, Ghildéric était païen, et rien n'in-
dique dans les parures de sa mort un symbole quelconque
des idées chrétiennes. Il en fut bien autrement quand la
monarchie franque fut entrée dans le giron de l'Église. La
sainte reine Clotilde ne dut pas être moins généreuse que
l'époux converti par elle, et ses dons prodigués plus d'une
fois aux Églises de Reims, de Paris et de Tours, où était le
(1) Voir Ânastasis Childerici /, Francorum régis , sive Thesaunu
sepulcralis Tomaci Nerviorum effossus , si commentario illustratus
a Joanne-Jacobo Ghiffletio^ Antuerp., in4*^ 1655. — Ghildéric était
mort en 481^ et l*ou¥erture de son tombeau se fit en 1653.->Onae rap-
pelle ce que nous avons dit de celte découverte, à propos des fleurs de
lis, ci-dessus^ U 111, ch* xiii, p. 547 et suiv.
l'orfèvrerie sacrée. — s. ÉLOl. 293
tombeau de S. Martin , leur furent un témoignage de sa
reconnaissante dévotion. Gomment ne pas se persuader
aussi qu'elle aura doté d*une riche orfèvrerie les saints lieux
fondés par elle , comme Téglise de Saint-Picrre-et-Saînt-
Paul, devenue ensuite celle de Sainte-Geneviève de Paris ?
Toutefois nous n'avons aucuns détails historiques sur ce s- itM.
point intéressant, et, pour en recueillir sur Tart qui nous
occupe, il faut arriver à l'époque un peu plus tardive du
saint patron des orfèvres. C'est encore à Limoges que nous
devons nous transporter avec cette mémoire vénérée ; c'est
là que la jeunesse d'Éloi s'occupait à ces travaux devenus
célèbres, illustrait déjà le nom du monétaire Abbon, sous
lequel il s'exerçait aux éléments de son art et mêlait à la
confection des bijoux celle des émaux byzantins, « dont il
fut le plus illustre maître (4). » Le fauteuil qu'il fit pour ^ uni»va da
-z r Da^bort n et fOB
Dagobert II, dans les bonnes grâces duquel son talent alors •ymbouime.
mûri l'avait fait entrer, et qu'on voit au cabinet des anti-
ques de la bibliothèque Richelieu, est réellement de deux
époques et une simple copie de l'original sorti des mêmes
mains. On y distingue en effet la partie inférieure , dont
la composition est toute mérovingienne, et la galerie du
dossier, qu'on a crue avec raison un complément ajouté ,
(1) Texier, Essai sur le* émaux de Limoges , dans le Bullet, tno-
num,, VI, p. 5ù.—Diclionnaire d'orfèvrerie^ col. 31 ,656.— M. de Linas^
dont les études font antorité, a nié , après examen longuement raisonné
dans nne snite d'intéressants articles {Revue de Vart chrétien, \Ul,
et 1X9 560), que le calice donné par la reine S** Batbilde à son abbaye
de Ghelles^ et qu'on y conserva jusqu'en HOO^ fut réellement émaillé^
quoique l'aient cru et écrit d'illustres érudits qui avaient pu le voir de
près. D'après l'habile archéologue artésien^ ces prétendus émaux n'au-
raient été que des incrustations de verres cloisonnés.— On peut lire
les développements de cette question dans les deux Mémoires où les
deux auteurs ont établi leur argument. Cette question traitée ici sor-
tirait de notre plan. Quoiqu'elle éclaire dans M. de Linas, où nous en-
gageons à la lire, de graves questions sur les procédés de l'orfèvrerie
mérovingienne^ M. de Linas^ d'ailleurs^ ne conteste en rien Tauthenti-
cité d'un beau vase, que ses devanciers, et entre autres D. Martenne
et O. Durand, supposent, d'après sa forme et ses dimensions, avoir
servi à la communion sons les deux Espèces.
294 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
au douzième siècle, par ordre de Suger(4). Quoique ce
beau meuble ne semble pas avoir tout d'abord aucun ca-
ractère chrétien, nous ne doutons guère que les deux
fêtes de lion qui en ornent les côtés, et qui peuvent être
un symbole de la majesté royale, ne symbolisent dans ce
cas la pensée du Sauveur , que le saint ouvrier n'aura pas
manqué d'y appliquer (2).
(i) Voir une curieuse Notice de M» Ch. Lenormand sur le fauteuil
de Dagoberty insérée dans les Mélanges d'archéologie des PP. Cahier et
MarUn, t. J, p. 157 et suiv.
(2) Nous osons préférer cette explication à celle de M. Lenormand,
qui ne verrait dans ces têtes de lion ou de panthère, comme U dit, qu'un
symbole de la justice considérée comme une vertu morale essentielle
à la dignité suprême (Notice, ubl suprà, p. 167). Il y a, en effet, ici
toute la distance possible entre les idées d'un prince païen et celles
d'un artiste comme S. Éloi.~En accordant d'ailleurs au docte acadé-
micien ses panthères, qui semblent , il est vrai , caractérisées par les
mouchetures de leur cou , nous serions prêt à rentrer encore dans le
symbolisme chrétien, et ces bêtes, que notre esthétique n'a pas mécon-
nues, nous sembleraient prendre en cette circonstance un rôle pea dif>
férent de celui du lion; et voici comment : Les bestiaires latins^ et,
entre autres, S. Isidore de Séville, mort en 636, et par conséquent con-
temporain de S. Éloi, font remarquer que « la panthère est l'amie de
tous les animaux, excepté le dragon : » omnium animalium amicus,
excepto dracone (Étymologiarum lib. XII, cap. ii). — Ceci est déjà
très-significatif.— Le Physiologue attribué à S. Ëpîphane, et plus vieux
de deux siècles, consacre la même observation, et ajoute qu'il sort de
la bouche de la panthère une si bonue odeur que toutes les autres bétes
qui l'avoisinent ne peuvent s'empêcher de la suivre : nous l'avons
vu nous-mêmes dans Théobald (ci-dessus, III, 507). Eustathe, qui
écrivait vers 1180 son Exameron, en donnait une explication très-sym-
bolique : a Le Sauveur n'avait-il pas dit dans Osée : « Je suis dans la
» maison de Juda le lion, et dans Éphralm la panthère »{Os.,y,H),o\x
la lionne, leœnafEi n'a-t-il pas appelé à Lui toutes les nations, depuis
les païens jusqu'aux enfants d'Israël ? Ses commandements, plus doux
que le miel et que tous les parfums, c'est cette haleine odorante à la-
quelle les animaux ne peuvent résister : In adore unguentorum tiwt*um
curremus (Gant., i, 3). »— «Un autre rapport de ressemblance avec Jésus-
Christ, dit Hugues de Saint-Victor (De DestiiSj cap. xxui), c'est que ce
n'est qu'après trois jours de sommeil que la panthère, rassasiée de
nourriture, sort de sa retraite, et donne le signal qui attire ions^
les animaux sur ses pas : ainsi Jésus-Christ ressuscité pour le salut du
monde, et le dragon fuyant devant la panthère, c'est-à-dire le démon
devant l'ennemi divin qui l'a vaincu. » Tout cela est concluant. — Voir
L'ORFÉY^ERIg SACBÉE.-;-$OLlGNAG. 295
Noiis ne pouvons oublier non plus la belle croix d'or
qu'Ëloi fit pour le même prince, jaloux d'embellir l'autel de
Saint-Denis. Les termes dont se sert le moine anonyme qui
écrivit au neuvième siècle la vie du prince (4) font assez
voir quelle réputation lui avait conservée l'importance de
ses travaux, et combien était fondée l'estime que la rdne
Batbilde avait de lui quand elle voulut qu'on recouvrit les
restes mortels du saint évêque d'un tombeau d'or et d'argent
au monastère de Saint-Loup de Soissons.
Un épisode curieux de cette sainte et laborieuse vie de Fondation d«
notre Éloi devient en même temps une preuve des desseins ^ •• ^ •
de Dieu sur tout ce qui intéresse son culte et l'honneur du
Christianisme. Les succès de l'orfèvre limousin à la cour
du prince, qui admirait à la fois son talent et sa probité, lui
méritèrent d'abord le titre honorable de monétaire du roi.
Ces hautes fonctions, que relevait encore une sainteté qui
ne souffrait rien du contact de la cour, lui ouvrirent
l'accès du sacerdoce, et, en 640, il fut placé sur le siège
épiscopal de Noyon. Forcé alors d'abandonner pour le soin
de sa nouvelle charge celle qu'il avait remplie si digne-
ment, il songea à perpétuer son zèle et favorisa plus que
Le Bestiaire divin de Guillaume Le Normand , édii& et annoté par
M. Hippeau^ in-B», Caen, 1852^ p. 19 et 145.
D'aatre part, dans le bestiaire que le P. Cahier attribue à Tatien , et
qu'il a publié dans les deuxième et troisième volumes des Mélanges
iarchéologie, d'après plusieurs manuscrits dont il donne les variantes
et la traduction avec le texte original, on retrouve sur la panlerre (sic)
les mêmes données et le même mysticisme : k Nostre sire Jhesu Grist,
il est vraie pantère , quer tôt altresi atrait il par sa Sainte Incarnation
l'umain lignage que li dragons^— c'est li diables^— tenait en mort^ etc. »
(Voir Mélanges, II, 86 et suiv.; II I^ 236. ^ Ainsi, que M. Lenormand
voie dans les. animaux don^ se compose le support du célèbre fauteuil
un lion ou une panthère , peu importe : le meuble a son symbolisme
chrétien; et le pieux ouvrier, qui ne pouvait ignorer la valeur de ce ca-
ractère , devenu bien avant lui une portion essentielle de la science
religieuse, a réellement orné son travail de symboles très-convenables
au but qu'il devait se proposer et à la dignité élevée de son royal pro-
tecteur.
(1) Cf. l'abbé Corblet, Revue de Vart chrétien, IV, 587 et suiv.
L
296 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
jamais Tabbaye si fameuse de Solignac, qu'il avait fondée
en 63^ des libéralités du monarque (4). Sa pensée, en quit-
tant la vie privée pour l'existence d'une cour lointaine,
avait été de continuer à l'art chrétien une protection effi-
cace. Il accueillit donc dans sa nouvelle maison tous ceai
qui se sentirent appelés à pratiquer sous la règle de S. Co-
lomban les humbles et utiles occupations qu'il aimait
toujours. Un de ses élèves, S. Théau, fut chargé parlai,
après avoir fait son noviciat dans le monastère, d'y former
les jeunes moines qui s'appliquaient à ce genre de labeurs,
mitée do beau- Ainsî nous dcvons à deux Saints l'une de ces premières
coup d'autres. ... . i . . , ,
institutions qui devaient être dès lors autant de savantes
écoles où les lettres et les arts marchaient à côté de la
théologie, dont ils n'étaient qu'une forme de plus, et sans
lesquelles l'Église n'eût eu ni son architecture grandiose ni
ses moyens d'ornementation. Telles furent donc les origines
de ces incomparables ateliers monastiques que la France,
l'Allemagne et l'Italie illustrèrent partout de chefs-d'œuvre
au profit de la science et de l'art. Ainsi, pour ne parler que
de nous, car notre pays fut toujours le plus remarquable
par ses magnifiques productions en ce genre, se firent
les écoles de Metz , de Sens , de Laon et de tant d'autres
monastères où des religieux passaient les nuits à travailler
les métaux, l'émail et les manuscrits enluminés (2j. Nous
ne prétendons pas nier sans doute que des écoles d'or-
fèvrerie gallo-romaine n'eussent pas déjà donné d'inté-
ressants spécimens de tmvaux analogues avant que nos
Saints s'en fussent attribué la direction ; mais nous vou-
(1) Les dates que nous donnons ici sont certaines; mais elles sont
déplacées par M. Labarte {Histoire de V orfèvrerie^ troisième feuillet,
dans le troisième volume du Moyen Age cl la Renaissance), qui, tout
en assignant à l'année 640 l'épiscopnt de S. Éloi, parle du monastère
de Solignac comme s'il eût été établi après cette époque. — Nous réta-
blissons ici la vérité d'après Bollandus et Baillet, au 31 novembre.
(2J Voir La Crosse de Gaiidry, par M. l'abbé Corblet, Revue de Vari
chrétien, H, 385.
r
l'orfévrerik sacrée. ~ le filigrane. 297
Ions établir par ce qui précède une preuve nouvelle, après
tant d'autres, que TÉglise veilla toujours avec sa compé-
tence incontestable à Taction et au développement de sa
vie artistique et de l'influence visible qu'elle lui ménagea
sur les peuples.
Un moyen remarquable d'enjolivement était déjà appli- ««pioi an
ffrftuo dos 1 op(
que aux petits ouvrages d'orfèvrerie durant le cours de que franque.
l'époque franque: c'est le filigrane, consistant en un fil
d'argent ou d'or granulé, plus ou moins délié à la filière,
et qui s'ajoutait soit dans les vides, comme de petits gril-
lages à jour pourvus d'une charmante délicatesse, soit en
bordures affectant la forme de cordelettes , de torsades et
de mille autres gracieux ornements. S. Éloi aurait excellé
dans ce genre de bijouterie si, comme le constatait une
tradition de l'Église de Paris, il fallait lui attribuer une
croix en vermeil toute en filigrane qui se conservait au
trésor de cette métropole. Il suffirait de cet exemple pour
établir contre quelques archéologues de mérite que le
filigrane était employé , avec ou sans le concours de pierres
précieuses, avant l'époque de Charlemagne. Quoi qu'il en
soit, Ménage, en rapportant ce fait, ajoute que la plupart des
ouvrages qui restaient du saint artiste étaient relevés par
cette riche parure [i). On l'adaptait avec beaucoup de
succès aux objets de cristal, auxquels il servait d'encadre-
ment, aux reliquaires, aux autels même sur de plus
grandes dimensions, mais surtout aux calices, dont la tige
et le pied en recevaient un surcroit de légèreté élégante.
Les nielles n'avaient pas une moindre fonction dans l'art lm menés,
d'embellir l'orfèvrerie sacrée. C'étaient de minces filets
remplissant des traits préalablement gravés au buiîn d'un
mélange d'argent, de plomb, de cuivre et de soufre, qui
prenaient une teinte noire (nigellus^ niger) et dessinaient
(1) Ménage, Diclionnaire étymologique ^ y* filigrane, Parla, iu-f»,
1750.
■
298 HISTOIRE DU^ STHBOUSaiH.
agréablement, en la faisant mieux ressortir sur les plaques
de métal, l'œuvre du graveur. Cette méthode fut appliquée
à tous les bijoux. Elle devait à la présence du soufre dans
cette composition un brillant qui faisait d'elle une sorte
d'émail et donnait un charme de plus au mat ou même
au vernis du champ métallique. On prétend que la niellure
fut pratiquée à Marseille avant la fin du sixième siècle.
Cette assertion s'appuie de découvertes , faites dans cette
viUe, de bijoux de cette époque qui en laissent peu douter.
Les calices , les patènes , les baisers-de-paix, les encensoirs
même et les bénitiers, furent souvent ornés de ces incrus*
talions précieuses ; elles s'y mariaient avec beaucoup de
grâce aux pierres fines , qu'on n'épargnait pas non plus aux
principaux ustensiles de l'Office divin (4 ).
L«e gemmes ou Nous avous traité fort au long ce qui regarde les pierres
Ms } précieuses en exposant le vingt et unième chapitre de l'Apo-
calypse (2). Ces notions nous dispensent de redire comment
de si gracieux ornements devinrent inséparables de nos
belles pièces d'orfèvrerie. Mais il parait utile de compléter
ici ce que nous avons dit en peu de mots de la nature des
pierres précieuses, appelées encore gemmes (gemmsB) ; car
c'est de cette nature même qu'eUes tirent leur beauté et leur
prix. Ce sont donc des cristaux naturellement formés dans
la terre par des agrégations plus ou moins lentes de subs-
tances métalliques dont elles empruntent leur couleur, leur
pesanteur spécifique et leur dureté relatives. Il faut donc les
distinguer des pierres fausses, dont la base est aussi un cristal
très-pur, coloré par des moyens chimiques, imitant parfai-
tement les pierres fines par son éclat et sa taille, mais qui en
diffèrent surtout par leur fragilité. Cette dernière condi-
tion les réduit à une valeur très-médiocre ; de sorte que, si
(1) Voir l'abbé Corblet^ Précis de Vhist. de Varl chrétien, dans sa
Revue, IV, 589;— Henschenius, De tribus Dagoberlis, Francorum re-
gibus, p. 214, Antaerp., in-i», 1655.
(2) Ci-dessus, t. II, ch. xiii, p. 365.
L*ORPÉVRERIE SACRÉE.— LES GEMMES. 299
ces pierres de qualité moindre ajoutent réellement beaucoup
à Feffet des métaux précieux , eUes n'augmentent que de
peu le prix qu'on doit y mettre.
Le moyen âge ne commença qu'assez tard à user de
cette innocente fraude, et ses plus anciens produits en
orfèvrerie sont toujours parés de pierres véritables. Quoi
qu'il en soit, il est peu d'objets parvenus jusqu'à nous
dans cet ordre de choses qui n'aient été parés de ces belles
pierres aux couleurs variées et symboliques , dont les
reflets ajoutent à l'éclat des métaux , et qui jouaient leur
rôle éloquent dans l'esthétique chrétienne. Les vertus , en
effet, se représentaient par elles, et, parsemées qu'elles
étaient sur la mitre épiscopale ou sur les vêtements sacer-
dotaux, elles devenaient à la fois pour le peuple un motif
de respect , et pour le prêtre un avertissement de n'en pas
démériter. Il est vrai, d'ailleurs, que les dimensions variées
que leur a données à loisir la main du lapidaire pUent facile-
ment leur emploi à toutes les formes des objets , et cette
facilité en multiplia la pratique, lorsqu'on n'épargnait au-
cune dépense pour rendre les vases sacrés plus dignes de
leur pieuse destination. On poussa même cet empresse- on y mêu parfois
ment plus d'une fois jusqu'à placer au hasard, en des temps ~ '^ **"
où l'étude de l'antiquité était peu suivie, d'anciennes
pierres gravées par les artistes du paganisme ou de précieux
camées mythologiques sur des calices ou autres vases sacrés,
peu faits pour de telles accointances. M. Darcel en a trouvé
beaucoup enchâssées dans les reliquaires de l'ancienne ab-
baye de Conques , en Rouergue (^ ) ; mais cette ignorance
était excusable à de telles époques , et la réunion d'éléments
si disparates s'explique par la beauté séduisante de ces
gemmes auxquelles on attachait tant de prix. Disons aussi
qu'on n'observe plus ces anomalies à partir de l'ère ogivale.
L'art se perfectionna tellement alors qu'on put séparer de
(l) Voir Annal, archéolog,, XX, 327.
300
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Les CAboehons
•t leur époque.
Les énnAux : leur
compoeitlon et
leur histoire ;
SCS merveilleux épanouissements tout ce qui n'était plus
symbolique; et le symbolisme, redisons-le, se retrourait,
pour chaque pierre fine, dans sa couleur, dans sa transpa-
rence ou son opacité, dans son éclat surtout, qui verse autour
d'elle une pensée d'honneur, de vertu ou de sainteté.
Il est vrai que cet éclat môme diminue ou se modifie,
comme l'a remarqué un habile observateur, en proportion
des facettes nombreuses que leur impose la taille, et laisse
l'effet de leur rayonnement bien au-dessous de celui que
produisent les cabochons, c'est-à-dire les pierres polies sous
une forme arrondie ou ovale. Gomme la taille en facettes ne
nous vient guère que du quatorzième siècle, avant lequel
on n'employait que les pierres polies en relief (^ ) , on serait
mal venu à décorer de pierres taillées les objets que leur
forme archéologique reporterait à une époque antérieure.De
telles erreurs ne mènent qu'à de regrettables déceptions
ceux qui , en travaillant ces œuvres si estimables , accusent;
certainement la prétention de mieux faire et de monl
plus de goût.
Parmi ces charmantes matières qui se prêtent si bieni
l'embellissement de notre orfèvrerie symbolique , nous ne
pouvons oublier l'émail , cette vitrification colorée par les
oxydes métalliques qui s'y incorporent , et qui, rendue fu-
sible par l'action du feu , adhère fortement à la plaque d'or,
d'argent ou de cuivre à laquelle on l'impoçe. Sans entrer
ici dans la description des divers procédés par lesquels on
atteint cet effet, contentons-nous de dire que les difficultés
d'exécution et les soins minutieux qu'il en faut prendre
ont toujours fait des œuvres émaillées de charmantes curio-
sités dont le plus grand mérite , après plusieurs siècles de
durée , est tout dans ce qu'on sait de leur histoire et dans
Tcffct artistique dont elles embellissent les métaux. On con-
çoit, au reste , que ces couches de verre fondu n'ont de
(1) Texicr, Diciionn. cTorfévr., col. 295.
L*ORFÉVREBIE SACRÉE. — LES ÉMAUX. 304
charme réel que par la peinture qu'on y applique au moyen
de couleurs vitrifiablcs. Ce fut au quatorzième siècle qu'on
arriva , dans Fart d'émailler , à des progrès qui , après
maints tâtonnements , firent pressentir la perfection qu'il
s'est acquise plus tard , et qui fait tant recliercher aujour-
tfliui les émaux peints des trois derniers siècles. Ceux des
temps antérieurs n'en sont pas moins dignes d'admiration,
puisqu'ils révèlent à l'observateur instruit les procédés suc-
cessifs ou simultanés d'incrustation ou de cloisonnement,
qui tantôt creusaient le cuivre pour jeter dans le tracé du
dessin la matière qui devait s'y fondre, et tantôt soudaient
sur la plaque les compartiments de même métal qu'on rem-
;plissait ensuite de la poudre destinée à l'action du feu. —
laelques reliquaires, des fragments d'autels, des vases sa- ifur emploi «uns
[erés et mille autres objets destinés au culte, et qui n'ont plus
[d'asile que dans nos musées , témoignent de l'amour qui
>rta le clergé et ses artistes à couvrir, dans les siècles de
^i , les plus précieuses surfaces de celte parure pleine de
iction. Elle ne resta point étrangère au symbolisme :
iment l'eût-elle pu quand tout s'imprégnait de son esprit
[qu'on la consacrait sm-tout à des sujets liturgiques ? C'est
^urquoi on vit ce procédé reproduire les légendes pieuses
deux Testaments, les enseignements du dogme et de la
lorale catholique dans le môme but que les vitraiLV colo-
îés , dont ils inspirèrent sans doute la première idée ; el
comme objets de peinture , ils durent invoquer les mômes
éléments, s'emparer des mômes motifs d'ornementation et
reproduire, au profit de Fœil et de l'esprit , la zoologie, la
botanique et toutes les scènes animées de la vie humaine
où figurèrent les hybrides , les démons , et les monuments
de tous les styles chrétiens. Ces petits tableaux , en tant
qu'ils reproduisent toujours des épisodes hagiologiques, ont
maintes fois éclairé, soit parleurs détails, soit par les inscrip-
tions qui n'y sont pas rares , sur des faits depuis longtemps
restés obscurs ou incertains. On les voit partout épars, sur-
302 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
tout du onzième au quinzième siècle , servant Dieu à lenr
manière, par une heureuse rivalité avec les verrières desbasi-
qa*ik désertent Uques, avcc Ics miniaturcs des bréviaires et des missels. Leur
pour Part profane '■
deiaiuiudflMBco. étudc rentre donc parfaitement dans celle de nos symboles
religieux : comme eux , ils ont leurs périodes de gloire ;
avec eux ils vivent et meurent ; car, en même temps que
les peintres verriers abandonnaient l'église pour le château,
l'émail passait des trésors sacrés aux emplacements pro-
fanes, et , aux seizième et dix-septième siècles, on le voyait
beaucoup moins adapté aux reliquaires , aux croix et aui
bénitiers , qu'aux chandeliers de table , aux aiguières de
l'antichambre et aux salières du dressoir.
Diffieoit^ d*j re- Qu n'a pas luauqué , de nos jours, à ramener cette belle
Tenir «iOottrd*hul. *^ . ' ''
parure vers les objets d orfèvrerie, qu'ils peuvent singuliè-
ment embeUir. Mais, outre qu'on ne sait pas s'en tenir à de
simples et légères arabesques, à des fleurs encore plus signi-
ficatives, à quelques animaux au caractère bien déterminé,
on ne sait pas assez non plus se résoudre à conformer le
style des épisodes, ni même la simple représentation émaillée
des Saints, à celui du meuble qui se les adapte. Les émaux
atteignent d'ailleurs à des prix excessifs qui doublent tout
d'abord celui d'un calice, d'un ciboire ou d'une monstrance :
autant de bonnes raisons pour que l'émail ne reprenne guère
parmi nous ses hautes et antiques destinées. Heureusement
on peut s'en passer, puisqu'il n'est essentiel à aucun de nos
vases précieux. Ce qui importe surtout , c'est le soin que
doivent se donner nos orfèvres de leur attribuer des formes
générales , des détails spéciaux et des accompagnements
symboliques dont rien ne trahisse une étude insuffisante
non plus que l'inexpérience de l'artiste (^}.
Époque de Char- Lcs sièclcs archéologiqucs ont parfaitement compris cette
(1) On peut con9ulter avec fruits pour l'histoire et la connaiBeanee
des émaux, rintéresaant Essai sur les argentiers et Us émailleurs de
Limoges,p6iVàbhé Texier, in-S», Poitiers, 1843;^ Dussieux, Rgchercha
$ur Vhisiaire de la peinture en émail, in-S», Paris, 1841 •
L*ORFÉVRBIIIB SACRÉE.— CHABLBMAGNE. 303
sorte de convenances. En suivant b chronolofrie de Tact, i«nâ«iie;-.«Mftc-
o / U,P^ élevé de ce
depuis rillustre berceau que lui firent les habiles orfèvres s^nd prinoe.
plus ou moins connus depuis Constantin jusqu'à Charle-
magne, nous pouvons encore trouver sous ce dernier
prince , dont on sait tout l'amour pour TÉglise , de nom-
breux et magnifiques témoignages d'immortels succès. On
les devait en partie à son génie, qu'électrisaient les grandes
choses. Sans prétendre à marcher devant son siècle pour
satisfaire à des appétits maladifs de gloire humaine et d'am-
. bition terrestre, il eut un double but , digne de la grandeur
de son âme, et que ne comprend plus notre époque saturée
des passions contraires et abaissée par elles autant que le
grand homme avait élevé la sienne. La gloire de Dieu, le bon-
heur de ses peuples furent ses deux mobiles, et inspirèrent
son zèle pour la religion et son culte pour les arts qui la
glorifient. On sait l'énergique splendeur de sa législation.
On découvre, chaque jour encore dans quelques églises , ^ son ziie pour
mais surtout , hélas ! dans nos musées, illégitimes héritiers ffieose.
de tant de dépouUles sacrées, d'inappréciables témoins du
zèle artistique de Gharlemagne et de ses encouragements
dévoués. Les églises rhénanes , {noins appauvries par les
malheurs des temps , sont encore pleines de monuments
d'orfèvrerie qu'on lui attribue et que leur cachet rattache
effectivement à sa mémoire. On y reconnaît les précieuses
analogies qui rapprochent toujours de l'architecture d'une
époque les^ arts qui se plurent à en reproduire dans le mo-
bilier les caractères distinctifs. C'est ainsi qu'on parvient
à classer selon leur siècle véritable les petits chefs-
d'œuvre que Torfévrerie multiplia pour les églises bizan-
tines , lombardes ou purement romanes que créa si nom-
breuses l'ère mémorable où le grand monarque savait
s'entourer d'Alcuin , d'Éginard, de Paul Warnefride, et les
appliquer à seconder ses vues en faveur des sciences et des
arts, non moins que pour les développements de sa vaste et
intelligente administration.
304 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
coi^iJf**^' *** Ainsi , celui qui dotait les basiliques de ces puissantes
orgues si propres à en relever l'action morale ne pou-
vait leur mesurer ni l'or , ni l'argent, ni les pierres pré-
cieuses. Il donna tout avec une magnificence digne de
lui. Le trésor de Conques doit à sa générosité ou à d'autres
pieuses mains de son époque ce fameux A en argent doré
de Charlemagne qui , soit qu'on en ait voulu faire par ses
ordres la première des vingt-deux lettres qui devaient
répondre , pour chaque abbaye de sa fondation , à l'ordre
chronologique de sa charte fondamentale, soit qu'il ait
été seulement un de ces Alpha qui , au neuvième siècle,
ne manquaient jamais de correspondre à YOméga placé à
l'autre côté d'une crucifixion, n'en reste pas moins un
des plus beaux exemplaires des bijoux dont le travail se
couvrait des charmantes délicatesses du filigrane et des
vives couleurs de cabochons aux formes variées. Là se
voit encore une de ces intailles antiques dont nous parlions
tout à l'heure. Elle est en cornaline et représente une Vic-
toire écrivant sur un bouclier quelques-uns de ses triom-
phes. Si cette attribution était une allusion réfléchie plutôt
que reflet d'un de ces nombreux hasards que nous avons
signalés , elle était heureuse et convenait bien au noble
fondateur de l'empire d'Occident (4).
etMtbiioQxsym- Cc même trésor de Conques avait bien d'autres richesses
boUquef. * ,
de ce genre. Sa rare parure de pierres serties donnée à lA
de Charlemagne n'avait guère pourvu à d'autre symbo-
lisme que celui indiqué par le nom et la couleur propre à
chacune d'elles. Mais des objets non moins précieux de
cette inestimable collection se recommandent encore par
stAtaedeS'Toi. dcs caractères plus tranchés : telle est la statue en or re-
poussé, et haute de 85 centimètres, de S^^Foi, honorée
à Agcn et à Conques , et dont le nom a persuadé à l'habile
(1) Voir Annales arrhéuL, XX ,î64.-.Ce8 objets ont flgaré à Texpo-
Bition universelle de 1867^ à Paris».
L*ORPÉVRERIB SACRÉE. — TRÉSOR Dfi CONQUES. 305
fabricant que les principaux mobiles de la foi chrétienne
devaient en former la majestueuse ornementation. Ainsi ,
ses deux mains présentent deux petits cylindres creux ,
destinés peut-être à tenir des reliques qu*on y pouvait
ajouter en certaines occasions; sa robe est tonte garnie
de pierres fines et d'intailles , de rosettes , d*orfrois , de
rangs de perles, qu*on y attacha à des époques différentes.
L*émail et le filigrane y figurent à profusion. Un cristal de
roche y représente en gravure la crucifixion du Sauveur
avec S. Jean et Marie ; il a pour parallèle , à côté du pied
droit de la statue , VAgnus Dei portant son pennon. Sur le
devant de la robe est un buste d'une belle et grave com-
position : c'est le Sauveur bénissant et accompagné du Té-
tramorphe. Tout n'est pas aussi ancien dans ces détails que
la statue elle-même, qui n'est autre chose qu'un magnifique
reliquaire ; mais l'ensemble indique bien par ses portions
primitives qu'il faut en glorifier le siècle dé Gharlemagne.
Ajoutons à cette mention celle de plusieurs autels porta- Autois poruat»
tifs très-propres à donner une juste idée de ces petits Mmem»uo*li.* ^^
meubles à cette époque, et bien avant. Gharlemagne,
Louis le Débonnaire et Charles le Chauve donnèrent , soit
à Saint-Pierre de Rome, soit au couvent dHildesheim et
à celui de Saint-Denys, des autels portatifs d'une utilité
incontestable pour les voyages lointains et pour les courses
apostoliques confiées aux moines dans une foule de con-
trées où des églises n'existaient pas encore. De ces tables
mobiles , beaucoup étaient sans doute d'une facture très-
simple et d'une modique ornementation; mais d'autres
aussi , et surtout celles que des princes ne manquaient pas
d'empreindre d'une magnificence relative , recevaient des
encadrements en plaques d'or et d'argent reproduisant en
ciselures les feuilles d'eau , symbole du baptême ou de la
pureté sacerdotale , les animaux apocalyptiques insépara-
bles du Sauveur dans son sacrifice , ou l'image de l'Agneau
sans tache; et le tout accompagné, comme toujours, de
T. IV. 20
306 lUSTOmE DU SYMBOUSMB.
compartiments en filigrane enchâssant des onyx , des
agates , des émeraudes et des saphirs , dont nous savons le
mystérieux langage.
Splendeur de Qu restc frappé d'une sorte de stupéfaction en lisant
quatrième an nea- daus Auastase la dcscriptlon dcs innombrables merveilles
Tlème •ièolo I
produites par la main des orfèvres du quatrième au neu-
vième siècle. Le patient écrivain, qui mourut vers 870,
et dont les travaux ont certes contribué beaucoup à déve-
lopper dans les générations suivantes Tamour et le goût des
belles choses dont il avait parlé , ne sert pas peu à com-
pléter sur son époque et les temps antérieurs les notions
que nous devons nous en faire ; ses descriptions peuvent
être d'une grande ressource à qui veut étudier cette ma-
tière. On y comprend comment, à la suite des Papes, qai
rivalisaient dès leur avènement de goût et de libéralité
pour leurs églises , les grands durent eux-mêmes suivre
cet élan et ne rien refuser à leur généreuse dévotion (4).
(1) Voir MabilloD^ ÂcL ord. SancH-Benedicti, preafat.^ ssbciii, n* 78;
— Muratori, Scriptor. rer. UaL, in Vtta Leonis III paps, t. UI. —
L'abbé Migne a donné dans sa Patrologie latine les trois voulames des
Œuvres d'Anastase^ qui forment le i2T et les deux suivants de la col-
lection. — Le 128« contient le Liber Ponlificalis • dont rimportance
n'empêche pas que la lecture n'en soit trôs-ardue par suite des diffi-
cultés de la traduction , un grand nombre de termes fort intelligibles
du temps de l'auteur s'étant obscurcis dans la suite à force de syno-
nymes, ou même d'interprétations qui n'ont pas toujours été assex
heureuses. L'édition latine, que nous suivons ici, est accompagnée des
commentaires très-succincts des éditeurs précédents , tels que : les
frères Bianchini , qui éditèrent Anaslasc en quatre volumes in-t; de
1718 à 1735; l'abbé Vignali, qui le donna, de 1724 à 1753, en trois voL
in-4^ après vingt années de recherches, et enfin Muratori, qui accom-
pagna sa grande publication de plusieurs dissertations empruntées à
des savants venus avant lui ou à son époque. C'est d*après ces sources
qu'il faudrait travailler & une nouvelle édition, dont le texte serait
éclairé par une version réOécbie d'après les nombreuses études qu'il a
inspirées. Un tel ouvrage ne serait pas moins utile aux sciences ar-
chéologiques que tant d'autres qui de notre temps ont fait revivre ùtt-
rant de Mende et Théophile. Ce livre, d'ailleurs j rendrait aussi des
services à l'histoire. Ses renseignements, remarquables par leur grande
précision, sont parfaitement sûrs et tirés des sources les plot authen-
l'orfèvrerie sacrée.— ses belles époques. 307
Le siècle qui suivit ces belles expressions de la pensée v^ ^ dizi^e
artistique a moins de retentissement dans l'histoire de l'art, t^r».
parce que des troubles politiques absorbèrent les préoccu-
pations du monde ; mais ces malheurs accablèrent surtout
l'Italie. En France, l'abbé Lebœuf l'a constaté , et, après
lui, M. Labarte , rien ne fut changé. Des évèques , comme
Gaudry et Guy à Auxerre , Séguin à Sens , et d'autres non
moins éclairés, s'appliquèrent à maintenir le niveau de
l'art (4). On ne travailla pas moins dans les monastères ,
où les lettres s'étaient réfugiées , à ce noble complément
de la vie littéraire ; et les études, qui bientôt y reprirent
un essor plus énergique au souffle du onzième siècle , Le onxi&me «-
durent beaucoup de leur influence à Faction intelligente du mt, ** "^"^*
pieux roi Robert. M. du Sommerard nomme sous son règne
fécond un grand nombre de moines qui pratiquèrent l'or-
fèvrerie (2). Tout ce que l'art put donner au culte chrétien
lui fut prodigué avec les heureuses variantes qu'impri-
maient à la forme certains progrès eflectués déjà dans
Texercice du dessin; mais toujours indépendant de la
forme , le symbolisme avait sa place obligée en tous les
travaux de la pensée religieuse ; il y continuait son ensei-
gnement , et il dota les vases sacrés , les chandeliers , les
tiques: ce qui réfute suffisamment l'espèce de reproche fait à Anastase
par on biographe moderne^ de n'être pas l'auteur de ses Vies des Papes,
mais de les avoir tirées des anciens catalogues, des Actes des Mar-
tyrs, etc. : comme ai un historien pouvait rien inventer et ne devait pas
nécessairement recourir, pour la construction de son édifice, à des ma-
tériaux Jetés avant lui çà et là, où il doit se donner la peine d'aller les
explorer, les choisir et les prendre i Le mérite de l'historien, comme
celui d'un orfèvre, est dans la mise en œuvre de sa matière , qu'on lui
donne toute brute et qu'il se charge, non sans beaucoup de difficulté
et de travail, d'examiner, de coordonner et de polir.
(1) Voir M. Labarte, Histoire de l'orfèvrerie, ^ v, dans Le Moyen Age
et ia Renaissance, t. III. Ce travail est sans contredit un des mieux
pensés et des mieux écrits de ce recueil. U énonce, avec beaucoup de
netteté et une érudition sûre , des notions sur lesquelles beaucoup des
autres collaborateurs auraient eu raison de se régler.
(2) Voir ùe$ Arts au^ rmyen âge, t ni, p. 204.
308 HISTOIIIE DU SYMBOLISME.
autels et tous leurs accessoires de la même cstliétique
donnée aux sculptures, aux fresques et aux Ycrrières.
Rapports «ntre Aussi faut-U moins regretter que la rénovation de presque
i ityle des monn- v * « «.
lents et celui de toutcs Ics égUscs à la fiu du dixième siècle et au com-
orfévrerie de " ., -^ • z j . •
baque époque, meucement du onzième nous ait privés des spécimens
d'orfèvrerie qui alors furent fondus en très-grand nombre
et soumis aux formes nouvelles créées pour les monuments
de répoque romane. En comparant les bijoux et les vases
sacrés des races mérovingiennes avec le style de leurs
églises , on en reconnaît la ressemblance de famille et les
frappantes analogies. Ce qui nous reste de Tarcliitecture
lombarde nous dit donc suffisamment quelle orfèvrerie
nous avons perdue. Et encore n'avons-nous pas tant à re-
gretter : de précieuses épaves nous sont restées , et ces
œuvres merveilleuses, classées dans les trésors de quelques-
unes de nos plus illustres basiliques, continuent du moins
à y attester la belle et savante unité que nos pères surent
toujours maintenir aux inspirations de la science et de Fart.
Le douzième Mais uous pouvous affirmer que, par suite des principes
ècle plus be*u ' ... , , * j
e style , et d'un quc uous cxposous ICI, rieu ïi a valu en aucun temps, dans
sôond. "* ^ "* l'orfèvrerie comme dans l'architecture, cette savante pensée
du douzième siècle que nous avons signalée plus d'une fois
avec sa perfection symbolistique çt le grandiose de son ex-
pression à la fois sévère et gracieuse. Cette époque a eu le
rare bonheur d'arriver jusqu'à nous par beaucoup d'œu-
vres que nos églises gardent encore , que nos musées ap-
précient beaucoup mieux (malheureusement !) que beau-
coup d'entre elles, et qui reproduisirent sous la main qui
maniait les métaux toutes les beautés symboliques dont le
sculpteur ornait, dans ce même temps, les chapiteaux, les
La dinanderie modillous, Ics façadcs ct Ics tours des plus belles églises. Alors
frreriê^wciéliM' le bronze , l'or , l'argent se façonnent aux plus mystiques
^'*' exigences de la pensée humaine , et tout ce qui peut charmer
le regard ou délecter l'intelligence accourt au commande-
ment de chaque maître et rivalise à glorifier le métal. C'est
L*ORFÉVRERIE SACRÉE.— LA DINANDERIE. 309
vers ce temps que Fart devint plus facile , et parfois attei-
gnit néanmoins l'effet que se proposaient les orfèvres en
employant la fonte et le cuivre , qui , traités par le ciseau
ou le repoussoir, produisaient de merveilleux ouvrages
dont la valeur matérielle, de beaucoup diminuée, n'ôta rien
cependant au mérite de l'œuvre , et ne lui refusa rien de
celui qu'elle pouvait acquérir d'une ornementation très-
riche par les émaux , la niellure et les pierreries.
Cet utile procédé de dinanderie avait eu son origine dans
les ateliers de Dinant , en Belgique , où se fondaient et s'é-
laboraient d'abord les plus communs ouvrages en cuivre
pour la vie domestique. Dinant trouva dans ce commerce
une source de richesses et s'acquit un renom que troublèrent
trop les guerres du quinzième siècle , après lesquelles on
ne vit plus sortir des mains de ses ouvriers que très-peu
d'ouvrages remarquables (^). C'est donc avec tous ces élé-
ments si divers que se firent , pendant les règnes de Louis
le Gros, de Louis le Jeune, de Philippe- Auguste et de
Louis Vin (^ 1 08-1 226) , les beaux meubles, les vases élé-
gants que Forfévrerié put consacrer à nos temples. Il n'était L'autti desâi
pas rare alors de voir des autels d'or, comme celui de Bâle ,
l'un des plus beaux dont s'honore le musée de Cluny, et
dont la devanture représente le Christ nimbé, debout ,
bénissant de la droite , et de la gauche tenant la boule du
monde, et qu'entourent avec S. Benoit les trois anges Mi-
chel , Gabriel et Raphaël pourvus chacun de leur attribut
symbolique. Les châsses, ou reliquaires, ne sont pas moins châsse do m
, , lée de Broxell<
séduisantes , et nous ne croyons pas qu aucune de cette
époque surpasse en magnifiques détails, non plus que par
l'élégance de la forme générale , celle pour laquelle un
artiste resté inconnu s'inspira aux bords du Rhin des tra-
ditions romanes ; elle appartient au musée archéologique de
(l) Texier, Dict. dorfévr., col. 615. • Encyclop. des arts et met* du
dix-huitième siècle, v« dinanderie.
V
310 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Bruxelles : c'est une église complète , à trois nei^ , avec les
deux tours de la façade , et deux autres s'élevant à son
chevet oriental. De longues énumérations n'épuiseraient pas
la liste de ces charmantes miniatures des plus somptueux
édifices qui ont prêté toute leur esthétique et tout leur lan-
gage doctrinal à ces précieuses reproductions des plus
savants efforts de l'art divin (4).
Génie et tra- Nous peusous , avcc dc gravcs autorités dont les recher-
Taoz du moine ^ ^
Théophue ; ches et les réflexions ont pu le constater comme un fait
plus que probable , qu'il faut assigner à ce douzième siècle ,
aussi artiste que théologien , l'existence du moine inconnu
d'un monastère encore ignoré qui, sous le nom plus ou
nioins allégorique de Théophile, écrivit un traité Des divers
Arts (2) pour guider l'intelligence et la main de ceux qui
devaient s'appliquer à embellir ou meubler la maison de
Dieu. Il était prêtre; il est pour nous un témoin de plus
affirmant, comme nous l'avons prouvé si au long dans cet
ouvrage , la part exclusive que le clergé prit ou fit prendre
sous sa conduite , jusqu'à la fin du treizième siècle, à tous
les travaux d'architecture ou d'ornementation sacrée. Pour
parler de la matière avec tant d'aptitude et avec une con-
naissance si variée et si complète des divers procédés em-
ployés là ou là ; pour réussir à chacune des œuvres dont il
traite , il fallait à l'humble religieux autant de goût que de
(1) Bf . Didron a donné, dans le dix-neaTième Tolume de ses Ârmaks
archéologiques , une suite d*articles qui sont une véritable nomencla-
ture de tous les objets d'orfèvrerie que l'art a mis au service de rÉglise.
Nous exhortons à le lire ou à le consulter pour trouver dans le texte et
dans les gravures une foule de spécimens très-propres à inspirer an
choix éclairé pour l'étude ou la confection de ces objets si importante.
Il est vrai que les gravures en sont trop petites pour être par elles-
mêmes d'une véritable utilité. On en voit plutôt la forme générale que
les détails; mais aussi beaucoup d'elles ont été reproduites sur une
échelle convenable dans la vaste collection de l'éminent archéologue,
où l'on peut toujours les consulter comme de véritables modèles.
(2) Theophili presbyUri et monachi libri III, seu diversarum ariium
Schedula, dont la dernière édition a été donnée avec la traduction en
regard du texte, en 1843, in-l*, par M. de l'Escalopier.
r
L*ORFÉVRERtS &AGRÉB. — LE MOIlfE THÉOPHILE. 344
savoir» acquis en de nombreux voyages, et dont avait profité
son esprit observateur. C'est une sorte d'encyclopédie dans •<>» sckêduia ai-
laquelle vivent toutes les méthodes d'action dont les arts
étaient devenus susceptibles de son temps , et il y a de quoi
s'étonner, lorsqu'on connaît l'histoire de l'art , de trouver
dans un traité qui ne peut avoir aujourd'hui moins de six
cents ans des notions qui nous prouvent à quel point se
sont trompés nos écrivains modernes quand ils ne datent
la peinture sur toile que du quinzième siècle , et la poterie
émailléeque du siècle suivant. Beaucoupdepagesdeviennent
l'objet de semblables étonnements quand on les voit pleines
de révélations dont on peut user aujourd'hui , et qui nous
reportent au moyen ftge en faveur de la peinture sur
verre , de la dorure des métaux par le mercure , de l'écri-
ture en lettres d'or pour les manuscrits , du polissage des
émaux après leur cuisson. Ce n'est pas tout : ce que furent
au seizième siècle les grands artistes de l'Italie , que l'his-
toire nous représente comme également habiles dans les
arts qui tiennent à la construction et à l'ornementation des
églises et des palais , Théopiiile l'avait été plus de trois
siècles avant eux , et il en donne la preuve dans ce cahier
{$€hedula) ^ Aowi\Q titre modeste n'est qu'un contraste de
plus avec le mérite d'un encyclopédiste qui s'est obstiné à
demeurer aussi obscur que savant. Et quel cahier que ce
livre de cent cinquante-six chapitres , où tout ce qui peut
passer sous la main de l'homme pour décorer la maison de
prières est exposé , discuté , décrit dans ses moindres dé-
tails, depuis l'outillage jusqu'aux plus belles pièces, depuis
l'encensoir de cuivre jusqu'au calice d'argent et d'or!
' Une des œuvres les plus remarquables de Théophile, une Enc«i«)b «xé-
de celles qui nous montrent le plus évidemment de quelle pi»,
large façon il comprenait l'art chrétien et le symbolisme
qu'il y voulait appliquer, c'est le grand encensoh* dont il
fait la description au chapitre lix du livre III de son Traité.
Ce n'est point une œuvre qui existe encore ; il dit comment
eutë d'apte ion
342 HISTOIRE DU STMBOUSME.
le disciple, le fils (fili mi) , auquel il s'adresse, procédera
pour accomplir ce beau vase destiné aux parfums du
Seigneur ; et c'est une heiu'euse inspiration due à ce texte
latin traduit par deux archéologues de mérite {\) qui nous
symboïkme de en a valu la belle iconographie. Ensemble et détails, c'est
renoensoir et de ,. ^ , . or , , .
l'encens. là, très-certamcment, un ouvrage de premier ordre, égale-
ment admirable d'esthétique et de composition. Qu'est-ce
qu'un encensoir ? un vase destiné à porter vers le ciel les
plus pures senteurs de la terre, celles qui, par leur simpli-
cité ou par le mélange de plusieurs substances aromatiques,
sont destinées par la sainte liturgie à représenter devant
Dieu les prières des Saints (2). — Partant de cette donnée
si fréquente dans nos livres bibliques (3) ; se souvenant que
l'encensoir est l'âme et que l'encens en sort pour s'élever
vers le ciel, et que le feu qui le consume est le symbole de
la charité qui l'offre à Dieu (4) , il donne à ce vase l'aspect
d'une ville fortifiée ; car, selon S. Grégoire, sous le nom de
ville nous désignons la Patrie céleste ; c'est aussi l'Ëgltse,
Jérusalem de la terre toujours unie à la (Mté étemelle (5) ;
et de ces belles données surgit un symbole de plus, qui va
nous associer à tout ce que nous savons de plus beau tou-
(1) Cf. Bulletin monvm entai, t. XIV, i85 et soiv.; — mais surtout
Didron, Annal, archéolog., VIII, 95 et Buiv., où une belle planche,
gravée par M. Gaucherel d'après le dessin habile de M. Viollet-Leduc,
reproduit toutes les idées du texte et en fuit le plus beau morceau de ce
genre qu'on puisse inventer et exécuter.
(2) « Seniores habentes phialas aureas plenas odoramentorum, que
sunt oratioues Sanctorum. »{Apoc,f yni, 8.)— Voir l'exposition de ce
texte, ci-dessus, t. II, p. 191.
(3) « Dirigatur oratio mea sicut incensum, Domine, in conspectu
tuo. » {Ps., CXL, 2.}— « Tbus, devotio oratiouis, » dit Raban-Maur. mit
S. Matth., II, 11.
(4) Mystica sunt tm, thns, ignis : quia rase notator
liens pia; thoMi preoes ; ignc, supenras amor.
{Distinct, monast.y apnd Dom. Pitra,
Spieiieg. Solêim^ t. II, p. 418.)
(5) a Civitatis nomine patria cœlestis exprimitur : Sapientia misit
ancillas suas ut vocarenl ad arcem et ad mœnia Civitatis^ » dit S. Grég.,
Spidlcg,, U| 169.
qae.
L'ORFÉVRERnS SACRÉE. — LE MOmE THÉOPHILE. 343
chant cette cité d'En-Haut qui nous est ouverte et nous attend.
Notre yase se partage donc en trois zones, qui toutes vont
correspondre par leur iconographie au religieux enseigne-
ment d'où naissent pour notre foi les mystérieux rapports
qui relient le ciel à la terre, l'ancienne Loi à la nouvelle.
On voit tout d'abord une forme générale d'éirlise consti- omemwiuuon
^ <=* tonte puiMe dan»
tuant une croix grecque. L'étage inférieur initie à la suite |f_j"«" «^«g*-
des pensées surnaturelles qui vont se développer dans les
autres. Sur chaque face, et distribués par trois, les douze
Prophètes tiennent leur phylactère ; ils garnissent l'irilé-
rieur d'une porte à encorbellement que surmonte un triple
pignon et qu'entourent une série de fenêtres trilobées.
Deux tours flanquent ce premier étage en s'élevant jusqu'à
la hauteur du troisième , où elles s'unissent à une autre
tour intermédiaire pour établir avec elle ime plate-forme
crénelée au-dessus de la toiture du transsept. Quatre anges
armés d'un bouclier et d'une lance veillent, comme des
sentinelles attentives, pour garder la Gilé contre toute sur-
prise (I). Au second étage, et comme remplissant dans la
nouvelle alliance les fonctions préparées par les Prophètes,
les quatre Ëvangélistes se tiennent debout, leur livre à la
main, devant une porte dont ils sont les introducteurs et
qu'entourent des fenêtres dont les pieds-droits en colonne
et la coupe élégante se marient gracieusement aux pignons
qui les coui'onnent (2). Au-dessus de tout cet ensemble, et
(\) « Super muro8 tuos^ Jérusalem ^ constilui custodes. Tota die et
Iota nocte in perpetuum non tacebuut. • (Is., hui, 6.) — L'Église s'ap-
plique ce texte à elle-même dans l'Office des Saints Anges gardiens ^
au 2 octobre.
(2) En examinant bien ces pignons, aussi bien que le svelte de la
statuaire générale de ce beau dessiu, nous croyons et devons dire, pour
l'acquit de notre conscience d'archéologue^ que M. VioUet- Leduc, qui
n'a fait que restituer la belle pièce de Théophile d'après les traductions
combinées de MM. de l'Escalopier et Didron, s'est un peu trop complu
dans le style architectural qui avait sa préférence. En vain son travail
porte en titre : Fin du douzième siècle : nous croyons que c'est bien
plutôt le treizième siècle avancé, qui avait gardé beaucoup de carac-
344
HISTOIRE DU STHBOLISME.
du milieu de quatre dernières tourelles ajourées en ogive,
d*où les habitants de la Cité céleste semblent regarder avec
intérêt ce qui se passe au-dessous d'eux sur la terre, on
voit comme dernier amortissement un donjon crénelé au-
dessus duquel l'Agneau divin, avec sa croix à pennon et
son nimbe croisé , complète l'idée apocalyptique de cette
ville mystérieuse dont il est la lumière éternelle (4). C'est
de ce point que part, attachée à un anneau, la portion de la
triple chaîne qui sert à ouvrir et à balancer l'encensoir.
EntrdMw méiéi Noublious pas uu'à la base les compartimen ts in termédiaires
des quatre grands Prophètes ne restent pas sans une orne-
mentation très-significative : ils se parent de guirlandes de
ces feuillages épais auxquels le douzième siècle a donné un
si beau relief ; des lions, des tètes monstrueuses y mordent
les entrelacs de cette charmante floraison , comme on les
voit souvent aux chapiteaux s'efforcer de détruire l'harmo-
nie vivante et la splendide parure de la maison du Sei-
gneur.
L'encensoir de Lille, ainsi nommé parce qu'il fut découvert
chez un brocanteur de cette ville qui le vendit comme vieux
cuivre inutile, a été analysé aussi et reproduit encore par
M. Didron. Il est plus simple mais non moins ingénieux par
i7mb<»]isaie de le symbolismc qui le pare. Nous nous reprocherions de
toui MB détails. J n. r r
n'en pas dire un mot : il est rond, et, probablement dans la
L*eBoeBBOir de
Lille;
tëres de son prédécesseur, sans doute , mais ue procédait plus comme
lui par la gravité dans les masses. L'élancement des parties supérieures,
surtout, est ici trés-remarquable par la délicatesse et Texigulté des
détails. En un mot c*est bien, à notre avis, l'architecture du douzième,
mais on attribuerait mieux au treizième , vers 1230, par exemple, du
moins en grande partie , ce qui est de la sculpture et de ses finesses
d'exécution.— On sera convaincu de cette vérité si l'on compare cette
planche avec une autre dessinée et gravée par MM. Vîollet-Leduc et
Gaucherel au tome IV du même recueil {Annal, archéol., p. 293), la-
quelle est indiquée aussi comme représentant un encensoir de la fin
du douMième siècle.^On y reconnaît un caractère bien différent, et qui
nous semble le seul vrai.
(t) « Claritas Dei illuminavit eam {eivitatem), et lucema ejut est
Aguus. » (Apoc., XXI, 23.)
r
L'ORPÉVRERIB sacrée. — le moine REIGNER. 34 o
pensée du symboliste, c*est la terre, â*où les parfums s'élève-
ront en nuages vers le ciel. Sur une sorte de siège qui lui
sert de couronnement et dont la fenestration basse et étroite
semble bien indiquer la fournaise célèbre dans le chapitre m
de Daniel, se reposent dans une sorte d'extase les trois en-
fants de Babylone dont les noms éloignent tout équivoque :
rartiste a inscrit ces noms sur des bandes de métal qui
partagent en trois l'espace général donné à la sphère sym-
bolique. Au-dessus d'eux s'assied l'Ange qui les a sauvés des ^^ nmaid'un
flammes, tenant entre ses mains le disque ou sceau mysté-
rieux dont le symbolisme byzantin suppose que Dieu munit
toujours les rapides Envoyés qu'il charge de ses ordres pour
les mortels. Les trois jeunes gens regardent leur céleste
Sauveur et semblent continuer leur cantique d'actions de
gr&ces et de bénédiction, obéissant & FAngc qui semble leur
dire les paroles finales du cantique de Daniel : Anania ,
Azaria^ Mizael^ benediciie DomiAutn. Mais n'est-ce pas une Lefêu,iymboi«
heureuse idée d'avoir ainsi rapproché le feu qui sert à la
gloire de Dieu de celui qui, jadis, ne put dévorer ses servi-
teurs? Dieu lui-même n'est-il pas un feu qui consume,
mais d'une consomption douce et souhaitable par-dessus
tout , telle que l'eurent dans leur cœur les trois jeunes
Hébreux demeurés fidèles , telle que la goûtent encore les
âmes fermes et honnêtes qui traversent sans péril ni atteinte
les flammes du monde et des passions (4)? L'encensoir
(1} « Gava ne quando obliyiscariâ pacti Domini Dei lui..., quia Do-
minas iuuft îgois coDsumend est, Deus aemulator. » {Dculer., iv^ 23,24.)
— tPopalum ningnum..., filios Énacim..., ipse yidisti... DominusDeas
tous ipse transibit ante te, igois dcvorauB atque consumens, qui cod-
terat eos el deleat, atque disperdat ante faciem tuam yelociter. »
[Ihid,, IX, 2,3.)— On voit ici comment Partiste que nous examinons a
so trouver les rapport} entre le feu matériel et le feu spirituel, qui est
TRapriUSaint lui-même dans la pensée de l'Église : îgnis, Charitas et
spitilalis Unctio (bymn. Pentec.) , et dans celle de S. Eucher qui la
tradaisaildans les mêmes termes {Spicil. Solesm., II , 403). C'est dans
le même sens que le Sauveur est venu apporter le feu sur la terre :
« Ignem veni mittere in terram , et quid volo niai ut accendaturt »
{Lue,j XII, 49.) — Mais le feu est aussi le symbole des tribulations ,
l
AafaMMz diven :
•IMfwiM de lem
Rlehene dn qm-
boUnne
»po4|iie.
à cette
316 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
exprime donc tout cela. Le nôtre ne manque ni à un td
sens ni à rien de ce que Fidée particulière de la foannise
ardente pouvait suggérer à son inventeur, le moine Reigner
(Reinerus), qui l'a signé en sollicitant des prières de a
communauté pour prix de ce don merveilleux. Mais voyex
comme ce génie ignoré est riche d'esthétique : sur sa coupe
il a répandu de tous côtés des colombes, des bétes féroces,
des quadrupèdes hybrides, des serpents se jouant dans les
fleurs et les entrelacs, ou les mordant avec rage. D'où Tient
ce peuple animé, sinon du cantique lui-même par lequel
on entendit nos trois martyrs, demeurés sans blessures u
milieu du brasier ardent, inviter la nature avec ses plantes
et ses animaux, les oiseaux et les feuillages qu'ils habitent,!
louer le Seigneur comme ils l'ont fait si souvent dans tons
les reliefs de notre architecture sacrée? — Peut-être..., mais
nous croyons qu'il y a plus encore : ces bêtes à la physio-
nomie évidemment sauvage, ces mélanges confus dénatures
bestiales , ces physionomies sinistres ou hypocrites , telles
qu'on les remarque sur un si grand nombre de chapiteaux
où nous les avons signalées maintes fois , ne sont-elles {tts
quelque allusion à l'esprit du mal, inspirateur des mam'ais
desseins de Nabuchodonosor, et qui, vaincus par la tont^
puissance du Dieu fort, servent ici, mais bien malgré eut
comme toujours, au triomphe de cet irrésistible vamqueurt
Nous le pensons, quoique cet aperçu semble avoir échappé
à la sagacité bien connue de M. Didron [\).
Voilà donc Théophile, prêtre et moine, donnant les élémenis \
d'un chef-d'œuvre d'orfèvrerie reUgieuse à la fin du don*
zième siècle; et voilà aussi ce Reigner, prêtre et moinesans
doute, car sa dédicace ne s'adresse qu'à des frères vivant en
comme Teau : « Transivimus per ignem et aquam, et adduxisti nos il ,
refrigerinm » (Ps., lxt, 12); U est rindiguaiion céleâte tombant sur les!
pécheurs : « Conaumens eos igné irs mes » (Deuter,, xxxir, 22).— Voir
encore toat ce qu^aditsur ce a^j^t Teusemble des symbolistes du moyen
Age, Spicil. Solism,, 11, 177 et suiv.
(1) Voir Annal. archéoL, IV, 293 et suiT.
r
L'ORFÉVREBIE sacrée.— le MOUiE REIGMER. 347
commun : les voilà se révélant habiles artistes; et le dernier,
marchant sur des données toutes différentes, nous montre,
par une suite de détails merveilleusement combinés, com-
ment on peut appliquer au même objet les thèmes variés à
rinfini du symbolisme le plus gracieux et le plus fécond (4).
(i) Cet encensoir était de caivre. L'or et Targent , un le Yoit^ ne lui
eiusent pas mal été. Nous ne Toulons pas omettre , en finissant d'en
parler, la curieu^^e inscription qui se partageait eu trois vers les deux
i pbUes-txandes servant de bordure aux deux parties de l'encensoir, au
bsat de la coupe destinée à recevoir le feu, et au bas du couvercle qui
s'élevait au besoin par le moyen des chaînes. Cette inscription est d'une
poésie , on l'a fait remarquer justement, assez embarrassée dans se»
tllnres : la précision de Fartiste passait difficilement en des vers tech-
atques, qui ne pouvaient l'admettre qu'aux dépens du rbythme. Excu-
sons l'auteur, puisqu'aprës tout il nous a donné son nom à inscrire
dans le dictionnaire de nos orfèvres , et que par-dessus tout il nous
doime on de ces beaux exemples de pieux désintéressement qui
n'étaient pas rares en ces temps là !
hoe êço Bettumi io siffnum : guid miehi vêitris
SxtquiOÊ simitet debêbUit wwrte potito f
Et rtor eue preeet vestreu th^miawuita Ckritto,
l ÇÊBif Retnema, Je tou oftn ce symbole : qae me derreB-Tons après ma mort qui poisse
I M ressembler P J'aime i espérer que tos prières seront encore on parftun pour le
jCteirt.)
I Nous venons de parler des chaînes de l'encensoir : ce dernier trait de
^symbolisme appelle encore notre attention. C'est du pape Innocent III,
|ce grand maître de la même période séculaire , que nous apprenons ,
iinssi bien que de Guillaume Durant , qui l'a copié, l'importance qu'il
Ani attacher aux trois chaînes. « Elles représentent, disent-ils, en
[léonissant les deux parties de l'encensoir, les tiois unions qui fondent
iMsemble en Jésus-Christ la divinité et l'humanité, c'est-à-dire l'union
ils la chair à l'âme, l'union de la Divinité à la chair, et l'union de la
^rinité à Fàme. Que s'il y a quatre chaînes, comme on en voit à cer-
lu'ns encensoirs, alors on se plattà désigner ainsi une quatrième union,
iedle de la Divinité, pour composer un seul tout de l'âme et de la chair. »
pSBoe. 111, De sacro allaris MyUerio, lib. H, cap. xvii.— Durant!
Ipimat., RaticnaU div, 0^., lib. IV, cap. x.)- On peut voir encore, sur
p symbolisme de l'encensoir tout entier, Honorius d'Autun, Gemma
^Rtôur, lib« 1, cap. ii; Amalaire,/>e Ecclesiês 0/'/tcfû,lib. Ul, cap. xviii,
jrt plusieurs autres que cite dans son Symbolisme architectural des
^lis«M. l'abbé Godard-Saint-Jean, Bullet. monum., XIII, 351.
I Enfin disons aussi que, si l'iconographie monumentale nous montre
li souvent les Anges pourvus d'encensoir, c'est que leur principale fonc-
^n dans le ciel, lorsqu'ils ne sont pas employés comme messagers
pes volontés divines, ainsi que l'indique leur nom (ce nom, dit S. Gré-
pire le Grande étant celui de leur ministère et non pas de leur nature :
i
348 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
TnTftttx non Ce même douzième siècle, dont nous ne sortirions pas si
moins renutrqaA- ^ . • u ii »
biMdasuger. nous Youlions mentionner toutes les belles œuvres qm s;
rattachent à notre sujet, fut illustré par un grand homme
avec lequel nous avons déjà fait connaissance dans une de
nos précédentes dissertations (i). Suger ne fut pas moins
ingénieux dans l'art de Torfévrerie que dans les belles con-
ceptions que lui inspira Fédification de sa basilique de Sainl-
Denys, et surtout les magnifiques vitraux dont nous avons
parlé. Le livre De son administration est plein de ces utiles
souvenirs, qu'il faudrait prendre aujourd'hui pour autant
de conseils à écouter en maintes occasions où Tart reste si
/^J*î' •i.^'*'** insignifiant et si froid. Quel charme on éprouve à retrouver
de oftIat-D6ny> î
dans ces pages splendides les trois portes dorées de si
façade, celles des scènes de la passion, de la résurrection
et de l'ascension du Sauveur , dont la fonte se relevait de
ciselures et de mosaïques , et dont l'éclat artistique , disait
le pieux abbé, n'était dans son intention qu'une figure de
la Lumière éternelle vers laquelle il voulait élever tous
i*antoi d*or de la les coBurs (2) ! Uu autcl d'or, garni de pierreries qu*y voulut
consacrer la piété empressée des rois, des évoques et des
simples fidèles ; des reliquaires non moins riches pour les
restes vénérés des Saints ; mais surtout une magnifique
uoroixd*oretde représentation de la croix élevée en colonne d'or et de
gemmes, qu'entouraient en compartiments ciselés toutes
les scènes de la vie de l'Homme-Dieu auxquelles corres-
pondaient les faits prophétiques de l'ancienne Loi, et au pied
de laquelle les Ëvangélistes reposaient comme les irréfra-
A ngelorum voeabulum nomen est officiif non nalurse ; -* homil. iistt il
evang. Matth.), leur fonction^ disoDs-nous, est de rendre à Dieu de co»
tinuels hommages d'adoration, dont l'encens est le symbole le phu htlii*
tuel. Ceci est fondé sur le texte de l'Apocalypse, vin, 3 : Angehis $ki9
ante altars.habmsthuribtUum aureum. —Voir ci-dessns, t. il, eh. im,
p. 191.
(1) Voir ci-dessns, t. II, ch. xvii, sur le symbolisme architeetiunl d
iconographique de Suger dans son abbatiale de Saint-Denis.
(I) If entée at eaat per hmisA rttm
A4 nmm LwnflB» obi OkfIikM Jou Tera.
bMlUqae ;
pl«rr«rift ;
J
L*ORFÉVRBIUE SACRÉE/— L* ABBÉ 8UGER. 319
gables témoins des grandes merveilles de la Rédemption :
telles furent les principales bijouteries du temple régénéré
par ces habiles mains.
Et cependant son zèle ne devait pas se borner à ces incom- les tmm lAcrés ;
parables détails. Les vases sacrés étiucelèrent de toute la
parure convenable à la sainteté de leur destination ; les pupi-
tres antiques, relevés d'ivoire historié, ciselés d'animaux
jouant dans les feuillages, furent exclusivement réservés
au chant de FÉvangile, auquel toute la nature semblait ainsi
applaudir ; ce qui ne Tempôche pas de redorer ce bel aigle jatpnpitrti «tiM
qui figurait au milieu du chœur, et sur lequel s'ouvraient
pour le chant des offices d'incomparables manuscrits tout
resplendissants des fleurs d'azur et de carmin , et des ma-
juscules d'or élaborées par d'ingénieuses plumes dans la
grande salle des écrivains de l'abbaye.
On voit ici l'antique usage de ces pupitres portatifs et de gJ^'J^jS^^eî*
ces aigles posés au milieu du chœur pour soutenir les livres i>im.
de chant. On le peut faire remonter jusque vers la fin du
dixième siècle ; à cette époque , Foulques, abbé de Lobbes
au diocèse de Cambrai , en avait fait exécuter un dont les
annales bénédictines parlent avec admiration (4). Cet usage
n'est nullement aboli , et quoique le pillage constUulionnel
de nos égUses, en i 790, en ait détruit un grand nombre sous
prétexte d'en battre monnaie ou d'en couler des canons,
quelques paroisses en sont restées pourvues et se gar-
dent bien, comme Notre-Dame de Poitiers, de changer
ces beaux supports, dont le travail est fort remarquable ,
pour des meubles sans style et sans idée que des revendeurs
réussissent trop souvent à faire accepter. Le symbolisme
de l'oiseau sacré se comprend tout d'abord. Il était, ni plus
ni moins, la figure de S. Jean l'Évangéliste lui-même ; par
son vol élancé vers le ciel qu'il fixait de ses regards, il ren-
dait bien la parole évangélique donnée à la fois aux quatre
(i; MabUlon, Annal. Benedict., t. HI, 609.
320 HISTOIRE DU' SYMBOLISME.
points du monde (4). On peut juger par ces faits de Tintcl-
ligence qui préside parfois aux décisions de certains céré*
moniaires qui éloignent l'oiseau sacré du chœur et le font
nicher dans un grenier de sacristie, en attendant qu'il passe
dans le creuset du fondeur.
trew^Tïècte" ^^ pcusc bien que le treizième siècle, en héritant de tous
confome M itjiê les trésors de symbolisme que le douzième avait créés , ne
de rarohitectnre. «i -i i
négligea point de les exploiter, et que son orfèvrerie sut
répondre, comme les autres arts, aux attractions nouvelles
de Tépoque la plus parfaite et la plus pure du style ogival.
Alors comme toujours, mais avec un charme et une puis-
sance d'exécution qui ne pouvaient plus augmenter, on vit
les petits objets du culte, aussi bien que les plus impo-
santes masses, affecter les formes à la fois sévères et gra-
cieuses de ses façades historiées , des flèches élancées, des
légers contreforts et des toitures ornées de nos basiliques.
Ce que l'architecte et le sculpteur avaient osé, l'orfèvre
l'imita, devenu, comme l'un et l'autre, constructeur et ima-
gier; et il ne se borna point à mériter ce dernier titre par
le flni de ses naïves scènes de la Bible ou de la légende : il
se fit peintre aussi et coula sur ses cuivres dorés , sur son
vermeil et sur son argent les nielles et les émaux , après
lesquels on ne put rien ajouter au luxe et à la splendeur
de ces terrestres merveilles qu'on voulait rendre dignes du
ciel. Le filigrane, moins commun depuis le dixième siècle,
retrouva son crédit par la souplesse qui l'associa aveo un
admirable succès à l'ornementation d'une foule de détails
architectoniques. Les reliquaires d'argent trouvés en 4 850
(1) « 1d omnem terrain exivit sonus eoram. » (Ps., xviii, 4. ~
Rom», X, 18.) — Durant de Mende attribue aussi l'usage de lire l'Évan-
gile sur les ailes de l'aigle au désir de réaliser les paroles que le psaume
(XYii, 11) attribue à la Migesté divine : « Volavit super pennas ven-
torum i> {Ration, div, Offic,,\ïb, IV, cap. xxiY).~Mabillon cite un autre
texte non moins formel : « Instrumentum vero illud quod paratum est
receptui textus Rvangelii^ Johannes E^vangelista in simititudine aqailse
volantis adomat » {Act. saiict, Bmed., \U\, 476, cité par l'abbé Texier,
IHct. d'orfév., col. 48).
L*ORPiVRERlE SACRÉE.— L' AUTEL. 324
à Gharroux , et qui datent du treizième , sont une admi-
rable preuve que ce genre d'embellissement était alors fort
pratiqué.
Le costume ecclésiastique adopta lui-même dans ses BeMt< da «m.
orfrois et ses broderies à larges dimensions des dessins en que a» cette épo.
or de symboles variés, des incrustations de pierreries;
les chapes eurent leurs fermails à compartiments émailiés,
les mitres leurs signes sacrés imprimés ou brodés sur de
précieuses étoffes tissues de soie et d*or, de sorte que le
lapidaire et le joaillier n'y avaient pas moins à faire que
celui qui les avait taillées et cousues.
Nos recueils archéologiques sont pleins des plus beaux Le symboiitine
n'y est piui moins
spécimens de ce siècle en tous les genres. On y remarque ooiur^.
surtout Tunion du symbolisme à l'art manuel non moins que
dans le siècle précédent, et beaucoup plus qu'au suivant, où
déjà se manifestait moins de zèle à en maintenir les tradi-
tions. Qui ne sait les belles crosses, les inimitables reli-
quaires, les monstrances, les calices, les croix, les encen-
soirs , les chandeliers, et même les retables , publiés avec
tant de goût et de perfection par les notabilités actuelles de
la science (\) ? C'est à ces modèles qu'il faut recourir, et
nous allons proposer une suite d'observations qui ne peu-
vent manquer ici, ayant toutes leur utilité pratique. C'est
le rôle de Théophile que nous prenons en cela, et nous
dirons, comme il le disait pour son époque, de quelle façon
la nôtre doit comprendre et disposer tout ce que l'artiste
chrétien destine du service de l'autel.
Commençons par l'autel lui-même. Il est la table où se L*antei et son
consomme le Sacrifice, où repose le Saint des Saints : ^***
donnez-lui donc non cette magnificence factice qui en fait
parfois une masse de cUnquant,une maçonnerie revêtue de
(1) Cf. Bortout les Annales archéologiques, de Didron; — Le Moyen
Ageel la Renaissance, de M. Séré, t Ul : o^vèv^eblik;— Mélanges d ar-
chéologie, des RR. PP. Martin et Cahier ; ~ le Bulletin monumental, de
M. de Caomont; — la Reoue de Cart chrétien, de M. l'abbé GorbleU
T. IV. 2i
322 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
plaques de caivre doré, divisée en compartiments, sans élé-
gance ni signification, sur un fond repoussé d'étoiles ou de
fleurons qui ne ressemblent à rien . Ce n*est pas ainsi que
le moyen âge traitait ses autels. Le plus souvent , ils re-
présentaient par la face antérieure une suite d'arcades
romanes ou ogivales remplies par des statuettes d*apdtres
siégeant ou se tenant debout autour du Sauveur assis, dont
le type pouvait être très-varié : tels sont les autels modernes,
en style du douzième siècle, dans l'abbatiale nouvelle de
Fontgombaud et l'ancienne collégiale de Notre-Dame de
Poitiers {I}. Il est bien entendu que tout ce qui n'est pas
historié sur cet espace est garni d'arabesques, d'entrelacs,
de plantes symboliques, et qu'on n'y ménage ni la peinture
à la cire» ni Tor, ni même les pierreries et les émaux. Cette
même ornementation, on le sent , est applicable aux autels
de toute autre époque, et pour s'adapter à l'église,
Tantel aura été inspiré du style général. Cette condition ne
doit jamais être oubliée.
i«« ^^UMJMhNM De$ chandeliers se placent toujours sur l'autel, par une
<.>««« t prescription stiîcte qui ne permet pas de s'en passer pen-
(I) Cf. /trv. de fart chrél, yi, I, p. 539.— Nous ne yoadrions pas oublier
U^ mppeler Ici combien furent autrefois d'un bel effet ces devants d'au-
t^)a> qui ae cbangeaient à volonté^ et dont le fond en cuir repoussé offrait
«v«« tous lea sujets possibles une parure charmante et variée de fleurs
c\xlorié««4 d'oiseaux symboliques^ de guirlandes et de feuillages relevés
U\^ el d'argent. On a perdu l'usage de ces riches tentures^ qui pou-
vmivul se multiplier pour le même autel et y représenter les mystères
^)^ fiM«»s principales agencés avec beaucoup d'art et de sentiment.
KniTtiuoî ne reviendrait-on pas à ce genre^ qui offre avec une grande
rich««^e^ si on veut l'y adapter, un moyen d'économie très-fnvorable
à la lUupari de nos églises rurales ?
Vu autre moyen consiste à garnir le devant de l'autel d'un cadre dont
IVn^emble se découpe à jour en arcades romanes ou ogivales qu'on
remplit à volonté d'un fond garni de si^ets , de statuettes ou d'antres
motifs qu'on y a peints dans le style réclamé par l'édifice. Ce fond fait
ressortir la couleur liturgique analogue à celle des ornements du jour,
et c'est sur cette couleur qu'on peut faire saillir les sujets appropriés
aux différantes fêtes, car il peut varier ainsi autant qu'on le vent. Ce
moyen est plein de ressources et fort peu coûteux ; il se prête à tontes
les variantes d'un symbolisme plein d 'à-propos.
l'orfèvrerie sacrée.— les chandeliers. 323
dant le Saint Sacrifice : figure du Clirist, comme le cliante
l'Église quand elle renouvelle chaque année, au Samedi
saint, le feu sacré (lumen CArû/ij, la lumière^ qui rend plus
solennels tous ses offices, signale à plus forte raison Tim-
portance du plus sublime des actes liturgiques : elle brille
toujours quand s*immole la sainte Victime. On n*en eut d'a-
bord que deux sur l'autel, et l'on vint à en avoir six, comme
aujourd'hui (4). Ces six, ou seulement quatre, sont déter-
minés par le degré des fêtes. Nous avons dit comment et
pourquoi on en allume un septième à l'autel où officie
l'Évèque diocésain (2).
Donc on pouvait faire de ce meuble une parure digne i«v timibouni^
de la table qu on en chargeait. A cet égard encore , rien ▼vi^
(1) Une certaine école s'est formée parmi les archéologues laïques,
dont tous les efforts se dirigent à blâmer ces changements ou modifica-
tions que les siècles ont apportés à certains détails primitifs ou fort an-
tiques du culte divin. Ils ne Tondraient rien qui ne sortit des cata-
combes, et ne font aucune estime de l'assentiment général donné à ce
qui se pratique aii]ourd*bui. Par exemple , ils ont grande horreur des
quatre ou six chandeliers occupés par les six cierges qui, aux plus
grandes solennités, accompagnent le Sacrifice de l'autel . Ils joignent
beaucoup d'autres griefs à celui-ci, de toutqaoi ils accusent amèrement
le clergé comme désertant les règles anciennes. Nous devons répondre,
une fois pour toutes, à ces critiques opiniâtres, qu'une science est mal
traitée par qui ne la possède qu'à moitié; qu'ils devraient chercher à
suivre dans l'histoire les phases auxquelles se rattachent les modifica-
tions qui les scandalisent, et qu'après tout il est un peu tard, quand
les coutumes actuelles ont leur valeur légale depuis plus de quatre
cents ans, de venir réclamer contre elles. Pas un prêtre n'oserait main-
tenant revenir de lui même aux usages abolis qu'ils revendiquent,
sans s'exposer à un blâme sévère et mérité de des supérieurs ecclésias-
tiques. Donc, qu'il soit permis, au point de vue scientifique, d'établir
ce qui fut, d'en épier dans le cours des siècles les variantes toujours
curieuses , de s'en demander la raison (qu'on trouvera toujours fort
louable et très-motivée), rien de mieux : de telles discussions abou-
tissent à s'éclairer. Mais le simple chrétien n'a jamais qualité pour
j^rotester contre les décisions de l'autorité qui le guide ; sa compé-
tence doit cesser à cette limite , et c'est perdre du temps que de le
dépenser en récriminations qui n'ont pas plus de fondement que de
profit.
i%) Voir ci-dessus , t. II , sur le premier chapitre de l'Apocalypse^
p. 149.
324
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
n'égale certainement le moyen âge. Gomme on n'avait
voulu que la plus pure cire produite par la mère abeille {\}
pour éclairer de ses rayons et embaumer de son parfum
naturel les divines humiliations du Sauveur sacriûé, on
voulut à ce luminaire mystérieux un support qui parlât son
langage , qui reflétât son éclat moral par l'expression tou-
jours instructive d'une pensée symbolique. Très-variés par
la forme , plus ou moins simples ou riches de confection ou
de matière , que ce fût l'or , ou l'argent , ou le bronze qui
leur fût consacré , on trouva toujours moyen de les orner
avec plus ou moins de profusion. Le treizième siècle y est
d'une simplicité remarquable quoique pleine d'élégance; le
douzième est plus habituellement symbolique , plus trapu
et plus large dans son ensemble , mais aussi profitant de
ses dimensions , inspirées d'ailleurs par le but du fondeur
qui veut les utiliser pour reproduire les images bien con-
nues du Sauveur et de ses attributs. Nous en connaissons un
spécimen des plus remarquables de cette dernière époque.
Reposant sur trois pattes de lion ou de grifon, le nœud inter-
médiaire offre, au milieu de feuillages en relief, quatre mo-
dillons reproduisant chacun des animaux du Tétramorphe;
la cuvette est supportée par deux lézards, dont le rôle tou-
jours néfaste n'a pas d'opposition qui puisse en faire un sym-
bole du bien. Gomme ici le lion et le grifon, ce lézard est une
image de l'Antéchrist forcé, comme prince du feu éternel, à
parer le triomphe de la Lumière indéfectible (2). D'autres
(1) « Quam mater apis produxit ! » {Préface de la bér^édUtion du
cierge pascal.) —Voir, ci-après, p. 325, note.
(2) Od voit ce chandelier au mupée de Cluny.— Le lézard est, comme
le scorpion, toujours pris pour le démon ; l'un et l'autre rampent , se
cacbent danâ les murs; ils ne sont bons qu'à être foulés aux pieds: et
cependant ils diffèrent beaucoup de caractère, car le lézard est parfaite-
ment innocent et ne nuit jamais à l'homme; le scorpion, au contraire,
mord et empoisonne. — Mais le lézard est un des animaux impurs du
Lévitique; il est défendu par la Loi de s'en nourrir : Lacerta non CO'
medelur (xi, 30, 41). C'est un titre au mépris et à la réprobation.
Pierre de Capoue et l'Anonyme de Clairvaux traitent ces deux b^tes
L*ORFÉVRERIE SACRÉE. — LES CHANDELIERS. 325
fois, ce sont des griffes d'aigle, dont le sens ne dit rien de
meilleur ; et sur la tige se développent capricieusement des
hybrides aux ailes étendues, et dont la tète a également ses
caractères peu rassurants. Au reste , ces gracieux chande-
liers sont d'une hauteur médiocre et ne varient guère que
de 12 à 30 centimètres : c'était au plus la taille de nos
flambeaux de cheminées.
Mais on n'en restait pas à ces mesures, réservées à l'autel l« ohandeii«r
du oiergA pMCsl «
quand il n'avait encore ni ses gradins ni son retable. Dès
lors on avait à pourvoir aussi d'un support proportionné le
cierge pascal, dont la bénédiction solennelle au Samedi
saint était déjà pratiquée au temps de S. Augustin , mort
en 429 (i). On fit parfois pour ce symbole liturgique de a SAint.jean de
superbes chandeliers , dont un des plus remarquables est "^
celui de Saint- Jean de Latran, à Rome. C'est une colonne
de bronze avec son chapiteau , et sa base repose sur le dos
d'un lion qui , on le devine , n'est autre chose que l'em-
blème du Sauveur. Il parait être du treizième siècle. On
en voit un du douzième au musée de Cluny, formé d'une
tige fort simple et supporté par un quadrupède assez équi-
voque , et qui peut être aussi un lion ; mais on n'a plus
de doute sur la nature et le rôle de l'animal, qui représente
avec pea d'indalgeuce , et leurs noms leur semblent deux synonymes
de Fesprit du mal. (Cf. Spicileg» Solesrn., ïl\, 95; et les zoologistes de
la Bible.)
(1) L'ancien Sacramentaire gallican attribue à S. Augustin la com-
position du magnifique chant Exsvltet jam angelica lurba cœlorum,
qui accompagne la bénédiction du cierge pascal. Mablllon et Lebrun
en parlent dans le même sens. Ce cierge^ comme il résulte du texte
liturgique, est en même temps une image de la Lumière évangélique
et de la Résurrection. Il est même la figure du Sauveur ressuscité et
apparaissant à ses disciples pendant quarante jours : Per dies qua-
draginla apparens eis , loquens defregno Dei (Act., i, 3). C'est
pour cela qu'allumé pendant tous les Offices depuis le jour de Pâques
jusqu'à celui de l'Ascension, l'Ordre romain le fait éteindre à ces
paroles de l'évangile de la messe solennelle : As!iumpiu$ est in rœlum»
— Voir Grancolas, T/\ de VOff. div,, p. 546 et 590; — Benoit XIV, De
Ptslis.
326 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Satan par sa cruauté et sa vigilance , si l'on considère un
autre modèle du même musée, indiqué par Didron comme
étant de la fin du douzième siècle. Cette ferme et riche
exécution , dont le nœud est fortement accusé, a sa cuvette
reliée à la tige par deux espèces de reptiles à deux pattes
qui la mordent , et son pied repose sur trois pattes de lion
au-dessus desquelles une grotesque figure de démon ornée
de griffes et d'ailes se mêle à des entrelacs fort savamment
agencés. Nous ne voyons pas pourquoi ce genre ne serait
pas adopté pour une église de la même époque , où un tel
ensemble se marierait bien aux sculptures des chapiteaux
ou des modillons.
Au reste , beaucoup de modèles nous ont été faits dans
les différents styles du moyen âge en ces derniers temps.
On commence à les préférer, grâce Dieu , à ces grandes et
insignifiantes quincailleries dont on dotait nos autels depuis
deux cents ans. C'est au clergé à ne plus vouloir de ces
tiges démesurées dont les guirlandes ornent le pied en s'y
drapant uniformément sous les fausses apparences d'une
dorure menteuse , et que surmontent toujours des cierges
gigantesques ou d'ignobles souches en ferblanc. Partout
aujourd'hui on trouvera mieux que ces instruments ridi-
cules.
Lesiiunp«s. Lcs lampcs out toujours été recommandées comme un
symbole de lumière indéfectible brûlant devant le Sacre-
ment divin. Leur but devait donc en faire le terme auquel
vinssent aboutir toutes sortes de soins pour la matière et
la composition. Aussi anciennes que l'Église , elles perpé-
tuaient l'usage qui en avait été prescrit par l'Exode devant
le Tabernacle, et plus tard dans le temple de Jérusalem (^).
(1) « Faciès et lacernasseptem, et poneseas super candelabrum, ut
luceant ex adverso. » {Exod,, xxv , 37.) — Les Pères voyaient dans ce
chandelier d'or le Saint-Esprit, donlTor est i^cmblème, et qui est tout
amour^ Ignis , Charilas. Les sept lampes étaient les sept dons de ce
même Esprit, différents dans leurs q^ualités et leurs effets; formés et
entretenus par le même amour.— Voir Sacy, m h, loc, et Texicr, IHct.
d'orfév., col. 327.
l'orfèvrerie sacrée.— les chandeliers. 327
Du temps de S. Paulin (353-434), on les multipliait déjà au«
tour des autels (4 } . Ce furent donc leur importance liturgique
et le symbolisme de leur signification qui dictèrent toutes les
beautés artistiques dont on les enrichit. Ces deux points
feraient le sujet de dissertations intéressantes. Nous nous
garderons de répéter ici ce qu'en ont écrit, de notre temps ,
des archéologues distingués , déjà cités maintes fois ; disons
seulement de quels traits éloquents le symbolisme a tou-
jours voulu les honorer.
D'abord simples et de dimensions restreintes, les lampes lm ooaroim«
'^ ^ d^ lumière.
prirent de vastes développements à mesure que l'art reli-
gieux épanouit ses ressources intimes ornées de tous les attri-
buts de Dieu , des Anges , des Saints , de la nature vivante ;
on les vit s'élever bientôt au niveau des plus magnifiques
meubles, et leur beauté s'augmenta selon qu'elles s'ap-
prochèrent plus des temps hiératiques, où les études théolo-
giques firent du symbolisme une véritable science. Qui ne
connaît ïarbre de Milan^ où se développe toute la vie de la
Sainte Vierge, et mille autres qu'a reproduits le burin dans
nos belles gravures archéologiques? Eh bien ! il fallait à tout
cela des œuvres rivales non moins merveilleuses , et qui
dépassassent encore ce style plein d'images et de fleurs. On
inventa les couronnes de lumières, qui, semblables à celle
de la chapelle impériale d'Aix-la-Chapelle, formèrent devant
l'autel un cercle grandiose , figurant une enceinte murale
flanquée de tours nombreuses, de portes ouvertes à la foule,
surmontée de lumières sans nombre , et rappelant , en un »
mot , par tous ses accessoires , la céleste Jérusalem de
(1) Clara coronaatnr densis altarla ly ehnis
Hoote, dieqne mloank.
(S. Paul., Carmina^ p. 206. Paris., 1685, ia-4*.)
Notre S. Fortunat mentionne aussi cette abondance de lumières
dans Téglise de Saint -André construite à Ravenne par l'évêque
S. Vital :
H»e sua tacta replet LauMiitloc Igne tereno
Cid pia flamma dedlt hioe pereone dlen.
(Aftoetf/an., Ub. t, oap. n.)
328 HISTOIftE DU SYMBOLISME.
l'Apocalypse (^). Comparez ces œuvres à ces lustres de laiton
et de verre qui , dans nos églises , figurent encore , après
avoir lassé des salons ou des vestibules de leurs bougies et
de leur froide uniformité !
l'auteir"*^"* **® Une croix s'élevait toujours sur l'autel entre les deux
chandeliers; l'antiquité la plus reculée ne laissa jamais
vide la place qu'elle occupe encore. Cette prescription a été
même j usqu'à porter à trois le nombre de celles dont on parait
l'autel de la messe. Ce rite s'observe encore chez les Armé-
niens , et rappelle les trois croix du Calvaire. Au pied de la
croix qui , depuis trois siècles au moins, reste permanente
sur l'autel en dehors du Saint Sacrifice, on a souvent placé
un agneau (2) ou un cerf, ennemi du serpent (3j, ou le ser-
pent lui-même se tordant de rage sous les influences du
sang divin qui ruine son empire. Ce sont là des symboles
d'une simplicité primordiale , et on ne les a pas dédaignés
au moyen âge. Rien de plus beau que certaines de ces
croix confectionnées en ces temps de foi et d'amour pour
les cathédrales et les basiliques de nos monastères. On
semblait s'évertueràrendre le plus magnifique que possible
(1) Voir U Arbre de la Vierge, dans le? Annal, archéolog., L xrv.
passim^— et La Couronne de lumières d'Aix-la-Chapelle, d^n» les
Mélang. d'archéol. des PP. Cahier et Martin, t. HI.
(2) « Sicat ovis ad occisioDein. » {h., lui, 7.) — Dara&t de Mende
parle du crucifix comme disparaissant de Tautel après la messe.
(8) Ne devons mettre en oubllimce
Ce dit, ne la sénëflance
Del cerf, qui estrangemont ovre
* Quer il me^Jue la colovre...
dit Guillaume le Normand (xxxii. Du Cerf).
Tous les naturalistes anciens et les bestiaires du moyen âge s'accor-
dent à dire> avec ce même Guillaume ^ que le cerf, image du Sauveur
d'après les symbolistes , hait le serpent , qui reste toujours en ce ca^
Temblème du démon. Le premier aime à se remplir la bouche d'eau
qu'il va jeter à l'entrée du trou où l'autre se cache, le force d'en sortir,
l'attire vers lui par une forte aspiration . puis le foule aux pieds et le
mange. « Ainsi Jésus-Christ fit sortir le diable de l'enfer. \\ est la claire
fontaine que celui-ci ne peut souffrir.» (Cf. Hippeau^ Le Bestiaire divin
de Guill. de Normandie, p.. 171 et 277, — etThéobald, ci-dessus, t. UI,
p. 403.)
l'orfèvrerie sacrée.— CRUCinX ET CALICES. 329
Tobjet devenu inséparable du divin Objet de toutes les
adorations du eiel et de la terre. Que, selon les âges , on
Tornât de ciselures offrant aux regards la personne au-
guste du Sauveur attaché à la croix , ou que cette sainte
image y fût apposée en relief comme on le jfit plus tard ,
on Ty voit toujours environnée du Tétramorphe, des deux
astres , ou des quatre fleuves de TÉden , ou surmontée de
la main céleste qu'on retrouve jusqu'au treizième siècle
figurant dans notre imagerie symbolique. Les types ne
manquent pas , d'après lesquels on peut renouveler ces
précieux ornements d'un autel pour lequel nous voudrions,
au moins sur une croix de métal plus ou moins enrichie,
un de ces beaux christs en ivoire qu'on travaille très-bien
aujourd'hui , et qui aurait le doublç avantage d'ajouter à
un objet de valeur une matière par trop délaissée pour les
bijoux du saint Lieu (4).
Passons au calice, qu'appelle maintenant l'autel pourvu L«wiioes;
de son indispensable luminaire et de sa croix non moins
obligatoire. Ce vase est de la plus haute importance , car
il se rattache à ce qu'il y a de plus élevé , de plus divin
dans le culte catholique. Félicitons-nous de n'en être plus
à ces coupes sans caractère , juchées sur un pied dont la
longueur exagérée se partageait en trois ou quatre nœud?
aussi gênants qu'inutiles , et dont la base épaisse et gonflée
avait parfois pour grande parure deux ou trois médaillons
représentant au repoussé la Naissance, la Passion et la Résur-
rection, quand elle ne se contentait pas de feuilles d'acanthe
ou de persil. On est parvenu à de meilleures formes, et, pour
y venir, des marchands, qui ne sont pas tant des artistes que
des spéculateurs, n'ont eu qu'à regarder dans nos musées tels
ou tels spécimens que nous avaient légués les siècles anté-
térieurs à la Renaissance, Mais on se borne là assez gêné- combien le tym.
(1:) CoDsuUer , sur les croix et lenr oniementaUpn variée , Didron ,
Annal.archéoi.y Revue dcCàrt chrélien, et toutes les grandes pablica-
lions que DOiisavohs^itées jusqu'ici.
330 HISTOIRE DU STMBOUSIIE.
beunne lew «tk ralement. On vous sert un calice qu'on attribue plus ou
moins justement à telle époque , gracieux sans doute et
joli , et pourtant dépourvu encore de tout caractère qui le
distingue d*une coupe que nous pourrions dire profane, si
d'un certain côté la petite croix obligatoire ne figurait pas
sur une des quatre ou cinq divisions de la base.
UùOh proprM Avouous qu'ou pourrait mieux faire, ne fût-ce qu'en déco-
poor leur orne- * * *
mentation. rant la coupe et les autres surfaces de quelques souvemrs de
nos études symboliques. Et où est-ce donc que nous placerons
mieux l'esthétique chrétienne que sur ce vase vénérable à
tant de titres, qu'on ne peut voir sans se rappeler les figures
qui l'annoncèrent : la Manne du désert, le Serpent d'airain,
les Pains de proposition , le raisin de Jéricho , l'Eau du
rocher, l'Agneau pascal ? Que si vous voulez plus que de
tels symboles, pourtant fort expressifs, usez plus largement
des traditions historiques ; partagez en quatre panneaux
la base de votre petit monument ; représentez-y les quatre
vertus cardinales , qui doivent habituellement préparer au
banquet de chaque jour Févêque et le prêtre ; formulez ces
vertus , soit par des femmes pourvues des insignes que
nous leur connaissons {i ) , soit par leurs simples attributs
(1) Nous ne pouvons nous arrêter à ceUe énorme nomencUlore des
Tertus, pour lesquelles un livre, même considérable, serait à faire au
point de vue de l'art chrétien ; et cependant nous ne devons pas priver
nos lecteurs des noUons essentieUes à l'enseignement que nous profes-
sons ici. C'est pourquoi nous croyons devoir exposer ce qu'il faut
savoir des plus importantes et des plus usuelles en archéologie symbo-
listique.
Les vertus, pour devenir autant d'allégories iconographiques, ont dû
se personnifier, et c^est par là qu'on les rend plus sensibles en leur don-
nant des attributs distinctifs. On ne les voit jamais ainsi représentées
dans l'Écriture, où on n& leur donne aucun caractère particulier. Mais ee
sont toutes des femmes remarquables par une beauté mâle et d'ane
activité énergique, comme on le voit au tympan de la cathédrale d'A-
miens, pratiquant le rôle qui leur «st propre et accompagnées de leurs
attributs spéciaux. A Civray et à Parthenay (en Poitou), le sculpteur
leur fait terrasser les vices , qu'elles combattent aous la forme de
monstres vaincus. II y a sur ce sujet , dans toute la patrologle , d'iogé-
nieuses révélations, qu'ont exploitées utilement nos grands traités d'ar-
l'orféyreiue sacrée.— les calices. 334
qu'entoareront dés cabochons ou des pierreries de couleur
convenable à chacune d'elles ; jetez dans les intervalles des
végétations analogues s'enroulant en nielles ou en émaux
sur les fonds d'or ou d'argent ; surmontez tout cela d'un
palmier qui formera la tige du vase précieux, et dont la tète,
avec ses feuilles serrées, ira former une fausse-coupe où s'en-
cadrera la coupe véritable : ce sera un nouveau symbole
du Juste orné comme d'une floraison spirituelle {4 } , des
vertus qui servent de racines à l'arbre mystérieux , et par
cela même vous pourrez donner à cette coupe la forme
d'une datte aux sucs aussi doux que nourrissants; ou bien
vous en ferez un triple compartiment où brilleront les
vertus théologales ou personnifiées, ou symbolisées, et
toujours entourées de la belle parure donnée à celles qui
figurent à la partie inférieure de ce beau travail. Ainsi
ebéologie; mais ce qui peut suffire en cela à ceux qui ne peuvent étu-
dier de longues dissertations , c*est l'iconographie générale qui s'en
est beaucoup répandue dans ces derniers temps, et que la moindre re-
cherche fera trouver.
Par antagonisme , les vices sont souvent représentés* par des ani-
maux monstrueux , et ils sont placés souvent , par opposition , en
(ace des vertus , pour mieux faire ressortir celles-ci. C'est avec ce
cortège , qui leur sert de triomphe , qu'elles apparaissent , escortées
même des vierges sages et des vierges folles , dans beaucoup de
façades sculptées de nos basiliques. Les vertas théologales, cardinales,
morales , sociales et privées , ont leur histoire sur la première page
ciselée de ces vastes églises , et c*est là surtout qu'on peut les étu"
dier plus sûrement et avec plus de fruit. On leur donne ordinairement
un nimbe carré, réservé anx Saints encore voyageurs sur la terre :
c'est le symbole des quatre vertus cardinales. Enfin d'autres rappro-
chements les ont fait symboliser tantôt par des fleurs, comme au grand
portail de la cathédrale d'Auxerre, parce qu'elles sont comme un par-
fum jeté sur le monde; tantôt par des tours, comme à la couronne de
Imnières d'Uildesheim, parce qu'elles ont eu elles une force de résistance
(nr<Uj)contre tous les obstacles que les passions leur opposent. — Ainsi,
nous le voyons, les vertus trouvent toujours et partout leurs symboles
très-expressifs : ces symboles ne sont pas moins dans l'architecture
que dons |a zoologie , dans la théologie que dans la flore morale. Une
fois de plus, nous reconnaissons que la nature est tout entière dominée
par cette philosophie élevée.
(1) « Justus ut palma florebit. » (Ps., xci, 13.)
332 HISTOIRE DU STMBOUSME.
donc , soit que tous descendiez de la tète de l'arbre à sa
base, soit que vous remontiez de celle-ci à sa tête, vous
retrouvez cette divine alliance des vertus fondamentales
du cœur chrétien , indispensables à la sainteté de la vie ,
gages certains de la glorification surnaturelle , et fruits
toujours plus beaux et plus mûrs du sang précieux qui
découle du calice comme des nouvelles plaies du Sauveur.
Digression sur Nous uc dcvous pas Omettre, à propos du calice, les di-
le symbolisme du , , , . \ . ^
ciuioe. verses ou du moms les principales acceptions figurées que
lui ont faites les symbolistes. C'est, comme toujours, des
Livres saints qu'ils les ont prises; car le calice y est tanlftt
Temblème des tribulations de ce monde , des souffrances
du Sauveur et des martyrs (I } ; tantôt le supplice des réprou-
vés et la juste indignation de Dieu (2) ; tantôt enfin les con-
solations des justes et la Communion qui en est la source
abondante (3). Le Spicilége de Solesme développe ce fait
scientifique , et Texpose par une foule d'autorités que nous
connaissons (4). Ainsi, nous retrouvons encore ici le sys-
tème d'opposition partout indiqué, partout suivi. L'art n'a
pas manqué de s'en emparer , et le calice lui revient sou-
vent comme une expression soit de gloire, soit d'ignominie
que font très-bien comprendre le fond et les détails du sujet.
C'est de la sorte que, dans la belle collégiale de Chauvîgny-
suf -Vienne, un chapiteau du sanctuaire nous montre Baby-
lonc, emblème des désordres des sens, tenant à la main une
(1) « Calicem quem dédit mibi Pater, non bU>am illam ? » {Joan,
xvni, 11.)— « Potestis calicem bibere quem ego bibitunis sam ? «
(Matih., XX, 22.} — « Calicem quidem menm bibetis. ii(JI/atfA.,ii,23.)
(2) M IgDiâ et sulpbur^ et spiritnsprocellarum: para calicis eoram.»
(Ps., X, 7.) — « Jérusalem..., quœ bibisti de manu Domini calicem irm
EJU8. » {h., LI, 17.)
(3) <c Et calix meus inebrians qnam praeclarus est! » {Ps,, xxn, 7.]—
« Quid retribuam Domino pro omnibus qns retribuit mihî? Calic«m
salutaris accipiam. » (Ps., cxv, 43.) — « Hic calix novnm Testameotom
est in meo sanguine. » (1 Cor,, xi, 25.)
(4) Spic, Solesm., 11, 465: S. Melitonis Clavis, De Lignts et Floribof,
«ap. cxiv.
l*orf£vrerie sacrée.— les calices. 333
coupe qu'elle semble oflrir à qui voudra la prendre. N'est-ce
pas évidemment le texte de Jérémie accusant la grande pros-.
tituée d'avoir enivré toute la terre (4) ? Il en est bien autre-
ment quand le calice est abordé par deux oiseaux qui s'y
désaltèrent. Notre lecteur sait à quoi s'en tenir sur ce point.
Hais en partant de cette idée, certains artistes ont su se faire
d'habiles thèmes qui en amplifient la portée et l'ont fécon-
dée au profit du symbolisme chrétiep. En voici un exemple
remarquable :
Dans un bréviaire écrit en Espagne avant la fin du quin- oroup» qrmbo-
Uqae d'an calice
zième siècle , on trouve en marge de l'office de S. Hilde- dêS.n<iefoiiw.
fonse, archevêque de Tolède (657 à 667), une vignette repré-
sentant un calice d'or , dépourvu de tige , comme à cette
époque, derrière lequel s'élève le buste du Saint. Du calice
s'épanchent à droite et à gauche des branches de chêne
garnies de leurs fruits , symbole de la force et de la dou-
ceur nutritive qui émanent de l'Eucharistie. Tout ceci est
d'un gracieux agencement et formerait seul une charmante
allégorie ; mais deux autres sujets s'y rattachent et y ajou-
tent une sérieuse leçon. Au pied , et à droite du calice, se
tient un oiseau, une colombe dont toute l'attitude et le
pieux élan indiquent une aspiration aux trésors du vase
sacré, non moins que les gentillesses de ses. formes, qui
semblent lui en mériter la faveur. A gauche, au con-
traire, s'accroupit un monstre hybride dont la gueule, hor-
riblement ouverte et garnie de dents acérées, indique, aussi
bien que l'ardeur de son regard, une rage féroce. Que peu-
vent faire là ces deux êtres si différents ? N'est-ce pas le
parallélisme de la piété chaste et fidèle, pleine du désir de
la nourriture céleste , — et de l'hérésie qui , impuissante à
détruire l'auguste mystère, non-seulement refuse d'y parti-
(1) « Calixaureos Babylonia... inebrians omnem terrain. » {Jerem.,
IX t 7.) — S. MélitoD , ubi suprà , Vinterprôte dans ce sens , et nous
TaTOQs exposé d'après l'Apocalypse (xvii, 1 et 2)^ ci-dessus, t. H,
p. 283.
334 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
ciper, mais Tinjurie de toutes les expressions de sa haine ?
Ne trouve-t-on pas ici de frappants rapports avec tant d'au-
tres images où l'on voit boire simultanément tantôt deux
colombes , emblème de la communion fervente des âmes
pures, tantôt une de ces deux colombes dont rien ne dépare
la nature aimable, pendant que l'autre se termine avec des
ailes et des griffes de vautour indiquant Fâme mal disposée
au Banquet divin ; tantôt encore , l'une d'elle, tout en gar-
dant sa forme habituelle, douce et élégante, détourne la
tète et représente très-bien l'indifférence des cœurs tièdes
ou de peu de foi. — 11 est encore possible qu'au quinzième
siècle , époque de cette miniature , et lorsque les reliques
de S. Hildefonse, découvertes en UOO, venaient de rani-
mer son souvenir et son culte, le peintre ait voulu faire
allusion, par ces deux animaux, au Traité^ resté célèbre à
juste titre, de la virginité perpétuelle de Marie, qu'avait
composé le saint prélat , et où il réfutait les Juifs de son
temps , aussi bien que Jovinien et Helvidius qui , au qua-
trième siècle, avaient nié dans la Vierge-Mère cette préro-
gative fondamentale. Ainsi, d'un côté, la foi simple et pure;
de l'autre, l'erreur hostile et furieuse, et, comme terme de
séparation formelle entre elles deux, le Sacrement dont
l'éloignemenl ou la recherche exprime le plus nettement
les saintes affections de la piété catholique ou les haines
malheureuses de l'impiété (I ) .
(1) Cf. BoUand., 23 Januar., p. 537 ; — Baillet, Vies des Saints, t. 1,
p. 320, in-4», 1739.— Noua devons le type de la miniature ici exposée à
l'obligeance de M. le comte Auguste de Bastard^ qui a bien voula nous
communiquer le bois qu'il en a fait faire pour accompagner le compte
rendu, plein de bienveillance, qu'il fit en 1850, au Comité des arts et
monuments, du premier volume de notre Histoire de la cathédrale de
Poitiers, Le savant écrivain , j notifiant , contre des objections trop fré-
quentes en ce temps-là, mes opinions sur les modillons de notre magni-
fique édifice , prétendait , en connaisseur exercé , que beaucoup de
8i]gets semblaient d'abord inexplicables, et pourtant avaient nécessai-
rement un sens à chercher; que ce sens était renfermé très-aouvent
sous le voile de données très-connues du moyen àge^ mais devenues un
mystère pour ceux qui ne remontaient pas assez à son esprit par de»
l'orfèvrerie sacrée. — LES CALICES. 335
Un autre genre de symbolisme a été donné au calice : on c«uom gnjé»
„ , , ^ ^ _ , sur let tombes, ou
la placé souvent , et nous voudrions que cet usage ne se àép<méu dâm i<»
perdu pas , sur la pierre tombale des prêtres. Nous avons
des exemples de cette dévotion usitée dès le treizième siècle,
et probablement elle l'était bien antérieurement. On allait
plus loin : c'est dans le tombeau même qu'on déposait le
vase précieux , et pour celui-là même on ne ménageait pas
Tor et l'argent , ni l'élégance des formes, ni les recherches
d'ornementation, comme nous le voyons par celui d'Her-
vée, évêque de Troyes, de 4207 à 4223. Ce charmant petit
vase d'argent repoussé, doré pour quelques détails, avait à
sa base huit feuilles d'olivier. Sa patène, aussi d'argent, est
ornée à l'intérieur d'un cercle doré au milieu duquel un
nimbe crucifère entoure une main qui bénit (4).
Cette modeste, mais très-convenable parure, peut s'adapter u eaiioe le piw
toujours à nos calices d'usage actuel , et il est aisé de com- eon\7<S^ s?n
prendre qu'on peut varier à l'infini de tels motifs , selon '"*■*• ^gwat
qu'on voudra glaner dans le vaste champ laissé ouvert par
les Pères et les symbolistes ; que si l'on se borne à une ex-
trême simplicité , comme il la faut aux églises qui ne peu-
vent se munir qu'à des prix modérés , nous recommande-
étades spéciales; et H apportait en exemple, parmi' plasieurs antres,
eette charmante image du Bréviaire manuscrit de Tolède. Une large
exposition des pensées de M. de Bastard l'accompagne en une note
très-doctement élaborée , et à laquelle nous aimons à renvoyer notre
lecteur (voir Bulletin du Comité des arts et monuments , 1850 , t. H,
p. 174 et suiv.). 11 n*y a qu'un point sur lequel nous diJEférerions^ le
vénérable aichéologue et nous : ce serait l'interprétation symbolique
des deux animaux qui flanquent le calice^ et dans lesquels il faudrait
voir, selon lui, « la communauté chrétienne célébrant la fête de S. Hil-
defunse.» — Nous avons cru trouver, dans l'explication qui nous est per-
sonnelle^ une traduction plus conforme à d'autres images dont l'analogie
est frappante, et plus simple aussi, parce qu'elle semble naturellement
déduite des traditions déjà reçues; et pourtant nous ne sommes que
sincère en nous inclinant devant une autorité que nous préférerions de
beaucoup à nos propres persuasions !
(1) Voir Notice sur les objets trouvés dans plusieurs cercueils de
pierre de la cathédrale de Troyw, par M. Arnaud, p. 12, cité par l'abbé
Texier, IHctionn. d'orfévr., col. 301.
336 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
roiis au moins de ne pas accepter des objets de caprice,
dictés par l'arbitraire d'orfèvres peu autorisés. Qu'on ne
choisisse pas au hasard parmi des objets sans pensée; qu'on
s'attache à rapprocher la forme et le style général du style
de l'église où le calice doit servir. La coupe en vermeil est
d'un charmant effet si on l'élève sur une tige et un pied
mêlés d'or et d'argent , ce mélange ne fût-il que de minces
arabesques ou de feuillages. Les verroteries sont devenues
d'un si bas prix, qu'on peut à très-peu de frais en garnir,
mais sobrement, les lobes et le nœud. Celles-ci encore, ayant
leur langage figuratif, peuvent représenter la foi par le gre-
nat, ou la sardoine, ou l'émeraude; l'espérance, par le saphir
ou le jaspe; la charité, par la topaze ou le grenat. Ces indi-
cations suffisent comme base d'une foule de notions ana-
con4itioiw e«. logues. Qu'oii nous permette d'ajouter, en dehors de tout
ltVsSï<ut«. symbolisme, comme étant deux conditions essentielles de
ce vase sacré, intrinsèquement le plus précieux et le plus
éminent de tous , qu'il importe surtout de veiller à ce que
la base en soit large pour plus de solidité, et la coupe légè-
rement évasée par ses bords afin de rendre plus facQe et
plus sûre la consommation du précieux Sang. On évite par
ces précautions des accidents souverainement regrettables,
et elles rentrent dans le domaine du prêtre autant que le
zèle qu'il doit mettre à donner à la matière des vases sacres
la vie et l'intelligence que la saine théologie a toujoui*s exi-
gées pour eux.
K^pMTpfodi. Quant aux émaux, dont la mode actuelle aime à parer
certaines parties des cahces, nous ne croyons pas devoir en
encourager le goût et l'usage. Les spécimens que les orfèvres
modernes nous eu ont donnés jusqu'ici réussissent peu à en
patronner l'emploi. Ue que les émaux y ont de fort peu artis-
tique par le peu de fermeté des tons; leur trop parfaite res-
semblance à des images communes ; enfin la fragilité de ces
surfkces vitreuses, qui ne se réparent jamais qu'à des frais
excessifs, tout contribue à faire regi*etter Tengoûment dont
L*ORFÉVRERIE SACRÉE.— VASES D'aUTEL. 337
on s'est épris pour cette parure de valeur équivoque. Nous
ne pouvons donc qu'exhorter à éviter ce surcroît de dépense,
relativement énorme, et à reporter de préférence le mérite
effectif sur la matière, la ciselure et les reliefs.
Nous ne mentionnons que pour mémoire la patène , dont La patèoe.
les embellissements artistiques doivent toujours être, on le
sait , analogues à ceux du calice , et que nous conseillons
seulement de ne pas creuser, quoiqu'en lui laissant une
certaine concavité qui suffise à retenir les parcelles de la
Sainte Hostie.
Nous avons parlé des colombes eucharistiques destinées à ciboire* «n tor-
. me de colombe.
la Samte Réserve, et par cela même servant de tabernacle
au-dessus de l'autel (I). Quelques écrivains, qui se sont
copiés sans discernement , ont parlé de calices ayant cette
forme; qui ne voit que c'est évidemment impossible? Gon-
tentons-nous donc d'ajouter aux notions déjà données sur
ce point que cette belle pièce d'orfèvrerie est de la plus
haute antiquité. On en trouve un exemple qui doit dater à
peu près de Fan 370 dans un auteur de cette époque (2). Le
testament de S. Perpétue , de Tours , dont nous avons
parlé , n'est pas moins explicite , et parle d'une colombe
semblable destinée à porter la Sainte Eucharistie aux ma-
lades (3^
On avait, comme complément des vases sacrés propre- Bottée à hotu* .
ment dits , des boites à hosties, sorte de pyxides sphériques
dont le couvercle s'élevait en pignon surmonté d'une croix
et pouvant contenir d'une à trois ou quatre douzaines de pains
d'autel. Elles étaient d'ordinaire en cuivre ou en argent,
émaiUées d'azur sur toutes les surfaces. Il est regrettable
qu'on ne les retrouve plus que dans les musées : elles se-
l'aieut bien mieux dans les sacristies, où elles figureraient
(1) Voir ci-de86U8, t. HI, ch. vu, p. 284 et suiv.
(2) Cf. Âmphilochii, episeop. Icon., De Vila S, Basilii Magni,, apud
Botland., Ijauuar.
(3) cr. Palrolog. latin,, Migne, t. LXXI, eol. 1151.
T. IV. 1. 2%
338 HISTOiRR DU SYMBOLISME.
avantageusement près des beaux vases sacrés qu'on s*é«
vertue à leur rendre.
L«s oftêBMin. Les ostensoirs rentrent aussi dans la même catégorie.
Quelsn'ontpasété Télégancede leurs formes, la richesse de
leur matière, le fini de leurs détails ! Et , en effet , ces belles
monstranees, dont Fusage fut adopté d*abord pour conserver
des reliques, n*avaient pas de pi us grande gloire que de rece-
voir et d'abriter ensuite le Corps sacré du Sauveur lui-môme.
Les émaux , les pierreries, les filigranes, les ciselures et les
nielles, tout ce que Findustrie et le bon goût pouvaient con-
sacrer à la gloire de Dieu, relevaient d'autant plus sur ces
belles pièces d*orfévrerie les images symboliques dont elles
se paraient. Ces spécimens si connus aujourd'hui sont les
seuls qu'il faille imiter. Nous avons assez de ces immenses
soleils , dont les rayons étaient Funique symbole , et qu'on
doit chercher désormais à remplacer par les souvenirs des
âges de foi, qui ont fait enfin leur réapparition parmi nous,
et qui seuls doivent partout témoigner de notre intelligence
des choses du Roi des rois.
Let reuquAirefl. Ou omc Ics autcls dc rcliquaircs, on renferme les restes
toujours vénérés des Saints en des ch&sses dont le moyen
ftge a fait une des plus admirables magnificences de ses
églises. Sans revenir sur ce que nous avons exposé de Fameu-
blement sacré au cinquième chapitre du volume précédent,
exhortons cependant, pour rester jusqu'au bout dans le rôle
que nous nous sommes fait, à ne vouloir, dans ces grandes et
belles choses, rien que de très-conforme à Fesprit de FÉglise
et à ses continuelles aspirations. Nous ne devons jamais priver
les moindres objets réclamés par le culte d'une empreinte
divine, d'un cachet surnaturel dont tous les traits coires-
pondent au besoin que l'homme devrait toujours ressentir
de s'élever vers le ciel et d'y renouveler sa foi et son espé-
rance. Donc rien de froid et de muet, d'insignifiant et de
sec , dans toute chose dont Fusage doit s'ennoblir par les
approches du Saint des Saints. Assez de modèles nous sont
L*ORFÉVREHIG SACRÉE. — OUVRAGES EN FER. 339
donnés aujourd'hui pour que la théologie et le bon goût
puissent vouloir de chacun assez d'intelligence et de savoir
en de si graves matières. Nous sommes au siècle des expo-
sitions, des musées , des recueils périodiques de lîthochro-
mies et de dessins : plus d'excuses à rindifTérence et à la
froideur qui n'auraient voulu ni voir, ni étudier, ni com-
prendre tant de livres ouverts qui leur crient si haut le senti-
ment des convenances observées en faveur de l'art chrétien.
11 est possible de donner son esthétique au plus modeste
calice, au bénitier portatif, à l'encensoir, et à tant d'autres
instruments qui , fondus d'abord , s'exécutent toujours à
peu de frais, et qui n'en exigent que fort peu pour la cise-
lure ou l'adjonction de quelques motifs spirituels. Nous
voudrions môme qu'un tel soin s'étendit à la reliure des
livres liturgiques , aux missels surtout , pour l'ornementa-
tion facile desquels on trouverait à faire graver des cuivres
d'empreinte dont les belles couvertures du moyen âge don-
neraient l'idée et les modèles (^) : tant il est vrai qu'alors
tout portait le sceau de la foi dans l'art aimé de tous ; on
ne pensait pas que Ton pût abandonner au hasard de mains
profanes l'exécution artistique d'une pensée qui avait son
origine dans le cœur de Dieu. Grande leçon pour ceux qui
n'y songent point !
Et enfin appliquons ces idées même aux portes de l'église, lm portM «t
qui furent souvent, surtout avant le onzième siècle, fondues '** p*°""«*-
en bronze et historiées de faits bibliques mis en parallèle
avec ceux qui se rattachent à Notre-Seigneur dans le Nou-
veau Testament. Les damasquinures , ou gravures d'or
sur argent , les arabesques , des oiseaux , des poissons et
autres emblèmes chrétiens, s'y répandaient en des compar-
timents plus ou moins symétriques. C'est dans ce genre
que Suger avait fait exécuter, pour son abbatiale, les portes
(1) Voir ci-dessus, ch. iiv, p. 40 et suiv., où nous avons parlé des
reliures plastiques du moyen Age & propos des manuscrits.
3{0 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
en fonte dorée qu'a détruites le vandalisme des guerres et
des révolutions. L'Allemagne et l'Italie, plus heureuses que
la France , où Ton n'a guère plus à admirer que les portes
du treizième siècle de Notre-Dame de Paris , conservent à
Augsbourg et à Vérone leurs lames de bronze battu et
ciselé. Ailleurs les ventaux en chêne sont recouverts de
lames métalliques où les rinceaux se mêlent à d'autres
ornements plus significatifs. On porta ces religieuses atten-
tions jusque sur les pentures, qui furent souvent si délicates
de travail, et qui durent à la lime et au marteau de si char-
mantes végétations, des enroulements si légers, des con-
Lw irriiiM d« tours aux épanouissements si gracieux. — Ces mêmes inspi-
rations s'appliquèrent aux grilles qui séparaient le cliœur
du sanctuaire, qui l'entouraient comme d'une barrière à
jour, symbole de respect, qui n'empêchait pas le regard de
pénétrer jusqu'à l'Objet de l'adoration commune. En cela
encore, imitons nos pères : mêlons aux tiges dorées du fer
habilement agencées les expansions qu'on sait lui impo-
ser ; proportionnons-les par leurs dimensions aux lignes
plus ou moins vastes des nefs qu'elles partagent, aux pro-
fondeurs qu'elles doivent limiter ; et qu'ainsi parée de ce
grandiose ensemble de saintes richesses, l'Église rappelle
au cœur ému de ses enfants qu'ils ne peuvent trop honorer
leur iMère, et qu'à elle s'adressaient déjà aux temps bibliques
ces royales et prophétiques paroles : « Seigneur, mon amour
a éclaté dans la beauté de votre maison et dans le lieu dont
vous avez fait le trône de votre gloire (^} ! »
Mais ces réflexions, ces conseils, tous conformes, comme
on peut le voir par tout ce qui précède, aux règles de la
liturgie, de l'art et du bon goût, prouvent implicitement que
nous sommes à une époque où de graves raisons les rendent
nécessaires : non pas que nous soyons aussi bas sur ce point
(i) « Domine^ dilexi dccorem domus taœ^ etlocum habitatloDis glo
riœ tuoD, » {Ps., XXV, 8.)
r
L^ORFÉVRLniE SACRÉE. 3^1
que nous avons été, on devra toujours aux plus sérieuses
préoccupations de la science archéologique Tespèce de
renaissance, à laquelle nous assistons, des vrais principes
ecclésiologiques et d'une pratique meilleure des arts qu'ils
surent toujours féconder. Toutefois ne nous faisons point
illusion : nous marchons encore trop fidèlement à la suite
de cette autre Renaissance qui, au seizième siècle surtout,
usurpa ce nom et, pour mieux réussir dans ses plans contre
la vérité chrétienne, s*avisa d'abriter sa conspiration sous
le patronage du paganisme antique et de ses mondanités
sensualistes. Notre histoire du symbolisme nous a progres-
sivement amené vers cette époque déplorable, dont il nous
faut esquisser Taclion délétère sur la société et sur ses arts
les plus précieux. Entrons dans cette dernière partie de
notre tâche, et révélons, pour en tirer nos conséquences
pratiques, les honteuses aspirations de cette prostituée, qui
a su traiter Dieu comme une idole... et nos églises comme
des carrefours.
CHAPITRE XXII.
DÉCADENCE DU SYMBOLISME ; SA RENAISSANCE
AU DIX-NEUVIÉME SIÈCLE.
CONCLUSION.
Il «îî**5Î*rJrt*Sî ^^^ affaissements de la pensée amènent toujours la déca-
Uf • mtf M iiior«)ot. dence de Tart. Gomme Tun ne vit que par l'autre, il suit
fatalement les périodes variées de sa vie morale , et, pour
peu qu*on sache les annales du monde , on voit partout et
toujours marcher de concert les destinées de la philosophie
et de Fart. Aucune des républiques anciennes n'échappe à
cette loi surnaturelle, pas plus à Rome qu'à Atliènes,et
l'Europe moderne, dont la civilisation orgueilleuse semblait
à la sagesse humaine une si sûre garantie de prééminence
durable , n'a vu sa gloire obscurcie qu'à partir du jour où
s'est abaissé le sentiment de sa vieille foi.
u bon iiui4p«. Comment en serait-il autrement? C'est un grand tort, et
rAbl« (lu bMU , . .11.1
qui compromet les notions élémentaires de 1 esthétique, de
prétendn.* que le vrai soit séparable du beau, que ce dernier
n'est que relatif, et ne se juge que par les caprices d'un goût
qui ne peut avoir de règles précises, qu'il se subordonne aux
idées très-divei*ses de chaque peuple chez lequel même il
varie aux diverses époques de son existence. Ceux qui pro-
fessent de telles spéculations se laissent abuser par d'infimes
détails de la chose , et ne la considèrent pas assez dans les
tiubliuies rapports qu'elle a avec Dieu.
Kii (*nVl, examinez les œuvres dala création, en corn-
CAUSES MULTIPLES DE SA DÉCA0EKGE. 343
meaçant par Thomme , qui en est le principal objet. Pou-
>ez*v<ms nier que cet ensemble de si majestueuses pro-
portions , de mouvements si justement mesurés , soit le
type de la beauté réelle , source des plus magnifiques
inspirations de la statuaire antique? Croyez- vous qu'il
n'y ait aucune relation entre ce type , admiré de tous sans
exception, et le prototype qui existait avant lui dans la
pensée divine ? et pai' cela même , ne voyez-vous pas que
la vérité la plus incontestable est la source de la plus
parfaite beauté? N'est-ce pas de cette même source qu'est
sorti le monde physique, dont la gi*ande harmonie élève tout
esprit qui la médite , dont le merveilleux ensemble n'est
pas plus beau que le moindre de ses détails? Eh bien ! c'est l* beauté arohi-
dansle corps humain, nous le savons, que l'art a trouvé ^M^ie oorpl* hû^
l'exemplaire du temple chrétien avec l'inclinaison de son "i'ie!' ***"" ^*
chevet, les souplesses mystérieuses de ses axes; c'est dans
la nature qu'existent les plans multiples, les colonnes,
les toitures et les nefs du saint édifice. Tout le monde avoue
que cet asile de Dieu sur la terre est en lui-même le grandiose
et la beauté ; et vous oubliez sou origine céleste, et vous dites
que le vrai n'est pas le principe du beau ! D'où venez-vous
donc, et quelle philosophie est la vôtre ? Quiconque s'appuie •
de tels arguments n'est plus lui-même qu'un esprit en dé-
cadence. Sous Louis XII et François I", il eût contribué à
la démolition de la symbolique chrétienne ; aujourd'hui il
reste , malgré tout , ii^capable de la sentir. Complice ou
victime , c'est mille fois trop, puisqu'à l'un ou l'autre de ces
titres on disperse les fondements de l'ordre moral.
Celte observation va nous apparaître pleine d'évidence
dans la dernière phase de notre Histoire ^ où la théorie du
symbolisme s'efface peu à peu, et arrive enfin, par une chute
rapide, à monumenter.dans sa ruine la plus funeste des
apostasies sociales.
Nous avons vu comment, au quatorzième siècle, les entre- lm ëtudM des
prises du laïcisme avaient jeté entre l'art chrétien et le clergé, tiim* tièciM têm-
344 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
5îix dlT^iio"? ^^ ^^^^ l'avait dirigé jusqu'alors, les éléments d'une sépara-
*««• tion destinée à devenir bientôt définitive. La cause fondamen-
tale de ces mortels empiétements doit être cherchée dans
la direction donnée alors aux études. On ne se contenta pas,
en effet, d'emprunter à Aristote la forme de son syllogisme,
dont la dialectique avait su tirer un si grand profit pour la
démonstration des vérités théologiques , et qu'avaient mise
en vogue des génies comme Albert le Grand et S. Thomas.
Des esprits moins justes, éveillés par les subtilités de la dis-
pute, dépassèrent les sages limites posées par les plus illus-
tres Docteurs , et, au lieu de s'en tenir à la logique du philo-
sophe grec, se jetèrent dans sa métaphysique païenne et en
tirèrent des principes d'avance condamnés par FÉglisc, tels
que l'éternité du monde, la fatalité absolue, l'âme univer-
selle (I ) : toutes erreurs concevables dans le docte païen, lancé
par son esprit d*investigation à la recherche de la vérité ,
mais inadmissibles pour le chrétien, qui sait toujours à quoi
s'en tenir sur l'origine des choses, sur le concours de notre
volonté et de la grâce, sur l'unité de Dieu, considéré comme
le moteur et le conservateur du monde sensible ou moral.
lm h^rMM m^ A ces désordrcs de la pensée vinrent se joindre bientôt
••i^ »• ceux de l'action. Ces hérésies, cachées d'abord dans l'ombre
des cloîtres, s'émancipèrent dans les écoles ; condamnées,
elles devinrent un prétexte de révolte ; elles flattèrent les
ambitieuses prétentions des princes , qui n'en avaient pas
encore fini avec les investitures et les annates. Que si nous
ajoutons à ces causes les propres malheurs de l'Église , au
sein de laquelle des ambitions princières firent naître le
grand schisme d'Occident, on comprendra que de telles
préoccupations entravèrent chez le clergé comme chez les
pouples la marche régulière, les progrès instinctifs et l'ap-
plication prospère des sciences et des arts, qui veulent des
joui*s paisibles pour l'union de leurs communes destinées.
(1) Voir DArgentré, ColUctio judiciorum , i. l, «Examen dn fata-
lisme. »
CAtSES MULTIPLES DE SA DÉCADENCE. 345
Mais aussi vint la conquête de Constantinople par les *»•" p'"" <»"* ]^
Turcs. Les Grecs schismatiques apportèrent alors en Europe ^r ^* ^ *•'
^ rr r naissance.
le goût des études païennes ; dans le clergé, des esprits émi-
nents s'y laissèrent prendre, et Rome eut des savants qui ne
s'en gardèrent pas assez. D'autre part, les malheurs politi-
ques dont on eut à gémir en France et en Allemagne aug-
mentèrent le mal en semant partout, avec des germes de dis-
sensions, l'esprit d'opposition et de félonie. Le sentiment du
devoir s'abaissa avec le respect de l'autorité. Cette indépen-
dance gagna les masses, toujours disposées, surtout par de
funestes exemples , à secouer le joug du devoir. Ainsi une
révolution s'était faite; elle avait marché, élaboré lentement
ses invasions dans le royaume de la pensée, et TÉglise, qu'a-
bandonnaient lâchement des princes devenus ses rivaux ,
fut bientôt envahie par les doctrines de Wiclef, dont les pré-
tentions, renouvelées des Albigeois et des Vaudois en tout
ce qui pouvait compromettre la sécurité de la société chré-
tienne, disposèrent trop les esprits aux sanguinaires effron-
teries du luthéranisme.
Durant ces trois siècles écoulés à travers tant d'orages, et sypmtAmMdeia
^ décadence de Part
pendant lesquels il faut encore signaler comme une pro- ogirài ,
fonde source de désordres les guerres soutenues en France
contre les Anglais, l'art ogival s'achemina à sa dernière pé-
riode. Entre autres chefs-d'œuvre, il vit construire le fron-
tispice de la métropole de Reims , type de proportions élé-
gantes et de statuaire achevée; celui de la cathédrale de
Poitiers, où semblent se produire, mais avec moins de per-
fection plastique, et pour une de ses dernières fois, les
scènes du Jugement et de la Dormition de la Vierge , qui,
depuis le douzième siècle , s'étaient inscrites sur tant de
façades monumentales. Des roses splendides, de magnifiques
flèches d'une coupe svclte et si pure, remplaçaient les tours
carrées et les baies romanes. Tout cela était donc encore
très-beau, et honorait l'époque séculaire que Charles VI et
l/)uis XII virent commencer ou finir. Mais, si l'œil était raA i î^hiilqïJ" ^* * *"*
346 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
des remarquables dispositions de ces belles pierres, l'esprit
y cherchait en vain les leçons d'esthétique et de philosophie
morale qui s*y seraient épanouies à cent ans de là. C'étaient
encore les histoires bibliques, les longues rangées de Saints,
les divisions principales de la hiérarchie sacrée ; ce n'étaient
plus les ingénieux rapprochements, les divines allégories qui
resplendissaient encore, comme un reproche à des artistes
mal avisés, aux chapiteaux et aux verrières de Chartres, de
Bourges, d'Auxerre et de Sens. On n'y voyait plus le côté sé-
rieux de rart,le langage des Pères, les mystères de la vie spi-
rituelle : tout cela s'effaçait devant les caprices envahisseurs
de la légende, des fabliaux môme ; et, si des symboles étaient
toujours sous ces formes à demi voilées, on n'y trouvait pas
moins l'esprit du temps, qui marchait, par l'expulsion du
mysticisme cathoUquc, à Tintronisation des mondanités con-
cmiues muiti. traircs. C'était le génie sécularisé dans la tète d'artistes plus
Yoiation; adounés au soin de la matière qu'à la théologie, plus occupés
du monde et des discussions qui l'agitent que de loger le
bon Dieu, dont la demeure n'est guère plus qu'un objet d'art
et un monument élevé à la réputation d'un maître. Et puis, ce
naturalisme qui dénaturait ainsi les édifices de nos grandes
villes et les privait de leur vieux langage mystique ; cet
oubli mallieureux de la basilique latine , si grandiose et si
rehgieusement sévère, insensiblement détrônée par les pré-
tentieuses ciselures des baies, des voûtes et des pignons,
furent trop secondés par un autre besoin de ces temps agi-
tés , où il fallut faire des monastères et des égUses rurales
autant de forteresses oiï venaient se réfugier, contre les in-
cursions de l'étranger ou les subites attaques des seigneurs
voisins , les populations effarées de villageois avec leurs
ses caractères fcmmcs ct leui*s cufauts. Là OÙ régnaient les meurtrières ,
les mâchicoulis et les créneaux , il restait peu de place à la
flore murale, à la zoologie des chapiteaux et des modillons;
et, soit que ces symboles jusque-là respectés eussent disparu
sous une nouvelle ordonnance des corniches , des fenêtres
SA DÉCADENCE. — L'aRCADE GRECQCE. 347
et des portes, soit qu'il fallût construire une nouvelle cha-
pelle à un château , dont elle devenait un rempart et une
fortification , c'était le cas urgent d'oublier les embellisse-
ments symboliques pour les nécessités de la guerre; et
comme les idées se perdirent avec l'abandon qui s'en per-
pétua, le vide se fit partout autour de l'exégèse biblique et
des symboles, dont on ne sut plus comprendre le langage ;
au point que les savants eux-mêmes se demandèrent bientôt,
sans y répondre, ce que signifiaient dans nos églises ces
fourmilières de bêtes , ces myriades d'objets inconnus qui
n'attiraient plus que les regards ébahis : c'étaient certaine-
ment autant de caprices de sculpteurs avinés, autant de
preuves de l'ig^norance et de la barbarie du moyen âge !
Ce n'est pas tout. On était à peine au milieu du seizième oreaffM, et pm-
siècle, qu'André Orcagna, qui pratiquait à la fois Tarchitec-
lui'c et la peinture à Florence , à Pise et en d'autres villes
célèbres de l'Italie, s'avisa le premier de substituer à l'ogive
l'arcade grecque, jugée alors, par une erreur de goût que
personne ne songerait plus à justifier, plus gracieuse et plus
monumentale ; nous disons aujourd'hui plus lourde et plus
insignifiante. Ce fut à la Loge de Lanzi , à Florence, que ce
premier essai fut tenté sur les dessins d'Orcagna. Michel- tt^yovi%ée p«r mi-
Ange, que son génie attira bientôt vers ces beautés massives le «tyie des com-
qui le distmguent, approuva beaucoup cette innovation , ses.
conseilla au grand-duc Côme I" de la faire reproduire en
d'autres constructions , et l'engouement s'en mêla jusqu'à
faire donner aux églises chrétiennes, qui avaient leur style
distinctif et dans chaque ogive une aspiration de plus vers
le ciel, le style des temples païens avec son élégance froide
et symétrique, avec ses cintres pesants, ses voûtes d'autant
plus surbaissées , et ses fenêtres qu'on pouvait, avec tout le
reste , donner à des théâtres , à des bains publics , à tout
monument enfin dont la maison de Dieu ne serait plus dis-
linguée. C'est une fataUté remarquable que l'Itahc, dont la
foi pouvait se retremper si souvent dans ce Tibre qui arro-
Lo style greo
détruit le symbo-
lisme oathoUque.
La peinture en
soufft^ moins tout
d'abord.
348 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
sait Home de ses limpides et fralclies eaux, ait donné Félan
à cette révolte de la matière contre Tesprit. Mais, hélas! les
jurisconsultes et les lettrés avaient envahi le territoire, et
commençaient contre la vieille Europe chrétienne cette
croisade irréfléchie dont allaient jaillir l'émancipation de
l'art... et sa mort!...
Et comme la foi , en s'attiédissant , laisse toujours plus
d'élan au règne de la matière et du sensualisme, on vit les
églises nouvelles se rétrécir à la mesure du sentiment chré-
tien : plus de ces vastes dimensions dans lesquelles on avait
si longtemps symbolisé la grandeur de Dieu. On devint mes-
quin et chiche pour tout ce qui relevait de son culte et de
son honneur. Le suzerain de la terre, en se dégoûtant des
basiliques, en fit passer le lu\e dans son manoir. La com-
mune, en conquérant des franchises et des libertés, con-
struisit à grands frais son hôtel de ville et ses palais. Avec
ces tendances que pouvait-on faire du symbolisme? Quel-
ques singes grimaciers s'accrochaient encore aux portes ou
aux croisées ; des chiens grognons supportaient bien quel-
ques retombées d'arcades en compagnie d'oiseaux fantas-
tiques à côté de quelques tôtes de femmes ou de chevaliers ;
mais c'était là du pur caprice, une malfaçon d'ouvriers formés
au hasard^ et qui se gardaient bien de dépenser leurs veilles
à méditer , entre le pot et la coupe, le mysticisme d'une
clef de voûte ou d'un tympan.
C'est dans ce vaste intervalle dont nous esquissons ici les
rapides souvenirs que parurent des spécialistes restés grands
par leurs œuvres d'art, en majeure partie détruites. Cepen-
dant que firent-ils comme architectes ? Qui parle aujour-
d'hui des constructions de Cimabué, de Giotto, et môme de
Michel-Ange , avec sa grande basilique de Rome, dont les
étonnantes dimensions n'ajoutèrent pas plus à la perspective
qu'à la solidité (^ ) ? Il en fut autrement de leur peinture ; et,
M) On nous permeUra de maintenir ici l'opinion si justement rai-
sonnéc qu'ont depuis loni?temp8 établie les véritables principe? de l'ar-
SA DÉCADENCE. — CIMABl'É. 3{»
si le symbolismey défaillit, au moins il n'y succomba point
tout entier. Ce fui un service réel rendu à Tart que les amé- cimahvd.
liorations données au dessin par (jimabué (^), qui, dégageant
chitecture chrétienne, et qui feront toujours regretter que Saint-Pierre
de Rome n'ait pas élé construit au treizième siècle par les mains qui
élevèrent les cathédrales de Paris et de Reims^ d'Amiens et de ChartreSj
aosqueUes lavasieté de la basilique romaine aurait ajouté une beauté
de plus qui l'eût rendue sans égale. On sent cela aujourd'hui beaucoup
moins encore qu'il y a trente ans, et depuis que les voyages^ facilités
à tout le monde , ont permis à un grand nombre de curieux d'aborder
l'église-mëre de la chrétienté. On s'y est laissé éblouir par des propor-
tions grandioses, par la richesse des marbres, des peintures et des orne-
mentations variées et combinées très-ingénieusement. Le sentiment
chrétien lui-même y est saisi vivement, il est vrai, mais c'est surtout par
les pieux et illustres souvenirs des Apôtres et des Martyrs, des Papes et
des artistes dont la basilique universelle garde les précieuses reliques
ou la mémoire vénérée. Toutefois ce ne sont là que des conditions peu
archiUcturaUs, et, pour un monument, le plan architectonique est la
première condition à tenir. Voilà ce qu'observent trop peu les visiteurs
qui regardent une église grecque sans la comparer avec celles du moyen
âge. Il manque tout simplement à ces demi -connaisseurs la moitié des
éléments de la cause sans laquelle un juge prudent ne doit jamais se
prononcer : et c'est cette judicieuse prudence qui se remarque surtout,
à l'égard de cette question entre les architectures grecque et gothique,
dans ce qu'en ont écrit un petit nombre d'écrivains spéciaux qu'il faat
lire de préférence : voir , par exemple , l'abbé Laugier, Observations
sur VarchUeciure , p. 55 eipassim, in-12, la Haye, 1765. — Nous re-
viendrons bientôt sur ce point.
(1) Cimabué , dont la naissance à Florence date de 1240, mourut en
13i0 : l'abbé de Fontenay {Diclionn.des artistes, 1. 1, p. 371, in-i2,1776)
dit mal 1300. Il est fort remarquable qu'à cette époque où nos plus
belles verrières conservent encore tout le caractère d'un dessin destiné
à être vu de loin, l'artiste florentin ait compris de lui-même , et sans
devancier, que la voie suivie à cet égard pouvait être modifiée à l'avan-
tage de l'art dans les manuscrits, les fresques et les tableaux sur bois.
11 signala dans ses ouvrages plus de force et de correction : c'était uu
acheminement à cette pratique plus laisonnée qui allait dégager la
peinture de ses allures antérieures. Ce progrès permettrait de supposer
que les exigences de la peinture sur verre, pratiquée alors depuis deux
ou trois cents ans, avaient pu nuire à la perfection dont le dessin était
susceptible; et si l'on observe, en eifet, certaines miniatures du trei-
zième et du quatorzième siècle décorant les grandes pages de nos ma-
nuscrits, on s'étonne de la finesse du dessin, de la vérité des perspec-
tives et de la justesse des fonds qui les distinguent. Ces charmantes
images étaient donc, dès la seconde moitié du treizième siècle, beaucoup
(u-dessus des fresques et des vitraux , ce qui prouve bien qu'on uq
■Ole.
350 HISTOIRE nu SYMBOLISME.
avec hardiesse ses compositions de la raideur et de la rigi-
dité des formes antérîetires, leur prôla plus de souplesse et
de vérité, sans atteindre cependant à ce que sut faire son dis-
oiotto. ciple Giotto. Celui-ci trouva avec raison que le niattrc n'avait
pas été jusqu'où son génie l'eût pu conduire, et il s'éloigna
avec plus de succès des sécheresses de la vieille peinture
byzantine. Et toutefois ceci n'eût rien été si l'artiste de Ycs-
pignano n'eût trouvé le secret de faire passer l'âme humaine
sur ses figures avec ses affections variées, et ses aspirations
chrétiennes, qui, à elles seules, remplaceraient si heureuse-
ment tout le symbolisme de l'ornementation décorative (<).
Aiig« de TU' Mais aprèslui,après ce génie qui brille surtout à l'horizon
de notre art modeme, et qui ouvre la carrière à une véritable
renaissance, que dire de notre Bienheureux Ange de Piésole,
de sa sainte naïveté, de la grftce de ses poses encore si rare
de son temps , de la beauté surnaturelle de ses Anges et de
ses Saints, et de la suavité des coloris dans ses fresques
peut reprocher à ceux-ci qu'une inhabileté relative et souvent Youlue
par le peintre lui-même dont l'œuvre lui semblait avec raison devoir
se prêter au style architectural qu*elle ornementait.
(1) Giotto est encore une des gloires du quatorzième siècle. Né en 1266,
à Vespignano^ près Florence , il fat élève de Cimabué et le surpassa en
ajoutant son propre génie à celui de son maître. Celui-ci avait aban-
donné le style latin^ froid et saccadé , pour les nouvelles formes byzan-
tineSj en qui ce double défaut était remplacé par plus de moelleux et de
souplesse. En Giotto on trouve un style où viennent s'allier Tesprit et
la vérité^ la dignité des aUitudes et la finesse des touches. Il devait ces
avantages à Topplication qu'il s'était faite, comme préliminaire de son
art, à peindre les vignettes des manuscrits, et l'on cite de lui celles de
la Vie de S. Georges, que le cardinal Stephanesco lui fit exécuter pour la
bibliothèquedu Vatican.— Les incertitudes des biographes sont grandes
sur l'année où naquit Giotto, et tependant il importerait de la préciser,
surtout si elle varie de 1240, comme le prétend M. ChampoUion-Figeac
{Moyen âge et Renaissance: Peinture , ^ rv;, à 12'76 , selon Vasari (^ife
de' piltori, 1760) , et à 1266 , selon Baldinucci et M. Bernhard {Biogr.
univ. de Michaud , XVII, 419). La date de 1276 nous semble plus en
harmonie avec l'âge de Cimabué lorsqu'il put donner ses leçons à
Giotto, mort en 1336. — On voit aussi par ces dates que les progrès de
la peinture , auxquels U avait beaucoup contribué , s'expliquent asseï
bien par la marche rapide qui faisait arriver l'artiste jusque vers le
milieu du quatorzième siècle,
SA DÉCADENCE. — ANGE DE FIÉSOLE. XH
et dans ses tableaux de chevalet ? Voyez aa Louvre ce
beau Couronnement de la Vierge, dont tous les personnages
ont un sentiment si profond et si pur : comme toutes ces
pieuses et touchantes physionomies reflètent bien Témotion
religieuse dont le peintre vivait toujours ! Pourquoi les pein-
tres chrétiens n'étudient-ils pas sans relâche ces vives et
attachantes allures de la sain teté?N*est-ce pas parce qu'avant
de les mettre sur la toile il faudrait les sentir soi-même et ,
comme Fra Angelico, les imiter dans son cœur (4) ?
Ainsi jetaient ses dernières lueurs Tastre aux vifs rayons Dcmièref laevn
qui fut si longtemps une des indéfectibles gloires de l'Église. ** *" **"*"
£n se grandissant , la peinture allait perdre ses traditions
symboliques. L'architecture, de son côté, s'aflaissait égale-
(1) Né en 1387^ Jean de Fiésole, que la doaceiir de ses habitudes et la
eainteté de sa vie firent snrnommer de son vivant P^ Angélique et le
Bienheureux, mourut en 1455. U était dominicain à vingt ans et pei-
gnait déjà, ce qui explique le grand nombre de ses ouvrages. Comme
ses devanciers ; il commença par les manuscrits. Nous ne croyons pas
qa*on puisse s^élever plus que lui jusqu'à l'intelligence des types de la
sainteté humaine. M ne peignait jamais sans avoir prié et ne travail-
lait à ses crucifix qu*à genoux ! Son Couronnement de la Vierge , dont
nous parlons ici , est sur fond d'or. C'est un modèle à étudier (et quel
charme on y trouve!) pour les costumes^ les poses, les airs de tête , la
délicatesse des mouvements, la distribution des draperies, la légèreté
aérienne des personnes et des chdtes. Toutes ses figures d'anges res-
pirent un calme divin, et, quand il a prodigué à chacune d'elles tout ce
que peut leur donner sa chaste et mystique pensée, on dirait qu'il ré-
servait encore plus que cela à sa Vierge si douce, si aimable, dont tout
le bonheur semble reposer dans sa modestie même, et contraster par
son sourire enchanteur avec la noble et filiale majesté du Sauveur qui
la couronne. Et parmi tant de personnages, pas un qui ressemble à un
autre, sinon par ce que tous ont reçu d'éthéré, de lumineux et de sur-
naturel. Un art admirable a présidé aussi à la conception de ce beau
idéal qui sépare la nature de la femme de celle de l'homme. S. Augustin
et s. Laurent se devinent par le regard attentif du docteur ou l'éner-
giqoe placidité du martyr, qui défie la cupidité du bourreau; tt ces
éloqaeotad expressions le cèdent néanmoins à la suréminence divine
qui rayonne dans les traits mélancoliques du Sauveur. Ainsi celte page,
toute resplendissante du génie de la peinture chrétienne , semble im-
provisée , sans travail , dans une de ces heures d'extase qu'on croit
indispen-^able à de telles choses. C'eU la réalité des plus belles imagi-
nations artistiques, et le symbolisme du beau.
3:52
HISTOIRE DU symbolisme:.
à^ unk
ment; et cependant cette science sacrée, cet art qu'elle a?ait
grandi et qui expirait, vivaient toujours en des milliers de
spécimens que le hasard, ou plutôt la main de Dieu, avait
arrachés en Italie et en France, en Espagne et en Germanie,
aux ra\ages de Fincendie et du fer. L'Europe restait une
vaste école où pouvaient se prendre les grandes leçons du
passé ; et tant de beaux modèles eussent pu se reproduire et
se perpétuer si le souffle d'autrefois n'eût pas manqué, si le
feu sacré ne s'était pas éteint qui aurait pu ranimer ces
i^endres encore ardentes! Mais ces cendres, un fléau de plus
> iut les iefix)idir : ce fut le règne à jamais maudit de la pré-
tendue Réforme.
On eomiaît à fond le docteur Martin Luther, ce génie
dévojé par l'orgueil, en qui la prédilection juvénile pour les
études païennes engendra le dévergondage de la pensée et
des mœurs, et plus que cela, hélas ! Tapostasie, qui est le
libertinage de la foi. Au milieu des égarements de son
esprit, il conservait le sentiment de l'art. U aurait voulu le
protéger dans ses adeptes ; mais une des premières puni-
tions de sa révolte, à lui littérateur distingué, et par consé-
quent artiste de cœur et d'ftme, devait être de voir em-
ployer contre ses plus chers sentiments cette autorité privée
qu'il avait préconisée en lui-même contre le Pape et contre
OM^Mat M M ses propres devoirs. Appuyé sur la doctrine du docteur, qui
«M^Mn^ •nx ma. ^^^jjiij^u ^ chacun le droit d'interprétation des saintes Écri-
tures, Garlstadt s'imagine un jour de prendre à la lettre
la défense de se tailler des images faite au peuple juif
pour le prémunir contre ses penchants à l'idolâtrie (iy,ei
voilà que l'énergumène s'empare de fanatiques aussi fu-
rieux que lui ; il commence par une église de Wittemberg,
et bientôt, suivi de disciples toujoui*s trop prompts à imiter
le mal, il brise, par lui-même ou par eux, dans tous les
I^IM
(i) « Non faciès tibi scalptile, nec simiUtadinem omniain qn» in
\\}n\s> *\\\\X deduper, et quœ in terra deorsani, et quie yersantur in aquit
luh iernu » [Dcuier., \, S.)
SA DÉCADENCE. — LE LUTHÉRANISME. 353
sanctuaires les plus riches de rAllemague, toutes les statues
et crucifix, déchire les tableaux, casse les verrières, efface
les images murales, anéantit toutes les précieuses richesses
accumulées par les plus hautes inspirations de l'esthétique
et de Tart. On ne put supputer la valeur immense de ces
trésors qu*anéantirent en quelques mois les nouveaux ico-
noclastes. En vain Luther s'indigna , déclama contre eux ; Luth» 8*7 op
inutilement il les rappela au devoir, anathématisa leur ''**■* ®°^*°'
infernale manie de destruction, exposa le sens raisonnable
du texte profané par eux. L'archidiacre félon répondait
qu'on ne pouvait s'en rapporter à un homme contre la
parole de Dieu ; et sous l'impression de ce mensonge théo-
logique invoqué naguère par Luther lui-môme en faveur
de sa rébellion à l'Église, Staupitz, Hottinger, Didyme,
Zwingle et mille autres d'une foule égarée s'en allèrent
dévastant les nefs, les sacristies et les châteaux des grands,
et les maisons de la bourgeoisie. Pas môme un crucifix ne
resta dans ces temples où il doit régner, dans ces foyers
où il console les âmes et leur enseigne la vertu!
Luther en versa des larmes de sang. En i 522 , sept à »«»*■* wen qu'é-
huit ans seulement après sa désertion, il écrivait à Spala- <i«ceiai-ci %w le
*■ ^ symbolisme;
tin que « le diable s'était glissé dans le troupeau de Wit-
temberg (4). » Hélas ! il l'avait lancé lui-môme contre un
autre bercail d'où l'on ne sort pas sans rencontrer des
abimes ! Son opposition ne servit à rien ; il n'arracha
même pas au fou qui détruisait tout ces manuscrits à mi-
niatures qui avaient coûté à tant de mains monastiques des
siècles d'études patientes et d'ingénieuse application. Les
lettrés du temjps, Érasme sui*tout, qui parait avoir protesté
avant tout autre contre ce vandalisme réformateur, s'indi-
gnaient à la fois et des commentaires insensés des sectaires
et de leurs déprédations violentes, dont souffraient égale-
(1) Ceetle commencement de sa Lettre à Georges Spalatin du 7 mars
1522. — Cf. A' Martin LuUurs Briefe , t. II, p. 145, in-8», Berlin,
)8i6.
T. IV. 23
•-H
'\.^ •
♦*w«l
« I
HISTOIRE Dr SYMBOLISME.
'jtsm e^ laiMiIe» historiques , les plus belles productions
:•? ^u- « ><phi2> sarantes leçons du Christianisme. Ênsme
^ *-a,:cnuU ^imèremadt que déjà(4522)lesvitrai]xcoloriés
'ji>^*tv -crime? du marteau à Zurich et dans le Valais.
'. 'v^noLil a valeur morale des images et des symboles;
ï; i»;ui U)uJL>an^ ^u d'élégantes parures, de pîenx soa-
\ 'n»« Jfe< objets condamnables d'une adoration
'Mie i ï>t-<e que les scènes de la vie du Christ,
i. TV' Tardent pas toujours du Sauveur à la con-
••»T . uu!' 't tiîiaie le notre âme ? Est-ce que de tels inter-
i- »:^ X- it-,M£ -liis souvent mieux que la parole? Est-ce
vt- ,»-^ •vv-'-^ i'*îommes et d*animaux empruntés par
• .> V \ • T^ !%•< iiôrs ont jamais fait tort au culte
;îv;un t ionc bannir des nôtres ces statuts
•.: ^luiennettt les chaires à prêcher, les
V s.i-f» ttv».'at en sonnant la trompette é^Tin-
\ ,-\î TtOme qui domine la flèche du clo-
: r re aiîeux, et toute la théorie dn
;» :--•''; 7il:^ :fa ce peu de mots ?
•■.v t^i hjur^rs întellisrences ne l'avaient
. .1 < ^'- «^-^ :n perdue de rue. Ce siècle , qui tombait
-^ : .î> \niba de tout spiritualisme, voyait encore quel-
.V *• -ftine^ de grande valeur pratiquer les arts et mêler
. >v .'«uàes d'architecture, de géométrie et d'autres
, vr-^ .u:^ OU moins exactes la pratique de la peinture,
' * ^» t 'irv îiiOme, et agrandir le domaine de ces belles
» ><.> Kir j*^ pn^^ r^ls dus à leurs vastes et attentives
, ..:.'.. îiuis. Vxxn de ces hommes remarquables fut Albert
.... [ûc XuremKM-g avait vu naître en UTO, et qui, à
_ . ic Ju <t*Lièiue siècle, était dans la maturité de son ta-
.». s:> jtuiies architecturales ne servirent à rien, croyons-
,ut ut pu établir sa réputation. Graveur habile, on
I •
V ,»C
^ sc^iei»» :iuM^>iiftm. opp.^ t. ni, BpisL rr, Mb. XXIX; Spùt. ui,
. : <«fv.,iR8», 18*!.
lltév de oe peintre.
Là renaissance.— ALBERT DURER. 355
ne lui reprochait que deux défauts importants : d'abord sa
manière lourde, qui presque toujours nuit à la noblesse de
ses figures, et sa négligence de la perspective aérienne,
qui pourtant était bien connue à son époque. Le premier
de ces défauts nous paraît imposé au grand peintre par le
caractère physique de son pays, où le bizarre et le gro-
tesque furent trop secondés par l'excessive obésité du tem*
pérament national, qui aboutit bientôt à l'école préférée
de Téniers et de Rembrandt, de Terburg, de Brauwer et de
Breughel. Le second n'eut d'autre cause qu'un oubli per-
sonnel de l'observation, si nécessaire à un peintre.
Albert , en effet , ne regarda pas toujours assez à l'en- Défauts «t qua-
semble de ses compositions ; il s'appliqua à faire de char-
mants détails, des objets dignes d'admiration, si on les
examine isolément, et pourtant ressortant mal sur les fonds,
faute des dégradations qui ménageraient les lointains , et
qu'on aime tant dans les peintres et les graveurs re-
nommés qui illustrèrent son pays un peu plus tard. Mais
ce génie propre à qui il dut tout , ces succès continus au
milieu desquels il entra sans guide , cette manière vive et
délicate que secondent si énergiquement la vigueur et la
précision de son burin, rachètent bien la noblesse qui
manque à ses personnes, le moelleux qu'on voudrait à ses
contours , la souplesse et le fini qu'ignorent trop souvent
ses costumes. Par-dessus tout, nous le louerons d'avoir con-
servé dans son œuvre le sentiment de l'esthétique, dont
l'influence sur son esprit se fait sentir presque toujours :
ses biographes modernes, sans en excepter Émeric David,
ne l'ont pas assez compris {{); et cependant c'est par ce
côté qu'Albert Durer se rattache au moyen ftge , lequel l'a
peut-être inspiré en lui faisant préférer à la perfection des
(1) Voir Emeric David, Histoire de la gravure, p. 185, à la suite de
VHisLde la peinture au moyen âge,m-i2, Paris, 1842; — Augiiis,
Diogr, unio. de Micbaud^ XII, 360.
3:>(» * HISTOIRE hl SYMBOLISME.
formes le mérite, préférable en effet , et sans contredit , du
spiritualisme chrétien.
Estbéuqae de m Vojez , cn cffct , sa Vierge au singe : Marie est assise au
milieu d*un paysage que parent des fleurs et des eaux. Sa
figure modeste n*a point de beauté idéale, mais une teinte
de mélancolie va bien à la situation qui lui est faite et aux
pensées qui Toccupent ; car, pendant qu'elle soutient son
Fils de sa main droite sur un de ses genoux, sa gauche
repose sur un livre fermé. Elle regarde l'Ënfaut-Dieu qui
joue avec un oiseau dont les pieds sont emprisonnés dans
une de ses petites mains , tandis que de Tautre il l'agace
de Tuil des plis du voile de sa Mère. L*oiseau ainsi réduit
agite ses ailes et becquette le linge qu*on lui oppose. C'est
im jeu dans lequel , après tout , l'Enfant reste le maître,
comme il Test réellement de l'âme chrétienne, dont la na-
ture doit toujoui*s céder aux épreuves qui lui viennent de
son Dieu (^l). Mais que fait au-dessous de Lui ce singe en-
chaîné , à la poôture contrainte , aux yeux ardents , aux
traits méchants et sournois? C'est l'ennemi soumis et abattu,
]e contraste de cette volatile qui se joue innocemment et se
prête sans résistance à une captivité volontaire. Si l'on oppose
cette bôtc disgracieuse au livre que la Vierge tient de son
autre main , on devine sans peine que là se trouve une
opposition évidente entre le mensonge et la vérité. Ici donc
le symbolisme est en tout très-reconuaissable. Il est le ré-
sultat d'une théorie, d'un plan arrêté et bien senti.
de M rierçê au £n est-il autrement de cette autre Vierge debout, sou-
(1) Basan, daos son Dictionnaire dfs graveurs, t. I> p. 3, dit que
dans ceUe gravure « rEofant Jésus lAche un oiseau. » — Rien n'est
moins vrui. Nous décrivons ici d'après un exemplaire de notre cabinet
que nouâ avons sous les yeux , et il est évident que Basan l'a mal vu :
tout exprime, au contraire, très-bien qu'il s'agit d'un jeu d'enfant avec
la petite créature qu'il serre visiblement et ne veut pas l&cher. 11 est
d'une haute importance à notre sujet, on le voit, que les descriptions
soient fidèles, et les détails bien compris. Mais eût-il voulu le lâcher,
n'ei\trce pns élé la liberté rendue par le Sauveur à i'àme fidèle dont
nous uvoui TU muiuli':» fois quâ l'oideau est le symbole?
r
I
I
I
.
LA nENAISSA^CK. — iLBSUT DURIiiR. 357
tenant d'un de ses bras le saint Enfant, et de l'autre rap-
prochant vers Lui une jeune fille svelte et gracieuse dont
les mains jointes pour la prière, le regard doux et fervent,
et la tête nimbée comme les deux autres concourent à
nous donner l'idéal de la sainteté morale , peut-être même
de cette virginale chasteté que symbolise parfaitement dans
rÉcriture ce jardin fermé qu'on voit s'étendre derrière le
groupe , et dont le treillis garni de rosiers en fleurs ne
fait qu'ajoutera cette conjecture une probabilité de plus (4 ) ;
— ou bien est-ce l'Église, toujours représentée chez les
symbolistes par les figures également consacrées à Marie
elle-même, et que l'auguste Mère présente à son Fils pour le
mystique mariage qui en a fait son Épouse ? et, dans ce cas,
la jeune fille nimbée n'est-elle pas aussi cette Épouse que
Jésus invite à l'aborder (2) ?
Ailleurs, dans cette belle estampe de La Mélancolie^ c'était de LaMUancone;
bien remplir son sujet que de le personnifier dans cette
femme assise qui , la tête appuyée sur une main , tenant
de l'autre un compas , entourée de balances, d'un sablier
et de divers instruments de la science humaine, reste ainsi,
triste et morne sur la terre , dans une position inutile ,
comme ce chien qui dort à ses pieds , quand elle devrait
s'élever jusqu'aux sphères célestes pour lesquelles elle a
reçu des ailes qui se replient dans l'ombre sur ses épaules.
Cette âme, qui mesure les petites choses de ce monde exigu,
ne ferait-elle- pas mieux de s'élancer vers ses destinées
immortelles? C'est là une profonde et instructive philosophie
(i) « Hortns condasus , soror mea, » dit le Cnniiqiif (vi, 1) ; — et
S. Méliton : « Hortas, Rcclesia, casta anima...;» — et Pierre de Gapoue:
« In hoc borto bortulanus est ipse Ghristus. »— Voir Spicileg. Solesm.,
II, 399.
(2) 9 Ecclesia dicitur spnnsa in Patriarchis; arnica in Prophetis;
proxima in Apostolis; colomba in Maria et Joseph; formom in Con-
fedsoribus; soror in Virginibus. » (Pierre le Chantre , cité par Dom
Pitra^ Spicil.j ubi snprà, UI^ 1 19.) — « Sicut Ecclesia sabjecta est Christo,
iUi et mulieres viris suis... Sacramentum hoc rangnum e8t...in Christo
•>t in Ecclesia. » {Ephes., v, 27, 32.)
358 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
à la manière du Poussin , quoique moins noble sans con-
tredit , et d*mi crayon beaucoup moins attrayant,
do Cheval de la Mais uuc réflexiou ressort surtout de Texamen de ces
mort; , . . ,
œuvres et de tant d'autres créées par cette mam originale :
c'est qu'en tout cela nous ne trouvons de chrétien que les
tableaux où le sujet principal exige forcément que le maître
le devienne. Le Cheval de la mort^ où nous voyons un cava-
lier accompagné d'un squelette vivant monté comme lui ,
allant aussi vite , et importunant ses regards d'une horloge
de La Boife de de sablc , pcudaut que le diable chemine à sa suite ; La
Botte de Pandore , tenue par une femme ailée dont l'autre
main montre un mords , symbole de la tempérance et de
la modération des désirs ; tant d'autres compositions enfin
pleines du même esprit, sont des leçons dont la portée
morale n'échappe à personne. Celles-ci , il est vrai , indi-
quent plutôt dans ce grand talent l'amour de l'allégorie au
service de la sagesse humaine que le sentiment du symbo-
lisme chrétien , dont les ailes s'appesantissaient déjà sous
les froides fainéantises de l'art moderne (4). C'est qu'en effet
(1) il faudrait faire une exception à cetle nomenclature d'oeuvres pu-
rement philosophiques , en faveur du Cavalier de la Mort, si , comme
on le croit, Albert a voulu y faire allusion à ces nobles apostats qui, en
si grand nombre^ et y compris cet autre Albert de Brandebourg qui
pilla la Prusse pour s*eD faire une principauté héréditaire^ ravagèrent
l'Allemagne^à leur profit sons l'égide des immorUlx principes (!) de Lu-
ther. Le Cavalier de la Blort serait le fameux Franz de Sickingen, dont
la tête dévergondée mit son génie dévastateur au service de la pré-
tendue réforme, mais surtout au sien. Ce misérable , parodiant les en-
treprises généreuses des derniers temps de la chevalerie errante ,
recruta dans les forêts douze mille bandits et envahit à leur tête Tar-
chevêché de Trêves, où il partagea avec eux les sanglants résultats de
ses vols, de son affreux libertinage et de ses cruautés. Ce guerrier,
qu'on a osé célébrer comme un héros chevaleresque (voir Le Magasin
pittoresque , qui n'a jamais beaucoup déguisé son protestautisme ,
IX, 51), est monté, dans notre estampe, sur un fort et fier qua-
drupède ; « il suit une vallée profonde située au pied de son château.
» La mort et l'enfer s'offrent à lui sous des formes effrayantes et
» bizarres, et veulent l'arrêter dans sa marche. Mais le terrihle cavalier
» continue son chemin avec une opiniâtreté pleine de rage. » — Ce
serait donc, outre le fait historique, une sévère leçon donnée par l'ar-
LA REMAISSAKCË. — MICHEL-AMGE. 3j9
le poison avait déjà gagiié le cœur du malade. Ce soin d'idéa-
liser la matière , ce langage de T&me toujours préoccupée
des choses du ciel , n'étaient plus de mise sans beaucoup
de concessions et de faiblesses chez ces peuples modifiés
dans la simplicité naïve de leur vieille croyance jusqu'à
hésiter entre Luther et le Pape , entre Rome et Genève ,
entré Calvin et S. François-Xavier.
Aussi voyons-nous la même stérilité, sous ce rapport, dans R^^jJ^g*/"^*^® /*
les deux hommes qui, au seizième siècle, rattachèrent «rchite^tès qa«
leurs noms à tout ce que l'art peut signifier de plus sublime
par l'intention , de plus beau par les effets. Michel-Ange et
Raphaël , en arrivant à l'apogée du succès , se firent bien
moins admirer par le spiritualisme chrétien , tel que la foi
l'avait donné au moyen âge , que par les belles qualités qui
purent, sous leur pinceau, animer la matière , charmer
par le dessin et le coloris , étonner par la savante habileté
de la composition. Tous deux architectes par l'étude théo-
rique des plans , comme Tétaient alors ceux qui brillaient
dans les arts d'imitation , comme presque tous ils cons-
truisirent peu ; on ne nous dit même pas que Sanzio s'y
soit sérieusement appliqué; et Michel-Ange, comme l'a fait coopération du
observer judicieusement un critique de goût, n'a pas fait de saint-pierre de
tous les monuments qu'on lui attribue , et dont le plus grand
nombre ne portent son nom dans la postérité que parce qu'il
en conseilla l'ordonnance ou en révisa les plans (4). Mais
la gloire de sa vieillesse aurait eu assez des vues qu'il émit,
après la mort de Bramante, sur la réforme et l'amélioration
liste à ces déTastateura enragés qai^ une fois lancés dans la voie de
leurs spoliations crimineHes, ne s'arrêtèrent plus que gorgés des biens
des monastères et des villes catholiques. Hélas ! n'est-ce pas aussi
l'image saisissante de ceux qui courent jusqu'au succès vers les ambi-
tions désordonnées et les orgies coupables du luxe , de la mollesse et
delà cupidité? — Cf. Audin, Histoire de Luther, II» 216; ^ le vicomte
de Bussières, Hûtoire de la guerre des paysans, l, 59 et suiv.^ in-^»,
1852.
(l^ Voir Quatremère de Quincy , Biogr, univ. de Michaud, XXVIII .
386.
Rome.
300 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
des plans de Saint-Pierre de Rome , et surtout dans Tcxé-
cution de sa coupole, dont il renforça les piliers et couronna
les arcs par un entablement dont on admire toujours les
proportions savantes et la belle ornementation.
D^fectaoMtës ei- Et Cependant ces faraudes conceptions n'étaient que de
thëtiques de cette ^ ^ ^ . ^
ëgiiBo. la justesse d'application artistique ; elles constataient Je ju-
dicieux accord des pensées dans un homme qui avait mieux
que d'autres médite les moyens et les ressources relatives
de son art; et si c'était là une création , on n'y pouvait
voir en réalité qu'une soudure ingénieuse commandée à
un architecte de haute capacité par la faute même de ses
prédécesseurs. Michel-Ange, pourtant, eût été digne par
l'austérité de ses mœurs et la pureté de sa vie de tenter cl
de réaliser le vaste ensemble de ce qu'on appelle la première
église du monde ; il y eût mis plus de sentiment religieux ,
ne se fût pas contenté d'y inscrire la forme de croix latine,
eût voulu encore la relever par un cachet plus gothique ,
moins grec, et par conséquent moins étranger au spiritua-
lisme chrétien. Car, il est bon de le redire , ce que nous
voyons du Christianisme dans ce magnifique et grandiose
intérieur , où l'art chrétien s'indique à peine par la forme
crucifère , vient plus de ses richesses artistiques et de ses
accessoires de haute valeur, que de sa propre structure , où
tout semble avoir combattu contre les caractères qui seuls
peuvent élever un monument à la hauteur du culte de
l'Eucharistie et de la Croix (^).
(1) C'est là encore une idée que beaucoup d'amaleurs improvisés en
nuel(|u*une des fréquentes pérégrinations qui se sont faites à Rooje
depuis une yingtaine d'années ne voudront pas accepter sans conteste.
Nous jugeons cependant d'après les principes souvent émis dans le
cours de cet ouvrage, et nous pouvons nous appuyer sur d'assez respec-
tables convictions professées aepuis trente ou quarante ans par les plus
célèbres organes de notre science archéologique. Nous invoquons sur-
tout le sentiment de M. Renouvrier, qui parlait en 1839 et 1841 comme
nous aujourd'hui , dans ses NoUs sur quelques moiumenls goihiqfi^
de quelques villes d'Italie (Bullet. monum.. Vil, 325). — Nous-méme
l'avions établi sans réclamation, en ISIST, aans le vingt-troisième vo-
lume de ce même recueil, p. 96 . et ce sont ces mêmes idées que nous
avons exprimées dans le premier chapitre de notre seconde partie , ci-
dessus, t. If, p. 16.
LA RENAISSANCE. — ]fICHEL*4NGE. 304
L'œuvre de peinture où Michel-Ange aurait pu réunir , •''^;*"*'. f C"
plus de détails symboliques, celle qui fait sa renommée au* ad^*.
tant que sa fameuse coupole (qui , on le sait , a cependant
manqué de solidité) , c'est l'immense tableau du Jugement
dernier dont il couvrit le fond de la chapelle Sixtine. Que
n'a-t-on pas écrit de cette fresque , vaste travail de huit
années, que l'artiste commença à cinquante-sept ans, et sur
laquelle il jeta toute la verve de sa nature vigoureuse, toute
l'ampleur de son caractère original et souverainement im*
pressionnable ? Dire avec le commun des observateurs tout
ce qu'une admiration outrée a valu à cette énorme page de
louanges et d'admiration serait une tâche par trop longue (I ) .
Mais à Dieu ne plaise que nous partagions ces sentiments Aniii.r»e<iec«ue
m. f « it 1 I* . « fresque célèbre;
d une extase empruntée à 1 amour de lart profane , et que
nous manquions jamais, sous la pression des opinions
païennes , à ce que veut de nous l'art sacré que nous ne
saurions trahir! Disons donc qu'au point de vue religieux
la peinture ne vaut pas mieux que le monument , si la cha-
pelle vaticane mérite ce nom. Rien n'attire , en effet , l'at- et d^abord de i«
tention dans ce grand salon quadrilatère aux fenêtres cin-
trées, aux parois couvertes de peintures, sinon ces peintures
elles-mêmes , qui ne contribuent cependant en rien à l'ac-
cord des parties et à l'unité toujours voulue dans toute
œuvre d'art. Michel-Ange n'a fait qu'ajouter une étrangeté
de plus à toutes celles qui formaient ce vaste et riche inté-
rieur; il a prouvé supérieurement qu'en enlevant de là ces
images de mérite, cet autel carré et ce trône pontifical avec
ses tentures et ses broderies, en privant ces voûtes du reten-
tissement du chant simple et digne de S. Grégoire qu'elles
(1) Tous ces éloges peuvent se résumer daus ces paroles de Pinaroli^
quij dans son recensement des richesses artistiques et monumentales
de Rome , répète lui-même ce que tant d'autres avaient dit avant lui :
«Il Giudicio finale di Michel* Ai gclo Buonarota^ opéra che Thàreso im-
mortale. et in génère di plllura ë uno de più preziosi tesori che rac-
chinda fra gl* altri senza niimero qiiesta citta.»(2V(/(/a/o délie cose più
memorami di Roma, t. Il, ]u 06. Romœ, in-12, 1725.)
chftpeUe Sixtine.
Faux principes
d*oU part le pein-
tre ,
3i)2 IIISTOIRE DU SYMBOLISME.
gardent religieusement, et la portion supérieure de ses
murs latéraux des histoires sacrées de Mathieu de Leccia qui
en décorent les lambris, on se procurerait un beau et con-
venable local pour toute autre destination publique que ce
fùl. Vous pourriez même y laisser le Jugement dernier : pas
un ne devinerait que cette enceinte fût celle des grandioses
cérémonies qui s'y renouvellent si souvent depuis Sixte IV.
Enfin , entrons un peu dans l'analyse de cette page, et
qu'on nous dise si , tout en louant sa vaste étendue et la dis-
position étudiée de ses plans, en reconnaissant tout d'abord
une puissance d'invention qui révèle un esprit plein de
hardiesse et de fermeté, on n'est pas plutôt saisi par ces
conditions matérielles qu'instruit et édifié par le sentiment
qui fftuwe i« c«- qui en résulte ? Le peintre , cédant au tempérament qui
Teur et de Marie , Temportc, a pris pour base de sa pensée générale la terreur
et l'épouvante. Sou Christ est debout, dominant au milieu
de la multitude des Saints et des damnés avec un geste de
Jupiter Olympien à qui la foudre est seule refusée. On a
trouvé très-beau que cette frayeur, justement inspirée par
cette pose herculéenne et ce terrible regard, se commu-
nique jusqu'à la Vierge elle-même , qui , placée à la droite
de son Fils, se retire derrière Lui, où elle semble se dérober
à cette colère qui la trouble. Est-ce donc de cette Marie qu'il
s'agi t dans l'Apocalypse quand les damnés s'écrient, en prévi-
sion du dernier jour : (c Qui nous garantira contre la colère
de l'Agneau ? » Est-ce bien aussi cette placide association du
cœur de Marie à la justice et à la sévérité du Juge suprême,
autant que cette toute-puissante supplication que les Pères
lui ont supposée en cette circonstance?... Est-ce là l'idée
que les Livres saints , que Notre-Seigneur lui-même nous
ont voulu donner de cette vengeance solennelle mais calme,
de cette justice sévère mais majestueuse qui doit séparer,
par quelques mots dignes et irrésistibles, les bons des mau-
vais , les boucs des brebis, les réprouvés des Élus? Eh quoi !
ce n'était pas assez do ce merveilleux et tout divin sperladc
aussi bien que
l'esprit du récit
ërangéllque.
LA RENAISSANCE.— MlCHEL-ANGË. 363
prédît par le Fils de rhomme et raconté par les ËYangélistes?
L'artiste eût craint de s'abaisser en rendant ces détails, pour-
tant si grandioses , mais en même temps si vrais, que nous
ont révélés avec leur autorité infaillible les Ëvangélistes
et les Prophètes ! Certainement le vingt-cinquième chapitre
de S. Matthieu suffisait de reste à cette tâche ; en ne s*in9-
pirant que de lui , et sans atteindre peut-être à la perfection
de ce sujet, si difficile par lui-même, on eût évité ces poses
affectées, ce mouvement généralisé à Texcès, ce malaise etces
contorsions qui s'emparent même des Justes, contrairement
à toutes les notions de la théologie chrétienne et de la vérité?
Quant au côté païen , il s'en faut qu'on puisse le nié- j,^f|"u„"un'ïét5
connaître ici : on y a sacrifié sans contredit au bonheur, p«i«n;
inconnu jusqu'à la Renaissance , de faire du nu , au profit
de la science anatomique. Et quel nu! et quelle anatomie !
aucun sexe n'en est exempt. A peine quelques robes jouent-
elles la partie de leur rôle le plus essentiel; à peine quelques
rares et inutiles draperies flottent-elles sur des épaules qui
les céderaient volontiers à des nudités plus scabreuses. Ce exagération de
^ toutes ses don-
combat de géants , cette gymnastique effarée , ces efforts à »<««>
faire de l'étonnant à travers ces groupes jetés pêle-mêle dans
Tabime du premier plan ; ces échappés de cimetière , dont
les uns s'élancent de la terre entr'ouverte jusqu'au plan
supérieur qu'ils traversent dans l'espace, tandis que les
autres, arrêtés par des diables à longue queue, retombent,
serrés ou boxés par ces hideux bourreaux, dans les gouffres
béants où commencent leurs supplices ; ce Caron , dont la
l)arque, chargée de réprouvés qu'il pousse à grands coups
d'aviron, déverse dans le Styx sa cargaison désespérée (<) ;
(1) Ce Caron a semblé à l'ingénieux natenr de VHisloire de Léon X
(t. 11^ p. 291) autorisé chez Michel-Ange par nne réminiscence de Dante,
qui place aussi le nautonnier dans son enfer :
Eo ecco verso noi Tenir per nave
Un reochio bianoo per antlco pelo
Grldando : gual a roi, anime prare !
(/îl/ffTBO.)
Mais il ne faut pas oublier ici que, Dante ayant introduit Virgile , la
364 HISTOIRE DU S^HBOLISME.
ces sept Anges (enfin voilà un peu de l'Apocalypse !) jetant,
bouffis et ébouriffés , à tous les vents, les éclats de leurs
trompettes démesurées ; et ces deux hommes ouvrant , cha-
cun de son côté, aux yeux des ressuscites et des perdus, le
Livre du bien et du mal, dont Tunité traditionnelle se trouve
doublée ici pour ne manquer en rien au syslème d'exagéra-
tion qui domine partout : ne sont-ce pas là des choses bien
touchantes et de belles trouvailles à mettre sous des regards
chrétiens?
ot défaut de di. Et remarquez que les Saints du ciel ne valent pas mieu\
que les damnés de l'enfer , quant à ces tours de foj'ce dont
pas un n'est exempt. En tous, le même sentiment de peur
s'exaspère jusqu'à l'hyperbole. De droite et de gauche, dessus,
dessous la sphère centrale où le Christ se Hlche à la manière
et sous les traits d'un vieux dépourvu de dignité ; à côté de
cette Mère qu'on n'a jamais tracée ainsi et qu'on jugerait à
ses traits et à sa taille une grosse Flamande sans gr&ces ni
tenue (^j, les Apôtres s'échelonnent avec les attributs de
leur martyre qui rivalisent de grotesque et de repoussant :
tels S. Laurent, dont le gril produit le disgracieux effet d'une
cage qui l'emprisonne, et S. Barthélémy, tenant d'une
main le couteau qui l'a écorché , et de l'autre sa propre
peau enlevée à son corps sanglant (2). S. Jean-Baptiste ne
■
myUiologie parait de mise avec lui ; et d'aUleurs le poème se prétait
natureUement à des imaginations plus ou moins justes. Mais Micbel-
Ange^ le peintre chrétien , travaillant à l'embellissement d'une église,
doit rester dans la Ibéologie la plus sévère, et ne peut être lavé d'une
telle hérésie. — Bien'd'autres ont cherchée excuser le peintre sur ses rela-
1 ions de génie avec le poète : on peut leur répondre par cette même raison.
(1) Pour plus d'exactitude, nous décrirons ici d'après la belle gravure
de Léonard Gauthier, reconnue par les artistes pour reproduire avec
une vérité scrupuleuse celle que Martin Rota publia en 1569, lorsque la
fresque de Michel-Ange n'nvait encore souffert d'aucune dégradation.
— Voir Basan, Diclionn, des graveurs, t. I, p. 204, et 11, 414^
(2) Il est à remarquer que, par une de ces singulières distractions
dont le génie même n'est pas exempt, BuonaroU donne ici à la peau
du Saint la barbe qui en parachève hil^te, toute fournie des cheveux
enlovés aveo le ouir. Quant au personnage lui-ra^me , dont le crAne
LA RENAISSANCE.— MICHEL-ANGE. SUI
ressemble pas mal à un Hercule garni de la dépouille du
lion de Némée ; S. Pierre , qui fait son pendant , n'a eu soin
aussi de se draper que par le dos. Et ces Saints affolés
dont les postures se le disputent d'excentricité, dont toutes
lesflgures respirent l'efûroi; et ces Saintes, peu ou point
vôtaes, tourbillonnant dans un désordre incomparable et
qui ferait déserter le ciel , se jetant les unes sur le» autres,
allant jusqu'à s'embrasser de frayeur; et un certain nombre
d'entre ces acteurs embarrassés dans les scies, les croix ou
les roues de leurs anciennes souffrances dont on dirait
qu'ils souffrent toujours ! En un mot , des hommes façonnés
sur l'antique sans en avoir les beautés , des femmes qui
peuvent être à volonté des Dianes et des Junons, des Vénus
et des Proserpines, dont la vue est une honte à la pudeur
et pour lesquels on n'a trouvé ni une feuille de figuier ni
uu voile qui protège leur sainteté déshonorée !
Au reste , pas une tête nimbée , pas un costume caracté- qn^on peut repro-
, . . . , cher autsl à Oro»*
nstique, pas une physionomie qui rende une impression ^m;
personnelle. La peur fait la physionomie de tous. En tout
cela Dieu effraie , et l'homme n'a que sa force matérielle et
brutale. Il y a plus : vous trouverez , en cherchant bien en
un certain coin qui n'est pas des plus obscurs , une tête
très-expressive, qui est celle d'un cardinal dont les procé-
dés avaient déplu à Michel-Ange ; c'était une réminiscence
d'André Orcagna, qui, à la fin du quatorzième siècle, don-
nant déjà dans son Jugement dernier de l'église de Sainte-
Croix , de Pise, l'exemple de cette licence , peu digne de la
peinture chrétienne , avait placé en Paradis tous les por-
traits de ses amis, et ceux de ses ennemis en enfer. De telles
est parfaitement dénudé , comme on doit s'y attendre, pourquoi son
nieaton garde-i-il si entière la belle barbe dont la cruelle opération
du bourreau Ta dû priver si complètement ? Ne voit-on pas ici, outre
cette grosse faute, que le peintre manquait de théologie catholique,
en représentant dans cet état de supplicié un corps devenu glorieux et
repourvu de toutes les portions qui lui furent naturelles dans sa vie
cieU Icrre?
tOQt symbolisme f
360 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
manies ne rendent pas un tableau sacré plus recoiuman-
dable , et acheminent vers la caricature , dont Buonaroti ,
autant que personne, eût dû savoir se garantir (i).
Voilà ce chef-d'œuvre de la peinture chrétienne , partout
vanté, exalté de tous..., excepté de ceux qui , ayant le sens
des Écritures et le respect de la foi , se plaindront toujours
que ceMe large fresque soit moins un tableau religieux
qu'une mêlée de portefaix , et qu*un peintre assez oublieux
de toutes les convenances pour nous donner un tel juge-
ment ait prouvé qu'il en manquait beaucoup (2).
enfin, absQnoe de Aussi faut-il dirc , pour Compléter ces renseignements,
que rœil ne trouve , au premier abord dans cet ensemble,
qu'un effet des plus disgracieux : cet effet s'augmente, pour
qui voit le tableau dans l'enfoncement qu'il occupe, de celui
des couleurs, dont les tons mats et secs répondent trop aux
rudesses générales du style , et dont les transitions forcées
ne se rachètent même pas par l'entente et l'application des
principes symbolistiques observés dans le livre de M. Portai.
Si bien que Volaterra , quand il voulut , par les ordres de
Paul lU , voUer un certain nombre de figures qui parais-
saient , avec trop de raison , trop indécentes à ce grand
Pape , ne parut même pas s'égarer en donnant une robe
verte à &*• Catherine, que son double titre de vierge et
de martyre eût dû revêtir de rose, mélange significatif
(1) André Orcagna vécut de 1329 à 1389. Il semble avoir préludé
à Micbel-Ange et peignit à Venise et à Florence des Jugement dernier,
pour lesquels U s'était inspiré des sombres reflets que Dante a jetéâsur
son Enfer, n a donné, comme Buonaroti, à La Colère de F Agneau, si
difficile à rendre, pour ne pas dire impossible, une expression tovcét
de rigueur ; mais, par un contraste qui n'a rien d'inconvenant , selon
nous, il montre Marie s'apitoyant sur les transes et le malbeor des
réprouvés. Ce sentiment est bien plus naturel au cœur de Celle que
l'Eglise appelle la Mère de miséiicordef et nous ne voyons pas, avec le
R. P. Gabier, quelle inconvenance peut se trouver dans cette pensée du
peintre.^ Voir VUravat de Bourges, p. 289.
(2) Cf. PinaroU, vM suprà; — Fontenay , Diciionn. des arUsUs^ H,
752; — Alfred Micbiels, Le Moytn Age et la Renaissance, U V : Pein-
ture, f»x.
LA RENAISSANCE. — FRA BARTHOLOMÉO. 3(»7
du rouge de son sacrifice et du blanc de sa virginité (4).
Au reste , c'en était fait déjà des habitudes spiritualistes J^S??***!©*""*
de rîmagerie chrétienne. Si bien qu'en ce même temps, Pra
Bartholoméo lui-même, qui , religieux dominicain, avait dû
s'adonner à l'étude de Tarchéologie sacrée, tout en sculp-
tant son beau S. Marc^ destiné à Venise et qui se voit encore
dans la galerie de Florence; tout en faisant de ce marbre un
morceau d'élite qui a toutes les beautés de Michel-Ange sans
aucun* de ses défauts, ne faisait cependant que la statue
d'un homme quelconque, sans un lion qui rappelle l'Évan-
géliste , sans un nimbe qui désigne un Saint (2). De sorte
qu'avec son livre appuyé sur ses genoux , ses belles et élé-
gantes draperies , sa pose paisible et son regard noble et
doux , on prendrait très-volontiers S. Marc pour un de ces
philosophes antiques venus jusqu'à nous sous les noms de
Pythagore ou de Platon.
Donc, de 4469 à \M1 se trouvait un artiste de grande
valeur (et un religieux!) pour qui le symbolisme était
mort...
Oh! cher Ange de Fiésole!... qu'étaient devenues vos et qne Fi^oie
pieuses et touchantes œuvres de Saint-Marc de Florence avec JuJZ*' ^*°"**'
les charmantes et naïves figures de vos Saints adorateurs du
(i) Sigalon, qui , en 1837 , avait été envoyé à Rome pour copier la
fresque de Michel- Auge, l'a jugée en des termes non moins sévères que
nous. (Voir un fragment épistolaire de cet artiste dans l'article anonyme
consacré à noire peintre ntmois par \îi Biographie uviver selle, t. LXXXI! ,
p. 235.) — Ceci était écrit depuis longtemps quand cette appréciation
du célèbre artiste nous a été connue. Il edt facile de comprendre on la
lisant qu'au moins nous avons eu pour nous un juge très-compéteut
dont nous pouvons nous appuyer contre ceux qui nous trouveraient
trop sévère.
(2) La statuaire mobile ne comporte pas^ il est vraî^de nimbe autour
des tétes^ parce qu'on n'a pas compris assez la nécessité de leur en
donner. Mais nous insistons pour qu'un nimbe en zinc doré ou colorié
soit appliqué sur le cou des personnages au moyen d'une incision qui
permette d'enlever et de remettre à volonté cet appendice, dont on ne
devrait jamais consentir & se passer. Nous avons maintes fois employé
ce moyen si simple, au grand avantage des sujets sculptés ou des mou-
lages.
3i^ HISIVOIRE Dr SYNlIOUSltfK.
Christ en craix (i ) ? Où étaient passés le calme de yq^^vk^^
divines et la pure é motion que vous y versiez avec leâ douces
béaiiludes de votre cœur? Et comment^ en voulant s'inspi-
rer de vous , pouvait-on s'éloigner si cruellement de voire
beau Jugement d'Orvielo, avec son chœur des prophètes et
son Christ foudroyant les réprouvés , sans affecter cet air
forcené que lui donna un émule indigne de vous? Ah ! vous,
du moins , vous saviez croire , penser et sentir d'après le
Christ! Vous ne cherchiez pas votre gloire, mais la sienne;
pour vous Tart n*était pas un but , mais un moyen, et tous
trouviez dans votre piété fervente les chastes et indfaçables
inspirations qui seules donnent à Tart chrétien sa vie intime
et ses saintes Umpidités (2) !
Raphaël, dabori Goutemporain de Buonaroti. RaphaCl jeta sur les mui's
Imitateur do Mi- ^ r ^ ^
chei Auye, du Vatlcan ses fresques célèbres , où souvent se reprodmt
la manière forcée qui remplaçait trop la vérité par Tidéai.
£n dépit des amateurs du coloris et du mouvement, que
nous aimons comme eux, nous remarquons ici le dessin
rendant les formes avec distinction, le merveilleux agence-
ment des détails et la sûi*eté d*un crayon ou d*un pinceau
(1) Cette belle et vaste fresque est dans la chapelle de Saînt-Bii^e, à
Orvieto; elle a été dôerîte par M. de Montalembert, U^i Vandaiifme el
du Catholicisme dans l'art, p. 98 et suiv,, in-8", Paris, 1839, et repro-
duite au tome Y du Moyen Âge et la Renaissance. C*est diaprés cette
copie qD*aa l'a transportée avec succès sur un mnrd'un des aalonade
l'év^obé de Nantes.
(2) Nous exprimons ici avec notre opinion, qu'on appellera peul-éire
un faible pour Ange de Fiésole, celle bien plus autorisée de M. Henri
Delaborde, dans son intéressant et judicieux travail sur cette maiièFe
qu'a donné la RevtAe des Dev^-Mondes, décembre 1853, p. 1229 et suiv.
— C'était aussi la pensée d'un critique anglais appréciunt dans VEccU-
siologist d'avril 1853 (remarques cette coïncidence) , les osavtes de )a
Renaissance, qu'il signale eu général comme étant « la con^ilète eoc-
ruplion morale de l'art religieux. » Le critique anglican n'hésite pas à
dire que , lorsqu'on voudra recréer l'estbétique chrétienne , il faudra
baser sa renaissance vértlablA c sur k grâce pnre et eévère de Q»iio
ou d'AngeUco. » Voilà donc que lesjugea les moins suspects reviennent
à nous de ces oonliéed froides et païennes où les fatales tendances lUi
naturalisme en ont laist^é tant d'autres.
LA RENAISSANCE. — RAPHAËL. 369
(1 ui rend parfaitement ce qu'il invente. Mais l'invention est p»* l'^ct^niHon
d« la forme dans
évidemment forcée dans ce Créateur lourdement drapé •«• fresques de i«
d'une longue tunique étirée, écartant les jambes démesu-
rément en sens contraire , étendant ses deux bras sur le
chaos dont les éléments se dispersent. Il y a là , et jusque
dans les traits austères du Vieillard éternel, quelque chose
de ravi à Michel-Ange, aussi bien qu'une certaine affecta-
tion dans ce manteau gonflé par l'air et qui s'arrondit sy-
métriquement au-dessus des épaules toutes-puissantes.
Nous aimerions mieux cet autre Dieu plus simple de fac-
ture et de pose, mais trop acteur aussi, dont les mains jet-
tent dans l'espace, au-dessus du globe déjà créé, les disques
du soleil et de la lune. J'admirerais volontiers cette Créa-
tion des animaux au sixième jour , si je n'y voyais une
raideur exagérée dans la taille trop étreinte du suprême
Auteur de toutes ces bêtes qui s'agitent autour de Lui , et
sur son visage l'air sombre d'un homme qui a peur de son
opération.
Transportons -nous, après cette visite , vers ces gran- Le même s^jet
dioses pages murales qui se développent au pied de la chl^^'ptf à
cathédrale de Chartres : autant nous avons rencontré à "**'^®" *'®*
Rome de froideur et de recherché , de belles couleurs et
d'étude du fini , autant nous retrouvons ici de composi-
tions simples de pensée et de philosophie. La création s'y
partage, sous le ciseau du sculpteur, en panneaux multiples
comme les fresques du peintre. Mais comme c'est varié ,
comme c'est vivant, comme le génie bibUque y abonde ! et
cela parce qu'au heu de faire du nouveau, de créer une
nouvelle création , l'artiste s'en est tenu à sa Genèse et à
la théologie qui en ressort. Là Dieu est doux et serein ; il
est assis (sedet)^ comme toujours les Écritures nous le repré*
sentent, ou debout (adstat)^ car ces deux poses convien-
nent à un Être suprême qui n'agit pas tant qu'il ne veut
dans la création ou dans ses actes providentiels. On ne lui
donne ni une énorme barbe entortillée par les vents, ni une
T. IT. 24
370 UISTOtRE M> «VMBMISMB.
chevelure de lioniqut V{|se à Teffet d*im Jupiter Olympien ;
ses créatures sont pesée», calmes et obéisâaiitds ; comme il
convient & leur pr^ier état a^ant la chute de rhdmitte, et
non fuyantes ou effarouchées GOnnne^ si déjà elles avaient
des motifs de le craindiïe €€ de se soustraipe* k sa ttiain. Et
oepfindant.il s'en faut quid cette sécurité soit de >riiièrtie :
TÎTanteSy mouyementées, on- les voit agir gelèn leui^ nature;
oiseauX) poissons, quadrupèdes embellissent lé nïoàde dont
ils sont devenus la vie sensible, l'harmonie et l'animation.
Cette rapério- Qu Ic Yoît bicu : 11 ue s*agtit pasici seulement d^'^ff^an^
rite a BOB principe ^ '-
dans l'esthétiqae , un fait par <ies foFmes ct des couleurs; avant tout il faut
donner à ce fait un langage spirituel qui force rinteUig^ce
à laquelle on le destine à Téiude et à la réflexion. It faut
bien plus et bien miwx qu'un fade exposé/ flegme comme
un plan par terre, et absoin comme une estampe ée romans :
il faut de la méditation^ de cet esprit qui agite lu mame (4),
et qui laisse apercevoh' li rimagmation ce que le Irait his-
torique ou moral renferme sous son enveloppe extérieure
qoin*apMéch«i». d'iostmotif, d'attachant et d'inspirateur. C'est ainsi qu'à
^ "" ^' Pise^Buonamico Buffamalco peignit au Gampo-Santo, avant
^1340^ une vaste fresque où l'action du Créateur et le sys-
tème du monde physique sont représentés simultanément
de bçon à donner de IMn et de Tautrer des idées * aussi
Description du (Jigues qu'cxactcs et convenables. « Le Créateur, haut de
Monne eréô de ce ^ •■ '
dernier. trois mètrcs , soulèto Fénormc machine du monde qui
vient , à sa parole , de sortir du néant. Au centre de ce
cercle colossal est la terre divisée en ses trois partiesalors
connues : Afrique, Europe et Asie. Autour, dans douze
cercles concentriques, les eaux, la mer, la lune, le soleil,
les étoiles , les signes du Zodiaque , le tout suffisamment
visible. Les cercles s'élargissent, et lès neuf zones, qùî cinve-
loppei^i la terre et les constellations, sont peuplées par les
neufs chceurs des Anges. 'Dieu, qw tient contre sa* poitHne
(1) ITeiif âi^uit ttoIUm.
(VIrf, ^«>i«|A, Bb. ^;)
M
^c^ttA œuy (\), I df? . S» paitM^^ a i'aippiti)eiifse de léftu»^hrist;
.^liioUfDbei j>*^ pas opucifère^ parce que les ' Italiens du
.i»#Sf»a'dge!n^:s'deoupaieiit}guèiie tpiufi:de9 Tenues ic Vico^
•nograpbîecihrétûBBmiiiqiie'ne s'en oeoupént' nos* artistes
.é*a<^urd'hni) (i).^, mais il est idécoiré d'une' lavcatune. »
BuflkmalcQ,^ qtii peigaiti eette: vetprésentatioii >iiiraiinent
vem^equaAile du Créateur « t de Jsciréatioii^ éemil^sorns sa
petntwe un ^nnet italien où ii dit que « Dieu atout fait avec
amour I. poids, nombre et mesiu^e. >y
Raphaël n*agftt pas toujours assez d'après ce désintéresse^ cametère de»
memtiobrélîen qui.'iospire detelles^ peuvres. U vint à une deRaphaëi:
époque dont U «jQCcpta^ uomoie tant> d'autre^ et plus que
beauGoii{^ d*autires, les impreBsions mondaines^ Pour lui, il
si'«st agi hes^ucoup trop de répulalion, de gloire huniainey
de rivalité^ V toutes- oboses dont roitgHetl^s'sceonuiiode,
mais dont sWraoge peu ; Tesprit cbnétlèni , ^et par consé-
quent Vaiit religieux. S'il eût vécu cent ans plus tard,
quand la foi s'était déjà afTatssée dans ks ccMirs.sous la
fatale influence de l'hérésie qui se glissa partout ^ gir&ee à
l'impure toliéraiice des gi^ands^au lieu de-ta«t de- toiles
d'é^Uses le jeune ariiste eût dooMé beaucoup de* sujets
de salons et bien moins de pages cheiH^hées dansTHis-
k^ire sainte. Sans oublier ^u'il eut dans sa vie d'artiste
(1) M..Pidfon','que nous copions ici {Amu archéoLy IX , laS), nous
semble s'pxprin^er uu peu trop absolument svir ce point. Le nimbe n'a
pas plus manqué à ritaliequ'à la FraDce et à l'Allemagne , où le moyen
âge se garda bien de le négliger: témoin Ctmabué^ Ang^ de FiéSole.
Lk comme partout c'est la Renaissaoce qui a dépourvu les Salfiits de
cet indice symbolique de leur sainteté. Albert Durer, Michel-Ange >
Rapbaet et leur école s'en sont trop souvent passés sans scrupule,
ôtaot ainsi pour le pittoresque et pour l'esthétique un dés phis* doux
charmes de Jeiura iétes» parmi lesqueUesji lorsqu'^leei sont groupées, on ^
ne dislingue plus les Saints des profanes , les Martyrs des bourreaux,
*'le dlri^t loi-ttiémè dé9^t>)^aHslëns ofu de sèfs Apèti'e^l Ob tbépils d'un
i ; jifll^j^ptf jns^mTlà )ii()it(tei)0!|bUra8t : no des |)lii» jgcafeBiréproibea > que
l'art cbrétien puisse faire aux maîtres de l'école moderne. C'est dès le
quinzième siècle que l'Angleterre commença i^M ^érit^r^ et, depai9
lors, qne de progrès dans la décadence! '
372 IffêVOrttË nV «YMBôLlâMB.
des époques diffiSrentoft^et des manièreis diverses de rendre
par de» chefc-d'œuvre les types que son génie s'était des-
sinés ; sans contester ni cette ptireté de dessin ; ni celle
grâce d'e?tpreesion> ni cette composition cbairmaiite, ni ce
fini des détails, ni cette grâce des physionomies qtfe te ifpè
italien lui suscita trè&'heareusemeïit, ni enfin cet air de Jeu-
nesse qu'il sait donner ft tout en couTrant tout d'un coloris
plein de vérité et de séduction, nous nous garderons pour-
tant de ce fanatisme trop commun à ses admirateurs « et'
qui leur ferme les yeux sur des exceptions nombreuses à
u a pins d*art ces' belles qualités. nn*est pas toujours exempt de recherche
que de piété î
dans ses poses ; ses vierges si vantées , resplendissantes de
fraîcheur et peut-être d'innocence, n'ont-dies jamais rien de
commim et de maniéré î Si Ton aime ses paysages avec leurs
lointains corrects et leurs inimitables perspectives, et leurs
ciels sereins et lumineux, n'a-t^l pas sacrifié beaucoup trop
au désir de montrer Tart dans ses saints , dans ses saintes
surtout, et pourquoi but-il que cet art, trop inspiré par les
découvertes des monuments anciens que Laurent de Mé-
dieis favorisa tant dès la fin du quimsième siècle. Tait jeté,
à la suite de quelques deyanciers, dans ces nudités qui éta-
lent i'anatomie des formes humaines jusqu'à en faire du
les madones de sensualismc ct de la lubricité ? On a dit que, si Fiésole était
^aâx lîê^^r' le peintre des anges, Raphaël était le peintre des madones :
c'est trop à l'avantage de celui-ci. Exceptons-en les madones
de Foligno et de Dresde , et qu'on nous dise si le grand
malti*e, avec toute sa science du beau, a jamais donné à
ses vierges l'inimitable expression de Marie se penchant
avec tant de modestie vers la couronne que lui donne soa
Fils dans le chef-d'œuvre conservé au Louvre. Nous osons
l'affirmer : jamais le pinceau de Raphad , qui aima d'ail-
leurs à emprunter souvent à l'admirable dominicain, n'a
égalé le rayonnement de sainteté qui s'échappe de cette
figure aimable, surnaturelle et pénétrante, si pieusement re-
cueillie et si riante d'un bonheur qu'on croit goûter avec elle.
LA WNAIA84^iCE. «1- MPHAÂL. 873f
Hélafi! une autre différenee explique trop^ bien caUe que
ranti9te< chrétien trouvera toujours entre ces deux génies,,
lient Tun rendit si bien la nature et Vautre aima tant ee
qui la dépassait de si haut» Le religieux qui ehoisit ses
siJiî^tsdans une sphère élevée au-dessus de notre vie mor*
tella. se reconuiattà une virginité de touehe que seconde la
merveUleu^e délicatesse de son pinceau. Il cherche moins,
en traçant ses figures éthérées, à représenter les formes
palpables d'un coi^ qu'à faire sentir une âme qui s'y en-
veloppe, et son dessin et son coloris se prêtent à ce mys*-
tère d'esthétique jusqu'à spiriluallser la noatière même par
la légèreté de ses formes et de ses tours. C'est pourtant de
raisons que d'habiles critiques ont trouvé l'art de Giovani
plus digne et plus pénétrant que celui de Sanzio. Celui-ci, ^^ c^j^ "jjjj»
au contraire, tout à lui-même, trop adonné à des passions ««««•
qui déshonorèrent sa vie morale et, au dire du plus grand
nombre, l'abrégèrent, ne put s'élever au-dessus de ces
beautés qui se voient des yeux du corps. C'étaient elles
qu'interrogeait son génie ; à elles il demandait ses inspira^
tions (4). Qui n'a vu au musée du Louvre, au bas d'un
tableau fait par le peintre d'Urbino pour l'un des plus fri-
(1) La mort de Raphaël n'est pas attribuée par tous les biographes à
la même maladie. Fornari de Reggio et Yasari furent en cela ses pre-
miers accusateurs. Ce n'était peut-être pas une raison pour adopter
Taccusation; Passavant^ dans la Vie du grand peintre (t. 1, p. 554) , la
réfute comme il peut, et ne parvient pas à nous convaincre ; mais Qua-
tremère de Quincy ne doute pas de Tinconduite de Raphaël, et y tient
par deux fois, dans sa Vie imprimée en 1824 et dans la Biographie uni-
verselle{L XL, p. 397). M. Audin (Bist, de Léon X)Tésnme les assertions
diverses sur ce point, et conclut pour une mort d'épuisement causé par
le traTail dn génie dans une âme qui ne suffisait plus à le porter. ^
Geiîi nous paraît trô»>poétique et peu concluant. Ce grave et doete écri-
vain s'est un peu trop épris de l'époque où vivent ses héros , et par
conséquent du côté artistique de leur nature; et, s'il sait découvrir et
avouer parfois cerqu^il y a de trop charnel dans le peintre d'Urbino, il
flatte.trop ^usslla plupart de ses travaux , bous prétexte d'un spiritua-
lisme qui, s'il y est à un certain point de vue, s'éloigne encore assez du
sentimeûi ^hrétiepu > dans la plupart de ses ouvragés, pour qu'on l'y
chercbe vaiAemeot,
voles monarqoeé'dë 6(ki imps ^ que 4c HafAiôl ; 'Àvaatde
peinât^ lA (rès^s^eéniie FkmUle , p^ëMit 'ï^
amie? 3^ ^ Q'èôf d^ cette page célèbre '<ïtfim crifi^ittëià ]^
dire naguère : <^0n redénfttJt, ëri i^fféti ce bfeatîlfià«%eÂîla
Fomarkia, à qai TamiMit* dotma' l^mmôrtalite'(1}. '«tlélte
immérlalflé, tâaMiëiltieasétiiiiefyt, ^âfe ^ti peu eêHe dé V^m^
reux. A côté de ses madones suspectes (m tfouië (tinjourï
trop le soui^fttr4\inefemtae^ërtteieJPôùtons«àoto
désapprouver 'd'àftrff tnisëu vogue ée gerti^e de çfruftfAlalftm
tant imiié députe, et aUcfud bbnqud i^é-ément 'aùjouta*M
le moiridi*e barbouilleur préâ(hnp(tiétt9d qui rèç^ôît ^ là com-
mande d'une vîet^e ? \ " '
luphasi peu Quaod on sait eombien ces vilaines *ablttolifes préoccu-
pèrent ht jeunesse, c'est-à-dire ta vie dèRapfcael (il mmmï!
à 37 ans), on s*éConne peu que son entralnemetit pour Tart,
qui d*abord le fit vivre et qui blentét l'enrichit, l'ait îpu
soustraire aux études séiieuses de l'af-t ancien , à h lecture
des auteurs qui en traitèrent , et même à cette sage ré^rvc
qui , en lui laissant goûter le symbolisme biblique , eût
quelque peu poétisé ses compositions, tout en Téloignant des
■on s, jêan-Bap' errcuTS historiques , dont il ne semble pas s*inquiétcr. Le
caprice de sa pensée personnelle devient trop souvent sa
règle. Ge ifest pas le moyen âge, Tôpoque hiératique , ceOe
qui comprenait le mieux les sujets dont Raphaél s'est em- •
paré , qui eût représenté sur une même toile les jeux en-
fantine du petit Jésus et de S. Jean-Baptiste, lesquels ne
s'étaient jamais vus avant le baptême du. Jourdain. Oimabué
et tant d^autres se ftissent bien gardés aloi^ , dans cette
magnifique scène où Jésus se soumet au plus grand des
enfants des hommes , de poser celuiK^i , avec sa peau de
chameau qui le couvre à peine , en athlète Uei-veux dont
la chair menteuse , avec sa vie exubérante et son modela
(1) Voir, pour pliiâée<léiail8| Diilron, AnnaUê arcltéoh(fiqu6SylM^
lOG.
tittê ;
r
LA BCirAWiifi^C&.— itAraOL* 375
kréfr^KfbitJrie ,. ja^ç feu le jcôle es^ d'un, anachorile t et
prè^.4iiq<i^UemfHitaii:a*i9téres9e ffts pHw la piété cbré-
tiem^4Qi($:]a:ci;oix.mfsquine» attachée i. un trono d*arbre
desflécjlhé » «st ^uç r}ea ne livrait eqoQre à . l'adoratipn pu^
bliq^e,i-r Le epiT^bre.MicJ^lrAnge n'avait p^ éyilé.ces ima^
gini(Up{)S ^ et. q*^^ ^Q(We uq çôil;^ p^r ieqfqri son riant ^p*
teiBppiif^iniIuirjesfemble. . . .. ,, .. /
T^uOefoia Aapi^l . A'^b^odon^ , pas • etatiëp:eo;imt : le oa^ ^
ract^i^ dvti$yjQ(ib€ili$rqe chrétien, ft qulyi^a. f:oujour3y connne
l'a 4if} fm sjn^bi9)i$te fort . ^ntefî4tl 9 i^ une sorte d^ viqu^^
crati^n. puisée. daas q^n^iie chn^ de traditionnel (4). 1»
Çàetlà, dans ses pins belles peintures>, on sent revitre
sinon ,tpat|E^,rii|[iputeiAn depeispiritwlisme thécdogique» au
moîijis certains traits^ qui rappellent à Tobseryateur instruit ;
ses anciennes o^nif^tatipns,. Ainsi „ dans la Vierge au pqii:' m» nerçêou pou-
ion » quoique l'ange (lapJUaôl » accompagnant le jeune ToWe uqne j***"* '^"*'**"
qai.tien^t.up poisson ^,et S» JérOme,: aux, pieds duquel paratt
le lion qu'on en a rendu inséparable , puissent bien figurer ,
comme pa-trona du personnage pour qui fut peinte cette ,
belle' ; toile y il est plus : croyablp , n'en déplaise è certains
amateurs dont la science critique est mal appuyée, que
c'est là u^o nianière ingénieuse de symboliser les deux
Testaments , représentés pour l'aocienoe Loi par un de ses
Saints les» 4)lus ainpables offrant. son poisson» et pour la
nouyelle par l'un de ses quatre plus grands docteurs tenant
le livre ouvei't de la scîpnce divine : on le^ yoil placés l'un
et l'autre de chaque !C<^^ du Christ qui est venu réunir ces
deu^ Lois en une seule (2j. E;t puis, ne savons-nous pas que
. I
(t) Le P. Cahier, Vitraur de Stmrgts, p. 2d8.
(3) ff y 03 qui aliquaodQ eratls, longe ,. facU estis prope ija SanguUie
Chrîsti. Ipse enim est pax nostra, qui facit utraque unum...; et evan-
gelî^ftYll pacém vc/bis qui Mngé fUistid , et pacem lis qui prôpe. »
(Ephes., II, i3 et seq.) — Si notre pensée n'est pas ici celle qu'a eue
Raphaël , on avouera que ce que nous conjecturons est très-conforme &
la liiétiiode des Pères déyeloppée dans leur doctrine et exposée en cet
ouvrage : mais nous croyons fermement que Raphaël , à qui nous re-
STB aiSTOlKE «U SYMMtieilE.; î
ee poissoav 4C^«&t le Gbriatlui-mèoie'quî ^ parst> viemu^giié^
rUsante ^ préâgiyrait> déjà » dans la touchatiteE histoire, de
Tobie ;, ki bon < Saimartitain; qui n lest attire que> ie>Satimiir t
SufMrUanus ,'qui mstodity' àrt*'S. lérôiilfi; -t^; AcoiarquaM
encore! qiiei le «poissoni duigcfind peintre cet ^ bien un» deticè9
oi^ipaireâ quelconques v i^ôdMs dansJe: premier ivemitde'iiflB
ruiseeaux ^ dont le genre et Fespèce im^FteoÉ imoins è- «^
sigDiâcaik» siymboUfue , et aa but. qu'on 5*y j^roposev que
sa fonme abstraite- et que sonnoia«giéiléiriquei dansikcfaelse
retrouvent les- initiales diu nom let de» qualités du au»!
Yeun (4). On s^t d'ailleurs que r^uiimaJb du.flenvç <)6lofié
par Tobiie étaitde si forte taiUe qu'il. s'<élanca«ur> île. jeund
homme pour l&dévoi^r (8) , ce qui demt leresidoetout
différant deceluinlà. EnHa, lObservon^ qu'aux :piîçds de
S.. J^érôme repose Ici lion,, qui pour lui est rimagodela^aoli-
tude çt4u désert préférée au. monde, maïs qui n'est pa$
moins colle du Lion :de Juda: c'est taujjours te même parait
lélisme des deux Lois divines.
itis. Michel du N'estM^e pas encore une bizarrerie rapprochant beau^^
Lonvre*
coup trop le talent sérieux de Aapha^ des caricatures de
Gi^IqI que ce £. Miçihel qui, non contant de fouler 3ous ^ses
pieds le diable terrassé par son épôe , l'entoure encore de
pro^^faons ded JxtvmïliH qai' paflsfèrieiit trop de sa eotidaite dan» son
talent» « avait eacore ua seaUmanitrap délicat de •son rôle ponr ne
pad comprendre cette dignité de l'art ainsi entendu. » Nous appliquons
à la Vierge au poisson cette réflexion du P. Cahier (uW suprà), qu*fl
applique k toute autre chose.
(1) 'IxPu;. —Voir ci-4e»8ua, t. II, p. 18^ IV, 80, .97.
(2) « Ëoce piscis tm/nanû exivit ad devorandum eum, quem expa-
vedcens Tobias clamavît voce magna, diceus : Domine, invaditme! »
{Tob,, VI, 2, 3.) — Quel qu'ait été oe poisson, sur l'eapèee dnfael le»
commentateurs varient beaucoup , et dont Jes caractères sont mal éta-
blis par eux, on voit bien à Vexlérieur de celui donné par Raphaël que
cette petite béle-là était moins propre à manger un boEbme qn'à Mre
mangée par lui. L'essentiel était pour le peintre dedOfM^r l'idée :^'ihi
poisson, et non de faire de l'exactitude historique. Des symboles de ee
genre ont mille fois duffi' aux artistes des douziènie et treizième
siècles^ ■...•.-'.
LA II«A181X]!ieE.*^'lli{rHAiL. 377
bèie8 difformes ) nmpaiitos^ cdrancB^ bybiîdes^ agqni-
sÉntes:^ ^ksqiiellest sont irès^oertainiemeiKt le cortège dé^
goûtant de la l^ète priaeîpalev frappé' comme elk jet ex-
pirant: soifsi la jusliee 4e Dieu?, Au toin ,> et sur dfautres
pians ;> on: ne reconnaît (fu^à peine Fenfer et les i damnés
daaS'Detteyiliecfui brûle, et Ters >iaqaelle> s'achemine ime
procession. qui semMe sortir de terre; on so rend compte
tout aa plus 4o ces autres figures de personnages entoarés
de sefpènts dont :qiteilqaes*uns leur dérorent le cpànei —
DacKe est sans douts encore^ aiôssi bien qv^eYOrinBêeli*
oiarmnt^ poor quelque ofaose dans ces étrangetés , qui < furent
le 'Seul moyen de rendre Tidée abstitaîte de eès créatures
déchues, toutes spirituelles par elles-mêmes , inviaibles par
conséqvientvmaiisà^ui il faHait bien que Fart donnât un
corps et Uavisage.'^On y voit bien aussi, quanii on a étudié
ks époques -de Fart chrétien, un reflet des imagiers qui les
illostrèreirt ; mais quiconque est demeuré étranger à ces
observations n'y voit rien que d^obscur , d 'inexplicable , et
même de bizarre : c'est qu'en effet c'est un des premiers
j^ts de k jeunesse du peintre qui lutte déjà aVec la nou-^
veauté fnMe et naturelle contre les traditions hiératiques
et kur* symbolisme qui s'en va.
La Vision d'Ezéchiel^ traitée par le grand peintre avec une u vukon <vÊ%é-
supériorité digne de son génie , et qui orne la galerie de çue* ' "^ '^'
Plopence , est une composition toute symbolique : elle ne
pouvait ne l'être pas ; mais avec ôon grandiose , la beauté
mâle et la vie surnaturelle de son tétramorphe , on voit ce
que Raphaël eût gagné à suivre les inspirations du génie
biblique. On dirait qu'il s'élève à la hauteur du Prophète ;
c*est que là , en effet , le Prophète est tout entier , et tout
seul, et n'a eu qu'à se montrer lui-même pour imposer un
chel*<l*œuvre à celui qui en a compris si nettement la ma*
gttifique simplicité.
Î^Iais ne parlons pas. de ces vierges plus ou moins coquettes luphaëi abu>e
qui, au nombre de plus de soixante, rivalisent entre elles de «t du nu.
378 . BI8»nB MJ «niBOlilSME. - ' '
ce Sot »huttÂiQ et > de^ cettd^èdlulé Isttre^Cre (|ii'><mifi'èbslùtfirà t
préeotû&QTty nidesiËiuEaiitsiJésife nus ioflBaune> des:) vers ;.toî i
de ce6 fiUes dé hurikqti aenÉesii leimaaYai» iKetib^;^ Geigcara
scahreHJKyquîi pasBerafiafea^ol^cie 'daiisl lei i^ahiiitel lé'iftii <
ânaottier. de ' joyeuse JMUoctir. ^ ^ou lolfcs jha )amateiipT iqiii !
regardegprlas à la forute iqiii*4 k^ (^dniséej me ohacniiecâi |»t (!
mais leS'Aines^ qui priant ^liqui. méditent i*iËTangile H -qlix i ,
veuknt . en* adoreit < il'espli^iti daBs< toutes, lesi expinsioiis; de > ^
Tar ( obpètiKxii. : àjiix yeuK dono i da- OhiristiMisiule v Raphaiâ ^
après lequel on n'a plus fait que de Tallégorie , au lieu idu
•symbolisme que notait réclamerons: lofqduisj Aurarteaite'
t6rt dfî mettre >son génie «U: service/ d< un sentimelitrpert^. •
Autres aboii, souoel et di^s tendamos nslUindistes doi 9011 ^îôole.. Aprèft i
pires encore, de . , _ ,. . i, ■ »■ j ' »» i
notre temps. lui, ide>i^cir89 trasts^, âpar& danç lics giiandstaMftivf ^rà|qpel^.
lent à peineiçà^iet UL'devagiles'BOUTeniiss' danwyen Agé
sur les quelques toiles i^iigieuses ioht les musées séparent ,
plusqve les (églises j «tceUes-tci , ffar une gradatiom: des^
cendante, qiii est le dôtè tetai dé toUteis les màuv^aised chofieR» i
en sont Venues à h*aVoir pltsis , pour Tessources d'ometten^ :
tatién mobilière, que <^6 igranite morcieaitx de toile imbibés '
de maladroites copies des grandes réputations. On -iCf volt
plus arriver que des compositions imaginées dons les ate^
liers de bas étage ^ oOi ie pinceau se manie à la hâte , où
Tesprit marche au basard à la conquête des plus folles
idées , et où des artistes -d'bcoasion s'empressent à des <lav
bleaux dont le plus grand mérite est de les faire vivre**,
quelques jours.
Poussin et sa Alnsî , à partir des dernières années du seizième sièek ^
Contiik€nc€ dt Sci-
pion, nous verrons du dessin. commet , dUcoloris vrai et éclatisit^
de la lumière , de l'air et de k perspective , de la grAce et
du sentiment ; mai& le spiritualisme natoquera. Quelques
belids toiles' iei^ntréver^ianousie' né fera. croirOi Poussin
nous attachera par la philosophie et la fraîcheur de ses
paysages ; mais il abusera du paganisme jusqu'à grouper
à ses c<5tés les surprenantes personnalités des dieux et des
POCSSIN.i-h^ (BUBKf». -MLBMHKDIli • 379
déesses 4ûiZffliMÛ;te|b d'iAcpeMes. «dldslr le peiaireudos geafi
de p&ùt^ » du 4rè»jii8leiiient 'Vjeliàiroi; il devine parfeito*^
ment ice^^tt-doiÉ - «hnaer i ou ' biidÉsr ;- d i vàrôie! TAiHitéritè -
parila^Aee;jnaidUl<slaide'tié&^tF5di»grftB^ moyens de
TesthMique^ et:.ckfit àf^eine si ,>ooBsenaJtaii;t> à invoquer ém
mo»| V>aliégorie, im le^ voît4épo9er pur «la tête A& Scîpiôn s
parjl^teakis^id'iiiiê fenubenqulidoit -ètoe ia< Continetnee^
mais 'que rien œ désigne edntiDd» teUç^uiie cduroiuieide
laurkrv^ttd l&>bfoo8i amteax tnéritéepai* sa vèrta que par .
sa Tîbtoipe (4f). • .'.;.... ■■).;..•..
Rôbcnssfim uq' ob{Mnilaiil<€olori^. Il conserve aux mo* nubent, et «on
Dumeqtâ kwr stjie , aux* ooatumea leurr- richesao un peu d^Médieu. '^'"'^^
théftlrate ; tuais, par luhe ^erreur dei ouvredande qiiie l'hisi-
toiré Qei Ivi pardoonéra rpas ^ il poussû à F excès < FempliCH 'de.
rallé^ri6'iaiytiiblQgiqu« ; îl abufieranda pagliaîsme jus*
qu'il. r^K^^r sa -i/éd^tni de l*airaiure de MkBerve et 0*une
robe fleurdelisée; il groupera à ses côtés les incoocevaJihles
pcrsoiiflàUlé& des dieux ei des déesses de la myUnolDgîe an-
tique, tt ue! reculera même pas 4evant la fausse. idée de
bire paraître au Projet des* épomaUlat royeUe^ eutre HeorilV
et Marie ^ Jupiter «uvec sou a^igk , Juttoa avec sou paoa;
élraoges patroôe qui, enyinoonés de ^fit^A'irès-ressemUiints
à dd&aiigies , doivent se demander pourquoi ih se ti'Ouveut
là y etice quc) ce» anges peuvent y faire.
Lesueilr nousattaobera à la Yte 4e S« Biiano eomnae à un ^ 'i!!"!!" •' *®°
poème: plein de vie et d'ioipresBÎoû ; mais ses. scènes du
onzième sièéle s'encadreront dans une architecture du àix-
septièmo. Sespensonn^es si dignes de physionomie, de traits
et detnaiotien , et qui seuls vaudraient le glorieux surnom
de RapkaU français ^ auront des ciievelures de hasard ,
coapées en rond ou flottantes sur le^ épaules , sans eneik-.
cepteptsott héffosv dont la tète n'a plu& cependant , à partilt
(1) Nous avons rend a justice à Poussin pour son beau tableau de
y Arcadlc , x%\eXïi "Aq philosophie él de sentiment , ci-dessus , t. î,
S, Bruno.
380 HlSICq^RE DU 8Y||^0;.l^fi]S;. :
de sa, profession religieuse^ qu'iine J^gère couronna do
cheveux ; le mobilier sei*a orné.d^^phin?ç pu; df^ AgWf3S|
tronquées, tels que nous les dépeignent Vjgnole et .Var-
sari , et qui reportent des épisodes monastiques WK jour^
des Pharaons et de Périclès ; et tout, jusqu'aux moindres
détails, crucifix, chandeliers, mitres, costumes ecclésias-.
' tiques , représentera parfaitement les arts et les habitudes
si différents du temps de Louis XIV* Et cependant vous
remarquerez au chevet de Diocrès mom'ant , auquel un
prêtre présente la croix à baiser, ce démon, très-recojgtfîais-
sablé à ses cornes et à ses ailes de chauve-souris ^ se pen-
chant sur la figure du moribond et semblant épier son ftme,
absolument, comme dans nos manuscrits ou nos vitraux
du moyen âge. Ainsi , presque toujours, de la poésie , dq la
perfection , une admirable union de la grâce et de la jus-
tesse , mais aussi un mélange regrettable de mensonge et
de vérité.
L*ftrt ehréden Si uous aualysious aiusl les œuvres de nos grands maîtres
Reïïiian?" '* dc toutcs Ics écolcs dcpuis quatrc cents ans , nous rencon-
trerions sur chacune de leurs pages les mômes preuves
que l'art avait abandonné la religion, tout en vivant d'elle,
sous prétexte d'ouvrages de sainteté. Ainsi , ne l'oublions
pas, c'est la prétendue Renaissance qui a ménagé au monde
des arts cette révolution destructive. A cette fatale époque,
si vantée de nos libres-penseurs , parce qu'elle était la pre-
mière étape où se ravitaillait l'armée des envahisseurs hété*
rodoxes , on rompit avec le passé , on rejeta les styles que
les beaux siècles de la piét.^ catholique avaient conservés à
tant de monuments de tous les genres , dc toutes les dimen-
sions , de tous les caractères. L'Italie , qui s'était ouverte la
première aux fugitifs de Byzance, y perdit moins que nous^.
Ses longues agitations l'avaient forcée mille fois à relever
SCS monuments incendiés ; elle avait renouvelé avec eux
ses trésors artistiques, auxquels se trouvaient conviés à
l'envi ses peintres, ses sculpteurs et ses architectes. Peu à
r
DÉORAOATÎON i)ïr L AltT 'CHRÉTIEN. 381
peu l'éâpflt Novateur s'était acclimaté sur les bords du
Tibre et de l'Amo , et quand la Grèce s'y Implanta, on n'y
pmlvâit regretter que trèfrpeu des églises primitives : le
meyyen^ge to'yétoît presque plus.
Ma:fe e-€fet'éurtotit & la France que devînt fatale celle an- l* France «n
. BonflFJro plus qu6
portallon subite des inspirations païennes. Ces Grecs, de- ntai\e,
ptiis si longtemps efféminés , en tombant dans les révoltes
de Pbotins, s'étaient défichés à la fois du symbolisme catho-
lique et de Fart qiil l'exprimai t si bien. Au lieu de nous
apporter leurs belles naïvetés de TÉcole byzantine, ils vou-
lurent appliquer au Christianisme les principes des maîtres
vatriès par Pline et par Élîen; les architectes ne voulurent
ptas que du Parthénoh , les sculpleurs'que des Minerves et
des Jttpiters ; (m ne voulut, on ne fit plus que de ranlique. . . ,
moins le symbolisme et la beauté.
La littérature latine eut aussi sa part de ces funestes en- »"»*' "«» <in« i»
* littérature, qui de-
chantements. De pieuse et de naïve qu'elle était dans nos went païenne,
chants d'églises , qui en si grand nombre valaient des
poèmes, elle devint classique , c'est-à-dire encore païenne,
prétentieuse r le rhythme d'Horace passa dans nos hymnes,
le Père Étemel redevînt le maître du tonnerre, Marie la reine
de l'Olympe, les Saints furent des dieux immortels (I).
Celaient là des extravagances dont ne furent môme pas
exempts Vida dans son poème de La Christiade et Sannazar
dans celui de La Haierniié de la Vierge. Celui-ci surtout, à
qui des poésies moins pures avaient déjà valu une réputa-
tion peu honorable, ne craignait pas d'entourer le berceau
de TEnfant-Dieu d'un cortège de Néréides. Érasme, Thuma-
niste vénéré de tous , s*en scandalisa avec raison, et re-
procha au poète d'avoir traité une matière si sainte en un
style qui ne Tétait pas assez (2) .
L'art chrétien descendait donc de plus en plus , et Ton ^pt^*ïïïient. ^^
(i) Cf. Aq«]i/ Hwèoire' de Léon X, piMlim.
(2^ « P|tt8 l^udiç en^t laturus «imateriam Bacram aliquando tracf
tasset sacratioB. » (Erasmi Ciceronianus, Tolosœ^ 1620, p. 90.)
L
382 HISTOIRE BU OTMBOLWIie.
eùi dit qu*à.RcmiQ»et bienlùt ea FramSi oi lies guêtres
d'Italie raYAîeiit trùp importé Mea lAlidsiiAe des ha]|j|«les
méridionales, l'air rcspîraMe s'éUit ^fciédeaémaiifttifoDS
sorties de ces fouilles savantes qiii au GamporVaocido bi-
saiemt. surgir tout à coHf toua les diew et déesses que le
génie d'autrefois avait rtyfttiui; d'une rober écuwaebtei Et
oependant les Papes^ fout en favorisaBt le^ dévvloppeaent
des lettres^ en s émerveilbmt des déceuveslôs dearnsmis-
crits de Tacite et d'autrea auteurs qui deYaient euriobir
notre temps des trésors littét'aires du siède if Aiigasle^ po-
sajent la croix au laite des .obélisques^ comme ils avaient
rendu chrélien le Panthéon d'Âgrlppa (1). Mais qu'impor-
taient ceseflbrls intelligents, contre la foUe de l'inlellîge&ce
humaine, éprise tout à coup des singularités de cette Re-
naissance à laquelle il semblait qu'un galant fauommenese
pouYoit reruser? Ils n'empêchaient pas les cicéroniens de
passer en riant devant Ërasme» leur mordant et énergique
antagoniste; et le caidinal Bessarion, qui ne croyait certai-
nement ni à Baccbus ni à la métempsycose: de Pgrtiiagare,
oonsacrait en ses ÉpUres familières toutes les foUes du lan-
gage de leur époque, dans Tunique but de réhabiliter ia
forme classique, au grand profit, croyait-il, de son ftge ^t de
la postérité (2).
Oeoi caractèi^es éclatent pai'ticulièrement aux fe»x de
l'observateur qui s'efforce de comprendre cette période de
*
(!) Cf. Audin, Hisi. de Léon X, t. Il, ch, iv, où il raconte d'une façon
trèti-altachante les soins que ce Pape se donna poturproeares à M bi-
bliothèque du. Vatican des manuscrits enfouis en d'autres dépôts.
(2) Cf. Entrelien sur divers sujets d'histoire^ de tiUéralure, de reli-
gion et de critique, p. 386, Cologne, in-12, 173S.-^Un auU« savant «r-
dinal, Bembo, ne pouvait consentir, non plus que beaucoup d'aatvM ,
à admettre, même dans le langage ecclésiastique , une expression qni
ne fût empruntée de Cicéron, de Qnintilien , d*Ovide ou à*Autres^iIliU'
traUons de la grande époque romaine. La Sainte Yietge était dito^
immortelle; l'excommunication se rendait par VinterdicUçn iù^Ceau
et du /■«».— Voir de Beaussette, Vie de Bossuet, t. II, p. 298, Paris, îû-«,
5821 ; — et Mém, de Trévotm, janv, 1762, p. 139,
LA nillNAISftAKCB rr W Nl>. 383
fbisloû'e jntelteoloèllr diï iiionâe'qtt^oti''ttdiéêQrdeiki nom
Biàl' dioiii dki ta XènaiéBainee : le ctflte ée te'iàidlié et la
haâme effroiitéede r»rt cbtétien.
-LeœoyenfAge'nes^étBi^jàmafeperniisletinikns ntvbut ^^Ponrqooi rart
utile, sans une ititi^hthm très^pliiloftophiqué' ; cbezlui onle ''''^\ p<^ '<"■
• nt'touî^urê sotopisé^ quané il dut >r«mpk>yei-i par la* nature
même ée^oértaides «ompcisitions^cdGLS^iqtiés ^ telles que ie Jour
eila N«it dans van dés groupes^ de ifiCréatiû» à la cathédrale
d&Qhalires ; ilaefa'vait admis déeiAéÉnentquë dans Tensei-
igDMneant'de^ théologie morale' et pour ihspiner Phforreur
des'YÎOesiOOoitpaîres'àrla'îmretô. Maiâ, U fiuit le dir^ aussi,
fjftrliste réussit peu dam ces tentatives, 4uff»e« lui vcmt pas ;
etlë nàodeléy qui y manque aussi bien {^ueta^ vie, aileste
qu'illraioaiDe mloins pcmr laîfbrmeque pour l'esprit. Soiftez-
teide oes sdjets, auxquels il 'tié louche qa^m si 'pett t= nombre ;
voye2 $es Tierges , ^s enfants , ^s àhge$> , ses âmes dé-
pouillées de sexe : tout est noblement traité par le senti-
ment d'une pudeur qui ne se dément jamais. Le peintre
des manuscrits ou des vitraux, le sculpteur des tympans ou
des voussures, n'Imaginent pas qu'on' puisse mettre Tart
au serrice des mauvaises passions : c'eût été' s'abaisser au
niveau de ce Parrhasius dont le pinceau se déshonora chez
les Grecs en se trempant de préférence dans les plus dé-
testables infamie». Au contraii^v ^os maîtres dés douzième,
treizième, quatorzième siècles, s'étudient à draper pïus
élégamment, selon que les progrès du dessin le leur i^ndent
passible ; ils s'appliquent à donner plus d'expression et de
grâce à leurs physionomies , à leurs poses , à l'action des
scènes ; et au milieu de ces légendes si recherchéçs , rien
dans la statuaire,, dans la peinture dont: puisse s'offenser la
vîririnilé de la pensée et des'ttlœurs;
la Beuaiçsance arrive. ;.. et ^vçc elle,,ou YQ4t,çnanc<}ler u Renaiwanc* le
d^abordi et périr bien46t damun scandaleux naufrage^; eette* oès,
sainte et austère prudence qui protège rînriocence du cœur
par la chasteté du regard.
fnipir^e par iM
itude» païennes.
CaatigUoni
■a théorie oatho-
lique du beau.
384 mSTOIItE DU SYMBOLISME.
Et quel thème sert de prétexte à ce désordre que les let-
trés divinisent ? Ifa aiment Virgile et Homère , Oride et
Anacréon : ce sont quatre personniflcations des beaux yers.
En prose, ils ont les Tvsculanes et le Discours' pour la Cou-^
ronncy Thucydide et Tite-Live, le divin Platon et ses belles
rêveries de Sunium, Socrate qu'Érasme canoniserait sans
façon jusqu'à ,lui demander son Intercession près de Dieu (\ ) ,
Après une littérature ainsi fondée, ne fallait-il pas dans l^rt
nouveau un reflet de Tancien ? La poésie est inséparable de
l'art, mais Tune et l'autre se doivent un mutuel appui pour
créer la beauté et dorer de ses vifs rayons toute la vie humaine,
toutes les productions du génie et de l'esprit. C'est ce mot
qui séduit et entraîne. Le beau visible, la forme attrayante :
voilà ce que veulent ces privilégiés de l'intelligence. Y
seraient*îls parvenus? Nous allons le voir, et nous n'en dé-
ciderons que d'après quelques esprits distingués de la Re-
naissance elle-même.
Il s'agit ici de Baltazar Gastiglioni, mort en 4529, après
avoir mérité les faveurs de Léon X et de Clément VÔ, et
qui unissait dans ses écrits, selon Jules Scaliger, le "double
caractère de Lucain et de Virgile par l'élégance du style et
la dignité des conceptions (2). Castîglione est auteur d'un
livre qu'il intitula Le Courtisan , et dans lequel , voulant
donner l'idée d'un homme bien élevé, tel que la lui avaient
inspirée ses fréquentations assidues des cours de l'Europe,
mais surtout de l'Italie, il rend compte de celle alors si
célèbre du duc d'Drbin et rapporte quelques-unes des cau-
(1) a Et muUi sunt in coneortio Sanctoram qui non sunt apud nos in
catalogo. Proinde, cum hujusmodi quasdam lego de talibus viris^ vix
mihi tempero quin dicam : sancte Socrates, ora pro nobis. Et ipse mihi
sœpe numéro non tempero quin bene ominem sanctœ animas Maronifi el
Flacci. » (Erasmi Culloquia familiaria : « Convivium religiosum^ » et
Muller-Regiomont, p. 227.) — Érasme avait oublié de se peindre dans
son Éloge de la folie.
(2) Jul.-Cœs. Scaligeriî Poetices, Lugd. Batav., in-8», «581, V\b. Yll,
p. 322.
sérias plUlosoptijIiques nuxquell^s U s'étoit mêlé. Or» vouJqz-
vQu&sayoir ceiq[;U'on y pensait de la, uature du beau? Avec
S. Tbomas d'Âquin» dont la philosophie^ apparemniaut, n*est
p^s k dédaigq^r ; avec soa disciple Sayouarola, dont le beau
génie et Véoergique doctrine eurent le seul tort de dé-
passer le bien. jusqu'au del4 des limites du mal; avec cet
admirable Bembo qui pojussa jusqu'au ridicule un amour
eflréné du langage romain et de l'emphase mythologique,
on reconnaissait que Lç beau n'habite qu'en Dieu, qu'on n'y
ai'rivait point sans prier, et qu'enfin il était un cercle
dont le bon est toujours le centre. Dai>s cette sphère, le bon
et le beau sont donc inséparables autant que la forme clr^
culaire et son milieu. Et l'on en concluait (peut^tre un peu
largement) que rarement mie ame méchante habite un
beau corps. Cette tliéorie se prouvait par les astres, au ciel,
qui, en nous donnant la lumière, revêtent une double
beauté de charmant éclat et d'indispensable utilité ; sur la
terre, par les arbres, qui donnant presque toujours les plus
beaux Xrults après les. plus belles fleurs ; sur la mer^ par
un vaisseau paré de tous ses agrès, et dont la forme élé-
gante platt aux regards dos plus grossiers observateurs.
Tout, dans l'univers, ajoutait-on, chante cette essence
divine en qui la beauté ne se sépare jamais de la bonté.
Peintresi poètes, orateurs, pliilosophes, pour atteindre à la
beautés doivent aller à Dieu. « La beauté est le triomphe de
r&me sur le corps (^}. »
Nous voilà d'accord avec la Renaissance , autant qu'elle comment i«s
plaidera cette cause et proclamera cesprmcipes. Mais ces rn«n^
prbicipes, cette cause, n'est-ce pas ce qu'avait défendu le
moyen tige depuis son apparition dans Tauréole fugitive de
(i) « Dico Cbe Ua Dio nasce la bellezza, ed ë corne circolo ai cui la
bpntà é il ceiitt'o...Per6 la beliezza é II vero irofeo della yiUoria deU'
anima, quando essa cou la virlù divlua sigDoreggia la natura materiale,
6 col 4UO lume vince la tenebra del corpo. » (Cf. // lif>ro dél Cork*
giano, U, 188, iii-So, MUano^lSOd; — et Audin, Léon I, l, 495.)
T. IV. 25
3Hti HISTOIRE DC SYMBOLISME.
Ciiarlemagiie, à travers toutes les phases de sa glorieuse
existence , et n*était-ce pas son dernier écho , sa dernière
protestation que faisait entendre Castiglione dans cette page
si exubérante de sens chrétien et de raison^héoiogique?
Hélas ! sous les apparences traîtresses de cette doctrine
orthodoxe , un germe de beauté qu'on n*y avait jamais
trouvé osa se produire, réclama la place du beau chrétien
et Tenvahit. Les lettrés, sous la conduite de ce Bembo qui
dans sa jeunesse professait la pure esthétique des Pères, et
qui bientôt abdique leur latin pour celui d*uue langue en-
nemie de la scolastique, les lettrés révèrent une régéné-
ration qui ne pouvait aboutir qu'à du paganisme; les
artistes, nourris de ces idées qui retentissaient chaque jour
à leurs oreilles , durent chercher aussi les reproductions
plastiques de l'antiquité que tant de beaux esprits leur prô-
naient; et , au lieu de continuer à voir la beauté dans le
spiritualisme, ils la prirent dans la matière , d'où le sen-
et arriyent aux sualisme uc devait pas manquer de sur^r. Un énorme
plut grossières , ^
mariMUoas. niaUieur fondit bientôt sur la vie artistique, par suite de ces
licencieuses méprises : ce fut le mépris de la pudeur, lequel
passa dès lors en une certaine littérature de bas étage que
ne savent jamais se refuser les libertins. Cette espèce de
gens ne manquent jamais aux époques de décadence, et il^
y consacrent, dans ce que l'art et la littérature ont de plus
hideux, les turpitudes des mœurs, toujours si proches de
celles de Timagination. Les obscénités d'Ulric de Hutten,
puisées à la source de Luther, autorisèrent bientôt celles
que Théodore de Bèze appelait sesJuvenilia; et Rabelais,
avec sa verve cynique devenue la joie de nos libres-pen-
seurs, et, pour beaucoup d'honnêtes gens, l'objet irréfléchi
d'une admiration inconsidérée , Rabelais , souillé à la fois
d'apostasie et de libertinage, ne trouva que dans la Re-
naissance les saletés de son style et ses extravagances de
baladin.
LMututfs iM De là aussi ces nudités dont eussent rougi nos pères; de
LA RENAISSANCE. — ÉGAREMENTS DE L*ART. 387
là ce droit au pinceau de ne plus rien ménager des plus vamnt tt créent
saintes exigences de la vertu, cette audace qui pénétra jus-
qu'au sanctuaire, où d'abord le divin Crucifié fut dépouillé
de cette tunique usitée si constamment du cinquième au
quinzième siècle (>!}, et où bientôt sa sainte Mère fut avilie
jusqu*à paraître sous les traits et le costume dévergondé
d'une courtisane liistorique (2). Avec Raphaël, surtout, le Eiicei»,R»phBêi
nu devint un genre de beauté que chacun sescnma à encore queMiohei-
imiter; mais le sien fut bien plus dangereux que celui de
Michel-Auge, qui, sous des formes athlétiques, prodiguait
plus d'étonnement que de séduction. Le peintre des madones
s'appliqua bien plus, quoi qu'on en dise, à leur faire un
spiritualisme d'emprunt que ce vrai caractère céleste qu'elles
devaient avoir; et, quand les critiques ont reproduit à
l'excès cette fastueuse épithète, c'est qu'ils ne savaient
eux-mêmes ni ce qu'ils disaient ni ce qu'ils auraient dû
sentir.
Nous ne savons...; mais ce soin assidu de la chair fraîche, jt^qn'à en faire
déduire 1e« égrare^
cet abus affecté de la forme et de ses plus scabreux détails menu de sa vie
morale.
ne peuvent annoncer dans l'artiste qu'il tint beaucoup à la
chasteté, et laissent trop de prise à la censure de ses mœurs.
Serait-il possible, en face de tels égarements, que cette dé-
(1) Cf. Bull, monum., XIV, 16 et 98.
(2) Tel^au musée d'Anvers^ la Vierge et V Enfant Jésus, de Jeliaii Fouc-
qaet, qui eut la sacrilège idée d'affubler du nom deMcurie le véritable
portrait d*Agnès Sorel^ à la poitrine décourerte, et tenant sur ses
genoux un poupon potelé^ dépourvu du moindre linge> et qui proba-
blement était un bâtard de Cliarles VII. Là , évidemment , le peintre
français a voulu faire du beau. Né vers 1415, il vécut au delà de 1474 ,
dans les bonnes grâces de Charles VU et de Louis XI. Il en était digne !
— Ajoutons ici, cependant, que tout le monde n'attribue pas àFouc-
qnet cette très-médiocre peinture du musée d'Anvers^ non plus que les
tmits d'Agnès Sorel à la p étendue vierge dont nous parlons.— Nous ne
demandons pas nûetix ! mais le morceau, de quelle main qu*il soit^ n'en
figure pas moins à côté de bien d'autres de celte époque très-capables
de confirmer sa prédilection pour ces vilenies.— Voir le livre de
H. Vallet de Viriville : ^ean Foucguet , in-4^ iSBl ;— Bulletin de la
Soc. des antig, de France ^ iBlù, p. 40 , et Xe Moyen Age et la RenaiS'
sance, t. V, où se trouve une copie lilhochromiée de ce tableau.
3S8 HlSTOinE DC SYMBOLISME.
votion à Marie qu'on lui attribue eût été aussi réelle qu ou
semble le croire, et les preuves qu'il en voulut donner ,^a
lui léguant une chapelle après sa mort valent-elles bien le
soin qu'il aurait dû prendre d'éviter dans ses travaux tant
de contrastes qu'on lui reprochera toujours avec trop de
raison? Cet entraînement aux licences de la pensée se
révèle jusque dans son chef-d'œuvre de la Transfiguration^
où l'on ne sait ce que fait, à côté de ce démoniaque aux
affreuses contorsions, cette femme italienne dont les épaules
découvertes et la pose théâtrale ne sont là que pom* attirer
l'attention , et la détournent certainement du sujet prin-
cipal en proportion qu'elles captivent les sens , quand l'es-
prit et le cœur devraient s'élever de la terx-e avec Celui qui
nous attire au ciel.
L'art B'o rien Cet excès dc prétention dans la personnalité dcTailiste,
gaern ce or- ^^. ^^j^^^ qj^^ pour coustruire le fragile édilice de sa propre
gloire , a fait école , au grand mépris de ce que l'art a de
plus élevé et de plus saint. Le but que se proposaient les
égoïstes qui Font ainsi profané n'a pas d'ailleurs été atteint.
Toutes ces imitations de la manière antique ont pu réussir
à quelques génies de la couleur , du dessin et des formes
plastiques; mais combien d'autres y ont échoué! et ceux-là
mêmes à qui elles ont ménagé de beaux triomphes sont-ils
parvenus à cette perfection qu'ils croyaient atteindre?
il est resté bien Qu'ont-ils de Semblable aux chefs-d'œuvre restés inimi-
îwtiqûité* * tables qu'on appelle la Vénus de Milo, le Laocoon et l'Apol-
lon du Belvédère? Que ces grandioses compositions écla-
tent de beautés réelles par la représentation fidèle de la vie
et des sentiments divers qui s'y expriment, c'est incontes-
table, et voilà un genre d'excellence propre au temps et aux
mœurs de Rome et de la Grèce. Mais par cela même c'est
de l'art païen, très-conforme aux habitudes du ciel méri*
dional et des tièdes atmosphères qui l'ont fait éclore , et
très-opposé à nos idées chrétiennes, qui , même à Rome,
quand l'art fut sorti de son enfance , et à Byzance dès Tap-
LA RENAISSANCE ET SES NUDITÉS. 389
parition de Constantin , se gardèrent bien de montrer sans
TOife ce corps humain, purifié de ses concupiscences char-
nelles par le baptême, qui est un sceau de sainteté, et dont
ht retenue devait se conformer, pour rester digne de Dieu, à
toutes les règles de ce que le chaste langage de l'Église a
compris sous la suave appellation de modestie (\).
Non , Ta beauté n*est pas plus dans le libertinage de la ^^""^^^ nSuaiSt
forme que dans celui de la pensée. Elle ne consistait pas , l^ ""* °""p»-
d'ailleurs , dans toutes les œuvres antiques , à imiter au
mieux les muscles et les artères, et les lignes et les contours
de la charpente humaine, non moins difficile à rendre par
son ensemble que par ses parties : il y avait aussi la pose
•
(I) « Modestîa vestra nota ait omnibus hominibiis. » (Philipp., iv, 3.}
La modestie chrétienne est donc la gardienne de la chasteté, puisque,
d'après la forme même de son nom {modut)^ elle est la retenue habi-
tuelle des sens etde'la Tolonté à Tégard de tout ce qui peut attirer le
•entiment de la eonciipiscence et faciliter aux passions honteuses l'ac-
cès de notre cœur. Tout cela est conforme, dit S. Bernard, aux exemples
donnés par le Fils de Dieu : « Quid enim majus incongruum (dit ce
Père, Serm. in vigil. Nalvo. Domini) quam ut immoderate agat homo,
conscloa propriœ inûrmitatls, qnando quidem apparnit inter honiines
modestus Dominus majestatis? » ~ Et ailleurs : « Magna est modestia
individua, verecundiee socia...; Terecunda modestia, et modesta vere-
cundia est... Hanc teneamus pueri, banc diligamus, et ut eam semper
habere posisimu^, fugienda est nobis familiaritas et confabalatio eorum
qui turpiter et indisciplinati vivunt...; habet sane suos scopulos yere-
cundia, non quos ipsa invehit, sed quos sœpe iucurrit, si intemperan-
tium ineidamui» consortia, qui sub specie jucunditatis venenxtni infun^
dunt bonis.» (Ve Ordine vit», edit. Bened., Il, col. 379.) — D^^utres
Saints vous en diraient autant en d'autres termes. Les philosophes
païens avaient été d'avance de leur avis, tant il est vrai qu'il ne s'agit
ici que d'une loi naturelle sanctionnée et commentée par le Christia-
nisme! N'est-ce pas Cicéron qui disait : « Modestia est pudici ethonesti
habitua cum laudabili profectu verecundiœ » {De Rheior,) f et Euri-
pide : que « la modestie est le résumé visible de la vertu t> (In Mtdea)?
On peut voir d'autres citations d'auteurs païens dans une excellente dis-
seilation de M. Grimoard de Saint-Laurent, Du Nu dans Vart chrétien ,
insérée dans la Revue de M. l'abbé Gorblet, t. III, p. 223 et suiv.— Cette
mot^le de& païens» de ceux que le sens philosophique n'avait pas abau-
donnés, n'est même plus de mise chez les peuples qui abdiquent les
principes éternels de la loi divine comme trop gênants; et l'art s*en
ressent Jusqu'à n*é(replus, ou presque toujours, qu'une perfide excita-
tion il la débaucha'
390 HfiBTOIRB BU SYMBOUniE.
du corps , Texpression du visage , le jeu des étoffes, Fagen*
cément des accessoires, et ce sont là, nous semble-tnîl, des
mérites que no se refusèrent ni œrtaîDs peintres exhumés
à Herculanum , ni les statuaires dont on admira toujours
les immortelles productions à Rome, à Naples et Paris. G*e8t
pourquoi , sans contester que l'artiste doive représenter
di(Térerament les lutteurs antiques de la galerie de Florence
et le Jupiter du palais Verospi , nous demandons si beau-
coup de statues ou de personnages habillés n'ont pas un
mérite d'exécution aussi remarquable que beaucoup d'au«-
tres qui ne le sont que peu ou poiut*
M nvxiuient Les auciens ne s'v méprenaient pas, et comme chez
point de l'art la .\ . . , , , ,
chMtetë. eux on ne se passait pas toujours complètement du pé-
plum et de la robe , non plus que de la coiffure et du
cothurne , ils se gardaient bien de faire du nu par plaisir
ou par spéculation. Quoi de plus chaste, chez eux, que
l'Apollon Musagète du Vatican , que la Vestale de la ga-
lerie de Florence , que les Muses de Tivoli et tant d'autres
chefs-d'œuvre , dont les vêtements sont loin de compro-
L'art moderne mettre la valcur? Nos artistes modernes se sont-ils ra-
a auMl sa beauté,
d'une chasteté ir- baissés ouaud ils ont conservé à leurs sujets cette dignité
réproohable, J o
que beaucoup ont si bien comprise? Ganova sculpte son
Thésée vainqueur du Minotaure ou sa âfadeleine près de
mourir devant la Croix qui la remplit d'espérance ; Guido
Renl jette sur la toile son Hercule tuant Fhydre de Lerne ;
Salvator Rosa nous montre son Prométhée victime déses-
pérée du vautour qui le dévore éternellement : et dans ces
poses difticiles on admire autant d'études consciencieuses,
où le nu demeure chaste parce que de savantes draperies
le voilent assez pour n'effaroucher aucune pudeur. Il y a
plus : la chasteté artistique fut-elle nulle part plus scrupu-
leuse que dans cette belle Danse des Muses que donna au
musée de Florence le pinceau de Jules Romain? et Rapha<îl
lui-même , dans son Parnasse de la Segnatura , ne semble-
t-il pas s'être appliqué , non moins que dans son beau .!'«-
LA REJUIôaâlIOt I5T SES NUDITÉS. 39f
fiû§4 de la Vierçff. aux règles de la plus délicate décence,
autant qu'à cetta délicieuse variété de tons et de mouve^
menlfi ipie la beauté de son imagination ne sert pas moins
que la pureté de son dessin ? Ges deux belles compositions
sont empreintes d*un tel esprit de convenance, qu'à fiarl le
su}€t , «t sans contidérer leur origine ntylhologique, per*
sonne certainement ne s'en scandaliserait dans une église.
Si la Renaissance et ses adeptes, si Tart embelli par ses pro- qao vÈgMan ne ré-
"^ r r pudlentU pas.
grès dus à Tobservation et à l'étude, n'ayaient jamais déyié
que sur œ point des traditions du moyen âge, l'Église les eût
acceptés sans aucun doute, et se fût enrichie avec autant de
gratitude que d'amour de ces filiales générosités et de ce
pieux dévoâmeot. Hais ils trahirent à la fois la forme et la
pensée ; ils luttèrent contre £Ue en de communs efforts
pour le beau sans esthétique et la forme orgueilleuse sans
précautions. C'est là ce que nous devons répudier avec l'Ë^
glise. Nous ne saurions trop condamner avec Elle cet art
prétendu chrétien qui nous donne des Vierges plus laides
et plus inconvenantes que des Vénus , pour venger sans
doute le sensualisme en débauche des douces et aimables
sculptures du treiaième siècle à la cathédrale de Paris et au
chandelier de Milan (4). Arrière ces Appelles qui n'aiment
que les Phrynés, et ces Phidias qui ne croient même pas à
Jupiter !
Ainsi la manie trop favorisée par les libres*penseurs des i^ d<e«denc«
dn symbolliime
quinzième et seizième siècles a perdu l'architecture chré* coïncide arec
tienne, dont toutes les créations abdiquèrent alors les prin- tal
(1] Voir cette horrible femme à la flgare stapide^ anx formes & peine
couvertes par de rares chevaux qui ne sont même pas du peintre ori-
ginal (on prétend que c'est Van Eyck ou Kemmeling), et que M. le
comte de Mellet a fait graver dans les Annales àe Didron, XIII^ 242 et
SUIT.; —puis cette autre Vierge aux anges du tome VII , p. 200, qai est
du quatorzième aièele; ^ mais surtout la magni^que ciselure du chan-
delier de Milan appelé Varbre de la Vierge (même livre, XIK, 263). —
Ces trois types donnent une série suffisante des distances qui séparent
le Christianisme de Tart païen , lequel abrutit toutes les compositions.
392 .His;roi^ DU sTUBOifisniï.
qipes du grandlo^ej^t du s,ymbolismeaiilénaisirs.LadkiMiri-
tion de rogive|£prmeaa9^iéIoquoBt6qu«igracieu8ef amena
graduellement cette décadence^ et Goati:ibua,plu9 que toute
autre inaovation, à Tintrusioa du'^tyle grecs, qui nepouvAU
s*en arranger; et d'ailleurs^reût-on ooaservée,. comme dans
Téglise de Brou, construite en i ^90, et trè^-rremarquable par
le fini de ses sculptures gothiques, ou y eût mêlé Tinévitable
plein-cintre, et surtout le symbolisme en eût été chaseé im^
pitoyabl^ement. Salnt-Eu3taohe de i^is ne doit son élégance
qu*à son plan d'ensemble, qui est celui des églises ogivales;
et, si Saint-Apollinaire de Valence vaut^ncore quelque chose
après sa reconstruction du dix-septième siècle (4604), c'est
que, par une heureuse inspiration qui doit passer pour un
phénomène sans égal à. cette époqae , le Chapitre exigea
que les dégradations infligées par les huguenots fussent
réparées d'après les dimensions primitives, et les sculptures
et moulures quelconques retaillées d'après les dessins et les
sujets antérieurs (4). Ces quelques efforts furent d'aussi
courte durée qu'ils étaient rares , et de chute en chute on
devait arriver de la Sainte-Chapelle de Paris, et d'Eudes de
MontreuLl,à Notre-Dame de Lorette et k M. Hippolyte le
Bas (2].
Hm mihil,.. qiumhtm mutaUuab illo
Hectare !,.,
Ce style rem- La légèreté du Caractère ft^nçais montra bien comment
ïiÏÏpturïTde cl- dans ce beau royaume , qui s'était fait ime architecture
^'**^^' nationale , on pouvait se consoler de la voir mourir, et
même de prolonger sou agonie. Il fallait bien une certaine
dépense d-ornementation , et , si le symbolisme n'en fit pas
les frais , du moins le maniéré s'en chargea , et une profu-
sion de feuillages, de guirlandes et d'animaux moins sigiii-
(1) Cf. la belle description hUtorique de ce monaiaept par M» Tabbi
JôQTe, BuHet. monum., Xi\, 545.
(3) Voir Moafoieitibert , Vu Vûndafisme et du OûihoUcisme daii^
l'art, p, 192,
f
DÉCADENCE DE L*AftT OGIVAL. 31)3
ftoatifi que grotesques se rëplandif autour des portes de
nos églises, sur les monuments funéraires dont on meubla
rintërieor, et jusque dans les vitraux, lesquels n'eurent
phis ni la gravité ni le charme dé coloris qui en faisaient ,
deilx siècles pWs DM ,* des mosaïques si remarquaf)le$.
Il n'y eflt pas jusqu'à la taiïlc des pierres qui n'éprouvât «t p>r i» «tyi*
ces prétenHeut caprices, préférés par les novateurs aux
règles du juste et du beau; et le style rw^/ï^rtf^ , avec ses
coupes biflariids, ses entaillades disgracieuses et ses bossages
ver miculéfr , qui passèrent pour des ornements, délecta le
dix^^septièine sl^te. Ainsi , et sous les auspices de ses ar-
ohitectés, français ou italiens, on vît la mode nouvelle
envaiiir tout le territoire archéologique , et créer , sans
distinction aucune de destination et de caractère, les palais
et les hôtels de ville , les casernes et les hôpitaux , tous les
grands édifices publics en un mot, et par c(msé(/uent les
églises , comme Saint-Pierre d' Auxerre et l'ancienne prieu-
nde de Montempuy, près Ne vers.
Ce dîx^eptième siècle fut celui de la littérature classique Boautë* ci«mi.
qnos dn dlx-sep-
portée à son dernier degré de perfection en France , en «*«*»• »^^^-
Angleterre et en Italie. Pour ne parler que de nous , il est
reconnu que rien ne dépassera jamais Téclat et la portée de
nos grands écrivains de cette époque. La langue avait
trouvé un mélange de souplesse et d'énergie que Racine et
Bossuct témoignent à eux seuls plus qu'aucun autre. La
musique préludait encore , il est vrai , anx grands suceèî^
des Rossini et des BoKeldieu; mais la peinture atteignait à
ridéal de sa perfection sur les toiles de Ijcbrun , de Van
Dyck i du dominicain , des deux Carrache, de Mignard et
de tant d'autres que nous avons nommés, comme la sculp-
ture siu* les marbres de Jean Goujon, de Pierre-Paul Pujet,
de Girardon , de Bouchardon et de Coustôu. Malheureuse-
ment rions vôyom^ sous ces habiles mains naître fort peu
de statues religieuses : ces compositions n'arrivent à cer-
l.'iins frontons d'rglîses grecques , h quelques loniboanx de
394 HlSTQiaË ou STMiOLISME;
morts illustres que comme des aecessoires oà la reeberdiê
du beau se fait sentir bien plus que le senlimêtit de nolie
foi. .
Mépris qu'on 7 Br pouvaîtril ètc6 sutremeut. quand nos «rands esprits
professe pour • » i o r
rarehiteetiire da de cctte ôre fflorieuse en étaient venu» à mépriser de tome
mo jen âge , ^ "^
la hauteur du plus mauvais goût ce gothique et ce romafi
des plus beaux âges de l'Europe , auxquels ils préféraievit
les frontons grecs , les colonnes doriques ou toscanes, les
arcades surbaisisées , les fenêtres rectangulaires , et tant
d'autres incomparables laideurs qui disposaient une église,
dès sa naissance, à devenir , selon les circonstances , ime
fabrique , une grange ou un atelier ? Lisez les voy^^tears
de ce temps dont la prose et les vers nous sont restés , et
dites-nous si , en détaillant les belles curiosités qu'ils ren«
contrent , même dans ces vieilles églises où lenr admira*
tion s-arrète sur tant de chefs-d'œuvre artistiques de toutes
les écoles, un seul d'entre eux s'occupe du monument
lui-même et s'avise d'en décrire la vaste immensité, la
jusqu'à en Ignorer savante dispositiou , les hardiesses architecturales? Nos
historiens eux-mêmes ne se doutaient pas encore que rhis-
toire de l'humanité , comme celle d'un seul peuple ,
comporte néeessairement la notion de ses arts , de ses
sciences et de ses monuments ; ils semblaient ignorer , par
exemple, qu'il y eût en France des cathédrales comme celles
de Reims, de Chartres, de Paris, d'Amiens, de Rouen. On ne
songeait pas le moins du monde , en parlant de Cluny et de
Saint-Denys, de Giteaux et de Saint-Maixent, de Fontevranlt
et de Sain(rSavin, à mentionner leurs abbatiales, dont on ne
dêtraTl™?*''"^*" ^^*^^ même pas Tâge, ni la valeur; ou bien, s'il arrivait
à quelques-uns de s'arrêter stupéfaits devant les sculptures
symboliques de nos grandes façades, c'était pour y trouver
des allusipns mystérieuses au gi'and œuvre de ralchimie,
au\ hautes combinaisons de l'astronomie ou de la cabale :
ainsi , on prenait rarchange S. Michel pour un Mercure
Tentâtes , et nous savons que Dupuis , digne et infaillible
LE XVir filàûtS ET US DOCniMES. 395
suoeesfteur deices dootes , ne faisait ni phis ni moios qulsin
langage d*ashroqame de tout- éet .enseiçiifiment religieux.
Nous aTons , hélas ! bien plus encore à reprocher à nos plu» éparemnito df%
émdil^ thiéotogiens du dix<-^pCîèQie nècle, à ceux qui ijnar- ce"point.
cbèreQt alors comme les. princies de la fictence humaine^ et
dont l'érudition vint échouer cependant sur ces majeâ*
tueuses pages de Vhistoîre de Dieu et des peuples chrétiens.
A les entendre , et à on croire avec; eux tous les diction^
naires spéciaux qui avaient défini le gothique , ce genre
d'arcbitectui'e n'avait ni goût ni proportions ; il se distin**
guait « par des ornements chimériques: » c'était l'abus
des principales règles, et Von devait « aux architectes venu»
après le seizième siècle le retour & la simplicité, à la beauté
véritable et à la justesse dos proportions (4 ) . »
Que si vous interrogiez Fénelon , k qui ses études des opinion do n-
Grecs et de l'art antique étaient devenues funestes à ce "''*''"'
point, il vous dira que « les premiers architectes gothiques
s'étaient dû extasier sur la légèreté de leurs colonnes ,
l'élévation de leurs voûtes , les découpures de leurs fené*
très et de leurs, roses à jour; » mais à tort, car leurs
successeurs , plus sages et mieux avisés, s'étaient bornés ,
par la simplicité , la mesure et la justesse des proportions,
à contenter la vraie raison par des édifices ou rien ne parait
fort grand quoique tout le soit, et où pas un ornement ne
serve qu*à orner l'ouvrage (2), » — Il est clair, par ces der-
niers termes , que les églises du sixième au quatorzième
sièclen'avaient que faire de toutes ces inutilités qu'on appelle
chapiteaux historiés, flore murale, modillons, ichnogra*
phie symbolique, etc., etc.!
(1) Voir, »ur ce sujet, une intéressante dissertalion de M. l'abbé Cor-
blet, à qui nous avions pu offrir sur ce point quelques matériaux, et
qu'à notre tour nous pouvons citer nous-méme : U Architecture du
moyen égejugiiepar les écrivains des devx derniers siècle (IKevae de
Tart chrétien, HI^ 68 et suiv.}.
(2) Lettre à rÀcadémie sur Véhfjuetwe, ch. x, n» [0,— Discours de
nireplion àTAcffdénne.
396
HISTOIRE DL SYXBOUSME.
d« Pleurj ,
d« Boemet, Bossuet dédaignait nos admirables basiliques ^ préférant
peut-être la sienne, dont les fréquentes reprises avaient dé-
figuré le style roman primitif, mais qui, n*étant pas toqt i
fiait gothique , devait lui paraître mériter im peu moins
Tépilhète de « barbare » qu'il donnait volontici-s à tout ce
qui était de ce genre.
L'historien Fleury, qui trouvait dans ses idées gallicanes
un penchant naturel à mortifier la théologie scolastique ,
traitait de « grossières » les liistoires de Williardouin et de
Joinville , « quoique utiles et plaisantes par leur ixaiveté , o
et n'estimait point les monuments de leur temps , a si
chargés de petits ornements, et si peu agréables, en effet,
qu'aucun architecte ne voudrait les imiter ! »
RoUin trouva que « les ornements chargés, confus, gros-
siers des anciens édifices gothiques , et placés pour Tordi'
naire sans choix , contre les bonnes règles , et hors des
belles proportions, étaient l'image des écrits des auteurs des
mêmes siècles ! »
£t nous en trouverions bien d'autres!... Montesquieu,
J.-J. Rousseau, Helvétius, et, qui plus est, Godescarlel
FcUer, Voltaire et Dupaty, parlent ce même langage ; et ce
qui prouve fort peu leur compétence, c'est que tous s'ac-
cordent à charger les Goths de nos monuments du moyen
âge, et à signaler ceux-ci comme absolument dénués de
goùl, d*élégance et de proportions (A)...
qui ne soupçon- Voilà cc quc c'cst que les siècles qui se targuent de phi-
de RoUin
•t de beaucoup
d*aa(r«« ,
Cl) Voir Mgr de Salîuis. archevêque d'Auch, IHsroilrs protwncé au
synode de 1858; — Fleury, Cinquièine discours sur Ckist. ecclés,, n* li;
— RolUn , Traité des éludes , t. ï , p. 73 , in-12 , 4765. — \\ est Burtonl
remarquable, dans ces appréciations duea à taut d'auteurs différentft,
que tous s'accordent à faire observer^ comme Tud des principaux mé-
rites des monumenls grecs, « les belles proportions; » ce qui prouve que
tons se laissaient séduire par l'eBsemble ea Dégli^eaai d'^Dalyter lei
détails. Est-ce donc que nos basiliques du moyen ^e manquaient de;
proportious? Ou aurait pu le uier; mais au moins elles avaient leur
esthétique , et uous ne vi>3*ons pae, dans aucun des a r.teiirs ici «Béâmes,
qu'ils eu eussent mAuie ie »«uiproii.
LE XVIl^ SIÈCLE ET SES DOCTRINES. 397*
losbptiie. Quand cette philosophie va côte à côte dans les «^«n' «^« p»"
'_,..,' * le g^nie de cette
grands esprits avec des préoccupations de parti ou d école, époque,
les hommes même de bonne foi acceptent les erreurs com-
munes, de quelques points qu'elles leur viennent; et les
générations s'abreuvent longtemps à ces sources, elles s'y
empoisonnent d'autant , vivent dans les conditions \1ciées
qu'elles se sont faites et finissent par s'y complaire, aveu-
glées en outre par l'ignorance et l'orgueil. Qu'on nous dise
si, parmi ces intelligences élevées que nous venons de citer,
unie seule se soit jamais avisée de rechercher dans une
étude attentive rhistoire dcTart monumental, sa naissance
et ses développements; comment l'ogive avait succédé au
plein-cintre; si le moyen âge n'avait pas fait preuve.de
goût en s'approprianl le chapiteau corinthien, et de science
en rattachant ses corbelets à autant de chapitres de l'ensei-
gnement du Christianisme. C'est à quoi eût servi la lecture .
de S. Thomas, de S. Bonaventure, dé Vincent de Beauvais
et de tant d'autres. Mais qu'étaient devenus tous ces sco-
lastiques ennuyeux ? Heureusement, il en est de la science
comme de ceux qui la préfèrent aux inepties et aux inuti-'
lités de ce monde : elle subit volontiers les préjugés du ■
vulgaire, et marche néanmoins sans trouble vers le gr-and
jour où elle se rira de ces vaines et aveugles pei'sécu-
lions.
On comprend de reste comment, avec ce majestueux dé- «t «Murent d'*u.
dain de l'architecture ogivale, on vil lesamateui-s du style triomphe <ie« non*
classique recourir aux mspirations nouvelles pour tout ce
qui touchait au culte et à tous les accessoires de l'édifice
sacré. Ce fut la décadence de toute l'ornementation catho-
lique. Les sculptures, sans intelligence de leur ancien
rôle , devinrent de purs enjolivements , ne parlèrent plus
qu'aux yeux, et, par des étrangetés sorties de la seule tête
de l'artiste, portèrent jusqu'au ridicule et au grotesque les
poses^ les expressions et les rôles variés de mille baladins
et marmousets. Le peintre verrier se jeta dans les grands Dommage qu^on
^proorentUi pefn-
tore sur rerre
et toute TornC'
mentation
riilA.
picttt-
398 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
sujets en pied qui plurent à sa vanité, en consacrant dans
Tatelier le culte de la forme, au lieu des médaillons où se
lisaient les vieilles légendes des Saints et les mystères
pieusement réunis de Jésus et de Marie. L'espace d'abord
embelli par ces intéressantes leçons de la foi se garnit des
étages superposés gigantesquement, des portiques, des pi-
gnons et des toui's de Tarcbitecture flamboyante. Bientôt
cette parure translucide, réservée, à très-peu d'exceptions
près, à la maison de Dieu , passa à celle des princes et des
particuliers; on y mêla des armoiries, des portraits de fa-
mille ; et Ton descendit aux fables d'Ésope et aux aventures
de chevalerie et d'amour. Cette branche de l'art sacré s'af-
faissa donc jusqu'à n'être plus religieuse. Arrivée à la vie
profane , et sécularisée d'autant phis à mesure qu'on l'y
adopta davantage, elle se vit bientôt oubliée de tous; les
fabriques se fermèrent en France, et, au dix-septième siècle,
quand l'architecture ogivale eut entièrement disparu, tous
nos verriers s'étaient réfugiés en Suisse, en Hollande et en
Angleterre, où, continuant d'être mieux compris, ils furent
employés à conserver l'ornementation fenestrale des édifices
que le protestantisme nous y avait pris (i).
Aussi le souffle de la prétendue réforme flétrit chez nous
plus qu'ailleurs le beau artistique ; nos vitraux disparurent
de l'économie ecclésiologiste, et, quand on en fut venu à n'y
plus rien comprendre, quand les tableaux de genre inspirés
(1) Voir M. F. de Lasteyrie, Hist» de la peinluresur verre diaprés
ses monuments en France, in-f»^ Paris^ 1828 et ann. suiv. ; ^ Bâtisster,
Bist, de Vart monumenialp liv. XI, sue fine,^ I<roiuettoiifl pas de eon-
stater ici que le proteâtantisme se servit de ce moyen pour proiaDer
les églises catholiques dans lesquelles il osa s'introniser. A Beroe^ }f
nuigislral employa Frédéric Walter A ridiculariser la TranasabstaBlii*
tîon par une caricature où figuraient le Pape et lea £vaQgéliates:c<uz-
ci étaient jetés par le Pape^ muni d'une pelle, dans un moulin d'oà sor-
taient des bostiea à distribuer an peuple. (Voir GfaampoUioi^FIgeat,
dans Le Atoyen Age ei la. Benaissànce, « Peintura sur vne, » P ia,j
L'art chrétien affirmait bien là jusqu'à quel degré de bassesse l'artisU
ftpodtat pouvait le faire descendre f
OUBLI DES TRADITIONS CHRÉTIENNES. 3911
par les écoles dltalie eurent partout pris la place et les hon -
neurs des verrières théologiques , peu à peu Ton vit cette
dernière période de Tart disparaître dans Toubli des tradi-
tions religieuses ; puis bientôt on recourut , comme plus
simple, à la ressource radicale des vitres blanches, qui rem
placèrent en tout ou en partie les émaux transparents et
historiés de Reims, de Poitierj et d'autres basiliques de pre-
mier ordre ; on effaça môme les fresques ou peintures mu-
rales qui décoraient les parois des édiQces sacrés : de façon
qu'une église, au lieu de l'histoire coloriée de ses patrons
ou de ses propres annales, eut l'avantage, en se revêtant
d'une belle robe de badigeon blanc, de « paraître toute
neuve » et de ne plus rien prêter ni aux méditations des
fidèdes ni aux savants qui la visitaient. Vraiment , sauf
la fureur de leur vandalisme fanatique, les huguenots
n'avaient pas mieux fait sous la conduite de Coligny et de
ses nobles assesseurs I
L*orfévrerie se fit aussi des vases sacrés à l'unisson de D<$c«denoe de
ces principes nouveaux. Les calices devinrent massifs, iriît^'*** '*'
maussades, sans une idée symbolique et représentant de
leur mieux une coupe dressée sur le pied d'un flambeau.
On fit des miti*es démesurées, des crosses dont la volute «t det T«temenu
et lajliampe furent stériles de la moindre pensée de foi ; en **^|* ^ "^'
un mot, les symboles disparurent de partout. Ce fut peut-
être une distraction de laisser une croix sur les chasubles
dénaturées et de racheter par de lourdes bosses d'or et d'ar-
gent les délicates broderies qui les rendaient si dignes de
leur auguste destination.
La science archéologique , inséparable du mouvement Mpiombie in-
artistique et de ses progrès, ne perdit pas peu à cette déca- abandon tm vm-
deuoe de l'art. Personne ne s'occupa plus du Christianisme ** ''•"**®^'
que pour l'insulter : c'était la conséquence infaillible du
mépris qu'on avait fait de sa gloire et de ses bienfaits. Les
savants, imbus dès l'enfance dans leurs collèges de la prose
et de la poésie païennes, ignorant sll y avait eu de par le
400 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
monde des Pères de l'Église qui eussent porté Téloquence
jusqu'au sublime et des poètes qui eussent chanté harmo-
nieusement les gloires de Dieu et de ses Saints, méprisaient
le clinquant du Tasse ^ auquel ils eussent préféré Ennius,
et ne goûtaient que t'or de Virgile avec les chansons d'Ho-
race et les métamorphoses d'Ovide. Ils ne virent plus que la
littérature, les monuments, les coutumes des Grecs et des
Romains : si bien que dans les Mémoires de F Académie des
Inscriptions et Belles- Lettres , dit M. l'abbé Corblet,on ne
trouve pas, de 4720 à 4800, un seul mémoire ayant trait h
quelque idée chrétienne, sous quelque forme que ce soit (4 J .
Il était devenu plus intéressant à cette France qui lisait
Voltaire, Helvétius, Rousseau et Raynal de savoir le nom
d'un roi de Perse et le sujet d'une médaille athénienne,
les aventures de César ou des Curiaces,que les origines
du Christianisme et la marche de sa vie et de ses arts à
travers les dix-huit siècles qu'ils avaient glorifiés et in-
struits,
et sur la nouvelle C'cst l'originc de cct autrc fléau qui, pendant cette trop
égiuo. longue période, présida, sans vergogne aucune, aux restaura -
tions des églises renversées par les malheurs publics ou
par des accidents imprévus. Sans avoir égard à la diversité
des styles, qui tous avaient leur autonomie, on superposa
des pierres au hasard, on n'observa ni la coupe, ni l'étendue
de l'appareil, ni les dispositions du plan primitif, ni la
forme des baies. On ne pardonna pas même aux peintures
vieillies^ disait-on, non plus qu'aux verrières, et beaucoup
de ces précieux restes de l'art chrétien disparurent pour
toujours. On laissa mutiler ou dégrader jusqu'aux statues
et aux inscriptions des façades, au détriment de l'histoire
et de la chronologie des monuments, et le premier maçon
venu fut trouvé digne d'entreprendre ces restaurations, de-
venues plus difâciles que les constructions elles-mêmes ne
(l) VArchilecturp jugée par les écrivains, etc., ubi saprà.
LA RÉVOLUTION.— L*EMPIRË.— LA RESTAURATION. 40^
ravaxent été pour leurs savants auteurs , car ceux-ci en
voyaient Tarchétype dans leur amour et dans leur foi.
Ainsi, à travers les majestés civiles de Louis XIV, les c*ractêfe anti.
rocailles-Porapadour et les sanguinaires impiétés de 93 , l'vt fhuiçajs sons
arriva le complet affaissement de Tart religieux ; ainsi i^Empiw." ^"
durent s'écouler pour lui les trente premières années du
dix-neuvième siècle. Tout se ressentit forcément , durant
cette dernière période , des doctrines et des faits qui
avaient révolutionné et saccagé l'Europe. JiCS arts n'étaient
plus l'efflorescence du génie ; ils n'agissaient qu'autant
qu'on les appliquait aux besoins matériels. La fonte des
canons inspira peu sous l'Empire les beautés de la sta-
tuaire en bronze; le marbre des édifices détruits par la
guerre ne se changea pas en bas-reliefs , et la peinture
ne se réconcilia guère avec l'esthétique sur les grandes
toiles, où des batailles commandées par le vainqueur, et qui
se ressemblent toutes, se remarquent surtout par les por-
traits en pied des maréchaux de France rayonnant autour
de l'aigle impériale. En ces temps néfastes, le symbolisme
fut tout dans l'illustre oiseau gelé à Moscou , et l'esthétique
dans la conquête du monde, qui ne tarda pas à s'en venger.
Toutefois, de ces grandes agitations militaires devait comment uros-
naître, comme toujours, une paix favorable aux occupa- u'^^ST^nérStoS
tioûs de l'esprit; mais elle se fit attendre, car les quinze *''*■'*'"*•
années que reprirent les Bourbons sur le trône de leurs
pères furent encore, quoique exemptes de terribles guerres
extérieures, traversées par des conspirations et des événe-
ments où les études solides rencontrent toujours de sé-
rieuses entraves. Mais les gouvernements constitutionnels,
dont notre époque a voulu absolument se munir pour
arriver plus sûrement à des républiques, ont du moins, à
côté de leurs plaies socialistes, cet avantage, acheté un peu
cher, qu*en éveillant les ambitions de tous, en surexcitant
rorgueil des petits qui veulent monter et des grands qui
ne veulent pas descendre, ils obligent les uns et les autres
T. IV. 26
402
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
FondAtion de
rÉcoIe des char-
tes,
première cause dl'
recte de la re-
naissance arohéo*
lo^qne.
Classlfloation des
monuments du
moyen Age par
U. cleCaumont;
d'étudier Thistoire pour y comparer les moyens de gouver-
nement, y chercher les analogies avec les matières actuel-
lement en discussion, et se ménager des succès à la tribune
des législateurs ou des publicistes. Ce but implique sans con-
tredit la connaissance des vieux titres originaux, et ce fut
une des plus incontestables preuves de la bonne foi que le
gouvernement des rois Louis XVIII et Charles X appor-
tait au développement des études sérieuses que de créer
TÉcole des cliartes, destinée à former des archivistes et des
paléographes aux yeux desquels se déroulassent avec leurs
secrets historiques tant de parchemins dont la lecture était
devenue impossible (^). On peut regarder ce premier élan
vers l'étude du moyen âge comme la cause occasionnelle
du retour aux recherches archéologiques. En compulsant
les documents si longtemps négligés, on trouva plus que
des titres et des faits : on porta son attention sur une foule
de détails trop oubliés, sur les usages de la nation ou des
familles ; la vie intime s'y dévoila aussi bien que les évé-
nements historiques, et, par les journaux, surtout par l'utile
et si importante publication des revues, dans lesquelles s'ac-
cumulèrent bientôt les plus curieuses découvertes (2), ou
vit quels trésors de connaissances pouvait exploiter la légi-
time curiosité des érudits.
De ces derniers , nul ne comprit mieux que M. de Cau-
mont le parti à tirer de cette véritable renaissance. On peut
lui attribuer l'invention de l'archéologie monumentale,
(1) L*École des chartes, créée par ordonnance royale du 22 février
1821, fut modifiée et améliorée par trois autres ordonnances du H no-
vembre 1829 et des 5 janvier et 31 décembre 1846.
(2) On connait la Bibliothèque de l'École des Charles, recueil bimen-
Boel fondé en 1839, sous le ministère de M. Villemain, et qui en est au-
jourd'hui (1872) à 3oa trente-cinquième volume.— Les il nna/^s de phito-
Sophie chrétienne, fondées en 1830 par M. Beuetti, ont continué & donner
depuis ce temps des dissertations de liaute valeur sur les matières
d'érudition qui intéressent le Christianisme, et où rarchéologie sacrée
conserve un rôle très-élevé.— Ces deux recueils sont préeienz pour les
études symbolistiques.
KÉVEIL DE LA SCIENCE ARCHÉOLOGIQUE. 403
dont il professa en 4828, dans sa ville deCaen, un cours oix
fut établie une sûre méthode de classification des monu-
ments historiques. Ce cours fut publié et ouvrit la première
voie au zèle d'investigation qui, depuis, s'est manifesté de
toutes parts. Ce zèle devait être secondé par une autre pu- wn Buuettn mû-
blication devenue un recueil considérable : c'est le Bulletin
monumental^ que nous avons si souvent invoqué dans cet
ouvrage, qui publie maintenant son trente-septième volume,
et où se trouvent rapprochés par un commun lien tant
d'éruditsqui coopèrent encore à en faire une ^description
générale de tous les monuments soigneusement étudiés, et
de tous les objets que le hasard ou des fouilles fréquentes font
exhumer de notre sol. La question symbolistique, traitée Réveu de u
d'abord sous la forme de doutes, résolue parfois en des né- tiV"? *'"
gâtions qui ne pouvaient durer , est parvenue enfin, dans
cette grande collection, à briller, à force de recherches, du
vif éclat qu'elle mérite, et que nous nous sommes efforcé de
lui conserver par nos travaux. On a vu, par les nombreuses
citations dont nous avons eu soin d'appuyer notre texte, que
rien n'était plus vrai , ni plus ignoré, que le symbolisme :
c'est maintenant une conviction acquise à quiconque veut
étudier. Mais aussi la science ainsi divulguée ne doit pas «nnn reooMti-
rester à l'état de lettre morte; il faut qu'elle s'immisce dans ******
la pierre et le bois, la toile et les métaux, l'émail et le verre,
de façon à nous reconstituer un art chrétien qui vive , qui
parle et qui fasse sentir comme autrefois.
•Maintenant donc, nous devons le dire, tout en concevant, coupabi* <i^-
en excusant même les tâtonnements et les maladresses qui eneoro^'^ eerta^s
ont signalé dans ce siècle les plus anciennes restaurations de *''****' '
nos monuments : ceux qui s'obstinent à les manquer tou-
jours faute d'études préalables, et qui, restant fermes dans
une ignorance volontaire qui devient une calamité publique,
continuent à construire des églises d'après leurs propres
idées , sans égard aux enseignements du passé et aux
justes exigences des maîtres les plus compétents , ceux-là
404 ttlSTOms DU StVBOLlSllE.
demeurent Inexcusables et se chargent d'une responsabUité
que devrait enfin leur rendre importune un sentiment d'imi-
vei-selle réprobation. Qu'ils doivent cette déplorable direc-
tion de leur esprit aux habitudes de dissipation qui envahis-
sent chez eux ces belJes premières années, pourtant toujours
si précieuses pour l'avenir, ce n'est qu'une vaine excuse à
la paresse qui les empoche d'étudié^ et de comprendre,
comme le Pamphile de Macédoine (ils devraient au moins
l'imiter, puisqu'il était paien)^ que pour un artiste l'érudi-
tion ne devrait jamais se séparer de l'art. Après tout, ils
ne méritent pas seuls un si grave reproche. D'autres, en
leur ouvrant la carrière, auraient dû la leur rétrécir assez
pour leur éviter des écarts dont l'art religieux a trop souf-
fautes desgouyer. fert daus notrc patrie. Nous sommes historien, et nous ne
éff^ * craiudi'ons pas de dire une vérité historique devant des
morts, puisque nous l'avons dite maintes fois de leur vi-
vant : les gouvernements qui se sont justement effondrés
depuis quarante ans ^ont trop fait de nos arts et de nos
sciences , comme de nos monuments et de leur vie natio-
nale, une chose gouvernementale, un moyen de prodiguer
des places, presque toujours mal remplies, et de l'argent
mal employé. Ils ont mal servi les diocèses en confiant
leurs édifices à des favoris du budget, qui, pour la plupart,
leur ont imposé de nouveaux stigmates sans guérir leurs
blessures, et ont gaspillé contre eux des sommes énormes
sans aucun des résultats que l'Église en attendait.
Comment les ar- C'cst quc l'Église était moins l'objectif des distributeurs
eS^profltem?*'**** ^c CCS grâccs quc les amis qu'ils voulaient servir. Et ceux-
ci, habiles dessinateurs peut-être, mais sans la moindre
intelligence du style et de l'esthétique du moyen âge, dé-
daignèrent de les étudier, d'en chercher les traces même
dans les découvertes modernes, et parfois aussi» nous le
savons, ils se concertèrent pour ne rien accepter, pour ne
rien admettre dans leur pratique des révélations de la
science et des plus légitimes doléances de la religîoa. Des
PÉRILS DE L*A1ICHITECTCRE CHRÉTIENNE. 405
églises nouvelles se sont faites de toutes parts : la France,
par ses populations, ses Fabriques , ses communes et ses
départements, a pu réédifier le plus grand nombre d'entre
elles. Il a toujours suffi que l'État allouât à ces entreprises p»" f*«»» i«
tine mince allocation pécuniaire pour que les architectes ^™';*^°' "^*"
favorisés tassent officiellement chargés d'en faire ou d'en
autoriser les plans. Sous ces protecteurs quelque peu équi-
voques, nous savons qu'il fut impossible de rien inspirer,
de rien modifier à l'avantage d'un monument qu'ils bâtis-
saient, dans l'étroite sphère de leur incomplète spécialité,
en contradiction avec son caractère sacré, avec les mvstères
dont ils ne soupçonnaient point l'importance. Tout leur était
étranger dans ce qu'ils auraient dû savoir, et la forme des
clochers et des contre-forts, et la fenestration et les voûtes,
et la place normale de la chaire et des fonts baptismaux,
et surtout la signification des sculptures, de l'orientation et
de l'axe intérieur, et jusqu*à la convenance de la croix sur
les tours romanes, symbole dont ils contestaient l'oppor-
tunité et l'existence historique au douzième siècle ! — Les •^j'" ^wresua-
restaurations ne valaient pas mieux : combien de fois a-t-on
laissé sur le sol des modillons historiés, des chapiteaux sépa-
rés de leurs colonnes, des armoiries qu'on prenait pour des
caprices dépourvus de sens ! et quand on a refait des murs
latéraux condamnés datis toute leur vaste étendue quand
certaines portions seulement eussent dû subir l'adjonction
de quelques pierres nouvelles, quel soin se donna-t-on d'en
reconstituer l'ornementation sculptée, d'en replacer les
corbelets et les métopes et de raccorder les reprises avec
Tœuvre principale? N'a-t-on pas vu des verrières d'énormes
dimensions, beUes de légendes hagiographiques du trei-
zième siècle, remplacer, grâce au zèle d'architectes faciles,
un de leurs panneaux brisés par la fin d'une légende étran-
gère , et l'amphore de la Samaritaine par un bénitier à
anses contemporain de François I"^ !
Et tout cela était placé sous la surveillance d'inspecteurs m«i mtvim pu
406
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
InBufllsanee
•oientiflqne des
<$cole8 d'Archi-
tecture.
n/*^d°**"'M g^i^érgiiix des monuments historique^, lesquels u'inspec
ments. taîeut ricu, laissant leur tâche à des subalternes aussi peu
entendus , dont les rapports , imprimés à grands frais par
rÉtat, contenaient assez souvent de grosses bévues archéolo-
giques, des appréciations fausses de Tâge des monuments,
des renseignements hasardés, des traductions infidèles d'in-
scriptions locales, et ne manquaient pas de conclure par un
gracieux éloge de leurs architectes, dont ils étaient toujours
plus contents que les connaisseurs (i).
A quoi songe-t-on quand on prétend à tout prix confier le
soin de nos monuments religieux à de jeunes laïques, nous
ne disons plus inexpérimentés, nous disons même habiles,
et qui cependant, en sortant de Técole d'architecture, sont
nécessairement encore dépourvus des notions élémentaires
de cette partie si importante de leur art ? Que leur a-t-on
enseigné en plus que le métier proprement dit, qui est tout
de matière, d'imitation instinctive, et qui ne sera jamais,
pour la plupart d'entre eux, ni le génie qui invente, ni
môme le jugement qui analyse, ni le goût qui perfectionne,
et , à plus forte raison , le sentiment qui seul peut élever à
la hauteur d'un artiste, et sans lequel vous n'aurez jamais
que des copistes adroits ou des maçons de première classe?
Eh quoi ! vous resteriez encore , après quarante ans d'ar-
chéologie monumentale professée en tant de livres et de
tribunes ; après l'examen minutieux des basiliques si sou-
vent visitées par vous, et vantées de tous comme ayant
dans chacun de leurs détails un langage mystérieux qui
parle de Dieu et de ses Saints, de son action providentielle,
de ses éternelles promesses, de ses beautés et des devoii's
qu'il impose à l'homme ; en face des charmants édifices
élevés à Bon-Secours de Rouen, à Treïs-sur-le-Rhin et en
(1) Voir notre diâsertation sur VArchiLeciure rdigieusc el les archi-
tectes au dix-nenvième siècle (Revue de Tart chréUen, UI, 177), où nous
avons développé ces trop justes griefs en les appuyant de faite nombrevit
que nous avo^ns pu observ.tjr par nous-méme.
PÉRILS PE l'architecture CHRÉTIEKNE. 407
tant d'autres lieux où ces rares exceptions devraient au
moins servir de modèle ; quand vous avez pour guider vos
peintres dans le sentier de l'esthétique religieuse cet Ower-
bech, ce Schraudoff, ce Géselschap qui honorent les ate-
liers de Dusseldorf, où le symbolisme reprend sa vie et la
communique de nouveau à qui veut la prendre : vous, rou-
tiniers incorrigibles, vous resteriez dans l'ornière creusée
par trois siècles d'ignorance et de mauvais goût ! vous en
seriez à n'y rien comprendre et à douter si vous devez, en
restaurant, vous soumettre au style général de l'édifice, et
en construisant vous conformer à un siècle et non pas à tous,
à des règles faites, aujourd'hui connues et exigées, et non
à vos idées sans fondement, à vos prétextes inadmissibles
de trouver du neuf et de ne pas enchaîner votre talent !
Fi donc ! ce sont là des aberrations déplorables, d'étranges
prétentions, qui n'ont abouti qu'à multiplier les fautes, et
à doter la France d'églises où rien de ce que vous avez fait
ne parle de Dieu.
C'est que, et nous l'avons prouvé au long dans ce livre, L'étude dasym-
il n y a pas d art chrétien sans symbolisme ; sans lui il ne bie de renseigne.
faut pas plus d'habileté pour faire une église que pour élever Si" *" ^*"'"'
une huilerie ou fabriquer un wagon. C'est un attentat contre sous peine défaire
Dieu que de le loger comme si on ne croyait pas à sa Pré- fume, **~*~**°'
sence Réelle , et nous comprenons comment le protestan-
tisme, qui s'en est privé par l'apostasie, se contente presque
partout de prêclier et de simuler une cène sacrilège dans
un parallélogramme à tout faire; et quand il a pu s'em-
parer des basiliques les plus splendides et n'en exiler que le
tabernacle et le crucifix , il siège alors malgré lui en pré-
sence de ce symbolisme qu'il ne comprend pas , mais qui .
Taccuse et le condamne. On a donc la mauvaise grâce ,
quand on met la main à cette demeure divine , de vouloir
rompre systématiquement avec toutes les traditions ecclé-
siastiques. Et quelle déplorable condition, en effet, de cette «^ probablement
captivité imposée à l'Épouse de l'Agneau, de celte tutelle iont«jre.
à
408 MISTOIBE DU SYMBOLISME.
humiliante que lui ont faite les pouvoirs de la terre ! On la
voit réduite le plus souvent à confier ses plus chers intérêts
à des intelligences dévoyées, dont Pâme est sans croyance ,
dont la vie insulte à la foi venue du ciel , et qui assument
sans rougir la double solidarité du vice effronté et de
l'impiété finale ! En présence de cette royauté usurpée qui
fait gouverner TÉglise par des souverains de cette valeur ,
sommes-nous sûrs que cette ligue si énergiquement con-
stituée n'est pas pour ces frères maçons un article du pro-
gramme antichrétien donné par les ventes italiennes dô
^8^9, et qui s'est, hélas! si fidèlement accompli , grâce à la
trop fidèle complicité des pouvoirs (4) ?
rtïi'^SÎSf ue" ^^ ^^* temps d'ouvrir les yeux devant ce piège, si dissimulé
seul remède à oee qu'il puissc être ', et, puisquc l'archéologie monumentale est
devenue en Europe une science sacrée par ses rapports
obligés avec la religion, le sceptre de cette science, la direc-
tion de son action et de ses moyens appartient évidemment
au clergé. Ses lèvres, dépositaires officielles des graves en-
seignements de l'Évangile , doivent en laisser échapper la
doctrine sous toutes les formes qu'elle s'est données ; il lui
incombe avant tout autre d'en professer les règles et d'en
maintenir l'exécution. Nos basiliques, les moindres églises
de nos campagnes, les abbatiales qui les embellissent encore,
portent Temprein te des mains bénies qui ne les consacrèrent
que parce qu'elles en avaient dressé le plan et disposé le
pieux et magnifique ensemble. C'était la tâche du prêtre de
prêcher le Christ, et son Auguste Mère, et ses Saints, par
toutes les parties de cette maison de prière où le peuple con-
templait avec ses naïves miniatures le livre ouvert des lé-
gendes et des coinmandenients. Pourquoi n'en serait-il plus
ainsi ? pourquoi ne reviendrions-nous pas à ce professorat
pratique de l'art chrétien, quand nous seuls en avons l'esthé-
tique mystérieuse et pouvons mieux que personne en glori-
(1) Cf. CréUneau-JûUy) U Église (kvani ia Révçlution, .i. U^ p. 233 et
uaiv., iii-8«, Paris, 1860.
SON ACTION PAR LE CLERGÉ. 409
fier rélévation ? Et ici qu*on ne se récrie pas sur un prétendu
exclusivisme qu'on nous attribuerait à tort. Dieu sait que n»» •"■ ï« ««»•
- ■• cours utile dM
nous ne refusons pas aux hommes du monde les abords de wq»»»,
cette science : nous serions heureux de la leur faire par-
tager avec nous ; c'est une eau trop douce, et trop précieuse
aussi , pour que nous voulussions TéloigTier des lèvi-es qui
aspirent à s.'y désaltérer, du cœur qui voudrait s'y re-
tremper et en goûter les merveilleuses saveurs. Mais nous instruits aux tour-
1 ., ^, «..ces théologlqitM
conjurons ces nommes , si honorables en grand nombre , der«rt,
dont nous avons plus d'une raison d'estimer les belles qua-
lités et les aptitudes supérieures , de bien considérer que
parmi eux beaucoup se sont trompés, en des travaux d'ail-
leurs pleins d'érudition et de mérite , sur les questions
vitales de théologie et d'esthétique chrétienne. Ne sont-ce
pas eux qui ont tout d'abord nié carrément le symbolisme,
se sont posés en antagonistes ardents de cette philosophie in-
connue , ont pris les plus sérieux enseignements pour des
immoralités, des énigmes pour des caricatures satiriques,
les fabliaux sculptés pour des caprices ; ont faussé le sens
de quelques pages des Pères prises au hasard, ont confondu
les âges du symbolisme sans égard aux affaissements de la
pensée humaine qui l'abaissait elle-même peu à peu, et ont
formé, en présence même des progrès de la science , une
école de dissidents qui continue encore plus ou moins à
nier les vérités devenues si vives aujourd'hui ? Il faut bien
reconnaître cet éclat, qui tous les jours dilate un rayon de
plus; c'est donc à cette lumière qu'il faut marcher et qu'il
faut agir. Nous conjurons quiconque aime la foi et veut en et décidas à les
seconder l'action sur un monde qui en a plus besoin que ^'
jamais, de s'associer dans ce but au clergé , à nous-mème ,
et de nous aider à relever les ruines accumulées par la Re-
naissance. Ce sera marcher en commun vers le renouvelle-
ment et le triomphe de l'idée chrétienne, et concourir selon
nos vœux les plus chers à rendre aux arts qui en dépendent
leur couronne qui ne doit plu« se ternir.
410 I119T0UW DU SYlIBÛiittME.
Lj eomp^tenoo j|ais, Hous devonspeu craindre de le dire , puisque c*««t
du clergé n'en 8ub- » r » r ^
^te pas moins, le coroUairc obligé de notre travaU : tout en provoquant
cette utile et fraternelle alliance, nous n'abandonnerons
aucun des privilèges inhérents à notre position, et qu*aato*
rise notre droit d*ainesse. 0 préires, ministres et défenseuns-
nés de TËglise , comprenons bien qu'en cela nous devons
être absolus, sauvegarder les principes de notrç philosophie
artistique , et ne D&ire aucune concession quant au mysti-
cisme dD la forme et du fond , dès lors qu'il nous vient de
nos Pères et de nos Docteurs. Ceux donc qui se seront faits
nos amis autant que nos disciples, aussi dociles en cela que
dans l'acceptation des doctrines de la morale et du dogme ,
appliqueront comme nous ces principes qu'ils auront étu-
diés et. compris ; ils ne s'égareront pas plus que nous à la
recherche de formes chimériques, ne consulteront que la
vénérable antiquité , respecteront en tout la théologie de
l'architecte, du peintre, du sculpteur ; et qui pourrait alors
nous faire craindre une juste émulation, si digne d'être en-
couragée et bénie, quand elle voudra nous seconder et tra-
vailler avec nous au règne de Dieu et à l'extension de sa
infnsticedes pré- gloire ? En vaiu désormais on prétendrait que « le prêtre ne
en onsoppos es, ^^^ ^^ ^^ mêler dc cela (4). » Des paroles hautaines ne
(1) Un archéologue qui a fait beaucoup plus de bruit que de besogne,
et qui essaya, sans y réussir absolnment, de mêler dans sa yie littéraire
quelques pages d'archéologie légère à des romans et à des drames d*ane
très-remarquable légèreté, osa tenir ce malveillant quoi ibet, en plein Co-
mité des arts et monuments dont nous avions l'honneur de faire partie à
titre de correspondant. C'est lui aussi qui en 1849, et à propos d'an livre
scientifique récemment couronné par rinsiitut , conseillait à un membre
du comité chargé d'en faire son rapport « de tuer l'auteur du premier
coup, afin qii'il n'en fût plus question. » Celte confhitemité est tou-
chante, et mériterait ici une mention honorable, si nous né voulions
conserver quelques égards pour la mémoire de l'illustre auteur. — Seu-
lemeut, quelle'étrange anomalie se commet dans les régions gouverne-
mentales quand on met le soin des monumente religieux da qoait de
la France aux mains d'un homme qui s'était vanté de n'avoir aucune
religion ] qui, s'il en eût voulu avoir, eût préféré, disait^l, celle des
juifs^ puisqu'il n'avait pas été baptisé; qui s'était fait Tun ée»<ii|atre ou
cinq convives du fameux voudiedi>sakit de -1 $67 cher fou Mwde Sainte*
SON ÀCneN FAR LE GLERCÉ. 414
pnmvent rien , sinon que le prêtre aurait le droit , à plus
duo titre, d'y répondre par des arguments personnels. Le
prêtre s'ea mêlera* espérons-le, plus que jamais, et il aura
toujours sur les savants du monde un immense avantage ,
qui lui vaut l'estime des académies qui le recherchent; c'est
que, sans y rester inférieur aux plus doctes, il y apportera
encore une somme de connaissances pratiques et d'études
spéciales que seul il a pu acquérir. Ainsi on ne lui refusera
jamais d'avoir, en archéologie monumentale, des solutions
que d'autres n'auront que très-rarement trouvées avant lui :
de là, nécessité de commerce et de relations scientifiques
entre les hommes du sacerdoce et ceux de la société laïque.
Nos libres*penseurs , s'il en existe longtemps, en devront
prendre leur parti. Ils verront Fart, mieux compris et mieux
aimé, invoquer les Imnières de ses maîtres naturels avec
d'autant plus d'empressement qu'on aura mieux reconnu
leur compétence. Quiconque élèvera ses prétentions jusqu'à
traiter des choses de l'art chrétien s'inspirera mieux des
éléments sacrés, et le respect public viendra forcément, en
dépit d'oppositions plus ou moins puissantes, faire justice de
haineuses et trop longues préventions.
A l'œuvre donc, et tendons.à ce but si digne de nos i>t la part dn
efforts , ministres du sanctuaire , adeptes préférés de la pratiq«e de var*
science divine, et ne vous laissez plus vaincre, sous l'œil de
Dieu qui vous regarde, par de prétendus artistes qui dédai-
gnent de vous regarder. Que nul mieux que vous n'en-
tende le soin de vos églises. 11 est des mains à qui vous devez
laisser le mortier et la pierre : les vôtres doivent tracer ou
rectifier les plans, ouvrir aux peiulros des murailles et des
verrières le livre où germent les sujets que vous exigez ,
BeuTe, et ^i enfia, dans sa dernière maladie, s'est abandonné anx soihs
ezclustfd de protestants qui ToDi triamr^haleinent enterré à leur
manière!-— A tant de traits ne devine-t-on pas un sarant fort au fait
de reetbèliqoe c^brétienne , et tr軫oocieaii d*eu eûnserver les traces
aux piearreft ▼èuâi'ées qu'il était chargé d'inspêcier!
442 HISTOIRE DU STMBOLISKE.
montrer au sculpteur les modèles de ses liioidfares îiîlèffi-
gentes, dé ses corbeOles historiées, déf ses oiseaux de ciwLt,
de ses feuillages et de ses fleurs qui charment et qui gué-
rissent. C'est de voué qu'on apprendra l'hagiographie du
patron, les costumes et leurs exigences symhrfîques, la dé-
coration de vos autels, les dimensions de vos vases sacrés et
les embellissements qu'ils demandefnf ou permettent. C'est
pat vous que sera désigné l'emplacement de la chaire, celai
des confessionnaux , des bénitiers , des fonts du baptême;
vous indiquerez le nombre des marches de l'autel; votis
veillerez à la forme iet à l'ornementation des grilles et des
balustrades, au coloris et à l'épaisseur de vos verres peints,
â leurs cartons, à la force de leurs membrures de fer. Vous
ne permettrez pas que des vt)ûtes du quatorzième ou du
quinzième siècle s'élèvent sur des murs qui porteront des
indices du seizième, que des coritrd-forts renouvelés montent
à l'origine de ceux qu'ils remplacent, qu'une tour romane
domine un édifice gothique: et ce seront toujours dlntelli-
gentes restaurations qui viendront, sous votre surveillance,
affermir dans votre chère église les défaillances de son âge,
ou cicatriser les maladroites blessures d'un grossier et
maussade refaiseur.
TTécpttftd d'un Et, pour obtenir ce beau et désirable succès, il faut, avant
gie dans les aéna'- tout, quc des cours séricux d'archéologie sacrée se fassent et
°* '"' se maintiennent dans nos séminaires diocésains. Quelques-
uns l'avaient entrepris , peu y ont persévéré ; on a trop
regardé cet enseignement comme celui d'une matière
superficielle qui n'importait que médiocrement aux études
L'épiwopat y occlésiastiques. Nous croyons avoir prouvé dans ce livre
ÏMa^*'^our"ï qu'au contraire cet enseignement tient de fort près aux
.oindo.égiucs. notions de la théologie, à la liturgie, à la connaissance
pratique de beaucoup de règles importantes do droit
canon, et que les évoques trouveraient dans le fruit de ces
cours assidus et solidement ti*aités un gag^ de réussite
pour le soin qui leur incombe en cette maitlère. Ouand
j
VéCJPBBV^Â d'y HEVENIS* 443
on.fiaural^ieiDk Qj^Q.}^ neligioa estdevienuQ. inséparable de
ceUeéUidQ»q]gie.de$preuve;3. auront été données des con-
séquences, pratiquas et fructueuses que Tart y aura trou-
vées, les pouLYoirs pubUc3 , accputumés à xi'écouttu- que
leurs délégués iipjnédl^,. compteront avec Tautorité dip-
eésasoe devenue plus compétente que iamais à maintenir
300 a^U^ et Uou v^rra parmi ses pljis belles églises un
plus grand nombre mieux traitées, et beaucoup d'arbitraire
et d/e négligences de moins.
C'est ua des côtés par lesquels rillusjLre prélat qui occupe opinion de M^r
aujourd'hui le siège de Carcassonne a fait valoir l'importance éréqîe^dS^^^ji'
des études qui nous ont captivé si longtemps. « Le symbo- ®*"°°°*-
lisme, dit-il., touche, à tputes les grandes, choses de l'esprit
et du cœur. Son application à l'art religieux est, à elle seule,
une magniâque donnée. Parmi les réhabilitations imppr-
tantes qui seront Tune des rares gloires de notre siècle, je ne
doute pas que celle du symbolisme n'occupe un rang consi-
dérable... Sans lui on ne pénètre dans rien... ; avec lui on
explique le monde extérieur, on explique l'homme, l'Écri-
ture , l'histoire sacrée ; on explique enfin tout ce qui fait
ici-bas l'objet de nos plus noblqs investigations (4). »
Pour nous , qui terminons ici une longue et laborieuse L*aatenr croît
tâche, pouvons-nous en attendre ce résultat dans l'applica- Joîîln^^'de ' îâ
tion que nous en avons faite aux diverses ramifications de "^*^'*»
l'art chrétien ? aurons-nous fait goûter les attraits de cette
science intime du plus beau culte que les hommes aient
jamais eu ? Nous l'espérons ; nous croyons même qu'on nous
(i) Mffr de la Boolllerie^ Lettre à Vauleury du !«' septembre iS69. ^
Le docte prélat, qui, sur le simple aperçu de notre prospectus, avait si
bien compris la question traitée par nous, et que nous remercions res-
pectueusement pour ses encouragements et sou souffrage, avait publié
en M64 son ÉtucU sur ie symbolisme de la nature , interprété diaprés
V Écriture sainte et les Pères, C'est une démonstration puisée aux
sources que nous avons interrogées nous-même, dans un but plus vaste,
de r admirable enseignement dogmatique et tnorid de la religion par le«
objeM'^éé» du naondephysi^ue. '
AU HISTOIRE DlT'«YliMU6Me.
rendra cette ji»tiee d'avoir tenu à ne rien exagérer des' doc-
trines qui , on Ta vu , sont moins les nôtres que ceUes des
plus illustres mattres. Sans quitter jamais leurs traces véné-
rées , appuyant de leur autorité toutes nos opinions , nous
avons cherché à former d'après leurs textes fidèlement ex-
posés toutes les convictions de nos lecteurs. 4)e quelques
imaginations qu'on ait pu nous soupçonner d'avance en se
persuadant que nous aspirions à donner une longue série
, d'explications hasardées sur des sujets encore obscul^ ou
ignorés , on voit , en arrivant à la* fin de notre <Ruvré , que
nous n'avons rien déduit que de principes sûrs , rien pro-
fessé qui n'eût son origine et ses preuves dans les doctes et
imniortelles pages des Livres saints et de la tradition : heu-
reux si nous avons trouvé dans notre amour filial pour
l'Église le cœur et Tintelligence, sans lesquels on parlerait
mal de sa beauté et de ses grandeurs !
et teti rapports Au reste,nous n'en doutons pas : en cherchant à ranimer
Mcûi. * **" *" le goût et à réhabiliter l'importance du spiritualisme artis-
tique , nous avons, pour notr« faible part, payé notre tribut
d'écrivain à l'une des plus importante exigences de notre
société actuelle. Au milieu de ses symptômes de mort , no
voit-on pas qu'elle se décompose au contact de ce matéria-
lisme qui atteint par ses excès aux plus funestes consé-
quences de son action délétère ? Est-ce en la laissant mar-
cher sur cette pente perfide qu'on lui rendra sa vie et son
honnêteté compromises ? Nous savons trop par une longuiî
expérience que c'est augmenter au contraire , en le perpé-
tuant jusqu'à une catastrophe irrémissible, le mal qui la
dévore en la tuant. Qui pourra nier qu'après de si violentes
secousses le monde ait besoin surtout de trouver le repos
dans les doctrines que nous avons soutenues?
inqaitftQdcB et Hélas! quaud l'heure est venue de nous arrêter, nos sou^
p'^qu'î^îTiSênti;*" vcnirs nous reportent à un autre livre, à notre fftstoire àt
p^ w^es ét^- ia cathédrale de PoUiers , qui fut , il y a vingt ans , comme
doB rieows. ^^ prcmicr exposé de nos principes sur le symbolismifr.
LE ^HUTIf AUSMfi ET LA- SOCIÉTÉ. 4 1 5
Triste et siogalièr? eolneidencel aiors les fe^tiôfiâ 8*âgi-
laient dans noire patrie frayée, nos dernièi'es pages s*ache-
vaient aux grondements du canon > aux hurtements des
fooiesameutées. ..; et aujourd'hui «icore nou» gémissons, en
écrîTant ces dernières lignes, sur les plus grands désastres
que notre chère France ait jamais subis 1 L'Allemagne héré-
tique, à un signe ambitieux de ses Brandebourgs aveuglés,
s*e$t ruée avec ses hordes barbajres sur la t^re de Gharle-
magne et de S. Louis. Par le pillage, le meurtre et Tin-
cendie , elle y a surpassé les ravages indescriptibles des
Vandales, des Suèves et des Alains. Longtemps la moitié de
nos provinces envahies n*a eu que des cris de détresse mêlés
de larmes et de sang !... Et quand ces horreurs semblaient
apaisées , quand la patrie vaincue dans son orgueil et sa
force respiraii à peine, encore étreinte sous ces masses de
fer et de feu qui venaient d'écraser les hommes en effaçant
les villages et les cités, d'autres orages s'élevaient non
moins furieux, mais sacrilèges cette fois, et le sang français,
versé par des mains françaises, marquait par le meurtre, les
flammes et la dévastation la dernière étape de ces stupides
conquêtes des libertés modernes, dont la marche funeste ne
s'est jamais signalée que par les ruines et la mort ! Fatales
et inexplicables périodes dans la vie de ce peuple si long-
temps le fils atné de l'Église ! Il semble que depuis ses
premiers soulèvements eontre cette Mère, que ses maîtres
nouveaux osent renier encore; depuis cette proclamation
insensée de ses prétendues libertés ^' toutes contraires -aux
droits deDleu, il ne peut plus distancer que de viûgt ans à
peine les catastrophes qui le désolent ; et plus il est averti
d*Ën-Haut, plus il s'endurcità ne reconnaître que ses idées,
à n'adorer que l'athéisme , à humilier son antique foi ! —
Et au milieu de ces angoisses, par un surcroit de châtiments
providentiels que l'œil humain ne sait plus reconnaître, les
roiSy qui s'abandonnent eux-mêmes, ont déserté les camps
de la France qu'ils auraient dû secourir; ils n'ont écouté
446 HISTOIRE DU SYMfiOUSM£.
que leurs égoïstes calculs! Ils ne sont plus que des ravis^
seurs de territoire, depuis ce roi éphémère de Tltalie déro-
bant les modestes États de la Papauté martyrisée , jusqu'à
cette Prusse qui coiiun^n^ja^au 2>Qi2fèine siècle sa grandeur
par une apostasie , et qui croit au dix-neuvième s'arroger
impunément , par la violence des conquêtes iniques, rem-
pire de cet Occident révolutionnaire tombé victime avant
tout de l'ineptie de ses princes ou de leur coupable lâcheté.
Quand verrons^nous le fond de éet afaime ? quaad le monde
se reposeraHt-»il de ces secousses formidables ? quand abfu-
rera«-t*il enfin les doctrines farouches qui mettent en ques-
tion les fondements mêmes de la société, et la menacent
d'un abaissement sans retour ?...
jDieu le sait , et nous lui soumettons son avenir comme
le nôtre. Ce que nous espérons toutefois, c'est un retour,
pour le jour marqué par sa Providence, aux principes impé-
rissables de la foi du Christ, à une restauration chrétieiiiie
qui les suivra. Alors on reviendra à des études trop négligées
qui dégoûteront Thumanité, mieux instmite, des condam-
nables chimères qu'elle préconisa trop longtemps... Car
nous ne pouvons oublier que ce Dieu si méconnu est sou-
verainement bon et miséricordieux ; qu'il peut encore nous
sauver en faveur de son ÉgUse et de ses éternelles pro-
messes; qu'il aime cette espérance du cœur humain élevant
le nôtre jusqu'à Lui ; c'est pourquoi , en dépit des fatigues
morales de la France, quoi qu'il en soitdesesaocahtemeats
et de ses|malheurs , nous attendrons avec confiance* après
ces ténébreuses tempêtes , les clartés nouvelles espérées de
beaucoup comme un infaillible symbole de consolation et
de paix !
PIN.
APPENDICE.
Les deox opuscules suivants , déjà publiés en deux re-
eueils archéologiques, nous ont semblé résumer soit i'iftj-
ioire qu'on vient de lire du Symbolisme monumental^ soit
la Théorie que nous avons exposée de ses moyens pratiques,
et les principes de son application aux édifices religieux.
Chacun d'eux pourra donc, à ce double point de vue,
grouper pour nos lecteurs Tcnsemble des notions fonda-
mentales de la matière : on verra dans Fun la marche et les
développements des symboles employés par l'architecture
chrétienne, de Tépoque des catacombes à celle de Louis XII
et de François P'; l'autre indiquera, par une suite de curieux
exemples, comment, à l'aide des remarques nombreuses em-
pruntées aux symbolistes maintes fois cités dans notre ou-
vrage, on peut arriver à l'explication de ces faits plastiques
restés si longtemps à l'état de mystères, et dont nous
espérons qu'après l'étude de nos quatre volumes on n'aura
plus aucune raison de nier la portée sérieuse et les con-
cluantes démonstrations.
C'est de ces deux mémoires que M. de Gaumont écrivait
à l'auteur : « £n relisant le premier, je le trouve plein de
choses nouvelles, et je ne doute pas que le second ne soit
lu avec autant de plaisir que de profit. »
T. it. VI
MÉMOIRE
La an Congrès sctentiflqae de Chartres en 1869 ,
SUR
roiiiGiNË, LE dëyeloppehënt et les pkogMs
BU SYMBOLISME BES MONUMEI^TS BELIGIECX,
DES PREMIERS TEMPS DE L'ÈRE CHRÉTIENNE AU Xll* SIÈCLE.
Et sur les causes qui, & cette dernière époque, en modiflôrent
si puissammpnt Ticonographie.
Messieurs ,
Vous avez indiqué au programme de voti*e section d'ar-
chéologie trois questions que j'ai accueillies comme le triple
témoignage d'un progrès réel fait dans la science qui nous
occupe ici plus spécialement. En reculant de vingt années
vers le berceau de ces attrayantes études, nous ne trouvions
à l'égard du symbolisme qu'une incrédulité presque géné-
rale, et, pour les esprits mieux éclairés qui en admettaient
au moins la possibilité, il y avait sur la question eUe-méme
tant de vague dans les idées, tant de doutes sur le principe
fondamental, que le gros des archéologues n'en devisait que
par grâce , et dans la conviction intime qu'on n'avait pas à
les discuter sérieusement. Quelques-uns d'entre vous se
peuvent souvenir qu'en 4847 je me fis, au Congrès scienti-
fique de Tours, le premier champion de cette doctrine qu'on
accusait S. Bernard d'avoir réfutée , parce que S. Bernard
avait été tout simplement incomplètement lu , et partant
420 APPENDICE.
mal compris. Que tes temps sont changés/ Pendant que^
resté seul, où à peu pt^^, de mon àvî$, je m'occupais â des
rechéréhés dont le résultât minutieusement élaboré vase
présenter aux savants sous la forme de quatre volumes
lifi-^S", je voyais peut à peu dés décourerles se nàultiplier ,
grossir mon propre bagage, exciter mon zèle de travailleur,
et confirmer aux yeux du public lettré toutes mes données
personnelles sur ce côté mystérieux de nos travaux les plus
habituels. Et voilà qu'auÎQurd'bui nous voyons enlr^ daos
lé cadre de nos élud^riarfions l'i^oneé ^e troisthèses qui ,
loin d*émettre encore la moindre indécision sur la réalité du
' syDftbQliâme^ «liedtent soia existence, et s'ingénient à éelaii^r
i enfin certaines obscurités de son hSstoifc. V^u^'avez de-'
matidé d'aA)or4 : / ; . . : < ^
« Quelle 01iatîoii peut-ou établir, entre les sculpture^ 9yoibo)iqu/eft;
des premiers siècles de l*ère chréUeune el celles du xii*'? »
, - ' • r
Puis :
« Gomment expliquer Tapparition aux xi« el xii« siècles d'une ima-
gerie et d'une otnementation si différentes de celles qui ayaient existé
aaparaviuait(i)î »
Et enfin :
« Faire connaître les modificntions subies par les sculptures syipbo^
liquesdans l'arcbitecture religieuse entre le v* siècle et le xiii*. »
Nous Toici donc arrivés sur le terrain où cette partie
si intéressante de h science archéologique a le droit de se
présenter entourée du respect de tous, et peut se donner
carrière sans s'efiVayer, comme d*abord, devant les sou-
rires du doute et les injustices d'une injurieuse répro-
bation...
Entrons , Messieurs , dans ce triple examen proposé à
(1) U. Société frsnçaise d'ardiéologt^ a miflr à ]» di^w^tion du
Congrès une médaille d'argent pour être offerte, s'il y a lien, àraatevr
du mémoire qui aura résolu cette question. (Note <iu progritniîne.) '
LE STMBOLISIIE DU V* AU XU* SliCLE. 424
DOS méditations ; et pour procéder ipéthodiquem^at , fai-*
sons-nous de la première dçé questions inscrites à notr^
programme comme un chapitre à part destiné à foriner
avec les deux suivants un ensemble aus^i coiu^uwtque
possible.
I.
QûeU^ ftlifttlon peulroù établir entre le» sculptures symboliques des
pretnieni siècles de rère chrétienne et celles du xii* t
Il est certain que , s'il existe une différence marquée uïï*Î6**3«*r*'ïi
enire le çymbelisme cbrétim des premiers siècles et celui «i* •«*«i«-
du xn'', la filiation de Tun à l'autre n*en est fMis moins
très-sensible à l'observateur qui la cherche. On trouve-
rait cette parenté incontestable dans tous les détails de
la liturgie, dans les cérémonies du Saint Sacrifice, par
exemple; dans le plan des assemblées religieuses, dans la
forme et la matière des sacrements , dans l'usage de l'en-
cens, de l'eau bénite, du signe de la croix» et de bien d'aa-
très choses dont le sens mystique a traversé les périodes
intermédiaires pour arriver jusqu'à nous. Mais nous n'a-
vons à interroger ici que l'architecture et son omemen-
tation : car lés deux sont inséparables, et chacune d'elles a
son langage esthétique également plein d'éloquence et de
profondeur. Ce n'est en cfTet que parce qu'on avait d^i^
trouvé un sens au monument lui-même dans son orienta^
tion normale imposée par les Constitutions apostoliques;
dans la déviation de son axe, aussi ancienne que la liberté
de r£glise ; dans S9^ triple fenestration absidale et dans sa
forme de croix qui ne remontent pas moins haut ; c'est par
toutep.çes cai^ços que ces mêmes monumentSi, ayant à se
parer des richesses d'un art plus ou moins développé, se
virent «ôirrerts avec pltis oi> moins de profusion des motifè
sculptés qui font le sujet de nos études. Or ces sujets du-
rent tout d'abord se réduire h un petit nombre, le champ
422 APPENDICE.
dans lequel on pouvait les prendre se trouvant relativement
trèsrre&lreint. ' .* * ,
Symbole» des i,'art cUrétîen a commencé dans les catacombes. M^iis'là
oa voit opérer le çiseau beaucoup moms que le crayon'el
». • • . ' " " * ■
les couleurs. Le symbolisme s'y borne à quelques repré^
scrutations d*abord au$$i énigmatiqucs, aussi obscures que
possible du Christ, et de sa sainte Mère, tantôt sous les traits
d'Orphée jouant du luth ou d'inné dame romaine, tantôt '
sous eaux d'un passeur entouré de ses brebis, bu d'une
mère tenant un enfant qui se repose entré ses bras ; ou bien
c'était Npélâcbant la colombe del'arclie, Jona§ abrité sous le
lierre mii:aculeux, çu yomi par la baleine... — Plus tard, îl
est vij'aiïjle peintre dissimule moins les mystères chrétiens;
quan4 la Croix a triompha avec Consta^itin, les'cimetières
sanctifiés par tant de martyrs ne cessent pas d*ôtre honorés
par le culte ; on les embellit de peintures plus expressives;
les épisodes du nouveau Testament s'y rapprochent des
traits prophétiques de l'ancienne Loi ; la flore murale s'y
épanche au miUeu des lions, des colombes et des agneaux :
tout cela avait sa signification évidente, et les moindres dif-
ficultés en étaient déjà résolues dans le Clavis scripiurarum
de S. Méliton, évoque de Sardes, mort à la fin du n* siècle.
Us en •optent H n'est guèrc douteux que ces motifs d'enseignement se
pour orner l'w- v * w
ehiteeture extë- soicut VUS trausportés dcs éghscs souterraines dans les
basiliques élevées bientôt si nombreuses sur le sol. Nous ne
pouvons penser non plus que beaucoup de sujets, symbo-
lisant au fronton des temples païens quelques idées des sa^
crifices idolâtriques, n'aient passé en usage chez les chré-
tiens pour signifier dans leurs églises des idées identiques,
et plus justement appliquées, puisqu'aussi bien on les
empruntait à Tançien temple de Salomon [\). De là à Tor-
nementatiou sculpturale il n'y avait qu'un pas, et nous
croyons fermement que l'art n'aura pas tardé à le franchir.
' • •
(l) Voir le ch. vu du livre lU dee Rois,
rleore.
LE STUBOUSME DU V« AU XII* SIÈCLE. 423
Cependant où en trouver des preuves? Si rares qu'elles
soient, ne les voyons-nous pas appliquées dès le iv* siècle
au.bap)tîstère de Saint-Jean de Poitiers, où les poissons,
figure du baptême et type mystique du Sauveur, nagent
sur les ondes sculptées des chapiteaux du sanctuaire ? Les
symboles observés dans les cryptes de Jouarre, et qui ne
remontent guère moins haut, se mêlent sur une surface
composite à Tacanthe, dont la vertu émolliente signifie la
douceur; à la feuilte de fougère, symbole de rhumilité
solitaire ; à celle du chêne , qui exprime la force et la
durée , par conséquent l'immortalité ; et à beaucoup
d'autres qui , faciles à rendre par une imitation plus ou
moins réussie , sont choisies alors de préférence par des
sculpteurs peu habiles , mais n'en ont pas moins leur vie
symbolique , aussi bien que les béliers , les taureaux , les
oiseaux buvant au même vase : toutes choses qui se ren-
contrent encore çà et là dans les débris de nos monuments
primitifs, et qui ont avec le laurier^ la rose, les palmettes,
les dragons et autres animaux leur origine dans les cata-
combes.
A ces produits du terroir vinrent se joindre bientôt les soutm d« êfm-
images empruntées des Orientaux, lesquelles devinrent plus Pèret gmt.
familières à TOccidenl à mesure que les Pères de TÊglise, '
tirant beaucoup de comparaisons de ce pays qu'ils habi-
taient ou qu'ils avaient visité, furent lus d'un plus grand
nombre, et prêtèrent à l'art religieux un secours plus op-
portun et plus commode. C'est ainsi qu'au ii* siècle S. Clé-
ment d'Alexandrie {\ ) explique par les sphinx et les chi-
mères les mystères du Christianisme, qui, venant de Dieu,
sont souvent toutefois enveloppés de nuages. Le sphinx,
entre autres, est , dit-il, la chair soumise à l'esprit. Et,
en efTet, le symbolisme n'étant que le langage de l'esprit
mis au service des objets métaphysiques, l'ai't d'exprimer
(I) Strêmat. Mh.X.
424 APPENDICE.
1 i
des idées abstraites par des terines compris (}e tous et.par
des représentations qui les rendent visibles, on fl^en prqqoit ,
à tout pour saisir l'homme des vérités de la foi, et toui^ les
Les tàgnw les imaginations se traduisaient ep pages d'iconographie. Les
plus simples et les , : . . '^^ . . j
pins radimentai- quclqucs rares spécimens qui nous restent des prem.ier?
res sont les plus ^ / ; .^ ' \ -jmjl
aiieieiu; cssais de ce genre ne peuvent que nous, donner fi9;e yiée
bien incomplète de la persistance qu'on niit Cfxtaiaeoient
à les multiplier sous la main du sculpteur ou du peintre.
Ils appartinrent à des monuments plusieurs fois détruits et
relevés, et en si petit nombre qu'on les remarque dans nos
musées lapidaires : on. voit bien qu'ils y coast^tent iwe
préoccupation artistique née d'une pensée surqatijirelle.
De là ces étoiles , ces croix , ces raisins , ces. va3e$ laissant
épancher de côté et d'autre des plantes .aqua!tiq;iies dpnt .
l'aspect rappelle naturellement le baptême et l^.v^éjt^tioa
spirituelle qu'y puîsç notre âme. Le règne animal s'y m^njr
feste aussi par les dessins rudimentaires de bêtes %n%
formes hasardées, de figures grimaçantes, de phyjsiopomies
quasi-humaines, trop grossières pour être recpnnaissablos,
mais évidemment destinées h poser les éléments d'uoç
tous empruntés, démonologic qui ne tardera pas à se perfectionner. Et dans
aux ëcriTains eo' tout cck il faut bicu voir des reflets des auteurs contem-
porains : vous en découvrez les traits beaucoup mieas éta-
blis dans les écrits de ces grands maître^ de |a doctrine et
de la morale chrétienne, dont la nomenclature serait inter-
minable, mais que nous signalerons ici en ne citant que les
plus célèbres : Hermas, Irénée, Justin, Denys l'Aréopagite,
Cyprien , Jérôme , Hilaire de Poitiers, Augustin, Césaire,
Grégoire, Mdore de SéVille, Hugues de Saint- Victor, ci
tant d'autres jusqu'à S. Befnard, qui clôt la série des Pères
proprement dits, mais à la suite desquels s'échelonnent»
suivant la marche de chaque siècle jusqu'au xv^, une élite
de hautes intelligences , lesquelles , soit qu'elles partagent
avec les premiers l'honneur que l'Église accorde à ses
Saints , comme S. Thomas d'A/|uin , §. Ansehiie et S.Bo-
cléslMtiques,
LE SYMBOLISME DV V à'u Xll' SIÈCLE. 423
ndvéïiture, soil qu'elles aient mérité son respect par la
dôtible dignité de la rertu et du savoir, forment ce gi*oupe
imposant de grands hommes, de savants et de docteurs
don! les écrits sont la substance et le développement de la
thédlogîc catholique, et par cela même Texpression par le
symboÎTSthe le plus élevé de tout ce que nos pères ont
apprïs et aimé dé plus séduisant dans Tordre des choses •
surnaturelles.
Ainsi, dans cette longue période qui s'écoule, sept ou huit •* formam une
fois sé'culaiirè, des basiliques de S. Sylvestre et Constantin yant une m«me
à ÈeWes de S. Bernard et de Philippe-Auguste, on voit se dé- même but.
terminer très-nettement la filiation dès principes symho-
listiqti'es^ Les mômes idées, sans perdre aucun des sym-
boles^iqûi lés exprimèrent d'abord, se reproduisent partout
sous ctes mêmes formes, sauf à leur en adjoindre d'autres
now moins éloquentes, et à multiplier ainsi les ressources
des artistes à mesure qiie la multiplicité des monuments
et le développement de leurs dimensions appellent de plus
vastes moyens d'instruire et catéchiser.
Oh le voit donc, cette filiation est très-réelIè ; ce n'est pas
une chimère créée ici pour le besoin d'une cause douteuse:
c'est la descendance effective et légitime d'une idée mère,
se présv^ntant avec sa physionomie de famille et réclamant
ses droits à la plus légale des successions.
IL
Comment ces droite eurcnt-i-ils k se faire valoir au xi'' siècle
et siirtçut au xu*"? eu d'autres termes :
Cocnmeût expliquer ràpparîtion aux xi' et xii« siècles d'ane imagerie
et d*aii6 oroemeotation si différentes de celles qui avaient existé
auparavant ? ,
C'est encore une question de notre programme dans la
solution de laquelle il nous faut entrer maintenant.
426 APFENDICB.
« t
Malheurs de l'Eu- Qfi Sait de quelles épceuvos crueUa» TEi^MTope fut tonr-r
rope du IV* au ^ * *
XI* siècle. montée depuis 1& fia du t¥* sîèeie. En afr5 ^ le$ JIud^ a'en
emparent; les Vandales y armant en A09i, ravagent )a
Gaule et s'établissent en £sp»gnfe. XJn an aprè^ , l'ItAlie <el
Rome sont pillés par les Visîgetbs v ^ont bientôt VE^pagae
subit le joug. En 430^ les francs occupent la Belgique ; en
9 454 ils déf<mt les Huns revenus ajix bords de la NiariievCl
qui , repousses en Italie, n'y finissent leur rôle qu'avec At-
tila, mort subitement après de nouiveaux ravagea dans cette
raaibeureuse contrée. A peine les dyni^ties royales ^ont
fondées en France , que leurs querelles de famille fomen-
tent les plus triées divisions, d'où suivent des guerres în-
ccssajnt^s , des changements de maîtres ,. dos partages^ du
territoire , et , avec tant de troubles, des n^aJ^irs pires
encore , l'incendie délruisant tout et sansi espoir de retour^
dans les cités comme dans les campagnes. Le r^^ne^o-
rieux de Gharlemagne n'est qu'un trop court intervalle à
tant de secousses fimestes. Les Normans n'attendaient que
sa mort , et , en 843, la France était envahie de toutes parts.
Vous savez le reste, Messieurs, et, qui plus est , vous voyez
sous les ruines qu'ils» ont faites le secret de ce deuil long-
temps gardé par notre architecture nationale * et qui ne
cesse enfln qu'à l'avènement d'une nouvelle dynastie heu-
reusement inaugurée par les règnes plus tranquilles d'Hu-
gues Gapet et de Robert.
L'architecture Pendant Ics agitations qui avaient ainsi tout perdu , on
symbolisme arec comprcnd fort bien qu'on s'adonnait peu h construire ou à
refaii'e des monuments que le fer et le feu pouvaient dé-
molir et briller encore lorsqu'à peine ils eussent été inau-
gurés, (j'est à ces craintes continuelles qu'il faut attri-
buer sans doute la méthode de construction employée plus
fréquemment entre le v* et le xi* siècle : elle consistait
à môlcr de rares couches de briques, des moellons et des
cliarpentes relativement assez solides à d'épaisses couches
de mortier qui se durcissait beaucoup en séchant ; et c'est
LE SYMBOLISME BU V^ AC XU' SIÈCLE. 427
ausi^î à quoi tiofid dèron» attribuer h^promptâ restauration
de- tantd'èj^Iiseg q'Ai, tictimes de la guert*eou,di9sac€i*
dentsF) se relevaient en moins d'une anaaée/ comme rattes-
tetit maintes fois, dMs \ék chconiqnenrs^ les dates certaines
détour rtihve et de lenrneuveUe écHisécration. II est oUir
qff^en pateil'cas on se préoecupait Irès^peu de sculpture^ non
plus que dé A^sque; et , dans ee silence de l'une et4e Tautre,
on* (route une raison toute simple de k ifareté du symbor
lishie artistique aux façades et :aux pourtours des manu-
mcffits de teîVd époqpue ou des cu^eux débris qui nous en
sont denieùréH. La période ca^lovinkienpe, les 48 années du mênM pendant u
D •- 7 période carloTin-
règne de Gharlemègne surtout, apportèrent, il est vrai, quel- vienne;
que heureuse môdilicatlon à cette pauvreté. Le grand prUice
qui véîHa tant k réédifier les églises démolies, et qui Jesfai*-
sait rétablir selon l'usage et avec les matériaux dont no«is
parlions tout à* Theure, n'épargna pas cependant son trésor,
pas plus que son zèle, à i>âtir Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle,
où tout fut grandiose et digne de lui , quant aux bettes «
pierres cahrées (quadtato lapide) et au luxe de romemen-
tation. Mais quelles conclusions en pouvons^-nous tirer pour
notre sujet , quand cette belle basilique a été si souvent re-
touchée, quand les modillons simples et sans figures gri-
maçantes qui soutiennent ses corniches extérieures sont
peûl'ètre de quelque reprise faite plus tard en restaurant
TédiAce {\ ) ? Nous en pourrions dire autant de beaucoup
d*aiHnes églises de même origine aux bords du Rhin, dont
Paspect primitif a souffert des avanies de tant de siècles, et
auxquelles on ne peut attribuer certainement l'ornemMita-
t ion sculptée qu'on y voit encore ; pas plus qu'on ne sait
quels caractères de Symbolisme avaient pu y tracer les
peintres gî*ecs qui, au vui* et au W siède, apportèrent' en
Europe le talent et les doctrines artistiques plersécntés par
les iconoclastes de l'Orient.
' (1) Voir M! de Caatnoût, fiw/?é?frn mom/m., ni, Î3>.
J
42S APPENDICE.
«iftii il le iiëTo. C'est vraiment au xi* Mècle qu'il faut/remoatciry et Bon
«!•« au delà, pour examiner nos plus anciens spéciin^os du
symbolisme catholique : ils abondant,. ils varient i^. Fit-
fini leurs expressions^ ils se montrent d'année. en. année
plus parfaits de travail et plus philosophiques d*iA$pi ration;
et voici à quoi est due cette renai^ance , d'où viennent ots
progrès qui amènent l'art » par une mar<çhe si rapide «t si
décidée, à tout ce que nous allons lui voir, au siècle suivant,
de si noble , de si théologique et de; si beau.
d4jà prépara par Et d'abord, remarquoujs à quel point se sont égaifés quel-
ques écrivains qui se plaisent à nous montrer le x** siècle
comme un temps d'ignorance grossière et de complète
obscurité de la pensée. Bien loin qu*il en fût ainsi y k
clergé , seul dépositaire alors de la science, nous apparaît,
si nous consultons les monuments littéraires de l'époque,
livré autant que jamais aux études sérieuses ; entre ses
mains vit toujours le feu sacré que le spuBle des passions
• humaines éteint de toutes parts. autour de lui» Les cloîtres
avec leur paix, les moines avec cette persévérance d'habi-
tudes simples et laborieuses qui symbolisait pour ainsi dire
leur vocation , étaient soit l'asile du bien, soit les modèles
respectés des vertus modestes qui rendent la vie utile et font
le plus solide contrepoids aux entraînements contraires des
civilisations agilées.
grAoe aaz tvrns G'cst dans Ics monastèrcs , dans les évécbés ^ dans les
oiergë, ' chapitres que se conserve le goût des arts et des lettres.
Évoques, Chanoines, religieux n'ont rien abdiqué dek
direction qu'ils avaient prise et retenue avec soin dès le
commencement des constructions et des ameublements de
leurs temples. Le mouvement monastique n'éitaH pas en-
travé , ni les études trop compromises, quand se créaieqlt.
en 9^0, Tordre de Cluny, bientôt illustré par les Odon ,
les Aimard et les Mayeul ; les monastères bénédictins de
Saint-Gilles du Languedoc en 925 , de Socilange en 928 ,
de Saint-Benoit près Tours en 931 , de Saint-Jean-dWn-
LE SYMBOLISME DU V* At XU* SIÈCLE. 4;jl9
gély en 942, et, de 960 à 999 , ceux de Saiat-André.
dft' VilleBèu\^tez-AVîghdn , de Saint-Aubin' d'Angers, de
Safail^Amand: de Bûlxe , et tant d^aatres qui constatent par-
Mtetnent , jusqu'au nombre de plus de cinquante , corn-
m^iil V dans cette seconde moitié du x"" siècle , les terreurs
de: Tan^^MO ; si ftermemcnt attestées par des historiens
irtéQédiîd , ne sottt qa*tine contradiction sans fondement
avec celle ardeur architecturale que le clergé favorisait
tant, qui se manifesta jusque dans Térection de beaucoup
d*églises rurales, et' qui ne figure, à côté des protocoles
de 4)ertAiiiefi chartes sur la fin du monde, qu'afm de faire
mieux comprendre que ces expressions indiquaient moins
la-ei%hit6 d*urie catïistrophe prochaine que le sentiment
i'éne-tÈtQTï tôi^^rs 'possiblie , dont la pensée doit exciter
cette des bomieis osu'vres (i).
. (HttH ^Hl €fn soit, et sans savoir quels ornements et quelles qm »enonrritdeu
moalures vifn*ent emtellir ces fnonuments aune époque «« *• »•,
dont nous n'avoiis plus de vestiges Incontestables, cet amour
de l'art entreteuaitcelui de la littérature chrétienne, c*étaitle
temps où éclosaient les premières tendances à quitter le latin
pour les langues vulgaires sorties de lui. Gerbert et Abboii
de Pleury ranimèrent le goût et ressuscitèrent Testime des
traraUx séiîeux. L'attrait général fit revenir à rÉcritUiC
sainte et aux commentateurs qui s'en étaient occupés. Ren)y
d'Auxerre aimait à exposer le sens allégorique des pa^os
sacrées. Notker, moine de Saint-Gall , fait aussi un traité
sur les intei*prètes de la Bible , livre plein de savantes
considératioins et que nous tronvons bien moins à dédaigner
que ne l'ont voulu faire croire certains critiques sans auto-
rité* Si nous jo^iguons à des noms ceux d'Isaac de Langres ,
de Raban-Maur et doRastierde Vérone, tous florissant pen-
dant le cours de ce x* siècle, on s'étonnera de Tavoir vu
(l).Nous avons développé cette cOdvictloi) datisie trolaiéme voturoe
de notre JHsiaire et Uiéori» du symbolisme rfUgUus, p. 18 et ftuiv».
et y trouTe une
ample molMon de
symboUsme.
, si décrié et de ne faTOir observé que denson Te6té'te plus
défavorable. £n lisant ceâ pages trop peo connues , -Mérites
par des hommes' spéciaux que leurs veilles fanriliàFisaient
continuellement avec les sources du symboysme , on-voit
quel affectueux commerce ils entretenaient arec le^Pèresqui
les avaient devancés ; et comme déjà leors disciples restés
obscurs , mais devenus alors les dignes collabonltéttrs de
leurs œuvres , traduisaient leors pensées dHns la eopie de
leurs manuscrits par des miniatures , deâ'lettt^es ornées et
des entourages où figuraient les images coloriées des mons-
tres hybrides , des fleurs emblématiques et des tiliîts histo-
riques de l'Apocalypse et des l^ophètes , nous ne pouvons
douter qu'ils préparassent ainsi tes riches et curieuses pa-
rures que la sculpture aOait bientôt prodiguer aiw vous-
sures des grandes portes, aux triples tympans des façades,
aux modillons des nefs et aux métopes des latét^ux exté-
rieurs de nos grandioses basiliques.
Donc , première cause du développement inafteodu de
Ticonographie chrétienne au xi' siècle : le retour aux études
scripturaires et patristiques.
C'est en de tels éléments, source profonde, inépuisable, de
comparaisons ingénieuses consacrées à l'enseignement de la
vérité, que le génie catholique du moyen âge trouva les in-
nombrables motifs de son merveilleux symbolisme. Qui au-
rait pu ne pas comprendre, parmi ces hommes si appliqués, le
parti qu'en pouvait tirer cette architecture plus solide, plus
savante, et plus exigeante par cela même, qui yint succéder
aux lourdes masses et aux lignes incorrectes deà édifices
lombards ? Dès les premières années de la troisrième race ,
une immense rénovation se fait dans notre architecture
nationale, ic Les campagnes de la France, dit ftadulfeGlaber,
se couvrent d*une parure de blanches églises, » et mros
savons, par le grand nombre qui nous en reste encore, de
•b?rd^«w1;'*'îi '"^."^ ^^^^^ '^ symbolique y figura. L*idée en esl d'abord
groMfert, timidc ; les chapiteaux se garnissent toujours de feuilles
Autre causé
dans lee procrée
de Tarehiteeture
reliffieuie du zi*
■1
»Uffl
^e
LE dYMBOUàlU; I>V V*" AC Xir SIÈCLS. 434
grattes, de iosanges, de zigzags, de éesiU de sck, objets peu
atUrayanC» par eux-mêmes et dont Testbétique , s*il y en a ,
n'est pas toujours saisissable. Les corbelets sont une série
de tètes plaies, de visages au caractère équivoque, maïs si-
gnificatif, presque toujours effrayant ; les «biens, les chevaux ,
les bœufs , les béliers , les serpents forment au-devant des
frontons une série peu gracieuse de sujets moraux auxquels
tiennent se mêler, comme au hasard et sans intention ap-
parente , des motifs tirés de Tastronomie , des méti»^ de
Tbomme , de ses habitudes domestiques , de ses arts , de
ses occupations guerrières ou champêtres. Très-certaine-
ment, il y a dans toutes ces images un sens et un ensei-
gnement : on ne peut plus le nier dès lors qu'on sait les
hautes intelligences qui président aux moindres détails d'un
monument où tout doit parler de Dieu et se rapporter à son
culte. Mais cet art du tailleur d'images est resté si long-
temps inactif, il tâtonne encore si maladroitement dans ses
premiers essais , qu'il faut bien lui accorder le bénéfice des
circonstances atténuantes. Il est d'ailleurs , quoique non
moins grossier, du moins un peu plus heureiu dans l'imi-
tation de ses animaux, et, si l'on ne devine pas toujours au
premier abord , on verra bientôt, à force de les regarder,
que tel quadrupède est bien un cheval , en dépit de ses
pattes , et que tel autre n'est pas un chat y mais un lion ,
gr&ce à sa longue queue enroulée, et peut-être à son nom qui
figui*e naïvement tout près de lui. Mais le cheval, le lion et
mille autres ont bien une signification mystique qu'il faut
leur reconnaître , comme à tous les sujets de la gent ani-
male : et déjà Ton voit qu'avec l'architecture nouvelle surgit
une méthode plus large, empruntée à l'étude des théories
esthétiques répandues dans les livres des docteurs*
Il y a plus : les histoires et les prophéties des. deiux. Testa- M<iMdM»taiieHx
meota eomme neent à poindi'e ^ur les ityiupans enpot^ mo- mêine siik^ie ,* ^
^ledteSr on aux ftc^des^réduite» alors à une fenesfratîon jpar-
ckuonteuse* Les légendes, des Saints y hasardent quelques
432 APPENDICE.
traits de leur vie ; on y lit cet aatagonisme du bien et du mal
qui se résume en des tentations plus ou moins acceptées, en
des chasses où le lièvre et le cerf, le chasseur et les chiens
symbolisent TAme persécutée et Téternel ennemi qui la
et entrent dan* poursuit. Alnsi sc traduiscut sur la pierre les comparaisons
rUB. ^"^ ^ et les métaphores imagées dont le style des Pères se colore.
D*abord indécis et lourd de formes et d'exécution , le faire
ne manque pas de se dégrossir à mesure que s'exerce plus,
dans le cours du xi"" siècle , la main d'ouvriers qui se font
** artistes ; et la fin de cette période prélude honorablement
à tout ce que le siècle suivant nous léguera d'intelligent, de
complet et de merveilleusement touché.
Donc encore , seconde cause des progrès du symbolisme
iconographie au xi"" siècle : l'architecture , qui se perfec-
tionne, ouvre la voie à une orneinentation plus active^ plus
étendue , et ce système décoratif s'emprunte aux sources
plus abondantes des traités mystiques inspirés au clergé par
le travail incessant de son enseignement spirituel.
Vous le voyez , Messieurs , j'ai déjà répondu en partie à
votre troisième question :
Faire connaître les modiflcaUons subies par les scalpturee symbo-
Uques entre le v« siècle et le xui*.
Ce qui suit va compléter ma tâche, car il ne me reste plus
qu'à vous parler de ce qui se passa dans les deux dernières
centuries, où le symbolisme s'agrandit jusqu'à devenir une
science et après lesquelles il ne déclina que pour s'aflaisser.
IIL
Moatement piit En effet , les tcmarquables progrès que je viens d*es*
dnzn'eièeie; qulsser n'avaieut pas atteint kuT dernier terme. Le XII* sîècle
apparaît : il est tout préparé à recevoir le fruit des théo-
ries antérieures. Ses basiliqiies développées en d'immenses
proportions ; ses hautes tours affectant des formes et des
LE SYMBOLISME AU Xli^ SIÈCLE. 433
élégances jusque-là inusitées ; ses porches aux vastes pé'
nstjles ; ses voûtes qui tantôt ée courbent en berceaux,
et tantôt se relèvent et s'élancent potir obéir aux auda-
cieuses gi^acieusetés de Togive : voilà le champ spadeux ,
démesuré , où vont se presser , à côté des festons et des
fleurs, des entrelacs et des feuillages , tous ces sujets bi-
bliques, toutes ces merveilleuses scènes, toutes ces larges
allégories qui se multiplient à l'Infini, et que nous admi-
rôns encore comme la plus haute expression de la théologie
et de Tart. Ëh même temps, les études srmboltstiques le* ët«de« «ymbo-
; , , , . *^ '' * Utdqaes l'y élar-
reçoivent une impulsion nouvelle et tout analogue. Hugues iriasent.
de Saint- Victor, Tune des lumières du temps, déclare que le
sens mystique des Livres saints l'emporte de beaucoup sur le
sens naturel (4). Alors se pressent eh groupes serrés les plus
illustres commentateurs de Méliton : Alain le Grand, Gamier
de Rochefort, Pierre le Chantre, Pierrfe de Capoue , Thotnas •
de Cantimpré, S. Bernard surtout, et, à sa suite, un grand
nombre de belles intelligences formées à Vécole toute ré-
cente de Claîrvaùx, enfin plusieurs écrivains- de haute va-
leur, demeurés anonymes à Tombre des clottreis, et dont les
œuvres n'en furent pas moins pour ces précieux asiles du
savoir autant de glorieux souvenirs de leur action sur le
monde moral.
Nous avons surtout à remarquer , p^rmi les caractères La iMgne »»êii.
' • I r . , rtohit par elle»
ôyœkoliatiques 4lQ ce Siècle > que , pQur mieux servir celte J;^,,^"<»'" °*>"'
sduenee d'interprétation à qui la langue l;kabitueUe ne suffit
plus, on 9fi Sait un langage nouveau, on invente des
termes pour seconder l'exubérance du symbolisme qui
envahit tout , et Ton vient à dire mysticare (au lieu de mys-
iice significare) pour rendre plus succinctement cet art de
parler à la pensée , et indiquer par un seul mot une mé-
thode d'Interprétation dohl= le retour devenait plus ordi-
tiaii^ qbe^'jamàte (2).' Oe mot rervient assenai fréqueiqmeht
- ' . (O Spfculfim.d^ mysteriis Eccîesim, cap. i,
(2) Voir le P. Cahier, Hohogr. des èitr.'de ÉtMrges,'^. M et 229.
■ ■ ■ ' '' t; IV. ••■• '■■ ■ '■ •• - . . 2li .
veaux f
434 APPENDICE.
dans Pierre de Riga et Hugues de Saint-Victor : le premier
rapplique à une église matérielle, flgure de TÉglîsc, épouse
de Jésus-Ghrist : Ecclesiam mysticat itla domus (^) ; le se^
cond le reproduit souvent dans son Miroir des mystères de
r Église (2) , et le rend tout à fait synonyme de significare,
exprimerez ostendere. Nous sommes prêt à reconnaître,
toutefois, qu'un mot nouveau ne serait en lui-môme qu'une
preuve assez restreinte d'un mouvement général dans les
esprits , s'il ne coïncidait pas avec une méthode d'inter-
prétation jusque-là inusitée : ainsi voit-on s'introduire dans
l'art , comme dans la littérature sacrée d'où il procède , de
plus riches données qui , sans altérer le sens littéral du
dogme ou de l'histoire évangélique , en exagèrent quelque-
fois la portée et retendent au delà du sens naturel , afin
d'en élargir les conséquences mystiques au profit des âmes
•t de nonTrfiet ' contcmplatives. Nos symbolistes appellent cela le sens super-
wperhùtortque. hxsiorique^ ct tJi douncut pour exemple un vitrail de la ca-
thédrale de Bourges où le peintre de la Résurrection repré-
sente la pierre du tombeau renversée au moment où Jésus-
Christ en sort , quoiqu'en réalité ce fût l'Ange seulement
qui l'en éloigna , pour montrer aux Saintes Femmes que le
Sauveur n'y était plus. Au reste , ce mysticismc-là n'était
. pas nouveau sous la main de l'habile directeur des magni-
fiques verrières : dès le ix* siècle, La Glose ordinaire, attri-
buée par d'habiles critiques à Walafrid Strabon , expliquait
l'ouverture du tombeau resté vide par la suppression de
l'ancienne Loi et l'abrogation des figures antiques deve-
nues vides et inutiles après l'accomplissement des prophé-
cctte m^thodo tics. Nous voyons donc ce système d'exégèse passer dans le
mabTe dê?art. ^' domaiue de l'art ; outre son introduction dans les fenêtres
(1) Pelr. de Rig., In Leviticum,
(2j Cap. I et vu: «Campanœ predicatores mysticanl.,.; cancellus,
bamilior reliquo corpore ecclesise, mysticat quanta humUitaa dêbeat
esse in clero...; Sequentia (id est prosa) œternce vitœ myslieat lau-
des i>
LE SYMBOUSIfE IV XVT SiÈGLfi. 43S
coloriées, on la lui ménage dans les manuscrits, comme on
lé TOit dans la Bible moralisée de la bibliothèque Richelieu,
d^ns YEmbUmaia bibliea du même dépôt , et dans le beau
recueil de Tabbesse Herrade deHoheubourg (4). On le dé-
couvre aux tympans sculptés de nos portes monumentales,
oix le gouffre infernal prend la forme de l'horrible gueule
d'un monstre, comme à la cathédrale de Poitiers. A Notre-
Dame de la même ville, Nabuchodonosor siège avec son or-
gueil , cause de sa punition exemplaire , auprès d'Adam et
d'Eve tentés par le serpent de devenir aussi savants que Dieu.
Ce ne sont là que quelques exemples auxquels nous devons
nous borner ici , et que nous avons multipliés à desseui
dans notre grande Histoire du symbolisme (2) ; mais qu'ils
nous suffisent à établir ce qu'il y eut d'ingénieux dans la
littérature de ce siècle tout hiératique où l'artiste , sinon
toujours le manœuvre, entendait parfaitement le sens sur-
naturel des sujets sacrés , et recevait du prêtre , quand il
ne l'était pas lui-même , tout le programme spirituel de
son travail.
Maintenant pourrions-nous oublier ces types aussi eu- Que u oM>rioe
rieux que variés devant lesquels se sont mille fois arrêtés les à ^to^^tondôés
regards scrutateurs d'archéologues déçus et découragés, ^IrisM. "
réduits , après de vaines recherches , à se venger de ces
logogriphes en leur jetant les qualifications décisives de
bizarres, de ridicules, d'inexplicables ? Ce n'étaient, disait-
on, que des caprices du ciseau, des caricatures, des satyres ;
c'était la Peiiie Presse du temps, rendant comme elle pou-
vait aux évoques et aux moines le prix de l'oppression que le
pauvre peuple subissait sans se plaindre il est vrai, mais en
confiant au sculpteur sorti de son sein le soin de stigmatiser
ces mille tyrans, en donnant à une tête mitrée, à un front
(1) Ortus deliciarum y victime dans la bibliothèque de Strasbourg,
avec tant d'autres tfésors littéraires, du bombardement prussien de '
1871» et & jamais regrettable 1
(2) T. n, ch. X.
l
436 APPENDICE. .
dénudé par la tonsure , des corps de serpent , des pattes
d*ours ou de lion , des carapaces de poisson » des bec3
8. Benard a«- d*aigle OU des crétes de coq. Ou avait été jusqu'à rendre
euaé à tort dam * -*
M MM , complice de ces reproches ou de cette ignorance S. Bernard
lui-raéme, qui ne blâmait autre chose dans ces tableaux
qu'une inutile profusion de sculptures coûteuses, peu conve-
nables aux églises de gens qui faisaient vœu de pauvreté{4 ).
' Les sujets hybrides se prêtant mieux qu'aucun autre à
exprimer dans l'homme les vices qui distinguent certains
animaux, on en faisait l'application à toutes les conditions
mauvaises de la vie. Les sculptures ainsi conçues devenaient
autant de livres où se lisaient les devoirs de cliacun ; c'étaient
les illustrations des livres moraux de la Bible, ou de S. Gré-
goire le Grand, ou de tant d'autres ; et l'apparition, dans ces
milieux très-philosophiques, de prêtres, d'évêques et de re-
ligieux prouvait bien moins un esprit satirique, impossible
dans les auteurs de ces œuvres, qui tous étaient honorés du
caj*actère sacerdotal , qu'une impartialité aussi religieuse
aiu»i bien que les qu'houorablc àu'cxemptcr personne de ces Icçons.Quant aux
o tcma. sujets cu cux-mêmcs et à leurs formes, aussi utiles au fond
que bizarres en apparence, ils avaient, comme tout le reste,
Messieurs, comme ces obscœna eux-mêmes, qui ne furent
jamais que la traduction de certaines prohibitions divines
de la débauche des sens ; oui, ces prétendues bizarreries
avaient une origine très^respectablc , et dont le certificat
nous est donné par les Pères de l'Église orientale (2).
Ce que le «ym- Avcc Ic xu* sièclc s'ouvrc l'èrc dcs croisades. Ces grandes
boUtme doit aux . /<ii* xi « j^i i
croisade! des xu« cxcursious étabusseut entre notre monde et les plages asia-
•txui'si es. niques (jçs relations dont l'architecture profite. Gomment
les arts d'imitation n'en eussent-ils pas profité ? Le style
byzantin adopté par l'Europe devait apporter ses orne-
Ci) J'ai défendu S. Bernard sur ce point dans le même ouvrage, t. U,
p. 501 et suiv.,— et S. Nil, accusé aussi d'être opposé au symboUsme
décoratif (même Tolume, p. SOI et suiv.)*
(2) Voir Hist. du symbolisme, i^ M, ch. tu
LE SYMBOLISME AU XU" SIÈCLE. 437
mentations symboliques , dans lesquelles se retrouvaient
toutes les imaginations de la Grèce, les natures hybrides,
les animaux fantastiques, les griffons, les sphinx, les si-
rènes, les dragons et toutes les variétés si nombreuses de
bêtes, d*arbres, de fruits, d'instruments quelconques dont
se couvrirent les murs sacrés.
Il est très-rare qu'en France nous trouvions , antéricu- c'eê* ]*oris^«
rement aux croisades , quelques-uns de ces motifs, dont
peut-être certains types étaient venus s'y égarer , comme
en Italie et en Espagne, à l'époque du Bas-Empire. On pou-
vait d'ailleurs les avoir empruntés depuis longtemps aux
livres de Méliton et aux bestiaires que* des physiologues
en avaient tirés. Ce qui est certain , c'est que le§ oiseaux
à tête humaine représentent dans Thumanité les vices
ou les vertus dont ils sont l'emblème : le griffon , sorte
de lion ailé , devint le symbole du Sauveur , lion de Juda ,
s'élevant par son vol mystique bien au-dessus de notre
sphère périssable , et déchirant de ses ongles puissants
le dragon , qui personnifie l'ange déchu. Les sirènes ,^
démons de la volupté, attirent les âmes par leurs chants
et les tuent, comme on le voit au cloître de Saint-Aubin
d'Angers (^). Le basilic a le même caractère: c'est lui que le
Psalmiste fait succomber sous les pieds du Juste qui le
foule (2). Mais le lion a parfois une tête d'homme, et alors Régie det oi»po-
il prend le rôle de l'esprit tentateur : on en voit deux, entre
autres, à un chapiteau de Saint-Agnan, à Cosne-sur-Loirc,
maîtrisant un homme jusqu'à le faire se jouer avec eux',
et l'on sait ce que cette familiarité doit amener de funeste ;
un chapiteau voisin montre un autre personnage coiffé
d'une mitre, domptant d'une main un lion, de Vautre un
griffon qui change de rôle et n'est plus qu'un ennemi par
un système d'opposition qui prête, selon les circonstances.
(1) Voir, ci-après, p. 448.
(2) a Super basiliBcum ambulàbis. » {?$., xt,)
suions.
438 APPENDICE.
àu même symbole deux significations opposées 0). S. Ba-
sile, S.-Au^stin ont des textes précis sur ces principes
incontestables, et la plupart des sujets auxquels je m'arfétç
ici très-succinctement ont leur reproduction et leurs
preuves dans votre Bulletin monumental^ dont les tables
feront aisément retrouver leurs traces.
coBBMdoB mo- Après de telles éludes, qui se dégagent, on le voit, de
symboles et r*r. toul svstème préconçu , et dont les déductions naissent
ohiteetare ohré-
tienne de tous les très-^atuf cUement des plus sûres données de Thistoire de
l'art, comment s'étonner de voir le symbolisme envahir
tous les côtés de notre architecture religieuse, s'accrocher
pour ainsi dire à tous ses détails^ et seconder le ftiire ma-
jestueux de l'architecte par l'opulente et philosophique
profusion des conceptions iconographiques ? Maintes fois
ne sommes-nous pas restés immobiles, attentifs, et dans
une sorte d'extase , devant ces immenses pages de pierre,
qui préludent par de grandioses façades aux cathédrales
de Chartres , de Beauvais, d'Amiens, de Poitiers, d'Alby,
de Valence ou de Bayeux ?. . . Que de secrets dans ces tra-
vaux, qui ne sont pas moins ceux de la pensée que de la
main de l'homme ! Que d'application pour en comprendre
le mysticisme sérieux, la théologie élevée I et comme U
existe une réelle filiation entre ces beaux monuments, dont
les plus anciens ont inspiré ceux qui les suivent ! Ainsi
leur ornementation plus parfaite s'explique dans les progrès
par ses analogies avec les types primitifs ; nous voyons à
tous les âgés une arcliitecture exclusivement religieuse,
qui ne convient qu'à la prière et au sacriâce du chrétien ;
et, se prêtant à la parer, une imagerie à part qui, renfermée
d'abord en un cercle étroit, et se bornant à répéter en tous
lieux ses quelques sujets convenus, n'en arrive pas moins,
par des manifestations successives, à se faire digne des plus
magnifiques monuments, dont le style a également grandi à
(1) Voir Hisieire du symbolisme, t. J, p. 128, 300.
LE SYMBOLISME AU XIl' fllÈGLB. 4^9
travers les variations de nos douze premiers siècles» Le génie
humain s*est donc plu à faire marcher d'un pas égal ces
deux magnifiques expressions de la pensée catholique : k
construction architecturale et les arts du dessin que rien
n'en pouvait séparer. Ce furent deux amis qui s'avancèrent
ensemble dans la vie des peuples, qui se retrouvèrent atec
amour quand des malheurs de famille les eurent parfois^
violemment séparés , et pour lesquels Horace semblerait
avoir fait ce joli vers :
...,AUerius sic
ÀUera poscU opem res, et conjurât amicé.
Telles sont, Messieurs, les solutions que je crois pouvoir
donner aux problèmes posés par vous sur cette intéressante
matière. Je n'y pouvais arriver sans répondre, par cela
même , à la troisième question , qui se trouve résolue à
la fois, puisqu'en parlant de l'affinité supposée « entre les
sculptures symboliques des premiers siècles et celles du
XII*, » il me fallait parcourir tout cet intervalle et m'y
arrêter aux frappantes analogies comme aux différences
sensibles qui y signalent les allures progressives de l'esthé-
tique monumentale : heureux si, en projetant ici , d'après
d'illustres devanciers trop peu connus, des lueurs nouvelles '
sur des obscurités qui se dissipent chaque jour davan-
tage ^ il m'est donné de faire passer avec elles dans vos
esprits des convictions d'autant plus profondes pour moi,
qu'à la suite de patientes et laborieuses recherches elles
sont devenues dans ma conscience une dés formes de la
vérité.
Poitiers^ 8 août 1869.
• • * f
r ■*
-a Hua
MÉMOIRE
SUR DES SCULPTURES SYMBOLIQUES
DES XI"^ ET XII* SIÈCLES ,
R«^ii6 i lia lettre iàmik pir M. de Caumdi«t ,
i M. TibM AuBKR.
•^1 1
Monsieur et cher Directeur ,
Notre public du Bulletin monumental a pu s'étonner de . cau«j et occa.
^ ^ tioB de cet écrit.
mon silence après votre lettre insérée au 4* cahier de i 870 (^ ) .
Voici , en effet , douze mois bien comptés qu'elle a été pu-
bliée. Mais dans ce long intervalle , dans cette année , la
plus longue à mon avis qui ait pesé sur le cœur de la France
contemporaine, que de raisons engourdissaient nos plumes,
arrêtées à la fois par les plus graves préoccupations , par les
dérangements imposés à toutes nos provinces, et surtout
par l'interruption des communications postales, grâce aux-
quelles tant de lettres n'arrivèrent à leur but que deux
mois après leur date, plus heureuses encore que celles qui
n'arrivèrent pas du tout !
Vous proposiez à mes réflexions de nombreux sujets d'ico-
nographie épars aux frontons , aux tympans ou aux chapi-
teaux de nos églises. Ces spécimens portent avec eux , sur
les bois qui les représentent fidèlement, des caractères
d'originalité mystérieuse dont, effectivement, l'esprit et
(1) p. 297 et «liv. du 36' volume.
rai
442 APPEzn>iCB.
Fimaginfttîoii se trouYent tout d'abord étonnés. Mais on Test
moins soi-même quand de longues et sérieuses études ont
lait retrouver en mille endroits des images identiques, soit
peintes, soit sculptées, et que, nonobstant les variantes
plus ou moins sensibles de leur faire , lesquelles viennent
du plus on moins d'intelligence de Fartiste , on y voit avec
raison la traduction des nombreuses données symboliques
jetées dans TÉcriture sainte , dans les Pères , dans les bes-
tiaires on la flore murale , ou les fabliaux enfin , quoique
cenx-ci ne surviennent an plus tôt que pendant le xni" siède,
pour se perpétuer jusqu'au xvi*, où est la décadence du sym-
bolisme,
lurehe pro^rM- Vous avez pu voir, Mouslcur et honoré maître, que, corn-
Le^Bt^' blant le vidé que vous signalez dans les études faites jusqu'à
présent de l'iconographie chrétienne , je ne m'en suis pas
tenu aux catacombes, sources primitives et fécondes de
nos plus anciennes peintures sacrées. L'architecture ro-
mane 'des XI* et xn* siècles dut avoir et eut en effet son
style iconologique parfaitement d'accord avec celui des mo-
numents décorés par lui; et je suis parfaitement de votre
avis sur l'ornementation mérovingienne qui les précéda :
nous en avons des restes assez nombreux, quoique relative-
ment rares, et assez bien examinés de notre temp& pour dé^
montrer que la décoration sculpturale sous la première race,
et même sous la seconde, sempprocha beaucoup de ce que
nous a laissé le siècle de Philippe-Auguste et de Robert.
Quant aux nouveautés qui surgissent alors sous la main des
sculpteurs, vous me demandez « quels germes peuvent les
avoir produites. » Ces germes sont tous, je l'ai dit (t), dans
l'étude plus répandue des livres bibliques et des auteurs
sacrés, dont le goût se ranima dans les cloîtres au souffle de
la paix et au contact de l'art qu'elle servit à développer. Vous
savez , toutefois, que ces premiers essais Jlirent d'assez gros-
1^ Conpr,' scienl.de &^(ïr/r.,p. 4ô9,iii-8»,l870, — etci-dessuf.p iSS.
TYPBS SYMBOLIQUES p^ JU^ ET XU* SIÈCLES. 4{^
sièi:^ ébauches : dçs pj^nj^ 4 peiiiç ()je^iq,éQ^ » /jiçs );^
plates rangées en modillons , de r^res parujços ff^^iidàroitù^
meut fouillées en chapiteaux historiés ; c^était tout , et celd.
ne Yous a paru longtemps qu'une suite de grotesq^ues et
inexplicables bizarreries , quoique au fond i} falhit y cher-
cher un langage mystique dont le sens n-est plus douteux
aujourd'hui. Mais ces germes n'en furent pas moins le point
de départ de toute cette inestimable ThéQrie que je me suis
attaché à développer dans mon Histoire, et j'y rattache for-
cément tous les sujets dont vous réclaipez de mpi l'expUca-
tion motivée. Donc, en abordant la solution de ces pro-
blèmes , et pour leur donner aux yeux de nos lecteurs une
clarté indispensable, je vais les suivre dans l'ordre indiqué
p^ votre lettre, et j'essaierai d'en donner d*autant plus
la démonstration et rintelligence.
Et , d*abord , il n'est pas douteux que ces chapiteaux et n procède ©«-
tainement par d<M
autres motifs de décoration qui les accompagnent, au imug^m,
nombre de seize, soient tout à fait symboUques. Leur inter-
prétation va le prouver.
1.
Yoici deux oiseaux hybrides : leurs pattes, leurs ailes, l«» âmes per-
dnM abAndonnéM
leur ventre , par conséquent tout le milieu de leur corps , às«tan.
sont d'un oiseau ordinaire : l'avant-corps , soit le cou et la <
tète, puis l'arrière-corps ou la queue, sont évidemment d'un
serpent. Or ces natures mélangées de bien et de mal con-
viennent surtout au démon, qui s'en sert pour procéder à
ses tentations ou pour accomplir ses malices avec le double
bénéfice de sa méchanceté systématique et des formes hy*
pocrites qui les font réussir. Disons en passant que , sans
nier rfnfluenqe que peuvei^t ^yoir exercée certaines fables
des naturalistes anciens sur l'imagination des artistes qui
inventèrent les hybriciçs,. ils purent bien aussi en puiser
444 * APPENDICE.
ridée dans une des prohibitions du Lévitique classant la
cbauve-souris parmi les animaux impurs qu*il était défenda
de mangcr,et ajoutant comme principe général qu'on suivrait
la même règle à l'égard de tout quadrupède ailé (^ ) . Il n*y avait
pas loin de là à tout un système de symbolisme , créant au
besoin des animaux auxquels on prêta toutes les mauvaises
qualités de leurs mauvaises natures réunies : de là ces qua-
drupèdes ailés, ces volatiles à quatre pattes si souvent em-
ployés dans l'art chrétien . Mais ici que voyons-nous faire par
ces oiseaux? ils mangent deux tètes d'hommes. Chacun a la
sienne, et ils semblent s'attaquer principalement à la partie
supérieure du crâne. Ces têtes de morts font leurs délices,
et ils mettent à dévorer cette proie une sorte d'acharne-
ment. Ce sont bien là les caractères reconnus de l'ennemi
des âmes dont S. Grégoire a dit que « la vie du pécheur est
sa nourriture (2), » et Herrade , dans son Ortus deliciarum,
<c qu'il aime à sucer nos crimes : »
Sic Satan aUmwn crimina nostra sngit.
Que si nous considtons sur le symbolisme des oiseaux les
mystiques du moyen âge, nous les voyons s'accorder sur le
sens figuratif qu'il faut attacher soit aux oiseaux purs ou
impurs que le Lévitique permet ou interdit aux Hébreux
comme nouiriture , soit aux oiseaux de proie ou à ceux
dont les mœurs sont douces et innocentes. Ces derniers sont
toujours pris en bonne part; les autres, au contraire, em-
portent toujours une idée de crime ou de persécution , de
rapine ou d'assassinat. Ce sont ceux-là qui se nourrissent
de cadavres, et servent par cela môme , démons toujours
prêts à mal faire , les justes vengeances d'En-Haut contre
l'impie et le méchant. C'est ainsi que, dans le Deutéronome,
(1) « €k)niedere non debetis ▼«spertiU^oem... Omne de volacribas
qaod graditur super qfuatuor pedes, abomiuabile erit vobis* » (Leml-»
xni, 20.)
'2) « Vita peccatorifl cibus esit serpentis. » [Moralium lib. ï.)
TYPES SYHB0Ll<2tJEd DES XI*" ET XIl^ SIÈCLES. 4^5
on voit ce même supplice promis en propres termes à ceux
qui provoquent la colère divine par les abominations de
Tidolâtrie et des crimes qu'elle enfante (<}. Ainsi encore on
voit dans TApocalypse « les oiseaux du ciel appelés par un
Ange à dévorer les chairs des rois , de leurs officiers et de
leurs ministres , des hommes libres et des esclaves , des
petits et des grands » qui dans le paganisme auraient per-
sécuté l'Église et ses fidèles (2). Ainsi encore nous lisons dans
un psaume les plaintes de Jérusalem désolée, se lamentant
sur ses propres ruines , et accusant « les nations entrées
dans l'héritage du Seigneur d'avoir exposé les corps morts
de ses serviteurs et les chairs de ses Saints pour servir de
nourriture aux oiseaux du ciel (3). » — Qui peut, en contem-
plant le chapiteau qui nous occupe , et connaissant ces
textes prophétiques, ne pas reconnaître évidemment toutes
ces notions traduites ici sur la pierre ? Pour peu qu'on ait
observé la métliode habituelle de nos iconographes, on sait
bien qu'afin de ménager l'espace et de simplifier le travail,
l'artiste s'est borné le plus souvent à exprimer par des unités
les multiples qui sont dans sa pensée : un arbre pour une
forèl, un porc ou une brebis pour un troupeau, un chion
et un animal fuyant devant lui pour une chasse. Le difficile
est ici de distinguer si nos oiseaux de proie s'acharnent à
des martyrs à titre de persécuteurs, ou à des chairs
mortes dont ils se repaissent. Mais qu'importe? ce qui c^t
certain , c'est qu'ils sont d'une nature plus qu'équivoque ;
c'est que ces têtes humaines sont bien là pour représenter
(1) « ProTocaverunt me in dm aUenis, et in abominationibus ad ira-
cnndiam concitaverant : et devorabunl eos aves morsu amarissimo, m
(Dealer., xxxn, 16, 24.)
(2) « Vidi Ange lu m..., et ctamavit... dicens omnibus avibus : Veniie
et eongregamini ad cœnam magnam Del. » (Apoc.^ xvl, 17.)^ Cf. mon
expiicaUon du symboiiame de l'Apocalypse^ Hisl, du symb., t. l\,
p. 321.
(3) « Deus, Tenerunt gentee in hsdreditatem tnam...; posuenmt tnor-
îicina servorum iuontmr escas ^latilUms eœli, cames Sanctcrum
iuorum btsiiis terrw. » (Ps., Lxxvni^ 2.)
ÂH APPENDtCe.
l'humaBÎté , et que la leçon donnée par une telle image
dans une église chrétienne est bien de craindre le dépré-
dateur infernal , qui cherche toujours quelqu'un à dévorer
parmi nous (4), c'est-à-dire les conséquences d'une vie cri-
minelle, après laquelle ce corps, si choyé pendant son exis-
tence terrestre au festin des mauvaises passions , pourrait
bien derenir la proie du cruel ennemi qui l'aurait trompé.
IL
L* rMherehe Autrc chapitcau représentant une scène non moins sym-
du bien et 1* Ailt« i i
da wml bolique. — Deux lions regardent en s en détournant un
arbre qui les sépare et qui n'est autre que le Hom , arbre
sacré des traditions orientales perpétuant celle de V Arbre
de vie du Paradis terrestre. On sait que cet arbre était celui
du bien et du mal : l'un ou l'autre peut donc s'être repro-
duit sous le ciseau , qui symbolise tantôt l'empressemeDl
des âmes à chercher le bien et la vertu, tantôt leuréloi-
gnement de ce qui est vicieux ou mauvais, et aussi parfois
le sentiment contraire qui fait aspirer au mal et détourner
de ce qui est bon. De là ce type où nous voyons les deiu
lions réalisant certainement une de ces idées, selon qu'on
les prend en bonne ou en mauvaise part. Ainsi , en consul-:
tant La Clef des Écritures^ de S. MéUton, évoque de Sardes
au n* siècle , nous voyons que cet animal est tantôt Jésus-
Christ pour sa force , sa noblesse et sa générosité , tantôt
le démon pour ses habitudes de cruauté et de rapine (2).
Donc nous avons sous les yeux ou l'homme au caractère dur
et irréUgieux s'éloignant de l'arbre de vie, ou l'âme honnête
et religieuse se détournant des fruits empoisonnés du mal.
Dans le premier cas, ce pourrait être encore l'hérésie fuyant
la nourriture sacrée, comme on la voit figurée souvent par
(1) « Léo... circuit quœrens quam devoret. » (1 Pelr,^ \, 80
(2) Cf. Spicilegium Solesmense, du cardinal Pilra, in4«, t.* UI, p. 5f.'
TVPES SYMBOLIOL'ES DES Xl' ET XII* SIÈCLES. 447
deux colombes se détournant de la coupe Eucharistique ,
tandis que non loin de là deux autres y puisent ensemble
et à Fenvi la force morale , la grâce de la vie chrétienne et
la charité, dont le Sang divin est le plus touchant symbole.
Vous avez pu remarquer ces deux sujets exprimés par de
gracieux chapiteaux du xii' siècle au sanctuaire de Notre-
Dame , à Ghauvigny-sur- Vienne. Nous allons revenir à ce
type en traitant bientôt le n' V.
III.
A la cathédrale de Maycnce, deux griffons, symbole u force mor*i#
de la vigilance que le Christianisme emprunta aux hiéro- tenuS?"' ^**
glyphes égyptiens, figurent aussi le Sauveur lui-môme par
leur double nature d*aigle et de lion. Aquila : Christus,.,;
leo : CMatus, dit S. Méliton. C*est une des exceptions
faites, pour cause , au caractère général des hybrides (4).
De leurs serres violentes chacun d'eux domine un dragon ,
symbole de Satan (drano :diabolus), dont la queue entrela-
cée est énergiquement serrée par le bec du terrible vain-
queur : voilà la force morale triomphant du péché et des
tentations souvent exprimées par ces entrelacs si nombreux
dans notre sculpture, et qui signifient bien , en effet , les
filets mystérieux dont le tentateur enlace les victimes qu'il
veut dompter. Ici c'est la pensée du Psalmiste : Tu confrc-
gistieapita draconis {2) ,Vé\égi\nie facture de ce chapiteau,
qui tient quelque chose du style byzantin, rend bien le sen-
timent de cette victoire toute-puissante.
IV.
Mais voici une difficulté qui a prêté jusqu'ici à des con- ta vuunnê
jectures savantes, sans se rapprocher assez, selon moi, de ^ients^'d^^'û
luxnr*.
(I) Voir Spicil, Solesm,
(2) P5., LXXlIt^ V, 14.
.14S APPENDICE.
la vérité, qui va toujours plus simplement, et que nous expli-
quent très-naturellement les données acceptées de tous sur
les sirènes. Commençons par examiner ce chapiteau de Tan-
cienne abbatiale de Gunaud. C'est une scène de mer ; un na^ i-
gateur y est assis dans sa barque. Derrière lui un personnage
debout sur le rivage, et qui tient sur son bras droit une bou-
teille allongée, semble retenir de cette même main Télan du
navire; puis, de la gauche, il signale au nautonnier, par un
geste énergique , une sirène qui nage à sa rencontre en lui
présentant deux poissons : de ses deux mains étendues vers le
monstre rimprudent voyageur s'empresse d'accepter ce fu-
neste cadeau. Il suffit de jeter un regardattentif sur cette sur-
face sculptée pour reconnaître l'exactitude de cette descrip-
tion. Le vénérable P. Arthur Martin, qui en disserta, en 4853,
au congrès archéologique d'Arras (4 j, l'avait vue sousdes as-
pects très-différents et en parla d'après son propre examen,
d'après les persuasions incomplètes qu'il s'en était su faire.
A l'entendre, l'homme placé derrière la barque , et dont il
n'a pas remarqué la bouteille, pourtant fort distinctement
dessinée , pousserait le fragile esquif vers l'Océan ; et ce
mouvement et cette action conviendraient bien à son
thème. Il est toutefois évident que cette main ne pou&^e
pas , mais au contraire semble retenir le vaisseau pour
l'arrêter. Et voici pourtant l'idée du P. Martin : Ce serait là
« un épisode d'un poème finlandais^ le Calewaba,,. Le dieu
» de la mer a demandé en mariage la fille d'une déesse de
» la mer, laquelle, sachant que le pouvoir de ce prétendant
» va finir par la prédication imminente de l'Évangile , se
D joue de lui et lui échappe sous la forme d'un poisson au
» moment où il va l'épouser. Dans son désespoir, il renonce
» aux contrées où il a régné, et l'on voit sa barque poussée
» vers d'autres rivagespar la main gigantesque A' mu person-
» ïïdige plongé dans la tristesse.,. Notez, ajoute le P. Martin,
(i) Voir BuUet. monum., XIX, 553.
» qtL*il n*cst pas étonnant de retrouver ces sujets reproduits
» sur les bords de la Loire, puisque, pendant cent ans» la
u Loire était le grand chemin que parcouraient presque
» sans interruption les terribles hommes du N<M*d... d
En conséquence, voilà bien de Térudition pour installer
une légende païenne dans un temple chrétien, quelque soin
que prenne le docte archéologue de supposer que le chapi-
teau voisin, représentant FAnnonciation, lui oppose un des
premiers mystères du Christianisme comme un de ces
moyens de parallélisme souvent employés par l'iconographie
symbolique. Pour moi , qui me rappelle comment M. Ver-
gnaud Romagnesi, et à sa suite M. Marchand, avaient décou-
vert aux chapiteaux de Saint-Benolt-sur-Loire des scènes
normandes évidemment tirées de l'Apocalypse {4 ) , quand
j*ai vu un savant ecclésiastique de Goutances reculer de deux
cents ans la date , incontestable pourtant, de sa cathédrale,
et appuyer sa thèse de documents historiques cherchés avec
soin et développés avec des arguments aussi peu valables
que spécieux (2), je me demande encore ce que les Nor-
mands ont à faire ici , comment on se serait plu à honorer
par une sculpture tirée de leurs romans plus ou moins his-
toriques les tristes souvenirs laissés par eux sur les plages
témoins de leurs pillages et de leurs incendies. Se figure-
t-on un curé de notre temps sculptant aux chapiteaux de
sa nouvelle église un épisode emprunté à l'invasion de la
France par les barons du Prince Noir? J'aime bien mieux
rattacher ce curieux spécimen du xn* siècle aux idées
qui dominaient l'art religieux de cette époque , et y voir
une simple leçon proposée comme tant d'autres aux médi-
tations des chrétiens de l'Anjou.
On sait , du re$te , d'après les pkysiologues du moyen
âge (3), que la sirène est un symbole du démon, moitié
(1) Souvenirs historiques de V abbaye de Saint'Benoit , par Mar-
ehaud, in-8% Orléaos, 1838.
(2) Voir BuUet. tnontim., YHI. 374; et XI, 130.
(3) Cf. ThomsB Caotipratani, De Naturis rcrum, ap. SpiciL Solesm»,
T. IV. 29
450 ÀPfEUCDlCfi.
poisson et moitié femme, ayant la subtilité de Tun et toutes
les méchantes ruses de l'autre, prise du mauvais côté de sa
nature. Peu attrayante par les traits du visage , elle attire
par les charmes de sa voix ; elle rôde sur les mers, avide de
faire sa proie des mariniers , qu'elle eridort par ses chants
et tue traîtreusement pendant ce sommeil. Les sirènes
étaient connues dès le temps dlsaïe. Ce prophète les prédi-
sait à Babylone comme les seules créatures qui , avec les
hiboux, dussent rester sur les ruines de ses palais, détruits
en expiation de leurs criminelles voluptés (4 ) : c'était donc
le démon des plaisirs impurs. « Les sirènes sénéfient les
femes qui atraient les homes par lor blandissemens et par
lor déchèvements a els , de lor paroles ; que eles les mai-
nent à poverté et à mort (2). » On conçoit que leur rencontre
cause une grande frayeur aux matelots, qui n'ont contre
elles d'autre ressource que de leur jeter des bouteilles vides
et bouchées qui, surnageant à la mer, les occupent, tandis
qu'eux-mêmes profitent de cette distraction pour leur
échapper (3).
Ceci posé , voici , selon ma pensée , l'explication de la
sculpture de Cunaud :
Les matelots , par cela même qu'ils flottent sur une sur-
face mobile au gré des vagues et des tempêtes , sont , dit
S. Eucher (4) , le symbole des pensées déraisonnables qui
ni, 427; — Bestiaire du xiii« siècle, tiré de la bibliothèque de TAr-
seual, édile par les RR. PP. Martin et Cahier, daus leurs Mélanges d'ar-
chéologie, 11, 1"2 et suiv. — Ce serait, ont cru les doctes auteurs, le
Physiologue de Théobald, réédité dans notre troisième volume; mais,
eu le comparant à ce dernier, il est clair que ce qui manque le plus
aux deux, c'est la ressemblance.
(1) a Et respondebunl ibi ululas in aedibus ejus, et sirènes in delubris
voluptatis. » (h., xiii, 22.)
(2) Physiologue, ap. Mélang, d'archéoL, ubi suprà, p. 173.
(3) «Multum timent, et tune projiciunt eis lagenam ut ludant, ef
intérim navis pertranseat.» (Âdhelmue, Fragmenta de naturis rervm :
Spicileg. Solesm., loc. cit.)
(4) « Nautœ , cogilationes hominem gubernantes. » (S. Eucherii For-
mula minora, ap. Spicil, Solesm., III, 404,)
TYPES SYMBOLIQUES DES Xl^ ET Xll' SIÈCLES. 454
agitent rhomme : notre navigateur est donc un de ceux qui
se laissent attirer par les pensées déréglées de la volupté ,
sirène perfide qui prétend le séduire par les deux poissons
qu'elle lui offre ; car le poisson , qui est un mets délicat ,
symbolise les délices matérielles, Tun des plus grands périls
de la vie présente , de notre navigation sur la mer de ce
monde (4). Observons comme l'imprudent déjà embarqué
reçoit avidement ce moyen de séduction , et comme celui
qui s'efforce de retenir le navire , peut-être pour s'y embar-
quer avec lui, a su du moins se munir de la mystérieuse
bouteille qui l'aidera à déjouer l'ennemi; car ce vase, qu'on
n'a pas assez remarqué, et dont le rôle est pourtant d'une si
haute valeur, est « la foi du baptême, fideê bapiismi^ » d'après
un moine anonyme de Clairvaux , qui fut, au xiv« siècle ,
un des commentateurs de S. Méliton (2). Donc notre chapi-
teau avertit le chrétien de se garer , dans sa traversée du
temps à l'éternité , contre les entraînements de la luxure,
et il rappelle au souvenir de son baptême comme un plus
efficace moyen de résistance et de salut.
V.
Au tympan de l'église de Marigny (Calvados) est, à n'en Le type du
pas douter, une variante de notre n* II, qui en a bien d'au-
tres éparpillées çà et là sur nos édifices chrétiens : preuve
évidente du sens mystérieux qu'y attachèrent nos devan-
ciers. Je fais remarquer dans mon ouvrage spécial (8) com-
bien le Hom s'est prêté, par les diversités de ses formes, aux
caprices et, pour ainsi dire, aux gentillesses du ciseau qui,
en le dénaturant à plaisir, ne rend pas cependant méconnais-
sable l'intention du guide qui l'a inspiré. Ici c'est encore un
(i) Voir mon Histoire du symbolisme, t. Il, p. 109 et 586; UI^ 86 et 87.
(2) Ibid., U, 484.— Spicil. Solesm., U, 174.
{3)TI, p. 161.
péché originel.
4^2
APPENDICE.
arbre au tronc ferme et éle\é, aux feuilles larges et luiu-
riantes. Quoi qu'en ait dit M. Lenormand , qui parfois se
décidait un peu vite, ce ne sont point de$ lions qui en dé-
vorent la tige y mais des animaux fantastiques, natures
hybrides qui semblent tenir surtout de Tespèçe chevaline,
symbole de la vie désordonnée (4}» et n'avoir du lion que
Textrémité de leur longue queue. Cet appendice, qp'on croi-
rait uniquement dû à un autre amusement de rartîste,et
destiné seulement à plus d'effet, me semble avoir sa raison
d'être. Ces bêtes réprouvées qui dévori^ut à belles dents la
science du mal se l'assimilent, tellement qu'oa la voit se
reproduire, en elles dans la ps^rtie d'ellas-mêmes qù la res-
semblance en est plus facile. Voyez comme.. ces queues
reproduisent exactement les feuilles que nos bètçs absor-
bent dans leur gloutonnerie passionnée ;e^ bien! n*<^-ce
pas ainsi que la nature humaiiiie s*est incarné le péché origi-
nel ? Quoi de plus capable de le lui rappeler en lui monti^t
à quelle dégradation elle s'est condamjnée?
VI.
Autre ip^cImAa
du mime lymbole.
Un autre tympan du même type, et qui a le même but,
orne, vous le savez, Monsieur, la porte de l'église de Colle-
ville , non loin de Marigny (2). Plus élégant, d'un travail
plus large et plus original, il représente des oiseaux à tête
et à queue de dragon ; l'arbre est remplacé par un entrelac
fort capricieux, orné de feuilles rares et symétriques que
les monstres engueulent avidement. Le thème seul est
différent ; il laisse voir sans aucun doute les mêmes élé-
ments et la môme intention ; il peut s'interpréter, avec beau-
coup d'autres, par. la même idée, et renfernie évidemment
la même leçon,
(1) Equiu : lubrica vUa, dit S. Grégoire*
(2) Voir Bullel. monum., XVIH, 492, 493.
TYPES SYMBOLIQUES DES XI"" ET Xll^ SIÈCLES. 453
VU.
Voici encore un essai de démonolORie instinctive; il Ljftdtodefmâa-
décore la façade de l'église d'Authie, toujours dans cette *«» végOM.
belle Normandie, doublement riche des beautés de la na-
tui*e et de Fart. Là deux lions, images accoutumées a des
docteurs sévères » à défendre la doctrine sainte (4), rem-
plissent le même rôle que Salomon leur avait assigné dans
son temple, entre une suite de couronnes et d'entrelacs (2) :
ce sont les gardiens de la vérité ; car leur pose qui dirige
leurs regards partout derrière eux, leur gueule menaçante,
leurs yeux ardents, et le soin avec lequel ils semblent com-
primer tout mouvement, toute action possible d*un person-
nage intermédiaire, n'en laissent plus douter. Or on re-
connaît dans ce troisième personnage la figure d'un démon
avec ses oreilles de faune, laquelle figure est répétée, non
sans intention, aux chapiteaux des colonnes voisines servant
de pieds-droits à la porte dont ce motif décore le fronton. Et
quoi de plus convenable que d'avertir les fidèles entrant
dans le temple d'éviter les pensées diaboliques, d'y aban-
donner toute connivence avec le mal , et d'être sûrs que
c'est là cette maison de Dieu où le Juste trouve dans la
science des choses surnaturelles un abri contre les hé-
résies si souvent symbolisées par Satan, et contre tous
les égarements du cœur dont il est le fauteur et le prin-
cipe?
Vffl.
du Juto pwwi-
Vous avez vous-même deviné avant moi , cher mon- l» «omtAao*
• du J " '
sieur le Directeur (3), le remarquable Daniel dans la fosse eaU.
(1) « Leones : doctoram BeToritos... » (S. Méiii,,De Bestiis, ch.zxzviu.)
(2) « iQter coronas et plectas leones^ et boves, et cherubim ezscalpta
•ont » (III Reg., vu, S9.)
(3) Cf. Stafiitique monumentale du Calvados, 1, 346, in-S**, 1846.
454 APPENDICE.
aux lions, sculpté sur le linteau d'une porte bouchée au côté
sud de l'église de Gambes, non loin de Gaen. Nous n^avons
donc pas à hésiter sur ce point. J'ajouterai cependant que
ce fait, entouré de tous ses détails historiques, est encore un
symbole dont il ne faut pas méconnattre la portée signi-
ficative. Nous voyons, en effet, le sculpteur rendre exacte-
ment le texte du Prophète, qui montre Daniel assis au mi-
lieu des lions lorsque le roi Évilmérodach vint à l'entrée de
la fosse pour reconnaître s'il vivait encore (4). Or cette
fosse contenait « sept lions auxquels on jetait chaque jour
deux corps et deux brebis (2) ; » ces deux corps, après les-
quels il est parlé d'un surcroît de nourriture consistant en
deux brebis , ont paru aux commentateurs (3 ) être des
corps d'hommes (esclaves ou condamnés à mort), ce qui
explique les deux têtes de mort posées de côté et d'autre de
Daniel. Les lions, qui ne sont ici qu'au nombre de deux
et suffisent à préciser le fait , lèchent les mains du Pro-
phète, comme il est souvent arrivé pour des martyrs des
amphithéâtres, et ^ accroupis sur leurs quatre jambies, ils
ihontrent par ce repos plein de respect qu'ils ont changé
instantanément en douceur leur férocité naturelte. Mais
que font ces têtes d'oiseaux de proie suivant, comme autant
de môdillons , la corniche supérieure du linteau ? Oue ce
soient des têtes de corbeaux, comme on le croirait pour la
plupart, ou de quelques autres volatiles aussi mal famées (4),
on comprend comment Fouvrier n'a pas manqué d'accom-
pagner son sujet principal de ces accessoires, qui indiquent
très-bien l'influence de l'esprit diabolique dans les persé-
(1) « Venlt rex ad lacum , et iûtrospéxit; dt ecee Daniel sedens in
medio Uonum. » (Dan., xt7, 39.)
(2) « in lacu erant leones septemi et dtabantor eia duo corpora qao-
tidie, et duœ oves. » {fbid,, 31.)
(3) Voir Menochius, in K loc,
(4) Corvus : nigritudo peccaloris , dit S. Eu cher, déjà cité;— et
S. Méliton : Corvi: dstnones.^ Le miJan , levantouf tfont paeHoe
meilleure réputation chez les .<ymbolistes.
TYPES SYMBOLIQUES DES \i^ ET XU'' SIÈCLES. 455
cations infligées aux Saints. Aussi Dai^iel est-il toujours le
symbole du Juste piërséputé, triomphant du mal par sa con-
fiance en DieUi et lui disant dans Tattente tranquille de
aa délivrance « qu'au milieu même des ténèbres de la
mort il ne craindra rien , parce que le Seigneur est avec
IX.
A HérouYÎUe, près de Gaen, encore dans notre cher pays ^^^^ ^.
(vous savez, Monsieur, que j'y ai mes plus antiques sou- ttq««»-
venîrs}, Téglise de Saint^lair garde toiy ours, dans le mur
latéral du sud, un linteau orné de deux hybrides sWorçant,
sous la fioarme de bipèdes à queues de serpent, de déraciner
un arbre qui garde aussi toutes .les apparences du Hom.
Gamme ce symbole était familier à nos ancêtres et revenait
souventà la pensée du prêtre, qu*il fût architecte ou sculp-
teur! Vous avez donc jugé avec beaucoup de raison que ce
sujet est tout symbolique; et M. le chevalier Lopez, que
vottscitez^ ne s'éloigne pas de la vérité en voyant dans ces
monstres l'emblème du péché ou du malin esprit s'effor-
çant de déraciner Farbrede la charité (2). Mais à la place
de cet arbre, comprenez TÉglise que l'hérésie, la libre-
pensée et toutes les aberrations de l'esprit humain combat-
tent ouvertement, ou en dessous ^ c'est toujours la même
figure et la mèjone signification. Voyez-en la preuve dans la
lettre d'un texte scripturaire. Le Psahniste, dans une de ses
plus belles inspirations, cbmpare l'Église future à « une vigne
que le Seigneur avait transplantée de l'Egypte, et dont les
rameaux vastes et abondants avaient abrité toute la terre
et la couvraient de leurs ombrages jusqu'aux lointains ri-
vages de la mer. » Mais voici que tous les étrangers sont
(1) « Nam etfti au^ulayero ia medio umbiiB morUs^ non timebo
mala, quoulam Ta mecuiu es. » (Ps,, xxii> 4.)
(2) Stalisl. monuin, du Calvados, l, 62.
456 APPENDICE.
passés par cette vigne^tous s'y sont arrêtés pour la ravager:
« le sanglier de la forêt la saccage, et chaque bête sauvage
la mange et la détruit à Tenvi (4). » Ne dirait-on pas que
notre sculpteur songeait à ce texte quand il promenait son
ciseau sur cette pierre si docile à sa science des emblèmes?
Comme cet arbre est vaste et se répand aussi loin que ses
limites permises! Ce n'est point une vigne, il est vrai;
mais nous savons que la flore murale n*est pas encore
devenue scrupuleuse au xii" siècle , comme elle le sera
au xai'' et aux suivants. C'est la pensée qui domine à cette
époque moins prétentieuse qu'hiératique; et quand l'art
songera plus à lui-même, il s'attachera moins au sens
moral, et le symbolisme décherra... En est-U moins vrai
que nos deux animaux, fouillant de leur grouin à la racine
de l'arbre, ont bien plus Tavant-corps d'un sanglier {aper)
que de toute autre bête, et que la queue du serpent ne leur
est donnée qu'aân de ne laisser aucun doute sur leur œuvre
coupable et leur criminelle intention ?
X.
La bmine et u Nous voici daus la Manche : vous nous apportez un
S"!**** **"""' croquis d'une porte dans l'arceau de laquelle se trouve
inscrit un espace carré surmonté de deux rampants , où
boivent au même vase deux animaux d'espèce bien diffé-
rente : l'un est un quadrupède, l'autre un oiseau. C'est tou-
jours à l'entrée des édifices religicuix que figurent ces su-
jets, et celui-ci appartient à l'église romane de Saint-Gôme-
du-Mont, dont vous avez entretenu M. Parker en 4864, sans
lui citer cette curieuse image (2). Ici pourtant, et sans pliis
de détails, nous en avons assez pour deviner le fond de ce
()) « Extenninavit eam aper de siWa, etsingulari» férus depaslvt $ii
cam. » {Ps., Lxxix, 14 et seq.)
(2) Voir Bulkt. monum., XXVII, 141.
TYPES SYMBOLIQUES DES Xl"" ET XIl' SIÈCLES. 457
dessin, qui est évidemment symbolique. En effet, mon qila-
drupëde pourrait bien être un loup, d'après ses formes
générales; peut-être aussi un renard, si j*en crois sa large
queue et ses courtes oreilles. Je pencherai même pour ce
dernier, et je vais dire pourquoi. L*oiseau se laisse recon-
naître pour une cigogne à son long cou , à ses hautes
pattes (4). Quant à sa queue, fournie de larges plumes re-
courbées en panache, ce serait celle d'une grue, il est vrai ;
mais on sait les affinités de ces deux échassiers, et aussi le
peu de scrupule que se font les naturalistes du moyen &ge
pour arranger à l'effet de leur œuvre les détails accidentels
du sujet principal. Ce qu'on voit clairement, c'est que deux
bêtes de caractère très-dissemblable viennent s'abreuver au
même vase. Or ce vase est un calice. Ce renard est le sym-
bole de la malice rusée, du voleur hardi et cruel, s'appro-
priant les plus innocentes des bêtes domestiques ; Raban-
Maur en fait le démon, suppôt de l'hérésie en quête de
toutes les mauvaises raisons ; Pierre de Capoue voit en lui
l'image des persécuteurs hypocrites ; rien de bon à son
sujet dans aucun des interprètes de son nom (2). La cigogne,
au contraire, est l'amie de l'homme, dit Thomas de Can-
timpré; elle déteste le serpent et lui fait la guerre; elle le
tue, et s'en nourrit sans participer à ce qu'il a de nuisible
et de venimeux (3). C'est donc un oiseau pur et toujours
pris en bonije part. Et quand ces deux sujets, si opposés de
mœurs et de signification symbolique, prennent leur part
au même breuvage, ce calice peut-il être autre chose que
rEucharistie ? ces anin^aux autres que des communiants
qui viennent avec des dispositions différentes, l'un boire son
jugement , dit S. Paul (4), l'autre recevoir le prix de $a
(t) Ce n'd«t pat uoé raiâoa pcmr chercher dans le choix un BOUTenir
d*Eflope OD de Phèdre , qui n'étaient pas encore Irè^-cultivés quand
farent sculptés ces animaux.
(S) V«lr 8. Mélilon, De Beiiiis^cïi. xlix.
(3) De Naluris rerum, cap. x,ubi suprà.
(4) « Judiciiim sibi manducat et bibit. » (1 Cor., xi, 29.)
459 APPEfimCË.
bonne conscience (4 ) ? En un mot, c'est ce que chante enoore
TËglise dans l'admirable prose composée par S. Thomas
d'Aquin :
Sumunt boni, sumuni mali
Sorte tamen incfqiMli
Vifs vel inieritiAs,
XI.
perséoution des Quant aiix cliarmauts chapiteaux que vous m'engagez
S fol. ■ ®^"" à examiner à la page 207 de votre Abécédaire (2), et qui
existent dans Téglise de Neuwillers en Alsace, j'avoue qu'ils
me paraissent trop peu caractérisés par la gravure pour
me décider à me prononcer sur leur signification. Je les
crois symboliques, attendu que c'est un résultat très-positif
de mes longues et attentives études que tout est symbolique
dans Viconographie chrétienne dès lors qu'elle nous présente
des objets, isolés ou réunis, appartenant à l'un des règnes de
la nature ; et cette déduction, qui n'exclut en rien les motifs
d'esthétique tirés des livres bibliques et de leurs allusions
morales, cette déduction, dis-je, naît sans restriction pos-
sible de l'ouvrage de S. Méliton, que j'ai cité déjà plusieurs
fois , et de tous ses commentateurs des xi* et xu* siècles ,
qui sont précisément ceux dont yous me présentez les
travaux si curieux. Malheureusement je ne vois sur les
sculptures de Neuwillers ni si les oiseaux sont pourvus à la
fois de deux natures , ce que l'oblitération des pattes ne
permet guère de découvrir, ni dans quel endroit de l'église
se posent les colonnes qui les supportent. Cette dçrnière
observation a son importance, car on réserve assez ordînai-
(1 ) (f Probet selpsum, et sic de calice bibat. » (i Cor,, u, 28.)
(2) La première édition, que je suis, D*iiidique qu'an seal des deux,
à la page 90 ; mais je les trouve rapprochés dans le Congrès archéolo-
'jKjue (le Strasbjurgf p. 115.
TYPES SniBOUQUES DES XI* ET XII"* SIÈCLES. 459
rement pour les recoins les plus obscurs des clochers, pour
les plates-formes des escaliers, ou les étages supérieurs des
tours romanes , ou les angles élevés des murs extérieurs ,
ces oiseaux de mauvais augure , qui , indépendamment de
leurs formes parfois élégantes, sont pourtant de ceux
dont parle S. Paul lorsqu'il donne au démon le titre de
« prince de l'air (0> » ^^ a^ péché le nom « d'œuvres des
ténèbres (2). » Ce que je crois ici, sans bien saisir l'idée for-
melle de Fartiste, c'est qu'il s'est joué avec ces oiseaux au
milieu de ces enlacements exagérés de fleurs plus ou moins
reconnaissables, et que sous ce mystère il aurait bien pu
se composer une dégénérescence de l'arbre oriental, de
ce Uom que les mauvaises natures attaquent avec fureur. '
L'avidité des deux oiseaux qui mordent les feuilles , l'air
peu aimable de ceux qui semblent vouloir dévorer quel-
qu'un qu'on ne voit pas, les rend suspects, à bien prendre,
et me fait pencher à, ne voir en eux qu'une porli'aiture de
mauvais sujets.
XII.
Voici qui est bien plus difflcile en apparence , et qui Le moine rdâ
cependant embarrasserait moins mon rôle de sphinx. Au
milieu de feuilles éparses qui symbolisent Vinstabilité du
cœur (3), deux singuliers personnages se tournent le dos :
ce sont des hommes qu'on s'est efforcé d'habiller en oiseaux
fantastiques , dont le corps, recouvert d'une sorte de man-
teau serré, affecte les formes générales d'une volaille quel-
conque, quoiqu'il se termine par une large queue en feuil-
lage et par deux pattes de solipède. Ce manteau remonte,
(1) « Âmbulastis secundam principem poiesiatis aens hujus, spiritus
qiii nunc operatur in filios dif&dentiœ. » {Ephss,, il, 2.)
(2) « Abjiciamus ergo opéra ienebrarum, » (Rom., xhi, 12.)
<3) « Cecidimus quasi folium unïversî. » (As., lxiv, 6.)— « Foliam
sigoificat mobUiiatem et iaconstautiaii]. » (Anonym. Ani^las, Distinc'
tionutn inonaslicaruni \ih,U\, De Foliis.) *
ché.
460
APPENDICE.
par un cou d'une longueur démesurée, jusqu'à la tête, qa*il
recouvre étroitement en manière de capuchon ; et enfin
cette tête est celle d'un Tieillard à longue barbe , à l'air
réfléchi et plongé dans une attentive méditation. Posé en
intermédiaire et à la hauteur de ces deux tètes, un oiseau
assez difficile à déterminer, mais dont l'air d'ensemble
accuse une singularité peu favorable, semble d'un bec
emmanché d'un long cou becqueter des feuilles dans un
but quelconque. En dépit de ces obscurités, je crois qu'il
faut voir dans les deux encapuchonnés (un seul eût suffi-
samment rendu la pensée : on n'a voulu qu'un parallélisme
de décoration symétrique), il y faut voir, dis-je, un double
type du moine mondain, qui, sous les apparences de son
état par la physionomie et l'habit , n'en a pas moins des
habitudes ou des opinions que sa règle condamne, et qu'in-
dique de reste ce qui apparaît en lui de terrestre et d'ani-
mal. C'est cet homme peu spirituel dont S. Paul a dit qu'il
ne comprend pas les choses de la piété chrétienne (4) ; c'est
le symbole de la négligence des devoirs que la pauvre na-
ture humaine laisse pénétrer jusque dans les parfaits, de
ces religieux qui ne veillent pas à remplacer leurs défauts
par des vertus, qui deviennent une charge pour leurs frères,
ce qui faisait dire à S. Bernard que la plus grande et la meil-
leure des pénitences était de savoir supporter les inconvé-
nients inséparables de la vie commune (2). Aussi ne serais-je
point étonné que ce chapiteau, dont vous ne citez pas l'ori-
gine, ornât quelque église monastique ou un de ces cloîtres
que le même docteur avait voulu voir moins riche de
sculptures , trop chères pour des religieux , dont la plus
grande richesse devait être dans la pauvreté (3). C'est une
(1) « Animalis homo non percipit ea quœ sunt Spiritus Dei. •
(1 Cor,, n, 14.)
(2) a Mazima pœnitentia^ vita commanis. » {^De Considérai.)
(3} J'ai traité da fameax texte de S. Bernard, si mal compris jusqu'à
présent de la plupart des archéologues , dans le chapitre xni do
tome II de VHisinire du symbolisme, p. 582 et suir.
TYl^ES SYimOLtQUES t»E8 Xl^ ET Xtl^ SlÊCLESt 164
réponse aux archéologues trop hfttés qui voulurent voir
jadis en ces figures incomprises la satire des mœurs cléri-
cales, et jusqu'aux veogeances injurieuses d*ouvriers mé-
contents , de démocrates de la veille contre les moines qui
les opprimaient /Ou n'oubliait, pour vulgariser ces jolies
inventions, qu'un point de haute importance dans l'espèce:
c*est qu'au xii^ siècle les moines seuls , avec les Évoques
et les Cliapitres , présidaient encore, comme par le passé ,
à la construction et à la décoration des lieux sacrés ; que
là ils ne se seraient pas moqués d'eux-mêmes, et que
leur unique intention en* plaçant çà et là ces figures aus-
tères était avant tout de rappeler au clergé, comme aux
simples fidèles, leurs saintes obligations et le hideux côté
de leur déchéance morale. Le xn"" siècle , d'ailleurs , ne
fut-il pas celui d'Abélard , de Gilbert de la Porée , d'Ar-
naud de Bresse , de Pierre de Bruys et d'autres moines
célèbres qui tous, par les plus dangereuses hérésies, rom-
paient avec l'Église et manquaient contre elle à leurs solen-
nels engagements ? Pourquoi les aurait-on épargnés ici ,
lorsqu'en peignant le Jugement dernier, on ne craignait pas
d'y faire figurer, parmi les damnés, et les prêtres , et les
religieux, et les évéques, et les rois eux-mêmes ? Ge n'était
là que de l'équité chrétienne, qu'un juste sentiment de la
condition universelle et un avertissement pour tous...
xm.
Un dragon ailé, le diable (Jroro, diabolvs) , dévore un u aMMôiiff* «t
petit homme nu qu il serre de ses griffes par le milieu du nis.
corps, et qui fait de vains efforts pour protéger de ses
mains sa tête , par laquelle le monstre commence à l'ab-
sorber. Ge petit bonhomme tire une langue démesurée.
Une autre figure humaine suspendue à Tangle opposé du
chapiteau, mais coiffée d'amples draperies, présente le même
462 At»PENDlCe.
phénomène, avec cette différence que Tingénieux sculpteur,
au lieu d'une seule langue, lui en a donné deux : c'est que
nous ayons ici un exemple de la punition dont Dieu a me-
nacé le mensonge , le blasphème et les autres péchés de
la langue, même le silence acheté qui fait un faux témoi-
gnage, ou qui cache par lâcheté une vérité utile. Les sym-
bolistes sont pleins de telles figures, comme les moralistes
de ces maximes qui les ont inspirées ; les monuments en
ont multiplié la reproduction plastique (4). Notre image
se résume donc ici par la mise en action de cet oracle des
Proverèes : ce La bouche des méchants se répand en paroles
malignes, leur langue périra (2j. » Ce que nous voyons ici
du petit homme dévoré n'arrive qu'après sa mort, où com-
mence le temps des punitions éternelles: c'est bien son
âme, en effet, qui est là , comme nous savons qu'on la re-
présente, sous les traits d'une personne sans sexe (3).
L'autre , qui aura son tour, souille sa vie par ce péché qui
a perdu tant d'impies; il blasphème encore, et sa doubie
langue descend hors de sa bouche jusqu'au-dessous du
menton. N'est-ce pas lui dont la Sagesse a dit que « celui
qui a la langue double tombera dans le mal (4) ? » Son der-
nier mal sera sa perte éternelle ; il a agi de façon à voir
d'avance dans cette éloquente page de catéchisme où con-
duisent les mauvais discours.
XIV.
L'Ame chi^ Rien de plus simple que notre quatorzième spécimen.
tienne ponnalrlo . . i r .
ptf i#4éMOB. Le sagittaire, le centaure (c est tout un), c'est le terrible
(1) Voir le livre de Job, ceux des Prophètes, VÉpître de S. Jacquet;
— Hist, de la cathédrale de Poitiers, I, 241.
(2) « Os impiorum considérât perversa; lingua pravoram peribit. •
(frot?.,x,31.)
(3) « Neque DubeDt neque nubentur. » {Matlh.t zxii, 30.)
(4) Traduction de Sacy.— « Qui vertit linguam incidet m maluin. »
{Prov,, xvn, 20.) Et ailleurs : « Os bilingue detestor. » {Prov., xviii, 13.)
— Voir notre ffist. du symbolisme, t II, p. 269.
TYPES âYMBOLlQUEd DES \l* Et XII* SIÈCLES. 403
chasseur , le démon en personne , traversant de ses traits
insidieux et cruels l'âme innocente ou trop faible qui s'ex-
pose à sa rencontre (i). Ici cette âme est représentée par
un oiseau tout effaré vers qui l'arc est tendu, la flèche déjà
partie. Je note ici que ce sujet est une métope recueillie
des anciennes constructions de notre belle basilique de
Saint-Hilaire, et conservée à notre musée lapidaire de Poi-
tiers. N'est-ce pas une réminiscence de Jérémie qui fait
dire à Jérusalem abattue et mourante: « Les chasseurs
m'ont prise comme un oiseau (2) ? » D'autres fois", Toiseau
sera remplacé par un cerf ou autre bête innocente : ce sera
le même sens.
XV.
Voici qu'un chat bien caractérisé nous apparaît ; il a u d<smoB tromv
pftnt l'homme par
l'air d'être chez lui, et pas du tout d avoir été sculpté par ses feintiso*.
ufi de ces Bourguignons qui , d'après M^ Grosniêr , « fai-
saient porter devanteux, en envahissant les Gaules, l'image
d'un chat, emblème de pillage et de liberté (8). » D'où vient
celui-ci cependant ? je voudrais le savoir ; car, je l'ai déjà »
dit , il n'importe pas peu d'observer ces gens-là sur place
etdeles surprendre dans leurs fonctions. lInsymboliste,rnn
des derniers qui se soient occupés de la zoologie mystique ,
Wolfgang Franz (4), détermine les mauvaises qualités de
cet animal de façon à faire de lui l'emblème de toutes. Si
nous lisons les naturalistes , depuis le vieux Pline jusqu'à
Buffon (et il est à observer que les autres bestiaires se
taisent sur son compte), on le trouve ainsi maltraité : c'est
l'astuce, la fourberie, la gourmandise, l'impudeur, la flat-
(1) Sagitla : imidix inimici, inspiraliones dioboli, dit Théodulphe,
éTéque d'OrléaDS au ix« siècle, dans son Abrégé de S. Mélitoo.
(2) « Venantes ceperunt me quasi avem. » (Thren., m, 52.)
(3) Bullei. monum., XIV, 308.
(4) Animalium Historia sacra, 1643, Amstel.^ in-12, p. 132.
464 ^PPENWCÉ.
terie basse qui cherche les caresses san& les rendre , dotit
Tappareate douceur est toujours intéressée, ne rendant
rleja de ce qu'on lui donne , volant tout ce 4iu'il ipeut , et
ajoutant à se» coups de griffes un sans*gène souvent im*
portun et parfois nauséabond... Les aadens^ au dîred'Ariè*-
midore , en faisaient le symbole de l'adultère (4). Enfin ses
instincts de chasseur ont dû lui faire attribuer quelque c6té
du démon , le chasseur redoutable et le voleur habile s*il
en fût. C'est probablement à ce dernier titre qu'il doit de
se jouer ici dans ses contorsions hardies et de chercher à
nous séduire par ses gambades ; mé&ons-nous en : c'est le
loup feignant la brebis.
XVI.
oons^aeneet dé Autres Hivisseurs d'aussi mauvaise espèce. Ce cba-
fAibioMe (Uiu les pitcau cst d'uu faire peu habile ; il faut deviner les sujeta»
^°** qui riiisforicnt : il doit être du xi" siècle peu avancé. La
surface totale se partage en deux scènes dont l'une semble
exprimer la même idée que l'autre : c'est encore le diable
t jouant en partie double son rôle de chasseur audacieux :
aquila , diabolm. Vous voyez donc cet aigle aux ailes
déployées, prenant son vol et enlevant de ses puissantes
serres un faible mouton, ou un taureau » car ici /et d$ux
se disent; un dkidon semble attendre son tour, et il l'aura,
car il n'a pas trop l'air de s'en méfier. Voyez cette stopkle
confiance des imbéciles victimes de Satan! A Topposite,
c'est un basilic, reconnaissable à sa couronne, enlevant
de la même façon un quadrupède quelconque , lequel da
moins, plus valeureux quoique plus faible que les autres ,
se démène sous les ergots de son ravisseur. On voit qu'il
pourrait bien s'échapper. Près d'eux , un autre hybride h
tête de quadrupède se dresse sur un corps d'oiseau et pa«
(1) Oneirocntiron^Uh.U.
TÏPBâ SYMBOLIQUES DES Xi*' ET Xll*" SIÈCLES. 465
ralt guetter une proie que des feuillages lui cachent sans
doute. Tout cela est la faiblesse de l'homme en face des ten-
tations auxquelles il ne résiste point; c'est Tespérance qu'il
doit aYoir de s*y soustraire s'il aide la grâce, qui ne lui est
jamais refusée, et l'active vigilance de l'ennemi, qui veille
toujours pour ravir son âme.
Tels sont , Monsieur et honoré maître , mes réponses à
vos questions, et ce que je crois des énigmes que vous
m'avez proposées. Vous en avez, je pense, assez de preuves
dans les courtes citations que j'aurais pu appuyer de tant
d'autres, et que j'ai beaucoup restreintes pour abréger (4).
Maintenant, je ne négligerai point de faire observer, d'ac- conoiasion :toai
cord avec vous sur ce pomt , mais expliquant ainsi un de symbouque dans
vos doutes, que, si l'architecture, comme je le prouve dans nM^ur».^
le second volume dé mon Untoire^ a eu son symbolisme
bien arrêté depuis les premiers siècles pour la forme gêné*
raie des édifices chrétiens et les détails inséparables de
cette forme (comme les portes et la fenestration), les sym-
boles n'en ont pas moins vécu dès le commencement , de
manière à cheminer avec elle plus ou moins parfaitement,
selon que l'art procédait avec plus ou moins de progrès.
Je ne pense donc pas , avec M. Viollet*Leduc , qu'il faiUe
attacher grande importance aux variantes symboUstiques
de telle ou telle contrée, d'après les hordes étrangères qui
vinrent s'y établir. Surtout , je crois très-peu , comme je
l'ai dit ci-dessus, aux sujets Scandinaves ou normands. Ces
(1) Ces preuves pe trouveront facilement dans VHisloire du symbo-
ii*n)§, poar peu qu'on cherche chacun des sujets ici exposés dans la
table analytique et très-complète que j'y ai ly outée à cette intention. LÀ
se représentent groupi^s autour de chaque mot les détails qui s*y rappor-
tent et les nombreuses relations qu'ils doivent avoir avec tous leurs
analogues élaborés dans le cours de l'ouvrage . Ce sera désormais, je
respère, une source aussi commode qu'indispensable à qui voudra
deviner sans beaucoup de peine les énigmes que l'art s'est plu à in-
scrire depuis dix-neuf siècles sur la pierre, le bois et le parchemin,
T. IV. 3Q
4(M» k^n^UlC£. .
peuple$-là, eu s'implantant chez nou^, ,en y adopta^ le
ijt^riâtiamâme, se conformèrent à ses idées, loin de nou$ im-
poser, les. leurs. Ce qui dépaçse les bornes de jcette . donnée
tout à fait exceptionnelle serait si rare qu'on n'eu peut rien
conclure de régulier. Vous avez vu d'ailleurs, ci-dessus,
que les prétendues légendes finlandaises ^expliquent bien
mieux par des symboles chrétiens que par des fables qu'on
eût placées dans nos églises ^à une époque où personne
ne les y eût souffertes. Peut-être pourrait-on accorder à
notre regrettable P. Martin que, si les artistes du xi' siècle,
auxquels U attribue , par exemple , les singulières sculp-
tures de la crypte de Frisingue (i ), ont pu par hasard orner
ses piliers des exploits mondains de leurs monstres et de
leurs héros , c'est que les fidèles du temps y auraient pu
voir une histoire allégorique du continuel antagonisme
entré Satan et l'homme, entre les vices et les vertus. C'est
là tout ce que je pourrais concéder , et encore resté-je
convaincu que le savant Jésuite , s'il eût pu développer,
avant de nous quitter , la thèse qu'il noas avait promise ,
n'aurait fait que sage de n'en pas publier les idées sans les
avoir soumises à une discussion préalable, d'où aurait pu
ressortir tout le contraire de ce qu'il croyait. C'est à quoi
m'ont amené mes réflexions après la lecture attentive de
ses écrits, et même après en avoir conversé avec lui en des
rapports très-intimes.
Je finis, cher et honoré Directeur, en m'excusant, s'il en
est besoin, de n'avoir pas été aussi bref que vous l'espériez
dans ces réponses : elles ne sont, après tout, que des solu-
tions ; U leur fallait des développements, sans lesquels il n'est
jamais d'explications possibles en ces matières compUquécs.
Elles deviendront aussi , je l'espère , une explicite et ami*
cale réfutation des difficultés que m'opposait votre lettre
,1) Cf. Mélanges (Varvhéologie, i. II.
TYPES SYMfiOLlQtJES DES 2^"^ ET Xn* SIÈCLES. 467
du mois de juillet 4870 (i) sur mon Mémoire lu au ceo-
grès de Chartres, mémoire auquella docte assemblée
voulut bien accorder, sur votre demande. Tunique médaille
d'argent qu'elle eût votée pour cette session.
PoiUera , 4 JuiUet 1871.
(1) Cf. BulleL monum,, t. XXYI.
FIN DU IV*" ET DBRKlfiR VOLUME.
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TABLE.
SUITE DE LA TROISIÈME PARTIE.
DU SYMBOLISME ARCHITECTURAL ET DÉCORATIF.
CHAPITRE XIV.
Ptintiire chrétienne : Titranz, mannicriti, UpiMeries et motalqneg.
La peinture, une dos plus intimes afifections de lintelligence, l ;
— ses effets sur les âmes chrétiennes, 2. — Elle n*a jamais inter-
rompu son action sur Tembellissement de nos églises, 3 — Sa rai-
son d'être est toujours sentie jusqu'à notre époque, 3. — Division
de ce nouvel objet de notre travail : les vitraux, les manuscrits,
les tapisseries, les mosaïques et les peintures murales, 4.— Ancipn-
Heté des vitraux peints, et leur symbolisme général, 5. — Premiers
essais de ce moyen, 5,— et ses phases diverses et successives, 6.
— Ses progrès au douzième siècle, 7, — moins calculés pour
l'effet que pour l'expression symbolique, 7. — Sujets convenables
aux grandes roses, 8.— Choix scientifique des couleurs, 8. — Prin-
cipe absolu et nécessaire dont les peintres ne devraient jamais
g'écarter, IL— Exemples donnés par les meilleurs modèles, lî. —
Le cheval en plusiours endroits des Écritures, 12. — Le rouge et ses
significations, 13.— Le bleu, 13.— Le jaune, le noir et le brun, 14.—
Vvpposiiion des couleurs observée comme chez les anciens, H.—
Ces mêmes règles appliquées aux gemmes et aux émaux, 15. —
Haute théologie des verrières aux douzième et treizième siècles, 15.
— La Nouvelle Alliance à Bourges, et son caractère hiératique, IG.
— Le treizième siècle plus pur et plus élevé dans son esthétique,
16.— Belles entreprises, au douzième, de Suger pour son abbaye
de Saint- Denis, 17. — Décadence de l'art aux quatorzième et quin-
zième siècles, 19.— Caractère inférieur de cette époque, 19, — dans
le vague des ornements inutiles, 20,— et l'oubli du symbolisme
des couleurs, *20. — Réapparition de cet art à notre époque, 21 ; —
Â7(t TABLE.
ses défauts actuels et leurs causes, !ll.— L*unité y manque surtout,
aussi bien que le style , %% ^ Ignorance des architectes sur ce
point, 2^— Analogie entre les vitraux et les vignettes des manus-
crits, 23.— Rareté des manuscrite antérieurs au neuvième siècle «
23.— Progrès de ce genre de peinture à travers les siècles^ 24, —
Rapports sensibles entre récriture des divers siècles du moyen
âge et les styles de leur architecture, 25. — La même observation
quant aux vignettes , qui s'impreignent de l'esprit de la Renais-
sance, 26.— Beauté artistique de ces charmantes peintures, et leurs
détails symboliques^ 27.— Esprit mondain et profane de la plupart
de ces ornements aux quinzième et seizième siècle»^ tS^—Rdle
fréquent donné au démon sous des formes grotesques, î8,— re-
vêtues'de leurs couleurs propres, 29, -* et apparaissant partout
avec une étonnante^variété de poses et d'action , 30. -> Manuscrit
du roi René d'Anjou, 30.— Missel de l'abbaye de Sainte-Croix de Poi-
tiers, 30 : — les dimanches de l'A vent et du Gàrême symbolisés, 3t ;
~ la sirène, 31 : — la persécution de Satan , 31 ; — la tentation au
désert, 3t ; — la Ghananéenne, 33; — le dimanohe des Rameaux; les
Juifs et la synagogue réprouvés, 32.— Bréviaire d'une abbease de ce
même monastère, plus grave et non moins beau d'exécution, 33.—
La gueule du Purgatoire, 34.— La fête de l'Ascension. 34. — Les
ordinations simoniaques et l'abus des bénéfices, 34. — L'usage des
vignettes se continue dans les premiers livres imprimés, 36.— Ima*
ges, au seizième siècle, de S. Antoine, 36, — de S.'Qeorges, 36,— de
S- Marguerite, 36, — de S. Jean rÉvangéliste, 36, — et de S. Michel,
37.— Symboles nouveaux : le limaçon, image de la résurrection et
de l'immortalité, 37. — Symbolisme des enseignes, 39, — et des ar-
moiries des corps de métiers, 39. — Le symbolisme jusque dans la
reliure dos livres et des manuscrits, 40.— Beaux exemfiles de re-
liures au moyen âge, 41.— Autres analogies entre les vitraux et les
tapisseries, 42.— Histoire de ce genre de décoration, 43. — son carao-
tère symbolique, légendaire et héraldique, 43. — La tapisserie de
Bayeux, 43. — L'Apocalypse à Saint-Florent de Saumur, 43.— Im-
portance des tapisseries au point de vue historique, 44. — De l'em-
ploi des mosaïques, 45. — Charmes de ce moyen d'ornementation,
45, — devenu très-rare en France, 46. — Pourquoi n'y reviendrait-
on pas aujourd'hui , 47 , — comme S. Paulin Pavait pratiqué au
quatrième siècle, 47, — et au grand profit de l'enseignement sym-
bolique? 48.
CHAPITRE XV.
PeinuiM manh de VégUM^
Premiers essais do peinture chrétienne dans les catacombes, 49 ;
— l^uns types symboliques, les plus usités» 49. — 11^ s'étendent en
scènes plus Taates, plus ou moins dissimulées selon les temps, 60.
—Importance qu'y attaehaieat les Papes et les Pères, 51. ~Exem-
ple^ de ce zèl^» 51 ; ^ il s'étend sur toutes les portions de rëglise,
52. •*- Preuve notable de ce fait dans l'abbatiale de SaintrSavin en
Poitou^, r- La peinture à presque et la peinture à La cire, 55 ; —
înooaTéQients de Tune et avantagea de l'autre, 55. — âtroitejise de
la piupvt diesconceptians actuelles quant au choix des sujets» 56.
— CoiqbieQ sent préférables les grandes scônps historiques, 66. -—
L'omementatiken pointe aussi iodispensQble que négligée dans nos
grande» églises, 57. — Oevoir du clergé à cet égard, 57r— Ge qu'on
pourrait fiâre dans les paroisses moindres, 5S> -^ et dans les
grandes églisea, 58» ^ Quels tableaux conviendraient à ceUes-ci»
58 y — et qœl parallélisme historique il y faut observer^ 59.—
Études des peintr^es pour réussir dans ces effets, 60. -*• Que les
mpnuments du moyen âge doivent être décorés de peintures
platée' en 4iarmome avec le style architectural, 61, — et avec les
verrières^ 62. ^ La perspective conviendra mieux dans les édifices
construite depuis le seizième siècle, 62. — Ces principes avoués
aujourd'hui par la science, 63. — Us doivent s^appliquer à la déco-
ration dies églises selon les Samts qu'on y honore, 63.^ De quelle
façon il faudrait créer pour les Saints de l'époque moderne un
genre d'architecture qui se prêtât à leur époque, 64, — et à l'orne-
mentation picturale de la nôtre, 64. — Application de cette théorie
aux églises monastique^ 66. — Là encore, surveillance active et
intelligente du clergé, 67. ^ Du Chemin de la Croix et des règles
artistiques qu'il y faut observer, 67. ^ Abus actuels sur ce point,
63. r- JÎe quelle ressource seraient à cette composition les murs
latéraux de npa basiliques, 68, -^ et ceux de la cathédrale de Poi-
tiers en particulier, 69. — Importance des tableaux sur bois, 70.—
La polychromie appliquée à la statuaire, 71 , -* dont elle est la vie
et le6uocé6,7i.
472 n»t«.
CHAPITRB XVJ. .
De la statuaire sculptée Qd peinte at da r^menblenevt»
La Trinité et ëes représentations symboliques dans rai*chitec-
ture, 73. — Occasion donnée à Ticonographle. d'exprimer ce œyir
tère, 75. — Tâtonnements motivés de renseignement des Pères sur
ce point, 75.— S. Hilaire de Poitiers, 76 ; — S. Grégoire de Nazianze,
76. — Premiers symboles : le soleil, 76, —le triaugle équilatéral,
76; —leur développement au douzième siècle, 77, — et surtout au
treizième, 78. — Abus des moyens iconographiques réprimé par
rÉglise, 79, — qui détermine ce qui est permis et ce qu'il faut
éviter, 80. — Variétés nombreuses et QrfhodQxg^ 4^s sièi^l^ sui-
vants, 811 — Le ninibe, 8î. — La gloire, ou auréole, %1. — Variétés
du nimbe, 83. — Nimbe carré, 84. —r Antiquité du nimbe, 3t-
Nimbe crucifère, 85. — Usage du nimbf , devenu indispcjfsable à
Thagiologie artistique, 85. — Histoire de sa marche séculaire ittô-
qu'aux temps de décadence : du quatrième au douzième siècle.^ ;
— du douzième au quinzième, 87; — du quinzième au seizièiae,
87; — et au seizième lui-même, 88.— Couleurs à donner au nimbe
selon les personnages auxquels on l'applique, 89, — Couleurs
à donner aux costumes des Saints, selon .leur caractère et
leur hiérarchie, 89. — Attributs généraux à donaer aux Saints, 90;
— autres pins spéciaux à chacun, 9K — Observation sur la nudité
dos pieds comme symbole de Tapostolat, 93. — Les sibylles, 95 ;•«'
de leur autorité dans le paganisme^ 95. — Gomment les Pères ont
adopté leurs prophéties, 96. — Leur rûle archéologique longtesi]»
inten'ompu, 98. — Variantes des auteurs sur leur nombre, etsur le
texte de leurs prophéties, 98. — Obscurités de leur histoire^ 99.—
Conjectures sur la valeur de leurç oracles, 100. — loiportance des
sibylles dans l'art chrétien, 100. — Gomment leur action s'y rat-
tache à celle des Prophètes et des sages de l'antiquité, 100* —
Méthode à suivre pour leur emploi artistique, 101. — iiotioessur
chacune d'elles et sur leurs attributs : 1** la sibylle Agrippioe» >0i;
— V la Cymmérienne, 101; — 3« la Cuméenne, 102.; — 4» la Uel-
phique, 103; — 5- rÉrythréenno, 103;— 6« l'Européenne^ 104;*
70 l'Hellespontine, 104 ; — S» la Libyque, 105; — 9» la Pewiqae, 105;
— 100 la Phrygienne, 100;— 11° la Samieune, 106;— U» laXiJ^urtine,
108. — Los sibylles doivent revivre dans l'iconograpliie chrétleane,
103. — Idée de leur costume et de ses accessoires, 109. î— fiègies à
y suivre , erreurs à y éviter, 109, — La main bènisfsaate et ses si-
TABliE. 473
gnifications symboliques, 109. -— Marches et variantes de ce sym-
bole jusqu'à nous, ItO. -^ Du tètramot7>fae et des principes qui le
recommandent, 111.— Places normales de ses quatre animaux,
] 12. — Tfdts divers qui doivent compléter leur iconographie. Il <.
— Couleurs à donner à chacun, 114. — De Tameublement de
l'église et de ses rapports avec la peinture, 114. — Études néces-
saires à cet égard, 114. — Abus à éviter et règles à suivre, 115. —
Ne pas j)eindre les vieilles stalles, ni les sculptures en bois, 115.
~ Inconvenance des chaires en pierre, 116. — Des peintures abu-
sives, 116, — et des lambris en bois sur les mun^, 116.
CHAPITRE XVIl.
Des images de Dieu le Père , du Sauveur et de la Sainte Vieille.
Sous quels traits et quelles couleurs doivent se représenter le
Pore éternel, 118,— et la Personne du Fils, U9.— L'unité indispen-
sable, dans l'application des moyens décoratifs, à la statuaire,
comme à Tarchitecture, 120. — La crucifixion; son histoire et ses
caractères successifs, 121 ; — on l'évite dans les catacombes, 121.
— Variétés à observer dans les formes du péplum, 122. — Couleur
du péplum donné au Sauveur crucifié, 124. — Nombre des clous de
la croix, 125. — Du suppedaneum, 126. — Formes diverses de la
croix, 1^27. — Symbolisme de l'inclinaison du Corps divin sur la
croix, 128. — Crucifix de l'arc triomphal des églises, 128. — Quel
type de beauté ou de laideur est à donner au Christ crucifié, 129.
— L'Église et la Synagogue aux côtés de la croix, 129. — Le ser-
pent, 130, — et la tête de mort, 130. — De la Sainte Vierge assistante
à la croix, et de ses types divers, 130. — Comment les artistes s'y
sont égarés, faute de 4a comprendre, 130. — Marie aux catacom-
bes, 131 : —Vierge Mère, 131, —accueillant les Mages, 13i, —ou
associée au buste du Christ, 132. — Développements successifs dé
son iconographie, 133. —Les Vierges noires, 134. — Conditions
eysentiellés des images de Marie, 135; — comment elles ont été
gardéei^ au moyen Age, 135. — Des images de l'Immaculée Concep-
tion, 136. — On ne doit jamais m séparer l'Knfant-Dieu , 137. —
Autrefe traits qui caractérisent nécessairement le dogme si glo-
rieux à Marie, 138. — Ce dogme ne peut avoir d'autre type que
celui indiqué ici , 139. — Description d'une statue analogue de
réglise Saint-Lô d'Angers, 140. — L'Apocalypse , source de docu-
ments artistiques pour les diverses représentations de Marie, 141.
— Encore l'arbre de Jessé, et ce qu'il doit être, 142. — Beau modèle
474* TABMS.
à imiter, 143. -* Combien un tel sejet demande «l'études, éè Ré-
flexion et4ieseRtimRnt-etU*étien, H3. — « knpditanoe du choit des
couleurs, 14S>. — SoifiiTces à consnller pour los tàbK«KU< rehgieax,
lis t— lûterian de Ayala et Moiianus^' 14S; -^ le R; P. CfthieV^ (46. ->
L'arbilraire quelquefois possible aux âymbolistos, I4t.
- 1
CHAmRB 5CVUÎ.'
lift Blàrifle oatàoU<{ue.
La liturgie aussi anMenne que l'idée de Dieu, 149; — entre
nécessairement dans le catholicisme^ U9> — dont elle devient la
vie extérieure, 149. — Ses premières formes dans T Apocalypse,
150. — Premières assemblées chrétiennes du temps de S. Paul, 150.
—Première liturgie de la Mcsseï 150 ; -«son sysaboUsme et celui des
autres sacrements^ 151 : — Le Baptôm^e, XhU ^ La Confirmation,
151. — La Pénitence, 15^. — L'Eucharistie, 152. -^ L'Bxtréme-Oiic-
tion, 152«— L'Ordre, 15^ ~ Le Mariage, 152. ^ La Messe est la li-
turgie par excellence, 154 ; -^ autour d'elle se groupent les plus
éminents symboles religieux , 15i> — Marche progressive de ce
symbolisme à travers les sièclesi 15G. — L'Église a symbolisé tous
les détails de ses cérémonies, 15 j. •*- La bibliographie symbolis-
tique, 158. -«Symbolisme du signe de la croix, 159, -^ du lumi-
naire, 160, *- de rÉpUre et de l'Évangile, 160, ^ et de toujto Vaciùni
du Saint Sacrifice, 161. -«-Des vêtements pontificaux et sacerdo-
taux, 161 : *- La mitre, 162. — Les gants, 163. -^ L'anneau de« évo-
ques, des abbés et des chanoines, 16J. -^La crosse, 164.-*- Le pal-
lium, 165. -- La croix pectorale, 166. — Les sandales, 167. — > Prières
symboliques propices à chaque partie du costume sacré, 167. —
Examen des vêtements propres au Saint Sacrifice, 168. •— Le lave-
ment préalable des mains, 168, --* L'amict, 169» — L'aube, 169. -*
Le cordon, 169. — L'étole, 170. *- Le manipule, 170. — La chasuble,
la dalmatique et la tunique, 171. — Changements regrettables dans
la forme de la chasuble, 172. — ÉtolTcs des habits liturgiques, 171
— Quelques-unes des plus célèbres, 173. — Leur ornementation
symbolique au moyen âge, 173. — Succès de rOccidcnt en ce genre,
174. — La chape de Gharlemagne, 17t. — Origine des armoiries sur
les ornements ecclésiastiques, 175. — Symbolisme des couleurs
liturgiques, 176;— comment elles se partagent le& différentes
fêtes de l'année, 177. — Raisons de quelques variétés en ce genre,
177. — Application occasionnelle d'autres couleun» à des cérémo-
nies liturgiques, 178. — Symbolisme des fôtes chrétiennes, 179>-
TABIi^. 475
et d'abord da dûmnclie, 179; ->- et des Offices «n^nëral,. 180* ^
Ob^erya&ces syinboliqiiea atix f^ec de P&qi^es, ISO, ^ de TAscent
sloQ, 1^, -«• Usages, populaires,, iSa r* Des fe^ix de la. SaUltriean>
tSl..— IJlilité ^eiaie des jours de fêteSi UL-r-Btude des livres
liturgiques et des usages, locaux, lâ3. -« I^^AYent» t^a. --iL!Spi-
phanie et la procession de ce jour, 184. — Présentation du Sauveur
au temple, 185.— Pâques, 186. t-lja Peiiteo^te, 187. — L'Ascension,
187. — La Dédicace, 183. — Parodies révolutionnaires de ces saints
usages^ 188. — Fête de Mar^ . ^. 9ofiirgrC^0^s$çi 188. - La Fôte de
l'agriculture à Paris^ en 1848, 189.
CHAPITRE XIX.
Les drames liturgiques.
Origine et raison du Drame liturgique, 190. — Le but du théâtre,
essentiellement inoral, 190. -^ Il seïjertertit sous rinfluefnce des
mauTalsespassiéiïs, 191-. -^ Celui du moyen âge systématiquement
dénigré liar l'esprit moderne, 191. -»■ Le Christ fouffrant de S. Gré*
goire de Nazianze, I9î. — L'Église faisait de ces récréation^ hon-
nêtes un moyen d'enseignement, 193. — et secondait par lui
i'actfon de son imagerie sacrée, 1 94. — Auteurs de notre temps
qui ont compris i^tte intention, t9ô. — La Messe est réellement
un drame sacré, 196. -^ C*en est un aussi que notre prose
actuelle de Pâques, 197, — la communion générale du clergé au
Jeudi saint, T97, — et le chant solennel dé la Passion, 197. — Im-
portance qu'on attachait â ces rôles , 193. — Ces drames sottt là
source de beaucoup de noms de famille, 198; — ils se jouaient
souvent en plein air, 198, — et s'étendaient à presque toutes les
fêtes de Tannée, 199.— Les arts de cette époque en portent encore
les traces, 199, —et surtout les manuscrits, Î06. — Mauvaises cri*
tiques de certains auteurs, ÎOO. —Abus condamnés par TÉglise, ^00.
— Théâtre de Hroswita, 201. —Les Vierges sages et les Vierges
folles, 202. — Développements du théâtre chrétien dans les
quatre derniers siècles du moyen âge, 203, — mais surtout au
quinzième, 203. — Les fêtes de René d'Anjou. 203, — de Gilles de
Retz, 294. — Les drames servent de supplications publiques
contre dés fléaux, 204. — Causes qui ébranlent d'abord leur carac-
tère purement religieux , 205. — La Passion de S. Quentin , 206,
— et de S. Didi€r> 206. — La Fête-Dieu d' Aix, 206 ; — son symbolisme
primitif, 207. — Sévérité judicieuse de Gerson, 207. — Faux juge-
ments de quelques auteurs sur la Fêté dite de F Ane, 208; — sa jus-
tification par les f^its, 208. — Titres de l'âne aux honneurs sym-
476 TAHM.
d'«Jx>râ & Rotten> puis à SéFHâ, irO.-^De66ri0lf6ti'd<ï lâ: cèrèikKmie
de llotveâ, îlO; — p<er»onndged qai y (îgarent . 410 i^ Ips fro-
plièl;èB;îW,— entre autres f Daniel, îl1,-i^Habaciic.*r!;— Bàham
et son âttesse, Wl, — Virgile", îlî , -^ NkbtiCTiodonosor", 'îll-U
sibytle de Cames, 21S. — Cotnment les rôles y étâieùt dietribués,
214. «-^ Sens moràî et iriâtraetif <4e cette représerttation, iï4. — Date
probable de^Bon institution, t (S. —La même fôte à Sens, Î15.— Prose
de Pierre de Corbeil t Ortentis pàf*Hbu^, i\h. -^ knzly^ûe cette
poésie, Î16. — Qualités de Tâne méconnues et réhabilitées, t\f] -
leur symbolisme chrétien exposé dans ce chant liturgique, ÎI8.-
Gonvenance de ce rhythme, Î18. —L'âne est aussi un symbole du
Sauveur, Îi9, —qui est rOrient, ^-iO,— et le peuple juif personnifié,
121.— Autres termes bibliques relatifs au Messie, 2îl.— Allusion à
l'adoration des Mage6,î2*2,— à la Passion et à la Pénitence divîûp,
2î3, — à la séparation éternelle des bons et des mécl^ants, 223, -
et olo repos du Fils de Dieu dans sa gloire, tU. — Preuves de ce
mystk5i9?ne>îî5, — calomnié par les ennemis de la religion, î!5:
— ceulc-ci réfutés par leur propre ignorance, ttî. — L«*s mêmes
remarques «^appliquent aux autres drames' des Innocenu et des
Fous, Î*17,— dont le moyen âge lui-même n*a pas autorisé les
abus, 2Î8. — Influence que ces drames ont exercée sur le syiribo-
lisme artistique drs quatorzième, quinzième et seizième siècles,
*2îO, *- et origine deb figures grotesques dans ïa décoration des
éjDrlises, ^30,— qui se reflètent dans la Sef des fous de Sébaslioii
Brandt, Î32. — Avis â ceux qui ont confondu cette époque avec le
vrai moyen âge, Î33; — et dernière preuve que le symbolisme y
a toujours vécu et agi, 233.
CHAWTRE^X.
De la musique i acrfo.
Origine de la musique religieuse dans la prière, Î35;'— ses ca-
ractères primordiaux altérés par le polythéisme, 236. —Philosophie
de la musique dans lt<s Pères. 23T,- reproduite dans Tart plastique
de nos églises, t37. — Effets du chant religieux sur Tâmêliumaine,
2Jd, — dus au symbolisniP de son expression, 2S9. — Le symbo-
lisme répandu dans tous les détails dé la vie extérieure, 239.-^ Le
calme et la gravité sont les plus antiques caractères du chant, ^W,
-^ et les conditions essentieTfes de ses efTots, 2VI, — dont le svffl-
boliame n'a disparu qu*avec eux, 2'tT. —Symbolisme de la prière
oliaulé*', et sort orlgino chrétienne, Î42: -^ses premières Tichœi-
tude6> %^; ^ Qlicg moùvent la réforme de & Gfégoire, 243« — fliti*
tolrÇr4ie cct(Q réforme, %^^;'^ elif^ favorise, le eynil^oUsine du chant
dAp0 le;» ftpti^ane% Z4^,«i* Gomment ce sym^Iûsme résulte cle la
m^ULodÊiP;é9oriei)i^7(j^46, -ndaos \m antiennes^ W^^tt- les rèpooB,
246, - rintroït, m.^ieJlyrifir 246, -^ie Gioria in exeelns. Ut, ^
le Graduel, ^47, —la Préface et le JSanclus^Ml* -^ Variantes ooasi*
dérables éprouvas . par le cbant gré(;orien à travers les sièclea,
247, ^Travaux et dècouverte3 du P, Lambillo^te, 24^^ -- Heureuse
rëvolutioa opérée par Guy d'Areïzo> 249, — Oëcadenoe du cbaot
gré^o^en, et ses causes, 2o0. — Le plaîu-chant, seul convenable à
la liturgie catholique, 251, — par ses caractères mômes, 251.**
Cette vérité prouvée par la pratique de r£glise jusqu*au quator*
zième siècle, 252.— EistoiJ*e du cltônt grégorien, et de ses progrès
du dixième au .douzième siècle, 252. — A cette dernière époque, il
rend très-bien le mysticisme de la théologie, et de Tart monu-
mental, 253.— Le. treizième siècle et rpffice du Saint-Si(crement
par S. Thooias d*Aquin, 255.— Le i^^ irxt 255, t^ Relations morales
entre le chant religieux et les périodes architecturales du moyen
âge, 256;— Iç. caractère de mélancolie . chrétienne y est surtout
remarquable, .257. — Souvenir, 4 ce* sujet, des pèlerins de Saint-
Jacques» .258.— A'otions sur la plus ancienne musique d*accompa->
gnement, 258 ; — le culte chrétien a dû s'en emparer, 260; -*il lui
a gardé religieusement son caractère d^ piété, 2^0. — De l'orgue ;
de ses commencements et de ses progrès, 261 ; — en quoi il con-
vient excluaivemejit aux Offices ecclésiastiques, 262 : — on le pro«
fane donc en le mêlant aux concerts profanes, 263. —Son action
diverse aux différents ilges» 263 , — favorijse le symbolisme du
chant, 263, — mais plus tard sa décadence, 264. -x Lutte de TÉglise
contre les abus de la musique mondaine, 264. — Palestrina et sa
messe du pape Marcel, 265 ; «- ses succès bientôt oubliés pour de
nouveaux abus, 266. — Pourquoi le plain-chant réussit seul dans
les Offices de TÉglise, 266. — Le clergés ne do\t vouloir que lui, 266,
— car il convient seul à la prière chrétienne, 267, — qui alterne
entre Ic^s tristesses de la terre et les joies du ciel, 268. — U a seul
le symbolisme surnaturel, 269, — qui disparaît du chant mai exô-*
cutè, 209^ — et de certaines improvisations de Toigue, 270. — Les
messes en musique, et leur physionomie profaner 270. — Le chant
romain exclusivement acceptable, 212. — Équivoques de son exis*»
teiice actuelle, 272» — Sa méthode d'exécution |e prive 4e son
syjnbolismei ^73, r- qui est surtout dans Tapplication juste des
dilTérents ton^ 27.). — fia quoi, la liturgie romaine pèche sur ce
point, 274, — Longueur démpsurèe imposée à ses phrases mufii«
478 tAbLfi.
caleB, î75, --et le même chant & des pa^Dies dfe sens opposés, î76.
— Rôle de Torgue, et son s^'itibôlisme obligé, 279. — l^éces«itê (Tun
retour officiel aux principes esthétiques du chant religieux, ^,
—et, ponr l'opérer, ne vouloir dans l'Église que l'orgue et leplaio-
chant, 28t.
GUAPITBB XXI.
L'orfèvrerie sacrée.
Que Tart doit à la religion tout ce qu'il est, 283, — même dans le
paganisme, 283, — quoiqu'il y fût moins riche de symbolisme et
de sentiment, 284. — L'orfèvrerie chrétienne traduit l'esprit de
l'Église, 284;— elle comprend tous les métaux, précieux ou non.
285.— Phases diverses de son histoire, 285; —et d'abord, à peu
près nulle pendant les trois premiers siècles, 285, •- elle devient
magnifique dès le temps de Constantin, 286. — Action concomitante
du pape S. Sylvestre, 287. — Vases sacrés de cette époque, 287. —
Le zèle de S. Sylvestre continué par ses successeurs, 288, —et sur
tout par le pape S. Symmaque, 288. — L'orfèvrerie dans la France
chrétienne, 289;— elle a aussi son symbolisme, 289. —Mabuinus,
290. — Cheft-d'œuvre du cinquième siècle, 290. — Les ateliers de
Limoges et leur époque véritable, 291 . — Beaux caractères de l'orfè-
vrerie mérovingienne, 292- —S. Èloi, 293. — Le fauteuil de Dago-
bert II et son symbolisme, 293. — Fondation de l'école de Solignac,
295, —Imitée de beaucoup d'autres, 296. — Emploi du filigrane dès
l'époque flranque, 297. —Les nielles, 297. —Les gemmes on pierre?
précieuses, 298 ; — on y mêla parfois des intailles, 299. — Les caix)-
chons et leur époque, 300. — Les émaux : leur composition et leur
histoire, 300; — leur emploi dans l'art religieux, 301, — qu'ils dé-
sertent pour l'art profane de la Renaissance, 302. — Difficulté d'y
veveoir aujomid'iittii 362.-^£poque de GharleiiMgiie,S(ft;— à«slére
élevé de ce grand prince, 303. — Son zèle pour l'orfèvrerie reli-
gieuse, 303. — Le trésor de Conques, 304, — et ses bijoux symbo-
liques, 304.— Statue de S^ Foi, 304.— Autois portatife et leur riche
ornementation, dOô. ^ Splendeur de rorfevrerie du quattiémeau
neuvième siècle/ 506, — puis au dixième dans lestti«iiastèi«s,307.
— Le onxième ajoute à ce mouvement» 307.— Rapports entre le
style des monuments et celui, de rorlévrerie de chaque époque,
ao8.— Le douEième siècle plus beau de style, et d'un e^ymliolisme
plus fècondi 308. «-La dinanderie appliquée à l'orfèvrerie eeclè*
siastique, 308.— L'autel de Bàle^ S09.— Ohâsse du musée de Bru-
xellos; 300*— Génie et travaux du moine Théophile, 310; — «on
Sche4^la fiùertttrun artiumt 3n.^£nce08Oir <^xécuté diaprés son
plan, 311. r- Symbolisme de rencen^oir et de l'encens, WL -r- Ô^ne-
meotatioiii, toi^e pius^e dans le «eiis aàagpgique, 313. t^ Entrelacs
mèl^s d'animaux. 3U*—i'- encensoir de Ulie> 314; -* symbolisme
de tous ses détails, 314. ~ Ange muni d'un disque, 315. — Le feu«
symbole de Dieu, 315.— Animaux divers : allégories de leurs rôles»
316. — Richesse du symbolisme à cette époque, 316. —Travaux non
moins remarquables de Suger, 318, — Portes en bronze de Saint:
Df nys, 318; — Tautel d'or de la basilique, 318; —la croix d'or et de
pierries^QS^ 318 ; — les vases sacrés, 319; — ies pupitres et les aigles,
j3i9. —Symbolisme.de ces beaux meublesi 319. — Orfèvrerie du
treizième siècle, conforme au style de Tarcbitecture, 320. —Beauté
du costume ecclésiastique do cetie é-poque, 3^1. — Le symbolisme
n'y est pas moins cultivé, 32i. — L'autel ei son caraotàre, 32t. —
Les chandeliers et la lumière sacrée, 322;— leur, symbolisme et
leurs détails variés , 323. -*^- Le chandelier du cierge pascal à
Saint' Jean de Lc^tran., 325. — Les lampes, 326..*- Les couronnes de
lamièrea,3Z7. — Le crucifix de l'autel, 328. -^ Les calices, 329; —
combien le symbolisme leur est indispensable, 329.— Motifs pro-
pres pour leur ornementation, 330» -r- Digression sur le symbolisme
du calice, 332. — Groupe symbolique d'un caliee de S. ildefonso,
3>^. — Calices gravés sur les tombes ou déposés dans les tombeaux,
335. -r Le calice le plus simple peut encore avoir soa langage fi-
gura,tif, 335. -- Conditions essentielles de. forme et de soiid\té> 336.
— J>îe pas y prodiguer les émaux, 336. — La patène, 337.-^ Cil)oires
en forme de colombe, 337, —Boîtes à hosties, 337. — Les ostensoirs,
338.— Les reliquaires, 338. — Le«s portes et les pentures, 3;)9« — Les
grilles de l'iutérieur, 34Q.
CHAPITRE XXIL
Déoadenee du tymbolliaie ; sa renaissance au diz^neuidène siècle.
CONCLUSION.
Destinées identiques de TapI et des idées morales, 342.— Le bon
insèpasable du beau, 34â. — La beauté «^rchitectuFale prise dans le
corps humain et dans la nature» 343. — Les études des quinzième
et seizième siècles faussent l'esprit religieux du moyen âge,-343.
—Les |ié.résies n'y contritoent pas moins^3!44, **^ non plus que le
mouvement littéraire de laBenaissance, 345. ^Sympiâme»de la
décadence de l'art ogival, 345,-»- et avec lui del'esthètii¥ue> 345. ^
Causeft multiples de œtte rèvotUition, 346; —ses eacactères aen-
sible^ 346. r^ Orcagna, et Tarcade grecque, 347, -^ favotrisée par lilf^
480
TABLE.
chel-Ânge contre le style dos coDstructioiis religieuses, 347. ~ Le
style grec détruit le symbolisme catholique, 3tô.— -La peinture en
souffre moins tout d*aboitl> 348. » Gimabué , 349. — Giotto, 350.—
Ange de Fiésole» 350.-* Dernières lueurs de Testhëtique, 351.—
Apparition de Luther; côté artistique de son caractère» 352.—
Caristadt et sa guerre aux images, 35'Z; — Luther s'y oppose en
vain, 353, —aussi bien qu'Érasme, 353. —Théorie de celui-ci sur le
symbolisme, 353; — cell^ d'Albert Durer; analyse de ses travaux,
354. — Défauts et qualités de ce peintre, 355. — Esthétique de sa
Vierge au singe, 356; — de sa Vierge au Jardin, 356; — de ^ Méian'
colie, 357; — du Cheval de la fnorl, 358; — de La BoUe de Pandore,
358. ^Michel-Ange et Raphaël, moins architectes que peintres, 3ô9.
— Coopération du premier aux plans de Saint-Pierre de Rome, 359.
— Défectuosités esthétiques de cette église, 360.-^ ^u^mi«n( der-
nier de Michel-Ange ,301. — Analyse de cette fresque célèbre, 361:
— et d'abord de la chapelle Sixtine, 361. — Faux principe d*où part
le peintre, 362, — qui fausse le caractère du Sauveur et de Marie,
36*2, — aussi bien que l'esprit du récit évangélique, 362. — Cette
œuvre a d'ailleurs un cOto païen, 363 ; — exagération de toutes ses
données, 363, —et défaut de dignité, 36 ï, — qu'on peut reprocher
aussi à Orcagna, 365 ; — enfin, absence de tout symbolisme, 366,—
qu'oubliait aussi Bartholoméo, 367, — et que Fiésole n'avait jamais
négligé, 367. — Raphaël, d*aboi*d imitateur de Michel-Ange, 368,—
par l'exagération de la forme dans ses fresques de la Création, 369.
— Le même sujet mieux traité à Chartres par le moyen âge, 369.—
Cette supériorité a son principe dans l'esthétique, 370,— qui n'a
pas échappé à Buflàmalco, 370. — Description du Monde créé de ce
dernier, 3*0. — Caractère des travaux religieux de Raphaël, 371 : —
il a plus d'art que de piété, 372;— les madones de Fiésole, supé-
rieures aux siennes, 372, —Cause morale de cette différence, 373.—
Raphaël peu fidèle à l'histoire, 374 ; — son S. Jean-Baptisle, 374; —
sa Vierge au poisson, plus symbolique, 375; — le S. Michel du Lou-
vre, 376; — la Vision d'Ézéchiel, mieux conçue, 377. — Raphaël
abuse de la coquetterie et du nu, 377. — Autres abus, pires encore,
de notre temps, 378. — Poussin et sa Continence de Stipion, 378.—
Rubens et son Histoire de Marie de Médicis, 379. — Lesucur et son
S. Bruno, 379. — L'art chrétien dégradé par la Renaissance, 380. —
La France en souffre plus que l'Italie, 381, — aussi bien que la lit-
térature, qui devient païenne, 381. — Causes de cet entraînement,
381. — Pourquoi l'art du moyen Age n'admet pas les nudités, 383;
— la Renaissance le prodigue à l'excès, 383, —inspirée par les
études païennes, 384. — Castiglioni , et sa théorie catholique du
TAftU. 481
beauj Uk.'^'Qùmtaeût ks lettrés B*en éloignénti 3d5, — et arrivent
aux plu» groisièrea imaginatioDS, 386. — Les artistes les saivent et
créent le nu, 307» -^ En oelai Raphaël pins dangereux encore que
Mtchel-Aii9e, BS?/--- jnsqu^à, en faire déduire les égarements de sa
rie morale, 387. -^ L'art n*a rien gagné à ce désordre, 388; — il est
resté bien au-dessous àe l'antiquité, 388, — dont les idées sur le nu
n'étaient pas aussi coupables, 889, ^ et n'exilaient point de Fart la
chasteté, 890.-- L'art moderne a aussi parfois sa beauté, d'une chas-
teté îrrèprochable,^90, — que l'Église ne répudierait pns, 394. — La
décadence du symbolisme coïncide avec colle du style ogival, 391.
— Ce style remplacé par des sculptures de caprice, 392, — et par le
style rustique, 393. — Beautés classiques du dix-septième siècle,
393. —Mépris qu'on y professe pour l'architecture du moyen âge,
39î, — Jusqu'à en ignorer l'existence, 394, — ou Tinterpréter de
travers, 394. — égarements des plus savants sur ce point, 395. —
Opinion de Fénelon, 395, — de Bossuet, 396, — de Fleury, 396,— de
RoUin, 396, — et de beaucoup d'autres, 396, — qui ne soupçonnaient
même pas le génie de cette époque, 396, — et assurent d'autant
mieux le triomphe des nouveautés, 397. — Dommage qu'en éprou-
vent la peinture sur verre, 397, — et toute l'ornementation pictu-
rale, 3»8. — Décadence de l'orfèvrerie sacrée, 899, — et des vête-
ments sacerdotaux, 399. — Déplorable influence de cet abandon
sur Tesprrt religieux, 399, — et sur la nouvelle architecture xles
églises, 400. — Caractère anti-S} mbolique de l'art français sous la
Révolution et l'Empire, 401.— Comment la Restauration favorisa la
régénération artistique, 401. — Fondation de TÉcole des chartes,
402, — première cause directe de la renaissance archéologique,
402. — Classification dos monuments du moyen âge par M. de Cau-
mont, 402; — son Bulletin monument af, 403. — Réveil de la science
syinbolistique, 403, — enfin reconstituée, 403. — Coupable dédain
qu'en ftjnt encore certains artistes, 403; —fautes des gouverne-
ments à cet égard, 40i. — Comment les architectes officiels en pro-
fitent, 404, —pour fausser le caractère des constructions reli-
gieuses, 405, — et de leurs restaurations, 405, — mal servies par les
inspecteurs généraux des monuments, 405. —Insuffisance scienti-
fique des écoles d'architecture, 406. — L'étude du symbolisme in-
séparable de l'enseignement architectural, 407, '— sous peine dq
faire' dû protestantisme, 407, — et probablement de l'impiété vo-
lontaire, 40t.— L'influence du prêtre catholique, seul remède à ces
abus,' 40Ô,— non sans le concours utile des laïques, 409, —instruits
aux sources théoioglques de l'aïf, 409,— et décidés à les suivre,
409. —La compétence du clergé n'en subsiste pas moins, 410. —
T. IV. 31
482 TABLE.
Injustice des prétentions opposées, 410. — De la part du clergé
dans la pratique de l'art chrétien, 411. —Nécessité d*un cours
d'archéologie dans les séminaires, 412. — L'épiscopat y trouvera
une force d'action pour le soin des églises, 41^. — Opinion de
Mgr de la Bouillerie, évéque de Carcassonne, 413. —L'auteur croit
avoir prouvé l'importance de sa matière, 413, —et ses rapports
avec le bonheur social , 414. — Inquiétudes et espérances
de répoque présente; son retour à la paix par des études sé-
rieuses, 414.
APPENDICE.
MÂMOiaS SUR LE DÉVELOPPE MEKT DU SYMBOLISME
DANS LES MONUMENTS RELIGIEUX.
Filiation symbolistiquo du r^au xii* siècle, 42t. —Symboles des
catacombes, 422; — ils en sortent pour orner l'architecture exté-
rieure, 422. —Source de symboles dans les Pères grecs. 423. — Les
sigoes les plus simples et les plus rudimentaires sont les plus an-
ciens, 424; — tous empruntés, comme plus tard, aux écrivains
ecclésiastiques, 424,— et formant une suite d'idées ayant une même
origiae et un même but, 435. «- Malheurs de l'Europe du iv* au
.XI* siècle, 426. — L'architecture en souffre, et le symbolisme avec
elle, 426, — même pendant la période carlovingienne, 427 ; — mais
il se développe au xi* siècle, 428, — déjà préparé par le x% 428, —
grâce aux soins et aux études du clergé, 428^ — qui se nourrit de
la Bible et des Pères, 429, — et y trouve une ample moisson de
symbolisme, 430. — Autre cause dans les progrès de l'architecture
religieuse du xi* siècle, 430; — ses symboles, d'abord timides et
grossiers, 430, — se dessinent mieux à la fin de ce môme siècle,
4SI , — et entrent dans l'esthétique historiée, 432. — Mouvement
plus accentué encore du xii* siècle, 432; —les études symbolis-
tiques s'y élargissent, 433. — La langue s'enrichit par elles de
mots nouveaux, 433,— et de nouvelles théories, 434.— Le sens super-
historique, 434. — Cette métliode passe dans le domaine de l'art,
434. — Que le caprice n'a eu aucune part à de prétendues satires
mal comprises, 435.— S. Bernard accusé à tort dans ce sens, 436,
—aussi bien que les obscœna, 436«— Ce que le symbolisme doit aux
croisades des xii* et xiii* siècles, 436. — C'est l'origine des hybrides,
437. — Règle des oppositions, 437.- Connexion morale entre ces
symboles et l'architecture chrékenne de tous les temps, 438.
TABLE. 483
MÉMO IRIS SUR LES SCULPTURES SYMBOLIQUES
DES XI* ET XII* SIÈCLES.
Cause et occasion de cet écrit, 441. — Marche progressive du sym-
bolisme architectural, 442. — Il procède certainement par des
images, 443. — Les âmes perdues abandonnées k Satan, 448.-— La
recherche du bien et la fuite du mal, 446.— La force morale triom-
phant des tentations, 447.— La méfiance contre les entraînements
de la luxure, 447. — Le type du péché originel, 451. —Autre spéci-
men du même symbole, 452. —La fuite des mauvaises pensées
dans Téglise, 453. —La constance du Juste persécuté, 453. — L'Église
attaquée par les hérétiques, 455. — La bonne et la mauvaise com-
munion, 456.— Persécutions des méchants contre la foi, 458. —Le
moine relâché, 459. — Le mensonge et le blasphème punis, 461. —
L'âme chrétienne poursuivie par le démon, 462. — Le démon trom-
pant Fhomme par ses felntises, 463. -Conséquences de la force ou
de la faiblesse dans les tentations, 464. -Conclusion : tout est chré-
tien et symbolique dans la sculpture de nos églises, 465.
FIN ou IV« ET DERNIER VOLUME.
0DYRA6ËS DE M. LE CHANOINE AUBER.
Histoire de la cathédrale de Poitiers.— 2 volumes gios in-8*i ornés
de 30 planches.— Poitiers, I8i8-1849. — Couronné par l'Inr
stitut. 15 fr.
Recherches historicpies sur rancienne seigneurie de la Roclie-sur-
Yon, nommée ensuite Bourbon-Vendée, puis Napoléon- Vendée.
— Volume in-S-.— Poitiers, 18S9 3 fr. 60
Recherches historiqaes et archéologicpies sur Téglise et la pai'oisso
de Saint-Pierre-des-Églises, près Chauvigny-sur- Vienne. — l vo-
lume in-8% planche.— Paris, Didi-on, 1852.— Couronné par l'In-
stitut , • • 3 fr. 50
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature. — 3 volumes
in-8».— Extraits des journaux et recueils scientifiques auxquels
l'auteur a coopéré, tels que les Mémoires de plusieurs Sociétés
savantes, le Bulletin monumental; celui du Cwnité des Arts et
Monuments; la Revue de l'art chrétien; Y Art en province, et autres.
— Épuisé 30 fr.
Biographie de Jacques de Hillerin, Poitevin et conseiller-clerc au
Parlement de Paris.— In-8*.— Poitiers, 1850 2 fr.
Biographie de M. Guerry-Champneuf, avocat au barreau de Poi-
tiers. — In-80. — Poitiers, 1852 1 fr.
Biographie de Girouard , sculpteur poitevin. — In-8o. — Poitiers ,
1641 1 fr. 50
Recherches sur la vie dt^ Simon de Cramaud , Cardinal, Évèque do
Poitiers.— 1 volume in-8'. — Poitiers, 1841, complétées (en 1857)
par une relation de la découverte des restes du Cardinal dans la
cathédrale de Poitiers.— Iu-8».— Portrait 4 fr.
Instraotion de la Commission archéologique diocésaine établie à
Poitiers , sur la construction , les restaurations, l'entretien et la
décoration des églises, adressée par Monseigneur TÉvêque, Pré-
486 ■ OUVRAGES
sident, au clergé de son diocèse. ^1 volume in-S*.— Poitiers,
1851. . 3 fir.
Yias dat SaiaU de TÉglise de Poitiers, avec des réflexions et des
prières à la suite de chaque Vie.— -In-S*.— Poitiers, ld58 (avec
une Table générale analytique et raisonnée, imprimée seulement
pour deux cents exemplaires). • 2 fr.
Tabla générale , analytique et raisonnée du Bulletin monumental.
«-a volumes in-S*.— Paris, Deracbe et Oidron, 1846 et 1861. «
Ouvrage couronné par la Société française d*archéologie. 12 fr.
Histoire de 8. Marttit, abbé de Vertou et de SaintJouin-de-Uaraes,
et de sen fondations en Bretagne, en Vendée et dans les pays
adjacents. — 1 volume in-S* de vi-^23 pagesj avec 3 planches. —
PoiUers, 1869. 3 fr. 50
— Deuxième édition, in-18de 300 pages. . . i • . 1 £r. 50
Hotice sur un reliquaire de l'époque romane.— Ia-8', planches. —
Poitiers, 1845; Amiens, 1860. 1 fr.
Hotice sur un poignard du xvi« siècle , et sur la famille de Blac-
Wood. — Poitiers, in-8*, 1843, avec une planche. . . 1 fr. 60
Conmie quoi la fameuse Mélnsine n'est autre chose que Geneviève
deBrabant.— In-S*.— Poitiers, I84ÎI 1 fr.
De la Signification dn mot feuru, et du sens qui lui revient dans
les inscriptions votives du Vieux Poitiers, d'Alise et de Nevers.
— Poitiers, in-8^ 1859, avec 2 planches 2 fr.
Essai de Critique littéraire, théologique, politique, historique et
grammaticale sur un volume de 56 pages in-8*, de M. Poupot, pas-
teur, ayant pour titre : Lettre à M. Tabbé Auber, en réponse à
trois articles sur Calvin inséré&dans le Journal de la Vienne, etc.
— In-8'.— Poitiers, 1842 I fr.
Adolphe et Mélanie, ou de la Persévérance après la première com-
munion— 1 volumein-l8.— ParisetPoiticrs,!835; ^•éd.,l841. 1 fr. 50
Les Trois Vocations, lettres dédiées aux mères chrétiennes.—
1 volume in-12.— Paris, Gaume, 1837 2 fr.
Vingt Examens particuliers sur les principaux exercices de la per-
fection chrétienne. — l volume in-32.— Poitiers, 1837. . 60 c.
Aventures de Télémaqne... Édition classique, réimprimée sur les
plus correctes qui ont paru jusqu'à ce jour, à l'usage des collèges,
séminaires et pensionnats des deux sexes, avec un discours sur
l'usage de ce livre dans les classes; des notes sur l'histoire, la
mythologie , la géographie comparée ; la distinction , en carac-
tères italiques, des maximes les plus importantes du texte ; une
DE M. LE CHANOINE ACBER. 487
tabJe des discoure, descriptions, narrations et portraits qui peu-
vent servir de modèles de compositions françaises, et un résumé,
au commencement de chaque livre , des principes moraux qui
en découlent.— l volume in-lîl. — Paris et Lyon, 1838, t844, et
plusieurs autres éditions i A*. 50
Coni olationi du Sanctuaire, ou Méditations avant et après la Com-
munion, tirées des offices de TËglise , de TËcriture sainte et des
SS. Pères, pour les prêtres et les fidèles. — Dédiées à Monsei-
gneur de Beauregard, évoque d'Orléans.— 1 volumes in-18.—
Paris et Lyon, 1839 3 fr.
ÏÏB Martyr, ou le Sacerdoce catholique à la Chine, poème en cinq
chants, tiré des Annales des Missions élrangèrss*'^ 1 volume in-t2.
— Paris et tyon, 1839 2 fr.
DiBsertation sur YAscia. — In-8*.— Poitiers, 1860 1 ft-.
Histoire et Théorie du Symbolisme religieux. — 4 vol. in-S"". . 24 fr.
Étude sur les historiens du Poitou depuis ses origines connues
jusqu'au milieu du xix« siècle. — 1 volume grand in-8', tiré à
100 exemplaires. — Niort, Clouzot, 1871 10 fr.
i
TABLE GENERALE
xsrr ANAiiirxiQxm:
DES MATIÈRES CONTENUES DANS LES QUATRE YOLUMES
DE
L'HISTOIRE DU SYMBOLISME
 et fl. Raison de ce nom donné au Messie, I, 303.— Symbole de
l'élemité et de la divinité du Verbe, II, 148, 357 ; — de Jésns-Cbrist lui-
même, 36i, 393,— qui le porte sur le pennon de l'Agneau, 405.— L*A
de Charlemagne au tré'^or de l'abbaye de Conques, IV, 304. — (Voir
Ghrisme.)
Aabon. Couleurs symboliques de sou costume, I, 309; —II, 315, 3)7.
— Figure du sacerdoce de l'ancienne Loi, 1, 368, — et de celui de la
nouvelle en Jésus-Cbrist, II, 58, 78, 317. — Symbolisme de sa robe et
de ses autres ornements, 93 et suiv.— C'est la figure de tout l'univers
95. — Gomment les peintres doivent le repréi>enter, 315 ; — IV, 211.
Abaddon, VExlerminaleur, nom grec de Satan, II, 204.
ABBés, ebefs des monastères ; devenaient quelquefois évoques et for-
maient leur Chapitre des moines de leur abbaye. Soin qu'ils prirent des
arts et des églises, III, 48.— Ont pour attribut un livre fermé, IV, 90;
— portent la crosse et l'anneau, 163, 164.
Abbesses, religieuses gouvernant un monastère de femmes; portent
un livre fermé, IV, 90.
Abbon (S.), abbé de Flenry, contribue à relever les études au x® siècle,
Ily $38 ; — prêche contre les fausses terreurs de la fin prochaine du
monde, Tll, .19.
490 HISTOWE DU SYMBOUSME.
Abbon, habile monétaire de Limogée au vii« eiècle, maître de S. Éloi,
1V«293.
Abeille, eynodwlMe rhomme indastrieux, I, 202;— 111,85. — Piiiê
dans un sens spirituel on allégorique. II, 4S^; — III, 85. — Antres li-
gnifications symboliques, 547.
Abel. Symbolisme de ce nom, I, 39.— Sculpture symbolique de it
mort par Gain, à Tabbaye de Saint-Gilles, III, 369.
Abimb, nom donné à l'enfer danâ TApocalypse, II, 190, 200. — (Voir
Enf^r,)
Ablutions; leur symbolisme, I, 319*
Abeàm et Abraham. Significations distinctes de ces deux nom8,I, M. •
— Porta Tarlthmétique en Egypte, 97 ; ~ adora la Ssinte Trinité sons
la figure des trois Anges, 101;— II, 86; — IV^ 75; — symbolisa le
Sacrifice duCaWaire par celui de son fils, 1, 229;— II, 563; — etl*Égiise
par Sara, 51.— Uu des ancêtres du Sauveur, 60, 319. — Ce que c*est
que le sein d'Abraham dans l'iconographie chrétienne, 339, 331, 355.
—Comment le patriarche est distingué du Père Étemel, dont il a quel-
quefois certaines fonctions, 35 i. — Associé à la sibylle Agrippine dans
la peinture chrétienne, lY, 101.
Abre (S"), fille de S. tiilaire de Poitiers. Lettre symbolique . à elle
adressée par son père, sur la virginité, II, 492.
ABSALOK, figure de l'Ame révoltée, II, 52.
Abside ou Chevel, l'un des caractères particuliers à l'église chré-
tienne ; a son origine dans les catacombes, UI, 6.— On l'exige dès les
premiers temps, 9, 205. — Symbolisme des trois absides terminale!,
29, 35, 205 , — des absides triangulaires, iiO. — L'abside , seul lieu de
l'autel jusqu'au zii' siècle (du moins dans les églises rurales), 168.—
Siège, dans les cathédrales, de l'Évéque et du clergé , et plus bas de
voûte que les autres travées; raison de cette inégalité, 182, 205.—
Bel effet de perspective causé par Tabâide terminale, 208.— (Voir
Chancel, Chapelle.)
Absinthe, nom symbolique d'uue étoile malfaisante. II, 193, 195.
Absolution sacramentelle. Un de ses rites emprunté des Juifs, II, 99.
— Se donne avec imposition des mains, et pourquoi, 534.
Acanthe, principal élément du chapiteau corinthien, III , 330.—
Son emploi dans la sculpture chrétienne, 525, 536 • — Symbole de la
douceur, IV, 423.
AcHOTÈRE, ornement terminal des pignons; symbole des a8|>iratioDs
supérieures de l'Ame, III, 214.
Actes des Apôtres. Histoire de l'Église naissante; caractère de ce
livre, II, 45. — Scènes liturgiques de ce nom jouées au siv« siècle. IV,
194.
Adau donne des noms convenables et symboliques à tous les ani-
maux, 1, 29, 32 et suiv., 39. 46 ; — II, 10. — Il préfigure Notre -Seignenr
TABLB GÉHrfoALE. 494
Jésa»<:hriftt, 413, 435, 445, 493; — IV, 132. — ËoseTeli sur U CalTtire,
II, 459 ; — lY, 130. «— Symbolisé par on vase de terre dans S. Paulin de
Noie, il, 492, — par ua pitre à moitié na, 493. •— Son mariage figure
roBlon de Jésat^hriat et de l'Église (Toir Mariage). — Sens super*
historique donné à la naissance d'Eve, 560. — Histoire d'Adam, sculptée
aux chapiteaux de Fleury-sur-Loire, III, 333. — Chasteté primitive des
premiers époux, moins naïve après leur péché, 405.-* Son travail dans
le paradis terrestre, 516. — Adam, figure de Taveugle et du paraly-
tique guéris par Notre-Seigneur, IV, 132. ^ Le vieil Adam, ou homme
déchu, représenté par le démon sous les pieds de Marie, 139, 140.
Adam de Prémontré, symboliste du zii* siècle; son mérite, II, 536.
Adam de Saint-Victor, symboliste et poète chrétien du xii« siècle;
charmes de ses Proses, II, 569 et suiv.
Adhblme (S.), évéque de Sherbom, Son traité Du Septénaire ,
I, 133.
Adon (S.), archevêque de Vienne au ix* siècle. Symbolistique de ses
écrits, II, 534.
Adri£n I<' (Le pape) envoie à Charlemagne un graduel copié sur
celui de S.Grégoive le Grand, IV, 248. ^ Beau pavé dont il dote Téglise
de Saint-Laurent à Rome, III, 153.
Adrien (L'empereur) fait beaucoup de mal aux Juifs , II , 186 , 192,
193.
Adultère, symbolisé par un chat, I, 188,— IV, 464 , — par une p! os-
tituée, II, 104.— Explication de Tépisode évangélique de la femme adul-
tère, 73. — L'adultère ne pouvait parer son doigt d'une émeraude, 366.—
Tentation d'adaltère, III, 371, 423. — Il a toujours été un grand crime
chez tous les peuples, 471.
Affbe (Mst), archevêque de Paris. Son tombeau sans esthétique ni
convenance religieuse, III, 98.
Agar, figure de la Synagogue ou de l'ancienne Loi déchue de son hé-
ritage, II, 51.
Agate, pierre précieuse; inspirait la joie, 11,366.
Aglaophox, peintre grec; symbolise les jeux pylhiques et olym-
piques dans son tableau du Couronnement d'Alcibiade, I, 282.
Agneau, symbole du Sauveur adoré, I, 368;— III, 45; — IV, 16.— Fi-
guré d'abord seul près delà croix, II, 439 ; — IV, 47.— Agneau sacrifié,
II, 98, 171, 179, 392, 441; —111, 448.— Agneau pascal; détails de sa man-
ducation appliqués à la vie chrétienne, II, 539. —Innocent, 99; —
III, 290; — doux, II, 100, 171, 677 ; — ÏII, 290; — sans tache, II, 315. —
Temple de Dieu dans la Cité mystique, 385. — Lumière du ciel, 386; —
IV, 314. — L'Agneau pascal et celui de S. Jean -Baptiste, II, 112; •—
m, 45,. 290; — IV, 80. — Agneau portant la croix, II, 149. — Modèle de
patience, 677. — Aux fonts baptismaux, 111,290. — Au pied de la croix,
rv, 328. — Agneau hypocrite , feignant les miracles et la doctrine du
492 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Sauveur, H, 249 et «uLt. — Àgueau vainqueur des enueoiis de l'Église,
256, 291. — Les noces de TAgneau, 312, 313. — Lai seul peut ouTitr le
Livre de vie, 388. — Offert pour le rachat du premier-oé, 531. —
Agneau symbolique de S. Clément, 659. — Sur les crosses, III, 180. -^
Attribut de S» Agnès, IV, 92. — (Voir Jésus-Cdrist, Nimbe.)
Agnès (Ste). Pourquoi elle a un agneau pour attribut, IV, 92.
Agnès Sorel, indigne parodie de la Sainte Vierge au musée d'An-
vers, IV, 387.
Agni, dieu du feu chez les Hindous, symbolisé par la couleor
bleue, I, 315.
Agricola , évoque de CU&lon , fait construire les superbes cloîtres de
sa cathédrale, 111^ 50 ; — la décore de mosaïque, IV, 46.
Ahrimane, dieu du mal chez les Perses. Sa mythologie, 1, 165.
Aigle, l'un des symboles de la Trinité païenne de Jupiter» I, 81, 169.
— Symbolise la domination, 82, 233, 286; — II , 196; ~ IV, 174; -le
Soleil, 93.— Sur les médailles d'Alexandre le Grand, 1, 264. — Oiseau
immonde, au Deutéronome, II, 196. — L'aigle de S. Jean l'Évangé-
liste, 44,177; — III , 145. (Voir Téiramorphe.) — Celui de l'Apoca-
lypse, symbole du Sauveyr, et du démon par opposition, II, 195. —
Notes sur plusieurs symboles qu'il exprime, 196; — ITI, 483 et suir.;
— IV, 319, 464. — Armoiries où figure l'aigle, II, 540; — IV, 175. -
Aigle servant de lutrin, ITI, 211, 223; — IV, 319. — L'aigle est tantôt
Notre-Seigneur Jésus-Christ, tantôt le démon, HT, 353, 354, 448,483;
— IV, 175, 464. — Symbole de la rapacité violente, III, 446; — IV, 464;
— du rajeunissement de TAme chrétienne, III, 483; — de la fidélité aa
Sauveur, 668. — Préjugés des anciens à son sujet, 470, 483.
AiGi-E-MARiNE OU béryt, pierre précieuse; symbolise la tribu de Ben-
jamin et l'apôtre S. Thomas, II, 381, — puis la parole divine, 381.
Air, symbolisé par le bleu-cie, II, 315; — II , 403. — Symbole lui-
même du Saint-Esprit et de la vérité, I, 315. — Pris pour l'éteudue du
moude physique, II, 278. — Exprimé dans les vitraux par la cooleur
rouge dans les portes et les fenêtres ajourées, I, 308 , — IV, 13, — et
même dans la peinture murale, 54. — (Voir Vent.)
AiiiE symbolique de TÉvangile; figurant Marie, II, 421, — l'Église,
423.
Aix en Provence. Le roi René y institue des jeux et des drames sa-
crés, IV, 203. — Belle procession de la Fête-Dieu ; son caractère sym-
bolique, 206 et 8uiv.
Akiba, rabbin, inventeur des fausses traditions du Talmud, n, 195.
Alaric bouleverse l'empire romain. If, 261, 291.— Son rôle provi-
dentiel, 295, 302.
Albert, duc de Lorraine eu 1037. Ses armoiries, II, 540.
Albert Durer {voir DrRGu).
\
r
TABLE GÉiNÉRALK. 493
Albsbt le Grand, philosophe da xiii* siècle, combat les idées de ses
conUmporaJos sur quelques assertions de zoologie, III^ 473:
ÀLCUiN. Son isAuence sur les études bibliqued^ II, 533.
Allemagne. Ses idées rationalistes répandues par Straus et Sal-
vador, II, 56.
Alexandre I*^ (S.), pape de l'un 109 à 119 ; ordonne de mêler de l'eau
au Tin du Saint Sacrifice, II, 434 ; — IV, 156.
Alexandre le Grand, symbolisé par un aigle sur les médailles,!, 264 ,
" par un léopard dans Daniel, II, 245.
Alexis Comnènb, empereur des Grecs; envoi que lui fait le pape
Innocent III de son allégorie des deux glaives, II, 619.
Alponsi (Pierre), symboliste du xii* siècle. Ses écrits contre les Juifs,
11, S61 , — et sur le symbolisme des animaux, 561.
AL&ÈBRE (voir MATBiMATIQUES;.
Au, quatrième calife. Son sabre, emblème de la puissance musul-
mane, 1, 206; — son lurban vert, 318.
Allégorie, grand symbole agissant au moyen de symboles secon-
daires, I, 282. — Ce qui la dislingue du symbole proprement dit, 285.—
Les artistes la font servir tour à tour ou à outrager la morale, 287 , —
on àThonorer, 111, 373. — L'allégorie ne doit être prise parfois que par
son côté principal, 72. — Elle remplace mal le symbolisme, plus
philosophique et plus élevé, lY, 358.
Allelcu, chant de joie des Élus, 11, 310. — Interdit pendant le ca-
rême, 525, — par S. Grégoire le Grand, IV, 158.
ALLIANCES. Signes symboliques usités pour les exprimer chez les
Velauniens, I, 5. — Alliance de la Synagogue et de l'Église symbolisée,
II, 371, 378, 394; — sa rupture figurée par le déchirement des hal)its
sacerdotaux de Calphe, 499.
Alouette. Idées symboliques qu'y attache S. François d'Assise,
II, 677.
Alphabet. Son origine et ses variations,!, 16 et suiv. — Ses signes
deviennent autant de symboles, 22, 37, 38, 148. — (Voir Écriture.)
Ali bonse, frère de S. Louis, augmente l'éclat des Rogations de Toi-
Uers, IV, 204.
Amandier, symbole de la douceur morale, III, 214.
AiL^zoNE symbolique sur les monuaies de Smyrne. 1, 264.
Ambon (voir Juré).
AMBRE, symbole de la parole de Dieu, II, 618.
Amrroise (S.). Ce qu'il dit du nombre des psaumes, 1, 122 , — et des
autres nombres arithmétiques, I, 130, 143, 149; — II, 537. — Douceur
de sa parole symbolisée par un essaim sorti de sa bouche, 658. —
Ce qu'il dit de la Sainte Triuilé, IV, 75, — du chant des psaumes
dans l'Église de Milan , 238, 242.
494
HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Ame, «onflle d« Dieu, 11, 84. — OontéqneDce monle de cette ori-
gine, 85. — Les imes symbolUéee par les étoiles, 153; « vifrè-
sentées par des personnes sans sexe, et pourquoi, 313, 338, 344, 492;
— m, 371, 424, 431 ; — IV, 481 et suIt. — Ames dans le sein de Diea
on d'Abraham, II, 339, 354. — Ames reçues, soit par un Ange, soit ptr
le démon, de la bouche des mourants, 459; — III, 371. — Les âmes
pesées dans une balance (voir Pesée des âmes). ~ Ames représentées
dans les drames du moyen Age par des enfants ou des oiseaux; rioie
de S. ÉtieHne, IV, 194, — de Néron, 195.
Amérique, habitée au x* siècle par des chrétiens, I, 224.
Améthyste, pierre précieuse; préservait de l'iTresse, II, 366, 383.
— Symbolise le patriarche Zabulon et Tapôtre S. Matthias, ifrttf.
Ameublement de l'église. Soins qu'il faut prendre de sa confectisD
et de sa conservation; y être sobre de décorations et de peinture, IV,
114; — y conformer tout au style du monument, 114 et suiv., 326.—
(Voir les différents noms des meubles : Autel, Chaires, Fokts, etc.)
Amict, partie du vêlement sacré de Tévêque et du prêtre. Son sens
symbolique, IV, 169.
Amiens. Beautés sculpturales et symboliques de sa cathédrale , 10,
570;— IV, 38, 136.
Amour physique, symbolisé par la mandragore, III, 342.
An 1000 (L'). Fausses données répétées à tort d*une prétendue at-
tente de la fin du monde ; cause de cette erreur, et sa réfutation par
l'histoire monumentale , III , 18 et suIt. — Aucun monument n'est
resté de cette terreur, 26.
Anaglyphes, moulure sculptée se détachant d'une surface plate, III,
308.
Ananias. Signification symbolique de ce nom hébreu, I, 45.
Anastasb (S.), solitaire du Mont-Sinal au vu* siècle. Son opinion sur
les signes du Zodiaque, III, 451 .
Anastàse le Bibuothécaire. Idée de ses Vies des Papes, et de l'utilité
de ce livre pour recclésiologie, III, 237; — IV, 306. — Ce qu'il ra-
conte du zèle de S. Sylvestre et des générosités de Constantin à enri-
chir les églises de vases sacrés, 287.— Son influence sur l'art chrétien;
recueil de ses ouvrages, 306.
Ancre, symbole de l'espérance, 11, 483,— et du salut assuré, m,
303.
André (S.)i apôtre , symbolisé par le saphir, II, 379. — Ses autres
attributs iconographiques, III, 144.
Andromède. Son histoire est celle défigurée de Jonas, III, 469.
Ane, symbole de Tignorance ,1, 93 ; — comparé à Isaaehar dans ia
prophétie de Jacob, II, 109, 461. — L'Ane qui flûte, 22, — IV, 29, -
qui pince de la harpe , 22, 462 ; — III, 448 ; -* IV, 29, 232. — Anesse de
la Synagogue, et, à ce propos , symbolisme des boimee et manvains
r
TABLE GÉNÉRALE. 495
qualitéa de cat animal , H, 461 et suit. ; » Vf, 209, 217, 227. -* Ane
jovant de la vielle, II, 462, « portant une chape, 462; — IV, 29.—
Symbole de la gentUité, II, 462, 478. —Ane laissé an bas de la mon-
tagne pendant la sacrifice d'Isaac, 563. — L'âne d'Argentan, III, 327.
— Oreille d'Ane donnée à Notre-Seignenr par les Romains , 378. —
Examen, défense et explication de la Fêle de Vâne au xii* siècle et
plus tard, lY, 208 et suiT.— Cause de ce nom , 211 , 215. — Différence
entre Tftae de Balaam et celni de Bethléem, 216.— Symbole du Sau-
Yeiir, pour ses bonnes qualités, 217 et suiv., 223.— (Voir Onagre.)
Angelico (Fra) -de Fiésole. Charme de ses compositions artistiques,
II, 608; — 111,251;— IV, 351. — Sa piélé en peignant, IV, 130; —
son Couronnement de la Vierge, 351, 372; — son influence sur le
xv« siècle, 30, 350. — Caractère de son talent, 350 et suiv., 367 et
sniv.; —indiqué par un Angtican comme le meilleur mettre parmi les
peintres religieux, 368.
Angebs. Belle statue de la Sainte Vierge à l'église de Saint-LA, FV,
140.
Anges. Leurs noms divers et les fonctions qu'ils expriment , I, 41
et sniv. ; — II, 170. — Comment leur culte dénaturé favorisa l'idolAtrie,
1, 77, 81 et suiv.; — III, 105. — Les trois Anges reçus par Abraham figu-
raient la Sainte Trinité, 1, 101 ; — II, 96; — III, 375; — IV, 75. — Folies
des cabalistes, qui font des Anges autant d'étoiles, 1,176.— L'Ange sym-
bolique de S. Matthieu, II, 44,457. (Voir MaUfiieu.)-^ Ceux de l'Apo-
calypse, figure des évoques des sept Églises, 151, 163, 402.— Anges des
septs sceaux, 170, 190, 362. — Ils chantent les louaDgesde Dieu et de
l'Agneau, 173; — III, 127. — Leur beauté originelle, 375. — En-
voyés de Dieu et ministres de sa volonté, II, 185, 206, 362, 534, 615 ; —
rv, 317.— Anges des sept trompettes du jugement, II, 190, 258 et suiv.,
d45, 362; — de l'encens et de la prière, 191, 402; — IV, 317, 318. —
Anges gardiens. H, 286, 534 ; — des peuples et des viUes, même idolâtres,
306, 207; — IV, 312; — de l'Église et des éléments, II, 207, 267; —
IV, 313. — Les Anges séduits par Satan, II, 230, 235. — Anges revêtus
de robes blanches ou rouges et de ceinture d'or, 263, 354, 404. —
Anges des sept coupes de la colère de Dieu, 264 et suiv.— Anges aux
ailes violettes, comme la robe du Sauveur qu'ils accompagnent, 404.
— Anges recevant l'Âme du Juste expirant, 459 ; — III, 132, 365 ; — effa-
çant d'un livre les péchés du pénitent. II, 534.— Anges dans les armoi-
ries, 546.— Apparitions d'Anges plus fréquentes aux Ages de foi, 662.—
Églises dédiées aux Anges sur les hauteurs, III, 104. —Les Anges n'ont
Jamais de chaussures, 375.— Mauvais Anges (voir /)^monolo</û}.— Les
couleurs symboliques données aux Anges, 386.— Ils ne doivent pas être
nus, comme le pratique l'art moderne , 420. — Les bons Anges, parure
convenable de la rose orientale d'une église, IV, 8. — Anges tenant près
de la croix les attributs de la Passion, 119 ; — armés de la lance et
du bouclier et commis à la garde de Jérusalem, 313.
Angilbbrt (S.), abbé do Saint-Riquier. Plan trianj^ulaire de son
ftbbaye, IIl, 53.
196 HISTOIRE OU SYMBOLISME.
Animaux , reçoivent tous des nomà symboliques, I, 32 e( siiif., 40.
— Ces mêmes noms donnés par la même raison à de certaines per-
sonnes, 40. (Voir Noms propres,) — Ohiei de fausses appréciations
symboliques, 49. — Animaux figurant sur les médailles nationales,
264 et SUIT. — Animaaz évangéliques (voir Télrainorphe), — Carac-
tères de certains animaux reproduits eu de certains hommes, II, 4tt et
suiv.; — III, 389, 468, 51 3.— Nécessité de connaître les mœurs des ani-
maux et leurs caractères pour bien entendre TEcriture, II, 496, 505 ;—
m, 44! et suiv. — Emploi des animaux comme symboles dans Tart
chrétien, II, 506, 51! ; — III, 132, 325, 370, 374, et tout le chapitre xu.
(Voir aussi IV , 316.) — Animaux parlant à l'oreille d*un homme,
symboles de la tentation, III, i32, 371.— Animaux purs et impurs de la
Loi ancienne, 325, 442 et suiv.;— ceux de la Tentation de S. Antoine,
symboles du vice et des distractions de Tesprit, 373.— Que les dé-
mons revêtent les caractères de certains animaux, 374; — FV, 28,29.
— Les animaux servant la justice de Dien contre Thomme pécheur,
III, 378 ; — exorcisés pour leurs maladies, 391.— Ils sont les symboles
des vices ou des vertus, III^ 439 et suiv., .570. — Leur orientation dans
la sculpture chrétienne fondée sur cette distinction , 441 , 447. (Voir
Orientation,) — Les bêles et les anifnavx , différents par leurs attri-
buts, 444. — Unipn de plusieurs animaux pour rendre un seul fait, 448.
— Les animaux révoltés contre l'homme après* son péché, 517. — Ani-
maux jouant des instruments, II, 22, 23;— III, 248; — IV, 32, 232,
237; — mordant des fleurs entrelacées; leur symbolisme, I, 161; —
III , 364 ; — IV, 314, 316. — (Voir Paysiologue , Tétaamorphe, Zoolo-
gie.)
Anneao, orné d'un scarabée; symbole de la fidélité au serment, 1, 94.
-*- Les quatre anneaux d'or envoyés par le pape Innocent III à Richard
Cœur-de-Lion, 11,616. — Les quatre anneaux de l'arche d'alliance, figure
des quatre évangélistes , 645, 646. — Anneau de Gigès,366. — Anneau
des époux, IV, 152 ; — des Ëvêques et des Chanoines ; leur histoire et
leur symbolisme, 163 et saiv. — Anneau symbolique de S** Radégonde,
du VI* siècle, 290.
. Anni?.ë. Comment Numa la règle d'après le symbolisme des nom-
bres, I, 115.— Année climatérique, 116.— Variantes sur le mois qui
ouvrait l'année, III, 456.— Explication de ses douze mois par les signes
du Zodiaque relatifs à chacun, 457 et suiv.
Annonciâdes. Raison de leur costume gris, blanc et rouge, I, 347.
Annonciation , représentée par Charles VI dans les supporta de son
écu, II, 540. — Pourquoi la fête en ef^t placée au printemps, 644. — Sa
colncideuce avec Pâques devuil-elle annoncer la fin du monde ? III, 19.
— Comment y représenter la Sainte Vierge, IV^ 91, — prédite par la
sibylle Agrippine, 101.
Anonymes : de Citeaux , moine anglais du xuic siècle , auteur des
Distinctions monastiques (voir Distinctions); — de Clairvaux . sym-
boliste du xrv» siècle, II, 482.
Anselme (S.), archevêque de Cantorbéry au xu* siècle, auteur de la
r
TABLE GÉNÉRALE. 497
méthode scolaaUque; son mérite liltéraire, II, 554.— Son Eluci-
darium, et ses antres écrits, 555, 578. — Il établit la distinction des
quatre sens dn texte sacré, Md. •— U délivre un obsédé par le signe de
la croix^ 662.
ANTECHRIST. N'a pas encore paru, 11, 153. — Dépeint sous les traits
de la Babylone apocalyptique, 288, — de la béte à sept têtes, 323 et
suiT. — (Voir Démonologib.)
Antéros, Tamour du mal chez les Grecs ; ses caractères symboliques,
1,339.
AitTHikOPOiiOBPHisME, méthode d'iconographie symbolique appliquée
à la représentation des trois Personnes de la Trinité sous des figures
humaines; commence au xiii" siècle, IV, 78.— Abus qu'il fallut y ré-
primer, 79.
Antienne , phrase musicale chantée après chaque psaume et s'y
rapportant. S. Grégoire y met du symbolisme, IV^ 246.— C'est encore
une espèce d'hymne chantée ordinairement sur Je même ton et sans
partage de strophes, comme le Salve Hegina, VAve Regina célorum
et autres. Beauté du chant de ces compositions, tout symbolique, 274.
— Le chant de l'antienne Sancla Maria, succurre misetHs^ mal réussi,
et pourquoi, 275.
Antigny, village du Poitou (Vienne). Peintures funéraires de son
église. Les trois vifs et les trois morts, Ht, 90.
Antipendiuu ou devants! d'autel; comment les traiter, ill, 278. —
Leur variété, 279.
Antiphile, peintre égyptien du temps d'Apelles , peint par celui-ci
dans son tableau de La Calomnie. Son Gryllus, symbole du ridicule,
1,289.
Antipodes^ découvertes avant Magellan et Christophe Colomb, II,
622.
Antoine (S.), patriarche des Solitaires d'Orient. Allégories de sa ten-
tation si célèbre. Gallot en a emprunté l'idée à S. Athanase, III, 372,
373. — > Battu par le démon, IV, 36. — Pourquoi on lui donne un pour-
ceau pour attribut, 92.
Antonin-Pie (L'empereur). Varianteà mythologiques de ses médailles
& emblèmes, 1,267.
Anus d'or chez les Philistins, Ili, 409.
Août, mois des moissons. Comment symbolisé dans le Zodiaque, III,
459.
•A pelles, peintre grec, excelle dans la ressemblance des portraits,
1, 280. — Ses belles qualités d'artiste, et son tableau de La Calomnie,
281, 289. — A trop favorisé le matérialisme dans l'art, 284.
Apis, bœuf dont les Égyptiens s'étaient fait un Dieu. Symbolisme
des vingt-cinq années de son Age, 1, 148.
Apocalypse. Explication de son symbolisme dans ses détail^ et son
T. IV. 32;
19$ tllSTOIRK nu SYMBOLISME.
ensemble, 1, i40; « U^ 197,41, i40 et suiv. jusqu'à 406 ; — IV, 150.—
Multiplicité de ses commentateurs, et erreurs de beaucoup, II, 143 et
suiv. — Uolzozer, 143. — La religieuse de Naples, 161 (la mémo
qui a travaillé sur le Cantique, p. 13).— S. Yictorin, évêque de Poi-
tiers, 486.— Tableau de Constantin le Grand sur le triomphe Je la
Croix, 488.— S. Isidore de Séville; Tun des meilleurs interprètes de
l'Apocalypse, S25. — Ce livre nous donne le premier type des églises
chrétiennes, III, 6. — Caractère de ce livre et beauté de ses descrip-
tions, II, 47, 188, 303 et suiv. — Bot que TEsprit-Saint s'y propose, 283,
357.— C'est une révélation de Notre- Seigneur lui-même, 141 et suiv.,
147, 283, 613 , — s'appliquant surtout aux quatre premiers siècles de
l'Église, 143, 162. 193, 214, 237, 150, 266, 394, — et déjà étudiée au troi-
sième, 230; — IV, 157.— La plu[)art de ses images sont symboliques,
II, 80, 143, 161 2 189; — IV, 150.— Exactitude de ses dates, II , 145,
214, 248, 267. 289. — Le sens de beaucoup de figures faussé par les pro-
testante, 144, 243, 276, 399, 405 , — et par M. Mérimée , IV, 54.— Belles
verrières de l'ensemble de ses scènes, à Bourges, II, 121, 152, 153.
(Voir Bourges.) — Opinion de 8. Augustin sur le fond historique de
l'Apocalypse, 145 ; — c'est celle de Bossuet, 145 ; — celle de Wouters.288
—Tapisserie de Saint-Florent de SeLamur,602.(Voïr Anges, Jean Pht an
gélisU,) — Ce livre est une source féconde pour l'art chrétien, 146, 102
— Tapisserie d'Angers, 174, 178,220.— Sculptures de Saint-Benoit-sur
Loire, 180 ; — III, 132 ; — du chevet de l'église de Beaulieu, près Loche:*
en Touraine, II, 196. — Peinture du xri« siècle en Poitou, 241.— La bête
à dix têtes dans une miniature du xiii« siècle, 248.— La Babylone
abandonnée, 287. — Manuscrit de Poitiers, 320, 324, 325, 355.— Le Sau-
veur refoulant le démon dans l'enfer, 337.— Le jugement dernier tou-
jours inspiré aux artistes par l'Apocalypse, 348; — III, 142. — Tympan
de la cathédrale d'Angers, représentant l'ensemble de l'Apocalypse,
401, — et à Sainte-Praxède de Rome, 401.— Plan et divisions de l'ouvrage,
146, 147 , 161, 402. — Sa concordance avec les autres livres bibliques
(voir Tubie , Daniel). — Fécondité de ses images et de ses enseigne-
mente, 242, 287, 303 et suiv., 351. 401 et suiv., 405, 406. — Respect que
le Prophète demande pour sa prophétie, 395 ; — menaces à. ses infrac-
teurs, 399.
Apollon. On lui donne pour attributs : la lyre, I, 83, 170, 233; —
réperviar, 93;— le corbeau, 170; — le laurier, 233. — Ses rôles sont les
mêmes que ceux de l'Horus des Egyptiens^ 90. — Son temple placé
près du théûtre, 227. — Apollon à tête radier;, 267, — aux cheveux d'or,
293, 302. — Type dégénéré du Verbe divin, 302. — Vêtu de violet che£
Admète, 334. — Ses multiples rôles, qui se résument tous au soleil,
III, 73.
APOLLONIUS DE Thtanb, imposteur prédit par l'Apocalypse, 11, 250.
Apostasie, symbolisée par la chute des étoiles, 11,230.
Apures. Leur inspiration dans le sens à donner à beaucoup de
textes bibliques, 11,60 et suiv.— Sont, avec Notre-Seigneuret les Pères,
les seuls interprètes infaillibles de l'Écriture, 80, 467, 470. — Leur douze
r
TABLE GÉNÉRALE. 499
sièges pour juger avec Jésos-Ghriat , 166. «^ Fondateurs de la liturgie,
500; ~ IV, 154, 156. — Symbolisés par les douze étoiles brillant au
front de rÉgllse, II, 225 , — III, 177, -* par les douze animaux de Théo-
bald, 480 , — par douze colombes, IV , 48. — Envoyés de Jésus-
Cbrist pour convertir les nations, 11^ 317, 370. — Raison de leur vocable
donné aux églises, 370. — Ils sont les douze fondements de la cité de
Dieu, qui est l'Église, 370, 377 ; — 111, 43, 111, 178; — IV, 188. — Sym-
bolisés par douze pierres précieuses, II, 370 et suiv., 378 et suiv., — et
les douze Prophètes, III, 299. — Relations mystiques entre les douze
Apôtres et les douze tribus d'Israël, II, 370, 378 et suiv.; — III, 299. —
Ils sont les douze portes de la Cité céleste, II, 385 ; — III, 142. — Por-
tent tous un livre ouvert, ou fermé, II, 450; — III, 142; — IV, 90, —
et rouge, 13. —Valeur des traditions apostoliques, II, 470. — Les
ConslUulions apostoliques, et leur importance dans l'Église ; époque de
ce recueil canonique, III, 8; — ses diverses prescriptions, 9, 42; — IV ,
156. — Iconographie générale des douze Apôtres et celle de chacun en
particulier, III, 142 et suiv., 179; — IV, 90.— Ils accompagnent Jésus-
Christ, III, 142. — Ordre à suivre dans leur placement d'ensemble,
143, 146, 147. — Article du symbole attribué à chacun, 142 et suiv.,
179. — Erreur à remarquer dans cette attribution, 146, 148, — qui n'a
pas toujours été la même dans toutes les églises, 149. — Représentés
par les douze croix de consécration des Eglises, 178; — IV, 188. —
Envoyés deux à deux pour symboliser la charité, III, 185.— Représentés
sur les autels entourant le Christ, II, 166; — III, 276. — Promesse du
Sauveur de les protéger, 374, 520. — Sont-ils symbolisés par les douze
signes du Zodiaque? 411 ; — ils le sont par le bélier, 462. — Branches
de la vigne, qui est Jésus-Christ, 520, 523. — Ils doivent avoir les pieds
nus, II, 324; — IV, 94, 95. — (Voir les noms de chaque apôtre.)
Appareil des murailles de l'église; son symbolisme, III, 112 et
suiv. — Époque où s'emploie d'abord le grand appareil, IV, 427.
Apulée, cité, d'après sa Métamorphose, comme favorable au symbo-
lisme, I, 76, 287.
Arabes. Leurs idées symboliques, I, 206, 222.
Araignée. Description de son travail; elle symbolise la méchanceté
des persécuteurs, périssable comme eux, III, 496.— et l'avare, ibid. et
suiv.
Arbres. Arbre de vie , planté sur le courant des eaux, II, 391, 395 ,
479; — m, 518, 519.— Symbolisme général des arbres, 11,392, 393, 479 ;
— m, 339, 341, 518 et suiv.— Arbre de Jessé (voir Jessé); —du bien et
du mal aux façades des églises, 36, 530. — Arbres dont le symbolisme
convient mieux aux cimetières, 82, 52.^.— Symbole des Justes, 339,
341, 518. — Homme sculpté au milieu des branches d'un arbre, 340 et
suiv. — Arbre déraciné par deux hybrides, 374 ; — IV, 455.— Arbre de la
Vierge (voir Chandelier). Arbre restant où il est tombé, 111 , 442; — ar-
raché par un sanglier, 446; — IV, 496.— Arbres greffés en mars dans les
zodiaques du moyen Age, III, 456, 458.— Arbre de Nabuchodonosor, 518.
— Les arbres toujours symboliques dans l'art chrétien, 519 et suiv..
i
500 HISTOIRE Dl' SYMBOLISME.
534 ; . IV, 458. — Parabole du bon et du mauTais arbre sculptés à la
catbôdrale d'Amiens^ 111, 571. ~ Arbres généalogiques^ 574. — (Voir
Botanique, Flobe mlralb, et les noms des différents arbres.)
Arcade, considérée comme type caractéristique du style monauien-
tal. L*arcade en plein cintre prise des catacombes, III, 5. — Arcades
murales des églises, images des portiques de la Cité divine dans
TApocalypse, 173. — La triple arcade et l'arc trilobé, symboles de la
Trinité, lY, 74. — Arcades ogivales supportant les voûtes gothiques,
m, 174.— Arcade triomphale entre la nef et le chœur, 222 etsaiv.;
— IV, 128 et suiv.
Aroen-ciel, signe de bonheur chez les Scandinaves, 1, 179; — donné .
par Dieu même dans ce but, 296, 321 ; — II, 10, 85; — entourant son
trône, 163, 403, — et un de ses Anges, 210.
Archanges, au nombre de sept; ne quittent jamais le trône de Dieu,
II, 163.
Arche d'alliance. Son symbolisme dans le temple de Salomon, 11,^4.
— Figure de l'Église, III, 3. — Surmontée d'une croix pour indiquer
qu'elle prophétise le Christianisme, IV, 18.
Arche de Noé. Ses détails et ses mesures symboliques, III, 2 et 3, -
développés pur S. Isidore de Séville et appliqués à rÉgllse, 166, 167.
— L*arche est la figure de TÉglise, 160, 167, 303 ; — son bois incorrup-
tible représente le corps du Seigneur dans rEucharistie, IV, 50.
Archéologie, science devenue indispensable à la théologie, 1,9 et
suiv.; — III, 534; — IV, 413. — Sérieuses études qu'elle exige, I, Ui,
360; — II, 22, 472. — Elle tire tout son charme du spiritualisme, 2.
— Erreurs de quelques archéologues sur des monuments cbrétieûs
faussement attribués par eux au paganisme, III, 107. — Autre système
sur des symboles peu compris, 172, 192 et suiv., 2S4. — La théologie
indispensable en une certaine mesure aux archéologues, 172, 193 et
suiv., 534. — Comment quelques archéologues louent parfois on sys-
tème faux sur la réputation de son auteur, 534. — Que les développe-
ments de la science archéologique servent utilement l'art chrétien,
IV, 341. — Combien elle manque aux ennemis du Christianisme, et
trop aussi à ses amis, 394. — Sa Renaissance au xix* siècle, 40Set
suiv. — Doit être enseignée dans les séminaires, 412.
AfiCHiMÈDE, employé aux constructions navales du roi Iliérou I, 240;
— inventeur d'un orgue clepsydre, décrit par Tertullien, IV, 2G1.
Architectes, ont été au moyen Age, et jusqu'au xiiP siècle, dépendants
du clergé, ou très-sou vent des clercs eux-mêmes, II, 561 ; — III, 192.-1'^
laïques ignoraient les principes symbolistiques, 199 et auiv. — Modestie
du plus grand nombre des architectes restés inconnus, 59, 60, 19^ SOû.—
Les architectes des églises doivent être choisis par l'évêque, 67 '^-^y^'
boles convenables au tombeau d'un architecte, 68. — Pourquoi les
architectes ont pris S. Thomas pour patron. 146.— Ceux de la*Iten«i«-
«ance laissent peu de traces honorables, IV, 348.— Peu in!ellig<^^^
TABLE GÉNÉRALE. 504
anjotirdliui des besoins de l'art chrétien, qu'ils n'étudient pas, 111,
158, 181, 193, 320, 322. 437, 565 ; — IV, 22, 44. — L'architecte ordonnait
tout au moyen ftge, monument et ornementation, III, 244.-* Vaines
recherches d'un art nouveau qui puisse remplacer les données chré-
tiennes par un éclectisme impossible, 252, 255.— Institution regrettable
des architectes diocésains, 323; — IV, 22 et suiv., 404 et suiv.— Quel-
ques-uns ne craignent pas de se faire peindre ou sculpter au nalurf4
dans les églises qu'ils décorent, 232.
ARCBrrECTURB CHBÊTiENNE, affecte des formes symboliques, témoin
TEscurial de Madrid,!, 228. — Le collège de la Sapience à Rome,
228. — Le spiritualisme est l'âme de l'architecture d'autrefois comme
d'aujourd'hui, 245, — et l'idéal de la beauté plastique, 245, 355; —
on le néglige trop dans les écoles d'architecture, IV, 406 et suiv. —
Variété de ses données esthétiques, I, 355; — III, 191; — IV, 24. —
Elle s'applique à l'ensemble de l'é^iflce sacré et à ses détails, contrai-
rement à l'architecture païenne, 1, 3iS9, — dont elle n'a pris en rien les
inspirations. HT, 6, — Style des premiers siècles, IV, 426. — Sa marche
successive depuis la basilique romaine jusqu'au xvi* siè«'.le, II, 12; —
III, tout le chapitre !•'. — Magnificence architecturale du xni« siècle,
II, 13, 36 et suiv. ; — III, 198. — Phases diverses de l'architecture , di-
rigée tantôt par le clergé, tantôt par les laïques, II, 25 ; — III. 51 et
suiv., 193 et suiv., 200, — et toujours par le clergé jusqu'au xiii* siècle,
II, 561 ; — III, 41 et suiv., 52, 54, 191, 200, 313 ; — ce qu'il faudrait en-
core, IV, 408. — Ses premiers types dans les catacombes, III, 5, 106,
188 , — et non dans les basiliques romaines , 6, 106. — Les minia-
tures des manuscrits rendent très-bien l'architecture de leur époque,
rv, 24, — qui participe même, par son siyle, du caractère de leur écri-
ture, 25, — et de celui de la musique sacrée, 253. —L'architecture chré-
tienne incompiétemeut étudiée si on la sépare de l'esthétique et de la
liturgie, III, 6, 193 et suiv. — L'Église y a imprimé sa théologie, 191,
200. (Voir Théolngie,) — Ses imperfections du iv« au x« siècle, 14.
— Renaissance des xi* et xii« siècles, et activité architecturale de cette
époque, 20 et suiv., 243. — Ses causes morales, 23, 25, 194, 248 et suiv.;
— IV, 430 et suiv.— Si la crainte de la fin du monde l'a entravée alors, III,
18 et suiv.— Apparition du grand appareil, 25, 51; — IV, 427.— Malheurs
. de l'architecture au moyen ftge, 426. — Progrès du xii« siècle et de Té-
poque de transition, III, 29, 34, 187, 256; — ceux du xiii«, 36 et suiv. —•
Ce que les constructeurs du vii« siècle ont emprunté aux Visigolhs,
51. «-. Caractères de leurs constructions, IV, 25. — Époque ostensible
des écoles d'architecture , III, 57. — Pourquoi le moyen Age n'a rien
écrit sur les règles de l'architeclure religieuse, 60; — IV, 24. — Que le
style des constructions civiles diffère beaucoup, et en quoi, du style
des monuments religieux, 111, 62 et suiv. — Celui-ci trop peu observé
dans S. Pierre de Rome, IV, 349 et suiv., 360, — Fausse histoire do In
franc-maçonnerie du moyen âge, III, 196 et suiv. — Décadence du style
ogival, IV, 345 et suiv., 347. — Fausse persuasion qui ferait chercher
un genre d'architecture mieux accommodé pour les églises aux exi-
gences symboliques des nôtres, III, 252 et suiv., 255. — Pians è essayer
302 HlSTOIRli: DU SYMBOLISME.
cependant^ IV^ 63 et suiv., 65. — Accord & rechercher entre le monu-
ment et son ornementation^ III, 255. — Les progrès ou la décadence de
l'architecture décident la marche des autres arts^ IV, 19, 20, 25, 303^
397. — Cette décadence commence dès le xv* siècle, 207 et suiv. — Rap-
ports entre le style monumental et celui de l'orfèvrerie, 308. — Diffé-
rence entre le style architectural des xiP et xiu* siècles, 313. — Déca-
dence de l'architecture chrétienne, et ses derniers efforts au xvp siècle,
392. — Mépris systématique professé contre l'architecture du moyeu
âge par les savants du xvir siècle, 394 et suiv., — qui cependant avait
fuit preuve d'un beau génie, 397. — Comment elle s'efface et s'annule
aujourd'hui encore aux mains d'architectes ignorants, 399 et suiv., 404
el suiv. — Services rendus par M. de Caumont, par la classiftcation
des époques monumentales du moyen âge, 402. — Que les laïques ne
doivent se mêler d'architecture sacrée que moyennant des études
d'esthétique, 409. — (Voir Églises.)
ÂRCHiTHCTURB PAlENNE. Symbolisme de l'Inde dans ses temples,!, 162.
— Origine de l'architecture, 218. — Génie de l'architecture, 219. —
Idée des premiers temples païens, 222. — De l'architecture orientale
ancienne, 223. -* Symbolisme des Ordres, 224 ; — III, 329. — Us ne
valent pas les styles de l'art chrétien, 254. — Le symbolisme presque
nul dans l'architecture païenne, I, 359; — III ^ U, 329. — Teadances
malheureuses de nos architectes modernes vers l'imitation de Tart
païen pour faire des églises chrétiennes, 254 et suiv.
Aroent, symbolisé par la lune, I, 60. — Ses autres significations
symboliques, II, 548 : — de l'éloquence évangélique, IV, 41, — de la pa-
role, 141.
ÂRiÂNiSME, donne occasion au développement par les Pères du dogme
de la Trinité, IV, 75.
ÂRiNGHi. Intérêt qu'offre à la science symbolistique souRoinasubier'
raneoy II, 500, 505; — 111, 86, 88.
AaiSTOTB. Ce qu'il pense des nombres et de leur influence sur les choses
humaines, 1, 111, 113. — Ses préjugés sur les gemmes, II, 366. — « Pa-
triarche des héréliques, » 631 ; — IV, 344. — Sa méthode syllogistique
appliquée à la théologie, III, 632 ; — IV, 344.— Aristote se faisant qua-
drupède sur un chapiteau, II, 23 ; — III, 311. — Ce qu'il dit du théâtre,
IV, 190. — Le XY^' siècle abuse de sa philosophie païenne, 344.
Arithmétique (voir Mathématiques).
Arithmomancie. Traité de Del Rio sur ce sujet, 1 , 38 , 115. — Prin-
cipes des anciens , 114 , 115.
Aqmagédon ou Mageddon, lieu symbolique, rendez-vous de Satan et
de ses satellites, II, 275.
Armoiries (voir Blason).
Arnaud (de Bresse) , hérétique du nu* siècle ; comment symbolisé
par S. Bernard, II, 601 et suiv.
Art (L'; a besciu du symbolisme , I, i2 , 162 , 348, 363 ; — II , 607 et
TABLE GÉNÉRALE. ^M
saiv.; ^ III , 361. — Le» arU remoatent au berceau du monde , 1 , 17 ;
«- ils s'emparent de toute la vie humaine > quoique plus ou moins
compris de cbacun , 21 8 ; — II j 101 ; — IV^ 2. ^ Ile n'existent pas sans
le symbolisme, I , -214, 219, 221 et sniv. -^ Nombreux exemples du
succès de ce moyen , 261 et suiv., 348 ; — III , 524. — Enchaloement et
filiation des arts libéraux , 1 . 215. *• Les Grecs plus distingués dans
les arts que les Romains , 259 , 262 , 278. — Les idées morales doi-
▼ent présider à l'art, 287 et suiv.; -* III, 252. — Les arts, même
dans l'antiquité païenne, doivent leur philosophie à l'esprit chrétien
donné au monde dès le commencement, 1, 348 , 354 , 362 ; — IV, 100.
— - Le but de l'art est de plaire , 115. -» L'art inspiré toujours par
Dieu on par le démon , 1 , 355 ; •-- dans ses œuvres symboliques , Il ,
iOi ; — III , 361. — Comment l'Église favorise les arts au point de vue
de son enseignement » 1 , 363 , 364 ; — II , 12 et saiv., 503 , 561 ; «- III ,
149, 187, 361 ; — IV, 2, 200, 201. 206, 264, 268. — Causes morales de la
décadence de l'art. Il , 15; — UI, 40, 98; — IV, 344. (Voir Renais-
sance.) — Motifs empruntés à la Bible , II , 101 , 503 ; ^ III , 361. —
Aspirations de l'art vers Dieu , IV, 100. ^ L'art chrétien sccusé à tort
de caprices inintelligents , II , 505 , 561 ; — 111 , 40 et suiv., 62, 64 ,
241. (Voir Clergé,)— L'art n'est jamais plus près de sa chute que lors-
<lii'il attein* son apogée, III . 34 , 39; — TV , 25. — Ce qu'on a gagné
h vouloir de Vart pour Vari , 111, 187 , 278; — IV, 124, 268. — Har-
monie des effets à chercher dans l'art , aussi bien que l'unité , III ,
253; — IV, 113 et suiv. —Charlatanisme du prétendu art chrétien
moderne , III, 278, 440 ; — IV, 268. — Emprunts faiU par l'art chrétien
à l'art antique pour la décoration des églises, III, 524.— Combien l'art
était riche et savant au moyen Age, IV, 40 et suiv., 42.— L'histoire de
Fart inséparable de celle de l'homme, et réciproquement, 234. — L'art
doit tout au Christianisme et n'existerait pas sans lui, 283. — Comment
le moyen âge excella dans les arts par son esthétique. 311.— Beaucoup
de procédés y étaient pratiqués , qu'on a cru plus modernes, 311. — La
morale inséparable de l'art, 342. — Chasteté de Tartan moyen ftge,383.
— (Voir Clergé, Évêques.)
Artistes, doivent se former par l'étude de la philosophie spirilua-
lii»te, 1, 349 ; — IV, 342; -commettent beaucoup de fautes par ignorance
de leurs sujets, II, 436, 561 , 634 ; — III, 277, 322; — IV, 22, 67, 120,
132, 133. — Ceux du moyen ftge ou prêtres ou dirigés par les prêtres,
11 , 561 ;— III , 51 et suiv., 59 , 327, 336.— En quel sens on doit entendre
la liberté qui leur était laissée, et qui ne dégénérait jamais en cnprice,
55, 149,299,327,335, 344, 418,529; — IV, 109, 147.— Refusant
trop d'étudier, aimant mieux travailler par routine, 58, 72, 131.-
Études indispensables à leurs travaux religieux , 59 , 114, 144 et suiv.
— Leur ingratitude envers la religion, à qui ils doivent tout, 283.—
Devraient s'inspirer pour leurs sujets religieux des sentiments et du
faire d'Ange de Fiésole, II, 608; — III, 251; —IV, 130, 360, 367 et
suiv. -*• Ce qu'ils font au contraire, 378 , 403 et suiv.
Arum, plante qui a donné son nom à la famille des aroldee. Erreurs
l
504 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
de M. Woillez dans rapplicatlon qa'il en fait à certaines idées symbo-
liques^ III^ 532 et suiv.— Description de cette plante, 535.
' Ascension de Notre-Seigneur. Dragon symbolique porté à la proces-
sion de ce jour en divers lieux^ III, 391. — La procession des Rameaux
en est une représentation symbolique, 563. — Autre image de ce fait
dans un manuscrit du xy« siècle, IV, 34.
AsciA, symbole mystérieux des sépultures antiques; les chrétiens ne
l'ont pas employé, III, 84.
ASEB, :fil8 de Jacob , symbolisé par les poissons du Zodiaque, II, ilO.
ASPEBSION du sang des victimes dans Tancienne Loi , symbole du
sang de Jésus-Christ dans la nouvelle. II, 93. — (Voir Bénitier , Eau
BÉNITE.)
Aspic, sorte de serpent, symbole du démon, III, 361,449.
Assomption de la Sainte Vierge. On y bénissait au xiu« siècle deé
branchages nouvellement cueillis, II, 647. — Époque de Tinstitution de
cette fête, III, 459.
AsTAROTH, nom symbolique du démon des richesses, IIÏ, 366.
Astrologie judiciaire, science spécieuse qui a peut-être inspiré
quelques détails de la sculpture chrétienne, III, 349.
Astronomie, symbolisée ingénieusement sur le tombeau de Kepler,
1 , 54.— iQcertitudes sur son origine , 57.— Ses signes symboliques, 58;
— ses relations et afGnités avec la chimie, 61; — ses rapports avec le
culte d'lsis,89. — Soumise à l'influence des nombres, 111. — Son
rôle dans la religion des Hindous, 160 ; — chez les Scandinaves, 181.—
Était fort avancée chez les Hébreux, II, HO, 111 ; — inspire roricnta-
tion des tombeaux , III , 79.
Athéisme. C'est par le symbolisme que le monde en a été préservé ,
1 , 365.
Attila, repoussé par les Francs en Italie, où il meurt, IV, 426.
Attributs des Saints. Leur importance comme symboles, IV, 90. —
A quelles sources puiser pour les connaître? IV , 92. — Les attribuU
servent à distinguer les Saints de tout autres personnes , etd'aulre^
Sainte, 95. — (Voir Cahier, Coulecrs, Dieu, Nimbe, Trinité.)
Aube, tunique sacerdotale. Son histoire, ses conditions, son symbo-
lisme, IV, 169. — Donnée à Moïse et à Aaron, 210, 211.
Aubépine fleurie, symbole du printemps, I, 208.
AuBER (L'abbé), auteur de ce livre , a combattu longtemps pour le
sujet qu'il y développe, 1 , 9; - II. 23; - IV, 419. - Son Histoire (U
la calliédraU de Poitiers ; il en a fait une histoire de l'art au moyen
âge , III, 258 , 305 ; — IV, 414. — On a combattu ses principes d'eslbé^
tique, aujourd'hui admis de tous, I, 355; — II, 590, 591 ; — IV, 420;-
et autorisés de tout temps par les érudits , II, 604 et suiv.; — IH , 303,
533. — Attaqué à tort par M. Lenormand, dont il réfute les sophiames,
1, 177; — III, 533 et suiv. — Comment il veut que la Sainte Vierge
immaculée ne soitjamais représentée sans l'Enfant Jésus , iV, 137.-
TABLE GÉNÉRALE. 505
Son bat en écrivant ce livre ; ses espérances sur ses résultats , 413 et
suÎY.— Ce que pense M, de Caumont de ses travaux sur le symbolisme,
417. — Lettre à ce dernier en réponse à ces questions sur la marche du
symbolisme du v« au xiii« siècle , 441.
Auguste (L'empereur). Inutilité de ses efforts pour illustrer son règne
parles arts^ I^ 260.
Augustin (S.) ne croit pas qu'on puisse connaître le sens de l'Écri-
ture sainte sans la connaissance de l'hébreu, I^ 46 ; — *II, 470 , 495. —
Son estime du symbolisme et emploi qu'il en fait, I, 46, 119, 123; — II,
495 et sniv. — Belles qualités de son esprit, I, 122 ; — II , 494 et suiv.
— Son traité De la Musique, 1, 123, 129.— Ce qu'il dit du symbolisme
des nombres , 125 , 129, 138 , 144, 146 , 151, 487, 497. — Sa Doctrine
chrétienne, II, 495. — Ne veut pas qu'on cherche le symbolisme dans
les caprices de l'imagination, 96. — Son commentaire sur le Léviliguc,
97. —Ce qu'il dit du Cantique de Salomon, 118, — de la durée des
temps prédits par l'Apocalypse, 144 et suiv., — du jugement dernier ,
183. — Il regarde Marie comme type de l'Église, 227, 234, 421. — Ses
pensées sur la virginilé et ses privilèges dans le ciel, 257. — Sa des-
cription de la sécheresse de l'an 300, 267.— Son livre de la Ciié de Dieu,
281 , 283. — Son opinion sur le Paradis, 355, — sur le symbolisme du
rocher de Moïse, 360, — sur les rapports symboliques entre l'Église
et la lune , 437. — Ce que le pape S. Célestin I«' pense de ses opinions
individuelles , 469. — Comment il expliqué les six jours de la création,
470. — Ce qu'il dit des traditions apostoliques et des croyances de
l'Église, 470, — et du serpent, 496. — Il reconnaît toujours dans l'Écri-
tore Jésus-Christ sous l'écorce de la lettre, 516; — III, 3 , 4. — Ce
qu'il dit des phénomènes physiques de l'Eucharistie, 336, — et de
rincarnation , 414.
Aulu-Gellk, cité pour le symbolisme des nombres , 1 , 116.
Aumône, symbolisée par le pélican, III, 211.
Auréole (voir Nimbe).
AusoNE cité sur le nombre neuf, 1, 117.
Autel ardent , symbole de Vesta, 1 , 58.— Les autels profanés , dé-
truits jusqu'à ia dernière pierre , 238. — Autel des holocaustes , II,
191 . _ Antel de bois de Séthim , 111 , 265 , 266. — Autel chrétien, sym-
bole de Jésus-Christ, 11 , 179; — III, 67, 68, 227,266. 267 ;— toujours
muni de reliques des martyrs, II, 179, 187, 197 , — III, 262 , — IV, 157,
ou de parcelles de l'Eucharistie, 263; — figure de l'Église, II , 615 ; —
III, 227. — Raison des cinq croix sur la pierre consacrée, II, 642. — Sym-
bolisme du nombre impair des degrés de l'autel , III , 67, 68, 226 et
sniv. — Il doit être en pierre , 68 , 265 ; — conditions de celte pierre ,
26t>, 267, 269. —Autels des cimetières, 84.— Le tabernacle doit
être inséparable de l'autel, sauf de rares exceptions, 226 et suiv.— Dé'
tails de l'autel des églises, touâ symboliques, 225 et suiv., 273 et suiv.
— Autels fixes, 262. — Antel sculpté de Fontgombaud, orué des douze
apôtres, II, 166. — Origine de l'autel chrétien, III, 262. — L'autel
506 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
placé dans l'abside jusqu'au xn« siècle , 168 ; — multiplicité des auteU
motiyée à cette époque , 195, 268. ~~ Son orientation normale, 236;
— respect dont il est digne, 228. -* Ses dimensions se sont progressi-
vement augmentées , 229. — Autels portatifs , 264 , 271 ; — IV , 305. —
Sépulcre de l'autel , III, 264. ~- Autel ou confession de Saint-Pierre à
Saint-Jean de Latrau , 263. — Cérémonies symboliques de la consécra-
tion des autels, 267 et suiv. — Symbolisme de leurs parements , 268 ,
278 , 289. — Siau>licité primitive des autels et leurs rîcbesses au moyen
Age, 269, 273. — Autels de Mazerolles en Poitou, 270. — Le marbre
peu convenable aux autels, et pourquoi , 273. — Conditions des autels
d'orfèvrerie , 272 , — et de leur symbolisme , 273 et sniv. — Autels de
Saint-Florent des Bois et d'Avenas , 276. — Autel des fonts baptismaux,
296 et suiv. — Quand on commença à placer Timage du Crucifix sur les
autels , IV, 122. — Autel d'or de BAle en Suisse, 309; — celui de Saint-
Denys donné par Siiger^ 318. — Quel genre de beauté réclame Tantel
catholique, 321 et suiv. — Devants d'autels, et industries à leur appli-
quer, 322. — (Voir Orfèvrerie, Tabernacle.)
AuTHiE , village de Normandie; démonologie du portail de son
église, IV, 453.
AuTPKRT (Ambroise), écrivain symboliste du viii<^ siècle. Sa vie et
son caractère, II, 530; — ses Discours monailiques, et leur esprit
symbolique, 531.
AuTREYiLLE, village des Vosges. Son église et son curieux tabernacle,
IH, 280.
Autruche, a un nom symbolique, 1, 35. — Symbole du démon, II,
519. — Image des déprédateurs , III , 446.
Avarice. Symbolisée per une femme dont un crapaud ou un serpent
dévore la poitrine, II, 272.— Avare puni par le démon, III, 379.
Avenâs , village de Bourgogne. Bel autel du xii* siècle dans son
église , III , 276.
AvENT, symbolisme de ses Ofdces, II, 158; — IV, 31. — Anciennes
coutumes d'Auxerre et de Clermont, 183.
Aveugle de Jéricho, symbole de la nature aveuglée par le péché
IV, 132.
Avril. Ses caractères symboliques dans le cycle zodiacal, 111, 458.
Axe longitudinal des églises. Sa déviation symbolique (voir Églises).
—Nombreux exemples de ce symbolisme, III, 171.- Exagération de ce
moyen, et fausses conséquences qu'en tirent quelques archéologues ,
172. — Ne pas le négliger dans les constructions modernes , IV , 63, —
ni dans la crucifixion ,128.
Ayala (Inlerian de), religieux espagnol, auteur du Pictor chrislianvs
eruditus, livre à étudier par les peintres, IV, 145.
Ayzac (M»» Félicie d') promet un livre sur les nombres, 1 , 155. -
Ses travaux sur les physiologues du moven Age, 11,246; — sur le
symbolisme d'Hugues de Saint-Victor, 368."
TABL£ GÉNÉRALE. 507
AzAiJAg. Signification hébraïque de ce nom^ I, 44.
Azur ou couleur bUue du blason. Ce qu'il signifie. Il , S48.
B
Babcl. La construction de sa tour suppose déjà un grand développe-
ment des arts primitifs, I, 17.
Babylone dépeinte ayec ses désordres sous le nom de Borne païenne,
ff,218, 244. — Punie providentiellement et ruinée pour ses crimes,
2Ô8 et suiv., 283 et suiv., 294 et sniv.; — IH, 370. — Raisons de ce nom
donné s la cité la plus coupable de l'Occident, II, 285 etsuiv. — Sym-
bolisée sur un chapiteau de Ghauvigny-sur- Vienne, 287 ; — IV, 332. —
Causes morales et matérielles de sa chute, II, 299.— Détails de cet évé-
uemeot, 303.
Bacchds a pour attributs le thyrse et une couronne de pampre ou
de lierre, 1, 84.— On place ses temples près des théâtres , 227. — Ses
Btataes faites du bois de la vigne , 268. — Son thyrse changé en balai
dans la cabale moderne, III, 397. — Usages impurs de son culte , 397,
409.
Bacon (Roger j , inventeur de la poudre et des effets de la vapeur, II,
622; — conçoit la première idée du calendrier grégorien, II, 678.
Badigeonnagr, ne doit pas s'appliquer aux meubles plus qu'aux mo-
nnmenis, IV, 114.
Bagâvadam, livre sacré des Hindous. Singulières explications qu'en
tire M. Portai, I, 341.
Baillitt, hagiologue du xvii* siècle. Ses tendances jansénistes
contre les miracles, et ses injustices contre Jacques de Varaze, II, 648,
657.
Baiseh de paix, observé entre les fidèles dans la primitive Église, III,
205.
Balaam, faux prophète; prédit l'étoile qui sortira de Jacob, II, 156, 397.
— A le même caractère chez le peuple de Dieu que les sibylles chez les
païens, IV, 96. — Représenté aax catacombes , 431. — Son rôle dans le
drame liturgique de la Circoncision, dite fête de Vâne, IV, 211 et suiv.;
— que ce rôle a fait donner le nom à la fête, 215.
Balai, employé aux scènes de la cabale. Origine de cet usage, 111,397.
Balance ([^) du Zodiaque. Son signe symbolique, I, 58. — La pro-
phétie de Jacob en fait le symbole de Dan, II, 109. — Symbole de la
justice , 177 ; — III , 87 , 463. — Indique la famine . il, 177. ^ Satan
pesant les âmes dans une balance (voir Pesée des âmes),— Symbole de
Tégalité des jours et nuits, 111, 460.
Baldaquin (voir Cïbobium).
Baleine. Sou nom symbolique, 1 , 31. — Contes des pbysiologues h
son sujet, III, 498 et suiv. — Svmbole du démon, ihid, — Sa gueule,
508 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
figure de l'enfer ou du purgatoire ^ 499. — C'est le E^viathan de Job,
Banc d'œuvre dans les églises. Sa destination ; ses conditions conre-
nables^ III, 217.
Bande^ pièce de blason. Ce qu'elle représente^ 11^ 545.
Bannière brisée^ attribut de la Synagogue, II, 448.
Baptême. Le triple baptême de l'eau, de la pénitence et du fea syni-
bolisé par les trois nuances de la couleur bleue ,1,314. — Bapléoes
musulmans, 318. — Symbolisme du baptême catholique , II , 20, i(n,
360, 394, 527 , 534 , 645 ; — III, 119, 131 ; — IV, 74, 151. — Donné par
immersion jusqu'au xiii« siècle , 11, 167, 645 ; — IV, 151 , 296,297 ; -
et alors aussi par infusion , II, 403. — A été symboli:>é par la merde
verre ou les nuages posés sous les pieds du Sauveur, 341; —par
l'eau du rocher de Mol^e, 360 ; — par l'eau que donne à Ëlie la veuve de
Sarepta, 517; — par telle sortie du côté percé de Notre-Seignear, 522,
6i5; — parles trois aspersions des murs dans la dédicace des église»,
IV, 74 ; — par les anneaux de l'Arche d'alliance, II, 645 ; — par la Cir-
concision , m , 299; — par la mer d'airain de Salomon , i(^.; — par
l'immersion de Naaman dans le Jourdain, ibid, — Comment le baptême
ensevelit le fidèle avec Jésus-Christ, II, 527; — III, 296. — Ses effcU
spirituels symbolisés dans la légende de S. Genès , II , 534. — Réderté,
au xiii« siècle, pour les samedis veilles de Pâques et de la Pentecôte,
645; — cérémonies bien plus anciennes qui s'y pratiquaient, IV, 180.~
Riptê.ne des cloches, III, 124 et suiv. — Symbolisme du baptême par
immersion, 296 , 297. — Baptêmes du centurion Corneille et du phUo-
sopbe Craton représentés sur des fonts baptismaux, 299.— Le baptême
symbolisé par une bouteille; pourquoi, IV, 450 et suiv. — (Voir Ablc-
TioN, Baptistère, Fonts baptismaux.)
Baptistères. Les plus célèbres de l'Italie ravis aux païens et devenus
des églises chréliennes, III, 108.— Baptistères octogones, et lear raison
symbolique, 294.— (Voir Fonts baptismaux.)
Barbe, signe de deuil , comme les cheveux longs ou courts, selon les
usages de divers pays , 1 , 197 et suiv. — Symbolisme des visages im-
berbes, III , 145 ; — IV, 120. — La barbe, indice de force morale, III.
145 ;— IV, 120. — Quaud elle est donnée ou non à Jésus-Christ, 120; —
aux Prophètes, 210.
Barbr-Bleue (voir Rclz).
Barchochébas , fils de r Étoile, imposteur qui se prétend le Messie,
II, 194.
Bard (Le chevalier), liturgiste incomplet. Ses erreurs archéologiques,
111,117.
Batides. Symbolisme de leurs poésies, I, 181.
Baril, symbole du vin eucharistique sous forme de modillon. Son
rôle dans la consécration des évêques et au sacre des rois de France,
III, 130.
r
TABLE GKNÉUALË. 509
Barnabe (S.); ap^tre^ nommé après TAsceiisioii du Sauveur, et pour
cela mentionné au menirnlo des morts dans le canon de la Messe^ 111^
148.
Baaqde de S. Pierre, symbole de l'Église, II , 430; — Ilï, 190 ; — ex-
pliquée par S. Hippolyte d'Ostie, 11^ 431.
Bahbb, pièce de blason. Ce qu'elle signifie, II, 543, 546.
BABTHÊLSiiY (S.)» apôtre, symbolisé par la sarde, II, 380. —Contro-
verse sur ses attributs iconographiques , III , 147. — Comment la
Légende dorée établit le rôle du démon dans le martyre du Saint, 366.
Barthêlemt (M. Anatole de). Son Essai .-ur Vorigine des armoiries
féodales, II, 541.
Bartholoméo (Fra), peintre et sculpteur italien de la Renaissance,
dominicain; sculpte un saint Marc dépourvu de tout symbolisme,
IV, 367.
Basan, auteur du Dictionnaire des graveurs; se trompe sur une
estampe d'Albert Durer, IV, 366.
B.\silx (S.), Père grec du iv* siècle. Ce qu'il dit du travail, et du bœuf
qui le symbolise, III, 452. — Rmprunt qu'il avoue des préjugés zoolo-
giques des anciens au profit du symbolisme, 471.— Ses charmantes ré-
flexions sur la rose et ses épines, 517.
Basilic. Sa description d'après Pline, 1, 93. — Oiseau et serpent, III,
466. — Symbole de l'éternité, I , f3, — de la royauté , 188 , — de la
trahison, II, 601,— du démon, 111, 361, 449; — IV, 437.— Dompté par un
évêque, III, 466.
Basiliques, n'ont pas été, comme ou l'a cru et redit, le type primitif
des églises chrétiennes, III, 6 et suiv., 105. — Elles manquaient du sym-
bolisme chrétien, 8 ; — comment on Ty compléta en les adoptant, 9 et
suiv., 133. — Quelques basiliques romaines avaient jusqu'à cinq et
sept nefs, 176.
Bastard (M. le comte Auguste de). Analyse de son beau recueil :
Peintures et ornements des manuscrits du y auxvi" siècle , il, 454.—
Sa dissertation sur la crosse é maillé») de l'abbaye de Tiron, 455 ; —
111,340 et suiv., 381 ; — IV, 165,— Son Rapport sur ^histoire de la ca-
Uiédrale de Poitiers, IV, 38, 334.
Bathilde (S**) , reine de Neustrie , femme de Clovis II. Beau calice
qu'elle fait confectionner par S. Éloi pour son abbaye de Chelles, IV,
293. — Elle pourvoit magnifiquement à la sépulture de ce Saint,
295.
Batisster, auteur de V Histoire de Vart monumental; se trompe sur
Taction symbolistique des couleurs dans la peinture chrétienne, IV,
10.
Baume, liqueur produite par Tarbre de ce nom et qui entre dans la
composition du saint chv^ème, III, 361.
Béatitudes (Les huit), représentées par des étoiles à huit rayons, II,
152 ; — III, 109 et suiv. — Symbolisme de leur nombre, 294.
blO tflSTOlRK Dr SYMBOLISME.
BÈATRicK, symbole de la théologie dans la Divine Comédie de DaDte,
11^ 665. — Erreur de Balbo sur ce points 667. — Caractère de cette
beauté idéale, 669. — Béatrice , femme de Tempereur Frédéric Barbe-
rousse, III, 110.
Beâulieu, de Niort. Extrait de son Mémoire sur l'origine de la ma-
sique, I, 64.
Beauté artistique ; idée que s'en faisaient les anciens^ 1, 258. — Le
beau est la parure de la vérité, 349, — IV, 385, — et ne se troaTe
qu'en elle, II, 4. — L'unité est sa première condition, III, 253 etsoiT.;
IV, 120. — Théorie catholique de Baltbazar Castiglioni sur le beau et
le Men philosophiques, 385. — Fausse théorie du beau qui le fait con-
sister dans la perfection de nudités déshonnêtes, 389 et suiv. — La
beauté artistique ne vient pas seulement des formes du corps, mais de
tous les ageucements qui lui conviennent, 390.
Beccabia. a quelles conséquences conduit son système contre la
peine de mort, II, 85.
BEDE (Le V.}. Ce qu'il dit des symboles de la numération, J,56, 135,
138; — de son application aux sciences, 98, 134. — Un des premiers
symbolistes^ II, 20, 523, 526. — Ses œuvres sont une encyclopédie dei
sciences de son temps, 1, 134 ;— II, 522.
BÉHÊMOT, nom symbolique du démon dans Job, III, 361.
Belhet (Jean), liturgiste du xiiP siècle, symboliste éminent^ II, 20.—
Ses livres de liturgie et d'exégèse, 579 et suiv.
Béuer (Le) du Zodiaque. Signe qui le symbolise, 1, 58 ; — II, 110.—
Pourquoi donné au mois de mars, 111, 458. ^ Est le symbole des sacri-
fices antiques, I, 369. — Symbolise Notre-Seigneur, II, 86, 99;'— lll,
462.— Bélier vu en vision par Daniel, 11,88 et suiv.— 11 symbolise aussi
les Apôtres et les chefs des peuples, III, 462.
Bembo, cardinal de la cour de Léon X , chef des cicéroniens. Bidi-
cules prétentions de son latin, IV, 382.
BÉNÉDICTION, signe de la puissance souveraine du sacerdoce, II, 346.
— Mystère de la bénédiction de Jacob sur Éphralm et Manassé, 452 et
suiv. — Les évéques bénissent seuls jusqu'au vp siècle , 346. — Depuis
quand la bénédiction est donnée par le prêtre à la fin de la messe,
346. — Bénédiction latine, III, 334 ; —IV, 110. — (Cette bénédiction se
fait par une main dont l'index et le doigt du milieu sont étendus, et
\eé deux autres baissés et serrés contre la main : c'est un symbole de
la Trinité.— La bénédiction grecque, bien plus compliquée, s'efforce
de représenter par le jeu des cinq doigts les lettres I par l'index al-
longé, le C par le médium recourbé, le X par l'anaulaire croisé sur k
pouce, et le dernier C, par le petit doigt recourbé.)
BÉNÉFICES. Abus des bénéfices ridiculisé dans une vignette d«
XV siècle, IV, 34.
BÉNITIER. Son histoire^ son but dans les églises ; détails de son orne-
TABLE GéxNÉtlALl*:. M 4
mentation symbolique, Ul, 209 et suiv.— Bénitier de Spire et ses images
symboliques, H, 511. — (Voir Eau.}
Benjamin, fils de Jacob, symbolisé par le Capricorue du Zodiaque, H,
ilO. 0
BenoIt (S.}. Pourquoi a partngé eu sept parties TOffice canonial, I,
131.— 11 ordonne le travail manuel dans ses monastères, III, 46 , — où
l'on cultive les lettres dès le commencement, 47.— Trait de sa vie
ressemblant à un trait de la vie de S. Jean l'Évangéliste , IV, 37, 92. —
Pourquoi le corbeau est son attribut spécial, 92. — Pourquoi S. Be-
noit a une clocbette brisée , ibid. — Prescriptions symboliques de sa
règle, 180.
Benoît XIV (Le pape) interdit certaines images peu convenables de la
Sainte Trinité, IV, 80.
BÉRENGOSE, symboliste du xii' siècle. Ses écrits, II, 562.
Bergier (L'abbé). Comment trompé par les encyclopédistes voltai-
riens sur ses articles de théologie, IV, 96, 226.
Bernard (S.), évéque de Uildeâbeim. De quelle habileté il fui dans
tons les arts, III, 57.
Bernard (S.), abbé de Clairvaux. Ce qu'il pense du symbolisme des
nombres, I, 137. — Mal compris sur un célèbre passage de ses écrits
relatif au luxe des églises monastiques, 11,23, 139, 501, 583 etsniv. —
Examen de ce passage, 593 et suiv.; — 111, 33, 154, 378; —IV. 433,436.
— Son commentaire sur le Cantique de Salomon, II, 132. — Date pré-
cise de cet écrit, 133. — Ce qu'il dit de l'Apocalypse sur la Sainte
Vierge , 240. — Caractère général de ses écrits et beauté de son génie,
582 et suiv. — Variété de ses travaux, 583 et suiv. — Comment il traite
l'Écriture par la méthode symboiistique, ibid. — Sa parabole des s&pt
pains, 586. — Emploie le symbolisme des bestiaires contre Arnaud de
Bresse, 601, 602,-111, 344, — et en d'autres cas, 154; — ce syD[ibolisme
bien plus ancien que lui , 378. — Le dernief des Pères de l'Église au
moyen ftge, II, 606. — 11 délivre une femme du démon à Nantes , III,
426. — Son traité Vilis mystica, ou Des plantes et fleurs symboliques,
570. — N'est pas l'auteur de Vhymne Lxlabundus exsullel, iV, 254.
Bernard (Domj, abbé de la Trappe de Tbymadeuc en Bretagne. Son
éloge, II, 604.
BÉROSE, hiatorien grec. Sa statue à la langue dorée, 1, 269.
Bbsan, monnaie sarrasine. Sa signification béraldijque, II, 545.
Bbssarion, cardinal de la cour de Léon X ; un des chefs cicéroniens
du langage païen dans les choses saintes, IV, 382.
Bestiaires (voir Physiologues).
BÉTB symbolique de l'Apocalypse, figure de Rome païenne et de ses
fureurs contre les chrétiens, 11, 218, 337. — Son nom applicable à Dio-
clélien par le nombre 6641, 252 et suiv. — Vêtue de rouge, 284. —
Explication de ses sept têtes, 289; — III, 359, 52. — Elle signifie l'An-
téchrist, 323 , 456; — 370. — Ses satellites, Il , 324. — Si punition, 336
512 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
et suiy. — Ses sept têtes comparées aux sept péchés capitaux, III, 527.
— (Voir Animaux.)
Beurre, symbole biblique de la sagesse et de la richesse spirituelles,
1, 304. •
BkzE. (Théodore de), a colomnté le Cantique des Cantiques, II, 115. —
Ses Juveniiia , impardonnables recueils de gaudrioles obscènes , IT,
386.
Bhavani, déesse hindoue de la nature, I, 160.
Biberon, attribut de la sibylle Cymmérienne, lY, 101.
Bible. Elle donne les origines les pluâ raisonnables des choses hu-
maines, I, 29, 297; — III, 441; —ÏV, 259. —Ses hisloirei ont droit à
notre croyance, I, 30 et suiv. ; — II, 33. — Comment les écrivains sacrés
traitent le symbolisme des nombres (voir Nombres). — Liberté d'in-
terprétation laissée par l'Église quant au sens spirituel des Livres
saints, et ses avantages, 1, 106 ; — H, 81, 82, 93, 107. — Symbolisme des
deux TestamenU, 1, 135, 216; —II, 5 et suiv., 10, 11, 37, 38, 39, 48, 394,
526, .535;— III, 299. (\ o\r ^ParaUâlisme,) — !!^ s'expliquent l'un par
l'autre, II, 58 et suiv., 67, 78 et suiv., 156, 186, 378, 406, 535. — Les Li-
vres sapienliaux, I, 187; — II, 40. — Les plus anciens commentaires
symbolistiques , dans S. Méliton, 479. — L'Écriture, source de la vie
éternelle, 60. — Le Nouveau Testament contenu en germe dans l'An-
cien, 466, 467. — Étude attentive, nécessaire pour l'interprétation de
la Bible,!, 326, 327, 331, 340, 342, 344; — II, 32, 36, 44, 55, 56, 67, 121,
400, 495 et suiv. ; — III, 441, 450. — Caractères différentiels des deux
Testaments, II, 42, 43, 449, 526 — Charmes du symbolisme catholique
étudié dans la Bible, I, 369; - II, 11, 31, 134, 135, 173, 188, 415, 463; —
ni, 361 ; — IV, 16, 17 ; — et inspirant l'art plastique, 369. — La morale
des peuples formée et entretenue par la lecture des Livres saints,
II, 30. — L'histoire sainte s'est perpétuée et reproduite dans Tarchitec-
tnre chrétienne, 31 , — dans les manuscrits, 31, — dans les verrières,
121. (Voir Bourges, Poitiers, vi(rau^.) — La Bible, principale source
du symbolisme et des vérités catholiques, 31,32, 33, 44,48,93, 170,
173, 415, 466 ; — III, 361, 441. — Comment S. Bernard a symbolisé le
Cantique des Cantiques, II, 134 et suiv. (Voir Cantique.) — Authen-
ticité des Livres saints, d'après le Concile de Trente, 36. — Ses régies
d'interprétation, 33, 36, 50 et suiv., 57 et suiv.;— l'Église seule peut
nous les donner, 33 et suiv., 55. — Sens littéral, et exemples, 50; —
abus à y éviter. 56, 58, 79, 107, 495.— L'esprit et la lettre, 129, 495, 499.
— Sens allégorique ou figuré, 51, — le p'us usité, 58, 79, 80, 115 ; —
indiqué souvent par Jé8U.--Christ et les Apôtres, 60, 61 ; — ne peut être
adopté qu'à leur suite, 80, 81, 469, 470; — souvent mêlé au sens litté-
ral, 81, 86, 102, 107, 633. — Sens moral ou tropologique, 52; — quel
emploi rËglise en sait faire, 227, 555; — employé surtout par S. Au-
gustin, 97, 145, 495, 515 et suiv. — Sens anagogique ou spirituel , 53,
64, 161, 184, 282, 536; — III, 199; —IV, 433. - Sens accommodatice ,
II, 54, 646 ; — règles pour n'en point abuser, 55. — Sens superfaisto-
riqiie, 238, 428 , 463 , 517, 559; — nombreux exemples de ce moyeu.
TABLE GÉNÉRALE. 543
560, 565 ; — III^ 335. ^ Application de ces quatre sens au seul mot
de Jérosaleni , II , 54. — Caractères de rinspiration divine dans les
saintes Écritures^ 33, 58^ 59, 60, 84, 93, 104, 173, 416. — Quelles er-
reurs possibles à ceux qui refusent à TÉglise le droit d'en mainte-
nir le sens réel, 34, 35, 36, 56, 117, 399. — Analyse de tous les livres
de la Bible, d'après S. Jérôme et autres docteurs, 36 etsuiv. (Voir au
nom de chacun des livres bibliques,) ~~ Prééminence du Nouveau
Testament sur l'Ancien , 67 , 449 , 573. — Concordance de l'un et de
l'autre, 69, 107, 108, 156, 164, 565; - IV, 16, 17, 50, 375. — Ouvrages
capables de guider sûrement dans l'étude de l'Écriture sainte, II, 56 et
suiv., 94, 132, 174, 526, 553. —Tout converge à Jésus-Christ dans
l'Écriture. 58. 60, 78, 82, 107, 498. 499; -IV, 17.— Symbolisme des
faits historiques de la Bible, 178 et suiv., 11,409, 413, 498;— IV, 50, 132.
— Bègles pour les bien comprendre, II, 79 ; — IV, 16. — Symbolisme
des Idiotismes bibliques, t, 34 ; — II, 73, 319, 342, 364, 411. — Vivacité
de son style tout oriental, 121, 125. — Passages expliqués par l'Esprit-
Saint lui-même, 94, 448.— Certains livres de la Bible ne peuvent être
lus qu'avec prudence et précaution, 116, 126, 135 et suiv. (Voir Ob-
scœnâ.) — Travaux d'Alcuin continués après lui pour la révision du
texte de la Vulgate, 553.— Traductions des xvi» etxvii* siècles, et leur
naïveté, III, 415 etsuiv. — Zoologie biblique, 441, 465 et suiv. — (Voir
Parali^ushe.)
Bien (Le) moral, inséparable du bon et du beau, IV, 385.
Bisouuif et TaisoMUH. Sens de ce mot dans les sépultures, III, 87.
Bistre ou Tannée couleur mixte-, donné en signe néfaste, 1, 306, 338,
339, 343.— La théorie de M. Portai un peu obscure, 338. — Dragon
roux de l'Apocalypse , 339. (Voir Démgnologie.} — Cheval roux, II ,
176. — Le bistre, couleur de la pénitence, I, 345, — de la guerre et de
toutes ses analogies, II, 176. — Employé pour rendre certains objets
selon leur couleur naturelle, et alors dépourvu de symbolisme, IV, 14.
Blânc (Le), ville du Berry (Indre). Son église Saint-Génitoux ; dévia-
tion de son axe, III, 171.
Blânc, couleur symbolique donnée à l'Espérance, 1, 293, — aux can-
didats pour les charges publiques, 293 , — aux ailes de la Victoire, 293.
— Pierre blanche pour les suffrages des assemblées populaires, 293 ; —
II, 155. — Le blanc est un de3 signes symboliques de la Divinité;!, 297,
298. — Symbolise le jour, 296, 297, 298, —le sacerdoce, 299, 309, 346 ,
— IV , 210, — la raison et la sagesse, I, 345 , —II, 157.— Le blanc con-
sacré dans certaines fêtes publiques des Romains , I, 298, 299, — et
d'autres peuples, II, 157 , — et, par analogie, à toutes les idées du bon
et du beau, I, 299, 300, — II, 181, 315. — Son opposition , IV, 12. —
Robes blanches des Saints, II, 157, 160, 181, 187, 312, 315, 316, 338, —
des Anges ^ 263, 298. — Cheval blanc, symbole de Notre-Seigneur en
plusieurs livres bibliques, 174 et suiv.; —IV, 12. (Voir Cheval et
Jisus-CHRisT.)— Fêtes chrétiennes dont le blanc est le symbole, II, 315;
— IV, 176, 179. — Robe blanche de l'Église, II, 448.
Blason, un des plus anciens usages des armes parlantes, l, 48. — •
T. IV. 33
544 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Origine du blason €t des armoiries, II, 540^, 541 et sniv., 545, 547; —
leurs dévelpppements, 541, 543, 544;— IV, 174. — Les devises on
cris de guerre, II, 540. — Les symboles, 543. — Les pièces du blason
sont autant de symboles, 541; — IV, 33. — Sa déchéance au xv* siècle. Il,
549; — IV, 33. — Les couleurs héraldiques ne viennent ptis des Arabes;
elles ne leur doivent que leurs noms, 11,542,547, 548;— appelées du nom
général d^émaux, 542, 546. — Armes parlantes, 546 ; — rv,39, 175.— Ben
de France, 1, 312. — Écus donnés aux vertus chrétiennes et refusés aux
vices à la cathédrale d'Amiens, II, 543. — Armes à enquerre, 543 et
suiv.— Pièces honorables, 545. — Meubles, 545, 549. — Merlettes, 545.
•^Supports ou tenants, 546. — Pièces accompagnées ou cantonnées ,
546. — Les couleurs au naturel ne datent que du xiv* siècle, 547. — Les
hachures, 548. — Les métaux et leur signification, 548. — Les four-
rures, 549. — Les couronnes , 549. — Armoiries des villes , des com-.
munautés et corporations ; leur utilité, 550. — Sens général des pièces
mises sur les écussons, 551 ; — IV, 33, 39. — Les pièces les plus simples
indiquent les familles les plus anciennes, II , 551 ; — le contraire appli-
cable aux plus modernes, 552. — Traité à faire sur le langage symbo-
lique des familles nobles, 552. — Armoiries des Papes à Rome dans le
pavé d'églises restaurées par eux, III, 153. — Les armoiries moins em-
ployées au moyen âge comme types d'orgueil nobiliaire que comme
marques distinctives des familles, 301. — Armoiries de la famille d\>r-
feuille en Poitou, IV, 33. — Armoiries mutilées ou détruites par des
architectes ignorants, 44. — Armoiries sur les étoffes des vêtements
sacrés; raisons de cette parure, 175. — Importance de Vétude des ar-
moiries féodales, par M. Anatole de Barthélémy, II, 541. — (Voir
Enseignes.)
Blasphèmr, symbolisé par une langue tirée, II, 269. — Sa punition,
IV, 461. -(Voir Langdb.)
Bl6, symbole de l'Eucharislie, I, 208;— IV, 211. — Moulu par S. Paul
II, 573 ; — IV, 18. — Autres acceptions symboliques, I, 328.— Épi de blé
donné à Daniel pour attribut, IV, 211.
Bleu, couleur symbolique de la dignité royale en France, I, 312. —
Autres attributs , 313. — Donné aux Élus , II, 338 ; — pourquoi , IV,
13, — à Jésus-Christ, à la Sainte Vierge et à quelques Saints, 13.—
Figurant au fond des vitraux les saphirs meationnés daos l'Exode,
18. — Couleur bleue donnée aux Dieux secondaires de la mytho-
logie , I, 314; — IV, 13. — Diverses teintes du bleu , et degrés du bien
qui leur correspondent, I, 314, 317.— N'est pas soumis à la règle des
oppositions, ^\Q, 317; — exceptions à cette singularilé, 317, 318, 248.-
A peut-être remplacé le noir à cause de sa teinte plus foncée, 316. —
Nimbes bleus donnés aux dix têtes du dragon apocalyptique, II, 248.
—Couleur bleue; donnée au démon, 325, 338 ;— était admise au nu* siècle
dans les ornements sacerdotaux , 643.
Bluet, symbole des désirs du ciel; trouvé dans un tombea», I, 19d.
Bœuf , a un nom symbolique , 1, 35 ; — figure les ministres catholi-
ques, 11, 99, —III, 448 , —ou le sacrifice de soi même, II, 100, —III, 136.
TABLE GÉNÉRALE. 545
^ Un des animaux da Tétramorphe, n, 176. — Image des Juife^ III^ 135,
— du démoa, ihid., — des appétits terrestres de rayarice, 135.— Autres
emblèmes fayorables, 136, 452. — Figarait au temple de Salomon, 136,
299. —Servant de piédestal à des statues, 136. — (Voir TACaEjLU.)
Bois sacrés, consacrés aux faux dieux, I, 229.
BoisMORANDi seigneurie du Poitou. Son ancienne chapelle funéraire,
à peintures symboliques, IIÏ, 90.
BoissÉRÊB, auteur de la Description de la cathédrale de Cologne;
entend bien le symbolisme , III, 127, — mais s*y égare quelquefois ,
185 et suiv.
BoissY (Desprez de). Ses Lettres sur les spectacles condamnent trop
exclusivement ces représentations, qui ne sont pas mauvaises de leur
' nature, IV, 193.
BoNAVBNruius (S.) , cardinal, écrivain du xiii« siècle. Caractère de ses
écrits mystiques. II, 638.
BoNiPACE (S.), évéque de Mayence au nu* siècle. Son poème Des
Vertus et ses autres écrits symboliques, II, 529.
BoNiPACE VIII (Le pape) donne la robe rouge aux cardinaux; pour-
quoi , rV, 177.
BoNNEÀU, sculpteur distingué, auteur de la façade de Féglise Saint-
Jacques, à Chàtellerault, III, 322.
BoNNB-Foi, vêtue de blanc, I, 293.
Bordeaux. Sa belle église de Saiut-Seurln , et ses riches symboles
funéraires, II, 358 ; — III, 189. — Obscœna prétendus de l'église Sainte-
Croix, 428.
Bossuet. Il explique Tusage de la parole donnée à l'homme ponr dis-
tinguer les animaux par des noms symboliques, I, 31. — Ce qu'il pense
du symbolisme des nombres , 140. — A réfuté Jurieu et Newton sur
l'Apocalypse , II, 142. — Ce qu'il dit des temps prédits par ce livre ,
144 et suiv. — Force un peu le sens spirituel quelquefois , 168 ; — dé-
couvre le nom de Dioclétien dans le chiffre 666 de la hôte apocalyp-
tique, 253, 255. — Ses étranges idées sur la valeur de l'architecture
romane ou gothique , IV, 396.
Botanique, soumise, comme la zoologie, à beaucoup d'erreurs chez
les anciens, III, 528.
Bouc, symbole de l'impureté, II, 100; —III, 363,445 ; —des pécheurs
et des réprouvés, 134, 135, 363. — Satan à tête de bouc sur des crosses,
381. — Le bouc émissaire, II, 460. — Symbole du Sauveur, par oppo-
sition, 99.— Les boucs placés à la gauche du souverainJuge,460,637; —
III, 447. — Le Pilosus d'Isale, 363.
Bouclier rond donné par les peintres des croisades aux Sarrasins,
et Umg aux chrétiens de l'Occident, IV, 147.
BouiLLERiE (Mgr de la), évéque de Garcassonne. Sa haute intelli-
gence du symbolisme, et ses travaux sur cette science, IV, 413.
546 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Bouillon J^q P. J.-B.)> capucin. Son Esprit du Sainl Sacrifice, IV\ 196.
BouLB surmontée d'une croix, symbole de la planète de la Terre, <{ae
les âges chrétiens ne supposaient pas sans le Christianisme , 1, 58. —
Boule du monde donnée quelquefois au Sauveur Enfant, et confondue
avec la pomme d'Adam, IV, 132^ 133.
Bourbon (Charles, Connétable de). François I*' fait peindre la porte
de son chftteau en jaune, comme signe de félonie, I, 305 ; — IV, 15.
Bourges. Belles verrières de la cathédrale, où se voit l'Eglise nour-
rissant les Élus de son lait, II, 121. — Le bon Samaritain, 176, 314; —
IV, 12. — L'enfant prodigue, I, 346; — II, 176;— IV, 12. — La corres-
pondance des deux Testaments, II, 186, 201 ; — IV, 16, 17. — Le hibou
tentateur, II, 302. — Le mauvais riche et Lazare, 339, 354. — Trois ver-
rières résumant l'ensemble des scènes apocalyptiques , 401 et suiv.,
448. — La résurrection du Sauveur et ses détails super liiAoriques, 559. —
Les cornes de Moïse, 634. — Les cinq portes de la façade de la basi-
lique, m, 161.- Détails sur les beautés esthétiques de toutes ces ver-
rières, IV, 9 et suiv. — La Nouvelle Alliance, 16 et suiv.
Bouteille, ou vase de verre, qu'on peut boucher et qui flotte sur l'eau
quand elle y est vide ; comment elle est le symbole du baptême , IV,
450 et suiv.
BaiHM (voir Brahua).
Brahma , une des personnes de la trinilé indoue , 1 , 156, 162.
Bramante , architecte italien du zvi* siècle; fait le plan de Saint-
Pierre de Rome, que Michel-Ânge rectifie, IV, 359.
Brandt (Sébastien) , poète allemand du zv* siècle. Idée de sa satire
de la Nef des Fous, et influence de son livre sur l'iconographie de cette
époque , et réciproquement; particularités bibliographiques qui se rat-
tachent à cet ouvrage, IV, 233.
Brebis , image du peuple, 1 , 202, — des chrétiens fidèles, II , 99, 637;
— III, 135. — Brebis tondue, symbole de la pauvreté volontaire, D ,
493. — La brebis figure aussi l'innocence et la douceur, 498.
Bretagne. Singalarités des ornements architectoniqnes de ses
églises, III , 307.
Bréviaire romain, jugé au point de vue de ses légendes, II, 658. —
Est une source de symbolisme, IV, 183.
Brique. Dessins ou écritures symboliques tracés sur la brique, par
Ézéchiel,n, 103.
Brou, petite ville de Bourgogne (Ain). Sa charmante église gothique
bftUe en.lSOO, IV, 392.
Brunon d'Asti (S.), symboliste du xu« siècle. Ses écrits, II, 556.
Bruyère , symbole de l'humilité, III , 484.
Buffamalco (Buonamico), peintre italien du xiv« siècle. Son Monde
créé au Campo-Santo de Pise ; esthétique de cette belle composition ,
IV, 370,
TABLE GÉNÉRALE. 547
Buffle, taureau satiTage. (Voir Taubbau.)
BuBETT£s d'argent pour la mease; on s'en servait dès le v* siècle,
IV, 290.
BrzAinTN (style), signalé ayecses variantes symbolistiques; donne on
nimbe d'or à Satan, II, 242,—- et dix autres à la béte de TApoca-
lypse , 248. — Ses traditions identiques pour la représentation des
mêmes siyets partout et toujours , 341. ~- Époque de l'arrivée des
artistes byzantins en Europe, IV, 427.— Richesse de ses ornements et
de ses costumes, II, 458;— III, 247, 325. — Beaucoup d'objets d'art
passent pour byzantins et n'en ont que le style, II, 577. — Durée de la
période byzantine de l'art monumental, III, 58 ; — IV, 427. — Carac-
tères des églises byzantines du iv* au viP siècle, 111, 13,— du xii', II,
35, 249, 465. — Caractères de l'ornementation byzantine, III , 16, 42,
331, 465 ; — IV, 350. — Qu'il ne faut pas attribuer toutes les œuvres
artistiques de caractère grec à des ouvriers de Constantinople, comme
on le fait trop souvent pour des peintures du moyen âge, 53. — Les
Vierges assises sont d'origine orientale, 134.
c
Cabale , prétendue science. Ses symboles , 1 , 175 et suiv. — Sa
nouveauté relative, quoi qu'en disent pes adeptes, 177. — Philosophie
occulte des Juifs, III , 348 et suiv. •— A donné naissance aux scènes
démoniaques du sabbat, 395.
Caducée, attribut de Mercure, I, 169.
Cahier (Le P.), jésuite. Ce qu'il dit de la science philosophique des
nombres, 1, 108,— de chapiteaux chrétiens qu'il croit d'origine Scandi-
nave, Il , 9, — de Gog et Magog, 330. — Sa perspicacité archéologique,
402. — Comment il explique le bouc placé entre les bras de la Syna-
gogue, au pied de la croix, 460, — et les rouleaux ou phylactères des
Prophètes, 461.— Sa traduction du Bestiaire ou Physiologue de Tatien,
484.— Comment il explique et admet le sens superhistorique donné
par certains artistes à des faits de l'histoire sainte, 559. — Ses Carac-
téristiques des Saints, IV, 93, 146; — ses utiles données sur le théâtre
du moyen Age, 228.
Caillère (La), village du Poitou (Vendée). Étroitesse singulière des
bas-côtés de son église romane, III ,175.
GaÏn. Sa signiBcation symbolique, I, 39.
Caïphe. Signification de ses vêlements déchirés en présence du Sau-
veur, n, 499.
Calvdès, caricaturiste grec. Comment il peint un général souvent
battu, 1, 289.
Calandre, oiseau qui guérissait de la jaunisse en regardant ceux
qui l'avaient, III, 473.
548 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Galbb^ nom symbolique du chieB en hébreu^ I, 40,
Calendrier^ pourvu de signes symboliques cbez les Romains^UI,
454. — Variantes quant à Touverture de Tannée^ 456. .
Galice^ orné de l'image du Bon-Pasteur dès le temps de Tertullien,
II , 18, ^ IV^ 286 ; — recevant le Sang divin au pied de la croix du
Calvaire^ II, 448.— Ce calice tenu par l'Église ou par des Anges ,
surmonté d'une hostie à la cathédrale de Strasbourg, i^d.— Attribut
de l'apôtre S. Jean , III , 145. — Pourquoi sa coupe d'où sort un ser-
pent , ibid, — Calice auquel boivent des colombes , 332 , — IV, 333 ,
— on des animaux hybrides, lU, 333. (Voir Hybrides.) — Calices de
verre et de terre employés au rv* siècle, IV, 286, 289; — calices à anses
pour la communion du Précieux Sang, 288, 290,293; — autres qui
n'étaient que de parure, 288.— Beau calice orné par S. Éloi de symboles
chrétiens, 289, 293 ; — autre donné par S'* Bathilde à son abbaye de
Chelles , 293. — Calices ornés de filigranes, 207. — Mauvais goût des
calices du xiv« siècle, 329 et suiv. — Idée d'un calice h confectionner selon
les inspirations d'un symbolisme convenable , 330. — Symbolisme du
calice en lui-même, et ses diverses significations mystiques en bonne
ou en mauvaise part, 332. — Calice de S. Ildefonse, et synôbolisme dont
il s'entoure au yii^ siècle , 333 et suiv. — Calice sculpté sur la tombe
des prêtres ou dans leur tombeau , 335. — Conditions de formes , de
solidité et d'ornementation d'un calice , 335 et suiv.; — n'y pas pro-
diguer les émaux, et pourquoi, 336.
Galixte (Le pape S.) fonde la première église qui ait succédé aux
catacombes à Rome, III , 44.
Gallot a dû s'inspirer pour quelques-uns de ses dessins démonolo-
giques de certaines miniatures du moyen &ge, II, 338.— Sa Teniaiion
de S. Antoine empruntée à S. Athanase, III, 372.
Galmet (Dom), savant interprète de la Bible. Citations de son com-
mentaire sur la Victime sans défaut. I, 299. — Ne semble pas bien
comprendre un passage de Tobie et de l'Apocalypse, II, 163 ; — se tient
plus volontiers au sens littéral, 167, — et quelquefois trop, 319.
CALOMNIE. A des ailes noires dans Silius Italiens, 1, 293. — Comment
elle est symbolisée dans un tableau, 281, 289.
Calvaire, situé sur le tombeau d'Adam, II, 459.
Cancer ou Ëgrevisse^ signe du Zodiaque. Sa représentation symbo-
lique, I, 58 . —Pourquoi comparé h Zabulon dans la prophétie de Jacob,
II, 109. — Pourquoi placé au mois de juin, III, 458. — En quoi il sym-
bolise le démon, 462, — et la Synagogue, IV, 33.
Ganope, vase égyptien, surmonté d'une tête d'homme ou d'oiseau,
1,87.
Ganova. Son tombeau symbolique du pape Clément XIIl, III, 134. —
Beauté chaste de son Thésée et de sa Madeleine, IV, 390.
Cantique des Cantiques de Salomon, II, 40.— D'où lui vient ce nom,
135. — Son ensemble ne peut être pris que dans le sens figuré, 80,
r
TABLE GÉNÉRALE. 549
115^ 117, 118, 131. -*' Le^ plus célèbres impies ont soutenu le contraire,
115, 117. — Contradiction de Voltaire sur ce point, 111^ 410. — N'est
qu'un éplthalame sous la forme d'une pastorale poétique, 11^ 116, 117,
129. — Caractère moral de cette composition, 116,— reconnu de tous
les Pères, 117, 118, — et de Bossuet, 118, 131. — Plan et détails de cette
églogue, 118 et suiv., 125. — On y voit la figure de Jésus-Christ et de
rÉglise, 119 et suiv., 537. — Rapprochements entre ce livre et beaucoup
de traits bibliques qui lui semblent empruntés, 120, 127. ~ Style vif et
coloré de cette littérature, 121 et suiv., 124. — - Mauvaise foi des calom-
niateurs de ce livre ; comment il faut donc le juger, 128, 131, 135 ; —
m, 405. — Imitation allemande du Cantique, II, 129 et suiv. — Idée du
Commentaire de S. Bernard, 132 et suiv. ~ Cette lecture ne va qu'aux
âmes pures, 134; — III, 415. ~ Exposition par une religieuse napoli-
taine, II, 139.
Cantiques scripturaires, pleins de beautés littéraires et de symboles.
Cantique de la victoire de S. Michel sur le démon, II, 235 et suiv.— Des
cent quarante-quatre mille vierges de TAgneau, 257,— de Moïse et celui
de l'Agneau chanté par les Élus, 263.
Capricorne (Le) du Zodiaque. Comment symbolisé, 1, 58.— Ce qu'il
y symbolise lui-même, III, 461, 464.— Classé parmi les animaux impurs
du LéviUque, II, 444. —Hybride avec un griffon, IV, 38.
Cardan. Ses écrits sur les sciences occultes, I, 98.
Cardinaux. Raison de leur habit rouge, I, 310;— IV, 177. — Origine
probable des noms de famille Cardinal ou Cardinaux, 198. —Les car-
dinaux Bembo et Bessarion, chefs des cicéroniens au xyi« siècle, 382.
Carême. S. Grégoire le Grand y interdit le chant de VAlleluia, IV,
158. — Pourquoi le sous-diacre n'y prend pas sa tunique habituelle,
171. — Les ornements violets y sont un signe de pénitence, 176. — Le
Carême avait ses drames liturgiques, 199.
Caricature, chez les anciens ; avait son côté symbolique et moral,
I, 289. — Erreur de certains archéologues croyant reconnaître des cari-
catures et des sutyres dans quelques sculptures des églises chrétiennes,
II, 10, 22, 26, 27. (Voir CLERGé.)— Le meunier des stalles de Mortain,
27. — Caricature de Notre- Seigneur Jésus-Christ faile par les Romains
et retournée contre eux par Tertullien, III, 378. — Satire exercée par
l'art chrétien contre le démon et les impies, II, 28. — Que jamais les ar-
tistes du moyen ftge ne s'en sont permis contre le clergé jusqu'au
XV* siècle. — (Voir Artistes, Clergé.)
Carlstadt, l'un des premiers iconoclastes du protestantisme , IV,
352. — Ses excès en dépil de Luther, 353.
Carmel, montagne, symbole de la tempérance, III, 102.
Caron, nocher mythologique des enfers, introduit par Michel-Ange
dçins son Jugement dernier, IV, 363.
Carré, symbolise les perfections de Dieu, II, 372. — Cette forme
doimée à la Cité céleste dans l'Apocalypse. Raison qui l'a fait donner à
B20 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
quelques villes du moyen âge, 373, — et qui peuvent le faire donner à
la piscine baptismale, III , 296.
Gart (Mffr), évêque de Nimes. Son tombeau remarquable dans la
cathédrale de cette ville, III, 303.
Cartes à jouer, n'ont qu'un symbolisme conjectural , II, 549.
Gastiglioni (Ballhasar) , poète et philosophe chrétien de la Renais-
sance. Son livre du Courtisaîi; sa théorie catholique du beau ei du
bon, IV, 384 et suiv.
Gastille, un des anciens royaumes de l' Espagne. Ses armoiries par-
lantes, IV, 175.
Gatacombbs. Elles eurent des peintures symboliques dès qu'elles
furent ouvertes aux chrétiens, II, 148, 358, 499.— Variété de ces Images,
360, 483, 499 et suiv.; —111,86, 303, 309, 331, 469, 521, 522;— IV, 3 et sv.,
49 et suiv., 421. — Elles ont déterminé les règles symboliques des &ges
suivants, II, 439, 452, 468, 505; -III, 174, 188, 331, 336, 469.— Idée du
livre d'Aringhi, Roma subterranea (voir Aringhi). — Autres auteurs
plus modernes, II, 505. — Les catacombes sont le premier type des
églises chrétiennes, ni, 4, 5, 6, 7, 174; — ouvrages publiés sur ce sujet,
5, 6. — Le symbolisme architectural à peine sensible dans les catacom-
bes, 331; — comment la chasteté n'y est pas blessée par les nudités des
peintures, 412. — Images du Sauveur, des! Apôtres et des Justes, 521,
— IV, 50, 84, 94, 121 et suiv., — et de Marie , 131. — Époques de ces
peintures, et leurs caractères difTéreuts selon les temps, 50, 421. — On
n'y trouve pas de symboles de la Trinité ; pourquoi , 75. — On y voit
le nimbe autour de la tête de l'Enfant Jésus, 84, 86. — Adoration des
Mages, 132. — L'orfèvrerie sacrée y était ignorée, 285 et suiv.
Catalan! , liturgiste italien. Son interprétation du Cérémonial des
Évêgues et du Pontifical, IV, 159.
Catéchisme. Ce qu'on y enseignait sur l'usage des peintures mu-
rales et des vitraux coloriés au xvii« siècle et bien avant, III , 321, 387
et suiv ; — IV, 3 et 4.
Cathédrales. Celle de Marseille rebfttie en 1856 sur les fondements
de son premier baptistère et les débris d'un temple de Diane , II, 113.
— Leurs enseignements iconologiques, 343.
Caumont (M. le comte de), fondateur de l'Institut des provinces de
France. Sa classification des monuments du moyen âge, point de dé-
part de la science architecturale de noire temps sur le moyen âge, IV,
402 et suiv. — Son Bulletin monumental, 403. — Utilité de ce recueil,
438. — Ce qu'il écrit à l'auteur de ses travaux sur le symbolisme, 417.
— Lettre de celui-ci en réponse à plusieurs questions de M.deCauroont
sur l'Histoire de l'imagerie symbolique, 441.
Cavalier des médailles gauloises et des tympans des églises romanes,
signe d'indépendance et de la victoire des Gaulois, — et de l'Église chré-
tienne, I, 266; — II, 175, 457, 489;— III, 34, 162 et suiv. — Cavalier
roux de l'Apocalypse, I, 306;— II, 176. —Cavalier blanc, 314, 315, 323.
TABLE GÉNÉRALE. 521
— Les cavaliers des trais vifs et des trais mortSy lU, 90. — Le Cavalier
de la mort, d'Albert Darer^ IV, 358.
Gaylus, n*a pas compris la Table Isiaque, I, 86. — Appréciation de
son caractère sdentifiqne^ et de son Recueil d*anliquités, 280.
GÈDRB. Son bois incorruptible devrait le faire préférer à la pierre
pour les tabernacles; il symbolise Notre-Seigneur , l'Église et les
Justes, 111,558; — IV, 90.
Ceinture d'or, symbole de la cbasteté, II , 130, 263. — Ceinture ou
cordon du prêtre , se revêtant pour célébrer les saints mystères; son
symbolisme , IV, 169. — Agabus s'entoure les pieds de la ceinture de
S. Paul, II, 103.
CÉLESTIN I*' (S.), pape. Ce qu'il dit de quelques opinions indivi-
duelles des Pères, II , 469, — du symbolisme de la liturgie, 500.
Gelsb. Idée de son Véritable Discours contre le Christianisme, réfuté
par Origène , 1 , 60.
Celtes. Leurs rapports avec les Scandinaves et les Calédoniens pour
l'usage des symboles, I, 180.— Orientation symbolique de leurs sépul-
tures, 111,79.
Cendre, symbole de pénitence et de deuil , II, 305; — III, 267.
CÊNB du Jeudi saint, préfiguée par Salomon dédiant le temple de
Jérusalem, 1, 238.— La Cèue des noces de l'Agneau, 11,312, 313,— sym-
bole de la gloire céleste, 323.
Centaure , symbole de l'habileté des cavaliers gaulois, 1 , 266. —
Démons définis et symbolisés par S. Grégoire, II , 519;^ III, 363 ,
469. — Le centaure Chiron est-il le sagittaire du Zodiaque ? 460. —
Oriprine mystique du centaure, et sa raison dans l'art chrétien, IV, 13.
—(Voir Sagittaihk.)
Gentulb , abbaye de Picardie, fondée par S. Riquier en 625, sur un
plan triangulaire, en l'honneur de la Sainte Trinité, IV, 73.
Cercle, figure de géométrie ; symbole de Dieu, 1, 53 et suiv., — du
soleil , 60 , — de l'or en métallurgie, 60, — de l'année, 303.
GÉRÈ8, symbolisée par une faucille, I, 58, 83 , — ou une gerbe, 83,
300. — Son temple s'élevait dans les campagnes, 227. — Immoralité de
ses mystères, 252 et suiv. — Vêtue de noir, 292 ; — ayant un dauphin
et une colombe, 292.— On lui élevait des temples ronds, 360.— Dupuls
en fait la sainte Vierge Marie , 367. — Sa corne d'abondance. Il , 74.—
Est-elle la vierge du Zodiaque? 111 , 459.
Cerf. Signification symbolique de son nom , 1 , 34. — Symbole de
Diane, 264. — Sa valeur dans le blason , II , 546. — Apparaît à S. Jean
de Matha, 619. — Son rôle dans la symbolique chrétienne, III, 126,
290, 303, 363, 380, 4i8, 469, 493. — Légendes des physiologues, 492 et
suiv.— Le cerf au pied de la croix ; ennemi du serpent, ibid.; — IV, 328.
CésAiRE (S.) , évêqne d'Arles au vii« siècle , explique le symbolisme
du bâton d'Elisée ressuscitant l'enfant de Sunam , II, 106, 516 — Il a
la manière de S. Augustin, 515, 516»
522
HISTOIRE W SYMBOLISME.
GhaInbs , symbolo de captivité, I, ao^ -^ ^yo^fée^ da&s ce scas par
Jérémie aux rois d'Édom et de Moab» II» i03^--%Agaba9 ^'eutouret de
la ceinture de S. Paul , 103.
Chaire a prêcher. Sa place normale dans Téglise; ses conditions ;
erreurs h ce sujet; son histoire, 111,215 et suiv. — Inconvenance des
chaires de pierre, 217;— IV, 116.— Chaires de SaintrPaul à Salonique et
à Corinthe, III^ 215. — Gomment orner les chaires sans manquer aux
convenances du goût et du savoir, IV, 116. — Quelques-unes suppor-
tées par un Samson, 354 ; — surmontées d'un Ange sonnant de la trom-
pette, 354.
Chaise-Dieu (La), abbaye d*Auvergne. Description de la Danse md-
cabre de son église, III , 93 et suiv.
Ghalgédoinb , pierre précieuse, gage de succès dans les entreprises,
II, 366. — Symbolise la charité, et par cela même le patriarche Joseph
et l'apôtre S. Jacques le Majeur, 379.
Ghaldâbns. Leurs signes dactylologiques, I, 55. — Ont-ils inventé
Tastronomie ? 57, — et les sciences superstitieuses? 98«
Ghalembron, ville du royaume de Toujaour, dans Tlnde. SjrmboUsme
de son temple, 1, 162.
Chalon-sur-Saône. Mystères représentés dans cette ville pocir con-
jurer la peste de 14119, IV, 204.
Chalumeau d'or ou d'argent , destiné à aspirer le Précieux Sang du
calice , IV, 288.
Cham, fils de Noé, regardé comme le premier fauteur de ridolfttrie, I,
79. — Les nègres sont sa postérité, et le type du démon, III, 366.
Chameau. Pourquoi on en a fait le symbole du S£^uveur,iy,22l,
222.
Champollion jeune. Ses savants travaux sur les symboles égyptiens»
I, 21, 91. — Comprend mieux qu'aucun autre la Table Isiaque, 86, 87,
88.
Changel ou Table de communion, ou, dans quelques auteurs, espace
entre le chœur et le sanctuaire. Son symbolisme , III , 224, — Lieu or-
dinaire de la sépulture du curé , 225.
Chandeleur (La), (voir Présentation).
Chandelier à sept branches de Moïse; ce qu'en fait Dupuis, 1, 367.
— Symbole du Saint-Esprit , IV, 326. — Symbolisé par ceux de l'Apo-
calypse, II, 150, 197.— Pourquoi on en met sept à la messe épiscopale,
149; — IV, 323.— Les sept chandeliers de l'Apocalypse, II , 150. — Sjrm-
bolisme de la lumière évangélique, 153, 197, 215, 402; — III , 86, 135,
229.— Les deux chandeliers symbolisant les deux témoins du Seigneur,
II, 215.— Les couronnes de lumières, et ardr^^ des xii* et xiii' siècles,
600; —IV,327,328.— Couronne de lumières d'Âix-la-Chapelle,III,109;—
IV, 327,328.— Les chandeliers, symbole des docteurs de l'Église, III, 230.
— Histoire des chandeliers de l'autel, 229 ; — IV, 322 et suiv. — Chan-
TABLK GÉNÉRALE. 523
deliero à Bymboles dâmonuquaft » III , 38<^, -^ VArbite de Ia Yifir§4 h
Milan, 419; — ÏV , 327, 391. ^ Formes variées et toutes symboliques
des chandeliers & diverses époques, 324 et suiv,— Celui du cierge pascal
et ses formes artistiques^ 325. — Effets disgracieux des souches en fer-
blanc, 326.— Pauvreté des lustres en. cristal comparéâ aux chandeliers
du moyen âge, 3^28.
Chant grégorien. Son symbolisme dans la prière eoclésiaslique^ III^
233 ; — lY^ 239, 24i, 260, 269.— Comme le ohant s'identifie au cœur hu-
main, 255 , — dont il est inséparable, 236. — Son origine dans la plus
antique expression musicale de l'homme , 236 , 259. — Il en déchoit
sous l'influeBce de l'idolAtrie, 236,— Bel elTet du chant religieux par des
Toix alternées, 239, 260. — L'Église s'est toujours opposée , pour ses
cérémonies, à l'emploi de la musique profane, 264 et suiv. — Symbo-
lisme de la proxe des Morts « Dies ir», » II, 636 ; — IV, 255. — Vains
efforts de la musigi^ pour en dépasser l'effet, II, 637.— Le chant de la
Passion dans la Semaine sainte, IV, 197 ; — celui de la Préface et du
Pater y 240, 247,— duK^i Creator et du Pange lingua de la Passion, 241,
— du Kyrie y 246, — et des plus beaux chants devenus populaires, 274. —
Gomment ce symbolisme s'est efi^cé, 242, 250 , 263 et suiv. — Vicissi-
tudes successives de son exécution liturgique, et leurs causes mul-
tiples, 243. — Le chant réformé par S. Grégoire le Grand; histoire de
cette réforme, 244 et suiv., 247.— Le plain-chant seul convenable à la
liturgie catholique , 245 et suiv. , 250 et suiv. , 254, 266 , 267 et suiv.,
272. — Il a subi beaucoup de modifications et eu reçoit encore trop
aujourd'hui, 247, 248, 273. — Travaux modernes pour le reconstituer,
248 et suiv. — Histoire de la réforme de Guy d'Ârezzo, 249 et suiv., 253,
— et de la décadence actuelle, 250 et suiv., 260, 269, 273, 274, — due à
l'intrusion dans l'église de la musique profane, 251, 264 et suiv., 269.
— Caractère mélancolique du chant au moyen âge, conservé jusqu'à
nous dans les hymnes liturgiques, 257 et suiv. — Que ce caractère, alors
généralisé, doit être plus varié aujourd'hui, 258. — Déplorables abus de
l'exécution actuelle du plain-chant par des chantres sans éducation ni
piété, 269, 281. — Que ce chant n'a plus aujourd'hui ni mélodie ni
unité, 273 et suiv. — Dans quels tâtonnements il s'est jeté de nos jours
sous prétexte de revenir au romain , 273 et suiv, — Convenance du
chant et des paroles , indice d'une composition fort ancienne, 274 »
276. — Défaut du chant moderne , dont le symbolisme disparait de
plus en plus, ib, et suiv., 279. — Abus du même chant imposé à des
hymnes sans analogie entre elles, et, à ce sujet, prétentions peu rai-
sonnables du Directorium chori, 278 , 279. — (Voir Musiqub.)
Chape , vêtement de cérémonie ecclésiastique. Son origine , ses
usages, sa signification symbolique , IV, 168.— Chape de Charlemagne
à Âlx-la-Chapelle , 174.
Chapelles latérales des églises et celles de l'abside. Époque de leur
multiplication dans les églises; cause de leur grand nombre, III, 174,
268. — Réfutation du faux système de M. Deléoluse à cet égard, 194. —
Chapelles des fonts baptismaux; leurs oonditious symboliques; motifs de
524 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
lenr tenae décente et respectueuse, 298, 295. — Leur décoration pictu-
rale, 299.
Chapiteaux. Gracieux effets de leurs symboles variés, III, 177,
330. — Symbolisent rÉcrlture sainte par leur ornementation, 178, 333.
— Chapiteaux peu symboliques de Tart païen , 329 ; — ceux de Fart
chrétien, immense ressource pour Testhétique, 330, 440, 523. — Leur
origine, 331.— Caractère du chapiteau corinthien, 329 et suiv., 331, 351,
336, — du dorique, 331. — Progrès de rornementation des chapiteaux,
selon les époques de la sculpture, 332 et suiv. — Leur belle filiation ,
336, 557. — Explication de leurs feuillages et enroulements, 527. — Sau-
terelles de l'Apocalypse à Chauyigny, à Saint-Saviu et à Vézelay, II,
205.— La Babylone abandonnée, à Chauvigny, 287.— L'âne d'Argentan,
III, 327. — Sigets multiples à reproduire par la sculpture chrétienne,
II, 601. — Chapiteau légendaire de Rolduc, III, 189. — Les chapiteaux
mieux traités en se rapprochant du sanctuaire, 335, 337; —pourquoi,
843. — Variété de leur démonologie, 348, 356.
Chapitres. Leurs origines, III, 47. —Gomment ils entrent au x^ siècle
dans le mouvement artistique , 57, 58. — Leur office canonial, rétabli
en France par le concordat de 1802, doit être entouré de recueillement,
221 et suiv. —Doivent concourir avec l'Évéque au soin matériel de leur
cathédrale, 302. — Les membres des Chapitres cathédraux ont le droit
de porter l'anneau, lY, 163 et suiv.
Chardon , symbole de la pénitence, III, 182, 567.
Charité, vertu théologale représentée par la mauve, I, 208, — pai
Tor, II, 372, —parla colombe, 531, 532 (voir Colombe), —par le
grenat, 617, — par le platane, III, 214. —Sainte Charité, II, 657.
Charlemagnb. Il inspire à Paul Diacre son Hortiiliaire , II , 528. —
Lueurs peu durables de son règne sur la littérature contemporaine ,
533. — Son tombeau à Aix-la-Chapelle , III , 109. — Sa chape toute
couverte de fleurs et d'animaux symboliques, IV, 174. — Auteur du
Vent Creator, 241. — Travaille en France à introduire le chant grégo-
rien , 245 , 248. — Il favorise l'orfèvrerie sacrée , 3:2 et suiv., 305.
Charles VII, roi de France, abolit en 1445 la fêle des Fous, IV, 228.
Charles Borrohée (S.). Idée de son livre à'Insti^ctions pour la
construction des églises , III , 238 , 281 , 295 et suiv. — Il veut qu'on
isole les clochers de leurs églises , sans en donner de raison , 120. —
Ses prescriptions à l'égard des fonts baptiemanx , 295 , 297.
Charles le Chauve. Son goût pour l'orfèvrerie sacrée, IV, 305.
Charroux, ville et abbaye du Poitou (Vienne). Ses beaux reliquaires
du xiir siècle, ÎV, 321.
Chartre-s. Description de V Arbre deJessé, pris dans une des ver-
rières de sa cathédrale pour une histoire de Bralima, 1, 341. — Sa belle
crypte, III, 189. — Clôture sculptée du chœur, 432. — Sa statuaire, IV,
38; — sa Vierge noire, 134. — L'Église de Chartres chante encore des
TABLE GÉNÉRALE. 525
répons de son éTÔqae dn xi* siècle, S. Falbert, 253. — ' Beauté de sa
statuaire; La Création, 369, 383.
Chasse , symbole de la persécution du démon contre les Ames
jnstes, n, 429,503; — III > 462, 504. — Sa valeur symbolistique dans
riconographie, II, 506, 507, 511; — lïl, 126, 363; — IV, 463.— Corn-
ment l'art chrétien s*en est maintes fois emparé, II, 508, 602; — III ,
126, 128. — Chasse sur un reliquaire, II, 508,— sur des tombeaux chré-
tiens, 457, 509, — III , 88, — et sur un bénitier, II , 511; — dans les
sculptures des églises, 126, 127, — dans leur pavé, III , 155. — La qua-
lification de chasseur presque toujours prise en mauvaise part dans
l'Écriture, II, 510;— IV, 463. — La Chaue-GalUry, II, 27. — La chasse,
un des caractères du mois de juin dans les zodiaques sculptés ou peints
du moyen Age, III, 458, — et du mois d'octobre, 460.
CuAssES (voir Reliquaires).
Chasteté, symbolisée par la corneille, I, 93 , — la colombe, 93 , — II,
531 , — ni, 505, — la licorne, 251, 459,— l'ivoire, 503. (Voir Néndphab,
Lis). — La chasteté du langage moins scrupuleuse dans les peuplespri-
mitifs ou dans les écrivains sacrés qui prêchent l'horreur du vice, II,
126, 127, 129, 130; — III, 405, 406. — Celle des costumes au moyen âge,
420. — Symboles dWérents de la chasteté chez les païens et les chré-
tiens; plus parfaite chez ces derniers, 250 et suiv., 407 et sulv., 410,
412. — Terrassant un porc à Montqiré, 251. — Éloge de la chasteté dans
les Livres saints, 406, 411. — La décadence des mœurs impose plus de
réserve au langage, 407, — et aux habitudes, 408, 409 et suiv., 411, 412,
416. — Grimes sociaux des anciens sur ce point, 410, 412. — Comment
les Pères traitaient hardiment les impudiques de leur époque, 412 et
suiv., 424. — Traduction de la Bible des xvi« et xvii* siècles, 415. —
Style des prônes gardé bien plus tard dans sa naïveté, 416. — Com-
ment le moyen Age a enseigné et protégé cette vertu, 424, 427 ; — IV,
378, 387, 389. — La modestie, gardienne de la chasteté, 389.
Chasuble, vêtement sacré de l'évêque et du prêtre offrant les Saints
Mystères. Son histoire et son symbolisme, IV, 171 et suiv.- Variations
malheureuses de sa forme, 172.
Chat , symbole de l'adultère , 1 , 188, — IV, 464 , — de l'adresse per-
fide, III , 446, — IV, 464. — Fouetté par un singe , 29. — Symbole de
l'hypocrisie, 33, 38, 464.— Image du démon saisissant pa proie, 232.—
Ses défauts naturels le font toujours prendre en mauvaise part chez les
symbolistes, 463 et suiv.
Chateaubriand. Singulière phrase de son Alala, II, 613.
Chatellerault, ville du haut Poitou. Description des modillons de
la façade de l'église Saint-Jacques, représentant les articles du Sym-
bole, III, 319.
Chauve-souris, symbole de l'idolâtrie , III , 446; — IV, 444.
Chauviony-sur-Viennb. Sculpture de sauterelles de l'Apocalypse dans
sa belle collégiale, II, 203, 205; — III, 336 ; — de la Babylone abandon-
526 HISTOIRE DU STMBOUSME.
Bée, II,Î87;— III, 33$;-- de Daniel, 188, 836,— et des antres tBiyMn»
évangéliques, 337.
Chavin db Mallah a bien écrit du symbolisme > sauf quelques
erreurs , n , 515.
Chep, terme de blason. Sa signification symbolique, II , 545.
Ghbhin db la Gaoïx , dévotion chrétienne. Son origine et son but ,
m, 157; — IV» 67. ^ Abus qui se commettent dans son iconographie,
68, 69, 70 ; -» ressources qu'on trouverait pour elle dans les v&slea
surfaces murales des églises, 69. -^ Beaux types à prendre dans Tait
du moyen &ge, 69.
Chêne, symbole de la force, 1, 207» 200,-^ ni2, U, 564,^ de l'immor-
talité, 82, 85, 564 » -^IV> 423. — Consacré à Jupiter, l, 230, 289, 268. —
— Sa feuille parfaitement imitée an ziii« siècle, III, 537. — Le chêne
doit être préféré pour les meubles de l'église, tant pour son symbolisme
que pour sa durée, IV, 116.
Cheval; symbolise la majesté, I, 202, — T indépendance, 226.— Che-
val blanc des triomphateurs à Rome, 298 ; — II, 314. — Chevaux de
l'Apocalypse ; le feu de leurs narines, 1, 340.— Cheval blanc, 201; — II,
174, 175, 314 ; — IV , 12. — Cheval noir , II, 174, 477. — Cheval roux,
176; — pâle, 178. —Opposition symbolique de leurs différents rôles,
178; — IV, 12. — Chevaux hybrides portant la mort devant et derrière
eux, II, 208. — Cheval blanc du Samaritain, IV, 12. — Cavales de Sa-
lomon, II, 122. — Cheval blanc de l'Apocalypse; ses différentes signifi-
cations , 174, 175. — Cheval noir, symbole du péché, 174. — Légende
du cheval volé, dans une crypte de Rolduc , en Belgique, III, 189. — Le
cheval, symbole de la majesté souveraine en Chine, 1,202.— L'Occident
le prend pour celui de la luxure et des emportements désordonnés, IV,
12, 452, 498.
Chevalerie. Elle a fait naître l'art héraldique, II, 540. — Ordres de
chevalerie religieuse, 550. — Romans de chevalerie les plus célèbres au
moyen ftge, 675. — Les vertus symbolisées par des chevaliers, III, 427.
— Décadence de la chevalerie au xv^ siècle ; efforts de René de Pro-
vence pour la soutenir, IV, 204.
Chevet des églises (voir Abside).
Cheveux, symbole des choses du monde et de ses plaisirs, 1, 203; — II,
205.- Cheveux des Juifs habituellement roux, 1, 344;— ceux de l'Épouse
des Cantiques semblables à un troupeau de chèvres, II, 122.— Cheveux
blancs de Jésus-Christ, 150, 205. — Cheveux de femme , faiblesse et
mollesse, 208, 205; — cheveux d'homme, force et dignité, 205.
Chèvre, symbole de Tindépendance, II, 123, 124 , — des gentHs con-
vertis à Jésus-Christ, 512 » — III, 464 , — de l'Ame solitaire, itnd.
Chevreau, symbole de Notre-Seigneur, IV, 221.
Chevron, pièce héraldique. Sa signification, II, 545, 546.
Chib, symbolisé par un buffle, 1, 161 .—Caractère de ce dieu égyptien,
III, 408.
TàBLK GÉNÉRALE. 527
Ghh^, symbolise la bassesse et la méchaneeté, 1 , 195^ 396 , — ni^
121, £68, 445,'- radaltère, I, 202, — et rimpudeur , II, 396,—
la fidélité, I, 207, — III, 81 , 301, 447. — Opposition de ses qualités
et de ses défauts, I, 359, 397. — Image des mauvaises passions, II, 512.
— Le lévrier, symbole de Tactivité, 546, — et de la fidélité conjugale,
m, 301. — Le chien donné souvent dans T iconographie comme un ac-
cessoire des personnes nobles, 81, 91. — Image de Satan poursuivant
les ftmes, 126. — Chien dévorant le pain des Anges, 128.—* Chien
hybride > personnification de Satan, lY, 30.
Ghifplbt (Jacques). Son système sur les abeilles d*or trouvées dans
le tombeau du roi Childéric I*^ qu*il preud pour des fleurs de lis, TII,
547 et suiv. — Conflit scientifique à ce siget, 548; — IV, 292.
Chiffres. Antiquité de leur découverte, I, 51, 97, 98 et suiv. ^ Leur
usage chez tous les peuples, et leurs formes variées, 52,55. *— Ne
semblent pas avoir servi de symboles, 55. — Chiffres des Hébreux, et
leurs notions d'arithmétique, 100; — chiffres des Grecs, 108.
Childéric 1«', roi des Francs. Découverte de son tombeau à Tour-
nay ; si les abeilles d*or qu'on y trouve peuvent passer pour des fleurs
de lis, III, 547. —Richesse des autres bijoux de cette sculpture, IV, 292.
Ghimèrr, animal fantastique; symbole de la vigilance, I, 235,— et
des mystères chrétiens, IV, 423.
Chimib. Son antiquité et sa marche à travers les siècles jusqu'à nous,
I, 59, 60; — ses rapports avec Tastronomie dans les rêveries des an-
ciens, 61,
Chinois. Symbolisme de leur écriture, 1, 23 et sqIv. — Ils le tiennent
de peuples plus anciens, 24. — Tombeau symbolique de Paul Hu à
Nankin, 201. — Symbolisme de leurs navires, 243 et suiv., -^ de leurs
couleurs, 300. — Laideur calculée de leurs idoles, II, 336.
Choeur de l'église. Sa voûte abaissée symboliquement au-dessous des
autres travées, III, 182, 222. — Sa clôture doit être entourée d'autant
de recueillement que possible ; ses particidarités symboliques, 220 et
suiv., 223.
Chou, ornement en acrotère couronnant les sommets d'une église ou
d'un pigDon au xiv« siècle, III, 131, 537; — employé en chapiteau au
xv« siècle, 566
Chouette (voir Hibou).
CHRéHE, symbole de la royauté; appliqué aux autels dans leur consé-
cration, III, 267,— aux rois, aux baptisés et aux prêtres; sa composi-
tion, son symbolisme, 560 et suiv.
Ghrisghna, dieu hindou, incamé pour sauver les hommes, I, 313.—
Bleu céleste, 314.
Ghrishe, monogramlne et symbole chrétien. Son histoire, II, 148,
14^ 155, 357 ; -^ ses variétés, 358; » son symbolisme, III, 16, 8&, 86, 87.
Christianisue. a adopté, en les sanctifiant, beaucoup de pratiques
des païens : les bols sacrés, I, 230, — les ablutions, 318, --les Initia*
528 HISTOIRE Dt SYMBOLISME.
lions (voir ce mot), — A bAU ses églises sur les raines des temples
d'idoles, II, 114,— et remplacé les faux dieux par ses Saints, m, 105.
«—Le Cbrislianisme, régénération nouvelle parla charité, I, 320. — lia
inspiré, comme principe de toute vérilé sociale, les arts et tontes les
données de la civilisation païenne, «^48, 354; — IV, 283. — Il était pré-
paré par Tancienne Loi, I, 352. — Il a purifié Tart des souillures du
paganisme, 366;— III, 105; — IV, 284. — Adopte le symbolisme comme
moyen de propagande, II, 3, 4, 5 et suiv., 8, — III, 188 «tsuiv., — et,
dans ce but, jusqu'aux usages des païens, II, 12. — Son rôle providentiel
dans le monde, 295. — Appelant les rois et les peuples, 388, 399. — Sa
philosophie sur la mort, III, 95, 96, 97. — Il faut dater du i«' siècle son
apparition dans la France occidentale, IV, 291.
Chronique db Norembero. Sa description de la danse macabre^ III,
96. Titre complet de l'édition de 1493.
Ghrysolitre , pierre précieuse , symbolise la tribu d'Éphralm et
S. Matthieu, Il , 380. — Vigilance et sagesse suprême, 381.
Chrysoprasb, pierre précieuse ; symbole de la sagesse énergique, du
patriarche Issacbar, et de l'apôtre S. Jude, II, 382.
Ciboire, vase sacré destiné à conserverie Sainte Réserve. La forme
de colombe lui est fort ancienne, IV, 337.— (Voir CoLOiiBe,EncHARiSTf s.}
GiBORiUH , dais ou pavillon élevé par quatre colonnes au-dessus du
tabernacle dans les églises chrétiennes. Ses conditions liturgiques, II,
355 et suiv.; — III , 231. — Abus à y éviter, ibid,f et 232 , 287.
GicÉRON. D'où lui venait ce nom, I, 48.
CiGÉRONiENs, secle littéraire du xyi« siècle. Ridicule de ses préten-
tions appliquées à la littérature de l'Église, IV, 382.
Ciel. Fermé par la main de Dieu, 11, 216. — Séjour des Élus, 350 et
suiv. — Est donné gratuitement par Dieu, 361. — Quels pécheurs en
sont exclus, 361, 396.— Comparé à une perle, 366.
CiERQBS liturgiques, cifés par S. Jérôme, II, 489.— Le cierge pascal
brûlant toute la nuit de Pâques, 525. — Symbole de la résurrection ,
et du Sauveur lui-même , III, 135; — IV, 325. — Symbolisme de la
cire, III , 228; —IV, 324. — Le cierge de Sto Geneviève, éteint par
Satan, III, 372. — Celui de la sibylle Libyque symbolisant la lumière
chrétienne, IV, \ 05.— Institution de la procession des cierges au jour de
la Chandeleur, par le pape S. Gélose, 185. — VExsuUetfChaxïi de la bé-
nédiction du cierge pascal, attribué à S. Augustin, 325.
CioooNE^ oiseau sacré des Égyptiens^ I, 87. — Oiseau pur et toujours
pris en bonne part^ IV, 457.
Cihàbué. Sentiment chrétien de sa peinture, II, 608 ; — IV, 349 et
suiv. — Il se donne le tort de donner trois clous aux mains et aux pieds
du Sauveur crucifié, au lien de quatre, 125.— N'a laissé aucun souvenir
de son architecture, quoiqu'il fût architecte, 348.— Modifie le premier les
imperfections du dessin architectural , 349. — Pins fidèle que Raphaél
aux conditions historiques dans ses compositions, 374.
TIBLB GÉNÉlULE. 529
GlMETiàRBB. Leur orientation réglée, I, 232;— III, 79 etsuiv. — Lear
chapelle dédiée à S. Pierre éa Uens, 81, — on & S. Michel, ib,, tdtd.—
Plantés d'arbres symboliques, 82, 522. — Symboles sculptés sur les
tombes, 84, 87, 522. —La pensée chrétienne y introduit Tart du peintre
et du sculpteur , 89 et suiv. — Inconvenances du cimetière du Pore.
Lachaise, 98. — Les cimetières chrétiens consacrés comme les églises
mêmes, 99. — Profanés par l'autorité civile, 304. — (Voir Dansb ha-
cabbe; Dict des tbois moats.)
GiuoN de Gléone, peintre grec, varia les poses des têtes, I, 278, — et
Vagencement des draperies, 285.
GiRCONGisiON. Règlement donné par Tarchevêque de Paris Eudes de
Sully pour les drames liturgiques joués à cette fête, IV« i96. — Autres
détails, i99, 214.
GiKB liturgique (voir Cierges).
GiTÂ CÉLESTE, OU la Jérusalem symbolique décrite par l'Apocalypse,
II , 268 et suiv.— (Voir Jêbusaleh.)
GItbaux, abbaye de Champagne. Histoire de ses démêlés avec Cluny
sur le faste et la simplicité des églises monastiques , II, 591 et suiv. —
Elle se règle enfin d'après les pensées plus rigides de S. Bernard , 603
— Beaux produits de son école architecturale, III, 5^,
Glaire (St*;. Traits de sa légende. II, 657, 677.
Clbfs, symbole de la puissance chez les Scandinaves, I, 180. — La
def de David dans l'Apocalyse, symbole de la puissance de Jésus-Christ,
II, 157, 327, 328. — Clef de l'enfer, 199, 3*28. — Les clefs données par le
Sauveur à S. Pierre, 327. (Voir S. Pierre.)— Sujet d'un beau tympan à
la cathédrale de Poitiers, 427, — et à Bougy (Calvados), 427. — Double
signification des deux clefs, 427.
Glbfs de VOUTES (voir Voûtes).
Clément (Le pape S.). Le Sauveur lui apparaît sous la forme d'un
agneau, II, 659.
Cléubnt (S.) d'Alexandrie. Ce qu'il dit des mystères et initiations
antiques, I, 74. — Son Pédagogue^ II, 482. — Ses réflexions sur la
création de l'homme, III, 314.— Ce qu'il dit du sphinx, IV, 423.
Clément XIII (Le pape). Son tombeau symbolique, par Canova , III,
134.
Clément (Félix), habile musicien. Ses recherches sur la fêle de PAne
an moyen âge, et comment il la justifie contre les attaques de la cri-
tique, IV, 209 et suiT., 216, 217, 219.
Cléopatrb prétend communiquer son amour par une perle dissoute
dans le vinaigre, II, 267.
Cléophantb, peintre de Corinlhe, emploie l'un des premiers plusieurs
couleurs, 1, 278.
Glbroé catholique, a toujours dirigé l'architecture et les autres arts
qui se rattachent au culte chrétien , I, 13; — II, 8, 23, 25, 430 ; — III, 41
T. lY. 34
530 HISTOIRE Du SYMBOLISME.
et 8ttiv.,4â, 94, 173, 245, 326, 336, 346;— iy,2966t8uiT., 3U. — H saiiTa
Tart et les lettres au z* siècle, III, 56; — IV, 428 et buit. —Gomment il
s'applique à tous les travaux artistiques, m, 67, 238 ; — ^lY , 301 . — Preuves
de ce fait dans les sculptures mêmes de nos églises, III, 58, 61 , 80, 149, 192,
199, 336, 424; — lY, 430 et suit.— Gomment il y comprenait Testhétiqne
chrétienne, III, 94, 191, 200 , 429 ; — IV, 16 et suiv., 431. — N*a même
plus la liberté de traiter ses monuments chrétiens, livrés, à leur grand
préjudice, aux entreprises des architectes officiels, III, 193. — Fausse his-
toire faite par M. Vitet de la franc-maçonnerie et de ses envahissements
dans l'architecture religieuse, 197, 356, 357, — acceptée dans les BulU^
Uns des Antiquaires de TOuest, 199 ;— IV, 344. — Que le zèle du clergé
doit agir par la science ecclésiologique contre Taction maladroite de
travailleurs incapables,III, 239, 319; —IV, 57, 67.— Le clergé lui-même
inscrivait ses propres devoirs dans l'imagerie des églises, III, 428 etsuiv.,
430 , — IV, 459, — et dans ses écrits, 34, 502, 503. — Zèle qu'il doit aToir
pour l'étude du symbolisme, 183. — Ne s'oppose pas assez aux envahis-
sements dans l'église de la musique profane, 266, 267, 270.— Qu'il doit
user de toute son influence sur la construction et la restauration des
églises, 408, 411,— avec le concours de laïques compétents, 409. — Le
clergé a sauvé les lettres et les arts aux époques tourmentées du moyen
âge, 428 et suiv. — (Voir àrchitbctbs.}
Cloche. Symbolisme de la cloche et de tous détails, exposé par
Hugues de Saint- Victor et Jean Béleth, II, 581. — Son histoire et ses
origines, III, 121 et suiv. — Estime qu'en fait l'Église, et vertus mys-
térieuses de leur son , 123 , 124. — Belle liturgie de la bénédiction
des cloches, 124, 391. — Les cloches du Te Deum et du Magni/icat,
IV, 183.
Clochers. Leur symbolisme , III, 115 et suiv. — Diversités de leurs
formes et de leur emplacement, 119.— Les règles négligées sur ce point
à partir du ziy« siècle , 120. — Qu'ils doivent toujours être surmontés
de la croix, 181.— Riche ornementation des clochers gothiques, 319.
Clochette brisée : pourquoi un attribut de S. Benoit, IV, 92.
Glopinel (Jean), dernier auteur du Roman de la Rose, n, 676.
Glotildb (Ste), reine de France. Sa générosité à pourvoir les églises
de bijoux sacrés, IV, 292.
Clous dont on perça les mains et les pieds du Sauveur sur la croix.
Ne furent pas moins de quatre, II, 440; — III, 169; — IV, 105, 125. —
Prédits par la sibylle Hellespontine, 105. — Symbole des quatre vertus
cardinales, 126. .
Clovis prend le lis comme emblème de la pureté baptismale, I, 205.
— Donne un riche vase à S. Remy, qui le lègue à son Eglise de Reims,
IV, 289.
Cluny, abbaye de Bourgogne. Son zèle pour les églises festueuses
condamné par S. Bernard et par les moines de Giteaux, II, 591 et suiv.
— Beauté de son école architecturale, III, 58; — avait au xii« siècle
la plus vaste église du monde, 194.
TABLE GÉNÉRALE. 534
GcECR; symbole des pensées élevées, III, 277. — Sculpté sur les tom-
beaux ou les épitaphes; sens de ce symbole, 540.
GoLÈRB , péché capital symj^olisé par une femme dont un serpent
ronge le cœur, II , 272. — Calmée par le rubis , 366.
GoLLEViLLE , village de Normandie. Tympan de son église décoré du
/wm, 111,530; — IV, 452.
Collier de fer, indice de captivité , 1 , 203.
Collyre, symbolisant la vue Intérieure de la conscience, II, 160.
Colombe, symbole de la fidélité conjugale , 1 , 93; — III , 250.— At-
tribut de Vénus , 1 , 169, — de la piété catholique , IV, 333. — Présage
de paix , II , 10 , 658 ; — IV, 50. — Symbole de l'Eucharistie , II , 12 ;
— III , 231, 284 et suiv., 332; — de l'humanité et de la divinité du
Sauveur, II , 99 ; — de la simplicité , 100 , 601 ; — ni , 285; — IV, 141.
— Colombe au nimbe timbré d'une croix est le Saint-Esprit, II, 169. —
Symbole de TEsprit-Saint , 532 , — IV, 187, — des douze Apôtres ,
48,— quelquefois de la tiédeur morale, 334. — Celle de l'Arche,
parallèle à celle du Jourdain, II, 112; — IV, 50. — Charmant sym-
bole de la résurrection des morts , II , 220 ; — III , 85 ; — de l'inno-
cence , II , 358; — IV, 141 ; — de toute la vie chrétienne , II , 483; —
IV, 50 , Ui ; — du sacrifice par la mortification des sens , II , 531; —
de la charité , 351, 532 , 558 , 601 ; — de la vie religieuse et de sa soli-
tude , 566; — III, 343. — Colombes hybrides sculptées dans les églises ,
II, 60! ; — IV, 334. — Colombe servant de tabernacle , III, 284 et suiv.,
— ou de ciboire, IV, 337. — Motifs symboliques de cet usage, III, 285.
— Buvant au vase eucharistique , II , 12 ; — III , 332 , 448 , 468; —IV,
333, 334 , 447. — Méditant dans le feuillage , III , 343. — S'abandonnant
comme type d'obéissance à l'Enfant Jésus, IV, 141, 356.— Lftchée dans
l'église au jour de la Pentecôte , 187.
Colonnes , sont le type différentiel» des styles d'architecture an-
cienne. Symbolisme de la colonne ionique et de la colonne toscane ,
1 , 226. — Symbole de la stabilité physique et morale , II, 158, 159. —
Les douze colonnes d'une église , symbole des douze Apôtres , III , 43 ,
176, 178. — Symbolisme de quatorze colonnes , 177, — ou de sept ,
ibid. — Leurs formes diverses aux différentes époques du moyen ftge ,
177. — Symbolisme de leurs bases , 178 , — des petites colonnes posées
aux angles montants des fenêtres , 179. — Colonnes entourées d'une
vigne grimpante , 523. — Figurent dans nos églises des palmiers des-
tinés à en soutenir les voûtes , 563 , 564.
Commode (L'empereur). Triste état de l'Empire sous son règne,II,242.
Communion eucharistique. La communion générale du clergé au
Jeudi saint, vestige des drames liturgiques du moyen ftge, IV, 197. —
Quand et pourquoi est abolie la communion sous les deux Espèces, 288.
— Types symboliques de la bonne et de la mauvaise communion , 457.
CoMPLiES, dernière partie de l'Office divin, ne remontent guère qu'au
xv« siècle dans le Bréviaire séculier. C*est proprement la prière du 9Qirf
IV, 279.
532 HlSTOI&fi DU SYMBOUSME.
Conciles. Ce que le concile de Trente dit de raaUienticilé des LÎTres
biblique», Il , 36 , — ei des règles d'interprétation , 55, — de la Justice
distribuliye de Dieu , 71. — Ses décrets sur les images , III , 433 , 434,
— Le concile de Constantinople in Trtdlo permet d'attacber l'image
du Sauveur à la croix , n, 440. — Fausse interprétation du concile de
Francfort sur l'adoration des images , III , 247 , — et du deuxième de
I^icée, IV, 172. — Le quatrième de Tolède, et ses prescriptions liturgi-
ques, II, 325. —Les conciles exigeant des é vaques une surveillance
des constructions d'églises, III, 45 et suiv.,— en particulier le deuxième
de Nicée , 53 et suiv., 433. — Le premier de Vemeuil, en 755, sur les
baptistères , 290. — Ceux du xvi* siècle contre la musique profane
dans les églises , IV, 265.
Confesseurs, titre donné aux Saints qui ont brillé par la pratique
des vertus communes en debors de l'apostolat et du martyre. Symbo-
lisés par la violette, II, 641.
Confessionnal. Sa place normale dans l'église, ni, 212. — Son his-
toire; formes et ornements qu'il faut lui donner, 213 et suiv., 567.
Confirmation, sacrement de l'Église chrétienne. Symbolisme de
l'huile et des onctions qui s'y emploient, IV, 151.
CoNFRÉRiBB, formécs au moyen âge pour la construction des églises,
III, 59. — En quoi elles diffèrent des firancs-maçons, et si elles eurent
des secrets, 60.
Congo. Coutumes de ce pays aux funérailles , 1, 202.
CoNOPÉE, voile d'étoffe tendu autour du tabernacle de la Sainte Ré-
serve. Son but, son origine; abus qu'on en fait, II, 355 et suiv.;— m, 280
et suiv.
Conquérants, fléau de Dieu, souvent punis de leurs propres con-
quêtes, II, 294 et suiv.; — IV, 415.
Conques, village et abbaye du Rouergue. Richesse de son trésor d'or-
fèvrerie sacrée, IV, 304.
Consécration, rite symbolique des sacrifices juifs , reproduit dans la
messe et dans l'absolution , II , 98, 99. — Des églises (voir Dédicace).
Constantin le Grand place le Christ dans le Labarum, n, 148. — Son
triomphe sur tous ses ennemis, 184, 20â, 325. — Rend la paix à l'Église,
220, 221, 236. — Symbolise la victoire de la Croix, 309, 330. — La vérité
sur son baptême, 659.— Sa part dans la construction de la basilique
Vaticane, III, 69,— et de Saint^ean de Latran, 268, 290. — Ses généro-
sités aux églises, IV, 287.
Constantinople punie de ses crimes par un des Oéaux de l'Apoca-
lypse, II, 269. — Sa destruction au xv« siècle , l'une des causes de la
décadence du sentiment chrétien en Europe, IV, 345.
Constitutions apostoliques (voir apôtres).
Contre-forts des églises, symbole de la force et de l'espérance chré-
tienne, III, 114.
TABLE GÉNÉRALE. 533
Coq , symbolise la hardiesse brutale et la vigilance , 1 , 195 , 209 , —
m , 446 ,— IV, 31 » — la chate et le repentir de S. Pierre , Il , 427. —
Son rôle au-^iessas des clochera , et symbolisme de tous les détails qui
s'y rattachent , III , 117 et suit. — Ce qu'en dit Durant de Mende, 119.
— Passait cbes les anciens pour n'avoir pas peur du lion , 471. — Ce
qu'en disait Érasme, IV, 354.
Corbeau, consacré h Apollon , 1 , 170. — Corbeau de Tarche de Noé,
symbole des Ames mondaines, II, 566.— Pourquoi attribut de S.Benott,
et, à ce propos, ses caractères défavorables, IV, 92. — Symbole du
démon , ibid., 454.
GoRBBir. (Pierre de], archevêque de Sens aux xn* et xiii* siècles^ com-
pose la prose de VAne, IV, 215 et suiv.
COBBCLET8 (voir MODILLONS).
Cordon ou ceinture du prêtre se revêtant pour les Saints Mystères ;
sa signification mystique, IV, 169.
Corinthiens. Leura vices stigmatisés par S. Paul, III, 415, 425.
Cornaline, pierre précieuse; avait la propriété d'égayer, II, 366.
CoBNB, mot symbolique souvent employé dans la Bible , et en quel
sens, II, 74, 75, 171, 290, 633. — Démon à dix cornes, 228, 229, 290, 294.
— Autre à deux cornes, 249, 250. — Corne d'abondance, attribut de la
sibylle Gymmérienne, IV, 102. — (Voir MolsE.)
Corneille, centurion, baptisé par S. Pierre, III, 299.
Corneille, oiseau, symbole de la fidélité coigugale , I, 93.
Corse (Ile de). Usages qui y symbolisent la vengeance , 1 , 204.
GoRTUS (Louis), Jurisconsulte du xvi« siècle , se fait inhumer par des
Jeunes filles vêtues de vert, I, 320.
Costumes donnés parle moyeu ftge aux personnages de son imagerie;
leur convenance et leur chasteté, III, 421.— Cet anachronisme n'est pins
de mise aogourd'hui, et pourquoi, IV, 64. — Couleurs symboliques à
donner toujours aux costumes selon le caractère ou le rôle des per-
sonnages, 89, 90, 210 et suiv. — Costumes des acteurs dans les drames
liturgiques, 211.
Couleurs. Elles ont toutes leur symbolisme, qui doit rester insépa-
rable de la peinture, I, 291 ; — IV, 14, 89. — Ce symbolisme toujours
usité, 1,294,335 et suiv.; —IV, 9;— négligé dèslexv siècle, IH, 92 ; —
IV, 20, 21, 89; — peu apprécié aujourd'hui; Tétait beaucoup plus des
anciens, I, 291 et suiv. ; — II, 348. — Homère semble être le premier
qui ait adopté ce moyen, I, 292 , — sinon les Hébreux, 294. — Analyse
du Traiié des couleurs symboliques de M. Frédéric Portai, 294 et suiv.
Oes ch. XII et xiii). — Fondements et utilité de la théorie des couleurs
dans la peinture artistique, 295; — III, 42,92; — IV, 9 et suiv. , 14. —
Combinaison des couleurs pour symboliser des qualités ou affections
diverses, 1, 302, 306, 318 ; — IV, 9, 89, 124. — Théorie des couleurs et
de leurs effets divers sur la vue, I, 314; — IV, 10, 11. — Couleurs na-
^
534 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
iionales de l'islamisme, 1 , 318. — Couleurs mixtes ; théorie de leur
symbolisme, assez douteuse, 325 , 332, 333 , 337 et sût. , passim ; —
IV, U.— Application du symbolisme de couleurs dans la Sapko de
M. Délavai, I, 343. — Causes multiples de l'altération des couleurs dans
les monuments de l'antiquité et du moyen âge, 338; — IV, 53, 55.—
Cuirasses des Perses de diverses couleurs symboliques, II, 208. — Cou-
leurs à significations favorables données aux vêtements des Élus , 338 ,
404; — IV, 89. — Application des couleurs symboliques aux sculptures
des monuments, II, 348; — ÏV , 89. — Comme le xin* siècle a bien su
les comprendre et les employer, II, 402, 403, 404 ; — IV, 12, 19, 124. —
Les couleurs propres aux grands personnages données aussi à ceux
qui en dépendent, II, 404 ; — IV, 9, 13. — Couleurs données par ordre
de Dieu aox étoffes du premier tabernacle, m, 42. — Couleurs données
au démon selon ses fonctions iconographiques , 386 ; — IV, 29 et suiv.
— Les mêmes couleurs toujours attribuées aux mêmes personnages
d'une légende , 9, 29, 30. — Opposition des couleurs , ou leur sens sym-
bolique diversifié pour des objets divers, 14 et suiv., 29 et suiv., 178.
— Leur symbolisme appliqué aux pierres précieuses, 15. — Leur mer-
veilleux effet dans l'art chrétien, 48 , 72 et suiv. — Couleurs des habits
sacerdotaux à suivre pour la parure des solennités et des autels, 90, 176,
177 et suiv., 179. — Soin que doivent prendre les peintres d'étudier et
d'appliquer le symbolisme des couleurs, 145.— (Voir le nom de chaque
couleur; puis Blason, Fbesqce, Oppositign, Pbintuhe, Tableaux.)
Coupe, symbole de multiplicité et d'abondance, II, 259; — des ven-
geances de Dieu, 264, 278 et 280, 325.
Coupoles, annexe d'origine byzantine aux églises du xn« siècle, III,
35. — Leur symbolisme, 43, 169.
Couronne, symbole du pouvoir ou du triomphe, I, 203;— II, 163,
228 ; — des fausses vertus, 203. — Couronne de fleurs, symbole de la
sibylle Cymmérienne, IV, 102. — Couronne de créneaux , symbole des
villes, I, 209; — de Jérusalem, II, 456. — Couronne rostrale, I, 242.—
Couronnes des armoiries, II, 549.— Couronnes de lumières (voir Chan-
DELiEHs). — Couronne d'épines (voir Épines). — Couronne de fleurs
donnée aux enfants de chœur de l'Église de Saintes, de l'Ascension à la
Saint-Pierre, IV, 187.
Cousin (Le philosophe) accorde trop à Platon sur la Trinité,!, 146.—
Vanité de son système du beau, du vrai et du bon séparé du principe
chrétien, II, 4. — (Voir Castiglioni.)
Coutumes locales de la liturgie. Combien précieuses à conserver dans
l'intérêt des traditions symboliques, IV, 153 et suiv., 178, 181, 183, 185,
186.
Crapaud (voir Grenouilles).
Craton, philosophe converti par S. Jean l'Évangéliste. Son baptême
par l'Apôtre, représenté sur la cuve de Notre-Dame-des-Fonts, à Liège,
m, 298 et suiv.
Création. Opérée par les trois Personnes de la Trinité, II, 160. —
TABLE GÉNÉRALE. 535
Dieu symbolise le nombre 9, 171.— Description des beautés phy-
siques qui peuvent symboliser le bonbeur moral des Élus y 358. —
Symbolisme des six jours^ 533, — et des mille objets de la création
sur les modillons de nos églises, III , 314 et suiv., 441. — Le dimancbe,
action de grAces pour la création, lY 182. — Défauts de La Création de
Raphafil au Vatican, 369 ; — celle bien préférable de Buffamaico, 870.
Crèche de Bethléem, donnée pour symbole & la sibylle de Samos,
IV, 106; ^ exposée à Rome le jour de Noél, 184.^ Crèches symboliques
à la même fête en quelques églises, ibid,
Crédbncb des églises. Son histoire , son usage et son symbolisme,
ni, 235 et suiy.
Cristal, symbole de la sagesse et de la pureté ; origine du feu et
de l'amour divin, 1, 298 ; — II, 365. — Symbole de la vision intuitive,
367, 385, ^ du baptême, 367. — Estime qu*en avaient les anciens, 368.
^(VoirMBR DE VERRE.)
Crochets, ornements donnés aux chapiteaux du xiii* siècle, III, 537.
^Deviennent le point de départ d'autres parures sculptées, 565 et
Buiv., 569.
Crogobilb. Signification symbolique de ce nom, I, 34. — Il symbolise
le Nil, 183,^ la ville de Nimes, 266. ^ Pleurait pour attirer les enfants
et les dévorer, III, 471.
Croisades. Ont contribué aux développements de l'art héraldique,
II, 544, —et de Tart monumental, III, 248, 325; — IV, 436. — Gomment
les peintres de leur époque distinguaient dans leurs œuvres les chré-
tiens des infidèles, 147. — Elles ont importé en Europe les belles étoffes
orientales à sujets symboliques, 163. — Symboles iconographiques ve-
nus d'Orient & cette époque, 436 et suiv.
Croissant, symbole de la lune comme élément imparfait, I, 60. —
Pièce héraldique; sa signification, II, 545.
Croix, signe de salut chez plusieurs peuples païens de l'antiquité,
1 , 223 et suiv. , — III , 85 , 530 , — chez les chrétiens , II , 186. — Ce
qu'en dit le pape Innocent III, 186. — Symbolisée par la verge dont
Moïse frappe le rocher , 360; — par le bois que recueille la veuve de
Sarepta, 517; — par l'arbre de vie, 521 ; — par le bols du sacrifice d'Isaac,
563.— Se peint en vert par symbolisme, I, 320.— La croix dans les
catacombes, IV, 50, 122; — sur les monnaies romaines , 122. — Divers
signes prophétiques de la croix du Sauveur : le bois porté par Isaac,II,
86; — le bâton d'Elisée, 106; —le Tau d'Ëzéchiel, 185,201; — IV, 127.
— C'est sa forme primitive, II, 439;— IV, 127.— Peinte en rouge sur
les portes des Israélites, 16.— Histoire des transformations de la croix
et du crucifix , II, 439 et suiv., 452; — III, 16, 43, 144; — IV, 47, 106,
127 et suiv.— Croix de Malte, symbole des huit béatitudes, II, 152.—
Origine du signe de la croix , 201. — Son histoire et son symbolisme ,
IV, 159.— Constantin en consacre le triomphe, II, 309, 330. — La croix
triomphale du Sauveur ornée d'un nimbe rouge croisé de blanc, 338.
— Toujours gravée sur les tombeaux , III , 85, 87. — Les Apôtres ont
536 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
plaDté la croix par tont le monde, II, 370; — III, 16.^ La. croix, arbre
de vie, 34i . — Semis de croix sur les mars des églises au v* siècle, H ,
503, 512.— Croix de leur consécration, III, 160, 178; — lY^ 188.— Croix
diverses figurant sur des armoiries, II, 540, 545. — Serpent au pied de
la croix, IV, l30, 328.— Croix plantée sur l'emplacement où devra être
le grand autel d*ane église, III, 66, 68 * — déterminant la forme géné-
rale du monument, 105, 169. — Origine de ce symbolisme dans Farcbl-
tecture, 105 et suiv. — Différence entre les croix grecque et latine, 105.
— La croix de S. André, 144;— de S. Philippe, 147. — Croix de ré-
surrection, symbole de la sibylle Phrygienne , IV, 196. — La croix a
toujours dominé les clochers, III, 181. — Croix triomphale des églises,!,
222 et suiv.;— celle de Tautel, indispensable an Saint Sacrifice, in, 228 ;
IV, 122. — Son histoire, 328. — La croix a son rôle dans toute la
liturgie, III, 229. —Croix lumineuse figurant la Vérité évangéUque, IV,
48. — Croix pectorale des évêques; son origine et son symbolisme, 167.
— Mystère des dimensions de la croix, d'après S. Paul, 167. — Magni*
fique croix d'or et de gemmes donnée an xu* siècle par Suger à S. Denis,
318. — (Voir CRcaFix.)
Grosnier (Mgr). Son Iconographie chrélienney l, 155. — Sa disserta-
tion sur le coq des églises, III, 117. — Se trompe à propos de la dévia-
tion de Taxe longitudinal des églises, qu'il refuse à l'époque romane, 170.
Grosse des évêques et des abbés. Sa signification. II, 427; — III, 16;
— IV, 164. — Leurs sujets symboliques les plus habituels, III, 380; —
IV, 164. — Crosse abbatiale de Tiron, III, 381 ; — IV, 164.— Crosse sup-
portant une tour ou une colombe de la Sainte Réserve au-dessus de
l'autel, III, 282. — Ce fait méconnu par un archéologue quant à son sens
symbolique, 283,284.— La crosse privée, depuis la Renaissance, de toute
ornementation symbolique, IV, 399.
Crucifix, image peinte ou sculptée de Jésus-Christ attaché à la croix.
Ne remonte pas plus haut que le vi* siècle, II, 439 ; — mais était dès le
IV* dans les catacombes, 440. — Histoire des détails dont on l'a entouré,
440, 442, 447, 451. — Description d'un crucifix du ix« siècle, 441.^
L'image du Christ fut d'abord remplacée sur la croix par un agneaa,
439;— IV, 47. — S. Pierre et S. Paul à côté de la croix; raison de la
place de chacun d'eux, II, 451 et suiv. — Crucifixion peinte par Tabbesse
Herrade, au xii* siècle, et description des attributs symboliques qui
l'entourent, 454 et suiv. jusqu'à 465. — Raison mystique des objets
placés à gauche ou à droite du Christ, 464. — Le soleil et la lune, 438,
439, 441, 464. — Le Tétramorphe, IV, 328.— Comment l'Église repré-
sente la crucifixion du Sauveur, III, 168 et suiv. —Inclinaison de la tète
sur l'épaule droite, 170 ; —IV, 128. — Crucifix de l'arcade triomphale
dans les églises, 222 et suiv.— Crucifix suisse coiffé d'une perruque,
III, 433. — Histoire du crucifix et de ses détails iconographiques, IV,
121 et suiv., 329. — Détails symboliqnies sur la personne du Sauveur
crucifié, sa pose, son orientation, 128.
Cryptes, églises souterraines. Leur histoire et leur symbolisme, III,
187 et suiv.— Belles cryptes pratiquées au xi* siècle, 26.
-^ TABLE GÉNÉRALE. 537
GoGNiÂABS (Pierre de), avocat général aa Parlement de Paris. Sa
punition symbolique pour ayoir attaqué Tindépendance du Saint-Siège,
m, 356.
Cuirasse, entêtement, passion entêtée, II, 204.
Cuisse, nom écrit sur la cuisse du Sauveur. Symbole attaché à ce
mot dans l'Écriture, II, 319.
CunniE, métal que ses propriétés ont fait attribuer à Vénus, I, 60.
GuLHUACEN (voir Palenqué}.
Culte de Dieu. Comment, étant nécessaire ici -bas, il ne Test plus
dans le ciel sous les mêmes formes, II, 386 et sniv. — Application de
Tart chrétien au culte par le symbolisme, 680.
GuNAUD, Tîllage et abbaye de l'Ai^ou. Son chapiteau à la sirène ex-
pliqué par l'auteur de ce livre, autrement que par le P. Martin, IV,
449 et suiv.
GuNNiMG (Le docteur). Interprétation burlesque de cet Anglican sur
TApocalypse, II, 276.
Cybâlb. Ses temples de forme ronde, I, 360.
Cynocéphale, animal égyptien. Symbole de la lune, 1, 74, 04.
Cyprès, arbre de deuil. Symbole d'immortalité, 1, 196^ —in, 82, 523,
— de bonne réputatlou. II, 588.
Gyprien (S.), évêque de Carthage. A queUe occasion il écrit son livre
De la MorLaUtéj II, 265« — Il expose très-bien le symbolisme du
ni* siècle, 484.
Cyrille d'Alexandrie (S.), Père du v« siècle. Son Cofnmenlaire sur
le Peniateuquef II, 498.
Cyrille de Jérusalem (S.). Ce quMl dit des noms prophétiques de
Jésus-Christ, II, 58, — de la prééminence de la nouvelle Loi, 69.
D
Dacttlolooib, ou Tart de former des chifTres'ou des signes avec les
doigts, I, 55, 56, 134.
Daoobert II, roi de France. Fauteuil symbolique fait pour lui par
S. Éloi, IV, 293 et suiv.
Daim, animal, symbolisé par son nom même, I, 35. — Symbole de
Jésus-Christ, IV, 221.
Dalmatique, vêtement du diacre assistant le prêtre à Tautel. Son his-
toire ; son symbolisme, IV, 171. — Donnée par le moyen Age aux grands
comme habit d'honneur, 2H.
Dalmatius, évêque de Rodez. Son zèle à bâtir sa cathédrale, III, 50.
Dan, fils de Jacob; symbolisé par la balance dans le Zodiaque, II, 109,
— par rhyacûithe, 383.
538 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Daniel (Le prophète). Symbolisme da nombre 4 expliqué par loi,
1, 148. ^ Sa vision sur la suite de Tempire d*Alexandre, II, 88,—
sur la destraction (}e Tempire chaldéen, 106, — et des antres absorbés
par Rome, 245. — Sa concordance avec TApocalypse, 164, 243, 244. —
Son rôle dans les peintures des catacombes, 500, — à Saint-Porchaire
de Poitiers^ m, 138, — à Chauvigny et à Tonnerre, i^td., 335. — Em-
blème de TAme nourrie de rEucharistie, 336. — Symbolise le Christ
dans les catacombes^ IV, 94. — Pourquoi on lui donne une robe
verte, 211, — et un épi de blé, ibid, — Représenté dans la fosse aux
lions comme type de Tinnocence persécutée et confiante en Dieu, 454,
455.
Danjou» habile musicien, auteur de la Revue de musique religieuse^
vulgarise le chant de ]& prose de VAne, IV, 219.
Danse. Son symbolisme; comment elle a dégénéré de son caractère
primitif simple et religieux, 1, 71 et suiv.; — IV, 260. — Danses immo-
rales des réunions cabalistiques, III, 400. — Danses macabres, histoire
et description de ces moralités symboliques, 92 et suiv.
Dante. Sa Divine Comédie, II, 21, 663, 664, 671. —Époques diverses
de ses poèmes; il les remplit du symbolisme connu avant lui , 663, 664
et suiv. — Erreurs politiques du poète, 665, 669, 672. — Songe symbo-
lique de sa mère, 668. — Occasion de son poème, 669. —Allusions sym-
boliques à ses personnages, 669 , 673. — Gonunent il s*est inspiré de
l'iconographie architecturale, 670, 674. — Allégorie des trois bétes fé-
roces qui sert d'introduction à la Divine Comédie, 671. — Gomment
la sculpture s'est inspirée de lui , III , 354. — Dante est toujours resté
catholique, 355. —Chaire créée à l'Université de Florence pour expli-
quer son poème , 355 et suiv. — Dante mal évoqué par Raphaël dans
son Saint Michel , IV, 377.
Darius. Symboles qu'il reçoit du roi des Scythes, I, 185.
Dauphcn, poisson, symbole du chrétien ou du baptême, III, 291,
292. — Préjugés des anciens sur son amitié pour l'homme, 472.
David, roi d'Israël , image du règne et du sacerdoce de Jésus- Christ,
II , 39. — Beautés de ses Psaumes , 40, 491 ; — III, 315 , 513. — Figure
de Jésus-Christ, II , 494. — Sous quels emblèmes il le représente, III ,
467. — En quel cas on peut l'associer & la sibylle Hellespontine, IV,
105, — et à celle de Samos, 107.
David (Émeric), se trompe sur une décision du concile de Constan-
tinople in TruHo, II, 440 ; — outre de beaucoup ce qu'il faut penser du
petit nombre des peintures des catacombes, 499 et suiv.; —juge mal de
l'époque de certains monuments chrétiens, III, 52, 55 ;— traduit mal
Grégoire de Tours, 187.
Déambulatoire , espace tournant daus une église entre l'abside et
Tautel ; ne remonte qu'au xii' siècle, II! , 168.
Debay, sculpteur contemporain ; son tombeau de Mgr Affre, privé
d'esthétique et de convenance religieuse, III , 98.
TABLE GÉNÉRALE. 539
OéGALOOnE. Symbolisme de sa verta législative, 1 , 121. — Symbolisé
par le nombre lô, III, 177.— Sa Décessité au point de yuede la mo-
ralité sociale, 405, 438. — Les obsctma des églises sont l'enseignement
du yi« précepte, 423, 438.
DÉCEMBRE. Occupations de ce mois dans les calendriers et zodiaques,
m, 461.
DÉDICACE ou consécration des temples anciens, 1 , 237, 239. — Celle
du temple de Salomon , 137 et suiv., 361. — Du second temple par les
Macbabées, 238. —Les temples profanés, puis rebâtis, détruits au préa-
lable jusqu'à la dernière pierre et rétablis sur les mêmes fondements,
238, 239. — Dédicace des égUses catholiques, 362 ; — IV, 74. — Ce qu'en
disent S. Ansehne, II , 655; —S. Augustin, 572, 587; — S. Bernard, 587.
-r L'encensement des croix de consécration au jour de la fête, IV, 188.
Degrés ou marches de la nef au chœur, et du chœur au sanctuaire ,
doivent être en nombre Impair de trois ou de cinq , III, 208, 222, 224.—
Aucunes conditions pour les degrés du trône épiscopal , 232.
Delâyâl, peintre. Son tableau de Sapht\ où il a appliqué la théorie
du symbolisme des couleurs, 1 , 348.
Deléclvse^ académicien. Ses fausses idées sur l'architecture du
moyen Age, Ûont il méconnaît l'esthétique, III, 192 et suiv.
Delpit (M. Jules). Esprit antichrétien de sa prétendue réfutation du
livre de M. L. Veuillot sur Le Droit du seigneur, III , 422.
DÉLUGE. Ses ravages ont fait de l'eau un signe de malheur^ n, 237.
DÉMONOLOGiE. Le démou représenté en Egypte sous le type de Ty-
phon, auteur du mal, I, 87, 89,299, 306. — Raison de sa forme de ser-
pent, 174 ; — II, 271, 272; — III, 359, 380. (Voir Serpent.)— De sa cou-
leur rousse, I, 306, 338, 344 ; — II, 176, 227, 242. — En satyre, 338. —
Symbolisé par le paon, 668.— De sa forme d'oiseau de proie, 300 et suiv.;
— de hibou, 300, 302; — de lion, 309,601 ; — III, 135, 258. — Son inter-
vention dans les songes, 1, 188. — Faux ange de lumière, n, 194; — III,
375.- De l'existence des démons, I, 247; — 111,359,361, 383, 391.— De
leur action sur la vie morale de l'homme, I, 248; — II, 154, 242, 300,
302 ; — m, 104, 209, 337, 360, 367, 385.— Croyance de tous les peuples
an démon, I, 249, 297, 299, 338. — Grande peur qu'en avaient nos pères,
III, 360. — Il est le type des idoles, 1, 251 ; — III, 362, 387. — Son culte
favorise toutes les dissolutions païennes, I, 252 et suiv. ; — III , 377;
— IV, 28 et suiv.— On lui consacre la couleur noire, 1, 299 ; — III, 276 ;
— remplacée parfois par le bleu foncé, I, 317; — II, 325, 338, 330, 348;
— rV, 29.— Diable à corps bleu et face rouge, 1,317; — II, 338.— Diable
vert, 1,323 ; — II, 324;— 111,386. — Le démon, inspirateur de l'artprofane,
qui prend son caractère, 1, 355 ; — III, 381 et suiv. — Ses images et ses
actes aux modillons, aux chapiteaux et aux gargouilles de nos églises,
I, 355 ; — II, 154, 301, 527 ; — III, 126, 127, 132, 209, 257, 258, 262, 275,
277, 563 ; — IV, 443 et suiv., 459.— Figure en de certaines légendes où
on ne le voit pas assez, II, 28, 300, 364, 375 ; — III, 391.— La et sjfua-
gogue de Satan, » II, 154. — Le cavalier roux, 176; —- III, 386.— L'étoile
540 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Absinthe, H, 194; — UI, 7S.— Est le prince de Tair, U, 199, 301, 336; —
III, 104,123,257,377;— IV, 459.— L'exterminateur, 11,204.— Son combat
contre S. Michel, 234, 241 ; — III, 104, 335, 359, 382 ; — IV, 8, 37.— Can-
tique de sa chute, II, 235, 235. — Symbolisé parla grenouiÛe, 271,274;
— III, 377. — Sa place le plus souvent au côté nord des monuments,
II, 206, 443; —III, 72, 127, 220, 236;— ou à l'occident , 72, 230, 441;
— IV, 8 ; — et au pourtour extérieur, II , 213, 301 ; — IIÏ, 376 ; — IV ,
459; — ou sous le porche , III, 209 , — et les angles des tours, IV,
459. — Dragon à sept tètes, type des sept persécuteurs de l*Ëglise ,
II, 228, 229, 242, 323 ; — III, 359. — Serpent (voir ce mot). — Les sept
démons chassés par Jésus-Christ, II, 228, 229, 300; — III, 383.— Anta-
gonisme du Sauveur et de Satan , II, 231, 232, 299 , 429 ; — III , 398 ,
563; — IV, 31. — Satan, chef de voleurs, II, 275. — Puissant chasseur
(voir Chasse). — Il aime les lieux déserts, 299 etsuiv.; — III, 104. —
Origine de nos légendes de sorciers , II , 300. — Il arracbe la vérité
des âmes, 301 , 42S; — III, 391 ;— est enchaîné et vaincu par Jésus-
Christ, II, 329, 330; — III , 132, 257. — Symbolisé par le Béhémot de
Job, II, 339 ; — III, 361 ; — par Léviathan, 361 .— Singe de Dieu, II, 652 ;
— lit, 363 , 379, 446; — IV, 13.— Symbolisé par des bêtes féroces,
II , 662; — III , 374 , 378; — IV, 31. — L'Église lui oppose l'eau
bénite, I, 199 ; — III, 209, 390. — Beaucoup de ses figures nrises à tort
pour des caprices inexplicables des artistes, 258, 375. — Satan persé-
cutant la Sainte Famille, 334 ; — obligé de supporter le faite des églises,
337, 348, 384 ; — chassé à l'aide de la mandragore, 342.— Combien ré-
pandu dans l'archéologie chrétienne, 358,362 etsuiv. ,401.— Ce qu'en
disent les Apôtres et les Prophètes, 359. — Cdté moral de son icono-
logie, 360, 379, 380, 389. — Ce qu'en enseignent les Pères, 360, 377,
378, 445 et suiv.; —IV, 443 et suîv. — Nié par les libres-penseurs,
m, 391, 393. — Ses noms variés et symboliques, 359, 360, 361, 366, 385.
— Son horrible laideur, 360, 366, 379, 389, 563 ; — IV, 31. — Pourquoi
nommé Légion, III, 361. — Son rôle d'ange tombé dans la tentation
d'Eve au Paradis terrestre, 365,— et de Jéâus-Christ au désert, IV, 31.
— Son portrait dans la Légende dorée et ailleurs, 366, 315, 376; — au
jugement dernier, 366, 431 ; — au chevet du mourant, III, 366, 371. —
Les figures humaines répandues sur tout son corps, 342, 367, 368; —
IV, 28. — Philtres diaboliques des sorciers, III, 342, 367, 395. — Satan k
trois têtes, trinité du mal, 367 , 368; — à oreilles de satyre, 368.—
Dragon dévorant CaIn après son crime, 369. — Tentant le pécheur de
désespoir, 370; — s'insinuant à l'oreille de ses victimes, 371.— Joue
delà viole au bal d'Hérode, 372. — Il lanee des flèches contre le ciel,
376.— Tourments des démons révélés à quelques Saints, 374, 379.— Le
diable nimbé de noir, 376. — Se? yeux remplis de points de charbon,
377. — Porte les attributs de l'hérésie et de la luxure, 377.— Il anime
les idoles païennes, 362, 377, 385, 387, 466; — se fait Tadversaire infa-
tigable de l'homme, 378 et suiv., 490 et suiv.,- qui le lui rend bien par
les rôles qu'il lui assigne dans l'art religieux, 380, 382, 384, 385, 395;
—IV, 28 et suiv., 32.— Son rôle aux fonts baptismaux, III, 381. — Lai-
deur symbolique donnée par les païens à ses images, 381, 382.— Gom-
ment représenté dans les exorcismes du moyen âge, 386, 390. — Battu
TABLE GÉNÉRALE. 541
par S. ApoUinaire et S. fioniface, 382. — Ressources contre lui dans la
litargîe calholique, 382 et saiy., 385. -^ C'est lai qui inspire la négation
de son existence, 384, 391, 393, 394.^Coaleurs diverses selon ses fonc-
tions, 386^ —IV, 29, 30.— Gargouilles symboliques portées aux proces-
sions, m, 391.— Description d'une estampe démoniaque du xvi« siècle,
394 et suiv. — Démons répondus dans Torfévrerie chrétienne, 380, 419.
— Démon incube chassé par S. Bernard, 426. — Démons de l'impureté
terrassés par la force et la prudence, 427; — IV, 450. — Histoire de la
sirène d'un chapiteau de Cunaùd, 448 et suiv. — Les Pères ont classé
Satan parmi les bétes, III, 445, 446. — Nommé Zabulas, et pourquoi ,
490, 493. — Symbolisé par le scorpion, 460, — par le cancer, 462.— La
chute des mauTais anges très-convenable dans la rose occidentale des
églises, rv, 8. — Scènes drolatiques où Satan est ridicularisé aux
marges de quelques manuscrits, 28 et suiv. — Tentation au désert, et
portrait de Satan dans ce rôle au xvi« siècle, 31.— Possession de la fille
de la Ghananéenne, 32.— Démon à tôtede dragon, 36.— Foulé sous les
pieds de Marie, 139, 140.— Les démons se tenant à la porte de l'église
pour inspirer les distractions à Tintérleur, 453 ; — cherchant à séduire
par des feintises et des hypocrisies, 463.— (Voir Dhagon, Enpeb, Magie,
PCSÉ£ DES AlCES, PURGATOIBK, SERPBNT.)
Dbnoérah, ville ruinée de la haute Egypte. Découverte et histoire du
Zodiaque recueilli par les voyageurs français, III , 449 et suiv.
Denis (Ferdinand). Son livre Le Mande enchanté, II, 629. — Ses er-
reurs dans Le Moyen âge et la Renaissance, III , 395.
Demts. La calomnie, morsure de la parole, II, 203, 204.
Dbnys (S.) l'Aréopagite, Père de l'Église au !•' siècle. Ses livres, et
l'emploi qu'il y fait du symbolisme, II, 475 ; — III, 314*
Dbnys, moine du Mont-Athos , auteur du Guide de la peinture au
XUI« siècle, 111,62.
DÉSERT, symbole des Ames perdues et des méchants desseins de
Satan , II , 284 , 299 ; — III , 464. — Origine des légendes des ruines et
des lieux retirés, II , 300.
Dessin, très-correct au moyen âge dans les miniatures , et ne visant
qu'à Teffet dans les verrières destinées à être vues de loin , II , 447 ; —
in , 14; — IV, 53. — Le dessin bien plus correct dans la statuaire
que dans la peinture , et pourquoi , 59 et suiv. — (Voir Peinture ,
Sculpture.)
Deugalion est le Noé de la fable païenne , 1 , 83.
Deuil. Ses signes dans tous les temps; porté en noir dès le temps
d'Alexandre le Grand , 1 , 196 ; — en blanc quelquefois , 299 ; — en
vert , 322 ; — en violet, 334; — IV, 176. — Arbres qui symbolisent le
deuil, 1 , 196.— Pourquoi la cendre était un signe de deuil chez les Hé-
breux , 339.
Deutâronoms, le cinquième des livres de Moïse. Son but et son
contenu , Il , 37.
Diamant , symbole de la sagesse et de toutes les vertus , 1 , 296 , —
542 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
du royaume des cienx , II , 366. — Préjugés des anciens et da moyen
âge sur le diamant , 366.
DiANB. Poorqaoi comparée au nombre 9,1» 144. ^ Honorée dans
des bois de laurier, 230. — Figure de la nuit, 262 , 267. — Les débris
de son temple à Marseille donnés pour fondements à une nouvelle
cathédrale , II , 114. — Chasses représentées dans son temple du Mont-
Aventin , 508.
DiGT DES TROIS VIFS ET DBS TBOis MORTS (Le} , scëue funèbre peinte
dans les chapelles funéraires du xiii* au xvr siècle, à Antigny (Vienne),
III , 90 , — à Jouhet (Vienne) , 90 et suiv., — à Fontenay-le-Harmioo
(GalYados)^ 92. ^ (Voir Danses macabres.)
DiDRON, fondateur des Annales archéohgiqtieSf'paraLti se tromper sur
rftge d'un ivoire sculpté du xiv* siècle, II> 442.— Bons principes de «m
Histoire de Dieu , IV, T7 , 79. — Se trompe sur une image de la Trinité
qu'il prend pour celle de Dieu le Père, 84,— sur Tusage et la valeur da
nimbe, 86. —Gomment il a bien compris le moyen ftge« 195. — Dé-
couvre en Italie le chant noté de la pros^i de VAne^ 219. Son résumé
de Torfévrerie sacrée^ 310. — Il se trompe sur le nimbe et son
emploi en Italie, où il n'a pas pln^ manqué qu'ailleurs au moyen ftge,
371.
Dieu. Ses noms en diverses langues exprimant tous une supériorité
universelle, 1, 38, 156,— ou ses divers attributs, 45 et suiv., 159; — IV,
118 et suiv. — Figuré symboliquement par un triangle équilatéral, I,
53, 114, — III, 110 , — IV, 73, 77, — par un carré, 1, 114, 147, — par un
cercle, 54, — IV, 77, 78, 79,— par le nombre 3, 1, 126, 149, —par no
point géométrique , 55. — Gomment oublié jusqu'à être remplacé par
les idoles et par les fables de la mythologie , 76 et suiv., 179. — Ses
attributs passent presque tous dans le Jupiter des Grecs, 80 et suiv.,
93 , 297. — L'épervier, symbole de Dieu chez les Égyptiens, 93. — Dieu
a pu tout faire de rien, 112.— Il est l'unité par essence, 112, 114, 144.—
Figuré par le nombre 4L, et pourquoi, 147.— Notions mêlées de vrai et
de faux que s'en est faite l'idolâtrie hindoue, 156, 157. — Dieu, symbo-
lisé parle fruit du lotus , 159. — Dieu suprême , au-dessus de tous les
autres dans les croyances septentrioDsles, 179. — Esthétique des pro-
phètes bibliques dans ce qu'ils disent de l'image de Dieu, 285, 297, 302;
— II, 151, 163, 354; —souvent symbolisée par eux au moyen des cou-
leurs, I, 302 ; — II, 163; — vert chez les Musulmans, 1,318; — ses che-
veux blancs dans l'Apocalypse, II, 205; — IV, 119; — environné d'une
majesté toute céleste dans l'Apocalypse , 1 , 321 , — II , 163, — et ail-
leurs , IV, 118 , 119. — Dieu , inspirateur des arts, 1, 355 ; — III , 36 ; —
législateur, n, 91. — Symbolisé par une main étendue ; origine de ce
symbole , 5 , 401 , 534; — III, 132 , 138. (Voir Main.) — Sa justice dis-
tributive bien comprise, II, 71.— Dieu se sert des méchants pour punir
les infidélités des bons , et les punit ensuite de leur orgueil , 102. —
Dieu, siégeant comme juge, et ses attributs, 163 et suiv. — Sa justice
est une vengeance légitime et indispensable contre les méchants^
179. — Il est la récompense des Saints dans le ciel^ 188, 954. — * Sa sa-
TABLE GÉNÉRALJ. 543
gesse et sa puissance dans la oréation, 496; — III, 314.— Tenant le
globe, IV, 81, 117.— Ses noms hébreaz pris, par chacune de leurs lettres,
pour des nombres qui déterminent les dimensions des parties princi-
pales de l'église, m, 165. — On ne doit pas donner à d'autre qu'à Dieu
des attributs qui ne conviennent qu*à Lui , 172. — Son action créa-
trice représentée sur les modillons de nos églises, 314 et suiv. ^ Vête-
ment à lui donner, IV, 118, 119. — Son repos étemel figuré par sa po-
sition assise , 118. — Punit les nations qui méprisent leurs devoirs
envers sa Providence, 415, — et revient à elles quand elles reviennent
à Lui, 416.
DiBUX PAÏENS, toujours assis dans la statuaire antique, 1, 268, 285.—
Faits de préférence avec le bois dont ils aiment Tarbre , 268. — Sym-
bolisme de leur iconographie, 284. — Les dieux juvéniles ont des che-
veux d*or, 293. — Le premier jour de leur semaine consacré au soleil,
IV, 179.
Dimanche. Sa raison symbolique, II, 19; — IV, 179. — Son repos,
figure du bonheur étemel , II , 53 ; — IV, 179 , 181 ; — établi par les
Apôtres, 150, 155. — Ses cérémonies décrites par S. Justin, 155,
179. — Symbolisme du dimanche des Rameaux, III, 563; — IV, 33. —
(Voir Rameaux.)
DxMAS, nom traditionnel du bon larron. Son rôle près de la croix,
n, 459, 464.
DiNANDBRis, ouvrages en cuivre ou tout autre métal commun. Son
application à Tart chrétien; fonts baptismaux , III , 298. — Histoire de
cette industrie et de ses beaux produits, IV, 308 et suiv.
DiOGLÉTiEN. Sa persécution, comment symbolisée dans l'Apocalypse,
I, 145 ; •— II, 227.—- L'ère des martyrs occupe un tiers de son règne, 212,
213 , 214 , 224 , 242 , 243 , 244. — Punition que Dieu lui inflige, 217. —
Inscription en Espagne sur sa prétendue destmction du Christianisme,
220.— Symbolisé par un lion, 245.— Servi par les sophistes, 249.— Son
nom symbolisé par le nombre 606, 252.
Distinctions monastiques. Liste de symboles d'un moine anonyme
du XIII* siècle, cité-, II, 173. — Ce qu'il dit du jaspe, 367, — du lis et de
son symbolisme, III, 541.
Docteurs, écrivains catholiques dont la doctrine est autorisée par la
déclaration solennelle ou la tradition universelle de l'Église. Ils sont
les interprètes fidèles de l'Écriture, II , 35 , 230 , 469. — Symbolisés par
les chandeliers de l'autel, III, 230, — par un livre fermé, IV, 90, — par
les lions, IV, 453.
DoQUE, vérité théologique reçue de Jésus-Christ, et par cela même
immuable, II, 469.
Dolmens, partout orientés, III, 79.
DoRÂ (Gustave), un des dessinateurs de notre temps & qui manque
dans ses œuvres le sentiment chrétien incompatible avec le succès des
genres opposés, IV, 147.
544 HISTOIRB DU 8YMBOU8ME.
Dragon à trois tfites, symbolisant le monde physique,! , 81.— Aôle da
dragon dans la mythologie scandlnaTe, 180,244.» Figore de la royauté,
188. — Dragon roux de l'Apocalypse, 339; — II, 227. » Ses efforts
contre rÉgiise , 228 , 237, 241, 270; — 8*y fait adorer, 247. — Est en-
chainé , 328. — Sa défaite représentée sur un tableau de Constantin le
Grand , 488. — Le dragon mentionné fréquemment dans les traditions
orientales , 546. —Dragon, animal fantastique, «symbole du démon,
519, 601 ; — m , 145 , 334 , 355 , 359 , 361 ; — IV, 30 , 32 , 37, 447, 461.
— Pris par S. Louis pour support de ses armes, II, 546. — Dragon
sortant d*une coupe tenue par i*ap6tre S. Jean , III, 145; — IV, 36,
447. — Dragons sacrés adorés dans TOrient, m , 362.— Deux dragons
attaquant un homme qui serre leur tète de ses mains, 374. — Dragons
sur les crosses épiscopales , 380.— Tué par S. Georges et par St« Mar-
guerite , IV, 36 , — et par S. Michel , 37. — Son rôle astucieux en fait
le symbole du démon, III ,445; — IV, 447. — A sa part dans le plus
grand nombre des hybrides, 30.
Drames LiTURaïQUES. Leur origine et leur raison , III , 93 ; — IV,
190. —Le dict des trois vifs et des trois morts , m , 90 , 92. — lâ dans$
macabre au xv« siècle ,93. — Côté moral et esthétique de ces peintures,
94, — et des représentations théâtrales du moyen Age , IV, i93 , 199 ,
214. — Les trois Marie du jour de PAques à Amiens , 187 , — à
Rouen , 215. — La Passion du Christ, de S. Grégoire de Nazianze , i92.
— Susanne, de S. Jean Damascène, 192. — Ces pièces et toutes les
autres étaient un enseignement de la foi et des mœurs , 193 et sohr.,
202. — Rlles faisaient comme partie intégrante de certains Offices, 196,
199. — La prose de PAques ea est un Yestige , 197 (voir Paqdss) , —
et la communion du clergé au Jeudi saint , ibid. — Grande part que le
peuple y prenait, 198 , — et le clergé , 215. — Les drames joués souvent
en plein air , 199 , 203. — Leurs traces restées encore dans la sculp-
ture des églises, 199,200, 208. — Idée de la glose qu*y ajoutaient
les auteurs pour faciliter rintelligence de la représentation , 200. —
Désordres qui sUntroduisent dans ces scènes populaires , et efforts de
l'Église pour les réprimer, 200 , 201 , 206 et suiv. — Appréciations peu
sûres du théAtre du moyen Age par M. Louandre^ 203. — Drames litur-
giques représentés pour obtenir la cessation des fléaux , 204. — Cause
de leur modification morale et de leur décadence, 205 et suiv., 207,
208. — Exposition, défense et véritable sens moral des fêles de F Ane à
Rouen et à Sens au xu« siècle et plus tard , 208 et suiv.
Drapeau (voir Pavillon).
Dreux-Duradier. Cité pour ses ouvrages^ I, 96.
Droit canonique. Consacre les sept parties de l'office canonial y
I, 131.
Droit (Côté), est toujours U place d*honneur, II« 480. — Exception à
ce principe, 452. — Différence mystique entre la droite et la gauche,
441 et suiv ; — III , 207; — IV, 833. — Pourquoi S. Pierre est à gauche
et S. Paul à droite de la croix ou du crucifix, II, 451 et suiv., 645. —
Raison de ces places différentes données à divers personnages ou objets,
TABLE G^ÉRALE. 945
4M; «i-lV, 333. *^ Quelle est la droite et la gauche réeUe dans une
église^ et comment il faut l'entendre, III, 208.
DucANGE. Ce qn*il dit, et en quoi il 8*6st trompé, sur la fêle de VAne
dans son Glossaire, IV, 210, 212, 213, 226.
DuGUBT (L'abbé). Analyse de son livre des Bègles pour Vintelligence de
r Écriture, II, 57, 58, 70.
DcLAURE, auteur d'une Histoire de Paris où il calomnie la fête de
VAnt avec tant d'autres pratiques du Christianisme, IV, 225, 226.
DuMéRiL, auteur des Origines latines du théâtre moderne; éloge de
ce livre, ÏV, 195, 197.
DuMOKT, musicien en vogue pour l'emploi du chant grégorien mo-
derne ; s'est dévié du plain-chant pour une méthode qui tend à le faire
oublier, IV, 278.
Dupuis. Son système de dénigrement contre le Christianisme, 1, 90;—
III, 449. — Valeur réelle de cet antagonisme, 1, 91. — Ses erreurs sur
quelques symboles antiques, 170, 171 . — Allégorie polythéiste contre
le Christianisme, capable de prouver le contraire de sa thèse de VOrigine
des cultes j 367, 369. — L'un des rationalistes modernes qui dénaturent
le plus l'Écriture sainte, II, 56. — Son système sur les zodiaques , III,
450. — Ses calomnies contre la fête de l'Ane , IV, 227, — et son archéo-
logie en défaut, 393 et suiv.
Durant (Guillaume], liturgiste du xiii* siècle, II , 20. — Se trompe
sur le livre à donner comme attribut aux Apôtres, 450.— Comment il
explique la différence de la liturgie appliquée au culte des Saints, 477.
—Son nom véritable; analyse de son Rational, 639 et suiv. — Il exagère
parfois le symbolisme, mais bien moins qu'on le dit, 640 et suiv. ; —
III, 55, 123. — A suivi les traces de beaucoup de ses devanciers, II, 639 ;
— III, 123, 167. — Mérite de son livre , l'un des premiers imprimés,
II, 643. — S'est- il trompé en attribuant è certains des Apôtres des
articles du Qredo qu'ils n'auraient pas composés? III, 146. — Fausse
interprétation d'un passage de Durant sur la liberté laissée aux artistes,
327. (Voir Artistes,) — Sicardi a beaucoup emprunté à Durant: preuve
que le symbolisme était une science acquise, IV, 162. — Ce que dit
Durant des chaînes de l'encensoir, 317.
Durer (Albert), architecte, graveur et peintre des zv« et zvi« siècles,
Ses défauts et ses qualités, IV, 354 et suiv. — Il maintient le sentiment
de l'esthétique, abandonné par son époque, 355.— Sa Vierge au singe,
556. — Sa Vierge au jardin, 357. — Sa Mélancolie, 357. — Le Cavalier
de la mort, 358. — La Boite de Pandore, 358. — Albert stigmatise le
protestantisme par son talent, 358.
£
Eau. Partont houorée sous mille f<Mrmes, I, 84. — Principe de la
création, 313,— de la régénération, 318, — de la purification, IV, 187.
T. IV. 35
546 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
— Eau du désert, flg:ure du baptême, II, 63.— Eau bénite^ figurée par la
mer d'airain du temple de Salomon^ 165. — Son origine et son but^ III,
260^ 267, 558. — Usage de Teau bénite dans les sépultures, 1, 199. —
Son origine et ses effets, III, 209, 390. — Eau, symbole du bonheur
étemel. II, 188, 311.— i'« désaltérer aux sources du Sauveur, 358, 359.
— Eaux amères, symbole de l'hérésie, 195. — Eaux changées en sang,
217, 237.— Les eaux, figure de grands malheurs, 237, 238, 241. — L'Église
et l*Écriture sainte , 381 . — L'eau , symbole des agitations des peuples^
238, 293,— des peuples eux-mêmes, 257,284, 292, 311,381, 484; —IV,
156. — Eaux dormantes et tous leurs analogues, symbole de l'abîme
infernal, II, 349. — Divers symboles bibliques de l'eau, 359, — soit
naturels, soit d'opposition, 390, 391 ; — III, 257. — Œuvres nuisibles,
sagesse mondaine, 157 et suiv. •— L'Eglise née sur la croix de l'Eau et
du Sang sortis du Côté percé du Sauveur, II, 433. — Exposition de ce
mystère, 434.— Eau, figure du baptême, 434, — III, 292 , — des larmes
de la pénitence, 267; — mêlée au vin du Saint Sacrifice dès le com-
mencement du ii« siècle, II, 434. — Symbolise la purification de l'âme
dans le baptême, 534; — III, 210. — Les étangs, symbole de la vie soli-
taire, II, 586. — L'eau du lavement des mains, k la Messe^ espèce de
baptême, IV, 168. — (Voir Étangs, Fleuves, Mer.)
EcGLÉsiASTE, Uvre de Salomon, l'un des Sapientiaux, II, 40.
Ecclésiastique, l'un des Livres bibliques, emploie les allégories
symboliques, 1, 187. — Auteur et but de cet ouvrage II, 40.
Échecs. Symbolisme de ce jeu, et son origine, I, 164.
Éclipse, observée à la mort du Sauveur, II, 442, 445.
École des chartes. Sa création, sa marche et ses publications depuis
1821, IV, 402.
Égrevissb (voir Cancer).
Écriture , supplée à certaines impuissances de la parole, 1, 2. — fille
aussi les siennes, auxquelles on supplée par les signes, % et suiv., 16,
51, 58.— Ses formes originelles et ses progrès, 16 et suiv. (Voir Egypte,
Hiéroglyphes.) — Est un des procédés ^les plus anciens de la civilisa-
tion, 17, 57. — Exemple curieux de ce procédé dans les inscriptions
juives du Slnal, 18. — Écritures secrètes par les chiffres, et autres, 52,
59, — S. Paul appelle les Corinthiens une lettre écrite par Jésus-Christ,
II, 159. — Que le Zodiaque n'est pas un recueil .de zoologie écrit en ca-
ractères égyptiens, III, 450.— Rapports curieux entre l'écriture des ma-
nuscrits de chaque période séculaire du moyen âge et le style archi-
tectural de ces mêmes périodes, IV, 25 et suiv.
Écriture sainte (voir Bible).
Éoen ou Paradis terrestre. Ses quatre fleuves , symbole des quatre
Evan^élistes et des vertus cardinales , 1 , 132; — IV, 48. (Voir Fleuves.)
— L'Eden est la figure de l'Église, id,, ibid,
Edouard II, roi d'Angleterre au xrv* siècle. Son trône orné de lions
symboliques, III, 134.
TABLE GÉNÉHALE. 547
Âdugation. Comment symbolisée^ I^ %.
Église calholique, adopte le symbolisme dans son enseignement et
sa liturgie, I, il, 14i , 363 ; — II, 317 , 465, 640 et sniv.;— III, 42; — IV,
260, 264.— Son caractère et sa définition, II, 408 et suiv.— Elle fayorise
le développement et Tétude des symboles comme un principe de vérité,
I, 369 et suiv.; — II, 407, 465, 679; — HI, 1 et suiv,, 29, 193.— Elle régé-
nère ainsi la philosophie du monde païen, II, 7, 351 ; — IV, 296. — Ses
Aalhenrs, cause première d'une décadence artistique et de Toubli des
symboles, II, 24 ; — III, 193 ; — IV, 344 et suiv.— Seule déposiUire de
la vérité dogmatique et morale, II, 34, 67, 68, 407.— Sa prompte diffu-
sion dans le monde aux premiers siècles, 187. — L'Église symbolisée
parles deux tribus restées fidèles à Roboam, 39;— par Sara, 51, 409;—
par un chandelier, 153; — par la Jérusalem céleste, 351, 364, 368 et
suiv., 416; — IIÏ, 56, 151,161;- IV, 312;— par la lumière, 11,387; —
III^ 71 ; — par la lune (voir Lune). — Par quels traits lui convient le titre
d'Epouse de Jésus-Christ, II, 120 et suiv., 133, 226, 311, 351 , 362, 405,
409, 417, 419, 535, 537, 585 ; — III, 190. — Ses divers ennemis dès les
premiers temps , Il , 162 , 21^. (Voir BéNsie.) — Son triomphe prédit
après les persécutions , II , 222 , 329 , 330, 350 , 357. — Ses combats,
et son nimbe de douze étoiles, 224. — Traitée dans l'Écriture pa-
rallèlement à la Sainte Vierge, 226, 227, 229 et suiv., 419 et suiv., 449; —
in, 542.— Elle a toujours son gouvernement visible, II, 233, 437.— L'É-
glise militante souvent indiquée par le(7i>Zdans les écrivains sacrés,
II , 234 ; — III, 151. — Unie à l'Église triomphante dans la gloire éter-
nelle, II, 311,364.— Liberté de l'Église symbolisée par l'éclat du
grand jour , 312. — N'est jamais entravée qu'au détriment de la vérité
et de l'art, 111,193. — Son autoritée fondée sur les promesses de
Jésus-Christ , II, 408 ; — sur ses vertus propres, I, 437.— Sa maternité
universelle à l'égard des Ames, II, 409 et suiv., 417, 419.— Sa naissance sur
la croix du Côté percé de Jésus-Christ, 433, 445. — Figures scripturaires
de l'Église dans la Synagogue et dans quelques femmes bibliques, 409
et suiv., 413 et suiv. (Voir Synagogue.)— Elle est une vigne, 217, 418,— III,
529, — un jardin, IV, 357, — un grain de sénevé devenu un grand arbre,
II, 427 , — m, 520 , — une barque, II, 430,483 , — une tour, 432, 433,
—III, 115 et suiv.-— Nimbée et couronnée au pied de la croix, II ,447,456 ;
— IV, 130. — Son costume et ses attributs en cette occasion, II, 448;—
IV, 130.~Sa couronne murale, II, 456. — Munie d'un étendard ou peu-
non ,456. — Assise sur le Tétramorphe , 456. — Son autorité doctri-
nale, 470. — Figurée par Suzanne , 479; — par le soleil, comme l'Em-
pire par la lune , 620; — par un champ fleUri , 641 ; — III , 542 ; — par
les clochers, 116; — par Tarche de Noé, 166, 167; — par l'arche
d'alliance de Moïse, 177, 190; —par l'Église matérielle^ 188, 190. —
L'Église inébranlable par la perpétuité de sa doctrine à travers les
obstacles de tous les temps , 300; — IV, 344. — A toujours dirigé les
conceptions et la pratique de l'art chrétien jusqu'au xv« siècle^ II, 561;
— m , 41 et suiv., 52 , 54 , 191, 200, 313 ; - IV, 344. — Char de l'Eglise
traîné par un griffon , m , 354.— L*Église recelant le Sang du Sauveur
dans un calice, au pied de la croix, IV, 27, 130.— Unité de l'Église flgu-
548 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
rée par lea Pères grecs écrivant en latin , à c6té des Père» latins écri-
yant en grec^ 147. — Son zèle à favoriser l'art chrétien et en réprimer
les abns, 200, 201, 206, 265, 270. — La vie mystique de l'Église repré-
sentée sur Tencensoir de Théophile ,'312 et saiy. — Autres symboles
tirés des Livres saints , 357.
ËausBS (ou diocèi^es), déjà distinguées dans T'Apocalypse. Les sept
Églises de l'Asie, et leurs évéques, II, U9 ; — comment symbolisées,
151. •
•
Églises, temples catholiques. Symbolisme de leur construction et de
ses détails, I, 361, 362 ; — II, «72 et suiv.; — III , 8 , 9, 42, 101 et suiv.,
151 et suiv., 154. — Elles sont le symbole de l'Église de Jésus-Christ,
3, 4, 9, 42, 73, 151. — Les temples païens convertis en églises, II, 7; —
III, 105, 108. — Apparences modestes de quelques églises au iv* siècle,
7, 10. — Beauté et splendeurs de quelques églises des premiers temps,
44 et suiv.' Description^ par le poète Prudence, de toutes les parties de
Téglise, 8. — L'Église symbolisée en toutes ses parties : la nef, II, 17;
— III, 9, 42 et suiv., 114, 119, i68; — IV, 74 ; — la première pierre, II,
370;— III, 68, 111, 190, 391 ; —les fondements, 111; —le plan par terre,
II, 17; — III, 9; —la forme de croix, 10, 13, 30,43, 105 et suiv., — qui
caractérise le monument chrétien, 107.— Les façades, II, 169; — III, 40,
139 et suiv., 149 ; — IV, 74; — le mobilier, II, 17 et suiv.; — III, 262 et
suiv.— Richesse de la basilique de Saint- Denys au xii« siècle, II, 572 et
suiv.— Abus de l'ameublement, III, 187 ; — IV, 68, 115 et suiv.— Églises
& nef unique et sans forme de croix, III, 106.— Le parvis, Ûgure des hé-
rétiques, 11,213 ; — III, 133.— Le pavé, 152 ; — IV, 65 ; — les cryptes,
III, 187 et suiv.; — les toitures et leurs gargouilles. H, 336; — Ili, 114,
377; — IV, 74; — les murailles, III, 112 et suiv., 158, 173, 190 , — IV,
74, — souvent élevées sur les débris de temples païens. II, 113; — le
chœur et le sanctuaire , III , 222. — Sept églises autour d'un honmie
qui est S. Jean l'Évangéliste, II, 170.— Eglises bâties de préférence sur
les lieux élevés, II, 363; — III, 67; —raisons de cette règle, III, 102 et
suiv.— Symbolisme des vocables d'Apôtres, II, 370, 385. — Arc triom-
phal, IH, 222 et suiv.;— IV, 128 et suiv.— Nécessité des églises pour le
culte, II, 385 et suiv. —Les portes, III, 133, 160 et suiv., 174, 222; — IV,
74. — Ornementation picturale des églises au v» siècle, II, 502 et suiv.
— Histoire de leur peinture à toutes les époques, IV, 52 et suiv.— Cha-
pelles disposées le long des nefs dès le v" siècle, II, 503; — III, 174, 195;
^~ aux catacombes, 5.— Traités spéciaux sur le symbolisme des diverses
parties de l'église par Hugues de Saint-Victor, II, 566.— Que les églises
monastiques devraient être plus simples d'ornementation que les
églises séculières , 594 et suiv., 598. — Forme de vaisseau prescrite
aux églises, III, 9, 42, 43, 166, 169, 190. — Description de l'extérienr
de l'église, III, tout le chapitre m; — de l'intérieur, ibid.f tout le
chapitre iv. — Déviation de l'axe longitudinal , datant au moins du
iv« siècle , III , 10 , 170, 171. — Ne jamais négliger de le reproduire»
IV, 165 , 127. — Les églises toujours rebAties sur leurs premiers fon-
dements, III, 7, 8, 46, 77, 111.
F"
TABLE GÉNÉRALE. 549
Caractères des églises gallo-romaines^ III, il, 246. — Une église
du Y" siècle, décrite et symbolisée par S. Nil,202. — De celles de
l'ère méroviogienne, 12, 14, 52, 179, 185, 315, — IV, 25, 129, — de
l'époqae de Gharlemagne, III, 12, 309 et suiv., — du Saint-Sépulcre,
188; — de celles du style roman fleuri; leur unité symbolique, 36 ;
— IV, 25. *- Apparition et rôle artistique de l'ogive opérant une ré-
volution architecturale, 111,37,241. — Leur luxe d'ornementation
symbolique, 39 et suiv., — surtout au xii« siècle, 241. — L'ogive au
IX* siècle, IV, 24. — L'église figurant dans sa forme générale le corps
du Sauveur cruxiflé, III, 43, 119, 168; — IV, 128, 343.— Soins prélimi-
naires de la construction, ni, 66. — Ses symboles de la Trinité, IV, 74.
(Voir Trinilény- Les églises ne doivent pas être démolies sans la permis-
sion de l'évêque, III, 77. — Signification d'une petite église portée dans
la main d'un saint ou d'un architecte, 88. — Convenance des sépultures
dans les églises, 97 et sulv., 155, 302. — Que tout dans nos églises an«
nonce leur destination religieuse, 101 et suiv., 106. — > Importance de
leur isolement de toute autre construction, 103.— Églises de Saint-Mi-
chel et des Saints-Anges bâties sur les hauteurs, 104. — Églises circu-
laires; leur histoire, 107 et suiv., 166.— Octogones, 108 et suiv., 166.—
Hexagones, 110; — IV, 188. — Églises fortifiées aux XY« et xvi« siècles,
346.— Raison de leurs croix de consécration, III, 160.— Des églises ont-
elles reçu dans leurs dimensions des nombres symboliques? 164.— Ces
nombres sont-ils tirés parfois des noms symboliques de Dieu? 165. —
Dimeûsions symboliques à donner à une église , 166. — Explication
mystique des dimensions en hauteur , longueur et largeur, 168. —
Comment on doit y symboliser le calme de la prière par les demi-
jours, 189. — La chapelle de la Sainte- Vierge, et son côté occupé par
les femmes, 205. — Les hommes placés dans la nef du sud, 205.— Les
églises balayées par les énergumènes , aux premiers siècles , 257. —
Obligations des évêques et des abbés quant à la peinture des basiliques,
rv, 52. — Nécessité de n'y pas négliger ce moyen d'ornementation,
56, 57. — Églises à bâtir pour le culte des Saints canonisés depuis la fin
du moyen âge, et comment on y modifierait le style architectural en
vue de l'unité artistique, 62 et suiv., 66. — Harmonie à garder entre le
style de l'architecture et celui de l'ornementation, 66, 407 et suiv.— Que
les architectes doivent savoir le symbolisme et y conformer la cons-
truction des églises, 407.
Egypte (L') semble être la patrie de l'écriture hiéroglyphique, 1, 17.
— Divers caractères de cette écriture, 26. — Haute antiquité de son
industrie et 4e ses arts, 17.— Par quels symboles on représente l'Egypte,
74, 265. — Ses savants imbus de l'immortalité de Tâme, 75. — L^ado-
ration du Nil, 84, 368. — Résumé des croyances religieuses de l'Egypte
dans la Table Isiaque, 84 et suiv., 89.— Études et mystères de la numé-
ration appliquée au symbolisme , 99. — Usage des allégories et des
énigmes , 186 , 357. — Spiritualisme de ses arts, 219 et suiv. ~ Le sym-
bolisme catholique n'a pas dédaigné d'accepter quelques données du
sien. II, 5. — Mauvaise philosophie qui attribue aux Egyptiens les lois
cérémonielles des Juifs, 91. — Caractère symbolistiqne de la statuaire
1
550 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
égyptienne, III , 245 , 382. — Ses superstitions à propos du dieu Chib^
408. — (Voir Ecriture, HiéROGLYPHES, Isis.)
EiGHKOFF, membre de la Société asiatique. Idée de son I)Tre : Parai-
lèU des langues de V Europe et de Vlnde, 1, 7S.
Éléphant. Symbolisme de son nom^ I^ 34.~^igure de la sagesse ches
les Hindous ^ 163 , — de Tesprit au Congo , 202. — Symbole du grand
pécheur^ III^ 155 , — de l'orgueil , 445. — Son rôle dans le symbolisme^
et son histoire dans l'art chrétien^ 502 et suiv. — Ne figure guère dans
l'iconographie symbolique avant le iz« siècle, 503.
Élie (Le prophète) ressuscite le fils de la veuve de Sarepta, II, 105,
517, 518; — IV^ 16. —Son retour prédit vers la fin du monde, 145. —
La pluie qu'il obtient du ciel, symbole de la parole évangélique, U^
517.
Elisée (Le prophète). Histoire des sept flèches symboliques de Joas,
II, 104. — Ressuscite le fils de la Sunamite , II, 105, 516.
Éloi (S.). Son habileté comme orfèvre , IV, 289, 293. — Travaille le
premier à l'orfèvrerie en Limousin, 291. ~ Ses succès en ce genre; dis-
cussion sur le fauteuil qu'il fît pour Dagobert, IV, 293 et suiv. — Ma-
gnifique sépulture que lui procure la reine Ste Balliilde, 295. — Fonde
l'abbaye de Solignac pour en faire une école d'orfèvrerie^ 295. — Ses
souvenirs artistiques, 297.
Élus (voir Saints).
É&iAUX champlevés. Ce que c'est, II, 544. — Émaux des armoiries,
541, 542, 546 et suiv. — Emploi des émaux dans Torfévrerie chrétienne,
et choix de leurs couleurs symboliques, IV, 15, 300 et suiv. — Émaux
byzantins traités par S. Éloi, 293. — Verres cloisonnés pris quelque-
fois pour des émaux, 293. — Histoire de rémaillerie. et de son emploi
dans l'art religieux, 300 et suiv. — Comment elle passe dans l'art pro-
fane, 302. — Qu'il n'en faut pas trop user aujourd'hui dans l'orfèvrerie
8acrée,^et pourquoi, 302, 336.
Ëmbraude , pierre précieuse de couleur verte , signe d'espérance et
de miséricorde divine, I, 321 .— Traditions fabuleuses, 322 ; — II, 366.—
Symbolise la tribu de Juda et S. Jean l'Évangéliste , 379.
Empédogle. Son système des nombres, I, 110.
Empire (voir Romains).
Empire, époque signalée en France par le gouvernement de Napo-
léon I«r. L'art y est dépourvu d'esthétique, aussi bien que l'État de mo-
rale et de religion, IV, 401.
Empyrêe (voir Air).
Engens, prières ded Saints, H, 173 , 191 , 615. — Encensement de
l'autel au commencement de la Messe, 615. — Symbolisme de l'encens,
IV, 312.
Encensoir allumé et surmonté d'un cceur; symbole de l'Egypte, I ,
74. — Ceux du temple de Salomon, figures des vases d'or des vieillards
1
/
TABLE GÉNÉIULE. 554
de l'Apocalypse , II , 173. ^ Encensoir d'or de l'Ange de l'Apocalypse^
190, 615. — Description de celui du moine Théophile, IV, 311 et sniv.*
Symbolisme de l'encensoir, 312. -^ Encensoir de Lille , ouvrage du
moine Reignèr ; symbolisme de tous ses détails , 314 et suiv. — Sym-
bolisme des trois chaînes^ 317.
ENCYGiiOPéDiSTBS du moyeu Age ; caractères de leurs travaux ; le
V. Bède, U, 523; — ID, 60. — S. Isidore de Séville, II, 525, 621. — Ra-
ban-Maur, 535. — Herrade de Hohenburg, 574 et suiv., 577. — Vincent
de Beauvais, 621 et suiv.; — llï, 60. — Le livre de Clergie, U, 629.
Engyclopédistbs du XVIII* siècle, rationalistes zélés contre le catho-
licisme, II, 70, 485, 578, 621 ; — III, 79, 450. — • Leurs mensonges contre
la magie et les sibylles, IV, 96 , — et contre la fête de VAne^ 226.
Ënée. Sa descente aux enfers symbolyse l'initiation d'Auguste A
Athènes, 1 , 75. — Erreur de ceux qui nient sa venue en Italie, II , 244.
Énbbguuènes. Pourquoi on leur faisait balayer l'église aux premiers
siècles, III, 257, 383. — Leur robe violette A Bourges, 386.
Enfant prodioije. Son costume et ses couleurs symboliques dans
un vitrail de Bourges, 1 , 346; — II, 176, 187; — IV, 12.
Enfants dans la fournaise (Les trois), (voir Fournaise).-^ Les enfants
persécutés de préférence par les Juifs, et pourquoi , III , 399.
Enfants db ghocur. Raison et histoire de leur soutane rouge, 1, 310 ;
— IV, 177. — Leur rôle liturgique A Auxerre au premier dimahche de
l'A vent, 183.—^ Couronnés de fleurs depuis l'Ascension jusqu'A la Saint-
Pierre dans l'Église de Saintes, IV, 187.
Enfeb des Scandinaves, I, 179. — L'enfer véritable personnifié dans
l'Apocalypse, II, 178, 204. — Ses tourments variés, 259, 424; — III, 387,
388 et suiv.; — dans la tapisserie d'Angers , II , 178. — Tour enflam-
mée, ibid, -— Gueule de monstre pleine de flammes, 179, 324, 337, 325,
339. — Origine de ce motif, 339; — IV,-435.— Ses variétés, ibid.; —III,
132, 388, 499. — Symboles multiples de l'enfer dans la Bible, II , 349 ;
— III , 388. — La clef de l'enfer, II , 199. — Les réprouvés, objet de
larmes pour l'Église, 211. — Fournaise de feu et de soufre, 324, 337. —
L'enfer et son éternité, 337, 614. ^ Étang de feu , 324 , 337, 345 , 346,
349.— PniUde l'abîme, 199, 200, 346;— III, 360.— Ténèbres extérieures,
II , 424. — L'enfer peint par Dante, 672; — III, 387. — L'enfer des reli-
gieuses A Sainte-Marie-des-GhAses, 430. — (Voir Purgatoire.)
Énog , patriarche. Son retour prédit vers la fin du monde, I, 145.
Enseignes, toutes empeintes de symbolisme au moyen Age, IV, 39.—
Enseignes des corps et métiers: la limace chez un libraire, 39; — le
bœuf et le porc chez les bouchers, ibid.; — le compas, etc, chez les
charpentiers, ihid, ; — un mouton pour les lainiers, ibid.
ENTRELAGsdes sculptures romanes. Leur origine et leur signification,
I, 161 ; — IIÏ , 232, 332, 343 et suiv., 527; — IV, 453. — Animaux mor-
dant des entrelacs de fleurs, III , 344; — IV, 314, 316, 453.
552 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Ekvib, péché capital symbolisé par une femme dont an serpent dé-
rote le cœar, 11^ 272.
Épée, symbole de la guerre ,1, 203, 209; — II, i76. — Le sabre
d*Âli , 1 , 206. •— L'épée du comte de Paris , 209. — Épée à deux tran-
chants sortant de la bouche de Jésus-Christ, II, 151, 317, 325 , 402. —
Allégorie des deux glaives exprimant la puissance unie du Sacerdoce
et de l'Empire, 619. —Une épée, attribut de la sibylle Érythréenne, IV,
103 , — de TEuropéenne, 104, — de la Samienne, 106.
fipERViGR, oiseau sacré des Égyptiens, I, 87. — Symbole de l'Être di-
vin, 1, 93.
Ëphèse. Cerf symbolique >le ses médailles , 1 , 264. — Une des pre-
mières Églises chrétiennes ; son évéqne S. Timothée, Il , 153. — Éloge
qu*en fait S. Paul , 159.
Ëphraïu, petit-fils de Jacob. Sa tribu symbolisée par la chrysolithe,
II, 380. —Mystère delà bénédiction qu'il reçoit de Jacob, 452, 453.
Épi de blé, symbole de l'Eucharistie; donné à Daniel, IV, 211.
Épinay, Spinetum, lieux-dits indiquant un ancien cimetière gallo-
romain, ou d'anciens bois, III, 83.
Épines, symbole de la pénitence ferme et énergique, I, 329; — III ,
567. — Celles du buisson où s'empêtre le bélier d'Abraham, figure de la
couronne de Notre-Seigneur, II, 86; — IV, 103. — Cette couronne pré-
figurée parles épines imposées à la terre en prévision du péché d*Adam,
521 ; — III , 517. — Épine dans le pied , symbole du péché originel, 318.
— De quelles épines fut formée la couronne du Sauveur, et comment on
pourrait le découvrir, 567, 568. —Cette couronne, un des attributs do
la sibylle de Delphes, IV, 103, — et de la Samienne , 106. — Couronne
d'épines tenue par un ange au pied de la croix, 119, — ne doit pas être
omise dans l'image du crucifix, 127.
Épiphane (S.), évêque de Salamine. Ce qu'il dit des initiations
païennes, I, 76. — Réfute les erreurs des Alogiens sur l'Apocalypse, n,
142.
Epiphanie, mystère des présents offerts par les Mages, II , 490.^
Procession symbolique de la fête, IV, 185. — Drames liturgiques , 199.
Épitaphbs. Combien modestes et simples an moyen Age, III, 304. ^
Pourraient aujourd'hui, incrustées dans les murs des églises, y sup-
pléer aux monuments funèbres, 303 et suiv.— Exemple de ce soin dans
l'église deMontierneufde Poitiers, 304.
ËpItrb de la Messe. Sa signification spirituelle, IV, 160.
Érasme. Extrait de ses Adagia sur la prétendue stupidité de l'âne ,
IV, 217. — Ce qu'il dit du symbolisme des images contre les excès des
iconoclastes protestants, 353, — et de la poésie païenne du poète chré-
tien Sannazar, 381 .
Ériqone. Dupuis en fait la Sainte Vierge Marie, 1 , 367.
Ermites, symbolisés par les cryptes des églises, III, 188.
TABLE GÉNÉRALE 553
Eros, dlTinilé de ramonr du bien chez left Grecs. Ses caractères
symboliques, f, 339.
Erwim de StbinbagHj architecte du xiv« siècle^ n'est pas rinstituteur
des frères maçons, plus vieux que lui de deux cents ans, III, 60.
ÊsAii. Symbolisme de sa couleur rousse, I, 339.
EsGARBOT (voir Scarabée).
Esclaves , marqués au front chez les anciens, II, 251.
BsGULAPB. Son effigie symbolise la ville de Myrina, 1, 264.
EsDRAS, auteur des Paralipomènes. Symbolisme de son nom, II, 38.
— Reb&tit le temple, 42.
Espérance, vertu théologale , symbolisée par Taubépine fleurie, I,
208. — L'espérance soutenant contre la tentation du désespoir à Véze-
lay, III, 370. — Vêtue de blanc chez les anciens, 1, 293, 299, — de vert,
et pourquoi, IV, 211. — Symbolisée par une ancre , II, 483. •— S** Espé-
rance, 654.
Esprit-Saikt , symbolisé par l'air, et par la couleur bleue mêlée de
rouge, I, 315, 335 , — par le feu, IV, 81, 82, — par le rouge, 177 , —par
un fleuve d'eau vive. II, 5, 391. — Une colombe au nimbe timbré d'une
croix, 169 , 532. — Autres figures de la colombe, IV, 77, 78, 80, 81.--
Son image dans celle de la Trinité , 77, 78 , 80. — Inspirateur des écri-
tures bibliques, II, 34 , — et de la prédication apostolique, 467. — Ne
doit pas être représenté sous les traits humains, IV, 81.
Bsther, image de l'Église et de Marie, II, 39.
Esthétique (voir Philosophie de l*art).
Ëtain. Pourquoi ce métal est consacré & Jupiter, 1 , 60.
Étangs , symbolisant la vie solitaire , II , 586. -^ Étang de feu (voir
Enfer).
Étendard (voir Pennon).
Éternité , symbolisée par le serpent roulé en anneau, 1, 54. 93.
Étoffes. Ont apporté chez nous de l'Orient des spécimens nombreux
de bêtes hybrides, III, 528, 529. — Histoire des étoffes employées aux
vêtements sacrés, IV, 172 et suiv.
Étoile d'une médaille de JuUa Domna, 1, 153 ; —des Mages, 153 ; — II,
397 ; —III, 335 ; — de l'Apocalypse , symbole des Anges , II, 151 , 398,
402;— III, 72; — des âmes, II, 153, 193,198,398, 405;— III, 72; — à huit
branches, symbole des huit béatitudes, II, 152, 153. — Rôle des étoiles
sculptéesaux chapiteaux etmodillons des églises, 153;— III, 177,335.—
Jésus-Christ, étoile du matiD,II, 156,397;— 111,71;— de Jacob, ibid., 397.
— Étoiles du mal, par opposition, 11,398;— III, 72.— L'étoile Âbnntfie,
II, 193,218.— Celle de Théodote de Byzance, 198.— Le tiers des étoiles
entraîné par Satan , 230, 398. — Les étoiles, symbole des Docteurs de la
vérité, 198, 230, 398, — des Apôtres, 225. — Les douze étoiles de Marie,
225, 399. — Raison de leur multiplicité dans romementation chré-
tienne, 231, 405.
J
534 HISTOIRE BU SYMBOtlSME,
Etolg^ vêtement sacré du prêtre et des diacres à rauteLSon wpnbo»
lisme, IV, 170.
ËUGHARisTiEj a toujours été entourée de tous les respects dus à la pré-
sence réelle du Sauveur, IV, 156. — Symbolisée par les colombes bu-
vant au calice, II, 12 ; — III, 332 ; — par du froment moulu par S. Paul,
II, 573; — IV, 18 ; — par le déchirement du voile du temple à la mort
du Sauveur, II, 70; —par Daniel, III, 336 ; — IV, 211 ; —par la manne
du désert, II, 112, 154; — par un épi, IV, 211 ; — par le Tabernacle de
la Loi ancienne, II, 353; — par le sang sorti sur la croix du Côté percé
du Sauveur, 434, 435; — • par les pains de proposition, 573, 586; — psr
les sept pains du désert, 586. — La mauvaise communion synîbolisée
par un chien mangeant une hostie consacrée , III, 129. — L'Eucharistie
nommée Margaritum, 282. — Les vierges ont un droit particulier i
TEucharistie, II , 491. — Elle est la Table du Seigneur, 491. — La
Sainte Réserve conservée en chaque église dans un seul taber-
nacle , III, 1^5. — Symbolisme dn pain et du vin, IV, 152. — Parcelles
de l'Eucharistie renfermée dans l'autel consacrée, au lieu de reliques,
III, 262. — Ses nombreux symboles à employer dans l'art chrétien,
286 , 332, 338 ; — IV, 18 , 78, 337. — Foi du moyen âge dans l'Eucba-
ristie, III, 4. — La Trinité opère dans ce sacrement, IV, 78. — Gardée
dans des vases de cristal ou d'osier , 286. — Ridiculisée par le pro-
testantisme dans une verrière de Berne , 398. — (Voir Cohmcnion ,
Messe.)
EucHER (S.), évêque de Lyon au v* siècle. Citations de ses Petites For-
mules symboliques II, 172, 192.— Son rôle actif dans le symbolisme da
moyen Age, 482.
EuDOXiE , femme de Théodose II , empereur de Constantinople au
IV* siècle, envoie un plan d'église en forme de croix à S. Porphyre,
évêque de Gaza, III, 105.
EuLOQiES, symbole de charité. Ce qu'en dit S. Paulin de Noie, II,
492.
EuPHRATE. Les quatre anges de ce fleuve, II, 207. — Son rôle dans la
Prophétie apocalyptique , 269. —Un des quatre fleuves du paradis tei^
restre, IV, 48.
EusÈBE , écrivain ecclésiastique du iv* siècle. Sa description d'an
tableau symbolique de Constantin, II, 488.
ËvANGBLiSTES. Beauté de leurs récits, pleins de symbolisme. II, 43.
— Source de conceptions artistiques, 44. — Ont un livre pour attribut,
IV, 313. — Ils sont les hérauts de la doctrine chrétienne , II, 174 ; — la
lumière du monde, 299. — Figurés dans certaines verrières au lieu du
Tétramorphe, 403 ; — sur un bénitier avec les quatre fleuves du para-
dis terrestre, 511 ;— IV, 48. — Leurs places normsles quand on les re-
présente en groupe, II, 645, 646; —IV, 313. — Au pied de la croix,
IV, 318.
Évangile. Pourquoi se lit vers le nord pendant la Messe, II, 443 ; —
TABLE GÉNÉRALE. 555
IV, 100.— Giergeé allâmes (dès le iv« siôde) pendant qu'on le ctitaie à
la Messe, II, 489.
ÈvE oa HÈVB , kt mère des vivants, I, 39. — Gomment elle préfi-
gnmt l'Église, II, 413, 435, 445, 461 , — et la Sainte Vienrge , 520, 565.
— Sens superbistorique attaché à sa naissance par Adam, 561. — Pré>
diction de la victoire de la femme sar le serpent, m, 467.
ËvÉQUBS , portent le violet en signe de deuil, I, 335.— Représentants
de Jésus-Christ, II, 150, 151, 152, 197. — Eurent d'abord une demeore
commune avec le clergé, III, 47. — Représentés par les vieillards de
l'Apocalypse, II, 167,— par les colonnes des églises, III, 178.— Ont converti
le monde & la civilisation chrétienne, II, 292. — Obligés de surveiller les
constructions d'églises, III, 45 et suiv. , 56, 68 , — mais avec le con-
cours des chapitres et des fabriques , 302. — Ont droit d'en choisir l'ar-
chitecte, 67. — Travaillant de leurs mains à l'embellissement de leurs
églises, 48, 58, — à la confection des vases sacrés, 48, 49. — Siège épis-
copal des cathédrales (voir Trôné). — Doivent diriger leur diocèse dans
les choses de l'art chrétien, IV, 137, 412. — Symbolisme de leurs vête-
ments sacrés , 161 et suiv.
ÉVREUX, en Normandie. Belles verrières de sa cathédrale, IV, 136.
Exode. Ce que contient ce livre historique de la Bible , Il , 36 ; •—
IV, 161.
ExORCiSMES, exercés par Notre-Seigneur et les Apôtres. Leur utilité
et leur succès, III, 383. — Comment représentés dans l'art du moyen
âge, 385 et suiv., 426. — Ministres ecclésiastiques destinés & opérer les
exorcismes dès les premiers temps, 390. — Tous les objets employés à
des usages sacrés exorcieés d'abord, 390 et suiv., 560.
Extase. Ce qu'est cet état surnaturel de certaines âmes chrétiennes,
II, 362.
Extrême-Onction, sacrement dont l'huile est la matière et symbolise
la gnérisoD spirituelle de l'âme, III, 560 ; — IV, 152.
EzÉGHiAS, roi de Juda. Raison symbolique de son nom, I, 44.
ÉzÉGHiBL prophétise la loi de grâce, II, 4 i .— Reflété dans l'Évangile,
43. — Ses animaux symboliques dans notre art chrétien, 101 ; <— III ,
467. — Son livre mangé, II, 103. — Son plan de Jérusalem sur la brique,
103.
Fable (voir Mythologie).
Fabliaux, ont servi quelquefois de légendes symboliques dans l'art
chrétien, III, 364 ; — IV, 231.
Fabriques des églises, ont leur action légale sur la construction et
l'ameublement de ces églises, III, 302.
Façadks des églises. Magnificence de leur plan; symbolisme de leur
i
556 HISTOIRE DU STMBOUSME.
ornementation, III, 140 et suiv., 149. — Leurs cayaliers, 162 «t sait.
— Elles ne sont jamais ornées que de sujets tirés de sources sacrées,
163.— Types de beaux tabernacles, 286.
Face humaine sur le ventre et autres parties du corps de Satan , III,
342, 367, 368.
Famine, la deuxième plaie de l'Apocalypse. Ses divers signes sym-
boliques, II, 177, 178.— Celle de Tan 896, et la sécheresse qui la cause,
267.
Farine tirée du blé moulu par S. Paul , symbole de l'Eucharistie ,
11,573; — rV, 18.
Fasge, sens de ce terme de blason, II, 545.
Faucille, symbole de Gérés, I, 58, 83.
Faucon, oiseau symbolique du droit de chasse , et par cela même de
la noblesse, III, 90, 91. — Emblème de la rapacité violente, 446.
Faunes, genre de démons selon S. Grégoire, II, 519.
Fauteuil de Dagobert II, fait pour ce prince par S. Boi. Ses
symboles discutés, IV, 293.
Faux, symbole du temps, I, 8f, 169, — de la mort, 1, 200. — Armant
Jésus -Christ au jugement dernier, II, 260.
Feillée (La), compositeur de motets en plain-chant dit figuré* Com-
ment il a contribué à amener dans l'église les sensualités de la musique
profane, IV, 269, 278.
Félix (S.), pape de 269 à 274, établit Tusage de placer des reliques
des martyrs sous les autels, IV, 157.
FÉLIX de Valois (S.) fonde la Rédemption-des-Captifs, II, 618.
Femme montée sur une tortue, symbole de ]*Égypte, I, 74. — Rela-
tions symboliques entre le corps de la femme et la colonne ionique,
224. — Caractère chrétien de la femme , symbolisé par sa formation
originelle, II, 85. — Femme rongée par des serpents ou des crapauds,
272, 273, — au cloître de Moissac, 274,— III, 365, — et ailleurs, ibH.--
Femme impure personnifiant Rome païenne sous le nom de Babylene,
II, 258 et suiv., 283 et suiv. — Les villes symbolisées par des femmes,
284, 352. — Femme allaitant les fidèles, comme type de TÉglise, 121,
404. — Femme vertueuse, type de Marie et de l'Église, 419. — Esthé-
tique de la femme chrétienne dans la statuaire et la peinture, m, 251.
— Son réle supérieur dans les opérations magiques de la cabale, 395
et suiv., 398. — Femme-lion, effronterie et impudeur, 465.
Fénelon. Ses singulières idées sur l'art chrétien du moyen Âge, IV,
395.
Fenêtre des églises, au nombre de trois dans Tabside, et trilobées
pour symboliser la Sainte Trinité, III , 35; — IV, 74. — Bel effet et
symbolisme de la fenêtre orientale, III, 152; — IV, 74. — Les fenêtres,
symbole des Écritures sacrées, et pourquoi, III, 184. — Symbolisme de
leur évasement intérieur, 184, 1^5 , — de leurs barres de fer, 185.
TABLE GÉNÉRALE. 557
-^ Faux symbolisme imaginé pour elles par M. Boissérée, 185. -^ Celui
de leur demi-jour, 187. — La fenestration plus ample da xiir siôcle,
cause probable du perfectionnement de la sculpture, 537.
Fer, emblème métallurgique du dieu Mars, I, 60.
Festin évangéli que, symbole du Ciel, II, 187, 312, 313, — de l'Église,
423.
Fête-Dieu à Âix. Son caractère symbolique, IV, 206 et suiy.
FâTBS GHRÉTIENMEB. LcuT conveuauce avec les époques où on les
célèbre; TÂnnonciation, II, 644; — Noél, IV, 177, 184, etc. (Voir le
nom de chaque fêle.) — Zèle de TÉglise & les embellir, 182. — Leurs
drames liturgiques, 199. — Couleurs symboliques rattachées & la célé-
bration de chaque fête, 176 et suiv., 179. — Combien les fêtes se
prêtent au symbolisme, 179 et suiv., 182, 183 et suiv. — Leur utilité
sociale, 181 et suiv. — Elles sont des dates et des époques des princi-
pales relations humaines, 182. — Fêtes dites de l^Ane à Rouen et à
Sens, 210 et suiv. -— Pourquoi ainsi nommées, 211, 215. — Date de cette
institution, 215; — spn caractère tout symbolique, 225 et suiv. —
Calomniées par les ennemis de TÉglise, 226, 227. — Ridicule ignorance
de ces critiques, 287. — La fête des Fous doit être justifiée par les
mêmes raisons que celle de l'Ane, 227 et suiv. — L'Église en a toujours
réprimé l'abus, 228.
FÉTis, habile musicien de notre temps. Observations tirées de son
Résumé de l'histoire de la musique, IV, 241.
Feu (Le) symbolise Dieu lui-même avec sa charité, I, 238, 308 ; —
II, 615 ; — III, 228 ; — IV, 173, 315 ; - le Saint-Esprit, I, 309, 315. — •
Image de la colère divine, II, 191 ; — lY, 316. — Symbole de l'âme
humaine, II, 251. -^ Peux de la Saint- Jean, leur raison d'être; erreur
de M. Portai & ce sujet, 1, 310; — II, 644. — Le feu, pris en mauvaise
part, 1, 340, — sortant de la bouche des martjArs, II, 216. — Feu sacré
de la liturgie catholique, III, 228. —(Voir Agni, Cierges, Lampes,
LUMIÈBES.)
Février. Caractère de ce 'mois dans la zoologie zodiacale, III, 458.
PxésoLB (voir Angelico).
Figuier. Parabole du figuier stérile , II , 72. — Symbolise l'onction
par la saveur de ses fruits, III, 564.
Filet jeté dans la mer, symbole de l'Église, II, 424.
Filigrane, fil d'argent ou d'or servant d'ornement dans l'orfèvrerie
du moyen âge. Histoire de son emploi, IV, 297.
Fin du monde (voir Millénaires), prédite par le Sauveur, II, 330, 342.
— Ses caractères, et dernières violences du démon, 332, 334. — Terreurs
de la fin du monde au xi« siècle, et ce qu'il faut en croire, III, 18 et
suiv.
Flambeau, symbolisant S. Pierre et S. Paul, 1, 145. — Flambeau
renversé, symbole païen de la mort, trop employé chez les chrétiens,
200, 262.
558 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Flandre y peintre chrétien de notre siècle. Comment il a employé
le symbolisme à Saint-Vincent de Paul de Paris , 11!^ 206.
Flèche^ symbole de Mars ^ I ^ 58 ^ 169 » — de la guerre , 203^ 304',—
Il ^ 104 , — des victoires de Dieu sur les méchants^ III , 464«
Fleur de lis (voir Lis).
Fleurs^ parure de la virginité^ II, 493, 557; — III, 522, 542.—
Leur symbolisme général , 521 et suiv. , 568 , 569. — Symbole des
vertus , 570. — Doivent décorer les murs et les chapiteaux des petites
églises, de préférence aux larges végétations, 566, 567. — Fleurs ca-
pricieuses déroulées aux marges des manuscrits du xiu« au xvj« siède,
IV, 28. — Pourquoi une fleur des champs s'attribue à la sibylle Éry-
thréenne , 104. — Couronne de fleurs aux enfants de chœur en cer-
taines églises, 187.
Flbury, historien ecclésiastique, décrit les premières assemblées
chrétiennes, II, 197. — Ses partialités jansénistes coufre les antenrs
du moyen ftge , 566 , 621, 648 , — contre le style gothique , IV, 396. —
Ce qu'il dit de S** Glaire, II , 657.
Fleury-sur-Loirb (voir Saint-Beno1t-sdr-Loirb)«
Fleuves. Les quatres fleuves du paradis terrestre, symbole des
vertus cardinales , 1 , 132 , — et des quatre Évangélistes, IV, 48, 329;
— représentés sur un bénitier à Spire , II , 511 , — au pavé de la ca-
thédrale d'Aoste , III ,155. — Les fleuv.es , symbole des provioces ,
comme la mer est celui de l'empire , II , 266, 293, 390; — des prédica-
teurs, 185,586.
Flore , déesse des fleurs. Le style corinthien propre & ses temples,
1, 225. — Symbolisme de sa corne d'abondauce, II, 74.
Flore murale, fleurs symboliques cachées dans des tombeaux, 1, 199;
— III, 523.— La botani(iae du Cantique de Salomoo, II, 125 ;— III, 555,
556. — Origine de la végétation symbolique, 332, 340.— La flore morale
au V* siècle, II, 512; — IV, 423. — Les fleurs sont la végétation spirituelle
de l'âme, III, 16, 36, 210, 337, 518. — Marche' progressive de la flore sym-
bolique dans Fart chrétien, 332, 525. — Beautés données au symbo-
lisme monumental par la flore du xii« siècle, 35, 154, 259, 527, 555, —
et du XIII* siècle, 40 et suiv., 518, 567 et suiv.,— IV, 459. — Symbolisme
des arbres et des plantes en général, III, 337, 567, 568, 571. — Les
fleurs aquatiques, symbole du baptême, 210, 295, 526, 569. — Ses tètes
humaines au milieu des feuillages ; leur origine et leur signification,
332 et suiv. — Les feuilles, symbole de l'instabilité, IV, 459. —
Harmonies de la végétation des plantes et du coeur de l'homme, III,
515, 518. — Les fleurs et les plantes moins agréables & l'hoDune après
le péché originel, 517, 518. — La verdure employée de tout temps
avec les fleurs pour la décoration des églises, 523, 524, 554. — Bistoire
de la flore murale et de ses développements dans l'art chrétien,
524 et suiv. , 565 et suiv., 568 et suiv. , 571 ; — IV, 456. — Plantes
aquatiques plus abondantes dans la sculpture des monumenU voisins
des rivières, III, 526. — Flore murale appliquée è la théologie, 521,
TABLE GÉNÉRALE. 559
510 ; — sajette, comme la zoologie, aux erreurs des savants et à leurs
fiau86€S appréciations, 528. — Remarque sur les animaux dont la queue
représente une branche où une feuille de Tarbre dont ils se nourissent,
531 ; — IV, 452. — Un arbre souvent exprimé par une ou deux seules
branches ou fleurs, III, 532, 535, 536 ; ^ lY, 445. — Arbres de conven-
tion, m, 532 ; — IV, 456. * Faux symbolisme des aroldes imaginé par
M. Woillez, 111; 532. — Irrégularités normales de certains spécimens de
la botanique du moyen Âge , 536, 537 ; -> exception pour la feuille de
chêne au xiii* siècle, 537. — Gracieux usage que le moyen Age fait de
la flore mystique dans la poésie et les monuments, 555 et suiv.; — son
immixtion à la liturgie, 557, 561. — Choix à faire des arbres et des
plantes pour une décoration raisonnée du lieu saint, 564, 566,— IV, 62,
65; — n'y en admettre que de symboliques, 564, 566.— Flore admirable
des cathédrales de Reims et d'Amiens, 569 et suiv.
Floremgb (S^), jeune Phrygienne du iv* siècle, honorée A Poitiers.
Fragment d'ijne hymne symbolique composée en son honneur au
XI* siècle, II, 556; — III , 542 et suiv.
Foi, vertu théologale, symbolisée par la passiflore, I, 208. — La
foi , principe de toutes les vertus chrétiennes , II , 312 , — nous est
donnée de Dieu avec le baptême , 527. — Symbolisée par une règle
d'or, 372.
Foi (Ste) , martyre à Agen , II, 654. — Ste» Foi , Espérance et Charité ,
654; — IV, 202. —Beau reliquaire de Ste Foi & Conques, IV, 304 et suiv.
FoNBBMBNTS des églises. Idées symboliques qui s'y rattachent , III ,
lu.
Fontaines profanées par Julien l'Apostat pour priver d'eau les chré-
tiens , II , 252. — Fontaine jaillissante pour S. Clément exilé , 659.
Fontenay-8ur-Orne (Calvados). Ancienne abbaye, chapelle funéraire
avec peinture murale des TroU vifs et des trois morts , III , 92.
Fontoombaud. Abbaye de trappistes en Berry ; verrières coloriées de
son église , exécutées par des peintres de valeur différente , IV, 23.
Fonts baptismaux. Leur place normale dans Téglise , III , 212. —
Leur histoire aux premiers siècles et au moyen flge , 290 et suiv. —
Magnificence du baptistère de S. Jean de Latran, 290. — Règles &
suivre pour les fonts baptismaux dans les églises de notre temps , 292
et suiv., 567. — Tenue scandaleuse de quelques-uns , 293. — Sujets à
préférer pour le tableau de l'autel , 296 et suiv. — Fonts à imiter du
moyen âge, 298, 299 ; — IV, 77.— Décoration picturale de la chapelle,
III , 299 , 567. — Le rôle du démon dans l'ornementation des fonts ,
381.— Procession de la veille et de l'octave de PAques aux fonts baptis-
maux; sa signification, IV, 180.
Forge , une des vertus cardinales , symbolisée par le chêne , 1 , 207 ,
209, — par Tivoire, III, 503 , -^ le lion , I, 209,— par les travaux d'Her-
cule chez les anciens, et & la cathédrale de Limoges , III, 350 et suiv.; —
terrassant les vices avec la Prudence , 427.
Fûrnarina. Raphaél s'en est trop inspiré, IV, 374.
560 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
FoRTUNAT (S.)i évfiqne de Poitiers aa vi* siècle. Son exégèse symbo-
listique ; caractè'-e élevé de sa littérature poétique » II , 520 et soît. -«
Ce qu'il dit des voûtes des églises de son temps, m, 180.-^Ëst-il l'au-
teur du Pange tingua de la Passion ? IV, 241.— Ce qu*il dit de Torgue
et de la musique instrumentale de son temps, 260 ; — et des lumières
multipliées dans une église de Ravenne, 327.
FouGQUBT (Jehan), peintre du xv« siècle. Son indigne parodie de la
Vierge Mère au musée d'Anvers, IV, 387.
Foudre, attribut de Jupiter, 1, 169.
Fouet, attribut de la sibylle Samienne qui a prédit les ciroonstanees
de la Passion, IV, 106, — et de celle de Tivoli ou Tiburtine, 108.
Fougère, un des éléments primitifs de la flore murale, III , 52S. —
Symbole de l'humilité soliUire , IV, 423.
Fourmi, symbole de la prévoyance , 1 , 95 ; — II, 498; — III , 4;
— du vol , I, 202. — Son symbolisme dans le Physiologuê de Théobald,
III , 488 et suiv.
Fournaise. Les trois Enfants dans la fournaise de Babylone, fignre
de la Rédemption par le Sauveur, II, 500; — représentés par cette
raison aux fêtes de la Circoncision pendant le moyen âge , IV, 212 , —
sur l'encensoir du moine Reigner, 314 et suiv. — Idée symbolique deâ
trois Enfants , 315.
Fournier-Vernbuil. Idée de son Tableau moral et philosophique,
et comme il y dénature l'esprit du Christianisme et la fête de F Ane,
IV, 226.
Fourrures. Sens de ce terme en blason, II, 549.
Fous. La fête des Fous ; son esprit, ses abus, son interdiction à di-
verses époques du moyen &ge, IV, 227, 228, 231.
Francfort-sur-Mein. Concile de 794 : n*a pas eu Tinfluence qu'on
lui a trop attribuée sur l'état de l'imagerie au ix" siècle, III, 247.
Frang-maçonnerib, a adopté pour ses allures secrètes les pratiques
des initiations antiques, I, 74, 76. — Ce qu'il faut penser des Confréries
associées pour les constructions du moyen Âge, III, 59, 60. — Leur in-
fluence funeste sur l'art chrétien depuis le riv* siècle, 312. — Histoire
romanesque et systématique qu'en fait M. Vitet dans Tintérét de ses opi-
nions erronées sur le moyen ftge, 196 et suiv. — La franc-maçonnerie,
comme société secrète, ne remonte pas au delè de l'abolition des tem-
pliers, 197, 199. — Prétendu secret de ces bâtisseurs, embrouillé dans les
obscurités de conjectures inadmissibles, 201, 202.— Elle s'introduit au
XIV* siècle dans la construction des églises, 35.
François d'Assise (S.). Tableau symbolique, au Louvre, où il pré-
sente à Jésus des roses rouges et des roses blanches, I, 329. — Symbo-
lisé par un chien portant un flambeau, 359. — Son amour du symbo-
lisme, II, 677.
François de Neuf-Ghatbau juge ma! la Légende dorée ^ II, 655,
656.
TABLE GÉNÉRALE. 561
»
Frakçois de Salbs (S.) admet naïvement une foule de préjugés scien-
lifiqueB du moyen âge qui font le charme de sa pensée et de son style,
III, 472.
Frange. Ses malheurs aux viii* et ix« siècles^ III, 17; ^ au xix*, con-
séquences de Tahaissement de tous les principes sociaux, lY, 415*
Francs, aflfectaient dans la guerre d*adapter à leurs armes des
images démoniaques, III, 382; — envahissent la Gaule Belgique en
480, IV, 426.
Franz de Slckingen (voir Sickingen}.
Franzius (voir Wolfgang).
Fraubnlob (Henri). Idée de son imitation allemande du Cantique de
Salomon, II, 129; — III, 415.
Frédéric, évêque de Liège au xii« siècle^ Son épitaphe, II, 558.
Fre^sqcb , genre de peinture murale usilé au moyen âge. Ses avan-
tages et ses inconvénients, IV, 55.— Belles fresques de Saint-Savin-sur-
Gartempe, 54.
Fuite en Egypte de la Sainte Famille, prédite par Osée & huit cents
ans de distance, IV, 104.
Fulbert (S.), évéque de Chartres, rebâtit sa cathédrale en 1081,
III, 26.
FuLOBNT (S.}, évèque de vi« siècle, Père de l'Église. Comment l'auteur
lui donne un attribut distinctif, IV, 91.
Fumée, symbole du mal et d'opposition & la vérité, I, 306; — II, 199.
Funérailles^ Leur symbolisme chez les anciens, 1, 196 et suiv. —
Inhumation et crémation des corps, 1, 197. -— Usages symboliques ob-
servés aux funérailles et aux sépultures, 198. -— Les graines de fleurs
dans les tombeaux chrétiens, 199. — Autres objets symboliques de la
piété chrétienne, 199.— La couleur rouge, 312, 316,— la bleue, 312, 316;
— la rose, et ses emplois divers, 328.— Griefs de S. Jean Chrysostome
contre le luxe dans les funérailles, II, 603.
G
Gabriel: force de Dieii; ange mentionné dans l'Apocalypse, II, 170.
— Envoyé à Marie pour lui annoncer l'Incarnation, devient le sym-
bole de S. Matthieu ( voir Matthieu). — Rôle à lui donner aTec la
sibylle Agrlppine, IV, 101. — Annonce à Daniel les soixante-dix se-
maines, 103.
Gad, fils de Jacob, symbolisé par le Sagittaire dans le Zodiaque, II,
109, — par le Jaspe, 378.
GaIté. Inspirée par l'agate, II, 366, — par la cornaline, 367.
Gallicanisme, a souvent interprété l'Écriture sainte pour le besoin
T. IV. 36
562 HISTOIRE l^U SYMBOUSME.
de sa cause, II, 55. — Servilité de Pierre de Cugnières (nmie symboU-
quemeni, III, 366.
Gange, fleuve adoré par les Indiens, I, 84.
Gants, partie du costume épiscopal. Leur signification symbolique,
IV, 163.
Ganym ÊDB. Ses rapports prétendus avec le verseau du Zodiaque, ni,
458.
Garoguilles, symbole des démouâ, princes de Vair, II, 336; — m,
257, 307, 377. — Etymologie , 256. — D'origine fort ancienne et fondée
sur quelques légendes locales nées du dogme chrétien, 259; — IV, 44.
* Portées aux processions sous diverses formes pour y symboliser le
triomphe de la Croix, III, 391. — La Grand'Goule de Poitiers, 391,393;
- IV, 44.
Gauche (G6lé), (voir Côté dboit).
Gaule. Symbolisme àê ses dolmens et autres monuments, I, 221,—
de ses médailles nationales, 265, 266,— de ses monnaies chrétienne»,
II, 149.
Gavanti, liturgiste italien. Indication de ses ouvrages pour Tintel-
ligence des rubriques du Bréviare et du Missel, IV, 159.
GÉLASE (Le pape S.) établit la procession de la Chandeleur, et dans
quel but, IV, 186.
Gelboé, montagne de Palestine, symbolise le séjour des démons, ni,
102.
GlÈMBAUX (Les) du Zodiaque. Symbole qui les représente, I, 58; —
m, 458. -^ Pourquoi comparés aux enfants de Jacob: Siméon etLévi,
II, 109. — Ce qu'exprime par eux le zodiaque chrétien, m, 462.
Gemmes, ou pierres précieuses. Leur symbolisme très-répandu dans
l'art chrétien, I, 321. — Celles du rational d'Âaron, H, 94, 3Ï8, 380, —
du trône de Dieu, 165. — Leur composition chimique, 365; *- IV, 298.
» Leurs titres à symboliser l'âme chrétienne avec l'âclat de ses
vertus, II, 365; — > IV, 15, 41. — Idées symboliques des anciens sur les
gemmes, transmises au moyen ftge, H, 366.— L'anneau de Gigès, 360.
-> Gemmes merveilleuses citées au moyen ftge, 366 et suiv.— Applica-
tion de tous leurs attributs à la Sainte Vierge dans unpd^ine du moyen
ftge , 368. — Leur incorruptibilité , 376. — Les gemmes symbolisent
les Apôtres et les douze tribus dlsraél, 370, 378 et suiv., 618. — Raison
mystique de ces rapprochements, 384. — La connaissance des pierres
précieuses et de leurs propriétés nécessaire à bien comprendre
l'Écriture sainte, 496;. ^ Leur symbolisme expliqué par S. Brunon
d'Asti, 556, — et par le pape Innocent III, 617. — Symbolisent Télé-
vation des dignités dans les vêtements de la statuaire, III, 247. —
Bôle des pierres précieuses dans l'ornementation des autels, 289, —
dans la reliure des livres, IV, 41, 42,— dans les vêtements sacerdotaux,
299. — Emploi des pierres fausses , 298, — relativement moderne , 299,
•-l'un des principaux ornements de l'orfèvrerie, 300. — Les cabochons^
TABLE GÉNÉRALE. 563
300. — Qull font bien distinguer les époques des diverses espèces de
pierres précieuses, ibid.,— et les employer sagement dans TorféTrerie
sacrée, 336.
Gbnès (S.)» martyr. Son baptême, et les symboles du récit qu'en fait
S. Adon au iz" siècle, 11, 534. •
(Genèse. Idée de ce premier livre de la Bible, II, 36. — N'était la des
Hébreux qu'après l'âge de trente ans, 116. .
Genevièvb (Sto). Sa lumière éteinte par le diable, 111,372. -< (Voir
GUDULE [Ste].)
GÉMITOUX (S.), honoré an Blanc, en Berry. Erreur d'un archéologue
sur son hagiographie, III, 173. — Autre en Touraine, confondu avec
celui-ci, ibid.
Gennadius, écrivain ecclésiastique du v« siècle, dont les livres sont
perdus; quelques fragments conservés dansVOrltu deliciarum d'Her-
rade, abbesse dé Hohenburg, II, 576.
Gentils ou païens. Leur vocation & l'Église ; symbolisés dans Simon
le Cyrénéen, II, 523 et suiv.
Géométrie. Son invention, 1, 101.— Les anciens géomètres divisaient
toutes leurs lignes en six parties , 150. — La méthode géométrique
appliquée à la théologie par S. Thomas, II , 632. — (VoirMATHÉUA-
TIQUES.)
GéoN, un des quatre fleuves du paradis terrestre. Noms des trois
autres, IV, 48.
Georqbs (S.). Gomment représenté, IV, 36.
GÉRARD de Lairesse, peintre hollandais. Son Hercule entre la Volupté
H la Vertu, 1, 288.
Gbrbert, savant du z« siècle , devenu le pape Sylvestre II , une des
lumières du %.*> siècle, II, 538.
Germains, envahisseurs de la Gaule, représentés dans les églises sous
la figure des démons, III, 385.
Germiqnt- DES- Prés, village de l'Orléanais. Son église du vii^ siècle,
et sa mosaïque absidale, IV, 46.
Gerson, savant ascétique du z^ siècle, II, 21. — S'élève contre les
abus qui s'introduisent dans les drames liturgiques, IV, 207.
Gestes. Ils ont leur symbolisme, 1, 2 et suiv. — Quintilien y attache
beaucoup d'importance, 56. — Us sont l'accompagnement de la mu-
sique primitive, -65, 71.
Gibelins, partisans de la maison de Souabe, opposés aux Guelfes qui
suivaient le parti des Papes de 1070 à 1495. Les uns et les autres cèdent
à l'action du cardinal Malabranca, IV, 256.
GioÉs. Son anneau enchanté, n, 366.
Giotto. Son genre de peinture chrétienne , II, 608; —III, 251; —
IV, 350. — Son influence sur le zv* siècle, 30. — Architecte j n'a laissé
564 HiSTOlftE DU SYMBOLISME.
aucun souvenir remarquable en architeclure^ 348. « Incertitude sur sa
biographie, 350.
GiSTAS, nom du mauvais larron. Son rdle sur la croix^ et son icono-
graphie, II, 459, 463, 464.
Glàbert (Radulfe ou Raoul). Ce qu'il pense des nombres dans leurs
rapports providentiels avec le monde physique, I, 114. — Ce qu*il dit
de la renaissance architecturale du xi<> siècle, III, 22, 24.
Glaive (voir Épée).
Gloria in bxgelsis de la Messe. Symbolisme de son chant, lY, 247.
Glose ordinaire (voir Walâfrid Strabon).
Gnostiques, symbolisés par le scorpion , II , 200. — Fausse suppo-
sition qui garnit certains chapiteaux des symboles de leurs erreurs, ni,
347. — Ce que S. Ëpiphaue dit de leurs impuretés peut cependant le
laisser croire, 413, 423. — Tatien avait donné dans leurs erreurs, 475.
— On a pu les représenter sur certains modlllons comme type de l'hé-
résie, 533, 534.
GoDiNBAU DE LA Brétonnerie, architecte distingué de Téglise Saint-
Jacques de Chfttellerault, III, 320.
GOQ et Maqoq. Symbolisme de ces deux personnages dans l'Apoca-
lypse, II, 332 et suiv. — Signification de ces deux noms, 335, 33C. *-
Leur position sur la toiture des églises, III, 377.
GoQUBLiN, être fantastique des récits de bord , II, 336.
GoTHS, accusés par les savants du xvu« siècle d'avoir donné & la
France l'architecture gothique, IV, 396.
GouROé , bourg du Poitou (Deux-Sèvres). Description de sculptures
symboliques de la mauvaise communion , III , 129 , — des passions
honteuses, 427.
Gourmandise , symbolisée par un poisson, I, 95,— par une femme
dont un serpent ou un crapaud dévore l'estomac, II, 272.
GouT, symbolisé par une langue, I, 95. — Le goût dans les arts
doit s'éclairer des règles intrinsèques de l'objet qu'ils traitent, II, 356.
Graal (Saint-}. Ce que c'est; légende qu'en a faite le moyen ftge,
II , 675. — Détails qui s'y rattachent *dans l'art chrétien, 448. — Poème
de THïure^ 111,39. — Vignettes de ce poème dans un manuscrit du
xv« siècle , IV, 29.
Grâce sanctifiante, a tonte son efficacité en Jésus-Christ, II, 236. —
GrAce prévenante, symbolisée par la Jérusalem céleste descendant sur
la terre , 353.
Graduel de la messe solennelle. Symbolisme de son chant, IV, 247.
— Graduel de Saint-Gall, copie faite an ix« siècle de l'autographe de
S. Grégoire , 248.
Grand*gubule , serpent symbolique , image du démon vaincu par la
Croix: portée aux processions pour signifier le triomphe de la religion,
m, 391,392.
TABLE GÉNÉRALE. 565
Granville , ingénieux desainateor d'une œnYre musicale pleine de
symbolisme , 1 , 65.
Gratten , canoniste da xii« siècle, collecteur et interprète des Décri-
taies; ce qu'on y trouve sur les abus qui s'étaient glissés dans les
drames liturgiques , IV, 201.
Grecs. Ils ont mis de l'allégorie partout , 1 , 190 , 217 et suiv., 268 ,
269. — Spiritualisme de l'art grec , 220, 262. — Son caractère national,
111,2^5.
GHÊaoïRB m (Le pape S.)« Ce qu'il dit des sujets bibliques peints
dans les églises , fV, 2.
Grégoire IX (Le pape) réforme les désordres introduits dans les
drames liturgiques , IV, 201.
Grégoire XIII (Le pape), réformateur du calendrier, n , 678.
Grégoire de Nazianzb (S.). Ses difficultés à rendre le dogme de la
Trinité sensible par des symboles, IV, 76. — Son drame : La Passion
du Christ , 192.
Grégoire de Tours (S.) , le plus ancien des historiens français.
Idée de ses Chroniques, II, 650. — Fait rebâtir et peindre la basilique
de Sainte-Perpétue , IV, 51.
Grégoire le Grand (S.) , pape de 590 à 604 , symbolise le nom-
bre lOOO , I , i32, — et d'autres, 146 , — II, 482. — Son explication
de la parabole du semeur, 66, — de la robe d'Aaron , 93 , — de la ré-
surrection des Saints, 181 « — des cheveux des femmes , 205, — du
retour des juifs au Christianisme, 446. — Protège ceux-ci contre les sé-
vérités des chrétiens , 447. -^ Caractère de ses écrits exégétiques ^ 518
et suiv. — Ce qu'il dit des faunes et des centaures, 519 , — dé l'Evan-
gile prêché à toute créature , III , 316. — Établit à la Messe le chant du
Kyrie eleison, IV, 157 et suiv., 246. — Exclut du carême le chant de
l Alléluia, 158. -^ Ajoute au canon une prière pour la paix, ibid, —
Réforme le chant liturgique, qui prend son nom , 244 , 246 , 247.— Son
Gradtiel , retrouvé , sert de base aux travaux modernes sur le chant
liturgique , 248.
Grêle, symbole des fléaux providentiels , II, 282. — Grêle phéno-
ménale tombée & Constantinople après l'eicil de S. Jean Chrysostome,
282.
Grenade, symbole de la charité, II, 94.
Grenat, pierre précieuse de couleur rouge, symbole de la charité,
II, 617.
Grenouille, symbole d'ignorance et d'imperfection, 1, 95; — des dé-
mons, II, 270 ,— et pourquoi, 271, 272 ; — III, 364; — de l'avarice , II ,
272;— de la luxure, 272;— III, 377;— des méchants et des iusulteurs,
273. — Ses cendres employées dans la magie, II, 273 ; — III, 395. — N'a
pas d'opposition favorable dans son symbolisme, 365, 445.
Grbtzer , savant jésuite , auteur du livre De sancta critce Chrisli,
Son éloge , III , 169.
566 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Griffon, animal fentastique tenant da lion et de l'aigle, symbole da
Dieu Mithra, I, 167 , — et d'Osiris, 168 , — IV, 447,— de la Tigilanee,
I, 235, —III, 465. — Figare du démon; son rôle àSaint»Marc de Venise,
135.— Deux griffons attaquant un homme qui s'en défend « 374.—
Symbolise Jésus-Christ dans le poème de Dante, 354.— Mystère de son
existence inconnue et cependant mentionnée au Lévilique , 444. —
Souvent reproduit par l'art chrétien, 465. — Représente par opposiUoo
tantôt Jésus-Christ, tantôt le démon, 465 ; — IV, 36, 337.— Temssaot
deux dragons, ibid. , 447. — Uni à un capricorne, 38.
Grilles des églises h ne faire que dans les proportions relatÎTes des
espaces qu'elles doivent limiter. Leur ornementation symbolique ,
ÏV, 340.
Gris, couleur mixte, symbole du bien mêlé de mal, I, 345, — du
demi-deuil, 346, — de l'innocence calomniée, 346, — du repentir, 346 ,
— de la résurrection, 346. — Donné & Jésus jugeant les hommes, M7.
Grotesques de la sculpture chrétienne, mal compris. Leur raison
d'être, IN, 345, 351.- Garnissant les marges des manuscrits du
XVI* siècle, IV, 30, 31 et suiv.
Grotius a calomnié le Cantique des Cantiques, II, 115.
Gryllus, personnage satyrique ridiculisé par Antiphile,e8t probable-
ment l'un des compagnons d'Ulysse, I, 289.
GUDULB (Sto). Sa lampe éteinte par le diable, III, 372.
GuÂRANQBR (Dom), abbé de Solesme, auteur des Institutions litur-
giques. Ce qu'il y dit de l'hymne Ustabundus, attribuée & S. Bernard,
IV, 254,.— du chant grégorien aux xi« et xii* siècles dans son Annie
liturgique, 255.
GCERRB. Symboles divers, I, 203, 204; — II, 176.— Guerre , première
plaie de l'Apocalypse, 176.
Gueule, couleur rouge dans le blason. II, 542, 548.
Guide de la peinture, ouvrage de l'école byzantine du moyen flge
Où sont consignés les principes de Ticonologie religieuse du
xii« siècle, 11,341.
Guibert (Mir)t évèque de Viviers, actuellement archevêque de Paris.
Ce qu'il dit & son clergé de l'étude du symbolisme, IV, 183.
GuiDO Reni ou le Cnide, peintre bolonais du xvi* siècle. Chasteté de
son Hercule tuant l'hydre de Lerne, IV, 390.
Guillaume, abbé de Saint-Thierry de Reims au xii* siècle. Occasion
de la lettre apologétique de S. Bernard sur le symbolisme des sculp-
tures des églises, II, 593.
Guillaume IX , comte de Poitou au xii« siècle. Caractère mélanco-
lique de ses compositions musicales, IV, 257. — Ce caractère venu jus-
qu'à nous dans lés hymnes du chant romain, 258.
Guillaume de Lorris, premier auteur du Boman de la Rose, II, 675.
TABLE GÉNÉRALE. $67
GuiLLAUMB DB MalmssburYi hUlorien angUigy signale la paix exis-
tant en Angleterre et en Normandie an zi« siècle, III» 23.
GuiLLAUMB LE NORMAND , trouTôre du xfi« siècle, autear d*ua Phy*
siologue, n, 462; — III, 475 ;-- édité par M. Hippeau, 476.
Guy d*Arbzzo, bénédictin du zi« siècle, invente la gamme diato-
nique. RéTolution qu'il produit dans la science musicale, IV, 249, 253.
H
Habagug , prophète, portant un repas & Daniel ; combien mal inter-
prété par quelques archéologues , III , 138. — Son costume symbolique
au moyen âge, rv, 211.
Habit mi-partie de Pierre de Beaumont, I, 206. —(Voir Ck)STDHES,
VÊTEMENTS.)
Habron, peintre grec. Son tableau de La Concorde et V Amitié,
1 , 288.
Hadrien (L'empereur). Ses médailles allégoriques , 1 , 265 .
HAaiOQRApHiB, aidée, quant à son sens mystique, par le Balional de
Durant, II, 643. — Source des sculptures historiées de nos églises, III,
259. — (Voir Saints.)
Hallam , auteur de V Europe au moyen âge. Son erreur sur Tinven-
Uon de l'ogive , UI , 199.
Hauhbr (De). Examen de ses idées sur le culte de Mythra , 1 , 165
et suiv.
Harmonie, une des première^ conditions de Fart. En quoi elle con-
siste , m , 253 , 255.
Harpe, symbole des passions gouvernées par l'amour de Dieu, II,
169, 172, 257, 497. — Par opposition , symbole des plaisirs mondains ,
17^. — Instrument de joie des Élus , 263.
Harpies. Leur symbolisme dans l'art ancien , 1 , 334.
Hauts lieux , choisis de préférence pour les temples païens ou les
simples adorations, 1,227, 229. — Cette préférence observée aussi par
la vraie religion , 229.
HÉCATE , déesse des f anérailles , couronnée de roses à cinq feuilles ,
1,149,328.
HÉLÈNE (S**), mère de Constantin. Symbolisme de son église du Saint-
Sépulcre , à Jérusalem , III , 42.
HÉLIOTROPE, symbole de la ferveur chrétienne , 1, 199.
Herbe : jeunesse, espérance, succès, quand elle est verte, II, 192; —
eflloresc^nce des enfants de Dieu , 418.
Hergulanum, caractère -des peintures qu'on y a découvertes, 1, 475.
568 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Hbrcuzjs , symbole de la force. Winkelroan suppose une ressem-
blance toat idéale entre sa tête et celle du taureau, I ^ 49. — Symbo-
lisme de ses temples, 225. — Sa statue faite en fer, 268. — Tableaux
allégoriques du demi-dieu , 288. ^ Le symbolisme chrétien en a fait
rimage de la force morale , Il , 7 ; — III, 350 et suiv.
HÉRÉSIE , incapable de rien créer de durable pour la morale on pour
les arts , II , 3. — A toujours amené à la négation de toute religion ,
30, 199, 399. — Condamnée par toute la tradition, III, 300. — Ennemie
de l'Église dès son berceau , II , 162 > 337 ; — III, 74. — Symbole de la
victoire qui la terrasse dans le Cavalier des façades orientales. II, 175.
{WoiT Cavaliers.) -^ VhéTésie , eau amôre; ses fruits empoisonnés,
195. — Les premières hérésies venues des Juifs , 198, 204. — Symbo-
lisée par des sauterelles, 200 , 203. (Voir Sauterelles.) — Lliérésie
dépeinte par Tertullien , 203. — Exclue de l'Église , 213. •— Ingénieu-
sement symbolisée par une miniature du xiii® siècle , 229. — Figurée
par les reptiles, 271 ^ — III, 337, — par la bète de l'Apocalypse, II,
337. — Acharnée à dénigrer l'Église et ses doctrines , 405 ; — III , 74.
» Symbolisée par les entrelacs de certains chapiteaux , 543 et suiv.,
345. — Cause des aberrations de beaucoup de demi-savants , 345. —
Impuretés des hérétiques stigmatisées en beaucoup de modillons de nos
églises,412 et suiv., 422, 423.— L'hérésie, ennemie mortelle de l'art, IV,
236.— Les hérésies ont commencé avec l'Église : les nicolaltes, II, 151.
— Hérésies indiquées par des monstres hybrides, IV, 333.— Troubles
que l'esprit hérétique jette dans les études et l'action du xv« siècle, 344.
— Les hérétiques du xii* siècle motivent en grande partie les figures de
prêtres, d'évêques et de moines condamnés au jugement de Dieu, 461.
Héric d'Auxerre, symboliste du ix* siècle. Son Poènie de la vie de
S. Germain ; ce qu'il y dit des six jours de la création , II , 533.
Hbrman Contragt, moine de Richenau au xi* siècle, auteur de
VAlma Rcdemptoris,lVj 253.
Hermann de Werden , bénédictin du xii« siècle. Idée de son Horlus
deliciarum Salomonis , III , 555 , 556.
Hbrhas, disciple de S. Paul. Son livre Du Pasteur <t où il symbolise
l'Église sous la figure d'une tour , II, 432. — Idée de Tensemble de ce
livre , 373.
Hermine, une des deux fourrures du blason, II, 549.
EÉRODB I«<^ persécute la Sainte Famille, II , 240; — III, 334. — Tenté
par le démon , 311 , — qui joue de la viole au bal où danse Hérodiade,
372. — Comparé au renard, 467, 491. — Prédit par la sibylle Euro-
péenne , IV, 104.
HfiRRADE DE HoHBNBURG, abbcsse du xii« siècle. Beauté et prix de ses
travaux , III , 61. — Son histoire et celle de son Ortus deliciarum , II,
245, 454, 574 et suiv.; — III, 475,555. — Son iconographie symboli-
que de la crucifixion , II , 454 et suiv.— Connue de S. Thomas jd'Aqnin,
457. — Sculptée à la cathédrale de Worms , 457. — Ce qu'elle dit de
TABLE CÉNÉRALE. 509
la lottrmi , III , 489. — Son image de la Trinité , lY, T7. — Ses idées
sur le tbéAtre et ses abns , 228.
HBRvéB , évèque de Troyes de 1207 à 1223. Galice d*argent trouvé
dans son tombeau , IV, 335.
HÉSIODE. Son poème Des Travaux et des Jours, I, 218.
Hexagone. Sa signification mystique, III , 110.
HiBOU^ attribut de Minerve , symbolisait la méditation , I, 233 ^ 286.
— Son symbolisme dans l'art chrétien, II , 301 ; — IV, 450.
HiÉRARGHiB. Le traité De la Divine Hiérarchie, de S. Deuys, II, 475,
476.
HiéROOLYPHES. Première écriture mystérieuse des Égyptiens , 1 , 17^
73, 148. — D'autres peuples en font usage, 19 etsuiv. — Hiéroglyphes
curiologiques, 58. — Comment les hiéroglyphes se compliquent de
difficullés qui en obscurcissent la simplicité primitive, 74, 93 et suiv.
^ Garnissaient en Egypte la surface de tous les monuments, 74.-^ Leur
emploi n'a pas créé les erreurs mythologiques du monde ancien, 76.—
Analyse du livre des symboles d'Horus Apollon, 91 et suiv. — Le Dis-
cours de Langlois de Délestât, 96. -^ Ses Tableaux sur le même sujet,
96. — Les hiéroglyphes ont dû admettre des chiffres, 98. — Beaucoup
ont été empruntés par le Christianisme, II, 5. — (Voir Egypte.)
HiLAiRE (S.) de Poitiers. Ce qu'il dit du nombre V, I, 121 , — de la
meule tournée par une béte de somme, II, 310, — de l'Eglise sous les
traits d'une Épouse vertueuse, 419. — Beauté de son génie et de ses
écrits, 490, 491, 494. — Ce qu'il dit de la Table eucharistique et des
fidèles qui l'entourent , 492. — Défend la Trinité contre les ariens ,
mais n'y emploie aucun symbole , IV, 76. — Manuscrit de S. 4Iilaire
légué au Y* siècle par S. Perpétuus à son Église de Tours, 290.
HtLDBBBRT, évéque du Mans au xii« siècle, n'est pas l'auteur du
Physiologue de Tbéobald, III, 476.
HiLOBFONSE (S.), archevêque de Tolède an vu* siècle. Symboles qui
entourent son calice, IV, 333.— Son Traité de la virginité perpétuelle
(|e Marie^ 334.
HiNGMAR, archevêque de Reims au ix^ siècle. Son Fereulum Salo-
monis; idée de ce livre , II , 538.
Hindous. Leurs dieux puisés dans les notions bibliques , 1 , 156 et
suiv. — Comment ils personnifient la nature, 160. — Autres détails de
leurs croyances, 161 et suiv. — Leurs arts tout empreints de symbo-
lisme, 162.
HiPPOCRATE. Ce qu'il pense des nombres dans leurs rapports avec la
santé, I, 114.
HiPPOLYTE (S.), Père de l'Église au IP siècle. Sa méthode symbolis-
tique, II, 478.
Hippopotame, symbole du génie du mal, 1, 87.
Histoire. Bile raconte beaucoup de faits aussi peu prouvés que
570 HISTOIRE DU STMBOLISME.
certaines légendes , Il , 660. — Dénaturée à plaisir anjourdlmi an ser-
vice de la libre pensée , III, 196, 199, 201.* Les assertions Caoti^ de
Tbistoire doivent être eombattaes, SOI.— Combien Tbistoire de l*ËgMse
doit servir la peinture chrétienne, IV, 59. — L'bistoire de Tart, insépa-
rable de celle de rbumanité , et réciproquement, 234.
Histoire naturelle. Erreurs accréditées par Aristote et Pline, I ,
332 , — et par beaucoup d'autres , sur le hibou , II , 301 , * sur beau-
coup d'autres animaux {voir le Physiologue de Théobald), m , ISO,
508. —Utilité d*un Dictionnaire symbolistique {^histoire naturelle, 151,
RU.— Une des plus abondantes source^ du symbolisme; a été acceptée
à ce point de vue par les Pères et les doctes du moyen Age, sans la dé-
gager , et pour cause , des préjugés populaires ou scientifiques , 470 ,
471 , 472, 473 , 510 et suiv.— Ses erreurs dues aux moyens plus res*
treints de communication et de voyages des siècles passés , 473.
HoLZAUZBR (Barthélémy), un des derniers interprètes de l'Apocalypse,
1, 105; — II, 143.
HoM, arbre mystérieux de l'Orient, dégénérescence de celui du pa-
radis terrestre, 1, 161 ;— III, 528 ; — IV, 446.— Figure dans les tympans
des églises romanes, ibid. — Son histoire et ses transformations , III,
528. — Ses rapports avec la croix de la Rédemption , 529 et suiv. —
Sculpté aux tympans des églises : à Marigny et à Colleville (Calvados},
ni , 531 ; — IV, 451, 455. — Significations opposées de ce même type,
itnd., 446, — sur des étoffes orientales , 173 , 451, 455 , 459. — Variétés
infinies de ses types, 453.
Homère nous donne de nombreux détails sur les croyances religieuses
de Tautiquité, I, 75. — Son bouclier d'Achille , 191 et suiv.— V Iliade
est-elle une imitation du siège de Gabaa? 194. — Elle n'est qu'un
symbole de l'union des petits royaumes de la Grèce, 190 et suiv., —
et des allusions morales aux vertus de la vie humaine ,217. — Valeur
de y Odyssée au point de vue symbolique, 217. — Prétendu siège d'Bo-
mère & Scio, 235. — Il a le premier observé le symbolisme des cou-
leurs, 29.^.
Homme. Symbolisé par le triangle scalène, I, 53. — La face humaine
donnée à rimage de Dieu comme plus convenable, 81.— Les cinq sens de
l'homme, 132. — La triple faculté de son Ame fait de lui l'image du Créa-
teur, 147.— En quoi il participe de toutes les créatures, III, 316.— Homme
sculpté au milieu des branches d'un arbre, 340 et suiv. — Application
de la zoologie aux mœurs de l'homme ; son caractère divin altéré par
ses penchants charnels, 468 et suiv.; — rv, 12. — L'homme est un petit
monde, III, 506, 507;— un instrument de musique, IV, 237.— Merveilles
de sa création qui lui constituent une beauté providentielle , 342. —
Qu'on a déterminé par sa forme corporelle la forme générale et les
détails de nos édifices religieux, III, 168, 169 ; — IV, 343.— En quoi
la chasteté de l'art chrétien fait respecter le corps de Thomme , 389.
Honorius, écolAtre d'Autun, symboliste du xii* siècle. Ses écrits. H,
564 et suiv., 578, 579.
TABLE GÉNÉRALE. 574
HonACB> cité sur le nombre tt, 1, 117.
HoRAPOLLON^ auteur d'un Traité des symboles égyptiens. Analyse de
ce liirre, I, 91 et suiv. — Époque où il fût écrit, 93.
HORTUS (ou plutôt Ortus) DBLictARUM (voir Herrade, qui Ta écrit
ainsi).
HoRU8> fils d'Isis et d'Osîris. Ses rôles dans la mythologie égyptienne,
I, 87, 88.— G*est l'Apollon des Grecs et des Latins, 90,— et le soleil, 92.
HosTiB ou Pain d'autel ; était au xi* siècle un simple disque timbré
d'une croix transversale, III, 129. — Des débris d'hostie jetés symboli-
quement du haut des voûtes au jour de la Pentecôte en certaines
églises, IV, 187. — Hostie surmontant un calice dans une sciUpture de
la cathédrale de Strasbourg , II, 448, — Bottes à hosties du moyen âge
en métal émaillé, IV, 337.
Hroswita, religieuse de Gandersheim, en Saxe. Idée de son Théâtre
sacré, traduit par M. Magnin,IV, 201 et suiv.
HuGUBS Gapbt. Prophétie de Saint- Valéry sur le règne de ses descen-
dants, I, 151.
UuQDBS DE Saint-Victor, symboliste du xii« siècle. Ce qu'il pense
dee nombres, I, 137, 143.— Ses ouvrages et leur caractère littéraire, II,
20, 36, 566, 668. — Ce qu'il dit du Livre de vie, 343, — de la colombe et
du corbeau, 567,— de la cloche et de ses détails symboliques, 581,— du
sens spirituel de rÉcriture, préférable selon lui au sens naturel, IV, 433.
Huile d'olives, emblème de paix, I, 204; — II, 124 ; — III, 559; —
symbole des Justes, II, 177,— de la prudence, 215, — du martyre, 430.
— Saintes huiles ; liturgie de leur èonfectîon, III, 76, 560.— Huile de
la lampe du sanctuaire, 84. — Pourquoi exorcisée, 390, 560.— Sa signi-
fication mystique dans les sacrements, 559, 560.
Humilité, symbolisée par les lies , II, 284 , — par l'abaissement de
l'abside des églises au-dessous des autres travées, Ili, 183.— Entre dans
nos âmes avec la lumière évaugélique, 185. — Symbolisée par la vio-
lette et l'hysope, 556.
Huns. Leurs ravages dans l'Europe occidentale au if siècle ; re-
poussés en Italie avec Attila, IV, 426.
Huppe, oiseau, symbole de la sottise orgueilleuse, III, 446.
HuTTBN (Ulric de), un des premiers adeptes de Luther. Ses écrits ob-
scènes, rV, 386.
Hyacinthe, couleur mêlée de bleu et de rouge, symbole de la charité
condescendante, 1, 332«— Doutes et incertitudes d'interprétations sur ce
point, 332, 333, 334, 337.— Pierre précieuse, de la couleur de la fleur de
ce nom, symbole de la condescendance, 332. — Erreurs des naturalistes
à son sujet , 332 , 333. — Chassait Tinsomnie , II , 366. — Symbolise la
tribu de Dan et l'apôtre S. Paul, 383.
HvBRinESr animaux formés de deux ou plusieurs espèces. Leur signi-
fication et leur origine orientale , IlI, 464 et suiv. — Une jument à tète
n
572 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
de femme, 1, 172, 528; — IV, 423.— Lee sauterelles de l'Apocalypse, H,
203, 205.— La béte léopard-ours-lion, 244, 245 ; — III, 344. — Le faune
et les centaures, 519.— Démons hybrides, III, 367, 370, — IV, 30, 32,—
déracinant un arbre, III, 374.— Vaines objections contre leur présence
dans l'art chrétien, II, 589 et suiv., 593; — IV. 443.— Spécimens variés
des hybrides du iiP siècle , II , 597, 601; — III, 344 et suiv.; — do
xril* siècle, 258, 345. — Ce qu'Horace en disait avant le Christianisme,
464. — Hybrides bizarres du xvi* siècle, IV, 30, 31, — mais bien carac-
tériâés , 33. — Chimères hybrides du xv« siècle dans la sculpture des
églises , IV, 232. — Hybrides du vu» siècle , 333. — Ceux du xii« siècle
venus de l'Orient, 437, 443.
Hymnes de la liturgie catholique ; leurs beautés littéraires et musi-
cales. VAve, maris sieUa, U, 520. — Hymne de S** Florence, 556 . — HI,
542 ; — du Saint-Sacrement, par S. Thomas d'Âquin, II, 634; — Ifl, 557.
— Le Veni Crealor, IV, 240 et suiv. — L'hymne de S. Jean-Baptiste
(Il queant Iaxis, dont le chant est une mélopée grecque antérieure de
quatre cents ans à Jésus-Christ, 249.
Hypocrisie, animal à tête d'homme. II, 203, 205.
Hysope. Propriétés symboliques de cette plante. II, 496.
I
Ibis , oiseau sacré des Égyptiens , 1 , 87.
Iconoclastes. Leurs manœuvres au deuxième concile de Nicée , II ,
513; — III , 54. — Ce que l'art chrétien soufifrit de leur persécution,
247. — Le protestantisme renouvelle leurs excès, IV, 352.
Iconographie chrétienne , ne peut s'interpréter qu'à l'aide de la
science symbolistique, II , 21, 341, 405 ; — III, 33. — Tout y est sym-
bolique de ce qu'elle emprunte à la nature, IV , 458. — Usage de
n'exprimer qu'une partie pour l'objet entier, II, 341 ; —IV, 109, 110, 431
et suiv., 445. — Types généralement adoptés par les artistes pour un
même sujet, II, 348; — III, 389. — Puise beaucoup dans l'Apocalypse , du
iii^ au XVI* siècle, II, 405. — Caractères de l'iconographie du xiu« siècle,
III , 312 , — et du xve , IV , 229 et suiv. — Elle sert de catéchisme
pour l'enseignement chrétien , 111,321, 387 et suiv,; —IV, 3, 436.— ^S'est
toujours soumise, durant le moyen âge, à l'action directrice de l'Église
(voir Artistes , Clergé) , — qu'elle abandonne , aux xiv* et iv« siècles,
pour les caprices d'une liberté nuisible, IV, 229. — Origine des grotesques
dans la décoration des églises, 250.
Idiotismbs bibliques, devenus autant de symboles (voir Bible).
Idolâtrie. L'adoration des idoles, niée par Voltaire, est un fait his-
torique de l'antiquité, 1 , 166. — Origine du culte des idoles, 246 et
suiv., 250; — III, 377. — L'idolâtrie des trois premiers siècles, cruelle
contre l'Église , II , 200. —Caractère détestable de ce crime , 243 , 244.
— Théodose obligé de sévir contre lui en Asie, 443. — Sapcraonnifi-
TABLE GÉNÉRALE. 573
cation dans la béle de TApocalypse, III, 359, 424.— Les idoles animées
par le démon , 377. — Elles ne sont que des caricatures, au jugement
des Pères , 378. — Les païens faisaient très-laides les images du démon,
381 , 382. — Comparée h la prostitution, 424.— Comment la Loi divine
s'efforça d*<;n détourner les hommes, 443.— Ses symboles variés , 446.
— Quelques-uns empruntés par le Christianisme, 529. — (Voir Mytho-
logie.)
If , symbole d'immortalité , 1 , 196 ; — III , 82.
Iles , image de la vie mondaine agitée par les tempêtes, II , 281, «—
des Ames humbles, 281.
bi AGES , résultat nécessaire de l'intelligence et de la parole, I, 3. —
Images des ancêtres portées aux funérailles , 1 , 197. — Images néces-
saires au Catholicisme et gardées par lui contre les erreurs des artistes,
m , 54. (Voir Clergé,) — Erreur sur un canon du concile de Franc-
fort touchant l'adoration des images, 247; — autres décrets, 433. —
Elles furent au moyen Age le livre de ceux qui ne savaient pas lire ,
402, 430, 434 , 436 ; — IV, 50 , 51, 354. — Leur effet sur le cœur chré-
tien , 51, 354. — Violences du protestantisme contre les images , 352
et suiv., — en vain défendues par Luther lui-même et par Érasme, 353.
— (Voir Iconoclastes , Iconographie.)
Immortalité, symbolisée par la couleur verte de certains arbres, I,
196. — Symboles païens & rejeter dans le Christianisme , 200. — L'im-
mortalité symbolisée par un limaçon , IV, 37, 38. — Immortalité de
l'Ame selon Scipion et Macrobe, 1 , 320. — Puisée dans notre mort
même , 328 ; — IV, 37.
Imposition des mains (voir Pénitence , Ordre).
Imprimerie (voir Presse).
Impureté, réduit l'homme à l'état de brute, d'après les Apâtres et les
Pères, III, 468.
Incarnation du Verbe divin , dénaturée par les Hindous , 1 , 156. —
A pour symbole un bouton de rose blanche, IV, 104.
Incubes^ démons, les mêmes que les faunes, II, 519.
Inde, pays superstitieux où le diable joue un grand rôle iconogra-
phique, III, 382.
Index , tribunal ecclésiastique chargé de signaler les livres contraires
A la foi catholique. Sa raison d'être , II , 35.
Infidèles (voir Hérésie).
Initiations , ne furent d'abord que des assemblées religieuses en
Egypte, I, 74 et suiv., 310, 312, 314, 325. — Furent adoptées par le
Christianisme , 74 , 319 ; — II , 19. — Les initiations païennes dégéné-
rèrent en impiétés , 1 , 75 , 76 , 356. — Sources pour l'histoire de cette
franc-maçonnerie antique , 76 , 77.
Lnnogekge , symbolisée par la robe nuptiale , II , 423.
574 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Innocent III (Le pape). Ce qu'il dit de la Croix , II, 186. — Ses écrits ;
défense de sa méthode symbolistiqae^ accusée à tort d'exagération, 611.
— Son traité bu Mépris du monde , 613, --Delà Messe , 615 ; — lY,
178. — Ses quatre anneaux d*or envoyés à Richard Cœur^de-Lion , H ,
616.-— Fonde Tordre de la Rédemption-des-CaptifB,618. — ^U^jforttf
des deux glaives , 619. — Auteur du Veni Sancte Spiriius , 621 ; — IV,
254. — Ce qu'il dit des animaux servant la justice divine contre l'homme
pécheur , III, 378 , — des quatre clous du crucifix, IV, 125.— Compose
le Slabal ? II, 621 ; - IV, 254.
Innocent VI (Le pape) établit la fête de la Sainte Lance, n , 435.
Innocent Vlli (Le pape), auteur du Pontifical romain , m , 76.
Innocents (Les Saints), massacrés par Hérode: la sibylle Européenne
l'avait prédit, IV, 104.
Inscriptions antiques , preuves authentiques des assertions de l*his-
toire : celle du Sinal en hiéroglyphes égyptiens , I, 18. — Inscriptions
d'autels , III, 270. — L'inscription de Piiate ne doit pas être omise dans
l'image du crucifix, IV, 127.
Insolence , symbolisée par une mouche , 1 , 95.
Inspecteurs (voir Monuments).
Intailles, ou pierres précieuses gravées : symboles relatife à la navi-
gation des anciens , I, 242. — On mêle souvent les intaiiles, durant le
moyen âge, à l'orfèvrerie sacrée , sans discernement de leur origine et
de leur iconographie païenne, IV, 299, 304.
Introït de la Messe. Son but et son symbolisme dans le chant gré-
gorien, IV, 246.
laÉNÉE (S.) , évêque de Lyon, Père du li« siècle, ce qu'il dit des
paraboles évangéliques , Il , 477.
Iris , est Tarc-en-ciel symbolisé , 1 , 296.
IsAAC symbolise Jésus-Christ , 1 , 229 ;— II , 86 , 562, 633. r- En quoi
on peut l'associer à la sibylle Cymmérienne, IV, 102.
ISAAC, évêque de Langres au ix* siècle, explique l'imposition des mains
dans la pénitence , II, 534.
IsAÏB , un des grands Prophètes , II , 41. — Semble avoir vu d'avance
ce qu'ii dit du Sauveur, 61, 62. — Prédiction de la paix universelle à
son avènement, III, 467,— et de la Sainte Vierge, Û, 61.-T Ses actions
symboliques comme Prophète, Il , 103.— Doit être représenté les pieds
nus, IV, 94.— Adjoint dans l'iconographie à la sibylle Tiburline, 108,
IsCARiOTE. Sens de ce nom , 1 , 43.
Isidore (S.) , évêque de Séville , pratique le symbolisme des nom-
bres, 1 , 136 ; — II , 526. — Ce qu'il dit de l'auréole des SainU , 1 , 303.
— Son analyse des Livres bibliques , II , 36 , 524 et suiv., 563. — Soa
éloge par les savants , 523 , 526. — Autres idées symboliques tirées des
choses naturelles, 99, 100, — ou appliquées à la passion du Sauveur
et à ses conséquences morales , 100. — Il est un des Pères qui enten-
dent le mieux la science symbolistique , 526.
TABLB GÉNÉRALE. 575
I8i8. Pourquoi toujours couYerte d'un Yoile , 1, 82. — Résumé de son
histoire dans la Table Isiaque, et histoire même de ce monument, 84
suÎY. — Relations entre Tlsis des Égyptiens et la Junon des Grecs, 88.
— Ses fêtes dégénèrent en libertinage , 90. — Pourquoi couronnée de
lotus , 159. — Symbolisée par une Tache , 161. — Son temple s'élevait
dans le forum, 227. —Mystères d'isis , et leurs dissolutions révol-
tantes , 252. — Bobe d'Isis , aux couleurs de f aro-en-ciel , 296. — Isis
noire , symbole d'abondance et des douleurs, 300. — Dupuis en fait la
Sainte Vierge Marie , 367.
IsLAiiiSME (voir MABOHKr).
IsLB (Guillaume de V), chancelier de l'Église de Rouen au xiv« siècle,
fonde une stipendie pour les deux chanoines dont le rôle aura été
mieux rempli dans les fêtes de VAne , IV, 215.
Israël. Sa signification symbolique , 1 , 43.
IssAGHAR , fils de Jacob , symbolisé par le taureau du Zodiaque , H ,
109 , — par la chrysoprase , 382.
Italie. A quoi attribuer le peu d'architecture ogivale qui s'y ren-
contre î IV, 380.
Ivoire, symbole de la pureté, III, 282. — Images du crucifix préfé-
rables en ivoire , 505;— IV, 329. — L'ivoire ciselé, employé à la cou-
verture des livres, 41, — à la crosse des évéques, 164.
Ivraie, symbole des méchants dans l'Église, II , 425.
Jacob (Le patriarche) naît avec son nom symbolique, 1, 40. — Nom,
symboliques donnés par lui à ses douze enfants, 44 ; — II, 108 et suiv. ;
— III, 441.— Mystère de ses mariages avec Lia et Rachel,Il,409et suiv.,
— de sa bénédiction sur Éphralm et Manassé , 452, 453 , 565 ; — IV,
16. — Consacre la pierre de Béthel , 111,267. — Associé à la sibylle
de Cumes, IV, 103.
Jacoponb (Le B.}, auteur du Slabai? II, 621 ; — IV, 254.
. Jacques le Majedb (S.), apôtre, symbolisé par la chalcédoine , II ,
379. — Témoin de la Transfiguration ; symbolisme de son nom, 532 ;
— celui de ses attributs, III, 145.
Jacques (S.) le Mineur. Son ÉpUre catholiquey II , 45. — Comment
il y définit la philosophie humaine, 249. — Symbolisé par la topaze,
382. — Il représente Tespérance, 673. — Son iconographie, III, 145.
Jamblique , philosophe platonicien du v« siècle > emploie le mot
symbole dans le sens de l'auteur, 1, 5.
Jansénisme, a souvent interprété l'Écriture sainte selon le besoin
de sa caase, II , 55. — Ses erreurs sur la grAce, 68. «^ Ses iiijustices
contre les légendes, 648, 649.
Jansêniub. Son Com)nentaire sur U Peniateuque, II, 95.
n
576 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Janssens (Hermann). Sod Herméneutique sacrée, U, 56.
Janvier. Explication du signe zodiacal qui s'y rapporte, et des
travaux qu'on y fait, III, 457.
Jardin , symbole de TÉglise , IV , 357. — Jardin fermé , symbole de
Marie et de sa virginité, ibid.
Jaspe, pierre précieuse dont la couleur verte symbolise la nature
divine toujours florissante, I, 321 , — II, 163, 165 , — et TespéraDce à
cause de sa couleur, 166. — Elle guérissait les maladies de langueur,
366, 667. — Exprime la durée de la vie étemelle, 367, 376, — la foi ,
la tribu de Gad et l'apôtre S. Pierre, 378. -^ Raison de cette dernière
signification, 616, — III, 289.
Jaucourt, encyclopédiste voltairien, dénature le beau caractère des
Pères de l'Eglise, II, 485, — et des sibylles, lY, 96.
Jaune ou Or, couleur symbolique du soleil ou Apollon, et de la Di-
vinité suprême, I, 302 ; II, 381. — Ses significations néfastes, I, 305, 317,
323 ; — ses règles d'opposition, 306, 323 ; — IV, 9, 14, 15.
Javelot ensanglanté , signe de guerre déclarée , chez les Romains,
I, 204. '
Jean-Baptiste (S.). D'où vient son nom 71, 40, 46 ; — III , 290. —
Feux de joie usités à sa fête, 310, — II, 644 ; — IV, 105, 181. — Sa
statue ou ses images dans les baptistère», III, 290, 291, 296 et suiv. ; —
IV, 93 , 94. — Baptise le philosophe Graton , III , 299 ; — prêche le
peuple juif, 300. — Pourquoi sa tête est rouge dans un vitrail de
Bourges, IV , 13. — Un de ses attributs est la nudité des pieds , 93,
94. -^ Associé, et pourquoi, à la sibylle Llbyque , 105. — L'hymne de
S. Jean Ut queant Iaxis, chantée encore sur l'air d'une mélopée grecque
du iv« siècle avant Jésus-Ghrist, 249.
Jean Chrysostome (S.)> Père du v« siècle, grand symboliste, II, 501.
— Ge qu'il dit du démon, III, 360,— de l'homme, comparé à un instru-
ment de musique, IV, 237.
Jean Damascènb (S.). Son drame de Suzanne, IV> 192.
Jean de Mâtha (S.) fonde la Rédemption-des-Gaptife, II, 618.
Jean de Mbung, second auteur du Roman de la Rose, II, 673 ; — III, 31 1.
Jean l'Aumônier (S.) envoie des secours en Palestine pour rétablir
les églises détruites en 615 par les Arabes, III, 51.
Jean l^Ëvakqéliste (S.)^ apôtre, vêtu d'une robe verte, symbole de
la charité , 1 , 320 ; — II , 355. — Son costume complet, 403, 450 . —
Symbolisé par l'émeraude pour la même raison , 379. — Raison de
son aigle symbolique, 44 ; — III, 145 ; — IV, 319. — Garactère de «es
trois ÉpUres , II , 46, — de son Apocalypse , qui est l'histoire prophé-
tique des trois premiers siècles de l'Église, 47, 141, 224. -^ Représenté
entouré de sept églises , 170. — La mort de Domitien finit son exil à
Pathmos , 212. — Assistant au Jugement dernier , 347. — Sa charité ,
347, 450. — S. Jean baptisant , 403. — Rapport entre son costume et
celui du Sauveur, 403. — Au pied de la croix , 448 , 450, 451 ; — lY j
TABLE GÉNÉRALE. 577
139 ; — mal renda ainii eo quelques tableaux du xvi* siècle. II, 491.
— Symbolise la cUarité dans le Paradis de Dante, 673. — Près de Jé«
sue-Christ, III, 45. — Son iuonographie, 145; — IV , 36, 319. — Il est
l'aigle des lutrins , 319, 320.
JBHAN (Prbstrb), légendaire du xii* siècle. Ses traditions menreil-
leuses, 11,367.
JÉHOVAH, nom de Dieu en hébreu. Sa représentation symbolique ,
1,53.
JÉBÉuiB prophétise les douleurs de Jésus-Christ et les malheurs de
Jérusalem, II, 41. — Ses chaînes symboliques envoyées aux rois, 103.
— Associé à la sibylle Cymmérienne, IV, 102. — Son costume au moyen
Age, 211.
JftRÔMB (S.). Ce qu'il dit du symbolisme des nombres et des signes
dactylologiques, I, 56, 121, 145, •— du jour du Sabbat, 450, 151, — du
symbolisme en lui-mdme, II, 6, — des cierges liturgiques , 489. — Son
Prologue sur tous les livres bibliques, 36 et suiv. — Sa science scrip-
turaire, 95, 96, 489. — Ce qu'il dit des cierges, 489 , — de Notre-Sei*
gneur comparé à Jonas, III, 467. — A un livre pour attribut, IV, 91,
375, — et un lion. 376. ~ Représente la nouvelle Loi dans la Vierge au
po%S5ùn de Raphaël, 376.
JÉRUSALEM. Quadruple allégorie qui se rattache & ce nom, II, 54. —
Prise dans un sens symbolique, 80. — Est la figure de l'Église, 112, 351,
368 et suiv., 414 et suiv.; ^ IV, 213 et suiv. ^ Avait eu quinze évêques
jusqu'à l'empereur Adrien, II , 186. — Figure symbolique du ciel , 351,
388; —III, 161. — Description merveilleuse qu'en fait l'Apocalypse,
II, 368 et suiv. — Ses dimensions symboliques, 374 , 375.— Son inté-
rieur, 385 et suiv.— Église du Saint-Sépulcre, et son symbolisme, III, 42.
Jesrael : sans miséricorde ; nom prophétique, II, 194.
Jbbsé, confondu avec Wichnou par M. Portai, I, 340. — Histoire comi-
que de cette confusion dans une verrière de Chartres, 342 ;— autre bévue,
IV, 142. — Symbolisme de VAîbre de Jessé dans une prose d'Adam de
Saint-Victor, 11,570.— Mal compris dans une verrière du xvi« siècle, III,
277, 278, — mieux dans une autre du zii*, IV, 18. — Opposé au péché
originel, lil, 318. —Ses spécimens remarquables» 572,— IV, 142. — Beau
modèle à imiter, 143.
Jésus-Christ accepte le nom symbolique de Samaritain, 1, 44 ; —II,
176,314,315.— Rguré par Jonas, I, 120,— 11,495,— III, 309, -IV, 6,116,
422, 469, —par Joseph, II, 633,— par le nombre 9, 1, 152,— par Salo-
mon, II, 633, — parNoé, III, 2, — IV, 122, — par Isaac, I, 229,— 11,86,
409, 563, 633.— La pierre du désert, 5, 69, 360. — Autres symboles qu'il
revêt, 11, 38,69, 86,99, 260, 384, 501.— Son costume dans l'Apocalypse,
150, 210, 260, 298, 402, 404. — Ses noms prophétiques, 58, 156, 170, 194,
315, 318, 397, 437, 456. — Couronné d'or, 260.— Arbre de vie, 392, 395.
— Revêtu de blanc, I, 298 , — II, 260, 298, 340, 404, — IV, 12 , — quel*
quefois de noir, par opposition, I, 301; — de jaune ou d'or, 302, 303;
— manteau violet , Il , 338 , 355 , 402. — Alpha et oméga , 1 , 303 (voir
T. IV. 97
^78 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Alpfut); — m, 311.— Véia de blanc et de rouge après sa résorrectiott,
1 , 309, 315 , 358 , — d'une robe blene pendant sa prédication, 315, —
IV, 13, — brune et violette pendant la Passion, 1 , 316, 335, 336, 344,
404, — verte pendant son enfance, 335, — IV, 0, 149, — bleue et rouge
dans sa vie humaine, I, 335, 336 , — II, 338, 3S5 , - ï V, 13. — Sons la
forme d'un Ange dans l'Apocalypse , II , 210 , 298 , 337, 371. — Jésus an
tombeau, d'après un bréviaire de Salisbuiy du xv« siècle, I, 312, 316.
— Lumière du monde , IV, 106. — Jésus-Christ, grand initiateur des
vérités étemelles, I, 319; — II, 159, 364, 388,499; — IV, 94.— N'est pas
né dans le péché, l,3i\. — Domine justement toutes les religions,
d'après Dupuis, 368. — Tout vient de Lui et s'y rapporte dans la reU-
gion par les symboles nombreux qui l'y expliquent, IL 11, 18, 54, «t,
106, 107, 231, 315, 364, 385, 410, 498, 516, 635 ; - III, 442, 467.- Ses aa^
cêtres bibliques sont autant de symboles de sa personne, aussi bien
que beaucoup d'autres personnages célèbres, II, 38, 159, 160, 397, 494,
535. — Il se montre lui-même dans les écrivains sacrés, 59 et suiv. 64*
81, 150, 388 ;- III, 467 ; - IV, 376. -Ne rien croire de Lui que d'aprte
les Apôtres et les Pères , II, 81. — Quelques acUons symboliques de la
vie du Sauveur, 72, 410— Pierre angulaire de l'Église, 370 ; — ffl, 111;
— IV, 80.— Son antagonisme avec Satan, II, 231, 324, 337;— 01, 374.—
Figures bibliques du Sauveur sacrifié, II, 99, 171.— Pourquoi nommé
Fils deVhommA, 150.- Symboles de son humanité, 151; — m 483- —
rv, 12. — Type futur de tous ceux qui sauvent Israël dans l'ancienne
Loi, II, 516; — III, 309. — Nimbes variés dont on le pare selon lescir-
constances, II, 338, 346, 404, 458. - Son auréole elliptique , 153 299
404; - IV, 82.- Caractère de sa Divinité, II, 314, 316, 388; - UI 334 et
suiv. — Son nom inconnu dans l'Apocalypse, H, 155, 158, 185. 315 316,
318 340, 353.- Etoile du matin, 156, 397. - Qef de David, 153. (Voir
CUf.) — Agneau immolé, ouvrant seul le Livre des sept sceaux 171
450. — Vainqueur des ennemis de l'Église, 266, 291 315, 324 338 —
Un avec son Père, 171, 173, 187. - Homme-Dieu, 172, 393. - Sa pres-
cience, 172, 388. — Les sept attribute de sa sainlelé , 173 , 174. — Son
triomphe sous les traite du cavalier de l'Apocalypse , 174 et suiv., 315
?« xTo ^'•*»7,°^y»îi<ï^«> in, 519. - Verbe de Dieu , n . 316. - Orient.
III, U2 ; - ly, 105, 124, 219, 220. - Époux de sang. II, 456.- Il est lé
bonheur des Sainte dans le ciel, 185, 188, 404 ; - essuie leurs larmes,
355. — Opposition du démon à sa naissance dans les Ames, 231. — Son
sceptre de fer, 231 , 317. - Ses deux natures, symbolisées par le lion
et 1 agneau, IV, 18. - Jésus-Christ est l'Orphée des catecombes (voir
Orphée). — Juge du dernier jour, II, 260, 313, 336, 340, 346 ; — III, 141.
— Sa croix triomphale nimbée de rouge croisé de blanc, II, 338 ; - IV,
106. — Poisson symbolique (voir Poisson)* — Pourquoi il mesure la
Citésainte du ciel, n, 371. - Il est la porte du royaume éternel, 384 ;
— m, 133, 286.— Lumière de son corps glorieux, II, 386 et suiv. 404.
-Ouvre seul le Livre de vie, 388, 450.-Ce Livre mis presque toujours
en ses mains , 450 ; - IV, 126. - Sa fuite en Egypte, m, 334 ; - IV,
104. — Son cœur frappé de droite à gauche par la lance de Longin, D,
436, 456, 458, 565. — Conséquences symbolistiques de ce fait, 561 —
Comparé k un ver de terre) pourquoi, 491. - Prédît d*avance dans la
TABLE GÉNÉRALE. 579
peraoïme du prophète Elisée, 516, — et dans celle d'Élie, 517 et suiv.
— Lumière étemelle , III , 71 ; — IV> 105 , 184. — Son Image devant le
palais des rois, III, 133, ^et aux façades des églises , 141. — Lion de la
tribu de Juda, 134, 453, 481. —Griffon, 354, 466. —Répandant la lumière
sur les Apôtres, 142 ; — IV, 105. — N'est plus respecté, même dans les
églises, 111, 287 et suiv.— Vrai Dieu et vrai homme, 414.— Type artis-
tique de l'Enfant Jésus , 420 et suiv. — Jésus-Christ symbolisé par la
panthère, 507, — par l'fine , pour les bonnes qualités de cet animal, IV,
217. — Pourquoi il a pris paîfois les traits d'un laboureur ou d'un jar-
dinier, III, 452, — et du Bon Pasteur, 469. — Autres types nombreux,
467, 519; — IV, 12 , 80 , 94. — Son costume et ses attributs habituels
dans l'art chrétien, 119, 120, 141. — Barbu ou imberbe, 120. — A4ril
un type de laideur convenue ou de beauté surnaturelle ? 129. — Type
de sa face nimbée, aux catacombes, 132. — A quelquefois, quoique en-
fant, les traits de l'Age mur sjrmbolisant la raison parfaite, 140.— Coïn-
cidence de sa nativité avec la course ascensionnelle du soleil , 184.
Autres types nombreux , 218, 221 . — Comment est symbolisée sa vie
pénitente sur la terre, 223. — Son caractère de juge faussé par Michel-
Ange , 362 , — et par Orcagna , 365 et suiv. — Il est le bon Samaritain.
(Voir Agmeac, Cavalier, Lion, LumiaK, Messie, Nimbe, Orient,
Samaritain.)
Jeudi saint. La communion générale du clergé y est un reste des
drames liturgiques du moyen Age, IV, 197.
Jeûne, symbolisé par les nombres 4 et 40, 1, 126.
Jêzabel, symbole de la persécution antireligieuse cruelle et obstinée,
II, 156.
JoACHiH, époux de Suzanne, figure de Jésus-Christ, II, 479.
Job , Tun des livres bibliques. Objet de ce livre; Job symbolise les
douleurs et la patience du Sauveur, II, 39. — Expliqué par S. Grégoire
dans ce sens, 102, 518, 519. — Avait des connaissances astronomiques,
III. — Image des Justes persécutés par Satan et gardés par Dieu ,
236; — IV, 30. — Adjoint à la sibylle Phrygienne pour ce qu*il dit de
sa propre résurrection, IV, 106.
Juin VILLE (Le sire de), historien de S. Louis. Ce qu'il dit de S. Louis
et de sa peur du diable, III, 360.
Jonas, figure de Jésus-Christ, 1, 120; — II, 495; — IV, 16, 106, 469. —
Son image date des temps primitifs aux catacombes, 500 ; — III, 46. —
Adjoint à la sibylle Phrygienne, 106.
Joseph (S.), époux de la Sainte Vierge. Convenance de lui consacrer
la chapeUe absidale du côté sud dans nos églises, III, 207. — Tient la
bride de l'Ane dans la fuite en Egypte, 334. — A un lis pour symbole,
544.
Joseph (Le patriarche). Signification symbolique de ce nom, 1, 44.-*
Vendu par ses frères, allégorie de Jésus-Christ, II, 51 ; — FV, 103. —
Symbolisé par la tierge du Zodiaque, II, 110.— Sa vision symbolique,
110. — Figuré par la chaleédoine pour sa miséricorde , 379,
580 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
JosÂPHE^ historieu juif, utile pour l'hUtoire des symboles de sa na-
Uon, II, 95, 108.
Josu ou Osée signifie sauveur; pourquoi, I, 44; — 11, 58, 5âl. —
But et contenu de son li^re historique daus la Bible, 37.
JouARRE, abbaye de la Brie ; crypte du iv* siècle. Ses poissons sym-
boliques, III, 331, — et ses autres motifs, IV, 423.
Joug, symbole de captivité, I, 203; — de Jésus-Christ, puis de
soumission et d'obéissance morale, 11,231.
JouHET, village du Poitou (Vienne); ancienne chapelle funéraire. Ses
peintures du Dict fies trois vifs et des trois morts, III, 90. -^ SépuHuie
des Moussy de La Contour, 91.
Jour. Comment il doit être symboliquement ménagé dans les églises,
m, 189.
Jourdain, fleuve de Palestine ; symbolisé dans la prose de CAne, lY,
221.
JoviNUS, général chrétien des armées de Julien TÂpostat au iv« siècle.
Description d'une chasse symbolique sculptée sur son tombeau à Reims,
II, 509 ; — III, 88.
JuBAL, inventeur de la musique instrumentale, I, 65. — Autres per-
sonnages auxquels cette invention est attribuée, IV, 259.
Jubé. Son histoire; ses positions diverses, III, 217.— Jubés symbo-
liques de Ravenne,218; —celui de Saint-Étienne^u-Mont, à Paris, 219.
— Souvenirs symboliques qui se rattachent aux jubés, 219. — Utilité
de les rétablir dans les églises modernes, 219.
JuDA, 61s de Jacob, symbolisé par le Lion du Zodiaque et par Jésus-
Christ, II, 109, — par l'émeraude, 379.
Judas Isgariote. Sens allégorique de ce nom , 1 , 43 , — de sa robe
jaune ou bleue, 305, 317, — de ses cheveux roux, 307.
JuDB (S), apôtre, autrement Thaddée, auteur d'une des Épîtres ca-
tholiques. But et caractère de cet écrit, II, 46. — Symbolisé par la chry-
soprase, 382. — Ses attributs iconologiques, III, 148.
Judith, sainte femme. Son histoire, objet d'un des livres de la Bible;
figure de la Sainte Vierge, II, 39, 54.
Jugement de Dieu contre les ennemis de l'Église primitive, II, 165,
182. — Jugement du Sauveur traduit sur les façades des églises, 169,
191 , 343 et suiv., 638. — C'est aussi le jugement dernier , 183. — Pro-
phètes qui en ont parlé, 183, 260. — Description par l'Apocalypse, 260,
313, 343 et suiv. — Toutes les conditions de la société y sont représen-
tées, 344; — III, 141 ; — IV, 461.— Le jugement figuré en diverses pa-
raboles, II, 423, 424, — aux modillons des églises, III, 318.— Gomment
Satan y figure à la cathédrale d'Amiens, 366. — Comment Michel-Ange
en a dénaturé le caractère solennel, IV, 362, 364.^ Celui d'André Orca-
gna, 365, 366 ; — celui d'Ange de Fiésole, 368.
TABLE GÉNÉRALE. 581
JcoBS , dénoinloation générale donnée aux grands et aux princes
chez les Juifs, II, 28.— Nom de l'un des livres historiques de la Bible;
son objet et son symbolisme, 37.
JuiFtf, acceptent la science des noms symboliques comme venant de
Dieu, 1, 99.— Les Juifs modernes ; idée de leur Talmud, 173 et suiv.;—
II, 96.— Leurs anciens usages, 189.— Leur influence sur la philosophie
de Pythagore, 279. — Usaient du symbolisme des couleurs, 294. — Ont
gardé l'esthétique divine aux autres peuples, 348. — Ensemble de leur
histoire dans les livres de l'Ancien Testament, II, 36 et suiv.— Aveuglés
par leur orgueil sur Jésus-Christ et sa venue, 67, 70. — Leurs connais-
sances astronomiques, 110. — S'opposèrent tout d'abord à l'Évangile,
154.— Ce que le Christianisme a gardé de leur Loi abolie, 164.— Leur
ruine prédite dans l'Apoca'ypse, 176.— Juifs convertis; mêlés de toutes
les nations, 186. — Accablés de maux sous Trajan et Adrien, 192, 193 ,
19 i.— Fauteurs des premières hérésies, 198 et suiv.— Toujours opposés
par aveuglement au Christianisme, 410, 446. — Leur conversion pré-
sumée à la fin des temps, 445, 452, 563.— Toujours hais des chrétiens,
446. — Leur répudiation prédite par Job , 489. — En quoi ils préfigu-
raient le Sauveur, IV, 221.
Juillet. Comment désigné dans le Zodiaque, III, 458.
Juin. Ses caractères dans les zodiaques chrétiens, III, 458.
Julien l'Apostat. Sa guerre au Christianisme, II, 148, 247, 251. —
Son caractère , ibid, — Aidé des sophistes de son temps , 249 , 250 ,
251, 252, 254, — et des magiciens, 271, 274. — Sa mort malheureuse,
277.
JuNKER. Son traité des DivinUès ailées, I, 286.
JuNON. Convenances symboliques de ses temples, 1,225, 227,— et de
leur pose exceptionnelle, 285.
Jupiter. Origine et étymologie symbolique de son nom, 1, 80, 308;—
IV, 13. — Fausse donnée de Winckelmann sur la ressemblance de sa
tête et de celle d\\ lion, 1, 49.— Pourquoi on lui attribue l'étain comme
symbole, 60. — Origine de son surnom d'Ammon, 79 et suiv., 314. —
Comment le paganisme lui donne tous les attributs du Dieu unique,
81. — Son image antique revêtue de tous les symboles qui le caracté-
risent, 82, 169, 368. — Ses rapports avec l'Osirisdes Égyptiens, 88. —
Symbolisme de ses temples, 226, — en divers lieux, 229. — A l'aigle
pour attribut, 81, 169, 233. — Analyse du Jupiter Olympien de Phidias,
256. — Jupiter Sérapis, 267. — On lui consacra le chêne, 268. — Esthé-
tique de sa statuaire chez les Grecs , 285. — Peint d'une carnation
tirant sur le brun, 293. — Fête commémorative de son triomphe sur
les Titans, 298. — Le rouge, une de ses couleurs, 308.
Justes de l'ancienne Loi (voir Saints).
Justice, vertu symbolisée par le nombre O, I, 150. — Justice de
582 UlSTOiRE BU SYMBOLISME.
Dieu sar les méchants; comment symbolisée, II, 264.— La Jostice féo-
dale rendue dans le parfis des églises, III, 133, 134.
Justin (S.), apologiste da IP siècle. Ce qu*il dit du dimanche et du
baptême, II , 20. •— Idée de son Apologie à Antonin,ei du caractère
symbolistique de ce livre, 477.— Il décrit la messe du dimanche , IV,
155, 179.
JusTiNiEN (L'empereur) indique dans ses NovelUs diverses particn-
larités de la construction normale des églises, III, 68.
K
KEPLER. Son tombeau symbolique à Ratisbonnei I, 54.
KiRGHBR (Le P.)* Son interprétation supposée de la Table Isiaqne ,
1,86.
Kyrie elbYson , introduit dans la liturgie de la Messe par le pape
S. Grégoire le Grand au vi« ou vii^ siècle. Sa raison symbolique , IV ,
157. — Symbolisme de sa notation, 246.
L
Labarte (M.), auteur de rf^ts^otftf de V orfèvrerie d&ns Le Moyen Age
et la Renaissance ; mérite de cette œuvre, IV, 296, 307.
Lad ARUM , étendard de Constantin, II, 148.— Julien l'Apostat en efface
le Ghrisme pour y mettre sa propre image, 251 .
Labyrinthe , ornement symbolique du pavé des églises au moytm
Âge. Son histoire, son but , et comment remplacé , III , 156 et suiv.
Lacroix (M. Paul), dit le bibliophile Jacob, Sa singulière interpré-
tation d'une gravure de l'arbre de Jessé, III , 278. —Sa coopération peu
théologique au livre Le Moyen Age et la Renaissance, 395.
Laïcisme. Les prétentions des laïques dans les affaires de l'Église
sont une des causes de la dégradation de l'art chrétien; preuves et
raisons de celte vérité, III , 192, 193 et suiv., 196 et suiv., 198, 278; —
IV, 229 , 230, 231. — Exceptions honorables, III, 238. — A fait beau-
coup de mal & l'Église par les bénéfices et la simonie, IV, 35 et suiv.
Laideur , ne peut être donnée systématiquement an t3rpe fada! du
Christ que par un faux système qu'il faut éviter, IV, 129.
Laine. Ses symbolismes variés, III , 233, 269.
Lamartine (Alfonse de). Gomment il cherche à symboliser, en 1848,
les fêtes de la révolution, IV, 189.
Lambillote (Le P.), de la Compagnie de Jésus. Ses travaux snrle
chant grégorien, dont il retrouve la notation dans des manuscrits du
TABLE GÉNÉRALE. 583
moyen Age^ IV^ 248, 249. -~ S'eat serri d*im antiphonaire de Guy d*A-
rezzo, 250.
Lampes. Sept lampes allumées devant le trône de Dieu, U> 163.—
La lumière de Dieu, lampe du ciel, 386. — Lampe de bronze , barque
de S. Pierre, 430. — - Lampes symboliques des sanctuaires, III , 84, 228;
^ IV, 160, 326.
Lance, symbole de Pallas, 1 , 58. — La Sainte Lance solennisée par
rÉgiise en souvenir d*une des scènes les plus significatives de la Pas-
sion, II , 434, 435. — Symbolisme de ce mystère, 522.
Lanfrang , abbé du Bec au xi* siècle. Ses travaux sur la Vulgate ,
II , 553.
Langage (voir Parole).
Langlois (L'abbé) , chanoine honoraire de Rouen. Ses recherches
sur la bibliothèque de la métropole de cette ville, IV, 213 et suiv.
Langlois de Bélestat, ^pudunais. Ses ouvrages sur le symbolisme,
1,96.
Langue séparée de la bouche, symbole du goût, de la sapidité, 1, 95.
— Langue tirée d'une bouche grimaçante, symbole du blasphème, II,
269, — et de mensonge, JII, 368 ; — IV, 461 . — Triple langue donnée à
Satan, et pourquoi, ilnd. — Langue double, symbole de perfidie, 462.
Langl^s parlées , ont un genre de symbolisme qui s*exerce par la
plupart de leurs substantifs , I, 27, 34 et suiv., 38 et suiv. — Confor-
mité de l'hébreu et des autres langues orientales , 35. (Voir Noms
propres.)^ La plus ancienne langue est sans doute la langue hébraïque,
36. — Symbolisme de l'alphabet hébreu, 37 et suiv. — Parallèle des
langties de V Europe et de Vlnde^ 36 et suiv. — La confusion des lan-
gues contribue à l'établissement de l'idolâtrie, 77. — Le don des lan-
gues fait aux Apôtres selon le besoin de leurs missions, II , 34, 467. •—
L'Église a dû se faire une langue à elle pour le besoin de son enseigne-
ment théologique, 472, 473; — • III, 406.^ Commencements de la langue
française au x' siècle, II , 538. — Comment la langue latine 8*enrichit
an xii« siècle de termes devenus nécessaires & l'expression du symbo-
lisme, 558; — IV, 431, 433. — Les langues moins chastes d'expression
aux époques plus pures dans leurs mœurs , III , 405, 406, 415. — Né-
cessité d'une technologie absolue pour les sciences et l'hygiène, 406.
— Les langues mortes moins timides quant & la chasteté du discours ,
413. — Spécimen du langage français de 1790, appliqué au symbolisme
révolutionnaire, IV, 188.
Lanternes des morts. Ce que c'est; fausses opinions réfutées, III ,
83. — Lanterne, attribut de la sibylle Llbyque,IV, 105, •- et de la Per-
sique, ibid.
Laodigée, une des sept Églises de l'Apocalypse, II, 159, 275.
Larrons crucifiés auprès de Jésus-Christ. Leur iconographie, II, 459,
463. — Images des Juifs et des Gentils, des justes et des pécheurs, 459.
— Pourquoi sont sur la croix sans clous ni autres .attaches, 464.
584 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Latini (Brunetto), maître de I>ante. Idée de son Te$auretto, et de son
symbolisme, Il , 671.
Laurent (Frère) , dominicain du xm« siècle. Sa Sf^mme des péchés
capUauw, fondée sur le symbolisme de la flore murale, III, 527.
Laurier, symbole de la prudence, 1, 209, — de la gloire poétiqne,
II , 668, — de rimmortolité chrétienne, III , 85 , 523 ;— consacré à Diane,
I , 230,— à Apollon, 233, 268.— Couronne de laurier donnée & la sibylle
Erytbréenne, IV, 103.
Lavatbr. Son système de physiognomonie appliqué au symbolisme,
III , 446.
Lazare symbolise par sa résurrection le pardon donné à l'âme péni-
tente, II, 534. — Figuré sur une épitaphe des catacombes, III , 86.
Lebrun, peintre français. Histoire de son chardon, I, 277. — S'est
inspiré des traditions du moyen âge dans son Baptême du Christ, III,
297.
Lboanu (M. rabbé), auteur de y Histoire de Satan, nie l'enseigne-
ment mystique des sculptures symboliques de nos églises, III, 123.
LiGBNDBs. Leur origine, n, 26, 300, 650 , 653, 654. — Sources où en
étudier l'esprit, 644, 646. — Qu'on ne les trouve pas dans l'iconogra-
phie religieuse aux xi* et xii* siècles, IV, 449, 465. — Abus que font de
leur emploi dans l'art chrétien les artistes des xiv* et xv* siècles, II, 26
et suiv. — L'Église n'exige pas qu'on les croie de la même foi due à
l'ËTangile, 656, 658. — Mal interprétées fort souvent par nos littéra-
teurs modernes, 27, 651 et suiv. — Le meunier de Mortain, 27. — La
Chasse-Gallery, 27. — Les sorciers et revenants, 300. — Les sept dor*
mants, 653.— Les S*** Foi, Espérance et Charité, 654.— S. Paul, ermite,
658. —S. Ambroise, 658. — S. Barthélémy, III, 366. — S. Taurin,
évéque d'Évreux , 369. — La Vierge fleurie de S. Joseph , 543. — La
Légende dorée , hagiographie de Jacques de Varaze; idée de ce livre ,
II, 647 et suiv.; — défendue contre les naturalistes du xvu« siècle et de
notre temps, 650. — Ses premiers critiques , 65'Z. — Sa traduction par
M. Brunet, 655. — Quelques légendes peuvent n'être que des visions de
Saints, 661. — Légende du cheval volé, sur un chapiteau de Rolduc,
III, 189 ; — de S** Gudule et de S** Geneviève privées de leur lumière
par le démon, 372; -^ de la Grand'Goule de Poitiers, 391, 393; — IV,
44.— Les légendes, source fréquente des sculptures historées, III, 259,
S72, 373.— L'art ne peut s'en passer, 545. — Elles inspirent souvent les
drames du moyen &ge, IV, 202.
Lbnormand (Charles), membre de l'Institut. Ses fausses idées sur
l'emprunt des symboles chrétiens aux sectes hérétiques, I, 177 , — n,
5, — sur la prétendue anarchie monumentale du xi* siècle, III, 28. —
Ses rapprochements erronés entre l'auteur et M. Woillez à propos du
symbolisme des aroldea, 533. — N'a pas été infaillible dans ses opi-
nions archéologiques, 534; — IV, 4Î52. — Ce qu'il pense du symbo-
lisme du fauteuil du roi Dagobert, 294.
TABLE GÉNÉRALE. 5S5
LÉON, un des ancieDs royaumes de l'Espagne. Ses armoiries parlantes,
IV, 175.
LÉON X (Le pape). Son amour des arts et des lettres, IV, 382.
LÉON LE Grand (S.)> Pape et Père de l'Église au v« siècle. Caractère
symbolistique de ses écrits, II, 499. •— Pourquoi il interdit provisoire,
ment Torientatiou des églises suivie jusqu'à lui, III, C8.
LÉON risanrien. Ce que lai écrit le pape S. Grégoire II sur les saintes
images, IV, 51.
LÉOPARD. Son symbolisme , II, 245, 246. — Sa queue entrelacée, IIl,
344. — Léopard hybride de l'Apocalypse, II, 244 et suiv. — Le même
animal que la panthère, IIJ, 506, 507. — (Voir Panthère.)
LÈPRE, maladie, symbole da péché; pourquoi, III, 360.
Lesueur, le Raphaël français. Son Saint Bruno ; beautés et défauts
de cette célèbre composition, IV, 379.
Levant (voir Orient).
LÉvi , autrement IfANASSÉ, un des ftls de Jacob; symbolisé par les
gémeaux du Zodiaque avec son frère Siméon, II, 109, —par la sardoine,
379. — Mystère de la bénédiction qu'il reçoit de Jacob, 452, 453.
Léviathan, nom symbolique du démon dans Job, III, 361. — C'est
aussi la baleine, 499.
Lévitiqub. Ce qu'est ce livre historique de la Bible, II, 37, 97, 98. -—
Sa distinction symbolique des animaux purs et impurs, III, 442.
Lévrier (voir Chirn).
Lézard, symbole de l'idolâtrie, III, 446, — et du démon ; pourquoi ,
IV, 324.
LiRAN, montagne, symbole de la chasteté, III, 102.
LiRBRGiBR, architecte de la cathédrale de Reims. Symboles gravés
sur son tombeau, III, 88.
LiGiNiUB persécute le Christianisme, et y succombe, II, 238, 239,
246.
Licorne. Sa valeur héraldique, 11,546. ^Symbole de la chastetéi III,
155, 251. — Se réfugie entre le3 bras d'une vierge, 459 ; — IV, 41.
Lier ou Délier. Sens symbolique de ce mot appliqué au sacrement
de Pénitence, II, 534.
Lierre, attribut de Bacchus, 1, 84. — Symbole de la jeunesse éter-
nelle et de la charité constante, III, 564. — Employé surtout au xiv« siè-
cle, 566.
Lièvre, symbole de la faiblesse, I, 258, — de la timidité, II, 511 et
suiv.^ ^ de l'àine pru lente fayant devant \eè tentations, III, 126.
Liouoé, village prèi Poitiers, premier séjour de S. Martin de Tours,
II, 493.
Limaçon , symbole de la résurrection , IV, 37, 38 , 39.
586 HlSTOiRB DU SYMBOLISME.
LiMBBSj lieu mystérieux oà les Saints de l'ancieime Loi attendaknt
pour aller au ciel, la yenue de Jésus-Christ, et où Tont les enfante
morts sans baptême , II, 355.
Limoges, capitale du Limousin, n*a guère trayaillé à rorfé^rerie qne
depuis le temps, de S. Ëloi, lY, 291, 293. — Réputation de ses aleliert à
partir de ce temps jusqu'à la fin du zviii* siècle» 292.
Lin. Sa blancheur symbolise la pureté : il est donc donné pour yête-
ment à Dieu , 1 , 297, — à Jésus-Christ (voir ce mot) , — à TEglise , II,
312 y 313, — au sacerdoce, I, 299, —II, 315,-111, 269,— lY, 169,— aux
autels, m , 269 , — IV, 157.-11 symbolise la terre , H, 95. — Indis-
pensable à certains linges de l'autel ou du prêtre, lY, 169.
Linas (M. de), archéologue artésien. Son avis sur le calice de Chelles,
donné par S'* Bathilde à cette abbaye, lY, 293.
LiNTEUM (voir Perizonidm).
Lion. Winckelmaan fait à tort de la tête de cet animal le type da
Jupiter Olympien , 1 , 49, 234. — Symbolisme du lion zodiacal , 58 ,
95, 235 ; — III, 458, 462. — Exprime la force et la royauté, I, 81, 201, 202,
209; — m , 134 ,382; — lY, 175 , 294. — Ses siguiflcaUons hiérogly-
phiques chez les Egyptieus , 1 , 95 , 235 , 236. — Ce qu'il fait à la porte
des temples anciens, 234 , 237, — et des églises, 236 ; — III, 133, 134; —
lY, 453. — Supportant des colonnes , 1 , 235; — III , 134, 135 , — et des
chandeliers , lY, 325. — Sur les tombeaux , III , 81 , 1^4 , 301. — Sym-
bole de la vigilance , 1 , 235 , — III , 463, — de la force, 1 , 258 , — de
l'orgueil , II , 671 , — de la justice , III , 133 , — lY, 294. — Ornant les
trônes et les sièges royaux de Salomon , 1 , 236 , — III , 134 , 136, — et
d'autres, 382, — lY, 294. — Les lions de Chéronée et de Waterloo,
I, 268; — celui des. Marc, II, 44 ,174 , — lY, 80,— de Samson,in,
34, 448. — Jésus-Christ est le Lion de la tribu de Juda , II , 109, 171,
210 ; — III , 134 ; — lY, 16 , 18 , 80, 437. — Traits de ressemblance avec
Jésus-Christ , d'après Tbéobald , III , 481. — Le lion , figure de la féro-
cité sanguinaire , II , 245 , 246 , 294 , 498 , 601 , — III , 369 , 446, — da
démon , II , 309, 601, — III , 34 , 135 , 344 , 361 , 382 , — lY, 326, — de
l'âme forte , III , 126. — Symbolisme du lion d'après les physiolognes,
463 , 481 ; — lY, 453. — Toujours pris en bonne part dans les armoi-
ries , II , 540 , 546 ; — III , 134 ; — lY, 175. — Sous les pieds des rois ,
m , 134 ,301. — Écrasant un serpent ou un bouc , 134. — Servant de
piédestal à des statues , 136 , 301. — Adorant le hom ou arbre sacré ,
530; — I Y, 173. — Sens de la formule inier Uones, III , 136. — Lions
forçant des hommes à se jouer avec eux , lY^ 437. — Lions léchant les
pieds d'un homme ou introduisant leur langue dans les oreilles , sym-
boles des tentations diverses , III, 138 , 139. — Queues de lions entre-
lacées , 344. — Les attributs symboliques du lion dans le petit poème
de Théobald , 480 et suiv.; — lY, 294. — Comment ils conviennent au
Sauveur, 111,483; — lY, 80, 294. — Symbole héraldique du royaume de
Léon, 175. — Le lion confondu parfois dans l'Écriture avec la panthère,
294. — Pourquoi il est l'attribut de S. Jérôme, 376. — Lion terrassé par
un évêque , 437. — (Yoir Jéscs-Ghrist , Zoologie.)
TABLE GÉNÉRALE. 587
Lis, symbole de pureté , I^ 205 ; — II, 588, 641 ; —III , 543 , — de
Marie, II, 647 ; — III, 36, 540, 541, 542 ; — IV, 90. — Image du Jaate,
340,— de Jésuft-Christ, 541, 542, — de l'Église, 542, —de S. Joseph,
543. — Origine de cette fleur sui* les armes de France, I, 205 ; — III,
545 et suIt. — Controverses à ce sujet, 546 et suiv. — > Employé avec
profusion comme ornement , III , 540 ; — lY, 175. — N'a jamais eu
pour principe les formes de la pomme de. pin, III, 532, 540, — ni
pour but de représenter un obsconuif 533. — N'a pas ^opposition à ses
significations, toujours fayorables, 541.— Combien ces significations sont
nombreuses, 541. —La fleur de lis ornant la couronne de Frédégonde
et le sceptre de Dagobert I«', 548 et suiv., — et de Charles le Chauve,
549. — Louis VII les met sans nombre sur son écu, 550, — aussi bien
que S. Louis et Philippe- Auguste, IV» 175. — Charles VI les y réduit à
trois, tMd. — Symbole de loyauté et de bravoure, t'Md. — Varia-
tions de ses formes aux diverses époques de la monarchie, III , 550 et
sniv.- La fleur de lis passe des écussons armoriés aux objets d'art et
à ceux du culte; raison de cette extension , 551 ; — IV , 175. — Les
pétales latérales formées de deux dauphins, III, 552. — On doit repro-
duire les fleurs de lis dans la sculpture monumentale d'après la forme
de leur époque, t^id.- Grossières persécutions que la stupidité révo-
lutionnaire lui a imposées, 553. — Le lis symbolise la virginité , IV , 90.
LiTTéRATUHB bibUque. Son style original , vif et coloré , I, 63, 216;
—II, 121 et suiy., 414. — Ses développements dans les écrits des Pères,
470.— An Xi« siècle et au xiis III , 248 et suiv.; — IV, 218. — Litté-
rature française ; influence de son action au moyen Age sur l'art plas-
tique , III, 346. — Licences données à la poésie par la création de mots
nouveaux ou de constructions originales , 487, 493, 509. — Ridicule
des cicéroniens du xvi« siècle, et abus de la littérature païenne dans le
langage de l'Église, IV, 381, 382,384.— Beautés classiques du zvii« siècle,
393. — La littérature reçoit de la Rennaissance un caractère profane
et irréligieux , 399 et suiv.
Liturgie catholique, est pleine de symbolisme , 1, 141, 330; — II,
11 et suiv., 317, 368 , 428 , 476 , 500 , 641. — Ses origines, IV, 149. — Li-
turgie des premières assemblées chrétiennes, II, 197, 468, 500, 505 ; — IV»
149, 150 , 154 et suiv., 1*56. — Ses origines dans celle des Juifs , III, 42 ,
561 ; — IV, 149. — Fondée par les Apôtres, 155, 156.— L'Église a utilisé
beaucoup de symboles païens pour la liturgie, II, 509; — III, 554. — Li-
turgie païenne , souvent incomprise des prêtres eux-mêmes, I, 193. —
Celle des Juifs avait toujours ses enseignements mystérieux, 193; — II,
90 , 93, 97, 98, 107; — III, 42. — Sa raison d'être , II, 91, 477. — Liturgie
romaine, pourrait être perfectionnée en beaucoup de points , 68, 686 ;
— a souvent varié , 843 ; — IV, 153. — Origine de l'usage d'étendre les
bras en priant , II , 92 ; — importance de ce symbole , 486. — Aveu des
protestants sur la liturgie , 107, 383 ; — IV, 149. — Le voile étendu sur
les mariés , 153. — Origine de la liturgie espagnole ou mozarabique ,
n , 525. — La procession des Rameaux , III , 562. — La procession des'
baptisés aux fonts , le jour de Pàqnes, II, 395. — Le cierge pascal, 525.
— Bénédiction de la rose d'or, 1 , 330, — IV, 179 , — de la première
588 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
pierre des églises (roir Églises). — Le signe de croix , II , 201. — I>e
TencensemeDt de l'autel au commencement de la Messe , 615. — : Beaatés
de Ifi prose des Morls, 72. — Détails et analyse; son auteur, 636 et
suiy.; —IV, 107.— Prose ou séquence de la Sainte Vierge, qu'on y com-
pare aux pierres précieuses, II , 368 ; — celle de la Dédicace, 388. — Les
sept chandeliers à l'autel de l'éfêque , 150. — Choix du côté nord pour
certaines cérémonies , 443. — Beantéts littéraires de l'ancienne liturgie
française ,450. — Cierges pendant le chant de rÉvangile au iv* sièele,
489. — Office du Saint-Sacrement , et ses beautés, 634; — III, 537. —
VAUeluia aboli pour le temps du Carême, Il , 525. — Proses de la
Messe trop oubliées dans l'Office romain, 569, 570. — Affinités de la
liturgie et du symbolisme , 581 ; — III, 42 , 431 ; — IV, 153. — Cordon
du costume sacerdotal , II, 662. — Livres liturgiques , sources de sym>
bolisme : Pontifical romain ; notions sur ce livre , in , 76 ; — IV, 158;
— Cérémonial des ÉvêqueSy III, 195, 225, 226 ; —IV, 158.— Leurs inter-
prèles, 159. — Livres d'Offices, eucologes , séquences, etc., III , 353 et
suiv.; — IV, 183. — Beautés symboliques de leurs reliures, 40 et sniv.
— Beauté des prières liturgiques pour la bénédiction des cimetières ,
III, 99, —pour celle de la première pierre, 111, 391.- Origine et raison
mystique des octaves des fêtes , 109. — La Sainte Réserve conservée en
un seul tabernacle dans chaque église, 495. — Comment la flore mystique
pare les tabernables et les autels, 557. — Ordre gardé entre les hommes
et les femmes dans l'église , 205. — Consécration des autels , 263 et
suiv., — du Saint Chrême , 560 et suiv. — Pourquoi le signe de la
croix est si usité dans la liturgie ; son symbolisme , IV, 158 et suiv.—
Prières symboliques pour chaque partie des vêtements épiscopaux
ou sacerdotaux , 167 et suiv. — Couleurs liturgiques de ces vêtements
pour chaque fête, 176 et suiv., 178 et suiv. — Regrettables modifica-
tions iutroduites dans la liturgie, qu'on n'a pas assez respectée en
France dans ses usages antiques, 178,185,277, 320. — Divisions
de la hiérarchie liturgique dans l'Office romain et dans l'Office français,
178 et suiv. —Réformes désirables dans le chant liturgique , dénaturé
du chant grégorien, 273 et suiv. — Écoles de liturgistes laïques vou-
lant tout reporter aux usages de l'Église primitive, sans égard aux déci-
sions rendues dans le cours des siècles , 323. — Chant de VExsullel
pour la bénédiction du cierge pascal, attribué à S. Augustin, 325. —
Influence de la poésie païenne de la Renaissance sur la poésie litur-
gique depuis le xvi« siècle , 381 , 382. — (Voir Chant GRÉGoaiEii ,
Cloches , Oémonologie, ËzoacisHES , Fêtes , Vêtements sacebdo-
TACX.)
Livre symbolique où s'écrivent les bonnes et mauvaises actions , II ,
72 , 342 , 346 , 450, 637.— Livre mangé par Ezéchiel , 103.— Livre écrit
dedans et dehors dans l'Apocalypse , 170. — Un livre ouvert toujours
placé aux mains des deux premières Personnes de la Trinité , 197, 402 ,
450 ; — IV, 90. — Livre doux à la bouche et amer au cœur. H, 211. —
Livres portés par des disciples de Satan, 229. — Différence symbo-
lique entre le livre ouueH ou fermé, 347, 450; — IV, 90. — Livre de
vie , II , 388. — Livre scellé sept fois de l'Apocalypse, 402. — Les Élus
TABLE GÉNÉRALE. 589
munis du Livre de la vérité, 405; ^ IV, 356. — Livre donné aux Apô-
tres , II , 450 ; — lY , 90 : •— doit être rouge , 13 ; ^ à la Synagogue ,
II , 460^ — aux solitaires , IV, 91. — Livres où sont effacés les péchés
de S. Genès au moment de son baptême , II, 534. — Les premiers livres
imprimés imitent les vignettes des manascrit-3 , IV, 36. — Reliures .des
livres , leurs parements symboliques, 40 et suiv. — Richesse de cette
ornementation , 42 y 290. — Le livre peut devenir une ressource pour
Tattribuer à un Saint qui n'en a pas de particulier^ 91.
Livres sapibntuux. Leurs auteurs^ leur caractère et leur but^ Il ,
40. — Expliquant beaucoup de symboles bibliques , 94.
LocHSR (Jacques), traducteur latin du Naw stultif^Gf de Sébastien
Brandt, au xv« siècle, époque véritable de sa première édition, contre
MM. Guizot et Marron, IV, 233.
Loi mosaTqub , renversée avec la Synagogue au pied de la Croix, II ^
449, 451 , 460. — N'en subsiste pas moins dans toute sa valeur morale
pour le Christianisme , 467. — Symbolisée par le nombre 10, III , 177.
LoNCHAMPS (L'abbé de), critique sans valeur du xviii' siècle, II,
478, 479.
LoNGiN , nom du centurion qui perça de sa lance le côté du Sauveur
crucifié, II, 346. — Ce fait devient le symbole de la naissance de l'Église
.sur la croix, 433 et suiv. — Pourquoi Longin doit se tenir à droite du
Crucifix, 436. — Son iconologie, 436, 458 ; — IV, 119.
Lotus ou Lotos , fleur célèbre dans la mythologie égyptienne; la
même que le nénuphar. Symbole de la fécondité du Nil, 1 , 86, — de
la clarté du regard de Dieu, 157. — Motifs du respect qu'en avaient les
Égyptiens, 158.^ Symbole de la chasteté, 159; — III , 526; — du monde
sorti des eaux, I, 159 , 161; ^ de l'abondance., 160. — Singulier rôle
que lui donne M. Portai dans une verrière de Chartres, 341 , 342. — Les
Gaulois symbolisaient par lui la puissance souveraine , III , 545. -—Ses
rapports avec la fleur de lis, 546, 547. — Peint ou sculpté sur les fonts
baptismaux, 567. ,
LouANDRE (M.). Ses appréciations peu théologiques sur le théfttre du
moyen âge, IV, 203.
Louis IX ou S. Louis. Combien il avait peur du diable, III , 360. —
Offrait pendant la messe, au jour de l'Epiphanie, les mêmes présents
que les Mages, IV, 185.
Louis XIV. Ses médailles avec la devise symbolique : Lilia non lab(h
rani neque neni , 1 , 205.
Louis le Débonnaire protège l'orfèvrerie sacrée, IV, 305.
Loup, symbole du mercenaire, II, 602 , — du démon, 662, — IV, 31,
175, — de l'avarice ambitieuse, II , 671. >- Sur des crosses, III , 381 . —
Emblème de la pefidie hypocrite, 446; — IV, 174.
Loyer (Le). Ses idées singulières sur Ésaû et les Angevins, I, 83.
Luc (S.)» le troisième des Évangélistes. Raison de son taureau sym-
590 HISTOIRE DU SYMMUSME.
boliqoe, II , 44. •— Auteur des Actes des Apâtres^ 44. — Peintre et iaipl-
rateur des types du Sauveur et de Marie dans les catacombes» IV, 132.
Lucien , philosophe du ii« siècle. Ce qu'il dit de la magnificence des
églises chrétiennes, III^ 44.
Lumière. Son symbolisme, I, 145. — Elle symbolise Jésus-Christ,
303, 360, 386 et sulv., 563 ; — III , 84, 228, 380; — IV, 80 , 105, 160, 183,
184, 323, 325; — et les Justes, 1 , 303 ; — JI , 230, 360, 386. — L'Érangile
et la parole de Dieu, 298, 394 ; — III , 372; — IV, 105. — Couleurs sym-
boliques opposées à la lumière, I, 300, 306 ; — celles qui l'indiquent,
II , 450. — La lumière, symbole de la participation de l'âme élue à la
nature de Dieu, 364, 365, 386.— Attribut des corps ressuscites, 365, 386,
387 ; — III , 135. — Lumière liturgique , figure du Christ , II , 4^; —
III , 135, 223, 228 ; — IV, 184. — Exprimée par le ronge dans lea Titranz
et les miniatures, 1, 308 ; — IV, 13. — Lumière symbolique portée par
un enfant de chœur au premier dimanche de l'A vent, 183, 184. — La
cire seule doit être employée aux cierges, 324.
Lumley-Davids (Arthur), savant anglais. Relations qu'il découTre
entre les noms des enfants de Jacob et les douze signes du Zodiaque,
II , 108 et suiv.
Lune, élément d'imperfection ; représentée par un croissant ou par
un orbe, I, 60, — par un cynocéphale, 74. — C'est l'Isis des Égyptiens,
'88. — Ses phases symboliques, 143. — La déesse Bhavani des Hindous,
160. — Symbolisée par une corne de taureau , 169. — Comment la
science et la littérature chrétienne en ont fait le type de l'Église, II,
436 et suiv., 464. — Règle d'opposition qui lui est applicable, 438, — et
en fait le type du monde et de la Synagogue, 439. — Symbole de la
seconde puissance (l'Empire), soumise à la première (le Sacerdoce) ,
qui est le soleil, 620.
Lupercales, fêtes païennes que le pape S. Gélase rempla^ par la
Chandeleur, IV, 186.
Luther, prétendu réformateur du catholicisme. Pour y parvenir il a
dénaturé le sens des Livres saints, II, 21, 25, 30, 31, 35. — Il en a nié
l'authenticité, pour autoriser sa doctrine, ibid. — Ne peut arrêter l'élan
du mal qu'il a déchaîné contre la religion et contre l'art chrétien, IV,
352, 353. — Ses obscénités inspirent celles de ses adeptes, 386.
Lutrin formé par un aigle en dinanderle, III, 211, 223. — Raison de
ce symbole, IV, 319.
Luxe, une des principales causes de la perte des nations, II, 2SI8,
303 et suiv. — Condamné par l'Église, 603 et suiv.
Luxure, péché capital, symbolisée par une femme dont un serpent
ou un crapaud dévore la poitrine, II, 272 et suiv.; — 111,365. — Autres
images symboliques , 374; — un porc, 251; — un crapaud, 377; — une
sirène attirant les navigateurs, IV, 448.
Ltre, attribut d'Apollon, I, 83; —II, 47. — Symbole des harmonies
entre l'homme et l'Esprit-Saint, 483, — des concerts étemels, m , SOS.
TABLE GÊNÉftALE. S94
M
Mabuinus, orfèvre français du v* Bîècle. Ses travaux d'orfèvrerie faits
pour révéque de Tours S. Perpetaus, IV, 290, 291.
If AGHABÉBS. Objet de ce livre biblique, II, 42.
MagTherson a restitué à Ossian son existence contestée, l, 181.
Maoblbine (S**). Symbolisme du parfum qu'elle répand sur les
pieds du Sauveur, II, 587. — Sa statue à Saint-Maximin-du-Var, lU,
420.
llAaAftiM PITT0RB8QUB, publication à gravures dont le texte est imbu
de l'esprit protestant, IV, 358.
If AGBDDOM (voir ARMAGÉOON}.
Magbs. Mystère de leur triple offrande an Sauveur^ II, 490 ; — IV,
185, 222. — Symbolisme de leur fuite de la cour d'Hérode dans la
procession de TEpiphanie , 185. — Symbolisés par les Madianites ,
Magib. La magie a un rôle très-marqué chez les philosophes païens
des trois premiers siècles. II, 270; — III , 390.— Ses philtres composés
de cendres de serpents et de crapauds, II, 273. — Les magiciens pous-
sent les empereurs à de nouvelles persécutions, 274.— Punition de ces
imposteurs par une mort violente, 277, 278. — L'anneau de Gigès, 366.
— La magie niéd audacieusement depuis le protestantisme, III, 384.—
Ce qu'en ont pensé les siècles de foi, 392 et suiv. — Elle a préparé les
révolutions modernes, 393. — Les juges qui l'ont condamnée n'ont pas
pu se tromper toujours, 394. — La magie dénaturée par les encyclo-
pédistes du XYin* siècle pour le besoin de leur cause, IV, 96. — (Voir
DÉMONOLOGIB, SaBBAT, SORCIERS.)
Maonin , de llnstitut. Éloges de ses Origines du théâlre moderne,
lY, 195, 196. — Sa traduction du Tkéâlre de HroswiU, 201.
Maoog (voir Gog).
Magot posé sur une fleur, symbole de la beauté profanée, IV, 29. —
A tête humaine surmontée d'une tête de dragon , personnification de
Satan, 30. *
Mahomet a rempli son Coran de symboles, I, 172, 173, 296, 318. —
N'admet aucune figure humaine dans les images, 173. — Ses couleurs
islamiques , 318. — Origine symbolique des ablutions mahométanes,
318.
Mai, Caractères de ce mois dans le zodiaque chrétien, III, 458.
Main. Mains croisées, signe d'alliance, 1, 196,— de puissance et d'au-
torité, IV, 110.— Main diyine sortant d'un nuage pour symboliser l'as-
sistance de Dieu , 11,5,401,534;— m, 132, 138,181,299,334; —
ly, 47, 109, 110. (Voir Bénédiciitm,) — Au-dessus de la croix, II, 441.—
Nimbée, IV, 109, 110. — Ses variantes dans l'iconographie chrétienne,
592 UISTOIRE DU SYMBOLISME.
109 et suiv.-^ Main ou gaut donné pour atiribul à la sibylle Tiburtine,
108. — Imposition des mains (Yoir Pénitence, Or<l^*e, sacrements).—
Layeraent des mains à la Messe^ 158.
Maison , symbole du corps humain dans les épitaphes chrétiennes ,
III , 86 , 87 , 522. — Pourquoi l'Église bénit les maisons des fidèles ,
391.
Maire (SainUJunien de), abbaye du vi* siècle, en Poitou, bâtie par les
moines eux-mêmes, III , 47.
Malabranga, cardinal, auteur au xiii« siècle de la prose des Morts,
II, 636. — Cette prose tronquée mal à propos parle Missel de Paris, IV,
107. — Sa beauté poétique et musicale, 255. —Vains efforts des musi-
ciens pour en approcher, 256.-- Détails sur la vie et le caractère de cet
auteur, ibid,
MalaghiEj un des petits Prophètes , annonça llncariiation du
Verbe ; associé pour cela à la sibylle Àgrippine dans l'iconographie, IV,
101.
Malbspainbs (Léonard de), protestant déguisé dans ses règles d*in-
tei*prétation de l'Écriture sainte, II, 57^ 58, 70. — Son Essai sur les hié-
roglyphes égypiiensy I, 20.
Malou (Mffr), évêque de Bruges. Ses idées inadmissibles sur la re-
présentation iconograpl>ique de llmniaculée Conception, IV, 137.
Maltb (Ordre de). Sa croix, symbole des huit béatitudes, II, 152.
Mamert (Claudius), écrivain ecclésiastique du v* siècle , passe pour
l'auteur du Pange lingua de la Passion, IV, 241.
Mânassé (voir Lêvt).
Mamassès, roi de Juda. Raison symbolique de ce nom, 1, 44.
Mandragore. Vertus et attributs de cette plante; son usage symbo-
lique dans l'iconographie chrétienne, III, 342, 367, 368.
Manighébns. Leur dogme fondamental des deux principes professés
avant eux par Zoroastre, 1, 165. — Motivent l'interdiction de l'orienta-
tion des églises, III, 68, 74. — Impuretés que leur reproche S. Cyrille
de Jérusalem, 413.
Manipule , une des pièces du vêlement sacerdotal , symbole de la
componction du cœur. Son histoire ; singularité d'une sculpture qui en
donne deux à S. Pierre, II, 428, 430 ; — IV, 170.
Mannb (voir Eucharistie).
Manteau, a sa couleur symbolique pour le Sauveur, II, 338, 355, 309,
315. — (Voir Jésus-Christ.)
' Manuscrits du moyen flge. Quelles notions ils offrent pour lliistoire
de l'art, II, 454 ; — IV, 26 , 27. — Élaborés assidûment dans les monas-
tères , II , 532. — Leur beauté d'exécution, 574 et suiv.; — IV, 28, 33,
40. — Ont suppléé par leurs images aux livres techniques sur l'art» III,
352 , — d'où vient à leurs miniatures le nom de vignettes , IV* 23. —
TABLE GÉNÉRALE. 593
On a peu de manttacrits antérieura au ix* aiccle, 23, 24. — Les manua-
crits et leura peintures, sonree abondante de symbolisme et de notions
artistiques, 24. -:- Rapports curieux entre Vécriture des manuscrits et
le style architectural de chaque siècle , 25 et suIy. — L'exécution des
manuscrits et de leurs vignettes, plus mondaine vers l'époque de la Re-
naissance , 28 et suiv. — Symboles de leur reliure , 40 et suiv. ~
Comme leur dessin était plus régulier que celui des piéintures archi-
tecturales, 349.
Marat devient en 1790 , à Bourg en Bresse , l'objet d'une fête sacri-
lège, lY, 188.
Marbrb. Gomment et pourquoi remplacé en France par la pierre de
liais au xii« siècle, 111, 156, 271.— Mal employé au pavage des chœurs
et des sanctuaires, 157, — et à la confection des autels, 269, 271.
Marc (S.)> la deuxième des Évangélistes, symbolisé par un lion, II,
44.
Marches (voir Degrés).
Marguerite (St«). Son iconographie, IV, 36, 92.
Mariage. Ses symboles chez les Scandinaves,!, 180;— chez les autres
peuples du Nord , 1 , 202. — Symbole chrétien de l'union des époux
avant le Christianisme , II, 84 , 409 , 535. — Cérémonies symboliques
chez les Hébreux, 126. — Le mariage symbolisé par l'union de Jésus-
Christ et de rËglise , 351 . — Conditions caractéristiques du mariage
chrétien, 351, 352. — Le mariage au-dessous de la virginité, 493. — Bé-
nédiction du lit nuptial , III , 391. — Symbolisme de l'anneau des
époux et du voile étendu sur leur tête ; origine de celui-ci, IV, 152 et
suiv.; — son histoire , 153. — Faux zèle de la liturgie en ces derniers
temps, nuisible & des usages respectables, 153 et suiv.
Marie ou la Sainte Vierge, mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Son monogramme symbolise la vierge du Zodiaque, I, 58. — Vêtue de
blanc, 299. — Vierge noire de Chartres et autres, 301, 302; — II, 123; —
IV, 134. — La prophétie de son apparition dénaturée par les païens
dans Gérés, la bonne déesse, etc., 1, 302. — Le bleu consacré à ses fêtes
jusqu'au X VHP siècle, 317;— IV, 13.— Le vert la revêt comme sym-
bole de sa maternité, 1,320. — Le rose symbolise sa douceur et sa
chasteté, 329 ; — IV, 104.— Le bleu et le rouge s'associent à son Fils, I,
336; — II, 609 ; — IV, 13 ; — aussi bien que le violet, 1, 336. — Souvent
traitée dans TËcriture parallèlement avec TÉgllse, II, 226, 419 et suiv.,
449. — Son type dans l'Apocalypse , 225 et suiv. ; — IV , 142. — Du-
puis la regarde comme étant la même que Gérés , Érigone et Isls, I,
367 ; — il la fait cependant dominer tous les cultes avec son Fils, 368.
— Chasteté de sa pose et de son costume au moyen &ge, III, 420 ; —
IV, 131, 140. — Respect qu'eu avaient les peuples, et leur confiance,
III, 4. — Ses images aux catacombes, IV, 131, 132, 133. —Gomment on
peut la représenter entourée de ses symboles bibliques; Vierge Mère,
1,369; — 111,4; — IV, 131, 132, 137. — Symbolisée par les saintes
femmes de la Bible Rnth et Judith, H, 38, 39; — par la toison de
Vf, 38
594 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
GédéoD , 88, 421. — Caractère de sa royauté^ 421 , 447; — IV, 138. —
Elle eat l'Épouse du Cantique, II, 123, 129, 130. — La Femme aux douze
étoiles, foulant de ses pieds le disque de la lune , 225, 226 , 398. —
Arche d'alliance, 421; — pourquoi, IV, 50. — Jardin fermé, 11, 421; —
IV, 356 et suiv.— Le type de l'Église, 226, 227, 231, 234, 368, 419 et saiv.,
449,461;— 111,116; — IV, 130.— Comparée à la lune, 11,438.— Persé-
cutée par Hérode, 240.— Assiste au jugement dernier,346; —IV, 136.—
Dévotion du moyen âge envers Elle, II, 347; —III, 4; — IV, 134, 135, 192.
— La nouvelle Eve, 11, 520; —IV, 132, 133.— Poème d'un anonyme alle-
mand où Marie est comparée à toutes les pierres précieuses, II, 368.—
Vers de Sédulius , 450. — Marie au pied de la croix, 448, 449 ; — IV,
129, 130 et suiv. — Auteur de VAve maris Stella , II, 520. —Circons-
tances symboliques de la purification de Marie, 531. (Voir Purifica-
tion,)^ Idée du Sigillum Maria d'Honorius d'Autun, 565. — Quelles
fleurs la symbolisent, 588, 609, 647 ; — IV, 104. — Doit avoir les pieds
chaussés, 95, 140. — Rose mystique, II , 609, 610, 647; — IV, 357. —
Louée par Dante sous ce titre, II, 665. — Symbolisée par le clocher
des églises, III, 116. — Quel côté de l'église est convenable à sa cha-
pelle, 207, 208, 209. — Esthétique de toute sa personne, IV, 131. —
Représentée, au porche des églises , terrassant le dragon , III, 209. —
Tour d'ivoire , 282, 283. — Opposée, dans la fleur de Jessé, au péché
originel, 318. — L'arbre de la Vierge^ chandelier merveilleux de la ca-
thédrale de Milan , 419. — Caractère hiératique des Vierges-Mères du
moyen flge , 420, 421 ; — IV, 192. — Les statues de la Vierge affublées
de draperies et d'étoffes par la Renaissance, III, 433; — IV, 135. — C'est
elle qui, pour les populations du moyen ftge, représentait au moisd'aoùt
la vierge des zodiaques, III, 463. — Bévues de» peintres dans son ima-
gerie, 67, 79, 95 ;— IV, 131, 132, 386, 391 . — Sa tête gravée sur des an-
neaux symboliques, 132. — Antithèse des Pères sur Marie et Eve, 133.—
Histoire de son iconographie, 133, 136, 138, 140. — Son culte développé
par les croisades, 134. — Quelles conditions d'esthétique et de piété
chrétienne conviennent aux artistes qui veulent rendre ses images,
135. — Sa pose assise est une tradition orientale, 134. — Quels beaux
caractères lui a donnés le moyen âge , 135, 136, 140, 391. — Discussion
sur le type artistique de l'Immaculée Conception, 136 et suiv., 141.—
Ne doit jamais être sculptée ou peinte sans son Fils, 137 et suiv,, 139.—
Type japonais de la Vierge Immaculée, 140; — autre type français du
xiv« siècle, foulant le démon et tenant le petit Jésus, 140 el suiv. —
Arbre de Jessé (voir Jessé). -^ Types à choisir, et soin qu'on doit
se donner de ne faire Je Marie que des images dignes d'elle, 144. —
Elle est toujours associée à l'action rédemptrice de Jésus-Christ,
192. — Faux caractères que lui donne Michel-Ange dans son Jugement
dernier, 362. — S'apitoie sur la réprobation des pécheurs, 366. — La
Renaissance prostitue sa sainteté dans ses images, 386, 391.
Marie ÉGYPTIENNE (Ste). Sa légende; chasteté de ses détails, 111,420.
Mariqny (Jean de), évêqne de Beauvais au xiv« siècle. Son allusion
au Hs des rois de France, I, 205. — Bliirigny , village de Normandie;
tympan de son église décoié du ham, III, 530; — IV, 446,45t.
TABLE GÉNÉRALE. 595
Mars, planète symbolisée par une flèohe, I, 58. — * Le dieu Mars a le
fer paro^i ses emblèmes, 60. — Conditions 8ymboliqI\^s de ses temples ,
225^ 227. — Mars casqué, 267, — enchaîné, 268. — Le mois de mars, et
son symbole zodiacal, III, 458.
Martial (S.), apdtre de l'Aquitaine^ consacre à Bazas une église à la
Sainte Vierge, IV, 136.
Martin (S.), évoque de Tours. Ses allusions symboliques sur tous les
objets de la nature, II, 493. — Un Irait de sa mort, 662.
Martin (Le P. Arthur) , jésuite, l'un des auteurs ée la Monographie
des vitraux de Bourges, Sa description de la couronne de lumières
d'Aix-larChapelle , III, i09 et suiy. — Son explication peu acceptable
d'un chapiteau de Saint-AuBin d'Angers où figure une sirène, IV, 448
et suiv., — et des sculptures de la crypte de Frisingue, 466.
Martyrs. Pourquoi sous l'autel de l'Agneau dans l'Apocalypse, II,
179, 187 ; — III, 188. — Origines des églises dédiées aux martyrs^ II,
180. — Énergie de ceux-ci, 215, 216. — Désignés sous l'image de deux
témoins, 2i^f 219. — Par quels fléaux Dieii veng^ea leur mort, 216.—
Mystère de leur résurrection, qui est celle de l'Eglise, 219^ 331 et suiv.
— Prières des Saints pour que la mort des Justes soit vengée, 222. —
Triomphe des martyrs jugeant leurs persécuteurs, 331. — Privilège de
leur résurrection, 331. — Symbolisés par la rose, 641. — Ensevelis
d'abord dans les catacombes, III, 188. — Leurs reliques doivent néces-
sairement se placer dans la pierre des autels consacrés, IV, 157.
Massagr£ des saints Innocents (voir Hérodë, Innocents).
MatIeriaLismb dans l'art, le prive de sa vie morale; trop favorisé par
Apelles, 1,284.
Mathématiques. Symbolisme de leurs chiffres et de leurs figures, I,
52, 54, 55, 102. — Importance qu'y attache S. Augustin, 133.
Matthias (S.), apôtre, symbolisé par l'améthyste, II, 382.— Observa-
tions sur le rang qu'il occupe parmi les Apôtres, III, 148. — A pour at-
tribut une cognée ou hache, instrument de son martyre, 149.
Matthieu (S.), le premier des Évangélistes. Son symbole distinctif
n'est pas un homme, mais un Ange, II, 44, 176, 457. — Symbolisé aussi
par la chrysolithe, 381 . — Ses attributs iconographiques, III, 147.
Maurienne, ancienne comté de la Sardaigne , dans la vallée de son
nom. Ses armoiries, IV, 175.
Mauve, symbole de la charité, 1, 208.
Maxime le Sophiste, complice de Julien l'Apostat dans sa guerre au
Christianisme, II, 250.
Maximin (II) Galère, symbolisé par un ours, II, 245. — La sixième
tête de la béte apocalyptique, 246, 289.
Maximin (I*') Hercule. Sa persécution contre les chrétiens prophé-
tisée dans l'Apocalypse, II, 237, 238. — Symbolisé par un léopard ,
245, 289.
5U6 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Maybul (S.)) aitbé de Cluoy. Sou amour Je rélude, II, 539.
Mazbrolleb^ wUage du haut Poitou (Vienne). Autel des premiers
temps du moyen fige dans son église, III, 270.
Mazure (Adolphe). Sa Philosophie des arts du dessin, I, 49; — UI,
186.
MÉDAILLES (voir Numismatique). .
M6DU8B (Tête de). Sa signification symbolique, I, 234.
Mélanthe, peintre de Sicyone. Son tableau du Triomphe d^Aristraie,
I, 283.
Mklchiséoech. Son sacerdoce, symbole et prophétie de celui du Sau-
veur, II, 78. — Gomment il doit être représenté, 315.
MÉLiTOS (S.), évoque de Sardes au ii« siècle, écrit sa Clef des Saintes
Écritures , II , 18 , 82 , 172 , 479 et suiv. — Analyse, comme Durant de
Mende, les moindres détails de son objet, 172. — Théodulphe d'Orléans
a fait un abrégé de sa Clef des Étrilures, 192. — Édition nouvelle dii
cardinal Pitra, 480.— Ses nombreux commentateurs, 438, 479, 557, 588;
— IV, 433. — Sa biographie, I, 35, 155, 479. — Son Apologie pour Us
chrétiens à Marc-Aurèle , II, 479.-* Sa méthode symbolistique, 48! et
suiv.; — III, 307. — Distingue les bêles des animaux, 444.
Mélopée (voir Musique).
Mer. La mer de verre (ou de cristal) sous les pieds du Juge souve-
rain , II , 163 , 367. — C'est le baptême ou la pénitence , 167 , 168 , 403.
— La nature humaine spirltualisée , 262. — Marchepied des Saints,
262.— Mer d'airain, symbole de purification danp le temple de Salomon,
165. — Mer changée en sang, 216, 217. — Symbole de la guerre, 266.
— La mer symbolisant l'empire, et les fleuves les provinces, 268.— La
mer, image des âmes agitées, 281.— Desséchée à la fin du monde, 351.
— La mer, symbole du monde, 586.
Mercure, planète. Gomment symbolisée , I, 58, 60 , 267. — Dieu de
l'éloquence, messager de l'Olympe, dieu du commerce et des voleurs;
ses attributs à tant de titres, 84, 169. — Présidait au quatrième jour du
mois, 147.— La tortue faussement attribuée comme attribut de ce dieu,
170... Conditions symboliques de ses temples, 227 ; — III, 104.— Sym-
bolisme de son cube, I, 259. — Porte une étoile sur la tête, 267. — Le
culte de S. Michel opposé au sien par le Christianisme, III, 104 et suiv.
— Mercure n'est qu'une transformation de l'idée primitive des Anges ;
il est plus adoré aiiyourd'hui qu'on ne semble le croire, 105.
MÉRIMÉE (Feu.Prosper) , de l'Académie française. Ses erreurs nom-
breuses en archéologie, III, 337 ; — elles viennent de son manque de
sens chrétien, .345, 422;— IV, 410,— et se manifestent surtout dans son
livre des Peintures de Vèglise de Saint-Satin^ 53 et suiv.
MÉROVINGIEN (Style), (voir Églises), — Les guerriers de cette époque
affectionnent les images diaboliques dans leur armure , III , 382. —
Beaux caractères de son orrévrerie, IV, 292, 293.
TABLE GÉNÉRALE. 597
Mb88b (La sainte). Forme de rimposttion des mains sur l'Hostie, em-
proniée des consécrations judaïques, II, 99. — La Messe est la liturgie
par excellence ; histoire de ses rites, IV, 154, 156 et suiv., 168 et suiv.,
246. — La prière au nom des martyrs en montant à Tautel , U , 180, --
portée par l'Ange de l'Apocalypse au pied du trône de Dieu, 191 . — Bé-
nédiction du prêtre à la fin de la Messe, 346. — Mélange du vin et de
Teau, union de Jésus-Christ et du peuple chrétien, 485.-* Extension des
bras après rÉlévation, 486.— Livres sur le symbolisme de la Messe, 565;
— IV, 158, 196. — Le canon porte des traces du iv^ siècle, III, 143. —
Les mains du diacre ou la poitrine des martyrs servant d'autel, 265. —
Ce qu'était la Messe dans les catacombes, 281,— et aux premiers siècles
de l'Église, IV, 150 et suiv., 154 et suiv.— L'Épltre et l'Évangile, 160 et
sniv. — Le diacre et le sous^diacreau Sanclxts, 161.— La Messe est un
véritable drame liturgique, 196.— Analogie d*'s cérémonies de la kf esse
avec les Mystères de la Passion ^ par le P. J.-B. de Bouillon, 196.— Raison
et variété des prières de la Messe et de leur chant, 246 et suiv.— Abus
scandaleux des messes en musique, 270 et suiv.
Messie, annoncé par Zacbarie sous le nom d'Orient, II, 107.
Mesurbs du temple de Jérusalem dans Ézéchiel et dans l'Apocalypse,
II , 213 , 371 , 375. — Symbolisme de la règle d'or qui sert à les déter-
miner, 372. — Mesures des églises, établies d'après des symboles, 213 ,
372 ; — III, 31 et suiv.
MÉTALLURGIE. Superstitîons liées à cette science longtemps illu-
soire , 1 , 59 , 60. — Symboles des sept métaux , 60 , — et des sept pla-
nètes, 61.
MÉTOPES, sujets enveloppés dans des arcades saillan les s'alternant avec
les modillous ou corbelets, UI, 310.
Mbule submergée pour symboliser de grands et irrémédiables mal-
heurs, II, 307 et suiv., 309. — S. Paul moulant le blé de la nouvelle
Alliance, 573, 574; — IV, 18.— Symbolisme de la meule employée par
S. Uilaire, II, 574.
Michel (S.). Archange. Son combat contre Satan, II, 234; — III, 104,
132, 209; — IV, 8, 37. — Peint au xii^'siècle à l'abside de Saint-Pierre-
des-Églises, 11,241 , — et à Saint-Savin-sur-Gartempe, 242.— Ses églises
bâties de préférence sur les lieux élevés , 363; — III , 104. — Pèse les
âmes dans une balance, 209. — Patron des chapelles de cimetières, 81.
—Opposé à Mercure parle Christianisme, 104.— Défend l'Enfant Jésus
contre Satan, 334 , 335. — Mauvais style du Saint Michel de Raphaël ,
IV, 376.
Michel-Anqb Buonaroti approuve AnJré Orcagna dans ses inno-
vations contre l'ogive, IV, 247.— Caractère de son faire artistique exa-
gérant les formes et ignorant l'esthétique chrétienne , 347. — Ce qu'il
faut penser de ses travaux à Saint-Pierre de Rome, 348 et suiv., 359. —
II est moins architecte que peintre, 359 et suiv. — Sa réputation morale.
360.— Son Jugemt^t dernier; description et critique de cette fameuse
fresque au point de vue de l'art et de l'esthétique, 361 et suiv.— Le nu
598 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
poussé à l'excès dans cette peinture, 365, — et l'absence de tout respect
de la foi, 366. — Son nu est cependant moins dangereux que celui de
{laphaôl, 387.
MiGHÉfi , un des petits Prophètes, associé à la sibylle de Cumes « IV,
102.
MiCHBLBT. Son faux système sur la distinction sexuelle des types de
l'architecture, I, 254.
Midi, point cardinal, symbolisant au besoin soit le bien, soit le mal,
II, 443 ;— mais plus souvent orné des symboles du bien dans les églises
où à leur extérieur, III, 127, 442.
Miel, symbole de la sagesse et de la richesse spirituelle, I, 304.
Milàn , oiseau de proie , symbole de la rapacité violente , III, 446 ,
— du démon, IV, 454.
Millénaires. Fausse persuasion qu'ils se font de la fin du monde ,
H, 328 ,329; — III , 48 et suiv. — Gomment Estius entend les mille ans
de l'Apocalypse, II, 334.
Minerve, stérile, et symbolisée par le nombre ft, 1, 149.— Conditions
symboliques de son temple , 225 , 226. — A pour attribut le hibou, 233 ,
— l'olivier, 268.— Principe de la sagesse, 262, 304.— Symbole de la
ville de Myrina, 264. — Peinte de couleur verte, 318. — La rose lui est
consacrée ) 327.— Comment les Grecs symbolisaient sa chasteté , III,
250.
Miniatures des manuscrits. Combien précieuses pour le symbolisme,
II, 205, 248, 320; — IV, 24.^ Mérite du recueil de M. le comte Auguste
de Bastard, intitulé : Peintures et Ornements des numuscrils, il, 453 et
suiv. — Les miniatures ont pu suppléer, pour la divulgation des règles
architecturales, à labsence de toutes théories écrites, III, 61 ; — IV, 24.
— Leurs relations d'existence avec la peinture sur verre, 24. — Leur
caractère esthétique s*altère en approchant de la prétendue Renais-
sance, 27.— Analyse de missels et bréviaires du xv* siècle, et de leurs
vignettes symboliques, t6i(i.et suiv.— L'esprit mondain y domine, quoi-
qu'avec des réminiscences du symbolisme religieux, 28.
MiNUTius AuQURiNUS , Sénateur romain. Honneurs symboliques qui
lui sont rendus, 1, 269.
Miracles. Faux miracles effectués par le démon pour tromper les
hommes, II, 270.— Quelles preuves apportent contre les miracles leurs
antagonistes systématiques, 650, 651 — Que penser de ceux des magi-
ciens de Pharaon ? 652. — Véritable esprit de l'Église sur la croyance
due aux miracles qu'elle approuve, 656 et suiv., 658, 660 et suLv.
MiRViLLB (De) , auteur du livre Des Esprits et de leurs manifesta-
tions. Idée de ce livre, IIL 391.
MiTHRA. Ses doctrines introduites dans la philosophie romaine, 1.60,
168. — Son nom composé de lettres numérales, 99; — son caractère
mythologique. 165. — Description d'uu bas-relief romain où sont expo-
TABLE GÉMÉRALE. 599
aéet les doctrines mithriaques, 167, 168^ 368.— Eirears théologiques de
quelques critiques sur la valeur de ce culte, 168^ 368. ^ Ses prêtres ap-
pelés coraces, 170. — Impudicilé de ses mystères, 170. — Comme toutes
ces grandes choses vieunent de peu, 171. — Son culte, pratiqué par des
philosophes païens , motire au iv* siècle l'iaterdiction de l'orientation
des églises^ III, 74.
Mitre épiscopale. Son origine; sens symbolique de ses détails , IV,
162.-* Exagération de sa forme au xvi* siècle, 163.— Mitre juive
donnée à Aaron, âil.— La forme des mitres exagérée depuis la Re-
naissance, 399.
Mobilier de Téglise (voir Ameublement).
Modestie, réserve des paroles et des actions en faveur de la chasteté.
Qu'elle est une vertu naturelle recommandée par le Christianisme
comme la sauvegarde des bonnes mœurs, IV, 389.
MoDiLLONS, ou corbelets. Motifs chrétiens de leurs formes les plus
bizarres en apparence, 1, 177 ; — II, 476; — III, 128, 129, 307. — Ce sont
autant de données sur le double principe du bien et du mal, de Dieu et
du démon, 1, 355; — II, 527 ; — 111,313 et suiv., 440.— Empruntés à Ézé-
chiel, II, 101 , — à Job et aux Psaumes , 294 , — aux démons et aux
Juifs, III, 308. — Têtes de démons , 126, 325, 385. — Semblent désignés
par uoe phrase de S. Deûys TAréopagite, II, 476. — Les modillons rares
dans l'intérieur des églises en Normandie , III , 58. — Ils se suivent
maintes fois par une alliance d'idées corrélatives, 59, 184, 317, 319, 321.
— Types innombrables distribués sur les édifices sacrés, 127 et suiv.,
313 et suiv., 384 et suiv.,— et mieux sculptés aux approches du sanc-
tuaire, 182. — Motifs variés à étudier d'après les sciences humaines et
sacrées, 259. — L'auteur passe pour en avoir expliqué le premier le
symbolisme, 305 et suiv.— On n'en peut plus nier la théorie, 306, 313.—
Leur origine, 307 ; — leur marche progressive, 309. — Caractères des mo-
dillons carlovingiens, 310, 315, — aux zi« et xii* siècles, ibid., 324,325.
^ Tètes de démons mangeant des hommes, II, 294, 527, — IV, 443 , —
supportant les corniches de l'église, III, 307, 855, 384.— Zoologie variée
des modillons, II, 301, 589; — III, 325, 445, 446 et suiv. ; — très-souvent
allégorisant les supplices des démons, 375.— Les (êles plaies, 310. —
Le poulet de l'église de Saumont, 328.— Tous les modillons, considérés
isolément , explicables par l'Écriture ou les Pères , 313 et suiv.; — leur
sens moral et didactique , 317.— Sujets diverse orienter selon leurs
caractères esthétiques , 320. — Gomment des monuments peuvent se
trouver paréi de modillons plus ou moins anciens qu'eux, 324.— Ce qu'il
faut penser de prétendus portraits historiques sculptés sur les modillons,
326. — Ils conservent des traces des drames liturgiques, IV, 199 et suiv.
Moïse a droit d'être cru à titre du plus ancien historien que Ton con-
naisse, I, 30, 31.— Antagonisme du philosophisme contre lui, III, 450. —
Signification de son nom, I, 43. —Son Pentaleuque,S6, 37; — son can-
tique de la mer Rouge, et sa poésie symbolique, 63, 216. — A pu étu-
dier les sciences religieuses dans les collèges égyptiens , 75. — Tout ce
qu'il a écrit prophétise Jésus^hrist, II, 59, 60, 360 ; — III, 505 ; — et lui-
600 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
même en est la figure^ II, 112; — IV, 18. — SouTent représenté dans les
catacombes , 11^ 360.— Pourquoi on lui a donné des cornes en quelques
images, 75, 633. — Levant ses bras sur la montagne, 92. — Changeant
les eanx en sang, 217.— Symbolisme de Teau tirée du rocber, 360.—
Sa Loi finit qnand vient celle du Sauveur , 449. — Symbolisme de son
mariage avec l'Éthiopienne, 585.— Il doit avoir les pieds nns, IV, 94.
— Comment on le représente au moyen ége^ 210.
Moisson, symbole de l'humanité fauchée par la mort, II, 260.
MoLAN on MOLANUS; autcur de VHûtoria sacrarum imaginum. Ce
qu'il dit des peintures inconvenantes condamnées par le concile de
Trente, III , 437. — Apprécie mal la tradition du bâton fleuri de 8. Jo-
seph, 545, — et celle des' quatre clous du Sauveur crucifié, IV, 125, 126.
— Son livre curieux cependant et d'une étude utile aux peintres^ 145.
MoLiNA , prêtre espagnol , auteur de VInstruciion des prêtres, livre
plein de conseils judicieux pour l'ecdésiologie, III, 238.
Monastères. Leurs usages ne vieillissent pas ; soutenus par la règle,
I, 199. — Vicissitudes de leur existence au moyen âge, II, 532. — Que la
crainte de la fiu du monde n'a pas entravé leur création aux x* et
xi« siècles, III, 18 et suiv.— Services rendus par eux aux lettres et aux
sciences, II, 536, 538 et suiv., 575 et suiv. ; — III, 46, 47, 57, 61 ; — IV, 296,
428. — Les monastères et autres communautés pourvus d'armoiries, IL
550.— Leur abnégation de toutes les choses terrestres , 594, 595 , 596.
— Caractères symboliques des édifices monastiques, 52 — Pourvus de
symboles décoratifs , grâce aux études qu'ils abritent, IV, 430. — Les
moines, maîtres de l'œuvre, ne s'y épargnent pas à eux-mêmes les leçons
sévères de la Loi divine et des jugements de Dieu, 460 et suiv.
MoNDB physique , représenté par un dragon à trois têtes dans la
mythologie d'Orphée , 1, 81, — et dans celle des Hindous, 161; — allé-
gorisé par un temple, 186. — Sa destruction au jour du jugement der-
nier, II, 350 , 357. — Fausses données attribuées au x* siècle sur la fin
procbaine du monde, III, 18 et suiv.— Symbolisé par un cercle ou une
roue, 108,— ou une boule partagée en deux hémisphères, IV, 118, —
mais qu'il ne faut pas confondre avec la pomme d'Adam donnée à l'En-
fant Jésus, 132. — Le Monde créé de Buffamalco au Campo-Santo de
Pise; belle esthétique de cette composition, 370.
Monnaies (voir NuMisATATrQUK).
Montagnes, symbole des âmes contemplatives, II, 281 , — de l'Église
triomphante, 364, —et aussi des âmes présomptueuses, 281, 282.—
Autres symboles nombreux d'api èâ ces deux idées, 363, 361; — III, 102.
— Noms symboliques de montagnes célèbres dans l'Écriture, 102.
. MoNTFAUGON, savaut bénédictin, attribuerait à tort la tortue à Mer-
cure comme un de ses attributs, 1, 170. — Son ingénieuse explication
de Psyché, dont le char est traîné par deux Amours , 286. — A pris
l'octogone de Montmorillon pour un temple de druides, III, 108.
Montmorency , illustre et ancienne famille de France. Origine de
ses armoiries, II, 551.
TABLE GÉNÉRALE. 604
MoNTMOftiLLON» Ville da Poitou (Vieillie}. Église Notre-Dame : déyia-
tionde Bon axe longitudinal, III, 171.
Monuments historiques. Leur classification par H. de Gaumont, IV,
402.^ Mauvais système des gouvernements dans la création de leurs
architectes officiels et de leurs inspecteurs généraux, 405^ 406, 441.—
Style hasardé des premiers siècles, et difficulté d'y reconnaître des
caractères bien distincts, 426 et suiv.
Morale chrétienne, allégorisée par la zoologie, III, 477 et suiv., 480.
MoaÉRi analyse mal ce que dit Ducange sur la fêle de VAne au
moyen ftge^ IV, 210, 213, 226.
Mors, sfmbole de la tempérance et de la modération, IV, 358.
Mort, symbolisée par le nombre 18, 1, 149.— Funestes conséquences
de l'abolition de la peine de mort, II, 85. — La première et la seconde
mort, 331. 332, 346.— Le Cheval de la màrl, d'Albert Durer, IV, 358.—
Sa personnification dans une vignette du xvi« siècle, I, 38.— Tète de
mort au pied de la croix ; son symbolisme, 130. i
Mosaïque, employée par S. Sylvestre dans les églises bâties par lui,
m. 44 ; — rV, 45. — Beaux pavés qu'elle forme dans les basiliques, III,
153 et suiv.; — IV, 47.— Belle mosaïque à Saint-Apollinaire de Revenue,
lli, 207. — Les mosaïques remplaçant les peintures dans l'ornementa-
tion des églises , 291 ; — IV, 46. — Leur ancienneté , 45. — On les em-
ploie beaucoup eu France , 46. — Cause de leur abandon, 47. — Belle
mosaïque de S. Paulin, évêque de Noie au iv« siècle , 47. — Mosaïque
d'or de la basilique de Cologne, 290.
Mouche, symbole de l'insolence, I, 95.
Mousson, village de Lorraine. Ses fonts baptismaux du xii* siècle,
IV, 77.
Moyen âge. Ses magnificences en tout genre au xiii* siècle , II, 13 ;
— III, 418. — Chasteté des arts au moyen âge, IV, 383. — L'Europe
n*y formait réellement qu'une seule nation chrétienne, II, 16, 676,—
détruite aujourd'hui par le travail révolutionnaire, III, 150. (Voir
Révolulion.) — Malheurs de l'Europe du iv« au zi* siècle , IV, 426 ,
427. — Beautés énergiques de sa théologie et de sa littérature, II, 472
et suiv., 568, 569, 570 ; — III, 29 •, 418 ; — IV, 385 et suiv. — Pureté des
idées artistiques à cette époque , III, 419, — et leur ensemble tout re-
ligieux, IV, 254, 257. — Le Moyen Age et la Renaissance, recueil d'ico-
nographie et de dissertations d'une science généralement peu sûre,
III, 394; — IV, 146, 203; -exceptions à celte remarque, 296. — Moralité
du théâtre du moyen Âge, opposée aux immoralités de notre temps, 190
et suiv., 226, 228.— Ce qu'étaient les arts du moyen Age d'après le Traité
du moine Théophile , 210 et suiv., — et comment on doit les traiter au-
jourd'hui dans tous les objets du culte, 339. — Erreur qui fait regarder
le x« siècle comme étranger aux études, 428.— Le moyen ftge, calomnié
par l'ignorance des uns et l'hostilité systématique des autres, I, 8 ; —
II, 22 et suiv., 485, 607, 621, 622 etsuiv. ; — III, 192. — Charité mutuelle
des geus de lettres à cette époque , II , 535. — Plus chaste dans ses
%
602 UISTOIBE DU fiYMBOUSMB.
mœurs et plus naïf dan» le langage ^130. — Étude du symboHnne et
des écrivains de chaque siècle du moyen ftge : du i^ siècle , 466 ,
475, — du il«, 477, — du ni«, 484, — du iv«, 487 , — du v», 494 , — du
vi% 515, ^ du vu% 522, — du yiiP, 528 ; — causes de sa stérilité litté-
raire, 532 ; — du ix« : caractère et esprit de sa littérature, 533 et suiv. ;
— ses célébrités scientifiques , 537 ; — du x* siècle : études de ce
temps , 538 , — m , 18 ; — du xi« , II , 554 , — III , 240 , 525 ; — du
XIP, 557 ; « ses études du symbolisme, 558 et suIt., 368 et suiv.; «- du
XIII*, de la page 606 à la fin du volume. — Le zin* siècle développe la
science humaine avec la sainteté, II, 607, 611, 676.^ Beauté et élégance
de ses conceptions architecturales , III , 33 , 38. — Il ne vaut cependant
• pas le t\\; sortant des règles plus sérieuses tracées par eelad-ci, 34.—
Le moyen ftge n*a presque pas eu de livres didactiques sur les théories
de ses arts, 62.— Décadence du symbolisme aux xiv« etxv« siècles, IV,
19. — Epoque hiératique du moyen ftge, du xu« au xiii^ siècle. Il , 522,
357, 561 jusqu'à 606 ; ~ IV, 53. — Théorie chrétienne des sciences et
de leur enseignement au xii* siècle , II, 577 ; -^ III, 28. — Ses riches-
ses artistiques puisées dans le symbolisme , 33 et suiv., 90, 240. ^ (Voir
Architectes, Architecture, Artistes.)
Mulet, symbole de rentêtement stupide, II, 462.
Murailles et appareil des églises. Leurs conditions et leur symbo-
lisme, III, 112 et suiv., 158. — On ne doit pas cacher leurs lignes cimen-
tées, qui ont leur signification mystique, 159. — Parées quelquefois d'une
. arcature triple en Thunneur de la Trinité, IV, 74. — Ne pas les revêtir
de lambris en bois menuisé, 117.
MuRATORi, auteur italien du recueil Scriplores rerum llalicarum.
Science de cet ouvrage, IV, 306.
Musées , héritiers illégitimes des églises pour une foule d'objets
sacrés usurpés sur celles-ci, IV, 301, 303, 337.
Musique, a ses symboles daos ses notes. Son histoire et Texécation
de ses dations chantées on jouée.<, I, 61 et suiv., 68,70 ; — IV, 236,
238, 239, 259.— Incertitudes et conjectures sur son origine, 1, 63, 65, 215 ;
— IV, 236, 259. — Le peuple a une véritable musique vocale dans Tac-
centuation de sou langage, 1,63 et suiv.— Origines de la musique instru-
mentale, 65; — IV, 259, 260. — Sa puissance sur le cœnr humain, 1, 67.
68. 70 : — IV, 235, 238, 260. — Symbolisme de Pergolèse et de Steibelt^
I, 68. — i> Crépuscule d'Eugène Moniot, 69. — Le BengaU de Pascal
Uerville, 69. — Sens que S. Augustin attache à ce mot dans son Trmlé
de kf musique^ 133. — Chants et musique du ciel d'après rApocatypse,
II. 169. 172, 173. 311 ; — IV, 183, 2)8. — Musique mfemale d'une scène
cabalistique de la Renaissance. III, 400. — Animaux musiciens : la truie
quille* etc., IV, 32. 237. (Voir Animaux.) — Musique unie an chant, sym-
bole de joie dans les fêtes de TEglise, 183, 239. — Origine de U musique
religieuse dans la prière, 235. 2.^,242, 259, 260. — Elle se mêle aux
prt^mières habitudes de tons les peuples. 236, 246.— Premiers tàlonne-
ments de Iharmonie naturelle , 240. 259.— Ce qu'était la mélopée des
Grecs, 210. 241, 242, 2^7. 249. — On la retrouve dans quelques chants
TABLE GÉNÉRALE. 603
de la liturgie actnelle^ 240, 241, 249. ~ Symbolisme du plain-chant, 241
et suIt. (Voir Chant grégorien.) — Idée de la première notation et de
ses modifications par Guy d'Arezzo, 244.— La musique profane et ses
envahissements dans rÉglise, 250 et suiv., 264 et soiv. — La belle mu-
sique est bonne partout, excepté là : par quelles raisons, 251, 280.—
Zèle mal écouté de TÉglise contre ces abus, qu'on ne pourra détruire
que par une réforme radicale et l'expulsion de la musique mondaine,
280 et suiT., 282. — Parallélisme et relations symboliques au moyen
Age entre la musique sacrée et le caraclère des monuments religieux»
253. — Caractère de mélancolie chrétienne dans la musique du moyen
Age,. 257 et suIt.— Elle était digne et noblement exécutée, 260. — Dé-
testables abus des messes en miuique ; leur caractère profane, et impiété
de leurs programmes, 270 et suiv. — Idée et analyse d'un Concert reli-
gieux exécuté dans une église sans un seul morceau religieux, 271 et
suiv. — L'auteur, en blâmant ces excès, s'appuie des plus vénérables
autorités ecclésiastiques, 281, 282.
Myrina, ville d'Asie, symbolisée par une tête de Minerve, 1, 264.
Myrte, symbole de la compassion, III, 567.
Mystères, ou fêtes secrètes du paganisme. Leurs immoralités révol-
tantes, 1, 252.— Époque des mystères orphiques,'8ymboli8ée par l'œuf
d'où sortie monde, 368. —Mystères chrétiens, ont tous un sens figuré»
II, 527. — Symbolisés par le sphinx et la chimère, IV, 423. — Mystères
ou drames liturgiques (voir Drames).
Mysticisme, art de surnaturaliser la partie littérale des Saintas Ecri-
tures au profit du symbolisme. Son origine dans renseignement chré-
tien, II, 468.
Mythologie. Ses causes et ses origines polythéistes, I, 76, 77. — Elle
favorise toutes les passions du cœur humain, 77, 81, 84 ; — III, 410.-
Est née en Egypte sous l'influence de Cham, I, 79, 88, 156. — Gomment
ses dieux ont reçu des notions de leur existence toujours progressives;
80. — Nombreux rapprochements entre les traditions bibliques et la
fable, prouvant que cette dernière est une dérivation de l'autre, 82,83,
161, 313 ; — II, 508 ; — III, 350, 554. — Mythologie des Hindous, 1, 157 ,
160, 161 ; —celle desHomains puisée partout et portée partout, 170. —
Charmants symboles de la mythologie grecque sur un vase antique du
musée du Câpitole, 262. — Les divinités secondaires émanant des divi-
nités primitives, 313. — La mythologie primitive n'est qu'un dérivé des
principes monothéistes, et une annonce de plusieurs mystères chré-
tiens, 319, 365. — Le Christianisme reprend sur la mythologie antique
ce que celle-ci lui avait emprunté en le dénaturant, II, 7, 12, 500, 508,
509 ; — III, 466 et suiv. — Usage qu'a pu faire de la fable le symbolisme
chrétien, II, 614, 655 et suiv. ; — III, 350 et suiv., 460, 461 et suiv., 466,
554; «IV^ j3, 231, 232. — Froideur de l'art païen comparé à celui du
Christianisme, 111, 244. — Singularités de Rubens, de Poussin et de Le-
sueur, mêlant le paganisme à leurs compositions chrétiennes , IV. 378
et suiv.— La chasteté méconnue des beaux génies de l'antiquité, III ,
410,412.
604 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
N
Naaman y lépreux de l'Ancien Testament. Son immersion dans le
Jourdain, symbole du baptême, III, 299.
Nabughodonosor , symbole de Torgueil dans l'iconographie dn
XII* siècle, II , 560 ; — IV, 435. — Symbolisme de l'arbre auquel il est
comparé dans Daniel^ III , 518. — Son rôle dans la Fêle de F Ane an.
moyen âge, IV, 212. — Son esthétique sur l'encensoir de Lille, 316.
Naïades. Le style corynthien donné par Vitruye à leurs temples ^ I^
225.
Namatius, éTêque de Clermont au vi« siècle , bâtit une église tonte
symbolique par seè détails; sa femme, retirée du monde , s'y applique
aussi, III, 50, 106, 187 ; — IV, 51.
Nappe d'autel. Sa signification symbolique, II, 356.— Ella doit être
de lin, et pourquoi, Ili, 268; — IV, 157.
Narthex,ou porche des églises. Son usage liturgique, et détails qui s'y
rapportent, III, 119, 131. — Beau narihex de Saini-Benott-Bur-Loire ,
132.
Nature. Symboles qui l'expriment chez les Hindous, 1, 160.
Navigation, a dû faire inventer l'astronomie, I, 97.
Navire, symbole de la ville de Paris, I, 209. — Symbolisme des con-
structions navales, 240. — Un navire, symbole de l'Église, II, 483,— de
la Trinité, IV, 74.
NÈALCÈs, peintre grec Son ingénieuse manière de symboliser le Nil,
1, 283.
Nectaire (S.), (voir Victorin), qui est le même que lui.
Nef des églises. Son symbolisme, II, 17; — III, 9, 42 et suiv., 114, 119.
Renflement de la nef par le milieu, symbolisant la pause du corps dn
Sauveur sur la croix , 168 , 169 ; — IV, 343. — La forme de navire im-
posée parles canons apostoliques, III, 168, 169, 170.— Nefa secondaires
ou bas-côtés ; leur symbolisme, 174;— IV,65.— Combien on ytenaitdès
le XI* siècle et même au iv«, III, 175. — Églises à cinq ou sept nefs, 173
et suiv., — à deux nefs ches les dominicains , et leur raison probable,
176.— La nef, image, par rapport au chœur et au sanctuaire, du monde
inférieur des simples fidèles , 222. — Reçoit parfois trois travées en
rhonneur de la Trinité, IV, 74.
Nkf DBS Fous (voir Brandt).
N&B^iB , auteur présumé du u« Uvre d'Esdras. Symbolisme de son
nom. II, 38. — RebAtit le temple, 42.
NsMROD. chasseur biblique, figure du démon. Il, 510.
TABLE GÉNÉRALE. 005
NÉNUPHAR (voir Lotus),
Nbphtàli, fils de Jacob, Bymbolisé par le bélier da Zodiaque, II, 110.
— Signification de ce nom, symbolisé par le saphir, 379.
Neptune, symbolisé par un trident. On lai sacrifie un taureau noir ,
I, 300.— Le dieu bleu {câprtUeus) des anciens, et pourquoi, lY, 13.
Newillbrs, petite ville d'Alsace. Chapiteau symbolique symbolisant
la persécution des méchants contre la foi, IV, 459.
NicÊARQUB, peintre grec. Son Hercule confus de ses faiblesses, I,
288.
Nk:olaïtes, hérétiques , sectateurs de l'un des premiers diacres, in-
fectent l'Église de Pergame, II, 151, 154.
Nielle, filets métalliques noircis par le souAre et formant de minces
dessins sur des plaques d'or, de cuivre ou d'argent dont ils complètent
l'ornementation ; employée à la reliure des livres, IV, 41.— Son histoire
artistique, 297 et suiv.
Nil, adoré par l'Egypte. Son image symbolique, I, 84,95. — Son
nom se composait de lettres numérales exprimant les jours de l'année
solaire, 99.— Symbolisé par un crocodile , 283. — Contrée des oiseaux
du Paradis, II, 627.
Nil (S.) , solitaire du v* siècle. Discassion sur une de ses Lettres et
sur les opinions qu'il y exprime à propos des peintures symboliques des
églises , II , 501 et suiv. jusqu'à 515; — IV, 51. — Caractère de ce Saint ,
II , 513. —Ne pas le confondre avec S. Nil le jeune, du x« siècle, 502.
— Sa Lettre à Némertius, où le symbolisme est pleinement appliqué,
III , 200;— IV, 513. — Rapports entre lui et S. Bernard dans l'esprit de
quelques archéologues trompés , 602.
Nimbe, ou gloire , on auréole; différence entre ces trois termes, II,
299, 387; — IV, 82, 83, 85. — Leur origine , 1 , 303 ;— II , 75 , 453,
297, 342 ; — IV, 83 , 84 , 86. — Variétés du nimbe , 83 , 84 , 85 , 86 , 119,
331. — Indispensable à l'art chrétien , 82, 85. — Ses modifications du
iv« siècle au xvi*, 86 et suiv. — Ses couleurs symboliques, 1 , 316; —
U , 248 , 338 , 402; — IV, 89. — Nimbe elliptique du Sauveur, II , 153 ,
299, 404; — IV, 82 , 138 ; — rouge , croisé de blanc , II, 338, 355 ; —
III , 334 ; — croisé d'or, U , 402, 405. — Auréole elliptique de la Sainte
Vierge , IV, 85. — Le nimbe abandonné par les artistes de la Renais-
sance , 88, 371. — Les Grecs donnent un nimbe d'or au démon, II ,
242, 248 , — et même les Occidentaux, III, 375. — Ce n'est donc pas
toqjours un signe de sainteté, mais de puissance et do force , II , 248;
— III, 376 ; — IV, 54.— Les Anges munis d'une gloire , II , 297. — Ange
dans un disque d'or, 320. — Le nimbe crucifère du Sauveur, 338 , 346 ,
355 , 458 ; — IV, 85 , 110 , 119, 138 , 371. — Aux trois Personnes de la
Trinité , III , 172; — IV, 82, 84 , 85 , 110, 119 ; — aux statues sculptées ,
87 ; — aux sibylles , 108. — Nimbe carré donné aux quatre vertus
cardinales , 331. — Le nimbe abandonné par la Renaissance , 365 , 367,
371 . — Nimbes donnés au Tétramorphe , II , 458. — Nimbe simple
donné aux Saints de l'ancien Testament, comme à ceux du Christianisme,
606 IILSTOItlE DU SYMBOLISME.
354. — > Paon ntmbé , 401. — Nimbe des Élas refusé aux réproavés , 405.
— - Nimbe à arcature , IV, 371. ^ Les artistes commeneent à le nèglig«r
parfois vers le xiv« siècle^ II, 441. — Le nom du personnage nimbé
inscrit dans le nimbe dès le zii" siècle^ III , 143. — Comment donner le
nimbe aux statues mobiles , IV^ 367.
N1m£S. Son ampbitbéàtre à sculptures symboliques, I, 233. — Sym-
bolisée sur ses médailles par un crocodile et un palmier, 265.
Noces de TAgneau , synonyme de cène et* de festin pour exprimer la
possession du Ciel méritée par les Élus, II , 312. — Noces mystiques
entre le Sauveur et Tâme fidèle , 498.
NoÊ. Son arcbe suppose déjà de son temps une industrie avanoée, I^
17. — Raison symbolique de bon nom, 40. —La dispersion de ses en*
fants date de Torigine de Vidolftthe, 76— Preuve générale de son dé-
luge, 83. — Il est le Deucalion de la Fable, 83.— Type biblique de Jésus-
Christ, III, 2; —IV, 150, 122. — Nombres et dimensions appliqués à
l'arche, III, 2, 3. — L'invention du Zodiaque ne remonte pas à son
époque, 450.
Noël, symbolisme de cette fête, IV, 177, 184. — Ou* y jouait des
drames symboliques, 209, 210.— Combien est regrettable la prose de
Noél Volts Pater annuii de l'ancienne liturgie française, 219.
NOHBRTA , nom symbolique chez les Hébreux , 1 , 40.
Noir , couleur symbolique donnée à Cérès , 1 , 292 , — ^ la calomnie,
293.— Fort peu employé comme symbole, et pourquoi, IV, 14. — Sym-
bole de la nuit , 1 , 297, 298 , 299, — et de tout ce qu'il y a de mauvais
chez tous les peuples , 300; — des souffrances du Christ , 316 ; — de la
mort, et pourquoi, IV, 134. — Le noir, par opposition, donné à la che-
velure de l'Époux des Cantiques , 1 , 304; — remplacé quelquefois par
le bleu foncé, 317. — Signe d'expiation, 343, — des passions honteuses,
345 , — de la famine , II , 177. — Vierges noires ; leur raison d'être , I ,
301 , 302 , II, 124; — IV, 134. — Le noir prend le nom de sabU dans le
blason; pourquoi , et sa signification symbolique , II, 549.
Nombres. Us ont leur vie symbolique reconnue des Pèrps de l'Église,
I, 56, 57, 105, 107, 101, 108. 119, 120, 121 et suiv., 134, 151, 287; — II,
526, 565.— On ignore l'époque de leur invention, qui doit remonter à
celle du monde, I, 97, 155 ; — II, 37.— Ouvrages des savants qui en
traitent, 1,98, 114, 115, 133 et suiv. — L'arithmomancie, 98.— Réalité
de leurs rapports avec la vie humaine, 99, 154; — II, 496.— Quel usage
raisonnable en font les Juifs, 1 , 99, 100 et suiv., 114.— Les chrétiens
combattus cependant en cela par des écrivains sans études suffisantes,
100, 102; — II, 496 ;— m, 30.— Les nombres ronds dans les prophètes
et les historiens sacrés, 1, 102 et suiv.; —> II, 214.— Le symbolisme des
nombres, autorjisé par Dieu même, 1, 103, 107, 109; — II, 252; — et dans
sa nature, 1, 125, 136; —II, 104.— Importance des nombres impairs, I,
115, 117, 521; — III, 30, 67,222, 224.— Le nombre dans le style ou lliar-
monie de la phrase, 1, 124.— Superstitions attachées à certains nom-
bres, 142, 149.- Nombres symboliques des Hindous, 163, — des caba-
listes, 176.— Le livre biblique des Nombres, très-symbolique. II, 37. —
TABLE GÉNÉRALE. 607
SymboUsme des nombres : 1, 1, 101, 112 , 114 , 130 , 144 , 145, 131.—
Nombre 8, 113, 114, 128, 130, 132,'144, 146;— 11,215, 219.— Nombre 9,
1, 107, 117, 120, 126, 130, 135, 141, 146, 149, 151, 308; — II, 104,537; —
III, 53, 161, 175.— Nombre 4, I, 110, 114, 126, 130, 132, 135, 142, 143,
147, 148, 151, 154, 287, 646, 617;— lïl, 69, 113, 177, 296.— Nombre 5 ,
1, 114, 118, 132 , 148. — Nombre 6, 104, 130 , 136 , 140 , 149; — II, 533;
— 111, 109, 110, 166, 541. -> Nombre 9, 1, 104, 105, 107, 115, 116, 120, 121,
130, 131, 133, 135, 138, 150, 151, 152; — II, 105, 152, 170, 171, 173, 190,
228, 262, 2K5, 405; — III, 177, 290.— Nombre 8, 1, 130 , 153; — II, 152;
— m, 108, 109, 294. —Nombre 9, I, 116, 117, 141,142; —IV, 157.—
Nombre lO, 1, 107, 110, 126, 130, 132; — II, 228, 229, 290; — III, 177. —
Nombre 11, 1, 1. — Nombre 19, 130, 136, 142 , 145; — II, 374. 375; —
m, 481. — Nombre 19, 1, 142, 145, 149, 200. — Nombre 14, III, 177.—
Nombre 1 (l, 1, 107. —Nombre 16, III, 109. —Nombre 1 9.— Nombre 1 8.
—Nombre 19. — Nombre 90, 1, 135. — Nombre 91. — Nombre 99.
— Nombre 94, 130; — II, 167. — Nombre 90,I, 107*, 136, 141.—
Nombre 40, 126, 127, 128 , 130, 135; — II. 497.— Nombre 50, 1, 121,
122, 135; —III, 166. — Nombre lOO, I, 56, 130, 133.— Le nombre lOO,
d'après S. Jérôme, 56. — Nombre I40,III, 177.— Nombre IftO, I,
121 et suiv.- Nombre 900. — Nombre 000, appliqué à Dioclétien, II,
252 et SUIT.- Nombre IOOO,I, 130, 132; — 11,328.— L*an lOOO et les
erreurs qui s'y rattachent dans les historiens, III, 18, 26. — Nombres
détermiués pour signifier des quantités indéterminées, I, 104, 133, 151,
153, 374; — 11,208, 215, 228, 329.— Lôs89 années du paralytique, 1, 127.
— Les 94 Vieillards de l'Apocalypse, 130.— Les 5 sens, 132.— Les 49
générations d'Abraham à Jésus-Christ, 136.. — Le nombre 9 réputé im-
pur, 145. — Théologie des nombres sacrés employés dans la Bible , II,
173, 496; — III, 177.— Les 144,000 Élus de l'Apocalypse, II, 186, 256,
257, 374. — Le tiers pris pour une portion indéterminée, 193, 195, 207 ,
229.— Les lOOO stades inondées du sang des réprouvés, 261 .—Les nom-
bres appliqués par Dieu aux mesures de l'arche de Noé, III, 2, 3. — Les
nombres Bont-ils entrés dans les tendances de certains architectes quant
aux plans de leurs églises? 30 et suiv., 164.— Nombres symboliques ob-
servés dans les mesures de la cité de Dieu, II, 218, 371, 375, 32.— Impor-
tance de Texplication de ces symboles, ilnd» — L'unité employée sou-
vent par les artistes pour exprimer des objets multiples du texte
biblique, 139. — Remarques sur les nombres parfaits, 177.
Nombres (Le livre des), quatrième du Pentateuque de Moïse. Son objet
et son symbolisme, II, 37.
Noms propres de personnes ou de lieux, ont tons leur signification
symbolique, I, 27, 50. — Exemples tirés de la langue hébraïque, 34 et
suiv., 38 et suiv., 45 et suiv.; — II, 37, 38, 194, 335, 482, 510, 521, 524,
532 ; — du grec et du latin, I, 47, 48; — de l'allemand et autres langues
germaniques, 49, 181. — De certaines ressemblances avec des animaux,
50. . Les noms des Bons écrits dans le Ciel (voir Livre); — ceux des
méchants sur la terre, II, 72.— Noms propres des enfants de Jacob sym-
bolisés par des faits de leur histoire à venir, 108 et suiv. — Nom du
Sauveur écrit au front des Élus, 155, 158, 185 , 186, 256 (voir Jésw-
608 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Chriêi), — sur sa cuisse, 318.— Noms de blasphème inscrits au front des
persécuteurs, 244» 251 ,285.— Origine de beaucoup de nos noms propres
dans ceux des acteurs des drames liturgiques du moyen &ge^ IV, 198.
Nord, côté des édifices où sont sculptés, de préférence , les images
démoniaques, II, 206; — III, 127. — Raison mystique de ce choix, II,
442, 443 ; — 111,72, 127, 207, 441 ; — IV, 128. -r Conséquences de ce prin-
cipe dans les plus anciennes données de Tart chrétien, II, 452 et suiv* ;
— III, 72. — C'est aussi le côté des vices et de leurs symboles, 127, 441 ,
445, 446.
Normands, causent la ruine des arts au ix* siècle, III, 17, 24 ; — IV ,
426. — Singulière opinion de H. Michon à cet égard, réfiitée par des
monuments contemporains, III, 23. — OccaBionnent par leurs ravagée
un grand nombre de translations de reliques, 24.— Le Chrietianisme se
venge d'eux en leur donnant dans la sculpture des églises les traita de
natures démoniaques, 385, 425* — Que leurs légendes n'ont jamais été
sculptées sur les chapiteaux des églises chrétiennes, IV, 449, 465.
NOTKBR (Le B.]), moine de Saint-Gall au x« siècle. Son Traiié sur les
interprètes de l'Ecriture, II, 539.
l'ïoviON (Paultier de), évêque d'Ëvreux, refuse de consacrer une église
non orientée, III, 77*
Nu (Le) dans les arts , trop usité cben les Grecs , très-peu chez les
Romains, 1 , 261 ; — III , 250. — Chasteté du nu au moyen Age, II , 344 ,
368; — III , 419 , 420* — Raison de certaines nudités, et des personnages
représentés sans sexe , 420, 421 , 431 , 432. — Nudité affectionnée par
la Renaissance, IV, 124, 363, — qui la reçoit des libertinages du protes-
tantisme , 386 et suiv. — Gomment Michel-Ange en a abusé sans pu-
deur, 363. — V Agnès Sorel du musée d'Anvers y avait préludé, 387.
— Le nu plus dangereux dans Raphaël que dans Michel-Ange, 387. —
L'art n'a rien gagné à ce désordre , qui ne l'a même pas mis au niveau
de l'art antique , 388. — Le uu , qui est le libertinage de la forme, naît
de celui de la pensée, 389. — Exemples nombreux de chefs-d'œuvre
dont la chasteté e-it renommée , 390 et suiv.
NuàQB , symbole de la majesté de Dieu , II , 256 , 264 , 341, 347.
NuDiTé , symbole de la pauvreté de l'âme , II , 160 , 275 , — moins
onéreuse à la pudeur avant les chutes plus fréquentes des passions ,
III, 404. — Gomment la comprendre et l'analyser dans l'iconographie
chrétienne , 431 . — Nudité des pieds (voir Pieds), — Nudité du Sauveur
sur la croix ; comment les artistes en ont abusé, IV, 122 et suiv.
NuMA régla les jours de l'année d'après le symbolisme des nombres,
1 , 115.— Interdit toute image de la Divinité, 279.
Numismatique , a sa part dans l'histoire du symbolisme, 1, 153, 205 ,
263. — Symbolise les villes par des femmes , II , 284. — Ce qui est de
l'authenticité de la médaille dite Miraculeuse ^ IV, 137. — Les orfèvres
sont d'abord chargés delà confection des monnaies, 284, 293, 295.
Nymphéa (voir Lotus).
TABLE GÉNÉRALE. 609
0
Obélisque de Lnxor. Sens de ses ioscriptions hiéroglyphiques^ I^ 20.
«- Elles comportent des chiffres, I, 98.
Obsgoena, objets honteux en réalité ou en apparence, assez répandus
dans riconographie synibolique; sont plus philosophiques qu'odieux
dans les images antiques, I, 171;— III, 325, 409 et suiv., 417.—
Doiyent être jugés d'après les idées d'époques plus chaste» que la nôtre,
II, 129^ 130, 405, 422. — Calomniés par des archéologues prévenus, III,
336, 404, 422, 437. — Ne doivent pas être employés aujourd'hui, 436. —
L'Egliee n'a pu s'en servir que pour le bien, 405, 413, 417, 418, 436; —
chasteté de ses arts au moyen ftge, IV, 383. — Ils ont leur motif dans
rBcriiure, les Pères et les théologiens les plus illustres, III, 409, 412, 417,
418, 438 ; — IV, 436. — Sont un moyen d'enseignement, III, 422, 436. —
Les vices des Romains, des Grecs, des Barbares et des Normands stig-
matisés par certaines sculptures de nos églises, 425. — Époque où on les
emploie, 428. — Prétendus obsccma mal étudiés, 428.— Les conciles
qui ont réformé Ticonologie religieuse dans les églises n'ont rieu: dé-
crété contre les obscœna, 434, 435, 437. — Erreur qui ferait un obscœna
du fruit de l'arum , 533.
Occident, côté où figurent quelquefois les sculptures démonologiques
dans l'architecture chrétienne, III, 72, 441. — Convenance de la chute
des mauvais anges dans la rose occidentale des églises, IV, 8. — Côté
vers lequel fut tourné le Sauveur crucifié, 28.
Oghion, peintre grec Son Mariage de Rowane, I, 275.
O'GoNNBL. Son bureau paré de sculptures symboliques, I, 207.
Ogtàve des fêtes catholiques. Sa raison d'être, toute symbolique,
m, 109.
Octobre. Comment symbolisé dans les calendriers et sodiaques du
moyen Âge, III, 460. ^
OcTOOGME , forme donnée à quelques églises. Sa raison mystique,
111,108,109.
Odile (S**), abbesse d'Uohenburg au yu« siècle, b&tit une chapelle
à S. Jean-Baptiste, III, 297.
Odile (Sainte-), monastère d'Alsace, illustré parl'abbesse Herrade.
Sa fondation et ses travaux, II, 575 et suiv.
Odin , génie du bien chez les Scandinaves, 1, 178.
Oooif DE Cambrai. Ce qu'il dit du symbolisme des nombres, I,
149, 152.
Œil symbolique de l'Agneau, dans l'Apocalypse, II, 171. — Les yeux
de Satan, dont la prunelle est un point noir de charbon, 377.
OBuF, symbole de la création. Mythologie qui s'y rattache, 1, 89, 465,
356, 368.
T. IV. 39
B40 HISTOIHE DU SYMBOLISME.
Office de TÉglise, pourquoi partagé en sept parties^ 1, 131; — IV,
156. — Largement expliqué par Durant de Mende, II, 643. ~ S'est eon*
stitué graduellement et sans unité, IV, 276. — Symbolisme des prières
pour les morts, 1, 141. — Origine apostolique des Heures canoniales. IV,
156, 157. — L'Office canonial rétabli en France par le concordat de 1802;
il a besoin du recueillement menante symboliquement dans le chœur,
III, 221 et suiv. — Symbolisme général de TOfficc divin, 224 ; — IV, 176
et suiv., 180. — Division hiérarchique des Saints et de leurs fêtes,
i78. — Abolition regrettable de beaucoup de détails de TOffice divin
lors de la dernière introduction de la liturgie romaine en France, 178.
— Offices auxquels des empereurs du moyen âge prenaient une part
liturgique, 184. — Raisons qui privent l'Office romain actuel de Vunilé,
qui est une première condition des œuvres d'arl, 273.
Oqive, mêlée au plein-cintre au xii« siècle, III, 29, 35. — Elle date an
moins de 1010 en Poitou, 36. — Symbolisme de sa forme ternaire, 37,
38. — Son histoire et son rôle dans.Tart chrétien, 37, 38 et suiv., 241;
— IV, 347.— Son apogée et sa décadence, IIÏ, 39 et suiv.; — IV, 345.
— Attribuée sans preuve à l'Allemagne par Hall et Hallam, m, 199.—
L'ogive figurant en des miniatures grecques du ix* siècle, IV, 24. —
La décadence du style ogival coïncide avec celle du symbolisme, 391 et
suiv., 397.
Oiseau, symbole d'immortalité, 1 , 86, — de la rapidité, 185,— de
l'orgueil (parce qu'il s'élève), 258, — des âmes spirituelles, II, 99, 323,
512, — HI, 521, — IV, 141 , 356, — des esprits frivoles. H, 322,— du
démon ravisseur des ftmes, quand il pêche, 493, — ou quand on le
revêt de caractères hybrides, III, 465,— IV, 443 et suiv.— Ciseaux dres-
sés à un rôle pour les drames du moyen âge, où ils figuraient nne âme,
194. — Symbole de l'innocence persécutée par le démon sous les traits
du sagittaire , 463 . — Oiseaux de proie dévorant des hommes, II, 294,
322 et suiv., 326; — IV, 92, 443 et suiv., 454; — leurs caractères, qui
en font le symbole du démon, II, 300 et suiv., 326, 493; —III, 446,
465,— IV, 444, 454. — Oiseaux appelés à dévorer les chairs de» impies,
II, 321; — m, 465; — IV, 445. — Oiseaux purs ou impurs du Lévi-
tique, II, 321, 322; — IV, 444. — Théorie de leur emploi symbolique,
et système d'opposition qui leur est applicable, II, 321 et suiv., 323,
531; — 111,499;— IV, 444.— Leur rôle dans la sculpture architec-
turale des églises, H, 326; — IV, 459. — Oiseau du Paradis, II, 627; —
III, 292. — Oiseaux sur des crosses, 381 , — sur des arbres autour du
Sauveur, 52i; — fixés près du hom , 530 ; — IV, 439. — Oiseaux obéis-
sant aux Saints, 92, — s'abandonnant à l'Enfant Jésus, 141, 356.
Olivier , symbole des apôtres S. Pierre et S. Paul, 1 , 145, 203,— de
la charité, III, 228, 559. — Consacré par les anciens à Minerve, 1,268.
— Symbole de paix, II, 10, 496, 558, — III, 85, 559, — de la bonne con-
science, 214.— Parabole de l'olivier sauvage et de lolivier franc, II, 72.—
Vision des deux oliviers, 215.— Symbole d'abondance, 410, 419, — de la
fécondité des familles, 491, — III, 340, 518. — La montagne des Oliviers
symbole de la miséricorde, i02. — Allusion à l'olivier apporté par la
colombe de Noé dans la liturgie du Saint Chrême, 561.
1
TABLE GâfÉRALE. 644
Ollier (Le vénérable), prêtre de Saint-Solpice^ a beaucoup contribué
à conserver^ au xvip siècle, le zèle bien entendu de Tart chrétien; III,
238.
Olympiodobe (voir 5. NU) , symboliste du iv« siècle , commentateur
de S. Méliton , II, 508 ; — IV, 51.
Onagre, ou ftne sauvage ; symbole des esprits hérétiques , m, 446.
Onêirogritique (voir Songe).
Onogentaure , animal hybride , tenant de Tâne et de Thomme. Ce
qu*en disent les physiologues , III , 478 et suiv., 500. — N'est point un
animal marin, 501.
Onyx , pierre précieuse. Symbolisme des deux onyx du vêtement
d*Aaron , II , 95,
Opposition (Règle d*). Ce que c'est, et son importance dans la science
du symbolisme, I, 128, 149, 160, 300, 301 et suiv., 359; — II, 282 ,
438 ; — rv, 437. — Rlle est très-sensible dans remploi des couleurs ,
I , 300 ,303 et suiv., 317 , 358 ; — II , 2tf8, 242 , 338 , 3^9 ; — III , 386 ;
^ lY, 9. — Règles pour s'en servir sans abus ni confusion, 1 , 305 ,
306 , 307, 324; « III, 387. — Couleurs mixtes , 1 , 325. — Oppositioiu
pour l'aigle , II , 196, — le hibou , 301 , — les eaux et tous leurs ana-
logues, 349, — III , 257, — le lion, 13^, — le paon , 292 , 446, 448,
— le démon , 367, -^ et dans toute la zoologie, 446 , 448. — Exemples
d'opposition dans les hybrides , 465 et suiv., — dans les fleurs , 522.
Or , représenté par un cercle , symbolise le soleil , 1 , 60 , 303. —
Couleur symbolique de la chevelure des jeunes dieux , 293. -— Parure
de Minerve , 304. — Symbole de la sagesse, 304 ; — II, "160, 371, 616 ;
» rv, 41. — Équivalent au jaune , et plus employé que lui, 1 , 304 ; —
lY , 14. — Règle d'or pour la mesure du Temple juif et de la Cité céleste,
II , 371. — Symbole de la charité, 371 , — IV, 141, — de la pureté. II,
376 , 385, — de la justice , 548. — Mélange d'or et d'argent, symbole
de la pureté et de la charité , lY, 141.
Oracles des anciens, inspirés par le démon, I, 188; — II, 251.
Orangé, couleur mixte ; formé du rouge et du jaune, d'un symbo-
lisme assez équivoque, I, 337.
Oranger. Sa fleur symbolise la chasteté coi:jugale , 1, 201.
Orcagna (André), architecte de Florence, remplace l'ogive par le
plein-cintre dans les constructions religieuses , IV, 347, 391, 397. —
Mauvais goût de son Jugement dernier ^ 365 et suiv.
Ordre , arrangement et organisation , une des conditions indispen-
sables du bonheur, II , 372.
Ordre (Sacrement de 1'). — La matière et la forme syviboliques de
ce sacrement , IV| 152. — * Ordinations simoniaques ridiculisées dans
une vignette d'un manuscrit du xv« siècle , lY, 34.
Ordres (Les quatre) de l'architecture. Leur application symbolique
aux différents édiflces sacrés ches les anciens , 1 , 224 et suiv. — Res-
642 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
tent bien au-dessous de nos styles chrélieDs quant à l'effet et au sym-
bolisme , m , 254 , 329.
Ordres religieux. Raisons de la couleur de leur costume, 1 , 345 ,
347. — Soin à garder dans la construction de leurs églises^ et pour-
quoi elles ne devraient pas être d'un style plus ancien qne leur propre
institution , IV, 64 , 65 , 66. — * Comment y choisir les sujets de pein-
ture , 66. — Origine de la vie érémitique , II , 232 et suiv. — Ordre
de la Rédemption-des-Captifs; symbolisme de son costume, 618, 619.
Ordres de CHEVALBRiB^tons symboliques.— * Notre-Dame daChardon,
1 , 322.
■
Orbb ou Hobbb, montagne de l'Arabie; symbole de l'abstinence,
m , 102.
Orfeuillb (Jeanne d') , abbesse de Sainte-Croix de Poitiers. Bré-
viaire fait pour elle au xv^ siècle; armoiries de sa famille, et leurs
variantes, IV, 33.
Orfèvrerie. Comment s'expliquent, dans l'orfèvrerie chrétienne, tous
les symboles démoniaques qu'on y emploie , III, 380, 419. — Arbre de
la Vierge, chandelier de la cathédrale de Milan, 419. — Dictionnaire
d'orfèvrerie chrétienne de l'abbé Texier, IV, 15. — L'orfèvrerie chré-
tienne inséparable de l'art monumental et de la liturgie, 283 et sniv.—
Combien elle se prête au symbolisme religieux , 284 , 321 . — Le sens
de ce mot embrasse tous les métaux employés au culte divin, 285.—
Histoire de cet art du m* au xvi« siècle, 285 et suiv., 293, 306 et suiv.,
320.— Histoire de Vorfévrerie, par M. Labarte, 296.— Écoles monas-
tiques d'orfévperie fondées par le clergé et les monastères an moyen âge,
296 et suiv. —Emploi du filigrane et des nielles, 297, 320,— des pierres
précieuses et des intailles, 298 et suiv., — des cabochons et des émaux,
300 , 301. — Belle expansion de l'orfèvrerie religieuse sous Charle-
magne , 303. — Résumé d'un traité complet d'orfèvrerie religieuse, par
Didron, 310. — Richesses d'orfèvrerie données an xir siècle par Sugerà
son abbaye de Saint-Denis. 318 et suiv. — Celle du xiii* siècle imite les
formes architecturales de l'époque , 320. — S'applique aux vêtements
sacrés , 321 , — et aux vases de l'autel , 335 et suiv. — Soin qu'on doit
prendre de symboliser les formes et les accessoires de tous les objets
du culte, 339 et suiv.— Le protestantisme, qni tue l'art chrétien à son
apparition, cause la décadence de l'orfèvrerie sacrée, 399.
Orûub. Sa place dans l'église ; ses moyens d'ornementation artistique,
m , 236 ; — IV, 264. — Histoire de l'orgue , 261 et suiv. — La conve-
nance liturgique ; variantes de son jeu à différentes époques, 263, 264.
— Livre de L'Orgue; sa connaissance, son adminislraiion et son jeu,
par M. Régnier, 263. — Symbolisme de l'orgue, doit seconder celui du
chant , 264. — Abus qu'on en fait par des improvisations frivoles et
sans caractère religieux, 270, 380.
Orgueil, caractérisé dans le premier èvêque de Laodicée , H , 160.—
Symbolisé par un serpent dévorant la tête d'une femme, 27i2, — parles
montagnes , 281, — par un âne jouant d'un instrument, on chape, 462.
TABLE GÉNÉRALE. 643
Orient , nom prophétiqae donné à JésQs-Christ par Zacharie , II ,
456; — IV, 220, — et par les Pères, IV, 184. (Voir Jésus-ChrUl.) —
Point cardinal , toujours symbolique chez tous les peuples , III , 70. —
On tourne vers lui les symboles du bien et de la vertu ,442, 447 ; —
IV, 8.
Orientation exigée pour les temples anciens, I, 230;— III, 69, 70.—
Exceptions à la règle, I, 231; — III, 68, 70, 73 et suiv.- Orientation des
tombeaux ou des sépultures, I, 231 , — III, 18, — et des cimetières, 79,
et suiv., 206. — Orientation du Sauveur sur la croix, et ses raisons mys-
térieuses, II, 442; — III, 71, 171; — IV, 128. — Orientation des églises
motivée et observée au V« siècle , II, 442, 503 , — III, 71, — et dès les
temps apostoliques, II, 505, — III, 9, 69 , 73 ; — et au vi« siècle, où elle
est ordonnée par Justinien , 68 ; — et toujours et partout , IV, 74. —
Règle normale de l'orientation des églises, III, 73 et suiv. — Rien n'ex-
cuse la négligence de ce principe, 76, 77. — Erreurs du philosophisme
moderne contre Torientation et autres conditions des sépultures chré-
tiennes , 79. — Quelles causes en pourraient dispenser, 206. — Orien-
tations diverses des objets symboliques , conforme à l'esthétique chré-
tienne (voir Orient).
Origènb dévoile les superstitions des doctrines mithriaqucs , 1 , 60.
— Ce qu'il dit du nombre des psaumes , 122. — Ses erreurs sur le sens
de l'Ecriture sainte , II, 55, 79, 485. — Sa belle interprétation du Can-
tique des Cantiques, 115. — Symbolisme de ses études bibliques et de
ses hoviéliesj 485, 494.
Ornements sacerdotaux (voir Vêtements).
Oromazb, dieu du bien chez les Perses. Sa mythologie , 1 , 165.
Orphée avait appris l'immortalité de TAme des prêtres égyptiens, I,
75, 92.— Son symbolisme du monde physique, 81,89.— Son poème Sur
les pt>rre5, 298.— Orphée est un type dégénéré du Sauveur des hommes,
303; — il en redevient un symbole chrétien , II , 7 ; — III , 469. — Sa
figure peinte dès les premiers temps dans les catacombes , II , 500 ; —
comme symbolisant le Bon Pasteur, 505; —IV, 94.— Il est Venchanieur
des Ames, III, 309, 523.
Osée, prophète, symbolise l'infidélité de Jérusalem , II , iC4 , 194. —
Prédit, huit cents ans auparavant, la fuite de la Sainte Famille en Egypte,
IV, 104.
OsiRis. Ses divers râles dans la mythologie égyptienne, I, 87, 88, 90,
159.— (Voir Isis.)
OssiAN, poète Scandinave, n'est point un personnage fictif. Symbo-
lisme de ses chants, I, 181.
Ostensoir, vase sacré réservé à la Sainte Hostie. Son histoire; sym-
bolisme à y appliquer, IV, 338.
Ours, symbole de la brutalité féroce, II, 245, 246, 579, — III, 155,—
de l'orgueil violent, 37 O.-r- Introduits dans les armoiries, II, 546.— Ours
s'embrassant, III, 448.
i
644 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
OwBRBBGK , fondatear de l'école d'iconographie chrétienne de Dos-
seldorf. Beaox modèles artistiqueB de sa collection, IV, 146.
OzANAM a défeada l'orthodoxie de Dante^ injustement attaquée, III ,
355.
Paoanisub. Il existait encore dans les campagnes du VP au ix« siècle^
IV, 201. — Les livres des païens contribuent à la décadence de Tesprit
religieux à la fin du xv« siècle, 205. — * Employé par le roi René k
symboliser la ylctoire du Christ sur le démon , 206 et suiv. — Vo-
cation des gentils, symbolisée par le champ ensemencé du Père de fa-
mille, 224. — * La Renaissance ramène Tart au paganisme, 363.
Pain apporté à S. Benoit par un corbeau, IV, 92.
Paix , symbolisée par l'olivier, 1 , 145 , 203, 204, — par le pain et le
sel, 204.
Pal, pièce de blason. Sa signification, II, 545.
Palamqu6,ou Gulhuacen, ville ruinée du Mexique où se retrouvent
des preuves d'une ancienne adoration de la Croix, III, 530.
Palbstrina , virtuose et compositeur italien du xvi« siècle. Sa Messe
du pape Marcel j IV, 265.
Pallas, planète, symbolisée par une lance, I, 58. — (Voir MmsavE.)
Pallium , ancien manteau d'honneur, devenu une simple bande de
laine faisant partie du costume sacré des archevêques et de quelques
évéques, IV, 165 et suiv.
Palme, symbole du triomphe, 1^203; —II, 187, 197; —III, 36, 85.—
Les Apôtres portant une palme aux funérailles de la Sainte Vierge, II,
647. — S** Claire et sa palme toujours verte, 677.
Palmier, symbole de l'Egypte sur les médailles de Ntmes, I, 265, —
de la justice des Saints, II, 388, 479, 489,— IV, 90, — de la gloire éter-
nelle, II , 401, — III, 45, — de la conversion, II, 647. — Autres et nom-
breuses idées symboliques qui s'y rattachent, III, 562, 564.
Pan. Son temple au milieu des forêts , I , 227. — Ses lupercales
changées en une fête chrétienne de la Chandeleur par le pape S. Gelase,
IV, 186.
Pandore. Comment représentée par Albert Durer, IV, 358.
Panthère, symbole de la férocité, I, 202, — de la luxure, II, 671. —
Opposition symbolique de ces vices dans le symbole que les physioiogaes
en ont fait du Sauveur, III, 506 et suiv. — Confondue avec le lion dans
certains passages bibliques, IV, 294 et suiv.
Paon , symbolise l'immortalité, I, 233 , 286 , 401 , 668 ; — III , 154 ,
291, 292. — Ses couleurs symboliques, 1,308. — A tête nimbée, II, 401.
— Signifie la vigilance, 618; — III, 448.— Ses oppositions symboliques.
TABLE GÉNÉRALE. 64 S
II, 668 ; — III| 446, 448.— Les paons confondus parfois avec des perro*
quels, 292, — symbolisent les sots orgueilleux, 446.
Papes. Pourquoi le Pape vêtu de blanci I, 299, 345. — Roi-Pontife de
toute TEurope au moyen ftge, II , 16. — Symbolisme de son intronisa-
tion, 617. — Son infaillibililé dans les décisions doctrinales , 35. — Les
protestants en ont fait l'Ântecbrist, 144.— Représentant de Jésus-Christ,
150. — Sa primauté d'honneur et de juridiction indiquée par l'art chré-
tien du xin« siècle , 404 , 426. — Résume en sa personne toute l'Église ,
426 , 621. — Les Papes ont toujours protégé les juifs contre la haine
jastifîée des chrétiens, 446. — On ne leur a contesté leur pouvoir supé-
rieur qu'au grand détriment du repos des peuples, 620 et suiv., — et
par quels moyens de fraude astucieuse, 665; — III, 194.— Que leur pré-
tendu empiétement n'a pas été la cause des développements de l'art
chrétien au xi» siècle , 194. — Les Vies des Papes , par Anastase le Bi-
bliothécaire , 237 ; — IV, 287. — Zèle des Papes pour la décoration ar-
tistique des églises, III, 338; — IV, 80 et suiv., 287 et suiv.— Eux seuls
ont déterminé les rites successifs de la liturgie de la Messe, 156 et suiv.
— Ont adopté certains usages païens pour les sanctifier à l'usage des
peuples, III, 209, 267, 558; — IV, 186.
Papillon, symbole de l'ftme, I, 262; — III, 397.— Charmantes allégo-
ries des anciens, 1, 287.
Pâques. Observances symboliques de la liturgie pascale en quelques
Eglises, IV, 180, 186, 197, 215.
Paraboles, et leur signification symbolique. Symboles en action, II,
64, 422; — IV, 50. — Pourquoi l'obscurité apparente de quelques-unes?
II, 65, 66. — Règle nécessaire à leur intelligence , 71, 422, 423, 477. —
Paraboles du nouveau Testament relatives à rÉgliae , 422 et suiv. —
Enseignement du Sauveur, souvent éclairé par des paraboles, 422, 467 :
— Le trésor caché , 518.— Les dix vierges , 65.— Paraboles : du semeur,
66, — des ouvriers de la dernière heure, 71,— du figuier stérile, 72, —
du bon Samaritain, 176, 314 et suiv., — de l'enfant prodigue , 52, 176,
187, 423. — La salle du festin, 187.- La bonne et la mauvaise semence,
301.— Le serviteur infidèle, 422.— L'aire purifiée, 421, 423.— Le festin,
423. — Les poissons choisis ou rejetés, 424. — Les brebis et les boucs,
424 , 602. — Le froment et l'ivraie , 425. — Le grain de sénevé devenu
un grand arbre , 427 , 466 ; — III , 520. — La vraie vigne , II , 521. —
Le Bon Pasteur, 602 ; — IV, 50. — Le bon et le mauvais arbre, III,
571.
Paradis, lieu du bonheur des Saints. Ce qu'en dit S. Augustin , II,
355. (Voir Ciel , Jérusalem, Sainls,) — Paradis terrestre , image du
bonheur étemel, 391, 392, 393. — Sa position à l'orient, III , 71. — Ce
qu'en ont dit les Pères de l'Eglise , 51£. — Sa splendeur diminuée par
le péché , 517. — Pourquoi nommé Éden , 517. — Paradis terrestre
(voir Eden).
('aralipomènbs , livres bibliques faisant suite aux deux livres des
RoiSy II, 38.
646 HISTOIRB DU STMBOUSME.
Parallélisme des deaz Testaments, oa événements quiydaBsTanden,
sont la prophétie du nouveau , II y 112 , 156 , 287^ 413 , 466, 467 ; — IV,
16 et saiv., 58 et suiv.— Comment on pent remployer aTantageosement
dans rornementation artistique , III, 299 ; — IV, 58 et suiv., 376. — La
NouveUô Alliance , aux vitraux de Bourges , 16 , 18. — Les sibylles
avec les Prophètes , ou les Apôtres , ou les Patriarches , 101 , 108. —
Utilité et méthode de ces rapprochements, 107.— Rapprochements cu-
rieux entre les formes de récriture et le style archi tectonique de
chaque siècle, 25 et suiv. — Même observation relativement à la mu-
sique sacrée, 253, 256, — et à l'orfèvrerie, 308.
Paralytique de l'Évangile, symbole de Timpuissance de la nature
déchue, IV, 132.
Paresse, péché capital, symbolisée par un crapaud ou un serpent dé-
vorant les pieds d'une femme, II, 272.
Paris, capitale de la France; symbolisé par un navire , I, 209. — Sa
Sainte-Chapelle et ses belles peintures à la cire, IV, 55.
Paris (Paulin), de Tlnstitut, adopte la primosécularité des Églises de
France, après Tavoir niée, I, 356.
Parole. Rôle de la parole dans la vie morale de l'homme , I , I et
suiv. — A besoin d'être suppléée par les signes, 2, 15, 51.— Histoire de
l'origine et des développements du langage, 15, 27 et suiv.— La parole
est une véritable musique accentuée par le peuple , sans qu'il s'en
doute, 63 et suiv.
Parrhasius, peintre grec connu par son rideau, I, 276.
Parricides. Leur supplice symbolique à Rome, I, 195.
Parthbnay, ville du Poitou. Belles peintures à la cire de son église
Saint-Laurent, IV, 55.
Parthbnon d'Athènes. Nombreuses allégories qu'y sculpta Phidias ,
1, 233. — Esthétique de sa Minerve, 257.
Parthes, combattaient même en fuyant, II, 209.
Parvis des cathédrales et collégiales. Leur emploi et leur symbo-
lisme, III, 133. — Symbolisent les hérétiques, II, 213.
Pascal (L'abbé), auteur des Institutions de Vart chrétien. Ses (aux
systèmes sur beaucoup de questions traitées par lui , III , 297, 545 ; —
IV, 93, 137.
Paschase Ratbert, savant du ix« siècle, II, 537.
Passereau , symbole de l'amour de la solitude, III , 114, — de la so-
litude pénitente, et pour cela attribut de David, IV, 28.
Passiflore, ou fleur de la Passion; symbole de la foi, I, 208.
Passion. Les instruments du supplice de Jésus-Christ peints en vert,
I, 320. — Symbolisme de chacun d'eux, d'après S. Portunat de Poitiers,
II, 521 , 522 , — et d'autres, III, 214.— La passion du Sauveur symbolise
notre passage de la vie mondaine à la vie de la grâce, II, 528. — Pré-
i
TABLE GÉNÉRALE. 6i7
dite par les sibylles dans la plupart de ses circonstances, IV, 101, 103^
105 , 106 , 108. — Effet puissant du chant liturgique de la Passion au
Vendredi saint, reste des anciens drames du moyen âge, 197. — Ce
qu'était le drame de La Passion, 198.
Pasteurs. Mauvais pasteurs , II , 512. — Les bons pasteurs, et leurs
modèles parmi les Saints, 588. ^ Pasteurs des peuples, d'après S. Ber*
nard, 602. — Symbolisés par le coq des clochers , III , 118. — Jésus, le
Bon Pasteur, IV, 80.
Patène, vase sacré de la Messe, sur lequel se dépose la sainte Hostie,
comme le précieux Sang dans le calice. Ses conditions, IV, 337.
Patriarches , ont exercé la première royauté, 1 , 77. — Dépositaires
des promesses de la rédemption, II, 78, 86,98.— Leur familiarité filiale
avec Dieu, 87.— Chacune de leurs actions est un signe prophétique de
l'avenir, 111. — Représentation anticipée du Fils de Dieu, 484,565. —
Figurent dans les poèmes de Dante , III, 354.— A quelles sibylles quel-
ques-uns d'entre eux sont ou peuvent être associés dans Tart chrétien ,
IV, 101 et suiv., 107.
Patrice (S.) , évêque d'Ârmach en Irlande. — Son Purgatoire, III,
387. — Prend la feuille de trèfle pour symbole de la Trinité, IV, 74.
Paul (S), apôtre des nations. Caractères de ses Épitres, n, 45, 63,
113.— Ensemble de sa doctrine, 61, 63, 68.— Emploie beaucoup le sym-
bolisme, 108.— Comment il est un vase d'élection, 77. — L'un des plus
dignes interprètes de la Bible, 113. — Symbolisme de son épée, 151 ; —
III, 144.— Il compare TÉglise à une épouse parfaite, II, 351. — A eu un
avant-goût de la vision béatiflque , 360, 363. — Mieux symbolisé par
l'hyacinthe que par le saphir, 379, 383. — Accompagne souvent S. Pierre,
431. — Symbolise la Synagogue, 451 et suiv.— Pourquoi à la droite de
Jésus crucifié, ou assis parallèlement à S. Pierre qui occupe la gauche,
451 et suiv., 645 ; — lU, 45, 144. — Loup ravissant, II, 453. — Moulant le
blé eucharistique apporté par les Prophètes, 573; — IV, 18. — Ce
symbole parodié par le protestantisme à Berne au xvi« siècle, 398. —
Ensemble de ses attributs symboliques, III, 144. — Ses chaires à Salo-
nique et à Corinthe, 215. — Comparé à l'ivoire, 503. — Ce qu'il dit des
rites de la Messe observés de son temps, IV, 154.
Paul (S.), ermite, nourri par un corbeau, II, 658.
Paul III (Le pape) fait couvrir les nudités placées par Michel-Ange
dans son Jugement dernier, IV, 366.
Paul Hu, mandarin chrétien. Son tombeau à Nankin, I, 201.*
Paul \Varnefridb , ou Paul Diacre , symboliste du viii» siècle. Son
Uomiliaire, II, 528.
Paulin (S.), évêque de Noie, Père des iv« et y« siècles. Ce qu'il dit
des eulogies et des vases de terre, II, 49SÎ.— Sa description en trois vers
d'une image de la Trinité, IV, 77.
PAvà des églises. Règles à suivre pour le symbolisme de leur orne-
mentation, II, 595 ; — III , 153 ; — IV, 65; — Ses si;^nifications mys-
648 > HISTOIRE DU STMBOUSME.
tiqaes, III, 152.— Opus Alexandrinum, 153.— Fécondité de ce moyen
d'ornementation , 153. — Pavés émaiUés et très -symboliques du
xii« siècle, 157.
Pavillons des différentes nations, symboles des souverains, 1, 243.
PÈCHE > représentée comme synibole de l'apostolat^ II , 503 , 583. —
Sa valeur esthétique dans l'iconographie chrétienne , 506, 507, 508. —
Oiseaux pécheurs , symbole du démon , 493. — Les pécheurs^ presque
toujours pris en bonne part comme symbole, 510^ — mais quelquefois
aussi image du démon, 585.
PÉCHÉ ORIGINEL, personnifié dans le Typhon des Égyptiens , I, 89, —
dans l'Ymer des Scandinaves, 178. — Idée d'une régénération repro-
duite dans toutes les religions antiques, 317. — L'arbre de vie opposé
au péché originel , II, 392, 393. — Ce péché exprimé par une épine dans
un pied, III, 318. — Le péché symbolisé par la lèpre; pourquoi, 360; —
par la cécité et la folie, 361. — Gomment le symbolisme en a exposé
les effets par des animaux qui s'assimilent les feuilles d'un arbre ,
IV, 452.
PÉCHÉS CAPITAUX, souveut sculptés dans les églises, II, 23, — et de
préférence au côté nord, comme tous les symboles néfastes, III, 127. —
Leur symbolisme dans l'art chrétien, II, 229. ~ Figurés peur les feuil-
lages et entrelacs de quelques chapiteaux, III, 527. — Les péchés
remis par l'imposition des mains, II, 534.
PÉCHEURS. Leur punition étemelle, II , 260, 262. — Les titres de leur
réprobation, 361.— Figurés pac l'ivraie, 425, — par la Synagogue, 460.
Peioné-Dblacourt. Son écrit sur Les Normands dans le Noyonnais^
intéressant au point de vue des ravages subis par les populations du
ix« siècle, III, 24.
Peinture , plus populaire que la sculpture, I, 270. —Raison de cette
popularité, 271; — IV, 1. — Elle a son symbolismb, 1, 273, 277, 280, 348;
— m. 373. — Inférieure chez les anciens à la sculpture , 1, 274 et suiv.,
— et bien incomplète quant & l'art des détails et des scènes générales,
275 et suiv.— Le Sacrifice dlphigénie, de Timanlhe, 275.— Le Mariage
de Roxane, par Ochion , 275. — La Calomnie d'Âpelles, 276, 281. —
Histoire de l'origine et des progrès de la peinture ancienne , 278. —
Subit les influences de la philosophie de Pytîiagore et de Numa , 278 et
suiv. — En quoi consista l'esthétique de la peinture et de la sculpture
antique, 284.— La Sapho de M, Délavai, peinte avec des couleurs
symboli^ques , 348. — Les principes symbolisUques appliqués toujours
et partout daus la peinture chrétienne , 336 ; — II, 341, 608; — IV, 49.
— Los Byzantins soumis aux mêmes principes que les Occidentaux , I,
336; — n, 341«— Les Peinlures et Ornements des manmerils du y* au
XVI* siècle, par M. le comte Auguste de Bastard, ouvrage d'un grand
secours pour l'histoire de l'art durant cette longue période, 454 et suiv.
— Églises peintes à grandes scènes symboliques dès le v« siècle, 502 et
suiv., 514, — IV, 50, — à renouveler de notre temps , 56, 58 et suiv.; —
deviennent un grand moyeu d'instruction populaire, 60. — Sujets
TABLE GÉNÉRALE. 649
piis des deux TeBlaments pour romementation des églises^ 11^ 503; —
m, 275; — IV 1 48 etsuiv.^ 58 et suiv. — Ce que les Pères pensaient de
la peinture cbrétienhe'^ 51 , 52. — La peinture usitée dans les églises
sous la seconde race, et remplaçant souvent la sculpture, III, 17; —
lY, 3 suiv.; — employée aussi au iv" siècle par le pape S. Sylvestre ,
III, 45. — Distinction, parfois difficile, entre les deux écoles grecque et
latine, 62. — Ce que S. Grégoire III dit des scènes bibliques, lY, 2 , —
et S. Grégoire de Nysse, 50. — Peinture appliquée aux autels, III, 275;
— lY, 115. — Abus de ce moyen employé sans discernement, 114, 116.
— Traité des arts, et particulièrement de la peinture murale, par le
moine Théophile, III, 62, 352 et suiv. — Le Lumen anima, écrit dans
le même but, 353.— Le Guide de la peinture, par un moine byzantin, II,
341. — La Tentation de S. Antoine^ empruntée par Callot & un récit de
S. Atbanase, III, 373. — Formes multiples de la peinture chrétienne et
de ses moyens d'ornementation ; importance de les bien étudier, lY,
4, 173, — et de bien méditer les restaurations, 56. — Variantes de la
peinture au moyen âge et à la renaissance fondées sur la déchéance
du sens esthétique et moral , 27. — Sa décadence, 399. — Ne pas con-
fondre la peinture de la statuaire avec un badigeonnage , 114, 116. —
Histoire de la peinture chrétienne depuis les catacombes, 49 et suiv.,
173. — Obligations des évêques et des abbés quant à la peinture des
basiliques, 52. — Fresques des xi«, xii* et xiii« siècles, dans l'abbatiale
de Sainl-Savin en Poitou, 53 et suiv. — Peinture & la cire, bien préfé-
rable, et pourquoi, 55 ; —'son histoire, ibid, — Principe & suivre dans
les compositions picturales, 56, 59. — Grandes scènes historiques pré-
férables pour l'ornementation murale, 56.— Sujets à choisir, 58.— Pein-
ture plate, exigée des monuments du moyen âge, 59 et suiv. — Abus
des tableaux sur toile, 65. (Yoir Tableaux.) — La polychromie, indis-
pensable à la statuaire, 71 et suiv. — La peinture n'a rien de religieux
aujourd'hui parce qu'elle se ressent des mœurs, 378.
Peinture sur verre (voir Yithaux).
PÉLICAN, symbole du Sauveur nourrissant ses petits de son Sang, III,
448. — Lutte entre lui et le démon, II, 429; — III , 374. — Forme de
pélican donnée au lutrin, 211,— et au tronc des aumônes, 212. —
Symbolise la méditation de David sur la Passion du Sauveur, lY, 16.
— La charité du Christ au-dessus d'une croix , 27.
Pelletier (M. Yictor), chanoine d'Orléans, prend la défense de l'au-
teur sur l'iconograpbie de Tlmmaculée Conception, lY, 147.
PÉNITENCE, sacrement. Symbolisme de l'imposition des mains, II,
534.. Symboles de pénitence à employer comme ornements du confes-
sionnal , III , 214. — Comment ce sacrement est le symbole des souf-
frances morales du Sauveur, lY, 152.
Pennon porté par l'Église dans riconograpbie de la crucifixion , II,
456 ; — et par la Synagogue, 461.
Pentateuqub, ensemble des cinq livres de Moïse. Son analyse;
caractères et objets de chacun d'eux , I, 36 et suiv.— Il atteste l'emploi
du symbolisme dès les premiers jours du monde, lY, 239.
620 UISTOIBE DU SYMBOLISME.
Pentecôte, symbolisée par le tonnerre da Slnal^ H, 112. — Sa mani-
festation se fit un dimanche, IV, 179.— C'est la fête ^es Langues; pour-
quoi , II, 466.— Ces langues vinrent de TOrient, 111,71.— Le sacrement
de la Confirmation en est un symbole, IV^ 152. — Pourquoi on s*y sert
de vêtements liturgiques rouges, 177. — Usages ^rmboliqaes de quel-
ques Églises, 187, 204.
Pentubss des portes. Ornementation qu'elles peuvent recevoir, IV,
340.
Peplcm (voir Pebizoniuh).
Pères de l'Église, sont pleins de renseignements pour l'histoire du
.«ymbolisme, des croyances et des usages de leur temps, I, 155; — II,
469 et suiv. jusqu'à 705 ; — IV, 424. — Leur beau caractère littéraire
et moral, II, 470, 472.— Us adoptent le symbolisme des nombres, 1, 56, 57,
105, 107, 108, 119, 120,155, 487. — Ne sont pas autant platonisles qu'on
l'a dit ,119, 472. — Se sont inspirés des auteurs juifs dans leur interpré-
tation biblique, 189,361, — II, 58, 64 , — et quelquefois de la philosophie
des anciens, 460 et suiv., — III , 350, 469. — Charmes du symbolisme
catholique dans leurs écrits, 1, 369, 431.— Ils le préconisent et le recom-
mandent, II, 6, 471, 472, 476, 498, 518.— C'est en eux qu'il en laut cher-
cher la tradition à travers chaque siècle , 16, 19, 20 et suiv., 64, 82,408,
472 ; — IV, 423. (Voir Moyen âge,) — Interprètes autorisés de l'Écriture,
II, 35, 408, — dont le sens ne peut être adopté que d'après eux, 81 , 469, —
mais n'est pas toujours expliqué par une inspiration divine , 82, 469. —
Leur mysticisme, 360, 468. — Conforment leurs discours à l'intelli-
gence de leurs auditeurs, 530. — Unanimité de leur doctrine théologique,
421, 469, 472, 473; — III, 314. — Épuisent souvent toutes les ressources du
symbolisme dans les moindres détails d'un objet, II, 431. — Revue des
Pères symbolistes du ii* au xiv* siècle , 466 à 705 (voir les noms de
chacun); — III, 314,350, 469.— Les écrivains ecclésiastiques, glorieux de
marcher d'après les Pères et leur doctrine. II, 606 et suiv. — Les Pères
ont adopté les préjugés des naturalistes de leur temps comme moyens
symboliques, 626; — 111,350, 469 et suiv., 472.— Les Pères grecs repré-
sentés écrivant en latin, et les latins en grec, pour signifier l'unité de
rÉgUse, IV, 147. — C'est des Grecs que nous sont venus beaucoup de
symboles hybrides, 423, 424.
Pergamb, l'ancienne Troie, une des premières Églises apostoliques.
Symboles qui s'y rattachent dans l'Apocalypse , II, 154.
Perizonium . ceinture donnée au Sauveur sur la croix. Ses variantes,
II, 440, 4H, 464; — rV, 119. — Violet, en signe de deuU, 9, 124; — ou
bleu, par honneur, 119. — A d'abord été un péplum ou robe complète,
119. — Donné aussi aux deux larrons, II, 464. — Variétés séculaires du
peplmn; quelles couleurs lui donner, fv, 123 et suiv. — Pourquoi la Re-
naissance l'abandonne , 387.
Perles. Pr^ugés des anciens sur les perles, II, 367. — Symbole du
royaume des deux, 366, 384, 385, 387.
PsRPBTUis (S.), évêque de Tours au v« siècle. Belles pièces d'orfè-
vrerie qu'il lègue à son Église , IV, 290, 337.
r
TABLE GÉNÉRALE. 624
Persécutions (voir Romains), syinbolisée par un tremblement de
terre ^ II, 183. » Leur terme dans l'Église, et joie des Élus à ce sujets
258. » Les sept persécuteurs , de Dioclétien à Licinius, 285, 289. •—
Leurs figures sculptées aux modillons des églises, III, 385. — Philippe
le Bel, persécuteur de la Papauté, IV, 177.
Pbrses. Leur théologie pleine de symbolisme, 1, 165, 296. — Leurs sé-
pultures, 198; —leur culte du feu, 226; — UI , 529; —leurs rois et leurs
sept ofOciers, II, 163. — Ils persécutent le Christianisme, 274. — Leurs
autels du feu, ou pyrées, toujours accompagnés de deux lions ou léo-
pards, m, 529.
Perspective , non inconnue, mais négligée méthodiquement par leé
artistes du moyen âge, II, 447; — IV, 61. — C'est pourquoi on doit
remployer dans les peintures des églises de la Renaissance, 62.
Pesée des âmes, symbole des mauvaises influences du démon sur
les âmes, II, 429; — lU, 90, 142, 209, 336, 367, 463.
Peste de dix années sous Volusien et Gallien , prédite par TApoca-
lypse, II, 265 ; — conjurée au zv« siècle par la représentation de mys-
tères dramatiques, IV, 204.
Peuple (Le), Comme le moyen âge le traitait mieux que notre époque
de prétendue liberté , IV, 198.
^Peuplier, symbole du Juste puisant aux eaux de la grAce , 111, 564.
Phénix, oiseau, symbole de la longévité, I, 95; — II, 499, 500 ; —
III, 448.
Phidias. Analyse de 8on Jupiter Olympien, I, 256, — de b9l Minerve
du Parthénon , 257, 290.
Philadelphie, une des sept Églises de l'Apocalypse , II , 157, 353.
Philippe (S.) , apôtre , explique du Sauveur un texte d'Isale , II, 61.
— Lui-même le reconnaît aux prédictions conservées par les Juifs , 62.
— Symbolisé par la sardoine , 379. — Ses attributs iconographiques ,
m , 147.
Philippe le Bel , roi de France. Sa persécution contre le Saint-
Siège détermine le pape Boniface VIII à donner aux cardinaux leur
robe rouge, IV, 177.
Philippe de Valois, roi de France, réfute la thèse de Pierre de
Cugnières contre l'indépendance du Saint-Siège , III, 357.
Philistins. Idée de leur temple de Dagon, 1 , 222. — (Voir Anus.)
Philon , historien juif. Ce qu'il dit des usages symboliques de sa
nation , 1 , 189.— Son livre De Monarchia , où il explique le symbo-
lisme de la Bible , II , 94.
Philosophie humaine, devenue un prétexte d'incrédulité, symbolisée
par l'Apocalypse et définie par l'apôtre S. Jacques, Il , 249. — Endur-
dssement de ses adeptes contre les punitions divines, 267, 268, 282. —
Ceux de notre époque , et leurs doctrines systématiquement impies ,
369, 564, 678 ; — HI, 79, 89, 192, 345, 391. -- Ils font tout venir de la
622 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
terre, et le Christianisme lire tout du ciel, II, 578. — Ils détesteot le
moyen flge pour son esprit chrétien, 608, 628 ; — 111,79; « lY, 208, 396.
— La théologie doit diriger la philosophie^ 11^ 630 ;— III, 193. — Philoso-
phie très-élevée du Christianisme dans ses rapports avec les hommes ,
IV, 162.— La philosophie des libres penseurs dénature Thistoire pour le
service de sa cause , III , 192, 337 et suit., 345^ 421, — IV, 200,— et se
refuse aux démonstrations les plus évidentes, III, 391 ; — IT, 216, 226.
— Ne comprend pas la foi parce qu'elle ne l'a jamais étudiée, HI, 40i,
404. — Les philosophes anciens plus raisonnables et de meilleure foi,
IV, 100. — Attaques injustes contre les drames liturgiques, 100 et snÎT.,
— et les Fêies de VAne en particulier, 208 et suiv., 216. — Le trai et
le beau inséparables de l'art, dont il sont l'esthétique nécessaire, 342. —
Que la philosophie du xix« siècle est en opposition avec l'art chrétien,
iMd., 397.
Philosophie de l'art sur une urne grecque du Captlole, représen-
tant la Création de V homme par Promélhée, 1, 262.— Dans VArcadie
de Poussin , 272. — Gomment cette philosophie procède chez les an-
ciens, 277. — La Calomnie d 'A pelles ,281. — La fable de Psyché ,286
et suiv. (Voir Psyché.) — Définition de l'esthétique, ou philosophie de
l'art , IV, 370. — L'art , fait pour la morale et non pour le vice , 1 , 287
et suiv.; — IV, 342 , 385. — Gomment il s'est purifié dans l'esthétique
chrétienne , 1 , 366 ; — III , 33 , 323 , 346. — Ses dernières lueurs à la
Renaissance , IV, 351, 385. — Charmants exemples de ce sentiment dans
la Tapisserie d^ Angers sur l'Apocalypse , II , 220 ; — dans les crucifix
du XII* siècle , 456; — dans la Danse macabre de la Chaise-Dieu , 111 ,
94. — L'esthétique préférée aux effets artistiques par les artistes du
moyen âge , Il , 447 ; — III , 92 , 242 ; — IV, 343 , 370. — Unité de plan
dans les églises , symbole de l'unité de Dieu , III , 36. — Absence du
sentiment esthétique dans une sculpture de l'Arbre de Jessé , 276. —
Comment Castiglioni entendait l'union du beau et du bon dans la phi-
losophie chrétienne et dans l'art qu'elle inspire , IV, 385.
Philtres, opérations magiques usitées dans le culte du démon, III,
342, 367. — Type curieux de ces sortes d'opérations, 395.
Phison , l'un des quatre fleuves du Paradis terrestre. Noms des trois
autres , IV, 48.
Phogée. Symbole de ses médailles , 1 , 264.
Phoque , symbole de la ville de Phocée , 1 , 264.
Phylactère , bande de parchemin chargée d'une inscription et mise
aux mains d'une statue peinte ou sculptée ; préférable aux mains des
Prophètes , comme le livre fermé pour les Apôtres , IV, 90 , 211, 313.
— Ne doit pas manquer aux animaux du Tétramorphe , 112.
Physioqnomonie, science conjecturale, mais servant le symbolisme
zoologique, III, 446.
Physioloques, ou Traités symboliques sur les animaux , Il , 21. — *
Quelques traits de leur méthode, 246, 323; — III, 472, 474, 510.— Figu-
rent en un grand nombre de manuscrits enluminé}, 11^ 579. » Celui de
TABLE GÉNÉRALE. 623
Guillaume le Normand, 462; — celui de Tatien, 484, 561, — III, 474,—
de Pierre Alfonsi, 11, 566, —de Théobald, en entier, III, 475 et suiv.,—
et autres du moyen Âge, 475. — Sources de l'imagerie du moyen âge
II , 60! ; — III , 475. '
Physique du moyen âge, admettait que l'air était le principe du feu
IV,13. '
Pic de la Mirandole a donné dans la cabale et les sciences occultes ,
in , 349.
Pie IX (Le Pape). Prie-Dieu symbolique que lui offre le clergé de la
province de Tours , 1 , 208. — Sa magnifique défense du pouvoir royal
dans sa conduite personnelle contre la Révolution , II , 666.
Pieds. Les pieds de feu d'un Ange , II, 210. — Pieds nus des Apôtres,
324 ; — IV, 94 ; — des Anges , III , 875; — IV, 94. — Pied blessé d'une
épine, exprimant l'humanité blessée par le péché originel . III , 318. —
Pieds nus de Notre-Seigneur, IV, 93 , 94. — Principes symbolistiques à
suivre sur la nudité des pieds dans la peinture chrétienne; leur histoire,
leur cause et leur importance , 93, 94, 119. — Pieds nus à S. Jean-
Baptiste , 93 , 94 ; — pourquoi à Isale et à Moïse , 94. — Graves erreurs
de certains artistes sur ce point si important, 95, 137. — Les sandales
n'empêchent pas la nudité symbolique des pieds , 137, 138.
PiBL , habile architecte dominicain. Ses travaux sur le symbolisme
des nçmbres dans l'architecture, 111, 30.
PiÉRius Valérianus,ou Bolzoni. Ce qu'il dit des chiffres chaldéens, I,
55. — Un peu outré dans son enthousiasme des anciens, 55. — Traduc-
teur des œuvres symbolistiques d'Horus Apollon, 92, 96.
Pierre (S.). Son nom changé, et pourquoi, I, 41 ; — II, 63, 425, 532.
—Prince des Apôtres , vêtu de vert et de jaune , 1 , 323 , — de rouge,
324. — Premier interprète du sens des Écritures sur la Rédemption, II,
34 , 467. — But et caractère de ses deux Épîtres, 45. — Il prouve Jésus-
Christ par les prophéties , et aussi sa vocation au gouvernement de
l'Église, 62 , 63. — Grand nombre d'églises sous son vocable , 426. —
Sa mort reprochée à Rome figurée par la bêle apocalyptique, 218. — II
reçoit les clefs symboliques; sens de ce symbole , 327, 404, 426 ; — III,
141, 143. — Figuré par le jaspe, à cause de la fermeté de sa foi, II, 378. —
A le front chauve dès le xiii« siècle, 403.— Occupe dans l'assemblée des
Apôtres un siège plus élevé, 404. — Pourquoi accompagné du coq,
427 ; — III, 143. — Symbolisme de sa barque, II, 430, 431. — Souvent
accompagné de S. Paul , 431. — Il est la figure de l'Église, 451. — Rai-
sons symboliques de le placer au côté gauche de la croix ou du cru-
cifix , 451 et suiv.,— ou même de Notre-Seigneur assis , 452. — Anti-
quité de ce symbole , 453 , 454; — III, 45. — Dante fait de lui le type
de la foi , II , 673. — Le 5. Pierre de Vézelay, type symbolique de la
beauté morale , III , 39. — S. Pierre es Liens, patron symbolique des
cimetières , 81 , 83.— Défendant le chrétien contre le démon , 128. —
Ouvrant aux Justes la porte du Ciel, 141.— Ses attilbuts iconogra-
phiques , 143. — On lui attribue la loi de la tonsure ecclésiastique ,
624 HISTOIRE DU STMBOUSME.
»
143. — Baptême de Conieille par 1* Apôtre sur des fonts baptismaux ,
299.
PiBRRB Ghrysologue (S.)» évéque de Rayenne^ Père du t« siècle. Son
symbolisme dans ses Expositions del*Écriture^n,497, 499;— III, 191.
Pierre Damien (S.) , évéque d'Ostie aa xi* siècle. Ce qu'il dit de la
place relatiye donnée auprès de la croix à S. Pierre et à S. Paul , II ,
452. — Ses sermons , et son esprit symbolistique , 554.
PjBRRE DE Gapoub, sRvant cardinal, symboliste éminent du xin« siè-
cle. Sa Rose alphabétique ^ et ses autres ouvrages, 11^ 609 et suiv.— Légat
en France, il s'applique à abolir les désordres introduits dans les
drames liturgiques, IV, 200 et suiv.
Pierre de Riga, symboliste du xii* siècle, II, 482.
PiERRE-DEB-ÉoLiSES (Saint-), église rurale du Poitou. Ses peintures
de l'Apocalypse, II, 241. — Elle est de l'époque gallo-romane, III, 12.
Pierre, symbole de la fermeté, 11, 426, — du poids du péché sur la
conscience, 534. — Pierre de liais remplace le marbre au xn* siècle
dans l'ornementation des églises, III, 156. — Est la seule matière pos-
sible des autels chrétiens, 269. — Jésus-Christ, pierre angulai^, IV, 80.
Pierres précieuses (voir Gbhmes).
PiGALLE, sculpteur français du xviii* siècle , a manqué d'esthétique
chrétienne dans son tombeau du* maréchal de Saxe, III, 98.
PiGNORiA, antiquaire de Padoue au xyii« siècle. Son explicaÛon in-
complète de la Table Isiaque , 1 , 85 , 86.
Piliers (voir Colonnes).
Pilon (Le Saint-)^ pilier soutenant, à Saint-Maximin-sur-Var, une
statue de S** Madeleine, III, 420.
PiONius (S.), martyr du iii« siècle , reproche à ses bourreaux de réa-
liser un symbole de TAppcalypse, II, 230.
Pisanore, général lacédémonien ; pourquoi surnommé VAne de
Cnide , IV, 217.
Piscine des églises. Ce que c'est; son usage , son symbolisme , III ,
233. — Piscine baptismale ; son ornementation symbolique , 294 , 296.
PiTRA (S. Ém. le Cardinal). Idée de son beau Spicilége de Solesme,
1 , 328 ; — II , 83 , 520. — Sa Clef de Méliton , 82 , 83 , 480 ; — III, 475.
Plaies ou fléaux envoyés sur Rome en punition de ses impiétés, II,
265 et suiv.
Plain-chant (voir Chant grégorien).
Planètes. Leurs signes symboliques, I, 58,' 148. — Comment Gelse
établit le symbolisme de leur rotation autour du soleil, 60.
Plantier (Msrr), évéque de Ntmes. Son discours contre les envahis-
sements des églises par la musique profane, IV, 267.
Platane , symbole de la charité, III, 214 , — de l'élévation morale ,
526.
TABLE GÉIYÉRALE. 625
Platon n*a pas vu la Trinilé aussi clairement qu'on le prétend d'or-
dinaire, I, 146 ; — il, 577.— Son influence dans les écoles païennes, 631.
Pline le Naturaliste. Idée qu'il donne des peintres anciens et de
leurs œuvres, I, 273, 275 ,278. — Ses opinions personnelles sur l'art,
277, 284. — Il en exalte toujours le côté moral, 288. — Ses préjugés
sur l'histoire naturelle des pierres précieuses. II, 366.
Plomb, métal que son poids a fait attribuer à Saturne, I, 60.
Plughb (L'abbé) s'est trompé sur la date du Zodiaque, III, 450.
Plutus (au lien de Pluion, imprimé par erreur). Symbolisme de sa
corne, II, 74.
Poésie. Ses origines et ses moyens symboliques, I, 215. — Beauté de
\'Ave, maris Stella^ II, 520; — des Proses d'Adam de Saint- Victor, 570;
— ni, 3oi.— Injustes reproches à la poésie du moyen âge, II, 571; —
111,355. — Distiques appliqués par Suger à tous ses ornements de
l'abbatiale de Saint-Denys, II, 572^ 573; — autres pour les manuscrits à
miniature de l'abbesse Herrade , 579. — La poésie symbolisée par
Virgile dans la Divine Comé'lie de Dante, 665; — III, 355. — Elle s'élève
jusqu'à 1^ théologie par sa nature môme, quapd elle conserve sa dignité,
666. — Poésies symboliques du moyen âge , II, 674; — celles de la
Danse macabre , III, 95, 96, 97. — L'éloge du coq , 118. — Distique
d'un bénédictin symbolisant le lion et le bœuf contre son abbé, 136. —
Éloge par le poèt« Prudence des fleurs en mosaïques décorant les
églises de son temps , 154. — Le .Physiologue en vers de Théobald ,
réédité en entier, 475 et suiv.— Vers techniques sur le Zodiaque et les
occupations attachées à ses douze signes, 456 el suiv. — Charmant
petit poème de Théobald De Turlure^ 504. — Hymne de S** Florence
au xi« siècle. II, 556; — III, 542. — Le jardin de Salomon, par Her-
mann de Werden, 555, 556. — Distique sur le symbolisme, de l'encen-
soir, IV, 212.
Poètes. Ceux de l'antiquité ont laissé de nombreux détails sur les
croyances et les usages de leur temps, I, 75. — Caractère élevé de la
poésie chrétienne; comment elle se prête au symbolisme, II, 494.
Poil, symbole du péché qui se hérisse sur la conscience, 11, 519.
Points cardinaux (voir les noms de cfiacun).
Poisons végétaux. Leur origine, III, 518.
Poisson, signe du Zodiaque. Gomment symbolisé, I, 58. — Pourquoi
donné au mois de février, III, 458. — Comparé à Aser par Jacob, H,
109. — Symbole de la voracité , I, 95 , — de la timidité , 258, — de
Noire-Seigneur Jésus-Christ, II, 18 ,— VI, 80,— des chrétiens, II, 424,
483 , 585, — III, 85, 332. — Origine de ce symbole, IV, 97, 375, 376.—
Poissons purs et impurs du Lévitique, II, 586. — Symbole des dangers
de la vie présente, m, 86, 87, 331 , — IV, 451, — et des délices maté-
rielles, ibid, — Poissons affrontés de Jouarre, III, 332, — du baptistère
de Saint-Jean à Poitiers, 332. — Quel était le poisson de Tobie dans la
Vierge au poisson de Raphaël, 375 et suiv.
T. IV. 40
(>26 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Poitiers. Sa cathédrale; curiosités symboliques de son architectore
et de son oruementatioû : la fleur du lotus^ I, 159 ; — les modillons, 335;
— II , 269 , 326 ; — III , 249, 318 , 447 ; — ses Toutes , 224; — la gueule
de Teiifer^ II , 339; — les nuages servant de marchepied au Juge sou^
veraiu, 342,347 ; —le Jugement dernier, 343 et suiy., 346 etsuiv.; — la tra-
dition des clefs, 427. —Ses vitraux, III, 223 ; — IV, 124; — ses tableaux
sur bois , 70; — ses usages liturgiques, 185, 186. — Critique irréfléchie
de M. Ch. Lenormand contre ces données symboliques, I, 177 ; — II, 5.
— Gargouilles, III , 258. — Ses ornements bleus du xvi« siècle, 1 , 317.
— Autres détails artistiques, 111, 249, 260, 371, 428 ; — IV, 44. —Épo-
ques diverses de sa construction , 1 , 360. — Beauté de son appareil ,
III , 159, — de ses stalles, 220, 363. — S. Victorin, ou Nectaire, évéque
de Poitiers, II, 166. — Relations architecturales entre la crypte de
Sainle-Radégonde et les catacombes , III , 5 , 188. — Ses modillons ,
318. — Ogive du xi« siècle dans cette église, 36. — Daniel et les lions,
138. — Autres détails , IV, 44 , 55 , 78 ; — III , 423. — Le temple Saint-
Jean; observations sur son architecture du !¥• siècle , 11, 12. — Dé-
viation de son axe, 170. — Ses trois nefà , 175; — son époque , 290 ;
— ses peintures murales , 291 ; — ses sculptures , 332. — Eglise Saint-
Porchaire et sa formule inter leones, et description des sculptures de
sa façade , 137. — Celle de Saint-Hilaire , à sept nefs , 175. — Ses
cryptes, 188. — Arbre de Jessé à Noire-Dame , 277. — Lutrin en
aigle de cette église, IV, 319. — Épitaphes remplaçant les monuments
funèbres dans Téglise de Monliernetif, III , 304. — Beau manuscrit de
de la bibliolhàque de Poitiers, IV, 24,30, 31 etsuiv., 36. — L'imprimerie
à Poitiers au xyi* siècle , 36. — Beau létramorphe de Téglise Saint-
Saturnin, 112.— Rogations de Poitiers au xiii' siècle, 204.
POLYCARPE (S.),évéque de Smyrne; Tun de ceux dont il est mention
dans TApocalypse, II, 147.
PoLYGNOTB de Thasos , peintre grec , élève la taille humaine pour
symboliser la dignité de sa nature, I, 280 ; — excelle dans les dra-
peries, 285.
Polythéisme (voir Mythologie).
Pomme d'or remplie de cendi^, symbole de la fragilité du titre im-
périal, II. 618. — Pomme symbolique tenue par TËufant Jésus , prise
pour la boule du monde par quelques peintres, IV, 132, 133. — Mordue
par Satan, 139.
Pomme de pin, figurée souvent dans la flore murale du moyen âge
pour les raisins d'une vigne, III, 532, 538. — Prise à tort pour l'origine
de la fleur de lis, i7 id, — Cause possible de son emploi si fréquent
dans la flore murale, 540.
PoMON'B, déesse des fruits. Symbolisme de sa corne , n ^ 74.
Pontifical romain. Notions sur la date, Panteur et cerfiûnes pres-
criptions de ce livre liturgique, III, 76; — IV, 158.
PORG, symbole des passions honteuses, II, 493, — de la gonrmaiidise,
111 , 445. — Terrassé par un homme à coups de hache , 448 , 461. —
TABLE GÉNÉRALE. • 627
Pasieura de porcs dans l'iconographie da moyen Age, 461. — Qu'est-ce
que ne pas jeter des perles aux pourceaux ? 467. — Porc jouant de la
cornemuse, IV, 32.
PoRGHB (voir Narthex).
Pguphyrb (S.), évéque de Gaza au iv« siècle, construit une église en
forme de croix, lil, 105.
PORPHYRTON, Bspèce de ponle d*eau ; symbole de la fidélité conjugale,
iir, 471 .
PoRTAL (M. Frédéric). Analyse de son traité Des Couleurs symbo-
liques, I, 294 et sniv. — Éloge de ce livre, 295, 314, 347; — II, 69. —
Ses erreurs sur le sens de plusieurs textes d'Écritures saintes, 1,299, 304^
311, 339, 340; — contre l'impercabilité de Jésus-Christ,301,344;— sur la
couleur rouge, 308, 309, -— sur les feux de la Saint-Jean, 310, — sur le
rose, la rose et la rosée, 326, — sur la rose blanche, 328, — sur l'hya-
cinthe, 331 , — sur le violet, 334, — sur Torangé, 337, — sur le roux et
le tanné, 338, — sur VArbre de Jessé, 340 et suiv., — sur le gris, 346.
— Son livre peut être très-utile aux artistes, lu avec discernement,
347; — IV, 11. — 11 accorde trop à Tinfluence de l'Inde et de TÉgyple
sur l'emploi des couleurs symboliques dans la peinture chrétienne^
11.
Portes, symbolisent la puissance et la propriété sur la ville ou la
maison, I, 203; — II, 158; — le Sauveur, 384; — III, 133, 152; — les
Apôtres, II, 385; — III, 161 ; — le royaume des cieux, II, 384.— Portes
des églises; leur côté normal, Ili, 131 ; — s'ornent d'archivoltes et de
symboles au iv siècle, 27. — Leur nombre symbolique, et leurs détails
mystérieux, 271, 140, 160, 161, 169. — Pourquoi ce nombre est quel-
quefois dépassé, 161. — Les portes étroites, 162, 286. — Portes en
bronze doré de la basilique de Saint-Denys au xii* siècle, IV, 348. —
Soin qu'eut le moyen Âge d'ornementer les portes de ses églises ;
pentures à leur donner, 339 et suiv. — (Voir Façades, Trumeaux, Tym-
pans.)
Pourpre, couleur des hautes dignités, I, 309. — Incertitude de son
symbolisme , 333. — Le pourpre, couleur symbolique du blason; ce
qu'il signifie, II, 549.
Poussin. Symbolisme philosophique de son Arcadie, I, 273 ; — IV,
358.— Ses fausses données sur le baptême du Sauveur par S. Jean, III,
297. — Abuse du paganisme dans ses compositions , IV, 378. — Sa
Continence de Â'ctpion,379.
Prédestination (voir Saints),
Préface de la Messe solennelle. Beauté de son chant, calqué sur
l'ancienne mélopée grecque, IV, 240^ 247.
Présentation de Notre-Seigneur au Temple. Symbolisme de l'of-
frande des tourterelles. II, 531. — Jésus présenté par Marie à TAme
fidèle comme pain encharistique, III, 336. — Signification des cierges
portés à la procession, IV, 185.
638 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
PRR88B, employée surtout contre rÉglise et son histoire p&r le ratio-
nalisme moderne, III « 196.
Prêtres, portent le noir en signe de deuil, I, 335.
Prévoyance, symbolisée par la fourmi, 1, 95.
Prupb. Ses fêles impures, 1,170.— Ses temples au milieu des forêts,
227. — Ses statues en bois de figuier, 268.
Prières symboliques récitées par rÉvêque et par le Prêtre en se re-
yélant des habits sacrés , IV^ 167 et suiv.— La musique dans la prière
(voir Musique).
Processions. Leurs significations diverses dans le culte catholique ;
celles de la veille et du jour de P&ques aux fonts baptismaux, II , 395,
— lY, 180 , — des Rameaux , III , 562 , — de l'Ascension , 391, 563 , —
IV, 180, — de l'Epiphanie, 184 et suiv. — La procession de la sacristie
à l'autel, en chantant Viniroïl de la Messe , 246.
Procus, chasseur de l'antiquité. S'est-il glissé dans le Zodiaque soua
les apparences du Sagittaire ? III, 460.
pROMÉTHÉE. Belle composition symbolique de sa Création de Vhomme
sur une urue du Capitole, I, 262, 263.
Prophètes de l'ancien Testament, ont tous annoncé et préfiguré Jésus-
Christ, II, 41, 59, 67, 78, 107, 484. — Ils sont les Apôtres de l'ancienne
l^i , III, 299 ; — IV , 313. —Beau caractère de leur poésie et de leur
style, II, 41, 117 , 183 , 188, 3C6 , 342, 414. — Leur méthode de descrip-
tion, 185. — Sont d'une grande utilité à l'Église, 42, 62, 495. — Leur
parfaite concordance, 391, 415. — Confirmé;} par Jésus-Christ et par
les Apôtres, o9, 60^ 67; — III, 142. — Associés aux sibylles parle symbo-
lisme chrétien, IV, 100 et suiv. Leurs visions symboliques, II, 101,
103 et suiv., 142, 495.— Us sont les préparateurs de l'Évangile , 573 ,
JII, 142; —II, 573; — IV, 18, 313.— Se servent beaucoup dusymbollsme
des signes , II , 1U3 , 104. — Leur inspiration diviae nous révèle des
sciences déjà très -avancées de leur temps, 111. — L'obscurité des pro*
phélies est un but de la Sagesse divine, 142, 408, 414,518. — Prophéties
méconnues des libres penseurs , 144 , — mais que les Pères n'ont pas
dédaignées, 145, 484, 495; — dénaturées par les hérétiques, 195. — Les
Prophètes procèdent par un rapide exposé des faits, dont ils reprennent
ensuite tes détails, 224, 243, 265,283, 518. — Le don de prophétie très-
commun dans la primitive Eglise , 307. — Faux prophète de l'Apoca-
lypse, et sa punition; de qui il était le symbole, 337. — Les Prophètes
ont souvent pour attributs des phylactères de parchemin ou des rou-
leaux ; symbolisme de cet objet, 461 ; —IV, 313. — Prophètes appor-
tant à S. Paul le blé qui doit produire la farine eucharistique, II,
573 ; — IV, 18. — Le moyen âge leur donne une belle barbe, 210.
Propitiatoire, plaque d*or ou d'argent servant de pierre sacrée aux
autels portatifs, III, 265.
Proserpine. Conditions symboliques de ses temples, 1, 225. «- Im-
moralité de ses mystères, 252.
TABLE GÉNÉRALE. 029
?iiOSE8 , o\k Séquences , chejoiè liturgiques très-fréqueui$ au moyeu
âge. Celles d'Adam de Saint- Victor, II , 569, 570. — La Prose des Morts,
III , 636 ; — tronquée par les missels français , IV, 107. — La Prose de
Pâques est un reste des drames liturgiques, 197. — Prose de VAne ;
son texte , sa traduction et son commentaire , 218 et suiv. — Combien
est regrettable dans la liturgie gallicane la Prose de Noël Volis Pater
annuU , 219.
Protestantisme. Ses injustices envers le catholicisme, 1, 142;— 11,21 ,
25.~Incapable de rien créer de durable pour la morale ou pour les arts,
3.~I1 aprofanéles Livres saints en violant leur sens, 30, 34, 35^144, 276.
— Est arrivé peu à peu à nier toutes les vérités fondamentales, 57, 107.
— Ses commencements, 199, 200. — A ouvert la voie au rationalisme de
notre temps, 648, 649. — Arrivé jusqu'à l'athéisme, III, 384.— A voulu
d'abord ramener à la primitive Église, qu'il abandonne aujourd'hui,
191, 383. — Ses cruautés envers les populations et l'art chrétien, IV,
21, 352.— Ses affinités avec la Révolution, 26.— Ses premiers hérauts
donnent dans le libertinage , 386. — Il profane dans ses impiétés la
peinture sur verre, transportée de France en Suisse, 398.— (Voir Héré-
sies, Luther, Renaissance.)
Protogène, peintre grec, symbolise son œuvre dans les Propylées
d'Athènes, I, 290.
Proverbes, l'un des Livres sapientiauz, emploie souvent les allé-
gories symboliques, I, 187; — II, 40.
Prudence , une des vertus cardinales ; symbolisée par le laurier, 1,
209 , — par un serpent , 209. — Terrassant les vices avec la force , III,
427.
Prudence , poète chrétien du iv« siècle. Description de tontes les
parties d'une église de. son temps, III, 8 ; — des fleurs en mosaïques
dont on les pare, 154.
Psaumes. Remarques de S. Hilaire de Poitiers sur leur nombre
mystérieux , I, 121. — Quelques interprétations de ce Père, II, 491. —
Différence entre le psallérion et la harpe dont s'accompagnait le chant
des psaumes, 497. — Symbolisme de leur mélopée, IV, 243.
Psyché, symbole de l'esprit dans l'homme , 1 , 262 ; — charmante
allégorie du péché originel , et de l'âme tantôt victorieuse des sens ,
tantôt vaincue par eux, 286.
Puits de l'abIme (voir Enfer).
Pupitre (voir Lutrin).
Pureté, symbolisée par l'eau ou le feu, 1, 95,— par la rose Manche, 329.
Purgatoire , décrit par Dante , H , 673; — III , 387. — Son icono-
logie au moyen âge , 387 et sniv. ; — IV, 34.— Purgatoire de S. Patrice,
ibid. — Gueule de la baleine remplie de flammes , 499.
Purification de la Sainte Vierge. On s'y est servi d'ornements bleus,
I, 317.
/
630 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Pyramides d'Egypte, autrefois couvertea d'insciiptioiu, I^ 21.—
Oo y trouvait des dates, 98. — Symbole dlmmobilité, 369.
PvBÉE , autel du feu chez les Perses , III , 529.
PïTHAGORE , philosophe grec du vi« siècle avant Jésus-Christ Ses
disciples emploient les symboles dans notre sens, I, 5. — Il tenait sa
doctrine des prêtres égyptiens^ 75^ 144. — Son système sur la fonction
des nombres en philosophie, 108 , 110, 112, 118; — accepté par S. Au-
gustin y 125. — Ses principes de géométrie symbolique , 150 , — sur
l'adoration de Dieu en esprit, 278.
Q
Queues entrelacées d'animaux symboliques , III , 344.
R
Rabân-Maur, savant symboliste du ix« siècle, II, 482. —Ses écrits,
535 et suiv. — Continués par Walaft-id Strabon , 537.
Rabbins. Leurs rêveries sur des pierres du rational d'Âaron , II , 96.
Rabelais , l'un des bouffons de la prétendue réforme. Caractère peu
honorable de sa vie et de ses écrits , IV, 386.
Racine (Jean). Sa belle traduction de Tobie sur les destinées futures
de l'Église, II, 415.
Raisin, symbole de Jésus-Christ, II, 124, — de l'âme pressurée par la
pénitence, III , 214. — L'humanité tombant sous les coups de la mort,
II , 260 , 261.' — Les raisins de convention , pris souvent pour des fruits
de l'arum, ni, 532. — Leur forme convenue de pomme de pin n'em-
pêche pas de les reconnaître , 538.
Raison. Par quels symboles l'Église en rappelle à l'homme le respect
et l'usage , III , 513. — Est très-sympathique à la foi , qui ne veut pas
se séparer d'elle ,514.
Rameaux. Procession du dimanche des Rameaux, symbole de T Ascen-
sion de Notre- Seigneur , III , 562 ; — IV , 34. — Autres particularités
symboliques, 209.
Rangé (De) , abbé et réformateur de la Trappe au xvi« siècle , veut
la simplicité dans les églises monastiques , II , 598 , 604.
Raoul-Rochette , académicien , dénigrant par svstème l'art ogival ,
m , 37, 174.
Raphaël (L'Ange). Raison symbolique de son nom , et de ceux qu'il
prend dans ses rapports avec Tobie, I, 44.
Raphaël Sanzio. Son plus grand mérite est le vrai moral dans les pein-
tures de genre, I, 282; — IV, 372.— A beaucoup plus aimé sa gloire que
TABLE aÉNÉRALE. . 634
le côté religieux de Tart^ 371^ 372, 378. — Caractère de seB Loges , II ,
608;— IV, 368,369.— Fausses données Ae èon Baptême de Jésus-Christt
m, 297. — Ses défauts au point de vue de l'esthétique^ IV, 372, 374, —
qu'il n'abandonne cependant pas entièrement , 375 , 387. — N'a été
architecte^ comme tant d^autres de son temps, que pour subordonner
ce titre à celui de peintre, 359.— Adopte d'abord la manière de Michel-
Ange, 368,— dans sa Création^ 369. — Défauts de ses madones, 372, 377
et suiy., — inférieures à celles de Fiésole, 872 ; — causes morales de
cette infériorité , 373. — Que faut-il croire des mœurs et de la mort de
Raphaël ? 373 , 274 , 388. — Il fut trop peu scrupuleux sur la vérité
historique, 374. — Il fait jouer à tort S. Jean -Baptiste enfant avec
TËnfant Jésus, 374. — Fait un athlète de 5. Jean- Baptiste , SU et suiv.
— Sa Vierge au poisson, mieux comprise, 375. — Son 5. Michel et les
souvenirs de Dante, 376. — Raphaél a deux manières , dont l'une vaut
mieux que l'autre, 377. — La Vision cPÈzéchiel, belle de symbolisme
et de travail, 377. — Il adopte trop le nu , 372 , 387. — Comment con-
cilier ce travers avec sa dévotion prétendue à Marie ? 388. — Sa Trans-
figuration elle-même s'en est ressentie , 388 ; — et cependant rien de
plus chaste que son Parnasse et son Mariage de la Vierge , 390 et
suiv.
Râstibr , évoque de Vérone au x* siècle. Ses Sermons utiles aux
symbolistes, 11^ 539.
Râtional d'Aaron. Symbolisme de cet ornement , II , 94 , 95. — Ses
douze pierres précieuses, 378.
Rationalisme moderne, s'attaque surtout à dénaturer TÉcriture
sainte , II , 56, — et à dénigrer les vérités religieuses et l'histoire de
rÉglise, III, 196.
Ratnal. Erreur fondamentale de sa philosophie historique, I, 220.
Rebecca. Symbolisme tout divin de sa conduite. II, 87, 409.
RÉDEMpTioN-DEs- Captifs (voir Ordres religieux).
RÈGLE d'or (voir Mesures).
RÉGNIER (M.). Son livre de UOrgue ; sa connaissance, son adminis-
tration et son jeu ; éloge de cet ouvrage , IV, 263.
Reigner , moine orfèvre du xi» siècle. Son bel encensoir dit de
Lille, IV, 314 et suiv.; — inscription en vers dont il le charge, 317.
Reims. Beautés de la flore murale de sa basilique, III, 569.
Reins, symbole des passions charnelles, III, 277.
Relindis , abbesse de Sainte-Odile de Hohenburg au xii« siècle. Ses
travaux ; illustration de son monastère, II, 575.
Reliquaires (ou châsses). Comment disposés sur les autels ; orne-
mentation à leur donner ; vase convenable aux reliques de la table
d*autel, III, 230f — Pourquoi ornés de symboles démoniaques, 380. —
Symbolisme de leur parure de pierres précieuses, iV, 15, 41. 305. —
Statue de S*' Foi au trésor de Conques, 304 et suiv. — Châsse en forme
632 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
d'égUee au musée de Bruxelles, 309 et suiv. — Que les reliquaires àoï-
vent toujours avoir des formes et des acxîessoires marqués au coiu du
svmbolisme, 339.
Reliques. Pourquoi nécessairement dans les autels. Il , 179, 180 ; —
III, 262 ; — IV, 157. — Quel vase on devrait leur y donner, III, 230, 231.
— . Translations nombreuses du temps des Normands, 24. — Pourquoi
des lampes sont allumées devant les reliques des Saints, IV, 160.
Reliube (voir Livres).
Remy (S.), archevêque de Reims. Calice curieux donné par lui à
révéque de Laou, III, 49. -^ Donne à son Église un vase préeieux,
cadeau de Clovis^ IV, 289.
Remt d'Auxerre, symboliste du x* siècle. Sa méthode d'interprétatioo
scripturaire, II, 539.
Renaissance du xvi« siècle (La) n*a été que la décadence de Tart mo-
numental, I, 13 ; — II , lo , 680 , — et de Tart chrétien tout entier, I,
222, 331; — II, 26 et suiv. ; — III, 92, 244, 432, 434; — IV, 19, 87 et suiv.,
194, 363. — Rêveries de la cabale adoptées par les plus illustres savants,
1, 176 ; — III, 347 et suiv.; — et la magie, 393, 394. — Ses prétentions
aux formes classiques , II , 441 ; — IIÏ , 433; — IV, 124, 142, 203, 380,
381, 382, 384, 386. — Néglige le symbolisme, et atténue ainsi la portée
morale de l'art religieux, II, 451 ; — III, 197, 301, 345 ; — IV, 19. 21. 26,
348 ; — y introduit les scènes païennes, II, 655 ; ■— III, 350; — IV, 124.
— Protège la débauche et Timpiété, 402, 421. -— La décadence du sym-
bolisme chrétien au xv« siècle, 179, 440 ; — IV, 20, 27, 87, 148, 205,344
et suiv., — et dès le xiv* siècle , II, 655 ; — III , 311 ; — IV, 20 et suiv.,
27, 79, 368. — La véritable renaissonce de Fart chrétien est au xi« siècle,
III, 22, 240. — Paganisme dans les monuments funéraires du xvi* au
xix* siècle, 301, 350 ; — dans les peintures des grands maîtres, IV, 363,
378 et suiv. — Beauté esthétique de ces mêmes monuments au moyen
âge, III , 301 et suiv.; — IV, 370. — Confusion à éviter entre les sujets
frivoles en apparence et ceux qui le sont réellement, III, 351. ~ Le
xvi* siècle a continué d'admettre beaucoup de préjugés scientifiques
admis avant lui, 473. — Comment décorer de peinture les églises de
cette époque, IV, 62 et suiv. — Abus de la musique profane, qui s'eff<^-
mine comme le reste, 264 et suiv. -— Efforts inutiles de Palestrina pour
ramener la musique aux règles du sentiment chrétien et du goût
artistique , 26). — Côtés vicieux de cette époque , et ses influences
funestes sur la foi, les mœurs et les arts, 344 et suiv., 348, 363, 380. —
Gomment elle traite les Saints sans convenance ni dignité, 363. — Elle
corrompt Tart chrétien, au jugement d'un protestant anglais, .368. —
Elle abandonne le nimbe des Saints, 371. — Elle est plus funeste à la
France qu'à l'Italie, et pourquoi, 380, 381. — Infeste la littérature de
paganisme, 381 , 382. — Elle a pour double caractère le culte du nu et
la haine de l'art chrétien, 383, 391.
Renan. Ses efforts contre l'existence du Sauveur réfutés par leur
absurdité même, I, 91 ; — II, 56 ; — contre la sainteté du Cantique de
TABLE GÉNÉRALE. 633
Salomon , 115. ^ Son manvais livre contre Jédus-Chrisi convertît
M. Delécluse, qui menrt chrétien^ III, 196.
Renard qiii prêche des poules, II, 23; — III, 351, 364 ; — IV, 231. —
Emblème de la ruse cruelle, II, 498 ; — III, 364, 467 ; — lY, 457 ; — de
la persécution contre TÉglise, III, 355 ; — du démon ; allégorie de ses
ruses appliquées à Satan par les physiologues, 490 et suiv. ; — IV, 457.
— Fausse -étymologie donnée k son nom, 491. — Sculpté avec )e cor-
beau dans les églises des xiv^ et xv« siècles, 232.
René, roi de Sicile et comte d'Anjou. Mannscrit à vignettes de lu
bibliothèque de Poitiers qu'on lui attribue, IV, 30. — Fêtes qu'il institue
à Aix pour la procession du Saint-Sacrement, 203 et suiv. — Abus qui
s*y introduisent, 206. — Son zèle à lutt«r contre la décadence de la
chevalerie, 204. — Ses (Euvres publiées par M. Quatrebarbes, 207. —
Il abolit la Fêle des Fous pour ses abus, 228.
RÉPONS, chant qui suit les leçons dans l'ofâce liturgique. Gomment
S. Grégoire eu prit bien l'esprit, IV, 246.
Reptiles, symbole toujours pris en mauvaise part, II, 512. — (Voir
Serpent.)
Restauration, époque signalée en France par le gouvernement des
Bourbons, de 1814 à 1830. Elle favorise la régénération artistique, W,
401 et suiv.
Restauration des monuments et des peintures , assez mal comprise
trop souvent, IV, 22, 56.— Comment il faut y procéder, et quelle est sa
condition essentielle, 114.
Résurrection, symbolisée par le nombre 8, 1, 153, 154.— Sa descrip-
tion poétique dans l'Apocalypse, II, 342, 343, 344. — Le Christ venant de
VOrient pour la résurrection des morts, III, 71. — Comment s'expliquer
le tombeau resté vide du Christ ressuscité ? par l'abrogation des figures
de l'ancienne Loi, IV, 434.— Résurrection de Lazare, et ses détails sym-
boliques, II, 534. — La résurrection du Sauveur, symbolisée par le
cierge pascal, III, 135. — La résurrection, symbolisée par un limaçon,
IV, 37 , — par une croix à étendard, 106.
Retables, ornements plastiques appliqués au-dessus des gradins de
l'autel quand celui-ci est adossé au mur, III, 276. — Son origine , ses
conditions, 276 et suiv., 278.
Retz (Gilles de Laval, seigneur de), dit Uavbc- Bleue , organise une
procession symbolique pour l'accompagner à son supplice, IV, 204.
Reuchlin. Ses livres sur les sciences occultes, condamnés à Rome,
III, 349.
Revenants. Origine de leurs légendes, II, 300.
RÉVOLUTION, renversement de toutes les idées morales , fllle du pro-
testantisme, IV, 26. — Elle parodie les fêtes de l'Église et reproduit
le symbolisme païen en 1790 et en 1848, 188. — Elle pille les églises
et y détruit les objets d'art, 319. — Son influence déplorable sur l'art
chrétien, qui tombe avec le principe d'autorité, 401. — fille invente le
634 HISTOIRE OU SYMBOLISME.
constitutionnalisme pour arriver plus sùremeDt à.ranarehie, 40t. —
Elle perdécute l'Église et s'oppose à sou action sur Tart et sur les per-
sonnes, 408. — Le spiritualisme professé dans ce livre est un obstacle
à lui opposer, 414.
RHiNOcéaos. Symbolisme de son nom, 1, 34.
RiCHABD Cœur-de-Lion. Symbolisme des quatre anneaux qu*il reçoit
du Pape Innocent III , et signification de chacun de leurs détails. II,
616.
Rio (Del). Ses écrits sur Tarithmomancie, I, 98.
Robe, insigne des grandes dignités, II, 150, 157, 163, 404. — Les per-
sonnes de distinction en portaient toujours deux, 181. — La robe
blanche des Anges, 263 , — des Âmes innocentes , 160, 275, 311, 316,
— des baptisés, 396. — Robe nuptiale, 423. — Symbole de la charité,
518. — Robe d'or à la Sainte Vierge , 420 ; — verte à S. Jean et à la
Synagogue, 451. — Robe de Jésus-Christ lavée dans le sang, 478.
Robert, roi de France, contribue généreusement à la renaissance de
l'architecture chrétienne et des autres arts au xi* siècle, III, 24 el sniv. ;
— IV, 307. — Ce bien se continue par ses successeurs, 26.
Robert le Frison, comte de Flandre. Ses armoiries, II, 540.
Robert (Cyprien). Idée de sa Philosophie de Vart, 1, 147.
RoBBRTSON. Citation de son Histoire de V Amérique, sur la danse,
1,71.
Robin (L*abbé), auteur des Recherches sur les initiations ; cité sur la
danse, I, 71.
Rogations. Dragon porté à la procession de ces prières solennelles ;
symbolisme de cet usage, III, 391 ; — IV, 204.
Rois (Les quatre livres des) dans la Bible. Auteurs et but de cet
ouvrage historique ; leur symbolisme , H , 38. — Les rois soumis au
Christianisme, comme leurs peuples, 387 ; — symbolisés par le béUer,
III, 462.
RoisiN (De), habile archéologue, symboliste de mérite , III, 127.
RoLDUC, ville de Belgique, près Bruxelles. Crypte de son église très-
remarquable, III, 189.
RoLUN, auteur du Traité des études. Ses idées sur l'architecture du
moyen Âge, IV, 396.
Romain (Jules), peintre italien, élève de Raphaél; chasteté artistique
de sa Danse des Muses, IV, 390.
Romains. Leur attention au langage des signes, I, 193 et suiv. — Le
tnonde de Romulus , 194. — Supplice symbolique des parricides, 193.
•^ Les Romains s'attachent moins aux arts que les Grecs, 260 et suiv.,
S79.— Leur rôle de persécuteurs contre l'Église, II, 176, 179, 182, 209,
243,245. — Leur abjection morale de 180 à 818, 202. — Prédiction
de la chute de rSmpire,210, 211, — de la fin malheureuse des persécn-
teiu*». 216.— Période des trente tyrans, 221.
TABLE GÉNÉRALE. ' * 635
Rouans allégoriqaes du moyen flge : Chansons de gestes, la Table-
Ronde y le Roman du Renard, le SaM-Graal, le Roman de la Rose,
II, 675.
Rome aDcienne. Divers symboles de sa puissaoce, 1, 264.— Persomiifiée
dans la Bète de l'Apocalypse, II, 218, 244^ 284. — Sa chute, punition de
ses indignités, 258, 261 et suiv., 265 et suiv., 278, 288, 297. ^ Invasion
des Barbares, 261 et suiv., 279, 280.— Rome, le trône de la Bête, inondé
de la colère divine, 268. — Pratique la magie, 274. — Saint-Pierre de
Rome, moins beau que nos belles cathédrales gothiques', 16.— Pré-
diction de la gloire de Rome chrétienne, 222.— Symbolisme de sél sept
collines, 285, 289. — Comment la Rome païenne a les caractères de la
Babylone antique et en mérite le nom, 285 et suiv., 295, 297; — III,
425. — Sa persécution contre, les martyrs ; sensualisme de sa vie , II,
286 et suiv. — Causes morales de sa chute, 299. — Détails de cette ruine
"^par les Wisigoths, 303 et suiv. — Son exaltation nouvelle par le Chris-
tianisme, 308. — Comment les Papes y ont reproduit les détails apo-
calyptiques de' la Cité céleste, 269 et suiv.j — IV, 382. — Pourquoi
beaucoup d'églises n'y ont pas l'orientation normale, 111, 74.— Comment
on y supplée , 76. — Caractère esthétique de ses arts, 245; — IV, 348.
— Rome veut que les autres églises respectent leurs traditions, 118.
— Quel mal ont fait à Rome chrétienne la Renaissance et ses excès,
348. — Jugement sur le mérite de Saint-Pierre de Rome comme
architecture chrétienne, 349 et suiv.^ 360. — La chapelle Sixtine, peu
religieuse par sa construction, 361.
RoMULUS. Son monde symbolique à Rome , I, 19i, 26i.
Ronce, symbole de la pénitence, III, 567.
Rond. La forme ronde donnée aux églises , symbole de l'expansion
de l'Église dans l'univers, III, 107.
Rosaces ou Roses. Fenêtres affectant cette forme dans les croisillons
des églises depuis le xiii<' siècle , ou dans leur abside , ou dans leur
façade occidentale, UI, 220. — Continuer leur emploi dans les nouveaux
monuments, IV, 65. — Quels sujets seraient convenables au levant et
aa couchant des églises, 8.
Rose à cinq feuilles, couronne d'Hécate , I, 149, 328. — Rose, consa-
crée à Vénus et h Minerve, 327, 359. — Rose, symbole de la virginité
et de la pudeur, 201, — de l'amour pur, II, 588, — du martyre , 641 ;
^ du premier degré de l'initiation , I, 325, 327. — Symbolisme de tous
sesdétails, II, 609. —Comment la rose blanche devint rouge, I, 327. —
Symbole de la rose blanche, 329; — 111, 566; — IV, 104. — Ses opposi-
tions symboliques, I, 329, 359, 610. — La rose d'or du quatrième di-
manche de Carême, 329 ; — IV, 179. — La rose , emblème de Marie, II,
647 , — III , 36 , — IV, 104, — de la pénitence joyeuse, avec ses épines, III,
214, 517. — Le Roman de la Rose, II, 675 ; — III, 311 et suiv.— La rose
rouge, emblème du martyre, 566.— Le bouton de la rose blanche, sym-
bole de l'Incarnation, IV, 104.
Rose (La couleur), couleur mixte. Son symbolisme, I, 325. — Sa règle
636 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
d'opposition, 327; — II, 324.— Peu employée au moyen âge, I, 331.
— Donnée à un satellite de Satan, II, 324. — Aux vétementa saoenlo-
taux, par exception, IV, 179.
Roseau, symbole da Juste vivant des eaux de la grAce , III , S26, —
de la grandeur humiliée, 567.
RosÊB, symbole de l'éducation, I, 95. — Son étymologie, 326.—
Parole de Dieu, II, 217.
Rosière de Salency. Symboles qui accompagnent sa fête, I» 211.
Rossi (Le chevalier de). Ses travaux sur les peintures des catacombes,
IV, 133.
RoswrTA (voir Hroswita).
Roue de fortune, symbole ingénieux des inconstanres de la vie
humaine, incrusté dans le pavé de la cathédrale de Sienne, m, 155.
Rouen. Comment on célébrait dans son église métropolitaine l^PéU
de VAne, IV, 210. — Notes relatives au jubé, aux archives et à la 1h-
bliothèque de cette église, 214, 215. — Autres fêtes liturgiques de la
même époque , 215.
Rouge, ou pourpre ; couleur symbolique de la royauté, de la gran-
deur généreuse et des idées analogues, I, 292, 307 ; — IV, 9. — Poar-
quoi celle des cardinaux, 177. — Donnée à Bacchus, 1,292,— à Jopi-
ter, 308,— aux Euménides, 312. — Couleur des martyrs, IV, 13, 177,—
de la charité, et de l'Esprit-Samt, 177. — Image du feu : on loi en
communique tous les attributs, I, 308; — II, 176, 404. — Cette couleur
donnée & tous les dieux de l'antiquité païenne, I, 308 , — an Souve-
rain Pontife d'Héliopolis , 309, — aux cardinaux et aux enfants de
chœur, 310, 335 , — IV, 177, — aux Élus dans le ciel, II, 338, — à des
Anges, 404.— Symbole de la guerre, 176, — de la lumière, 450,— IV,
13,— de la charité, II, 616 , — IV, 9. — Règle d'opposition relative an
rouge, I, 311 et suiv., 249; — ÏV, 13.- Le rouge employé dans les fa-
nérailles comme couleur de deuil, 1, 312, 316. — Donné an démon. II,
249 , — IV, 13, — et par cela même à la Bête montée par la prostituée
de Babylone , II, 284. — Robe rouge de S. Jean l'Évangéliste , 450. —
Pourquoi les baies ajourées des édiGces sont fond rouge aux Titranx
des XIII® et xiv® siècles, I, 308;— IV, 13.— Le rouge appelé giintU
dans le blason, II, 542, 548.
Rousseau (J.-J.). Ses erreurs sur l'origine du langage, I, 28, — sur
le sens de l'Ecriture, II, 56 , — sur la distinction de la musique natu-
relle et imitative, 67. — Ses idées justes sur l'emploi et rimporlanee
des signes dans le langage humain, 1, 184 et suiv., 193.
Roux (voir Bistre).
Ruben, l'un des fils de Jacob, symbolisé par le Verseau du Zodiaqve.
Il, 109, 237, — par la sarde, 380.
RuBENS. Caractère de sa peinture historique , et abus de la mytiMv-
logie adaptée aux personnages les plus récents de notre histoire natio-
nale, IV, 379.
TABLE GÉNÉRALE. 637
RDBI8, pierre précieuse, calmait la colère, II, 366.
RUDBEK (OlaÛs). Son système snr l'origine des fables mjihologiqnes,
I, 82.
RUPBBT (Le B.)> abbé de Deutz, en Belgique, au xii« siècle. Ce qu'il
dit du symbolisme du nombre 8, 1, 146.— Mérite de ses autres écrits,
II, 566.
Busses, peut-être destinés au rôle de Gog et de Magog contre l'Eu-
rope occidentale, II, 333.
RuTH. Signi6cation symbolique de ce nom ; charmante églogue de
l'ancien Testament, II, 38.
Sabbat, est le principe du respect des juifs pour le nombre 7, 1, 130,
152. — Sabbat des cabalistes; une de ces scènes dans une gravure du
XVI» siècle, III , 395. — ÉtjTnologie de ce nom , 397. — Le sabbat bien
antérieur au Christianisme , 397. — Impudicités de ces réunions ,
400. — Scènes drolatiques du sabbat sur los marges d'un bréviaire,
IV, 28.
Sable, ou noir, une des couleurs du blason, II, 349.
Sablier, insigne païen de la mort, I, 200.
Sacerdoce chrétien, a les pouvoirs de Jésus-Cbrist, II, 232.
Sacrements, symbolisés par certaines cérémonies de l'ancienne Loi,
II, 91;— III, 561.— Leurs signes sensibles et leur matière sont autant
de symboles, 559;— IV, 151.— N'ont jamais manqué à l'Église, II, 233.
— Leur source est dans le sang de Jésus-Christ, 434, 435; — III, 290,
559; — IV, 151. — Symbolisés par les sept étoiles de l'Apocalypse, III,
477. — Symbolisme de chaque sacrement en particulier, IV, 151 etsuiv.
Sacrifices. Ceux de l'ancienne Loi figuratifs de celui de Jésus-Christ,
II, 172, 173, 562. — Mystère de l'imposition des mains sur la victime ,
534. — La punition des impies est comme un sacrifice éternel, agréable
à Dieu et aux Élus, 259.
Sacristie. Son premier modèle dans les catacombes. III, 5.— Varia-
tions que les siècles lui font sabir, 308.
Sagesse, symbolisée par l'or, I, 304 ; — II, 160, 371, 372.
Sagittaire, signe du Zodiaque. Sa représentation symbolique, I, 58.
r— Son origine, III, 460. — Autrement nommé le Centaure; comparé à
Gad, dans la prophétie de Jacob , II , 110. — Figure du démon, III ,
126 , 363 , — IV, 462 , — et du Christ victorieux de ses ennemis , III,
464. — Le chasseur Procus est-il le Sagittaire du Zodiaque? 460.
SAiNT-BENOlT-sua-LoiRB , abbaye de bénédictins, nommée encore
Flenry-snr-Loire au vi* siècle. Son beau narthex, III, 132.— Ses beaux
chapiteaux historiés, 333 et suiv., 423.— Histoire de ce monument, mal
pensée, 424; — IV, 449. — On le décore de mosaïques au ix' siècle,
038 HISTOIRE DL' SYMBOLISME.
46. — Bâtie sur un plan triangulaire en llionneur de la Trinilé,11
Sâint-Denys , ville et abbaye de bénédictins , près Pari». Soins (jae
prend de Téglise abbatiale l'abbé Suger au XIP siècle, et symbolisme de
ses travaux d'art, II , 571 et suiv, ; — IV, 18. — Bel et riche ameohle-
ment de la basilique, 318.
Saint-Esprit (voir Esprit- Saint).
Saint-Florent-des-Bois, village du bas Poitou (Vendée). Bel autel de
son église en style du xiP siècle^ III, 276.
Saint-Gilles, prieuré du Languedoc. Nombres symboliques de £«$
dimensions, III, 31. — Sculptures de sa façade, 369.
Saint-Jure (Le P. de) , jésuite, auteur de la Connaissance de Jésus-
Christ» Caractère symbolistique de cet ouvrage. II, 94, 19G.
Saint-Maixent, ville du Poitou (Deux-Sèvres). Crj-pte de son êgiîs*'
abbatiale, III, 188.
Saint-Pompain, village du Poitou (Deux-Sèvres). Son église romane
à obsccma symboliques, III, 427. — Son Zodiaque, ibid.
SainT'Savin-sur-Garteiipe. Fresques apocalyptiques de son église
abbatiale. II, 242,— mal comprises par M. Mérimée, IV, 53. — Dévia-
tion de Taxe longitudinal, III, 171, 172.-— Ses curieux autels du xi* siècle,
270. — Hybrides de ses peintures^ 465. — Son beau tétramorphp. IV,
111.
Saints , représentés comme prenant part à toutes les œuvres de
l'action providentielle , 11^ 167. — Sont rois et prêtres dans le ciel ,
173, 317, 332. -—Vêtus de blanc (voir Blanc). — Leur nombre définitif
prédestiné dans les desseins de Dieu, 181, — qui règne sur eux ,352,
386. — Petit nombre des Élus, 186. — Caractères de leur récompense
étemelle en Dieu . 187^ 188, 197 , 259 , 262 , 306» 316, 331, 338, 353. -
Représentés dans l'Église par les fidèles , 197 , 307 , — qu'ils assistent
du baut du ciel , 353. — Brilleront dans le royaume du ciel , 226, 364,
376. — Sujet étemel de leurs cantiques , 236 , 257 et suiv. — Toujours
glorifiés d'une lumière ou nimbe dans l'iconographie, 297, 387. — Ils
marchent à la suite du Sauveur triomphant, 317. — Ils jugeront a vtee
Lui ceux qui les ont persécutés, 331. — Donnant la main au Sauveur
qui les attire vers Lui après le jugement dernier , 338. — Couleurs
symboliques de leurs vêtements , 338 , 404 ; — IV , 13. — La visi(Hi
béatifique, II, 353, 360, 365, 367 , 385. — Les Ames peintes dans le sein
de Dieu , 353 et suiv. — Larmes des Saints essuyées par Jéaus-Cbrisl ,
355. — Se désaltèrent aux sources du Sauveur , 358 , 360 , 393 , 405.—
Immutabilité de leur bonheur, 373 , 388. — Existence simoltanée det
corps et des âmes dans la béatitude, 386. — Les Saints s'y absorbent
en Dieu, 387, 393. — Nimbés et munis d'un livre, contrairement aux
réprouvés , 405. — Variété de leurs Offices liturglqueS fondée sur la
différence de leurs mérites , 477. — Les Justes ou Saints de Tancienne
Loi, figure du Sauveur, 484. — Ne peuvent être séparés de Loi , 485, —
étant les membres du Corps dont il est le Chef , 531. — Les quatre
Saints couronnés, 654. — Caractères attrayants des Samts de la terre ,
TABLE GÉNÉRALE. 031)
676. — Charmantes allusions symboliques de leurs vies , 677. — En-
tourés de fleurs symboliques par l'art chrétien , III, 35 et suiv. — Les
Saints canonisés en plus grand nombre depuis le xiP siècle, 474, — et
beaucoup, à notre époque, de ceux qui ont vécu depuis le XYI«:
comment pourvoir à leur culte par des églises et de rornementation
convenable, IV, 63 et suiv.— Les légendes des Saints valent mieux en
peinture que leurs statues, moins éloquentes, 56. — En quoi les Saints
ont servi le progrès des sciences et des arts, 296.
SALOifON. Symbolisme des lions sculptés autour de son trône, 1, 236,
— de la consécration de son temple à Jérusalem , 237 , — des orne-
ments de cet édifice, 360, 361; — II, i64;— III, 308, 563.— Ses ressem-
blances avec le ciel des Elus, 172. (Voir Jérusalem,) — Mesuré par un
Ange en signe de sa reconstruction après la captivité, 11, 212.— Figure
de Jésus-Christ, 1, 238; — II, 537, 633; — III, 557.^— Ses Livres sapien-
tiaux, II , 40 , 41. -- Figure de l'Église chrétienne * 213; — III , 3 , 4. —
Autre figure de l'Église dans sa tour purifiée, II, 433. — Sa sagesse re-
nommée dans tout le monde, lil, 308.-— L'^oWtij Salomonis d'Hermann
de Werden, 555, 556.
Salut éternel. Symboles qui en expriment les conditions, II, 160.
Salvator Rosa, peintre italien du xvii* siècle. Beauté chaste et éner-
gique de son Prométhée, IV, 390.
Samaritain. Signification de ce mot hébreu ; comment Jésus-Christ
se l'attribue; parabole, I, 44; — II, 52, 176, 314, 315; — IV. 12, 376. —
La Samaritaine ; sens moral de cette parabole , Il , 52 ; — IV, 376. —
Les eaux qu'elle doit chercher. II, 359.
Samson, déchirant la gueule du lion, symbolise la protection divine
contre le démon, III, 34, 448.
Sanctuaire, doit s'élever de trois marches au-dessus du sol , III ,
208. — Effets de sa construction et de ses détails , 208 , 224 et suiv. —
Doit être, par convenance et par symbolisme, séparé de la foule par un
certain mystère favorable au recueillement, 287. — Idée d'un sanc-
tuaire traité d'après les exigences de l'esthétique chrétienne, 288 et
suiv. — - Les sculptures doivent y être choisies et symbolisées d'après
le Mystère de l'autel, 335 et suiv., 337, 343.
Sandales. Ce qu'elles signifient dans le costume épiscopal , IV, 167.
Sang divin recueilli au pied de la croix par TÉglise ou par des Anges,
II, 448.
Sanglier, un des symboles de la Gaule, I, 265; — III, 545.— Figure
du démon, II, 429 (voir Chasse);^\llt 361, 378.— Déracinant un arbre,
446; — IV, 456.
Sannazar, poète latin du zvP siècle, est trop païen dans son poème
De Partu Virginis, IV, 381.
Sans-culottes de 1790. De quel symbolisme ils étaient capables, IV,
188.
Santbuil. Ses belles strophes sur le bonheur des Saints , Il , 387.
640 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
^ Reproches injustes qu'on a faits à ses compositions sacrées , IV,
278.
Saphir, pierre précieuse bleue, image de la gloire céleste, I, 321; —
II , 378, 616; — IV, 18. — Symbolise la tribu de Nephtali et Fap^tre
S. André, II, 378. — Préservait du venin des reptiles, 366.
Sapho, tableau de M. Délavai, suivant la théorie des couleurs symbo-
liques, I, 348.
Sapob I", roi des Perses, II, 207.
Sara ou SaraI. Sens différent de ces deux mots, I^ 40. — Image de
TEglise^ II) 51, 414, — et quelquefois de la Synagogue, 409.
Sardb, pierre précieuse, symbolise la tribu de Ruben et l'apôtre
S. Barthélémy, II, 380.
Sardes, ancienne capitale de Lydie, une des premières Églises d'Asie,
II, 156.
Sardoine, pierre précieuse d'un rose pftle, et parfois d'un rouge
de feu, symbolisant la justice et les jugements de Dieu , 1 , 321, — II,
163, 165 , — le feu par sa couleur , 165 , — la tribu de Lévi et l'apôtre
S. Philippe, 379, — le martyre, III, 289.
Satan (voir Démonologie).
Saturne. Ses relations symboliques avec le plomb, 1,60.— Symbolisé
par une faux, 169. — Autres variantes, 267.
Satyre , demi-dieu mythologique. Ses attributs donnés an démon,
m, 368,
Sauterelles, symbole des armée^^ envahissantes dans Joël, II , 102.
— Leur description dans l'Apocalypse , 199 et suiv. — Leurs ravages,
203; — III, 336 , 462. — Leur iconographie dans les manuscrits et à
Chauvigny-sur- Vienne, II, 205 , — à Saint-Savin et à Vézelay , 205. —
Elles sont aussi les peuples convertis combattant le démon, 206. —
M. Mérimée n'a pas compris leur rôle à Saint-Savin, IV, 54.
Sautoir. Sens symbolique de cette pièce de blason, II, 545.
Sauvages armés de massues. Ce qu'ils représentent comme supporte
d'armoiries, II, 546.
S A VONAROLA , dominicain du xvi* siècle, s'est perdu en dépassant les
limites du bien, IV, 385.
Saxe (Maurice de) , maréchal de France. Fautes de son tombeau à
Saint-Thomas de Strasbourg, III, 98.
Scandinaves. Leurs croyances et leurs symboles religieux sout-ils
admis en quelques rares sculptures de nos églises romanes? 1 , 178. —
Dogmes fondamentaux de leur religion, 179.— Leurs scaldes ou poètes,
179. — Symbolisme de leur langage et de quelques usages nationaux ,
181 et suiv.
Scarabée. Symboles divers qu*en ont tirés les Égyptiens,!, 93. — Son
histoire mystérieuse fondée sur des croyances populaires, 94.
TABLE GÉNÉRALE. 644
ScEâO, symbole du secret, 1, 185.— Les sept sceaux de l'Apocalypse,
II, 170 et suiv. — Leur ouverture par l'Agueau, 174.— Premier sceau :
cavalier blanc, 175 et suiv.— Deuxième sceau: cavalier roux: la guerre,
176 et suiv. — Troisième sceau : cavalier noir : la famine, 177. — Qua-
trième sceau : cavalier pftle : la mort , 178. — Cinquième sceau : les
martyrs , 179. — Sixième sceau : jugement de Dieu sur les persécu-
teurs , 182. — Septième sceau : vengeance de Dieu sur les méchants,
190.
Sceptre, attribut de la puissance suprême, I, 82, 86, 203 , — donné
à Jésus-Christ , II, 156.— Ce qu'est son sceptre de fer, 231.— Sceptre
de Satan, surmonté d'une tête de taureau et de celles de deux serpents,
III, 368.
Schisme d'Occident au xiv<^ siècle , né des ambitions des princes. Son
influence sur la décadence de l'art chrétien, IV, 344.
ScBNAASE (M.), archéologue alsacien. Son erreur sur un pélican sym-
bolique, II, 429. — Ce qu'il pense des mesures symboliques appliquées
aux église» du moyen flge, III, 30 et suiv., 165.
ScBŒFUN (Daniel), auteur du Vindicix typographies ^ II, 643.
Sciences. Comment elles ont besoin des symboles et en ont usé dès
le commencement, I, 51 et suiv. — Système de S. Adhelme sur le
nombre des sciences , 134. — La science humaine utile au symbolisme
jusque dans ses préjugés et ses erreurs, 111,472.
Scorpion, symbole de l'hérésie, II, 200, 201, 601; — III, 445. — Signe
du Zodiaque aux mauvaises influences : pour cela, symbole du démon,
460, 463.
Sculpture. Combien prodiguée sur les monuments grecs et latins ,
1, 232; — III, 242.— Les sculptures chrétiennes ont toutes un sens sym-
bolique à étudier. II, 14, 204 et suiv., 428, 526, 589; — III, 126, 127, 141,
242 , 258 , 426 et suiv.— Leurs progrès du Y« au xiP siècle , II, 21; —
an xi«, III, 27, 240; — IV,421 et suiv.; — au xii«, III, 24.1, 345 et suiv.—
Leur filiation , IV , 421 et suiv. — Toutes parées de couleurs symboli-
ques au moyen Age, II, 348.— La sculpture très-pauvre de dessin pen-
dant la période mérovingienne, III, 14;— IV, 427 ; —et au xi^ siècle, 111^
240. — Premiers essais de la sculpture romane , il, 15, 240,525;— IV»
431. — Ses symboles, II, 16, 240; — IV, 422 et suiv., 430 et suiv., 433. —
Combien et par quoi la sculpture chrétienne l'emporte sur celle du pa-
ganisme, III, 242. — Aux 2ii« et xiii« siècles, 126, 140, 181 et suiv., 249,
525, 526; — IV, 438.— Raison probable de ses perfectionnements au xiii«,
III, 537.— La sculpture plus parfaite dans le sanctuaire et ses abords, 183,
335. — Principe de la décoration sculpturale des églises , III , tout le
chap. Yi et p. 564 etsuiv.,- IV , 366.— En quoi la sculpture proprement dite
diffère de la statuaire, III, 244.— Elle s'inspire toi^ours des influences
nationales, 246.— Beaucoup de sculptures prises pour des caprices de
l'artiste ont un sens symbolique, 258.— Combien cette thèse du caprice
absolu est insoutenable, IV, 435 et suiv.— Le style des sculptures à imiter
des époques auxquelles s'empruntent les sigets, III, 322.— La Bcolptore
T. IV, 41
642 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
alimentée par la liturgie et la poésie, 853; — IV, 199, 367.— Soin de
n'en admettre dans nos églises que de bien traitée et pourvue d*un sens
esthétique, 565. — Traces multiples des drames liturgiques dans les
sculptures des églises et de leur ameublement , 199 et suit., 231, — et
de l'affaissement de la foi chrétienne , 208, 366.— Le caprice chasse le
symbolisme et efface le caractère chrétien de la sculpture religieuse,
393. — Beaux développements de celle-ci au xii« siècle, et leur théologie
élevée, 438.
Secret. Loi du secret pour les premiers chrétiens, une des causes de
l'adoption des symboles, II, 19, 155; — IV, 151.— Le mystère de la Tri-
nité, un de ceux que les images divulguèrent le plus tard, 75, 76.
SÉDUUUS , poète chrétien du y siècle. Extrait de son Carmen
paschale sur Torientation du Sauveur crucifié , II, 442 ; — sur rabais-
sement de la Synagogue, 444, — et la gloire de la Sainte Vierge, 450.
Sel , symbole de la sagesse, III, 210, 267. — Pourquoi exorcisé pour
les usages du baptême et de Teau bénite, 390.
SÉNEVÉ, symbole du Sauveur et de l'Église, III, 520.
Sennachérib. Signification symbolique de ce nom, I, 43.
SÉPHORA, nom symbolique en hébreu, I, 40.
Septexbbe. Comment symbolisé dans le Zodiaque, III, 459.
Septentrion (voir Nord).
SÉPULTURES (voir Funérailles, Tombeaux).
SÉRAPHINS (voir Anges).
SÉRAPis« Son temple dans le forum, l, 227. — (Voir Isis.)
SÉROUZ D* Agincourt, auteur de VHistoire de Vart par les mùnuments ;
importance de ce livre , IV, 289.
Serpent, un des symboles de Téternité par sa forme circulaire,!,
54;— de la trinité de Jupiter , 81; — du monde, !61, 169; — du mal
moral et universel, 178 ; — II, 371 ; — III, 362, 467 ; — de la résurrection,
I, 3t>8; — III, 4.— Signe de maladie, 1, 188; — de mort subite, 195; —
de rastuce et de la trahison, 195, 202;— II, 272, 498, 512; —in, 127,
363;— de la prudence, 1, 209;— de l'hérésie, III, 377.— Le dragon
roux de l'Apocalypse, I, 306, — persécute TEgUse et Jésus-Christ, H,
232.— Le serpent d'airain, symbole de Jésus-Christ, 51, 64, 81, 501; —
III, 364; — symbole de Dan, fils de Jacob, n, 109. — Serpent au pied d*an
crucifix du \i* «siècle, 441 ;— IV, 328. — Traditions des naturalistes sur
le serpent, et allusions morales qu'y trouve S. Augustin, II, 496; — IT,
a28.— i>ymbole du démon^ II, 601 ; —m, 258, 259, 359 et aniv., 362, 377,
467; — iV, 328.— Adoré par les peuples anciens, III, 362, 466.— Sym-
bole de Jésas-Christ , 364. — Moitié homme moitié serpent, 365, 377.
—Attaquant on nid de colombes, 371. — Ornant des supports de chan-
deliers, 380;— IV, 328. — Symbole de l'Ame régénérée dans le baptême
et la pénitence, in , 434 et snîv. — Diverses espèces de serpents, inno-
c«nU on miisiblee, 487, — Le serpent au pied de la Croix, symbole né-
.^
TABLE GÉNÉRALE. 643
ceasaire de la défaite de Satao, IV, 130, 328. -^ Le aerpent écrasé soub
les pieds de Marie date du xil« siècle, 138^ i39.
Sexe , jamais indiqué que par des caractères généraux dans Ticono-
graphie du moyen &ge , 11^ 344 ; — III , 424 , 431.
Sibylles ; prophétesies du paganisme. Leur rôle dans la tradition
chrétienne^ II, 580; — IV, 95 et suit. — Mensonges écrits & leur propos
par les encyclopédistes du xviii* siècle , 96. — Gomment et pourquoi
les Pères n'hésitèrent point & invoquer leur témoignage , 97^ 100,
108. — Accord de leur théologie avec celle du Christianisme, 98, 100.—
Vicissitudes de leur crédit dans l'histoire , 98. — Leur rôle dans l'art
chrétien , 98 , 100 , 212. — Incertitudes de leur biographie , 98 et suiv.,
109. — Leurs relations avec les prophéties bibliques et la philosophie
grecque , 100. — Leurs jioms et leurs attributs , 101 , 108. — Confusion
probable pour quelques-uns d'entre eux , 104 , 106. — La sibylle de
Samos retranchée mal & propos du liitz ira, 107. — Nécessité de rendre
les sibylles à l'art chrétien , 108. — Comment les vêtir, ibid. et saiv.
— Sibylle de Cumes, et son rôle dans la Fête de VAnei 212. — Sibylle
Erythrée; son rôle ,211.
SiCARDi , évéque de Crémone , liturgisle du xiiP siècle. Ce qu'il dit
de la forme ronde donnée & quelques églises , III , 107, — du symbo-
lisme du pavé , et d'autres objets ecclésiastiques, 152. — Idée de son
livre intitulé Miirale, IV, 162.
Sicile^ héraut d'armes du roi d'Aragon Alphonse V , fait un Traité
du blason^ II, 549.
SicKiNGEN (Franz db] , chevalier félon du xvi« siècle , chef de rou-
tiers sbus prétexte de la Réforme religieuse^ peint par Albert Durer
dans le Cavalier de la Mort ^ Vf , 358.
Sièges , ornés par les dignités païennes de symboles démoniaques
ou propres à inspirer la terreur ou le respect , III , 382. — Le fauteuil
de Dagobert^ IV, 293.
SiGALO.x , peintre français du xix' siècle. Son opinion motivée sur
le Jugement dernier de Michel- Ange , IV, 367.
Signes. Ils suppléent aux impuissances de la parole et de l'écriture,
I, 2 et suiv , 184, 210. — Employés par les anciens comme amulettes,
II, 251, 252. — Signaux maritimes , sorte de symboles , I, 242 et suiv.
— Signes du Zodiaque (voir Zodiaque). — Signes demandés & Dieu par
les Patriarches comme autant de symboles de sa volonté , II, 87. —
Employés symboliquement par les Prophètes, 103, 104, 185. — Signe de
salut donné par Dieu aux Elus , 185 ,201, — marqué» sur le front des
adorateurs du vrai Dieu, 252.
Signes lapidaires , marques de tâcherons , et non signes secrets de
sociétés antagonistes du clergé au moyen Age , III, 60. — Leur but et
leur variété ^ 159. — Gravés sur les édifices civils et militaires, comme
sur l'appareil des églises , 160.
044 HISTOIRE hV SYMBOLISME.
SiLOÉ^ fontaine dont les eaux tranquilles symbolisent le caime et
la paix d*un peuple soumis à Dieu, II, 292.
SiMÉON, fils de Jacob, symbolisé avec son frère Lévi par les Gémeaux
du Zodiaque , II , 109. — Figuré par la topaze , 382.
SiMÉoN MâTAPHRASTB, hagiographe du x* siècle. Valeur de son livre,
II , 653.
Simon (S.) , apôtre. Ses attributs iconologiques , lit , 147.
Simon le Cyrénéen, type symbolique de la vocation des gentils ,
II, 523.
Simon le Magicien, vêtu de vert et de jaune, I, 323.
SinaI, montagne de l'Arabie Pétrée. Inscription témoignant le passage
des Hébreux sous la conduite de Moïse ,1,18. — Habité par des soli-
taires au Y« siècle , II , 502.
Singe , symbolise la méchanceté impudente , l , 195 , 202 ; -— III, 127,
446.— Habillé en moine et jouant de la viole, 331, — ou de la flûte, IT,
222. — Se faisant adorer, III , 363. — Jouant de la cornemuse et de la
Qûte , IV, 29. — Fouettant un chat, ibid.j — et jouant un rôle dans la
Tentation au désert , 32. — Imposant les mains & un ordinant indigne ,
33. — Enchaîné aux pieds de la Vierge-Mère, 356.
SiNOPLB : c'est la couleur verte du blason. Son origine et ses signifi-
cations , II , 548.
SiON. La montagne de Sion symbolise les Élus, III , 102.
Sire , titre d'honneur donné à Notre - Seigneur Jésus - Christ au
XII» siècle, IV, 220,221. .
Sirène, animal fantastique classé parmi les animaux impurs du Lè-
vitique , III , 444. — Ce qu'en raconte le Physiologue de Théobald , 500
et suiv. — Souvent reproduite dans l'iconographie chrétienne , 465. —
Est tantôt Jésus-Christ , tantôt le démon ; tuant un poisson à Saint-
Aubin d'Angers, 466; — IV, 437, 448. — Symbole du baptême, et
comment, III , 469; — IV, 451 ;— des plaisirs mondains, 31.— Carac-
tère de la sirène favorable & la luxure et aux plaisirs mondains , 450.
SiVA , dieu du mal chez les Hindous , peint en roux, I, 306, 338.
Smtrne. Symboles de celte ville sur ses médailles , 1 , 264. — S. Po-
lycarpe, son premier évéque, II , 154.
Socrate , adopté du moyen Age comme représentant de l'unité de
Dieu , II , 577.
Se DOME. Pourquoi punie par le feu et le soufre , 1 , 339. — Person-
nifiée dans la Rome païenne , H , 218.
Soif de la justice, expression symbolique corrélative à celle des eaux,
des fontaines du Sauveur, etc., II, 361.
SoLAS (Jean) , maître maçon & Paris , passe en 1519 le marché pour
les sculptures de la clôture du choeur de Notre-Dame de Chartres, III,
432.
TABLE GÉNÉRALE. 645
SoLBiL, élément de perfeetion ; symbolisé par un cercle, 1 , 60. —
C'est l'Osiris des Égyptiens, 88. — Symbole de l'éternité, 92, 93. —
Comment les croyances mithriaques le symbolisent , 169; ~ IV, 173.
— Figure la vérité, II, 199. — Type de Jésus-Cbrist , comme la lane
de l'Eglise , 438; — IV , 105 , 174. — Pourquoi le soleil est placé dans
riconographie à droite de la crucifixion , et la lune à gauche , II , 441,
464. — Symbole de la résurrection de Jésus-Christ , 445 ; ^ du sacer-
doce, par opposition à l'empire , 620. — Regardé par les manichéens
comme étant Jésus-Christ, III , 74. — Sa personnalité dans les empe-
reurs païens, 75. — Jésus-Christ appelé le vrai Soleil par les Pères, 185.—
Soleil , attribut de la sibylle Persique , IV, 105. — Marche supposée du
soleil à travers le Zodiaque, et leçons ingénieuses qu'en a tirées le
Christianisme, JII, 453.
SouGNAC , abbaye du Limousin fondée au xv« siècle. On s'y occupe
d'industrie et d'études , III, 47. — ^ Son but d'origine était surtout l'or-
fèvrerie sous le patronage de S. Éloi, IV, 295 et suiv.
Songes. L'art de les interpréter, ou onéirocritique, I, 187. — Fré-
quemment envoyés de Dieu pour manifester l'avenir, ou sa volonté ,
II , 87 et suiv. — Songe de Joseph, 110. — Songe ou vision de Daniel
(voir VUions), — Songe de S. Jean de Matha et de S. Félix de Valois,
618.
SoNNerres de la robe d'Aaron ; leur symbolisme, II , 94.
Sophie (S**), personnification de la sagesse divine. Ses trois filles :
5<^ Foi , S^' Espérance et 5<« ChaHté , 1 , 47 ; — II , 654.
Sophistes (voir Philosophie humaine).
Sorciers. Origine de beaucoup de légendes de sorciers , Il , 300.
SoREL (Agnès), (voir Agnès).
SouAiN , village de Champagne. Son église élevée sur une motte de
terre rapportée, III, 102.
Soufre , expression bibliqne du supplice dn feu , 1 , 304. — (Voir
Enfer.)
Sphinx, symbole de la vigilance , 1 , 335, — de la chair soumise à
l'esprit , IV, 423. •— Animal fantastique interdit par le Lévitique , III ,
444.— Souvent reproduit dans l'iconographie chrétienne, 465.— Sym-
bole de défections dans la foi ^ 444; — très-employé au xii» siècle , et
d'origine orientale, 465.
Spicéa, arbre vert, symbole d'immortalité, 1, 196.
Spire. Curiosités symboliques de sa cathédrale ; le dragon, 1, 180.
Spiritualisme. 11 fait le charme des sciences morales, et le principe
des études symbolistiques , II , 1 et suiv. — Albert Durer lui a, avec
raison, sacrifié la forme, qui se recommande peu dans ses ouvrages,
IV, 355.
Stalles. Leur place primitive dans l'abside, III, 205. — Observations
qui se rapportent à leur place actuelle, à leur but et leur ornementa-
À
646 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
tion , 220 et suit.; ^ IV, il5. '- Déplorable système de destraction
qui les menace de nos jours, 221. — Ne jamais peindre le yieox bois,
mais Tentretenir, 115. — Quelques figures sculptées aux stalles des xv«
et XVI* siècles sont des scènes ou des personnages des drames litnr-
giquesy 199 et suiv.
Statuaire. Beau symbolisme de la statuaire hindoue , I, 162. •> La
statuaire est l'idéal de la grftce, comme l'architecture celui de la beauté
plastique, 245.—- Ses origines, 246 et suiv., 278. — Raison de ses types
hideux chez les peuples idolâtres, 25i et suiv., — et des types les plus
beaux, 254. — Caractères des divers peuples anciens reproduits dans
leur statuaire, 254; — III, 245. — Examen sur ce point de la Chine,
de rÉgypte et de la Grèce, 1, 255 et suiv.— Les Grecs plus adonnés aux
arts d'imitation que les Romains, 260. — Particularités sur la sta-
tuaire des anciens, et ses principes symboliques, 268 et suiv. *— La
statuaire moins populaire que la peinture, 270. — Symbolisme de la
statuaire antique ; en quoi il consista, 284. — Ses beaux développe*
ments au xir siècle, III, 34, 98, 248, — et au xiir , 39, 98; — IV, 38,
369. — Fausses pensées qui ont inspiré la statuaire chrétienne des
artistes de notre temps, III, 98; — d'autres, mieux inspirés, 134.— En
quoi la statuaire diffère de la sculpture prise en général, 244. — Types
consacrés pour quelques personnages chrétiens, 244. — La statuaire
toujours dirigée par l'architecte qui l'employait , 245. — Statuaire
romano-byzantine; ses caractères, 246. — A quoi attribuer ses défauts
matériels, 247, — et son peu de progrès aux x* et xi* siècles, 248. —
Le nu proscrit par le Christianisme (voir Nu). — La Renaissance
affuble les statues d'étoffes et de brocards ridicules, 433. ^ Statues du
moyen &ge supportées par des démons ou par les bourreaux des
martyrs^ IV, 38. — De la polychromie appliquée à la statuaire , n^ 348.
— Son effet excellent et indispensable^ IV, 71 et suiv. jusqu'à la fin du
chapitre xvii. — Belle statuaire de la cathédrale de Chartres, 369. ^
Le XVII* siècle en produit peu, 393.
St&phaton^ nom du soldat qui présenta Téponge imbibée de fiel à
Notre'Seigneur cruxifié. Son rôle symbolique dans la scène de la cni'
cifixion, II, 463.
Strasbourg. Son évôché fondé par Clovis, III, 47.
Style architectural, doit inspirer celui de tout Tameublement qu*on
y ajoute, IV, 322. — Le style grec et son architecture anéantissent le
symbolisme chrétien à la Renaissance, 347 et suiv., 391. —Le style rtiy
tique, 392.
Sud (voir Midi).
SuoEB, abbé de Saint-Denys au xii* siècle. Description de son jeu
d'échecs, 1, 164. — Mérite de ce grand homme; ees travaux d'esthé-
tique à Saint-Denys, II, 570 et suiv.; — IV, 17, 21^ 294. — Belle orfè-
vrerie dont il enrichit sa basilique, 318 et suiv. — Le livre Dti sua
Administratione, 11, 571; — IV, 318. —Symbolise dans un vitrail les
prophéties réalisées dans l'Église sur l'Eucharistie, II, 573;— IV, 18.
riBLE GÉNÉRALE. 647
—Ce symbole parodié par lo protestantisme dans une église de Berne,
398.
Sully Coudes de), évéqne de Paris de 1197 à 1208, fait un règlement
pour les drames liturgiques joués à la fête de la Circoncision^ IV, 196,
200.
Sully (Maurice os), évéque de Paris de 1160 à 1196, compose les
répons de Toffice des Morts, IV, 254.
Sulzer, savant allemand, a mal parlé de symboles chrétiens qu'il
n*ayait pas étudiés, III, 404.
SuNAMiTE, dont le fils est ressuscité par Elisée; symbole de Notre-
Seigneur Jésus-Christ et de TÉglise, II, 516.
Superstitions populaires. Comment nées d'idées fausses ou d'exagé-
rations, I, 143 et suIt. — Quelques-unes des plus remarqubles chez les
Romains, I, 194.
SupPEDANEUM, Dom doDué au support placé sous les pieds du Sau-
veur crucifié. — Symbolise la porte occidentale de l'église, III, 43. —
Qu'on ne doit pasTometlre dans la représentation du crucifix, IV, 126.
— Il est refusé aux deux larrons, II, 464.
Supplices symboliques des parricides à Rome, 1, 193.
Suzanne, figure de l'Église persécutée, et les vieillards celle des
Juifs et des Geutils, II, 479.
Sycomore, arbre biblique. Sa signification, III, 340 et sulv.
Sylvestre I«' (Le Pape). Ses constructions religieuses, et son zèle & les
décorer de symboles , III, 44.— Interdit l'orientation des églises pour
s'opposer à l'hérésie des manichéens, 74. — Institue les cérémonies de
la consécration des églises et des autels, 265. — Ne vent pour ceux-ci
que du linge de loile, IV, 157. ~ Donne la dalmatique au diacre, 171. —
Excite le zèle de Constantin à enrichir les églises de précieux vases
aacrés, 287.
Sylvestre II (Le Pape), (voir Gerbert).
Symmaqub (Le Pape). Son zèle pour Tembellissement des églises par
les vases sacrés, iV, 288.
Symbole des Apôtres. Comment on en attribue la rédaction aux
Apôtres, dont chacun aurait formulé un des articles, III, 142 et suiv. —
Servant de types à une suite de modillons sur la façade d'une église ,
320 et suiv.
Symboles. Ce qu'ils sont, et leurs diverses définitions, I, 4, 6; —
IV, 423.— Combien répandus chez les premiers chrétiens, II, 483, 500; —
111,85,— qui en empruntent aux païens, IV, 323.— Ce mot employé dans
le seus de signe secret par Jamblique au v« siècle, 1,5. — Premier emploi
des symboles chez les peuples anciens, 21 ; — II^, 251, 463. — Ils en-
vahissent le domaine entier des scieuces et des arts, I, 51 et suiv,, 313
et suiv., 357;— 111,88, 139,251,357.— Les signes symboliques indispen-
sables & toute religion^ II , 495, 509, 594 ; — III, 251 .— On ne doit pas
648 HISTOIRE DU RïHBOUSRï.
leB uier [larca qu'on oe les catnprcad 'pn;. l], EOn. — Kiemptes île sjax-
bolM du idéa*at)alniiir.'s, I. gs, 185. 3.'>G; — 11, 7i et MiH^iSl. (Voir
Ésiw, Maris.) ~Syiu);.lriii signiflrAtioDS multiples, I, ISS;— 11,74,
7S, 18, TI. (Voir Opp '4i'in.)~ Les plu* simplej sont les plnsiadeiM,
IV, *!*.— Sjmboliiaad.ipliiipar iej srlislea comme signatures de iaut»
œuvres, 1, SSO. — I^b âvuiholes ne doÎTent itiv appliquéi qu'avec lieas-
coup de discernemenl, e.l ne Jamais nuire au aens de l'objet qu'on veut
en parer, il, 3S6. ~ Ceux de la l'unséci-allon des églises, UI, 267 el euiv.
— (Voir LlTUBGIB.)
StUBOUSME de l'art olu^tieu. Il .^.lEI'objel d«ce liiTe, I, 4, 9, 10, 13 j
• II, S; ~> IV, iS3. — 11 coDstilue une scieuce et rentre tout d'abord
dans l'étude de la théologie chrétienne. 1, 6 et sniv., 9, ISO, 3S0, 33i; —
1[, 3, S, 9, 31, 32, X, toa, 468, 479, 486, 494, SIS. 53H, 561, S68 et loiv.; —
in.66,SaO, 231,428.464;— IV, 46 et aniv.— Combien mécoiinu depnia
leivi«siÈcle,8, 12, 110( — 11.15, 472. (Voir AenauiORcr.)— Sou usa^
partout et toujours, I, 10, 158, 163, 183, 203, 204. 350, 363, 483, 491, 493,
SIS;— m. 11.88, 115,439, 449; — IV, 463.— Nécessaire à l'enseigne-
ment religieux, 1, il, 286, 351, 356, 363: —II, 3, S. 48, 325,361,467,
468, 410. 476, 495, 876 ; — III . 439 ; - IV. 354 : — et an développemenl
des arlB, 1, 12, 214, 382 et duiv.; — 11, 32, 465,488,503. 521,680;— lit,
243, 252, 335. — Soarcesdn symbolisme ehrilien,!, 12,46,163,178,321.
350,352;- M. 8, 10 et suiv., 19, 348,467, 468,471.472,476,483.518:
— III, 191, 252.- Employé par Dieu même, 1,896,321, 364;— II, 94,
95, 103, 104, 312,434, 467,618, 676; — 111, 42, 228 , 442. 467 ; — IV .
149, 239. — Fausses appréciations de quelqnea archéologues, 1.4V, ITI;
— m, 138; — IV, 421 et suiv. (Voir f>orlaf. Dupuù. Calâer, Rabbiiu,
Cttnning, SchnaaK , Boistérie, ifur fin.)— Qu'il ne bot pu outrer la
ieience symbolique an delà de ses règles reconnues , I, 55, 56, 109,
206,327;— 11,9, 26,28, 581, 5S2; — Ul, 161, 17» el suiv.. 186; — IV,
431, 448. — ^es principes puisés dans les pbiloaopbesancien», aussi bien
que dans les Pères de l'Egliae,!, 351,363,369;— D, 6, 16. 470; — ni,
88,251, 308, 347 etsuiv. ; — IV, 423.- Comment l'Ê^'e Padmet daoi
ea liturgie, 1, 140; — 11, H ;— III, 10,355;— IV. 149 et sniv., 169. 183.
(Voir Iilurgie.) — Comment elle t'a souvent emprunté mjmeanx sectes
dissidentes, I, 177, 178; — II, 5; — III, 413, 423; — etanx païens, IW, 425,
469 et suiv., 530 ; — IV, 186.- Symbolisme dans les osafcs de iMS les
peuples, 1,184 et suiv., 263, 267, 296,320, 3S1. 358, 617, 64«; — 10, 2,
g8-_IV, 182, 239 ; — dans ceux de notre temps. I. 317. 2ia, 211. 352,
354 ; - III, 191. ' Sa vie à venir. I, 353, 364 ; — II, 679 — Le sysibolisne
est la vie morale de l'art,!, 214,2.19, 261,262,281 et soiv., 2SG: — 11.
96. 46S. 506,573; — 111, 90, 91, 178,241, 309, S38.—n a »Bv« le monde
païen de l'athéisme, I, 365. — On pénètre dans les obacaritèida sjmbo-
ilsme par l'élude et les comparaisons, 234, 23T; — II, 9, 39, 74 et i«E*..
IDI. lOS. 105, 423. 4U. 472. 505, 590. 598; — m. 138. 139. 24*, M», 3f».
327. S«. 353, 337, 392, 428, 531 ; — IV. 109. 134. IQ. 314, JTÔ.— Le^
•r<isle« ont parfois créé des symboles pour le beioîD de If s «■*?«&,
1,282; — IV. 109.— Les niyslères, et pa r conséqngit les symhoit i. « i»é '
dunpur humain, 1 , 332;— III, 88.- Antagonistes du symboline i«-
dull« <t l* rMon]iattf«, 1, 3S5; — II, 21 et soi*., 26. IM. 444. SM Hamt..
i
TABLE GÉNÉRALE. 649
5)4, 589 et suiv. ; — III, 41, 305 et suiT.— L*liiBtoire de ses déTeloppe-
ments successifs, 11^ 3 et suiv. ;— du ni« siècle au yi», 17, 18, 19, 175 ,
431 , 468 , 470 , 474 jusqu'à 514 ; — du vi« au xi« , 515 jusqu'à
552; — lY, 428, 441;— du xi« au xiii^ll, 20,21, 153, 454 et suiv.;
— m, 27, 240, 241 , 249, 310, 348, 347; — IV, 307, 425 et suiv.,
428, 432 , 433; - du xiii» au xv«, II , 13, 14 , 20 , 21 , 24, 24, 356,
655, 678 et suiv.; — III, 36 et suiv., 310 et suiv, 3i2, 346; — IV, 18. —
Employé dès le iv« siècle àVembeUissement des églises, III, 44 et suiv.,
240, — IV, 422 et suiv., — et plus tard dans tous ses détails, 74,
426 , 442. — Le symbolisme artistique conservé jusqu'à nous bien plus
par les traditions que par aucun enseignement écrit, II, 16, 17 et suiv.,
32, 341 , 468; — III, 191 ; — IV, 375. - Raisons de ce silence jusqu'au
UP siècle, II, 19, 468,— et au moyen âge, III, 352.— Ne peut être com-
pris qu'en distinguant bien les siècles où s'inspirèrent ses divers
motifs, II, 23 , 101 , 153; -III, 312, 346; — IV, 230. -Compris de tous
à certaines époques, II, 101, 341, 372, 402, 501, .'>64; — III , 191 , 240. —
Causes morales de sa décadence, II, 24 et suiv., 472, 655 ; — III, 40 , 119,
243, 3il, 312, 345; — lY, 37 229 et suiv., 233, 269, et tout le chap. XXIJ.
— Explications multiples d'un même objet symbolique, II, 460 ; — III ,
86, 135, 203 ; — IV, 166, 168, 356.— Expansion au xiP siècle du symbo-
lisme dans l'art et dans la grammaire, II, 538; —IV, 431, 433; — et du
sens superbistorique, II, 559, 550; — IV,434. {yoir Bible,) — Le symbo-
lisme architectural n'est applicable qu'à l'architecture chrétienne , et
devient ainsi la preuve qu'on ne doit pas chercher un autre genre
de monuments chrétiens, III ^ 252. — Le symbolisme, souvent incom-
préhensible sans la théologie, IV, 78, 109, 134, 334, 375,413. — Est bien
préférable par ses principes à ceux de l'art purement naturel, 93 , 284.
— L'unanimité des symbolistes prouve la solidité de la science qu'ils
cultivaient, 162.— Symbolisme grotesque ou dégoûtant employé en 1790
par les sans-culottes, et en 1848 par Lamartine, 188, 189.— Le symbo-
lisme admis dans les drames liturgiques, 207. (Voir Fêies chrétiennes.)
—Faux symbolisme des xiv« et x\« siècles, confondu par quelques an-
tagonistes avec celui des époques vraiment hiératiques, 230 et suiv.,
233. —Symbolisme de l'orfèvrerie chrétienne, 283 et tout le chap. xxi.
— 11 y était peu compris dans le paganisme , 284. — Soin qu'on doit
prendre aujourd'hui de l'imprimer à tous les objets du culte, 339. —
Histoire de la décadence du symbolisme par la renaistance du
xvp siècle, 342 et suiv., 348, 366 et suiv., et tout le chap. xxii.— Com-
ment il renaît aujourd'hui, en dépit du dédain de certains artistes qui
sans lui restent incomplets, 403.— Filiation des symboles se dévelop-
pant du v« au xii» siècle, 420, 425.— (Voir Esthétique.)
Synagogue , figurée par l'ancienne Loi , que figuraient elle-même
Ismaêl et Agar, II, 151. — Figare de l'Église de Jésus-Christ, i08 , 409,
412. — N'avait pas les sources de grâces données à l'Église, 67, 68. —
Remplacée par celle-ci sur le Calvaire, 357;— III, 190;— IV, 130.—
Symbolisée par Sara , II, 409, —et d'autres femmes bibliques, iind. et
suiv.'; .— par l'institution du mariage, 409 et suiv.— Elle reste toujours
la servante de l'Église, 412. — Figurée par la lune, 439, 444.— Sa robe
verte, 451.-^ Ses abaissements à la venue de l'Église, 444, 451; — III ,
650 II18T0IIIK DU STMBOUSME.
i90.«- Son iconographie symbolique, 11,445^ 447, 448, 46«; — !▼. 130,
225.— Sa conversion préaumée à la fin du monde, II, 445. — Placée
parallèlement à l'Église au pied de la Croix, 460, — l\, 130; — y a lea
yeuxbandés,lll, 142,— IV, 130; — y est découronnée, 111,190.— Marcbc
à reculons, IV, 33.— Symbolisée par rftnesse de Rouen, 225.
Tabaraud (L'abbé), janséniste du zix* siècle, méconnaît, et pour
cause, le mérite de S. Anselme, II, 554.
Tabernacle de l'ancienne Alliance. Son sanctuaire symbolisait la
nouvelle Loi et le Ciel, II, 80, 353, 355, — et le tabernacle euchanstiqne
de la nouvelle Loi, III, 227. — Comment S. Augustin nous en fait Tap-
plication morale, II, 97, 98; — III, 3; — et S. Paul, 228. — Symbole do
tabernacle eucharistique, II, 353 ; — III , 227. — Ne doit pas s'isoler du
grand autel, 225 et suiv. — Le tabernacle de Dieu (ou sa demeore)
établi parmi les hommes , II , 355 ; — III , 227. — Les tabernacles mo-
biles ne remontent qu'au xiiP siècle, II, 356 ; — III, 280, 281 ; — leur
histoire, 280 et suiv. — Le tabernacle des Juifs entouré de symbolismey
image par là de nos églises chrétiennes, 42. — Tabernacles en forme
de tour (Turris Davidica), 48, 49, 281, 282. — Les gradins du taber-
nacle ne datent que du xyi« siècle, 229. — Est-il convenable de reeon-
vrir d'une étoffe les tabernacles enrichis de sculptures, d'émaux, etc.?
280. — Doit être revêtu d'une étoffe de soie à l'intérieur, 281 ; — et
se conformer au style de l'église pour sa forme architecturale, iMd.,
289. — Tabernacle en forme de tour ou de colombe suspendue au-
dessus de l'autel, 282 et suiv. ; — IV, 289, 290. — Convenance mystiqae
du bois de cèdre pour les tabernacles, III, 558.
Tableaux sur toile, à éviter dans les églises , IV, 65 et suiv. — Les
tableaux sur bois plus convenables, et pourquoi, 70, 71.— Les tableaux
mal appendus aux piliers des églises, 70.
Tabob, montagne, symbole de glorification, III, 102.
Taion , évêque de Saragosse au vu* siècle , symbolise le nombre S
dans la parabole des cinq talents, 1, 131.
Talmub. Son origine, II, 195.
Tanné (voir Bistre).
Tapisserie, beau travail d'aiguille très-usité au moyen âge. Tapisse-
rie d'Angers (xiv* siècle) représentant les scènes de l'Apocalypse, II;
174. — Sa représentation de l'enfer, 78; — Esthétique élevée de ses
idées sur la Résurrection des morts , représentée par une colombe
s'élançant vers un corps privé de vie, 220.— Faite à Saumur , IV,43. —
Époque de la confection des tapisseries en France, 42, 43. — Leur emploi
ingénieusement appliqué à la parure des églises, 43, 44. — La tapisserie
de Bayeux, 43. — Celles de Sainte-Radégonde de Poitiers, et de Notre-
Dame de la même ville, 44. — Les croisades importent en- Europe de
TABLE GÉNÉRALE. 654
belles tapisseries symboliques, 173. — Leur imitation remarquable par
des artistes européens, 174.
Tabouim lb Supbrbe , septième et dernier roi de Rome , achète les
livres sibyllains de la sibylle de Cumes, IV, 102.
Tartares. Leur origine et leurs #avages, II, 333.
Tatibn, physiologue du ir siècle. Idée de son Bestiaire, II, 483 ; —
III, 474 ; — IV, 295. — (Ce que nous disons dans cette dernière page
est en contradiction avec ce que nous avions établi de la perte du
Physiologue de Tatien^ au tome III, page 474. C'est qu'à cette première
date le P. Cahier n'avait pas prouvé , au troisième volume de ses Mé-
langes, pages 87 et suiv., que le livre deTatien était retrouvé, et c'est
lui qu'il publie, en l'accompagnant d'un avant-propos qui nous a con-
vaincu, ce qui nous oblige à réparer ici notre erreur.)
Tau, espèce de crosse, III, 381. — Le signe Tau (voir Croix).
Tauler, mystique célèbre et orateur du xiv* siècle, II, 21.
Taupe, symbole de l'idolfttrie, III, 446.
Taureau, symbole de la force et du travail, 1, 81 ; — III, 456, 462.
— Symbolisme exagéré qu'en tire Winckelmann, I, 49. •— Signe sym-
bolique du taureau dans le Zodiaque, 58, 109; — III, 458, 462. — Un
des symboles de la trinité de Jupiter, I, 81 ; — celui de la tempérance,
95. — lodice des colonies romaines, 233. — Symbole de la fable mi-
thrJaque, 368 ; — des sacrifices anciens, 369; — II, 44 : — de la luxure,
III, 369. — Symbole de l'évangéliste S. Luc, II, 44, 176. (Voir Bœuf.) —
Type de l'orgueil et des passions brutales, III, 369, 370, 462; ^ du Sau-
veur sacrifié, 462.
TÉLESCOPE. Ses origines, I, 241.
Tempérance, une des quatres vertus cardinales, S3rmbolisée par un
mors, IV, 358.
Temples des anciens, distingués, d'après le caractère de leurs dieux,
par des styles divers d'architecture, I, 224 et suiv., 359; — par la
position des lieux, 226 et suiv., 229, 268 ; — par leurs formes géomé-
triques, 228. — Symbolisme de leur consécration, 237. — Sens figuré
de ces mots : entrer dans le temple, II, 264.
Temps, symbolisé par une roue, I, 54 ; — par une faux, 84.
Ténèbres, symbole de l'aveuglement du cœur, II, 268.
Tentations de l'Âme chrétienne, symbolisées par des animaux entre-
laçant des hommes, 1, 161 (voir Entrelaça), •— *leur baisant les pieds et
soufflant aux oreilles, III, 337. — Figurées par des chasses (voir Chasse).
— Les tentations de la vie représentées en une foule de symboles à étu-
dier, 132, 133, 145, 337; — IV, 462, 464. — Résistance aux tentations
sous l'emblème du prophète Daniel au milieu des lions, III, 138; — et
en bien d'autres sujets, 373, 374 ; — IV, 31, 447, 453; — par un berger
frappant un démon de sa houe, III , 318. «- La tentation d'Eve par
un serpent demi-homme , 365. — Culn tenté et dévoré psr le dragon
652 HISTOIRE DU SYMBOUSME.
infernal, 369. — Serpent attaquant nn nid de colombes, 371. — Tenta*»
tien d'adultère, 371. — Tentation de S. Antoine et d'autres Saints, 31S.
— Autres types de tentations repoussées, 448 , 466, 469 ; — IV, 31, 447,
404. . Tentation de Jésus-Clirist au désert, 31.
Terre (La), planète, symbolisée ^t une boule , 1 , 58 ; — par use
vache, 162. — Prise symboliquement pour Taction générale de Thunia-
nité, II, 238 ; — pour TÉglise militante, 238, 239; — pour le ciel, Terre
des vivants f 351.— Sa rotondité exposée par Vincent de Beattyai8,622
Terre promise, figure de la récompense étemelle, II, 53.
Tertullien. Comment il symbolise le nombre V, 1, 120. — Il parle
des calices à figures symboliques, II, 18. — Caractères des gnostiquea,
200, — de rhérésie , 203. — Signale les dangers de la philosophie d*A-
ristote , 631. — Réfute contre les Romains la caricature fiûte par eux
de Notre-Seigneur Jésus-Christ , III , 378. — Son livre Du Voile des
vierges, IV, 132.
Testaments (Les deux), (voir Bible).
TéTRAMORPHE. Définition du Tétramorphe , IV, 111. — Ce qu'en fait
Dupuis , I, 367 , 368. » Ses quatre animaux expliqués d'après la Bible
et les Itères, II, 43 et suiv., 164 , 165 ; — III, 145, 467 ; — IV, 113. —
Ordre naturel et symbolique du rang qu'ils doivent occuper dans Tico*
nographie, II, 164, 174, 458 ; — IV, 112 et suiv. — Raisons de leur em-
ploi symbolique, 113, — - de leurs ailes, 113. — Robe des quatre ani-
maux près du trône de Dieu, II, 257, 263, 310 ; — IV, 114. — Combien
cette image est vulgarisée, 112. — Remplacé quelquefois par les Évan-
gélistes eux-mêmes, II, 403; — III, 467. ~ Tétramorphe d'Ézéchiel
monté par l'Église, II, 456. — Erreur qui fait un homme de l'ange de
S. Matthieu, 44, 176, 457 ; ^ IV, 113.— Le Tétramorphe sculpté sur les
devants d'autels, III, 276 ; — IV, 112 ; — aux voûtes, 111 ; — en une
suite de modillons, III, 318 ; — sur les façades d'églises, 319 ; — dans
les poèmes de Dante, 354 ; — sur la reliure des évangéliaires, IV, 40,
42 ; — autour d'une figure géométrique de la Trinité , 79. — Ses cou-
leurs artistiques, 114.
Texibr (L'abhé), prêtre du diocèse de Limoges. Son f'iclionnaîre
d'orfèvrerie chrélienney IV, 15, 17.
Thaddéb (S.), apôtre (voir Jijde).
Thalès. L'eau, fondement de sa philosophie, I, 84.
Théâtre. Son but moml à son origine, III , 384; — IV, 190, 193. -»
Rôle qui y est fait au diable, III, 385. —Caractère immoral du théâtre
de nos jours, IV, 187, 191, 192, 228, 229.— Combien il diffère du théâtre
du moyen âge, 191 et suiv. — Idée des Lettres sur les spectacles par
Desprez de Boissy , 193. — Honneur qu'on se faisait au moyen âge de
figurer comme acteur dans les drames liturgiques, 198. — On y trouve
l'origine de beaucoup de nos noms propres de famille, ibid. — Histoire
de ses développements successifs jusqu'à la fin du moyen âge, 202 et
suiv., 228. — Influence du théâtre des Xive etxv* siècles sur Tartplaa-
tique de cette époque, 229.
TABLE GÉNÉRALE. 653
T^ÉAU (S.) illustre Tabbaye de Solignac, au vi* siècle, par ses tra-
vaux d'orfèvrerie, IV, 29G.
Théobald (voir Thibault).
THioDORE, évéque de Mopsueste. Ses erreurs sur le Cantique de
Salomon, II, 115, 117.
Théodose , obligé de sévir contre l'idolfitrie des Asiatiques, II, 443.
THiboDOTE de Byzance, hérétique du i*' siècle. Ses erreurs symboli-
sées par la chute d*une étoile. II, 198.
Théodulphe , évéque 'd'Orléans au ix« siècle , a fait un abrégé de
S. Méliton, II, 192.
Thâolooie, une des sources du symbolisme , II, 11 , 468 , 666; — JII,
347; — ly, 15 et suiv. — Elle eu a conservé les traditions & travers les
siècles, II, 16. — Symbolisée par raigue-marine , 382, — par Béatrice
dans le poème de Dante, 665, 667. ^ Indispensable à Tétude du symbo-
lisme , IV, 78 , 109. — Ce qu'elle a inspiré de belles œuvres d'art au
moyen Age, II, 402, 404, 630 ; — III, 33; ^ IV, 16.— De quelles lumières
elle brille dans les Pères et les Docteurs, II, 473; — IV, 109.— Elevée
par S. Thomas d'Aquin au-dessus de la philosophie, II, 630. — Secours
qu'elle reçoit de la méthode scolas tique , 632. — Sa belle période du
XI* au xiv« siècle, III, 347 ; — IV, 15 et suiv.— Sa méthode d'enseigne-
ment s*altère dans l'art chrétieu en se rapprochant du xvi^, in, 27. —
Combien elle est belle au xiii*, IV, 369.
Théophile , moine du xii* siècle , auteur du Schedula dioersarum
artium, 1, 336; — II, 341 ; — III, 62, 350 et suiv., 356; — IV, 7.— Analyse
de son Schedvla ; son génie et ses travaux , 310 et suiv. — Son encen-
soir, récemment exécuté, 311.
Théophile d'Antioghb (S.). Ce qu'il dit de l'œuvre créatrice de
Dieu, reproduite dans les sculptures des églises chrétiennes, III, 314
et suiv.
Thérèse (S**). Comment ou devrait bAtlr une église sous son vocable
et la décorer de peintures, IV, 66.
Thibaud IV, comte de Champagne au xni* siècle. Caractère mélan-
colique de ses compositions musicales, IV, 257.
Thibault ou Théobald, poète, physiologue du xir siècle. Son livre
De Naturis duodecim animaUum , II , 6 , — III , 479 , — publié au
XV* siècle, réédité dans ce livre, t. 111, p. 471^ et suiv. — Caractères de
ce physiologue et de son commentateur inconnu, 476 et suiv. — Con-
jectures sur l'auteur, 477. — Sources de son travail et but qu'il s'y
propose, 377 et suiv.— Son caractère littéraire, 510.— Il n'est point le
Bestiaire de l'Arsenal, IV^ 450.
Thomas (S.)^ Apôtre, symbolisé par l'aigue-marine, U, 382. — Autres
attributs, III, 146.
Thomas d'âquin dit que l'âme glorifiée ne le sera complètement
qu'avec son corps, II, 181. — Sa description de la Synagogue comparée
654 HISTOIRB DU SYMBOLISME.
à rftme déchue de rinnocence, 460. — Caractère de sa théologie, 630
et suiv.; — IV, 385. — Il lui donne la forme ayllogistique, 631 et snir.
^ Usage quMl fait du symbolisme, 633.— Sod bel office du Saint-Sacre-
ment, 634 et suiY.; — III, 557; — IV, 225 , 255. — Un trait de sa chas-
teté, III, 662.
Thomas-Hélie (Le B.), confesseur de S. Louis. Sa chasuble armoriée
de France et de Gastille, IV, 175.
Thomas db Kbhpis (Le B.), se sert du symbolisme des nombres, I,
139.
Thomas de Gantimpré, dominicain du xni« siècle.— Idée de son ca-
ractère littéraire, II, 626.
Thyatire, une des premières Églises de TAsie, perdue par Thérésie,
II, 155.
Thyrse, symbole de Bacchus, I, 84.
Tiare d*Âaron. Ce qu'elle signifie, n, 95. — Ce que 83rmboli6e celle
des Souverains Pontifes, IV, 81.
Tiédeur des chrétiens reprise dans TÉglise d'Éphèse, II, 153, 154.
Tigre, animal, symbole de ia cruauté perfide, III, 446.— Symbolisme
de son nom» 516.
Tigre, fleuve de l'Euphrate. Symbolisme de son nom, III, 516.— L*un
des quatre du Paradis terrestre, iV, 48.
TiMANTHE, peintre athénien. Son tableau du Sacrifiée d'iphigénie^
I, 275.
TiMOTHÊE (S.), disciple de S. Paul, premier évéque d'Éphèse. Dates
des deux Ëpttres que lui adressa TApôtre, II, 153.
Titans vaincus par Jupiter , fable tirée de la chute des Anges , I ,
82.
TOBIB. Traits de symbolisme relatifs à son histoire, I, 44 ; — 11,508.
-* But de son livre, 39; — un passage mal compris par dom Calmet,
163. ^ Magnificences poétiques de son Cantique , où il prophétise
l'Église chrétienne, 414. — Touchant ensemble de son histoire, 416.—
Représente l'ancienne Loi dans la Vierge au poisson de Raphaël, IV,
375 et suiv.
Tombeaux. Pierres runiques des Scandinaves,!, 180.— Dolmens des
Celtes, 198, 221, 231 et suiv. (Voir Dolmens,) — Puits funéraires de la
Vendée , 198. — Tombeaux païens avec sculptures symboliques de
nymphes et de tritons, 200.— Allégories chrétiennes plus convenables,
201 ; — II, 12 ; — III, 88, 292, 540. — Symboles à y employer, 303, 522.
— Tombeau du mandarin Paul Hu à Nankin, I, 201. — Emblèmes des
vices et des vertus au Congo, 201. — Tombeaux à formes symboliques,
228; —III, 80 ; — très-diverses, et époque de chacune, n, 344 et suiv.; —
111,80.— Leur orientation, I, 231 et suiv.;— 111,79 et suiv.— Tombeau du
Sauveur en marbre rouge veiné de blanc au vu* siècle, 1, 316; — coloré
en vert, 320. — Cercueils cylindriques ; conjecture sur leur eaoae et
TABLE 6ÉNÉRALB. 65$
leur origine. H, 345.— Convenance dee tombeaux dans les églises^mé-
connue de la philosophie moderne , III , 79 , 97 et suiv., 155 , 175 , 225,
302. — Époques des cercueiJs de bois et de pierre , et symbolisme de
leurs deux yersants, 80, 81.— Statues funéraires ; symbolisme de leurs
détails , 81 , 134 , 135 ^ 155 , 302 ; — celui des scènes historiques ^ 88. —
Inscriptions constatant la vente du sol consacré à des sépultures, 87.—
Symboles des arts et métiers , des professions et des dignités inscrits
sur les tombeaux , 87. — Tombeau de Gauthier, évêque de Bemberg,
avec des paons symboliques , 292. — Caractères que doivent avoir les
monuments funèbres dans les églises, 300 et suiv. , 302, 303.— Graines
de trèfle trouvées dans les tombeaux chrétiens, 523. — Sens à donner
aux feuilles en forme de cœur sculptées sur les tombeaux ou épitaphes
des chrétiens, 540.
Tonnerre. Applications symboliques de ce phénomène dans le
langage biblique, II, 481.
Tonsure , symbole de la déricature catholique ; ordonnée par
S. Pierre , III , 143. — Donnée à S. Jean l'Évangéliste dans iconogra-
phie, 145.
Topaze, pierre précieuse, avait le don de consoler , Il , 366. — Ses
belles qualités; symbolise la tribu de Siméon et S. Jacques le Mi-
neur, 382 , — les bonnes œuvres, 617, — les vertus surnaturelles, III,
280.
Tortue , symbole de l'assiduité domestique , 1 , 74. — Consacrée à
Apollon, 170.
Toulouse. Armoiries des comtes de Toulouse en 1088, 11,540.
Tour, symbole de la fermeté, I, 207 ; — III, 283. — Tours des églises
et leurs clochers, 115 et suiv. — Une tour , symbole héraldique du
royaume de Castille, lY, 175.
Tournois, ont été l'occasion des armoiries, II, 542.
Tourterelle, symbole jde Thumanité et de la divinité du Sauveur,
II , 99, — de la chasteté , 100 , 531 , — III , 343 , — de la fidélité conju-
gale, II, 123, 531, — de la foi chrétienne, 531 ; — tout cela réuni
en un charmant petit poème du Physiologue de Théobald , III, 505 et
suiv.
Tradition, enseignement oral des vérités catholiques perpétué par
l'Église sans interruption, II, 32, 469. — La tradition des Pères n'est en
rien plus universelle que sur le symbolisme, 471.— Titre des traditions
ecclésiastiques à la vénération de tous, III, 143.
Trajan fait beaucoup de mal aux Juifs, II, 192.
Transfiguration de Notre-Seigneur. Son symbole dans le nimbe de
sa tète ou Tauréole de toute sa personne, II , 153 , 342. — Entoure le
Sauveur de sa gloire lumineuse du ciel, 387. — Symbolisme des trois
Apôtres figurant dans ce mystère, 532.
Trappe (Abbayes de la). Leurs règles austères sur la simplicité dee
églises monastiques, II, 598, 604.
656 mSTOiRfi DU SYMBOLISME.
Travail , imposé à Tbomme et Bymbolisé par les xodtaqMi aux
portes des églises , III , 452. — Comment Dieu le bénit dans la poiaée
de rËgUse, 454, 455.
Travées des églises. Inégalité calculée de leur hauteur, et sa raison
symbolique, III, 182.
Trèfle. Graines de trèfle trouvées dans des sépultures chrétiennes,
III, 523; —y symbolisent la foi eu la Trinité; origine de ce symbole,
IV, 74.
Trévoux (Journalistes de^ Articles cités dans ce livre sur les règles
d'interprétation de TÉcriture sainte, II, 57.
Trianqlb. Ses diverses significations symboliques , 1 , 53 , 114 ; —
IV, 73.
Tribus d'Israël , reçoivent le nom des douze enlknts de Jacob sym-
bolisés par leurs noms mêmes, II, 108 et suiv. — Leurs rapports mys-
tiques avec les douze Apôtres et les douze pierres précieuses qui les
symbolisent, 370, 378 et suiv.
Trident, attribut de Neptune, 1, 286.
Triporium , embellissement donné aux églises du xii* siède , DI,
29.
Trilobé , rose à trois compartiments inscrite dans la tête d'une fe*
nêtre romane ou ogivale et qui symbolise la Trinité, IV, 74.
Trinité (La Sainte), symbolisée par le triangeéquilatéral, 1,53,1 H,
— 111,110,— IV, 73,77,— par un cercle, 1,54; — IV, 77, 78, 79; —
expliquée dans ce sens par Kepler, I, 54 et suiv., — par les trois Anges
d'Abraham , 8i, 101 ; — IV, 75. — Trinité païenne de Jupiter, 1, 81. ~
Sa notion originelle suppose Fart de compter dès l'origine du monde,
101. _ Symbolisée par le nombre 8, 126, 130, 141, 146, 308.-> N'a pas
été vue de Platon aussi clairement qu'on l'a dit , 146. — La Trinité di«
vine imprimée dans l'homme, 147. — Trinité hindoue calquée sur celle
des livres bibliques, 156, 300. — La Trinité chiétienne symbolisée par
le trèfle, 199, — IV, 74, — par le lis, I, 205, — par le chou acrotère des
pignons , au xiv« siècle , III, 131 , — par le Kyrie eleison , IV, 157. —
Chaque Personne porte le nimbe croisé , II , 354 ; — III , 172. — Belle
mosaïque de Saint-Paulin de Noie, au iv« siècle, IV, 47; — on n'a
guère d'image de la Trinité avant cette époque, et pourquoi , 75, 110.
— Elle a contribué par les trois Personnes à la création, II, 160, — IV,
77, — et à la rédemption, III, 172, — à l'Eucharistie, FV, 78.— Symbole
de l'égalité du Père et du FUs , II, 390. — Traité Des Noms divins , de
S. Denis, et ce qu'il dit de l'application de nos qualités et de nos formes
à l'existence des trois Personnes , 476. — L'Église interdit les images
abusives, IV, 79, 80.— La Trinité, source de la science humaine d'après
les enseignements du xii* siècle , II , 577; — III , 161. — Symbolisée
dans les trois portes des églises, 140, 160 , — IV, 74, — et les trois fe-
nêtres absidales» III, 35, — IV, 74, — et les trois nefs, III, 161, 175, —
IV, 74, — et tous les détails de l'église, 74.— Monastères construits sur
un plan triangulaire, 73. — Combien lei Pères sont précautioniiMx
TABLE GÉNÉRALE. 657
dans renoncé de ce mystère, 75 el sniv.— Son iconographie an xii« siècle,
77^— et pins tard, 78, 79.^ Dangers de l'anthropomorphisme, 78 et sui 7.
-7 Figure géométrique entourée du Tétramorphe^ 79.— Images à éTiter
de trois têtes d'hommes sur un seuLcorps^ 80. — Types à suivre^ 80 et
suiv. — La Trinité créant le monde^ 84.
TaiTHàME. Son application aux sciences occultes^ III, 349.
Trompettes des Anges de l'Apocalypse , II , 190 , 191 , — sonneront
au jugement, 191 , 345. — Y seront-elles une réalité ou un symbole?
637. — L'Église les mentionne dans ses prières, III, 100.
Taong des églises. Sa place, ses origines, ses ornements couTenables,
III, 210.
Trône de Dieu, symbole de sa toute-puissance, II, 163, 293,— de la
puissance judiciaire, 166. —Donné aux Saints dans le ciel, 331.— Trône
épiscopal dans les cathédrales; ses conditions symboliques, III, 232; —
son coussin de laine, 233.
Truie qui file, II, 23 ; — III, 448 ; — IV, 29.
Trumeau , montant de pierre partageant la porte médiane d'une
église, et auquel s'applique une statue. Son symbolisme^ III, 140.
Tuiles, symbolisent dans la toiture des églises la défense temporelle
du monument, III, 115.
Tunique (voir Robe).
Turquoise, pierre précieuse, guérissait des chutes violentes , 11^ 366.
Tympans, encadrement au-dessus d'une porte d'église qu'on garnit de
sujets sculptés. Jugement dernier à Poitiers , Il , 169, 191, 343 et suiy.;
— III , 141. — L'ensemble des figures apocalyptiques à la cathédrale
d'Angers, II, 401, — III, 142 , — à Sainte-Praxède de Rome, II , 401. —
Bel effet des voussures sculptées des tympans, III, 141, — presque tous
empreints de symbolisme, I Y, 443 et suiv.
Typhon , mauvais génie , vaincu par Osiris , 1 , 87 , 90. — Ses
fonctions dans l'ordre du mal, 89, 90.— Sa couleur rousse, 306, 339.
Tyb, capitale de la Phénicie. Sa ruine, image prophétique de celle
de Rome païenne, II, 280.— ST Paulin, son évêque, rebâtit magnifique-
ment son église ruinée, III, 46.
u
Unité , une des premières conditions de l'art. Ce qu'elle est , III ,
253 , 254; — IV, 22. — Indispensable dans la restauration des monu-
ments , m , 255 ; — IV, 114 , 120 et suiv. — Unité de l'Église (voir
Église).
Urbain II (Le Pape) bénit le premier la rose d'or, I, 330.— Insère des
parcelles de l'Eucharistie, au lieu de reliques, dans Tautel de Marmou^
tiers consacré par lui, III, 263.
T. IV, 42
4)58 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
Umbain IV (Le Pape) fait composer eu 1264 Toffice du SaiuUSacre-
luent par S. Thomas d'Âquin, II, 634.
Ubbain VIII (Le Pape). Ses ordomaaDces sur l'imagerie religieuse,
111,435; —IV, 80.
Urne d'or de Tarche d'alliance, symbolisée par le sépulcre desaateU
chrétiens^ III, 264.
UsAQBS symboliques des peuples, I, 184 et suiv. ettout le cha-
pitre VIII.
Vache. Son aymbolisme dans la religion de Tlnde et de TÊgypte, I,
161 et suiv., 163. — Vache rousse des sacriûces hébreux , 307.
Vair , Tune des deux fourrures du blason^ II, 549.
Valérien (L'empereur), vaincu par Sapor I", II, 207, 268, 277. —
Sa persécution contre l'Église^ 214, 274.
Valéry (S.). Sa prophétie à Hugues Gapet sur le règne de ses des-
cendants, I, 151.
Van Eygk, peintre de l'école hollandaise an xvi' siècle, retrouve la
peinture à l'huile, II, 24; — néglise l'usage du nimbe, IV, 87. — Sa
part dans une indigne représentation de la Sainte Vierge, 391.
Vandales. Époque de leur invasion dans les Gaules, IV, 426.
Varaze,ou de Voragine (Le B. Jacques de), hagiographe du xi« siècle,
II, 20. — Analyse de sa Légende dorée, 647 et suiv. ^ Notice sur la vie
et les ouvrages de l'auteur, 649 et suiv. — Traduction de la Légende
dorée par M. Brunet, très-imparfaite, 655.
Varron. Ses superstitions sur le nombre 9, 1, 116. — Ce qn'il dit des
formes géométriques des temples païens, 228.
Vases trouvés dans les sépultures chrétiennes, 1, 199, 200. — Signi-
fications multiples et symbolisme du mot vase dans l'Ecriture, 11,76
et suiv. — Vases d'or des Vieillards de l'Apocalypse, symbole de la
prière, 173. — Les vases de terre de S. Paulin de Noie, 492. — Vases
sacrés : que les symboles conviennent a leur ornementation, 521.
Vautour, symbole de la maternité, I, 94, — de la rapacité crimi-
nelle , III, 446, — de l'hypocrisie cruelle, IV, 334, — du démon, 454.
Véda, livre sacré des Hindous. Notions qu'il donne de Dieu, I, 157.
Vendange , symbolisant les catastrophes de l'Empire romain sons
Alaric et Attila, II, 260 et suiv.
Vengeance, symbolisée en Egypte par des cornes, I, 162. — La ven-
geance de Dieu sur les méchants; comment désirée par les Saints, II,
179.
Vent , symbole des orages et des tempêtes morales ou temporelles^
II, 243. .
TABLE GÉNÉRALE. 659
VÉNUS, planète au-dessous de laquelle est une croix pour indiquer
ses influences an ti chrétiennes, 1 , 58. — Symbolisée par le cuivre, 60.
— Symbole de son temple à Papbos, 153.— Est le Mithra des Perses,
166.— A pour attribut une colombe, 169 .— Conditions symboliques de
ses temples, 225, 227. — Vénus céleste, ou Aphrodite, type des amours
honnêtes de la famille, 258, 300, 318.— Vénus faite d'aimant, 268. —
Vénus noire des Grecs, 300. — La rose lui est consacrée, 327.
Ver de terre. Pourquoi David en fait le symbole de Jésus-Christ,
II, i91.
Verges (voir Fouet).
VERGïtEAU-RoMAONÉsi, archéologuc. Ses fausses appréciations sur
un chapiteau de Fleury-sur-Loire, II, 180; — IV, 449.
Verneuil-sur-Oisb : concile de 755, interdisant d'établir des baptis-
tères sans le concours de l'Ordinaire, III, 290.
Verrières (voir Vitraux).
Verseau du Zodiaque. Son signe symbolique, I, 58. — Pourquoi
comparé à Rnben, l'un des fils de Jacob, II, 109. — Comment caracté-
risé dans l'iconographie du moyen âge, III, 457.
Vert, symbolise la régénération et toutes les idées accessoires, I,.^17,
319; — 11,367,450; — 111,82; — IV, 9, 141. — A quelles divinités cette
couleur convenait dans la peinture antique, II, 318, 319, — et comment
elle est employée par l'art chrétien, I, 320; — IV, 9, 141. — Symbole de
l'espérance, I, 319, 320 ; — II. 165, 548, 619; — IV, 177, 211; — de la
charité, I, 320, 450 ; — de la victoire , 322; — de la virginité, II, 493; —
des néophytes, 641. — Donné à Jésus Enfant et à la Vierge Mère, 1, 320,
IV, 9, 141 ,— à la croix, I, 320, 323, — à Satan, 323,-11, 3â4,—
III, 386 , — à l'hypocrisie, II, 324 , — à S. Jean l'Évangéliste, 450, — à
la Synagogue , 451, — au mal, IV, 9. — Acceptions néfastes de cette
couleur, I, 322, 323; — II, 324.— Elle est le sinople du blason, 548.
Vertus chrétiennes, symbolisées dans les légendes , I, 46 et suiv. —
Pourvues d'un écusson allégorique à la cathédrale d'Amiens, II, 543 ; —
III, 570.— Les vertus cardinales, I, 110, 132, 147,616; — III, 427; —
IV, 126, 331, 358. — Out un nimbe carré, 331. — Théologales, I, 208 ; —
II. 161; — IV, 331. — Vertus qui ont mérité le ciel aux Élus, II, 187.
— Représentées par des fleurs et des fruits, III, 570. — Les vertus chré-
tiennes distribuées an sud des églises, 127, 128, 320.— Figurées par des
chevaliers terrassant les vices, 427, 569 et suiv. — Accompagnent sou-
vent les signes du Zodiaque aux tympans des églises, 455. — Manière
de les personnifier dans l'art chrétien, 570 .
Vespasien brûle le temple de Jérusalem, II, 213.
Vesta, symbolisée par un autel ardent, 1, 58 , — par un [temple rond
360. — Son culte dans les allégories de Dupuis, 368.
VÊTEMENTS saccrdotaux. Symbolisme de ceux de l'ancienne Loi, II,
93 , 263 , 315 , 499 ; — IV , 161. — Déchirés par Calphe , II , 499. —
S. Jean l'Évangéliste a célébré le premier la Sainte Messe avec des
660 HISTOIRE BU 8TVB0U61IE.
vêtements sacerdotaux , m, 145. — Les den des premiers temps en
restaient toi:yoars reTêtus , lY , 161 , 162. — Leurs couleurs réglées
d*aprè3 les notions symboliques, II , 315, 317 ; ~ IV , 90^ 176, 177 et
suiv. — Le bleu aux fêtes de la Sainte Vierge , 1 , 317. — Le violet
observé au xiip siècle, 236, — et encore, IV, 176. — Le blanc à toutes
les fêtes de Notre -Seigneur qui ne sont point de sa Passion, II, 315.
— Le cordon du costume sacerdotal, 662 , 603 ; — IV, 169. — Revue
de tous les vêtements épiscopaux et sacerdotaux, 161 et suiv., 168
et suiv., 179. (Voir^dans cette Table les noms spéciaux,) — Introduc-
tion des armoiries dans les étoffes sacrées et sur les instruments
du culte catholique , 175 et suiv. — Application de l'orfèvrerie aux
vêtements sacrés»'321. — Ces vêlements privés de leurs formes antiques^
an grand détriment de leur dignité, 399.
V&zsLAY, abbaye de Bourgogne. Sculptures remarquables de la ten-
tation d*Ève , m , 366 , — du désespoir, 370 , — de son Zodiaque , 460 ,
— - d*un cb«^[»iteaa représentant S. Paul moulant le blé eucharistique,
IV, 18.
Via. Gri;cis (voir Chemln de la Croix).
ViCBS , symbolisés à la cathédrale d'Amiens , mais privés des écus-
sons donnés aux vertus ,11, 543 ; — III , 570; •» IV, 330 , 331. — Les
vices représentés au côté nord des églises, III , 127, 128, — par des
animaux malfaisants, 369, 570, — par des démons que terrassent des
vertus, 427. — (Voir Zooiaqce.)
VicHKor, une des personnes de la trinité hindoue, 1, 156. --Comment
il est honoré , 160 et suiv. — Symbole de ses neuf incarnations , 163.
— Couleur bleue de son corps, 313, — ou verte, 317. — Confondu avec
Jessé'par M. Portai, 340.
Vico (Énéa), graveur italien de la Table Isiaqne, an xvi* siècle, 1, 85.
ViGTorRB aptère, ôtant ses sandales, I, 268, — parée d*ailes blan-
ches, 293.
Victoria (S.), évêque de Poitiers et non de Petaw, Son Commentaire
de rApocalypse, II, 166, 167, 212, 486.
Vida, poète latin du xvi* siècle, mêle le paganisme au christianisme
dans son poème de La Chrisliadey IV, 381 .
Vieillards de l'Apocalypse. Symbolisme de leur nombre S 4, 1,130,
140. — Leur rôle autour du trône de Dieu, II , 163, 164 , 167, 257, 310.
— Leur nombre se compose des douze Patriarches ou des dôme Apô-
tres , 166 , 310, 378. — Jettent leur couronne aux pieds l'Agneau, 269 ,
401. — Figurent dans La Divine Cotnédie de Dante, III, 354.
Vierge (La) du Zodiaque. Son signe symbolique, I, 58. — Comparée
à Joseph dans la prophétie de Jacob, II, 1 10.
ViBROBS sages, honorées d'un écusson sjrmboliqne à la cathédrale
d'Amiens, II, 543. ~ Symbolisées par la couleur verte, 641. — Vierges
sages et Vierges foUes sculptées à l'église de Fribourg en Brisgaw , m,
142» — Drame du ii* siècle, IV, 202. — Accompagnent parfois les vertus
TABLE GÉNÉBALE. 66^
et les Tices dans l^ioonographie cbrétienne, 331. — Les Tierges mar-
tyres dotveot porter une robe rose, 366. ^ Signe de la Vierge dans le
Zodiaque; son origine discutée^ III^ 459, 463.
Vieux de la Montagne. Son message symbolique à S. Louis , 1 , 186.
Vigilance , symbolisée par le coq , 1 , 209.
Vigile (Le Pape) rétablit Torientation des églises, interdite depuis le
iv« siècle , 111 , 75.
Vigne ou pampre, symbole de Baccbus , 1 , 84 , — de T Eucharistie ,
208 , — II , 16 , — III , 16 , — de T union de Jésus-Christ et des Apô-
tres, 520, 523, 564, — de l'Église, II , 217, 418, 529, — IV, 456 , — de la
mort, II, 260, — d'une épouse vertueuse, 419, — et féconde, IIÏ , 518,
— du Sauveur, II, 521 , — UI, 458, 520, 564. — Vigne inféconde, figure
de ringratitude envers Dieu , II , 529; — III , 518. — Vigne taillée au
mois d'avril , dans les zodiaques du moyen Age, 4^. — La vigne et ses
fruits ne peuvent être confondus avec les aroldes , 535 , 539, 540 ; —
très-capricieuse pourtant , et pourquoi , 536.
Villes représentées par des symboles, I, 263; — leurs armoiries,
II, 550, -> presque toujours par des femmes, 284.
Villon. Ce qu'il dit des images des églises dans son Hymne à la
Vierge, lII, 429.
Vin, symbole des Justes forts dans la foi, II, 177 , — de la colère cé-
leste, 250, — des enivrements des passions , 284. — Figure le Sang de
Jésus-Christ, 485 , — et la joie spirituelle, III, 267.
Vincent de Beauvais , encyclopédiste du'xiv« siècle, II , 20. — Idée
de son Miroir universel , 622 , 629 , — de son Miroir naturel , 629 et
Buiv., — de son Miroir doctrinal, III , 453. — Mal jugé par quelques
critiques sans compétence , II , 623 , 678. — Conjectures sur l'époque
de sa mort , 624. — Résume tout le symbolisme iconographique du
moyen Age, 625.— Son oiseau du Paradis, 626 et suiv. — Reproche
injuste fait à son style, 628. — Ce qu'il dit des tourments de l'enfer,
III , 389, — du travail de l'homme selon les diverses saisons de l'année,
453, — de la calandre, 474.
Vinci (Léonard de). Son beau tableau de la Chne , 1 , 307. — Son
Traité de la peinture, 314.
Violet, couleur mixte composée de rouge et do bleu. Incertitude de
la théorie qui lui assignerait un sens symbolique , 1 , 334 ; — IV, 178.
— Adopté pour le deuil , I, 334 ; — IlI , 386 ; — IV, 176. — Donné aux
martyrs, 1 , 336, — IV, 9, — à la pénitence, 178. — Beaucoup employé
au moyen Age, 1 , 337. — Manteau violet de Notre-Seigneur pendant sa
vie rédemptrice, II, 338. — Robe violette des énergumènes , III , 386.
— Péplum violet donné à Jésus sur la croix, IV, 9.
Violette, symbole de l'humilité. II, 588; — III , 567; — des con-
fesseurs , II, 645 ; ^ III, 567.
Viollet-Ledl'c , architecte , auteur du Dictionnaire d^ architecture ,
n'y parle pas du symbolisme de la forme cruciale des églises , III ,
662 HISTOIRE DU SYMBOLISME.
169.— Erreur sur la colombe servant de tabernacle, S84. — Ne dis-
tingue pas assez bien les caractères architecturaux des xfi* et
XIII* siècles , IV , 313. — Attribue trop , dans le symbolisme, aux con-
quérants des pays où fleurit Tarchitecture du moyen ftge, 465.
Vipère (voir Serpent).
Virgile décrit les initiations païennes, 1, 75. — Cité sur le nombre S,
117. — Imitateur d'Homère, 191. —Virgile bissé dans un panier, II, 22.
— Dante fait de Virgile le symbole de la poésie, 665^ 667^ 670. —Prédic-
tion du Christ dans la quatrième églogue, tôid., — qui associe le poète
à la sibylle de Cumes, IV, 102. — Son rôle identique dans la Fêle de
VAne parmi les Prophètes, 212.
Virginité. Différents symboles qui l'expriment : une couronne formée
par la jonction du pouce et de l'auriculaire de la main droite, I, 56; —
le nombre 1, 144 ; — le nombre O, III, 541; — la couleur blanche ,
I, 299.— Estimée chez tous les peuples, 203 ; —III, 459 ; —IV, 97. — Ses
privilèges à la suite de l'Agneau divin, II, 257 ; — IV, 97. — Symbo-
lisée par une robe blanche , 1 , 329 , — 11, 312. — A des droits parti-
culiers à la Table du Seigneur, 491. — Sa gloire, au-dessus de celle du
mariage , 493 ; — IV , 97. — Son éloge p.ar S. Boniface de Mayenee,
II, 529. — Soin que se donne le moyen âge de parer Marie de tous les
attributs de la virginité , III , 420; — IV , 131. — La licorne se réfu-
giant dans les bras d'une vierge , III , 459. — Éloges de la «virginité
par les écrivains du moyen âge , 543. — L'absence du voile, indice pri-
mitif de la virginité chrétienne, IV, 131.
Visions ménagées de Dieu pour annoncer des faits importants à
Daniel sur les événements qui suivront la mort d'Alexandre , 1, 89, —
à S. Jean pour la composition de son Apocalypse ^ II, 142. — Visions
de S. Patrice sur le purgatoire, III, 387. — La Vision d*Ezéchiel, ta-
bleau de Raphaël, IV, 377. — Visions de Daniel sur la suite de l'empire
d'Alexandre, II, 88; — d'Ëzéchiel sur les impuretés de Jérusalem, 101.
— Antre du livre des Lamenlalions de Jerémie, 103.
ViTBT , académicien. Son faux système sur l'immixtion de la franc-
maçonnerie du moyen âge dans l'art chrétien, III, 196 et suiv., 201.
Vitraux des églises. Le bleu y abonde ; le noir y est fort rare ,
I, 317. — N'admettent que rarement les couleurs mixtes, 334 ; — IV, 12..
~ Singulière analyse du vitrail de Jessé à la cathédrale de Chartres ,
1, 340. — Les vitraux coloriés doivent leur origine à une imitation
translucide des émaux , II , 547. — Belles conceptions de Suger pour
son abbatiale de Saint-Denys, 572 et suiv.; — principaux sujets de cet en-
semble, 573.— Apparition de vitraux coloriés au xii* siècle, III, 34, 35;
— IV, 7. — Leur luxe de facture au xiii«, III, 40, —IV, 12, 17,— et d'in-
vention, 16, 19. — Les vitraux symbolisent les Docteurs de l'Église, III,
184.— Conceptions esthétiques de leur faire, que des laïques n'auraient
pu avoir , 200 ; — IV, 19. — Histoire des vitraux dans la vitrerie des
églises ; leur utilité esthétique , 5 et suiv., 7, 24. — Ils sont antérieurs
au xn« siècle ; pourquoi on les connaît peu dans l'histoire avant cette
époque, 6. — Leurs progrès et leurs développements dans ce siècle,
TABLE GÉNÉRALE. 603
7 ,24 , — qui font oublier les mosaïques^ 44. — Étude dea tableaux
d'ensemble propres aux rosaces du levant et de Toccldent , 8. — Prin-
cipes d'esthétique que les peintres-verriers ne doivent jamais négliger,
il , 12. — Haute théologie des vitraux des xii« et xin« siècles , 13 et
suiv. — Vitraux & armoiries ou à enseignes , 39. — Décadence de la
peinture sur verre aux xiv^ et xv* siècles ^ 19 , 20 , 231 ^ — et au
xvi« ; sa disparition , 398. — Plan général suivi au xiii« siècle dans
les vitraux légendaires , 19 , 56 , 57 . — Caractère inférieur de ceux
des siècles suivants, 20. — Essais encore incomplets de restauration
de la peinture sur verre à notre époque, 21. — Défauts et ignorance
des bonnes règles qui s'opposent au progrès actuel, et théorie artis-
tique à pratiquer, 22, 56, 95, 142 et suiv. — Rapports entre les vitraux
et les manuscrits du moyen âge, 23. — Beaucoup de leurs scènes
tirées des drames liturgiques, 195. —Corps de métiers signant des
vitraux par la représentation de leur industrie, 231.
ViTRL'VE. Ce qu'il nous apprend des anciens géomètres, J^, 150^ — du
symbolisme et de l'application aux divers édliices sacrés des quatre
ordres d'architecture , 225 et suiv . — Veut que les temples soient
orientés, 231 ; — que l'art se nourrisse du vrai, 282.
Voile , signe de la pudeur chez tous les peuples, et toujours, 1 , 180,
203; — IV, 152. — Symbolisme du voile des religieuses , III, 431. —
Son histoire, IV, 131. — De celui qu'on étend sur la tête des mariés ,
152 et suiv. — Symbole de Tobéissance aveugle , 1 , 203 , — de la pu-
deur conjugale, IV, 152. — Voile du temple déchiré à la mort du Sau-
veur, II , 71, 464; — figuré sur les yeux des Juifs endurcis, 410, 412, —
et sur ceux de la Synagogue , qui les symbolise, 448.
VoLATEHRA, peintre italien de la Renaissance , ne comprenait pas le
symbolisme des couleurs, IV, 366.
VoLNAY. Erreurs que lui impose sa fausse philosophie révolution-
naire, I, 220.
Voltaire. Ses faux raisonnements contre Moïse, 1,31. — Ses asser-
tions menteuses sur l'origine de l'idolAtrie , 79 , 167. — A calomnié et
souillé le Cantique des Cantiques , II , 115, 117, — et cependant le jus-
tifie directement et nettement ailleurs , III, 409 et suiv. — Invente un
thème sur les sibylles, IV, 96. — Dénature & plaisir la Fête de VAne, 225.
VoRAGiNE (Jacques de), (voir Varaze).
Voûtes. Beauté de leur construction générale et de leurs détails ,
m, 179. — Diversité de leur ornementation aux diverses époques, 179
et suiv. — Défauts à éviter dans leur peinture, 181. — S'abaissent sur
le sanctuaire et sur le chœur, 208 , 224. — Clefs de voûtes : variété de
leurs sujets sculptés; abus de leur recherche d'ornementation, 260;
— IV, 65.
VuLGAiN. Son temple éloigné des cités, 1 , 227. — Personnification
des passions chamelles , 339.
664 HISTOIRE DU SYMBOLISNI!.
W
Walafrid Strabon, symboliste du ix* siècle, continaateur de
Raban-Maur. Sa Glose ordinaire , II, 537, 559, 560; — IV, 434. — Ce
qu'il dit de Tutilité des peintures historiques dans les églises, IV, 4.
Walkenaer, de llustitut. Sa description de VOrlus deliciarum
d'Herrade, abbesse de Hohenburg , II , 576 et suiv., 578.
Walter (Frédéric) , peintre-verrier protestant , parodie le mystère
de la Transsubstantiation dans une église de Berne , IV, 398.
Warburton. Ses suppositions peu concluantes sur la Table Isiaque ,
1,86.
Westminster. Son église catholique devenue un musée du protet-
lantisme , III , 97.
WiNCKBLMANN. Sou Ksstti sur Vallègorie ; il s'y trompe sur quelques
points de l'esthétique des anciens, 1 , 49, 228, 237.— Réduit à trois les
grandes divisions de la statuaire humaine, 147
WisiaoTHS. Époque de leur invasion en Italie et en Espagne, IV, 426.
WoiLLEZ (M.). Son Archéologie des monuments religieux du Beau-
vaisis; système réfuté de ses plantes aroïdeSy III, 532 et suiv. — A
pour adversaires dans cette opinion les archéologues les plus éminents,
535 , — et les monuments de tout genre , 538 , 539, 540.
WoLFGANQ (Framsius) , physiologue du xvi« siècle; cité pour son
livre Aninialium Hisloria sacra, II, 462. — Ce qu'il dit de Tâne ,
IV, 217.
Ydonis , fleuve prétendu venant du Paradis terrestre , II , 366.
Ymer, génie du mal chez les Scandinaves, 1 , 178.
Zabulon , fils de Jacob , symbolisé par le Cancer du Zodiaque , II ,
109 ; — par l'améthyste , 383.
Zabulus, nom donné au démon, et pourquoi , III , 490, 491, 493. —
Ses ruses pour prendre les âmes, comparées à celles de la baleine , 498.
Zacharib, l'un des petits Prophètes; cité, 1,145. — Annonce le
Messie , II , 106 , 156; — IV, 106. — Sa vision des deux chandeliers,
II , 215.
TABLE GÉNÉRALE. 665
Zagharib , père de S. Jean-Baptiste. Symbolisme du nom qa'il donne
à don fils , 1 , 40 , 46; — II, 156. — Peut être le parallèle iconographique
de la sibylle Persique, IV, 105. — Le bœuf du Tétramorphe dans ses
rapports avec lui ,113.
Zaghéë. Son rôle symbolique dans l'Évangile et dans les Pères , III ,
3il.
Zbuxis , peintre grec , connu par ses Raisins , 1 , 276.— Sa recherche
du spiritualisme dans le beau idéal ^ 284. — Son Jupiter Olympien,
285.
Zodiaque. Symbolisme de ses signes , 1 , 58. — Son histoire , III , 449
et suiv. — Influence prétendue du nombre 9 sur le Zodiaque , i, 116.
— Zodiaque autour d'une médaille d'Antouin Pie , 267. — Tendresses
de Dupuis pour le Zodiaque , 367 ; — III , 449 , 450. — Curieuses rela-
tions entre les noms de ses douze signes et ceux des douze enfants de
Jacob, chefs des douze tribus d'israèl, II, 109; — III, 450. — C'est peut-
être pour le moyen Age l'origine des zodiaques sculptés aux portes de
nos églises, II, 111 ; — III, 449 et suiv. —Époques où l'on commence à
les y mettre, 156 , 451. — Il symbolise l'obligation du travail imposé
à l'homme, 298, 451 et suiv., — comme à Saint-Pompain en Poitou ,
427. — Antiquité fabuleuse donnée systématiquement au Zodiaque de
Dendérah, 449. — Les douze signes symbolisent parfois les douze
Apôtres, 4SI. — Allégories qui accompagnent chaque signe; leur
antiquité et leur objet, 451 et suiv. — Leur convenance pour l'ensei-
gnement chrétien , 453 et suiv., 455. — Pourquoi on y joint les sym-
boles des vices et des vertus , 455. — Désordre réel ou apparent dans
la pose des signes sculptés , et comment il s'explique, 455. — Variantes
expliquées sur l'époque de l'ouverture de l'année , 456. — Vers techni-
ques sur les douze signes , ibid.j 457. — Description des symboles re-
latifs à tous les mois de l'année , 457 et suiv.— Caractères symboliques
de chaque signe en particulier, 461 et suiv. ^
Zoologie, science des animaux et de leurs rôles dans le symbolisme.
Types divers appliqués à la représentation du démon 1 , 251 ; — III,
460 , 462 , 463 , 465 et suiv. — Zoologie des cathédrales et des manus-
crits; son origine biblique, II, 101; — III, 367 et suiv. (Voir Lévilique.)
— Ses développements par Vincent de Beauvais, quelquefois conformes
aux préjugés de son temps , II , 626 , 627. — Source des sculptures
historiées de nos églises , III , 259 , 378, 439 , 467 ; — IV, 424. — Raison
de la zoologie dans le symbolisme chrétien , III , 439, 468 , 471 ; — IV,
424.— La Renaissance l'a dénaturée comme le reste, III, 440. — Dis-
tinction entre les bêles et les animaux dans les Pères de l'Église , 444;
— IV, 423. — Comment ceux-ci ont accepté en faveur du symbolisme
les traditions plus ou moins sûres de la zoologie antique , III, 444, 469
et suiv., 528. — Application de la physiognomonie à la zoologie, 446
et suiv. — Celle-ci allégorise toute la morale chrétienne , 4 et suiv.
(Voir Zodiaque.) — Zoologie morale de la Bible , 466 et suiv., 513. —
Premiers éléments de la zoologie mystique employés dans l'art chré-
T. IV. 43
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dootrine , 1 , 165 ; — elle motive de la part des Papes rinter'yiynii ji#iî\?t
m'entanée de rowentatioa' des .églises eu iv» siècle , lïl , 74. "'••\,' v»' *'
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FIN DR LA TABLE GÉNÉRALE' ET' DU I\^ ET DEftN/ER VOLUME.
Poitierf. — Typ* de A. Dupré, rue Nationale-
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